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CS/14732
13 décembre 2021
8926e séance – matin

Le Conseil de sécurité ne parvient pas à reconnaître les changements climatiques comme multiplicateurs des facteurs d’instabilité

La Fédération de Russie exerce son droit de veto pour bloquer un projet de résolution « inacceptable »

En empêchant l’adoption d’un texte rédigé par le Niger et l’Irlande, la Fédération de Russie, suivie par l’Inde, a dit non à une initiative soutenue par les 113 États Membres qui s’étaient portés coauteurs d’un projet de résolution dont l’ambition était d’analyser les conflits -y compris ceux à l’ordre du jour du Conseil- en « intégrant des données sur les répercussions des changements climatiques sur la sécurité ».  Douze membres du Conseil de sécurité ont voté en faveur du texte, la Russie et l’Inde décidant donc de s’y opposer, tandis que la Chine choisissait de s’abstenir.

Avant le vote, l’Irlande avait rappelé que le texte était le fruit d’efforts conduits pendant des mois, et qu’il demandait au Conseil de sécurité de faire un premier pas pour qu’il puisse « enfin » assumer ses responsabilités vis-à-vis « de la grande question de notre temps: les changements climatiques et ses conséquences sur les conflits à son ordre du jour ».  Répondant d’avance aux opposants à la résolution, l’Irlande a également souligné qu’elle ne créerait en rien une voie parallèle à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, donnant « simplement » au Conseil les moyens de faire face aux changements climatiques au cours des opérations de paix qu’il mandate.  À l’appui de son plaidoyer, elle a également souligné que le récent Pacte de Glasgow avait établi que la hausse des températures « pose et continuera de poser des menaces sécuritaires de plus en plus grandes ».  À cette aune, il est inconcevable que le Conseil ne se saisisse pas de cette question, a-t-elle lancé. 

Son appel n’a pas été suffisant pour que la Russie renonce à brandir le droit de veto que lui confère son statut de membre permanent.  Bien au contraire, puisque son représentant, qui a martelé que les conséquences des changements climatiques relèvent de la prérogative des climatologues et doivent, par conséquent, « être examinées au sein de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques et de l’ECOSOC », a jugé « inacceptable » un texte tentant « de transformer un problème scientifique en un problème politique ».  La Fédération de Russie n’a pas hésité à accuser les Occidentaux de vouloir, par le biais de ce texte, détourner l’attention de la communauté internationale des sources réelles de conflits dont ils sont « parfois à l’origine », leurs « aventures militaires qui font fi du principe de non-ingérence » ayant des conséquences délétères sur l’environnement.  Elle a indiqué que sa délégation, la Chine et l’Inde avaient, sans succès, proposé un projet de résolution alternatif, axé sur la région du Sahel, « sachant que les causes de l’instabilité varient d’une partie du monde à l’autre ». 

L’Irlande et le Niger ont parlé d’une seule voix après le vote, déplorant que l’usage du veto ait fait obstacle à l’adoption d’une résolution « historique ».  En l’adoptant, ont-ils dit, le Conseil aurait pu reconnaître cette réalité établie scientifiquement et reconnue par le Conseil que les changements climatiques aggravent l’instabilité et l’insécurité.  Le droit de veto est un anachronisme, a dénoncé l’Irlande, le représentant du Niger renchérissant en déclarant « qu’aucun veto ne saurait travestir la réalité ».  Le Président en exercice du Conseil de sécurité s’est même demandé pourquoi cet organe avait adopté une résolution en lien avec la pandémie de COVID-19 « alors qu’existe l’OMS ».  « En effet, adopter notre projet de résolution n’aurait en rien provoqué un empiétement de l’action du Conseil de sécurité sur les prérogatives de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques », a-t-il argué.

L’Inde a réagi en considérant au contraire que le Conseil « n’est pas l’instance appropriée pour débattre de la question des changements climatiques. »  Au fond, a également dit cette délégation, la résolution ne propose rien de plus que l’on ne pourrait accomplir sous l’égide de la Convention-cadre, convention dont elle a réaffirmé l’attachement de son pays à l’approche « équilibrée, holistique, équitable et juste » qu’elle promeut.  Elle a ainsi exhorté les pays développés à respecter leur promesse de consacrer 1 000 milliards de dollars le plus vite possible à l’effort de lutte contre le réchauffement planétaire, déplorant que des pays parmi les premiers responsables de la crise climatique « demandent au Conseil d’étudier les conflits sous un prisme simpliste au lieu de s’attaquer aux causes de l’instabilité et de l’insécurité ». 

La Chine, pour sa part, a expliqué son abstention par le fait que le texte ne parle pas de la responsabilité fondamentale qu’ont les pays développés d’aider les pays en développement et les petits États insulaires dans la lutte contre les conséquences environnementales et socioéconomiques des changements climatiques.  De leur côté, les États-Unis, qui ont voté pour, ont reproché à la Fédération de Russie d’avoir empêché aujourd’hui « l’organe le plus important au monde » de faire un pas dans la bonne direction face aux changements climatiques.  La majorité des États Membres de l’ONU s’étant portés coauteurs de cette résolution, « cette dynamique ne peut être balayée d’un revers de la main », a jugé la représentante américaine, qui s’est engagée à aller de l’avant sur cette voie « à leurs côtés ». 

MAINTIEN DE LA PAIX ET DE LA SÉCURITÉ INTERNATIONALES

Climat et sécurité

Explications de vote

Avant le vote, Mme GERALDINE BYRNE NASON (Irlande) a présenté le projet de résolution en rappelant qu’il était le fruit d’efforts conduits pendant des mois.  Elle a expliqué qu’il demandait au Conseil de sécurité de faire un premier pas pour qu’il puisse « enfin » assumer ses responsabilités vis-à-vis « de la grande question de notre génération: les changements climatiques et leurs conséquences sur les conflits à son ordre du jour ».  Elle a estimé qu’une telle résolution ne créerait en rien une voie parallèle à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, donnant « simplement » au Conseil les moyens de faire face aux changements climatiques dans le cadre de ses activités et des opérations de paix qu’il mandate.  À l’appui de son plaidoyer, la représentante a souligné que le Pacte de Glasgow avait établi que la hausse des températures pose et continuera de poser des menaces sécuritaires de plus en plus grandes.  Dans ce contexte, il est inconcevable que le Conseil ne se saisisse pas de cette question, comme le lui demandent les 113 États Membres coauteurs du texte, a ajouté la représentante.

M. VASSILY A. NEBENZIA (Fédération de Russie) a jugé « inacceptable » le projet de résolution, qui tente, selon lui, de transformer un problème scientifique en un problème politique.  Il a accusé certains pays de vouloir, par le biais de ce texte, détourner l’attention de la communauté internationale des vraies sources des conflits: « Ces conflits, dont ces pays sont parfois à l’origine, ont de réelles conséquences sur l’environnement des États et régions où les Occidentaux s’aventurent militairement en faisant fi du principe de non-ingérence. »  Il a en outre indiqué que sa délégation, la Chine et l’Inde proposaient un projet de résolution alternatif, axé sur la région du Sahel, sachant que les causes de l’instabilité varient d’une partie du monde à l’autre.  De nouveau, il a martelé que les conséquences des changements climatiques relèvent de la prérogative des climatologues et doivent, par conséquent, être examinées au sein de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques et de l’ECOSOC. 

Après le vote, Mme BYRNE NASON (Irlande) a regretté vivement que l’usage du droit de veto ait fait obstacle à l’adoption d’une résolution « historique ».  En l’adoptant, a-t-elle dit, nous aurions pu reconnaître pour la première fois cette réalité que les changements climatiques aggravent l’instabilité et l’insécurité, qu’ils sont une menace réelle et pressante au maintien de la paix et de la sécurité.  Pour la représentante, le droit de veto est un anachronisme, et « nous déplorons son usage, quelles que soient les circonstances ».  Elle a de plus affirmé que les 113 pays coauteurs du texte pensaient sincèrement que le Conseil de sécurité se rallierait à un consensus basé sur des preuves scientifiques.  Enfin, elle a formé le souhait que le projet de résolution crée un élan aux Nations Unies pour l’avenir. 

Intervenant en sa qualité nationale, M. ABDOU ABARRY (Niger) a réagi avec véhémence au rejet du texte coécrit par l’Irlande et sa délégation.  Le Conseil de sécurité a le devoir de prendre en charge toute situation ayant un impact sur la sécurité du monde, et pour les 113 coauteurs du projet de résolution, il est établi que la dégradation du climat a un effet amplificateur sur tous les facteurs d’instabilité régionale, a-t-il notamment considéré.  Pour les pays du Sahel comme pour les petits États insulaires, ce lien est une affaire de survie, et aucun veto ne saurait travestir cette réalité, a également lancé le Président en exercice du Conseil de sécurité.  Il s’est ensuite demandé pourquoi le Conseil de sécurité avait adopté une résolution en lien avec la pandémie de COVID-19 « alors qu’existe l’OMS ».  En effet, adopter le projet de résolution mis aux voix n’aurait en rien provoqué un empiètement de l’action du Conseil sur les prérogatives de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. 

M. T. S. TIRUMURTI (Inde) a expliqué que sa délégation avait voté contre le texte, estimant que le Conseil de sécurité n’est pas l’instance appropriée pour débattre de la question des changements climatiques.  Après avoir défendu le bilan du Gouvernement indien en matière de lutte contre les émissions de gaz à effet serre, qui devraient être réduites d’un milliard de tonnes d’ici à 2030, le représentant a souligné que le respect des engagements pris sous l’égide de la Convention-cadre forment le cœur de la justice climatique mondiale.  Nous demandons aux pays développés de respecter leur promesse de consacrer 1 000 milliards de dollars le plus vite possible à l’effort de lutte contre le réchauffement de la planète, a-t-il ensuite déclaré, en réaffirmant l’attachement de son pays à l’approche équilibrée, holistique, équitable et juste privilégiée par la Convention-cadre.  Au fond, a-t-il dit, le projet de résolution ne propose rien de plus que l’on ne pourrait accomplir sous l’égide de la Convention-cadre.  Le représentant a déploré que des pays parmi les premiers responsables de la crise climatique demandent au Conseil d’étudier les conflits sous un prisme simpliste au lieu de s’attaquer aux causes de l’instabilité et de l’insécurité.  Il a conclu en regrettant que le projet de résolution alternatif sur le Sahel n’ait pas été davantage pris en considération par les membres du Conseil de sécurité. 

Mme MONA JUUL (Norvège) a regretté que l’adoption de ce projet de résolution n’ait pas été possible.  Elle a rappelé que cela fait 10 ans que le Conseil de sécurité a reconnu que les changements climatiques sont un facteur de risque pour la paix et la sécurité internationales.  Le Conseil de sécurité doit mieux comprendre leurs conséquences sur la paix pour garantir la capacité des missions à opérer efficacement, a estimé la Norvège, avant de souligner que le programme de sécurité climatique est fondamentalement un programme de prévention qui ne peut que renforcer les efforts du Conseil de sécurité en la matière.  Dès lors, la Norvège reste convaincue qu’une résolution thématique sur cette thématique aurait aidé les membres du Conseil de sécurité dans leur travail. 

M. NEBENZIA (Fédération de Russie) a déploré que la présidence nigérienne soit marquée par la division.  Sa délégation, aux côtés de l’Inde et de la Chine, ne partage pas l’approche imposée par les États occidentaux.  Alors que les auteurs de ce texte parlent de 113 pays qui le soutiendraient, le représentant leur a demandé ce qu’il en est alors des 80 pays qui ne le soutiennent pas.  Répondant aux « nombreux collègues qui ont critiqué le maintien du droit de veto au Conseil de sécurité » ce matin, le représentant leur a proposé « une autre interprétation », en soulignant la division de la communauté internationale sur les changements climatiques, comme cela a été démontré à Glasgow.  Le représentant a dénoncé les tentatives d’imposer l’activisme climatique de l’Occident et d’ignorer la position des 80 pays qui ne soutiennent pas cette approche.  Par conséquent, il a défendu l’idée que le droit de veto apparaisse dès lors comme un outil pour contrecarrer ce genre de tentatives.  Plutôt que de débattre de la réforme du Conseil de sécurité, il a appelé ses membres à écouter ces 80 pays.  Le représentant a toutefois reconnu que la problématique des changements climatiques est bien réelle et peut avoir un impact sur la paix et la sécurité, notamment dans le cas du Sahel.  C’est dans cette optique que la Fédération de Russie soumettra un texte en ce sens et spécifique à ce cas. 

Mme BARBARA WOODWARD (Royaume-Uni) a déclaré qu’au Conseil de sécurité, le consensus politique a rattrapé le consensus scientifique sur les changements climatiques qui ont un impact direct sur la paix et la sécurité, comme dans la région du Sahel et dans les pays insulaires.  « Nous n’avons pas le luxe du temps pour attendre. »  Plus de 100 États Membres sont coauteurs du projet de résolution, a rappelé la représentante.  Il faut joindre les actes à la parole, a-t-elle exhorté.  Par cette résolution, le Conseil aurait dû recevoir du Secrétaire général un rapport sur les répercussions que les effets néfastes des changements climatiques ont sur la sécurité dans les pays ou les régions dont il examine la sécurité.  Le Royaume-Uni a voté en faveur de la résolution et soutient les mesures prises par le Conseil et l’ONU qui visent à lutter contre les impacts des changements climatiques. 

M. MARTIN KIMANI (Kenya) a voté en faveur mais ne s’est pas porté coauteur.  Il a espéré et plaidé en faveur d’un consensus.  Au fil des années à venir, les efforts déployés par l’Irlande, le Niger et la Fédération de Russie devront être étayés.  Même s’il n’est pas d’accord avec les arguments de ceux qui sont contre ce texte, certains de leurs éléments auraient pu être inclus, a estimé le délégué.  Lors de la COP26 à Glasgow, les États d’Afrique ont dû « avaler une pilule difficile », car les engagements des pays pollueurs ont été réduits.  Si seulement le résultat de Glasgow avait fait l’objet d’un vote, on serait arrivé à quelque chose, mais cela ne fut pas le cas et on a eu un consensus.  Déçu par le résultat et les reculs entretenus par des membres du Conseil de sécurité au sujet du projet de résolution d’aujourd’hui, le Kenya a demandé quels engagements ces derniers pourraient-ils prendre ici, à New York, qu’ils ne pouvaient prendre à Glasgow.  Il y a une réticence à agir d’une façon juste sur les changements climatiques mais au contraire, ces pays font preuve d’enthousiasme dans la lutte contre le terrorisme.  Il a espéré que l’on traitera davantage des principaux responsables des changements climatiques, demandant un siège permanent pour les pays les plus touchés par ce phénomène.  Il a encouragé les délégations à, une fois de plus, travailler sur les propositions présentées, ou à en faire d’autres.

M. HAI ANH PHAM (Viet Nam) a indiqué que la convention climatique reste l’enceinte idoine pour débattre des questions liées au climat, y compris sur le volet sécuritaire, ce qui n’exclut pas forcément le Conseil de sécurité, notamment dans le cadre de ses outils de prévention.  Il a applaudi les porte-plume de leurs efforts de négociation ayant rallié 115 États, tout en se déclarant désolé que cela n’ait pas abouti à une adoption.  Étant donné la gravité de cette question, tous les membres du Conseil devraient œuvrer à un consensus.  Nous ne devons pas abandonner les peuples qui ont placé de grandes attentes en nous, a-t-il ajouté, recommandant de démontrer un esprit à la fois de solidarité et d’unité.

Mme LINDA THOMAS-GREENFIELD (États-Unis) a reproché à la Fédération de Russie d’avoir opposé son veto, ce qui empêche « l’organe le plus important au monde » de faire un petit pas dans la bonne direction face aux changements climatiques.  Répondre à la crise climatique est une priorité absolue du Gouvernement américain, a martelé la représentante, en s’opposant à l’argument selon lequel une action du Conseil de sécurité dans ce domaine viendrait miner l’action de l’Accord de Paris et de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques.  « Au contraire », le Conseil de sécurité doit appuyer ces deux instruments et intégrer la dimension climatique dans la riposte humanitaire, la prévention et le règlement des conflits, a-t-elle fait valoir, et l’adoption de ce texte aurait été un petit pas dans la bonne direction pour permettre aux opérations de paix et aux missions politiques spéciales d’être mieux outillées pour tenir compte de la dimension climatique.  Soulignant que la majorité des États Membres de l’ONU se sont portés coauteurs de cette résolution, les États-Unis y ont vu un signal d’appui sans ambiguïté, et pour la représentante, cela signifie que cette dynamique ne peut être balayée d’un revers de la main par la Fédération de Russie.  Après avoir remercié ces 113 États Membres, la délégation américaine s’est engagée à aller de l’avant sur cette voie à leurs côtés.

Après s’être abstenu lors du vote, M. ZHANG JUN (Chine) a rappelé le rôle constructif de sa délégation dans la lutte contre les répercussions des changements climatiques.  La Chine met en œuvre l’Accord de Paris et aide les pays du Sud à relever les défis des changements climatiques.  Elle fera tout pour s’acquitter de tous ses engagements climatiques, a assuré le représentant.  D’après lui, les liens entre paix et sécurité sont complexes et les risques sécuritaires liés aux changements climatiques sont loin d’être clairs.  Il faut placer les questions climatiques dans leur contexte, a-t-il demandé.  « Affirmer que les changements climatiques sont les causes de conflits n’est pas scientifique, c’est contre-productif », a insisté M. Zhang.  Pour faire face aux changements climatiques, il faut réduire les émissions de gaz à effet de serre.  À cet égard, a-t-il poursuivi, les pays développés ont la responsabilité d’aider les pays en développement et les petits États insulaires mais, malheureusement, le projet de résolution ne parle pas de ces questions fondamentales.  Pour atténuer les répercussions des changements climatiques, les pays développés doivent honorer leurs engagements financiers, de transfert de technologies et de renforcement des capacités.  « La valeur de l’action du Conseil sur le climat ne dépend pas des rapports mais des efforts concrets », a estimé le représentant.  Il a proposé que le Secrétaire général nomme un envoyé spécial qui serait chargé de faire le suivi de la réalisation des engagements pris par les pays développés.  Le Conseil a déjà examiné la question du climat dans d’autres résolutions, a-t-il en outre rappelé.  En conclusion, il a demandé une aide concrète pour les pays de la région du Sahel et prié les États Membres de coparrainer le projet de résolution préparé par la Chine, l’Inde et la Fédération de Russie. 

M. JUAN RAMÓN DE LA FUENTE RAMÍREZ (Mexique) a déploré que le texte, bien que soutenu par 12 des 15 membres du Conseil de sécurité et 113 coauteurs, n’ait pu être adopté.  La délégation avait voté en faveur car le projet de résolution, fruit de longues négociations, prenait en compte de nombreux points de vue, dont ceux exprimés par le Mexique.  Le représentant a saisi cette occasion pour réitérer son rejet du principe même du droit de veto. 

M. ADEL BEN LAGHA (Tunisie) a regretté que le Conseil de sécurité n’ait pas été en mesure d’adopter ce texte et de s’exprimer à l’unisson sur une question qui préoccupe toute la communauté internationale et touche à des questions de sécurité.  Les changements climatiques figurent parmi les facteurs qui ont des conséquences sur la paix et la sécurité dans bien des régions, a-t-il fait valoir.  Par conséquent, « le Conseil doit en tenir compte de manière méthodique ».  La Tunisie, lors de sa présidence du Conseil, s’est efforcée d’inclure les menaces non conventionnelles, comme les changements climatiques et la pandémie, dans son ordre du jour, a-t-il rappelé.  Cela doit se faire en complémentarité avec les autres organes onusiens. 

M. ANDRE LIPAND (Estonie) a réaffirmé que les changements climatiques représentent une grave menace pour la paix et la sécurité internationales, et parfois pour l’existence même des États.  L’issue du vote d’aujourd’hui est pour lui une source de déception.  L’Estonie a rejeté la crédibilité des arguments avancés par ceux qui se sont opposés à l’adoption de ce texte.  À ses yeux, si le Conseil de sécurité avait adopté cette résolution, il aurait envoyé un signal clair aux victimes des changements climatiques pour dire que leurs voix sont entendues.  Le représentant a appelé les membres du Conseil de sécurité à rester saisis de cette question.

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