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CS/14662
14 octobre 2021
8879e séance – après-midi 

Conseil de sécurité: cinq ans après sa signature, l’Envoyé spécial de l’ONU en Colombie tire un bilan positif de la mise en œuvre de l’Accord final de paix

À l’approche du cinquième anniversaire, le 24 novembre prochain, de la signature de l’Accord final pour la fin du conflit et la construction d’une paix stable et durable entre le Gouvernement colombien et les anciennes Forces armées révolutionnaires de Colombie-Armée populaire (FARC-EP), le Représentant spécial et Chef de la Mission de vérification des Nations Unies en Colombie, M. Carlos Ruiz Massieu, a tiré, cet après-midi, devant le Conseil de sécurité, un bilan positif de la première phase de mise en œuvre.

Il a néanmoins signifié que la préservation des acquis dépendra, dans une grande mesure, de l’application, par toutes les parties, de chaque élément de l’Accord.  Cette séance a été l’occasion pour ses participants de réfléchir aux avancées au cours de la première phase de l’Accord final; et de voir comment persévérer dans la voie de la consolidation de la paix, a déclaré M. Massieu, qui présentait le dernier rapport trimestriel du Secrétaire général pour la période allant du 26 juin au 24 septembre, en présence de la Vice-Présidente et Ministre des affaires étrangères de la Colombie, Mme Marta Lucia Ramírez.

L’évolution récente, comme la création de groupes au congrès qui permettront aux Colombiens les plus touchés par le conflit de prendre part aux décisions, ainsi que le Système intégré pour la vérité, la justice, la réparation et la non-répétition ou encore la Juridiction spéciale pour la paix, figurent parmi les jalons les plus remarquables, a fait valoir le haut fonctionnaire.  « C’est là le fruit d’un compromis entre un large éventail de parties prenantes », notamment le Conseil de sécurité, le Gouvernement colombien et la société civile, a relevé M. Massieu.  La communauté internationale doit saluer l’exemple qu’offre la Colombie à cet égard, a renchéri le Royaume-Uni, là où la France a plutôt conseillé de « tirer un bilan lucide », et les États-Unis ont estimé que « globalement, la Colombie reste un modèle de mise en œuvre ». 

« L’application de l’Accord de paix a globalement maintenu une trajectoire positive », a commenté l’Inde, qui s’est toutefois inquiétée de l’intensification des différends entre les groupes armés illégaux et les différents groupes dissidents des FARC-EP, qui ont aggravé la violence, en particulier dans les zones touchées par le conflit et prioritaires pour la mise en œuvre de l’Accord.  

Deux représentantes de la société civile ont eu l’occasion de partager leur perspective, la Coordonnatrice de « Butterflies with New Wings Building a Future » et représentante des femmes afro-colombiennes au sein du Forum spécial sur le genre, Mme Biviana Peñaranda, qui a confirmé que la violence continue de régir les relations en Colombie.  L’intervenante a identifié l’absence de détermination du Gouvernement colombien à le mettre en œuvre comme étant la principale faiblesse de l’Accord final.  

Même son de cloche chez la représentante de la Jeunesse autochtone et du Programme des femmes du Conseil régional autochtone du Cauca (CRIC), Mme Daniela Soto qui, après avoir évoqué l’espoir suscité par l’Accord au sein des communautés autochtones, a mis en exergue les inégalités et la violence qui se multiplient dans leurs territoires, notamment contre les femmes et les jeunes.  Elle a également dénoncé la hausse des cultures illicites et des affrontements entre groupes armés pour le contrôle du trafic de cocaïne.

Alors que les groupes armés illégaux et les organisations criminelles ont renforcé leur emprise sur les circonscriptions électorales, le Viet Nam et la France ont exhorté la Commission nationale des garanties de sécurité à prendre des mesures concrètes pour les démanteler et renforcer les enquêtes et les poursuites.  Faisant écho à ces propos, le Royaume-Uni a ajouté que le Gouvernement colombien devrait élaborer une politique publique de démantèlement des groupes armés illégaux.

Le Groupe A3+1 a abondé en ce sens, condamnant les nombreux assassinats visant des groupes vulnérables, dont les anciens combattants des FARC-EP, les autochtones et les Afro-Colombiens, les femmes qui occupent des responsabilités sociales et les défenseurs des droits humains.  L’Irlande a attiré l’attention sur les menaces et l’intimidation qui continuent de s’exercer sur les candidats aux élections, quelle que soit leur affiliation politique, exhortant à garantir leur sécurité, et à étendre la présence de l’État dans les zones affectées par la violence.  La Chine a encouragé, quant à elle, à faire davantage pour la réintégration des anciens combattants et la réforme agraire.

À l’issue du débat, la Vice-Présidente et Ministre des affaires étrangères de la Colombie, Mme Marta Lucia Ramírez, a déclaré qu’au terme d’un tiers du temps imparti à l’application de l’Accord, « il y a de quoi être fier de ce qui été accompli ».  Et de citer parmi les réalisations les réparations versées aux victimes; la lutte et la transformation des cultures illégales; le travail auprès des communautés pour l’éducation des enfants; et l’approche fondée sur le genre.  Quant aux difficultés qui perdurent, Mme Ramírez a demandé aux membres du Conseil quel pays du monde serait capable, en l’espace de trois à cinq ans, de répondre aux besoins de millions de personnes?  Ou encore, qui pourrait se permettre de consacrer 2% de son PIB à la mise en œuvre d’un accord de paix?  Elle a ensuite énuméré une série de dépenses budgétaires relatives aux différents volets de cet Accord.

RAPPORT DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL SUR LA MISSION DE VÉRIFICATION DES NATIONS UNIES EN COLOMBIE

Déclarations

M. CARLOS RUIZ MASSIEU, Représentant spécial pour la Colombie et Chef de la Mission de vérification des Nations Unies en Colombie, a présenté le rapport trimestriel du Secrétaire général (S/2021/824) pour la période allant du 26 juin au 24 septembre 2021, en rendant hommage à la Vice-Présidente et à la Ministre des affaires étrangères de la Colombie, et aux deux leaders autochtones et afro-colombiennes, Daniela Soto et Biviana Peñaranda.  Il a en particulier salué « le courage et la ténacité » de ces deux représentantes de la société civile.  Cette séance est l’occasion de réfléchir aux avancées au cours de la première phase de l’Accord final pour la fin du conflit et la construction d’une paix stable et durable entre le Gouvernement colombien et les anciennes Forces armées révolutionnaires de Colombie-Armée populaire (FARC-EP), et de voir comment persévérer dans la voie de la consolidation de la paix, a déclaré le haut fonctionnaire.  L’évolution récente, comme la création de groupes au congrès qui permettront aux Colombiens les plus touchés par le conflit de prendre part aux décisions, ainsi que le Système intégré pour la vérité, la justice, la réparation et la non-répétition, figurent parmi les jalons les plus remarquables.  C’est là le fruit d’un compromis entre un large éventail de parties prenantes, notamment le Conseil de sécurité, le Gouvernement colombien et la société civile.  En dépit des nombreuses difficultés, il a souligné que la préservation des acquis dépendra, dans une grande mesure, de l’application, par toutes les parties, de chaque élément de l’Accord final de paix. 

L’Envoyé spécial a ensuite dit s’être rendu, il y a quelques semaines, à Meta, où le Conseil avait effectué une mission en 2017 et où un membre sur dix des FARC-EP réside encore.  Tirant des conclusions de ses entretiens avec les anciens combattants qui, aujourd’hui, cultivent du café et des avocats et ont même ouvert une boulangerie, M. Massieu a exprimé son admiration pour leur détermination à aller de l’avant.  Cependant, beaucoup de ces efforts sont compromis faute de terres et de logements, entre autres.  Les combattantes comme Biviana et Daniela montrent à quel point cette approche inclusive est fondamentale pour une paix durable, a-t-il souligné.

L’Envoyé spécial a par ailleurs fait état des angoisses et des frustrations des anciens combattants qui se trouvent encore sur des terres de location.  Il a expliqué que des transformations plus profondes sont nécessaires pour consolider le processus en cours.  Il importe à cet égard de mener une réflexion sur ce qu’il reste à faire en termes de réformes rurales et de solutions au problème des drogues illicites.  À ce jour, 296 personnes ayant déposé les armes ont été tuées du fait de cette situation: pauvreté, cultures illicites, déplacements et confinements, a déploré le haut fonctionnaire, en insistant sur toutes les garanties de sécurité prévues dans l’Accord final, et ce, dans toutes les régions colombiennes.  

La fin du conflit a conduit en 2018 à des élections qui ont été les moins violentes et ont constitué une étape décisive, a poursuivi le Représentant spécial.  Or, grâce à l’Accord de paix, une nouvelle occasion se présente dans les 16 régions touchées par le conflit pour des élections locales, a-t-il fait observer.  Il a encouragé à un scrutin transparent et équitable pour consolider la démocratie colombienne.  M. Massieu a encore déclaré combien les réparations aux victimes étaient vitales, en évoquant les efforts consentis par les anciens combattants, notamment ceux ayant participé au déminage de plusieurs régions du pays.  Il a appelé à fournir un appui à la Commission Vérité, et des ressources financières pour éviter une répétition des horreurs du passé.  Depuis le cessez-le-feu et le dépôt des armes jusqu’au mécanisme de la Juridiction spéciale pour la paix, ces cinq dernières années ont constamment révélé la conscience de la société colombienne, augurant d’un avenir plus stable pour la Colombie, a déclaré M. Massieu en guise de conclusion.

Mme BIBIANA PEÑARANDA, Coordinatrice de « Butterflies with New WingsBuilding a Future » et représentante des femmes afro-colombiennes au Forum spécial sur le genre, a déclaré que la violence continue de régir les relations en Colombie, pays marqué par le colonialisme, le racisme ou encore le trafic de stupéfiants et les armes.  À sa signature, l’Accord de paix avait donc été bien accueilli, car porteur d’espoir, de paix pour tous et, en particulier, pour les communautés.  Or, la faiblesse de cet Accord tient selon elle à l’absence de détermination du Gouvernement colombien à le mettre en œuvre.  Ce gouvernement « raciste » ne respecte pas cet Accord de paix, pas plus que les attentes et besoins des communautés autochtones et des communautés, a-t-elle affirmé.  En dépit de cela, les communautés restent attachées à la paix, malgré une classe politique obsédée par ses propres intérêts et qui ignore les droits des population autochtones.  Or, il y a un besoin d’expulser les groupes armés des territoires et de mettre en œuvre l’Accord de façon à sécuriser et réconcilier les communautés entre elles.  « C’est la demande que je fais à cette auguste assemblée, en tant que femme, noire, porteuse de la vie et représentante d’une communauté », a déclaré en conclusion Mme Peñaranda.

Mme DANIELA SOTO, Représentante de la Jeunesse autochtone et du Programme des femmes du Conseil régional autochtone du Cauca (CRIC), a regretté que l’espoir suscité par la signature de l’Accord de paix n’ait guère duré au-delà de quelques mois dans les territoires autochtones comme le sien.  L’Accord de paix était source d’espoir en offrant des solutions structurelles aux inégalités en Colombie, a-t-elle rappelé.  Mais bien que les armes aient été déposées par les anciens combattant du FARC, les inégalités et la violence se multiplient dans ces territoires, notamment pour les femmes et les jeunes, et on assiste à une hausse des cultures illicites et des affrontements entre groupes armés illicites pour le contrôle du trafic de cocaïne.  Ces groupes recrutent des enfants et des jeunes dans ces territoires pour venir gonfler leurs rangs, a soutenu Mme Soto, en faisant état de plus de 600 d’entre eux recrutés à Cauca au cours des deux derniers mois, dont beaucoup sont des filles.  Les femmes sont cooptées souvent pour la prostitution et celles qui résistent doivent souvent quitter les territoires autochtones pour échapper à la violence.  En effet, neuf femmes autochtones défenseuses du territoire de Cauca ont été assassinées cette année seulement, et ailleurs c’est la même chose.  Ces assassinats touchent directement les familles, les communautés et les organisations qu’elles dirigent, a souligné Mme Soto.  Elle a revendiqué des garanties de sécurité pour permettre aux femmes leaders autochtones de continuer à participer à l’édification de la nation.  Elle-même a dit avoir été victime d’un attentat en mai dernier, qui a failli lui coûter la vie.  

Malgré tout, les femmes autochtones continuent de sensibiliser au règlement pacifique du conflit et à œuvrer en faveur de la paix à travers le dialogue. 

Elles renforcent toutefois les mécanismes d’autoprotection sur leur territoire, à défaut de pouvoir compter sur la protection de l’État.  « Nous continuons à croire en la paix dans les territoires », a déclaré Mme Soto en demandant au Gouvernement d’assurer le droit fondamental à la vie de tous les Colombiens.  En outre, le Gouvernement doit soutenir les initiatives lancées à partir des territoires, a exigé l’intervenante en espérant que la communauté internationale continuera d’accompagner les communautés autochtones de Colombie qui continuent de revendiquer le plein respect de l’Accord de paix.  « Jamais nous ne continuerons à donner naissance à des enfants pour qu’ils aillent faire la guerre », a souligné en conclusion Mme Soto.

M. JAMES KARIUKI (Royaume-Uni) a rappelé que dans un mois sera fêté le cinquième anniversaire de la signature de l’Accord de paix de 2016, un jalon important selon lui, car bien souvent les accords de paix échouent dans les cinq premières années.  C’est pourquoi la communauté internationale doit saluer l’exemple qu’offre la Colombie à cet égard.  Le délégué a souligné que le système de justice transitionnelle est centré sur les victimes.  Il s’est félicité des progrès qui ont été réalisés ces dernières années, à travers le Système intégré pour la vérité, la justice, la réparation et la non-répétition, et notamment la Commission de la vérité et la Commission de recherche des personnes disparues.  Il a estimé qu’il faut assumer ses responsabilités pour ouvrir la voie à la réconciliation.

Le délégué a salué la création des 16 territoires spéciaux, « un progrès majeur qui devrait assurer la participation politique de groupes traditionnellement exclus ».  Toutefois, a-t-il ajouté, il est important de faire le point sur les progrès qu’il reste à faire.  Notant qu’un nombre important de personnes ont été tuées parmi les anciens combattants, les représentants de la société civile, notamment des femmes, ou les communautés autochtones, il a encouragé le Gouvernement colombien à renforcer les institutions susceptibles d’enquêter pour trouver les responsables de ces crimes.  En outre, il s’est inquiété du fait que la Commission nationale des garanties de sécurité ne s’est pas réunie dans sa composition intégrale.  Il a appelé le Gouvernement à élaborer une politique publique de démantèlement des groupes armés illégaux pour protéger ceux qui sont exposés à ces risques.  Enfin, à l’approche des élections de 2022, le délégué a encouragé toutes les parties à prendre les mesures nécessaires pour qu’elles puissent se dérouler librement.

M. JUAN RAMÓN DE LA FUENTE RAMÍREZ (Mexique) s’est félicité des avancées « concrètes » alors que l’on approche du cinquième anniversaire de la signature de l’Accord final de paix, qui a permis de lancer des plans de développement et des alternatives aux cultures illicites, dans le respect de la parité, et de progresser dans les processus de vérité et de justice transitionnelle.  De son côté, a ajouté la délégation, la Juridiction spéciale pour la paix a aussi fait un travail remarquable, surtout dans l’affaire 03, sur les meurtres et disparitions forcées, et l’affaire 07, concernant le recrutement et l’utilisation d’enfants dans le conflit. 

Le Mexique a pris acte des décisions prises par la Commission de la vérité dont il attend, avec impatience, le rapport final, tant cet organe constitue une composante clef du processus de réconciliation.  Elle a aussi salué l’adoption de la loi portant création de 16 circonscriptions provisoires spéciales pour la paix qui vont faciliter la participation des populations historiquement exclues dans les régions touchées par le conflit aux élections de 2022. 

D’autre part, il est impératif selon le représentant que toutes les femmes autochtones et afro-colombiennes soient en mesure de bénéficier de la possibilité de participer aux prises de décisions car elles sont au premier rang des personnes affectées.  Il a condamné les actes de violence imputables aux groupes armés illégaux qui ont contraint au déplacement plus de 15 000 personnes cette année.  Le Mexique a en outre fortement plaidé en faveur du renforcement des institutions et des services de publics de base, dont l’absence creuse les inégalités dans certaines régions.  Il a cité l’initiative « agents et agentes de la paix » en faveur des droits de l’homme en tant qu’exemple à suivre dans les initiatives de paix. 

M. T. S. TIRUMURTI (Inde) a trouvé « rassurants » les progrès réalisés dans la mise en œuvre de l’Accord final de paix au cours des trois derniers mois.  La promulgation de la loi créant les 16 circonscriptions électorales provisoires a permis aux populations historiquement exclues de participer aux prochaines élections.  Les budgets alloués à la paix ont connu une augmentation de 3,8% en 2021.  Il y a un regain d’activité au sein de la législature, les membres de la coalition au pouvoir et l’opposition présentant des projets de loi sur des questions liées à la mise en œuvre de l’Accord.  Le processus de réintégration a continué d’avancer malgré plusieurs défis.  Ainsi, « la mise en œuvre de l’Accord de paix a globalement maintenu une trajectoire positive », a estimé le représentant.

Cependant, l’Inde reconnaît que certains aspects essentiels de l’Accord continuent de se heurter à des obstacles dans leur mise en œuvre, notamment l’intensification des différends entre les groupes armés illégaux et les différents groupes dissidents des FARC-EP.  Ces différends ont aggravé la violence, en particulier dans les zones touchées par le conflit et prioritaires pour la mise en œuvre de l’Accord.  Ce cycle de violence, qui a en outre généré des déplacements massifs, conduit aux meurtres d’anciens combattants, de dirigeants sociaux et de défenseurs des droits humains, y compris des groupes vulnérables de la population, doit cesser.  Le représentant est resté pour autant convaincu que les autorités colombiennes prennent les mesures appropriées pour mettre en œuvre les garanties de l’Accord concernant la sécurité, le logement et les terres.

Mme RHONDA KING (Saint-Vincent-et-les Grenadines), qui s’exprimait au nom des A3+1 (Kenya, Niger, Tunisie et Saint-Vincent-et-les Grenadines), a vu dans l’Accord final « un accord emblématique », un témoignage de l’engagement du Gouvernement et du peuple colombiens en faveur de la paix.  Depuis la signature de cet Accord, nous avons été témoins de progrès et de reculs, a-t-elle concédé, en appelant les parties à consolider les acquis et à poursuivre avec rigueur sa mise en œuvre.  Les quatre pays ont condamné en particulier les nombreux assassinats visant des groupes vulnérables, dont les anciens combattants des FARC-EP, les autochtones et les Afro-Colombiens, les femmes leaders sociales et les défenseurs des droits humains.  Ils ont appelé à démanteler les groupes armés illégaux.  Se félicitant des recommandations de la Juridiction spéciale pour la paix (SJP) et des progrès soulignés au sein de l’Unité nationale de protection (NPU), Mme King a mis l’accent sur l’importance du renforcement des garanties de sécurité dans les zones marginalisées et en conflit, y compris le renforcement des mesures de protection et de prévention.

Les défis sécuritaires et socioéconomiques auxquels sont confrontés les anciens combattants sont étroitement liés, a poursuivi Mme King.  À cet égard, elle a souligné l’importance des mesures de protection pour assurer leur réintégration réussie dans la société colombienne et salué les efforts en cours en ce sens, notamment par le biais de programmes de développement à vocation territoriale et de réforme rurale.  Toutefois, les différends concernant l’attribution des terres et des logements doivent être réglés, y compris les défis auxquels sont confrontés les anciens combattants résidant en dehors des zones territoriales de formation et de réinsertion.  Les A3+1 ont fait écho à l’appel du Secrétaire général pour que les deux parties s’assurent que les femmes, les jeunes, les anciens combattants autochtones et afro-colombiens participent de manière significative au processus de prise de décisions.  En conclusion, leur représentante a fait valoir que « la paix pour les Colombiens signifie la paix pour chacun et chacune, en particulier pour la région de l’Amérique latine et des Caraïbes ».  Ils ont exhorté le Gouvernement et l’Armée de libération nationale (ELN) à dialoguer pour favoriser une société plus pacifique et plus harmonieuse.

M. SVEN JÜRGENSON (Estonie) a déclaré que cette séance est l’occasion d’évaluer et de réfléchir aux progrès accomplis et à ce qu’il reste à faire alors que le 24 novembre marquera le cinquième anniversaire de l’Accord final pour la fin du conflit et la construction d’une paix stable et durable entre le Gouvernement colombien et les anciennes Forces armées révolutionnaires de Colombie-Armée populaire (FARC-EP).  Il a souligné l’impact positif enregistré au cours de la période considérée dans le rapport du Secrétaire général, en particulier sur le développement de la Colombie car il a non seulement contribué à mettre fin au conflit, mais a également permis d’établir les normes et les institutions nécessaire à une paix durable.  Il a également transformé l’approche gouvernementale en matière de politiques publiques dans les régions les plus marquées par la violence.  Le processus de paix a ainsi prouvé que la consolidation de la paix et les efforts de réconciliation sont capables de modifier la donne.

Au chapitre des défis, l’Estonie a pointé la question de la participation de toutes les parties prenantes, y compris au niveau local.  La dynamique de la violence demeure un obstacle à la mise en œuvre de l’Accord final, a-t-elle reconnu, en s’inquiétant de la hausse des incidents visant les chefs de file locaux, les défenseurs des droits humains, les anciens combattants et les communautés, 158 assassinats ayant été répertoriés, cette année, par le Haut-Commissariat des nations unies aux droits de l’homme.  Quelque 300 anciens combattants ont également été tués depuis la signature de l’Accord final, un bilan qui entrave la mise en œuvre de cet Accord et ne doit pas rester impuni.  La délégation a appelé le Gouvernement à garantir la sécurité dans toutes les zones rurales qui subissent cette violence.

L’Estonie a salué le travail de la Juridiction spéciale pour la paix, qui a enregistré des progrès dans des affaires impliquant les FARC et les Forces de sécurité, notamment dans des cas de recrutement forcé et d’utilisation d’enfants dans le conflit, ainsi que les travaux de la Commission vérité et réconciliation (CVR).  Elle a en particulier recommandé que les victimes restent au cœur des procédures et que leur participation au processus de paix soit maintenue.  À cet égard, l’Estonie a recommandé de veiller au bon fonctionnement de tous les mécanismes de justice transitionnelle, encourageant toutes les parties à faire bon usage des outils disponibles pour conduire un dialogue sincère aux niveaux local et national. 

M. DANG DINH QUY (Viet Nam) a déclaré que depuis la signature historique de l’Accord de paix, la Colombie a fait de gros efforts pour promouvoir le développement socioéconomique, y compris une réforme rurale globale, tandis que le processus de réintégration a été élargi à tous les niveaux.  Cependant, diverses dispositions de l’Accord final n’ont pas été uniformément appliquées, a-t-il regretté.  Il a appelé toutes les parties concernées à s’engager dans un dialogue constructif, aux niveaux politique et technique, pour faire face aux défis du processus de paix.  « Cette année sera décisive pour la Colombie, notamment au niveau de la préparation des élections législatives et présidentielles de 2022 », a-t-il déclaré. 

Le délégué a souligné que le rapport du Secrétaire général a fourni des informations inquiétantes sur la violence et les attaques incessantes contre les Colombiens, y compris les anciens combattants, les dirigeants sociaux, les communautés touchées par le conflit et les forces de sécurité publique.  Les groupes armés illégaux et les organisations criminelles ont renforcé leur contrôle social et territorial, en particulier sur les circonscriptions électorales.  Il a exhorté la Commission nationale des garanties de sécurité à prendre des mesures concrètes pour démanteler ces organisations et renforcer l'application de la justice.  Le délégué a dit s’attendre à ce que le Gouvernement, les FARC, le Conseil national pour la réintégration (NRC) et l’ONU, les organisations régionales et internationales jouent un plus grand rôle dans l’élaboration d’une stratégie commune pour un développement socioéconomique renforcé, et pour aider les anciens combattants à obtenir des moyens de subsistance durables. 

Si M. VASSILY NEBENZIA (Fédération de Russie) a relevé des progrès certains dans la mise en œuvre des engagements de l’Accord final de paix, il a toutefois estimé qu’il faut beaucoup plus de temps pour instaurer une paix durable, ajoutant que les Colombiens eux-mêmes prédisent que la tâche prendra non pas 15 mais 26 ans.  Plus de 46 000 personnes sont « coupées du monde » dans les localités dans lesquelles elles se trouvent; 43 défenseurs des droits de l’hommes ont été tués; et 150 anciens combattants l’ont aussi été cette année: « ce sont des chiffres effroyables », s’est-il exclamé, avant d’indiquer que « le principal auteur de cette violence est le narcotrafic » et qu’il est indispensable de trouver des solutions à ce problème.  La création des 16 circonscriptions électorales provisoires corrigent une injustice historique en matière de participation de communautés jusqu’ici non prises en considération, a salué M. Nebenzia.  Il a encouragé à reprendre le dialogue rompu en 2019 et à « un apaisement avec le Venezuela », d’autre part.  Il a espéré que le contact sera rétabli avec ce pays pour éviter certains malentendus ou provocations aux frontières.  Pour le représentant, l’Accord final contient tous les ingrédients nécessaires pour une Colombie pacifique, et pour que le processus de paix soit « durable et irréversible ».

M. JEFFREY DELAURENTIS (États-Unis) a déclaré que près de cinq ans après la signature de l’Accord de paix, il était temps de reconnaître que beaucoup a été fait et que beaucoup reste à faire.  De nombreux combattants ont déposé les armes et beaucoup de Colombiens connaissent la paix maintenant.  Un système de justice transitionnelle a été mis en place, et d’anciens responsables des FARC-EP ont reconnu leurs responsabilités, a, entre autres progrès, cité le représentant.  La délégation reconnaît cependant les défis qui persistent, notamment la violence qui touche encore les communautés et les leaders sociaux.  Mais « globalement, la Colombie reste un modèle », a-t-il conclu.

Mme GERALDINE BYRNE NASON (Irlande) a commencé par féliciter les Colombiens à l’occasion du cinquième anniversaire de l’Accord de paix, dont les dividendes doivent profiter à chaque Colombien, a-t-elle estimé, en exhortant ses signataires et le Gouvernement à tout mettre en œuvre pour pleinement l’appliquer.  Alors que ce jalon ne représente qu’un tiers du délai prévu pour la mise en œuvre de l’Accord, Mme Byrne Nason a reconnu qu’il reste encore beaucoup à faire.  Il est plus important que jamais que la communauté internationale aide la Colombie à réaliser pleinement la promesse de paix, face à des défis multiformes, a-t-elle souhaité en assurant que l’Irlande restera aux côtés des Colombiens.

Tout en saluant la promulgation par le Gouvernement des circonscriptions électorales spéciales pour la paix, l’Irlande reste préoccupée par les menaces et l’intimidation qui continuent de peser sur les candidats, quelle que soit leur affiliation politique.  Elle a plaidé en faveur d’efforts pour garantir la participation sûre et significative des femmes et des jeunes au processus politique.  La représentante a également fait part de ses préoccupations face au ciblage continu des ex-combattants.  Elle a encouragé le Gouvernement à renforcer les garanties de protection des ex-combattants et à adopter une approche sensible au genre pour assurer la fourniture de protections égales et adéquates aux femmes, dans le cadre de ce programme.  L’Irlande a également réitéré son inquiétude face au lourd tribut de violence, de déplacements forcés et d’emprisonnements que paient les populations autochtones et afro-colombiennes mais aussi d’autres leaders communautaires et sociaux, en particulier les femmes et les jeunes.  La délégation a donc encouragé tout effort visant à soutenir ces communautés, à étendre la présence de l’État dans ces municipalités, à démanteler les groupes armés et à traduire les coupables en justice.

Mme MONA JUUL (Norvège) a rappelé que, dans six semaines, sera célébré le cinquième anniversaire de l’Accord de paix qui a mis fin à 52 ans de conflit violent avec les FARC-EP.  Sa mise en œuvre complète reste une priorité pour le Conseil de sécurité, a-t-elle noté.  Elle s’est toutefois déclarée préoccupée par le fait que, selon le Bureau du Contrôleur général, à ce rythme, il faudra 26 ans pour mettre pleinement en œuvre l’Accord – et non les 15 ans convenus.  La représentante a donc exhorté la Colombie à accélérer sa mise en œuvre car les niveaux élevés de violence représentent une menace pour l’Accord.  Une attention particulière doit être accordée aux 25 municipalités où se produisent la plupart des violences, en particulier dans les communautés autochtones, a-t-elle fait remarquer.

Mme Mona Juul a salué le fait que la loi créant les 16 circonscriptions électorales spéciales de transition pour la paix ait été promulguée, tout en soulignant qu’à l’approche des élections de 2022, des efforts considérables doivent être déployés pour éviter la violence politique.  La mise en œuvre du « Système global de sécurité pour l’exercice de la politique », tel que stipulé dans l’Accord, serait une étape importante, a-t-elle déclaré.  Elle a émis l’espoir que les partis politiques se rallient à la non-violence.  Les personnes qui descendent dans la rue pour manifester pacifiquement sont une expression légitime de la participation politique et ne doivent pas faire l’objet d’un recours à la force disproportionné. 

La délégation a jugé impératif d’offrir des conditions de vie dignes aux anciens combattants.  « S’assurer que les signataires de l’Accord sont en mesure de se nourrir et d’avoir un logement convenable pour leurs familles est de la plus haute importance », a-t-elle souligné.  Elle a encouragé les parties à utiliser au mieux les différents espaces formels et informels créés par la convention.  Enfin, Mme Juul a salué les progrès réalisés par le Système intégré de justice transitionnelle.  Quant à la Commission Vérité, elle offre un espace inestimable de rencontres entre victimes et auteurs de violations et lui accorder sept mois supplémentaires d’existence lui donnerait le temps de se conformer pleinement à son mandat. 

M. GENG SHUANG (Chine) a déclaré que l’Accord final a été appliqué et que le processus de paix continue d’avancer.  La création des 16 circonscriptions électorales provisoires est une avancée importante qui permettra aux populations historiquement exclues de participer aux prochaines élections, s’est félicité le délégué.  La Chine constate toutefois des différences entre ce qui est prévu et ce qui est réalisé.  Elle sait que la pleine mise en œuvre de l’Accord est un mécanisme complexe.  Pour autant, elle encourage le Gouvernement colombien à faire davantage pour la réintégration des anciens combattants et pour la réforme agraire.  La Mission devrait continuer d’appuyer le Gouvernement colombien sur toute une série de points, a conclu le représentant. 

Mme SHERAZ GASRI (France) a salué les progrès accomplis depuis la signature de l’Accord de paix en Colombie, mais a également invité à tirer un bilan lucide de sa mise en œuvre et sur cette base, de poursuivre les efforts car plusieurs défis persistent.  Saluant la création des 16 circonscriptions électorales spéciales pour la paix, elle a estimé que cette démarche permettra à des régions historiquement marginalisées par le conflit de prendre toute leur part au processus politique en cours.  La campagne électorale approche et, avec elle, le risque d’intensification des violences, a mis en garde la France, en encourageant les autorités à tout mettre en œuvre pour que les scrutins se tiennent dans de bonnes conditions, la sécurité des candidats étant une priorité.  Mme Gasri a ensuite salué la prolongation du mandat de la Commission Vérité, ce qui lui permettra d’achever son travail.  Il faut lui donner les moyens budgétaires de poursuivre sa mission, a-t-elle ajouté.

Pour la France, la poursuite des violences en Colombie n’est pas acceptable.  Chaque assassinat fragilise la mise en œuvre de l’Accord de paix, a martelé la représentante, alors que la solution est connue: il faut renforcer la présence de l’État dans les zones les plus reculées.  Il faut également renforcer le rôle de la Commission nationale des garanties de sécurité afin, notamment, de mettre en œuvre la politique de démantèlement des groupes armés, a ajouté Mme Gasri.  Enfin, pour gagner la paix, elle a insisté sur l’impératif d’offrir des opportunités socioéconomiques viables et justes à tous.  Saluant les avancées en matière de réforme rurale, de substitution des cultures illicites, ou encore d’accès à la terre et au logement, elle a appelé à accélérer et consolider ces progrès et, surtout, à y consacrer les moyens nécessaires.  Les chapitres de l’Accord qui touchent aux questions ethniques et de genre doivent faire l’objet d’une attention spécifique.  La France, ainsi que l’Union européenne, continueront d’apporter leur soutien à tous ceux qui, en Colombie, sont mobilisés en faveur de la paix, a-t-elle conclu.

Mme MARTA LUCÍA RAMÍREZ, Vice-Présidente et Ministre des affaires étrangères de la Colombie, a félicité Bibiana Peñaranda d’être associée au processus, et Daniela Soto, qui a informé des souffrances du Cauca, du fait du trafic de drogue en particulier.  Elle a assuré que le Gouvernement continuera à œuvrer de concert avec elles tant il est conscient que ce sont les femmes qui travaillent le plus à la paix et subissent les retombées de la violence.  Mme Ramírez a reconnu que, pour la quatrième fois dans le rapport du Secrétaire général, il a été mentionné que des espaces ont été offerts aux communautés pour la mise en œuvre de plans et de programmes économiques visant au remplacement des cultures illicites.  Un tiers du temps imparti à l’application de l’Accord est passé, mais il y a de quoi être fier de ce qui a été accompli, a-t-elle dit.  Elle a cité les réparations aux victimes, la lutte et la transformation des cultures illégales, le travail avec les communautés pour l’éducation des enfants, et l’approche fondée sur le genre, cette dernière question étant prioritaire.  L’instance en charge de cette question prend en compte tous les groupes ethniques pour dûment répondre à leurs besoins particuliers.  La Vice-Présidente a applaudi le travail de la Commission chargée des questions ethniques.

Le Gouvernement a démobilisé des milliers d’anciens combattants, accompagnés de leurs familles, ce qui est un défi énorme.  Quel pays du monde serait capable, en l’espace de trois à cinq ans, de répondre aux besoins de millions de personnes? s’est justifiée la Cheffe de la diplomatie colombienne.  Elle a aussi indiqué qu’il y a quelques jours, un pacte avait été conclu avec les jeunes accourus de toutes les régions pour faire part de leurs ambitions.  Le soutien à l’intégration a été fixé à l’horizon 2019, mais le travail se poursuit au-delà et les ressources nécessaires, allouées au titre du budget.  La coordination avec les FARC-EP dans le cadre de la feuille de route va bon train, a-t-elle commenté.  Concernant l’inclusion des anciens combattants, 118 millions de dollars ont bénéficié à 13 216 d’entre eux, et le Gouvernement a prolongé les opérations de distribution de vivres et d’autres biens.  

Bien que la fourniture de logement ne fût pas incluse dans l’Accord, le Gouvernement a acheté des milliers d’hectares, ou loué des parcelles, afin que les anciens combattants et leurs familles puissent travailler la terre et se stabiliser.  Elle a mis l’accent sur le dialogue permanent avec les FARC-EP et les ex-combattants.  Les garanties du processus de démobilisation et réintégration doivent bénéficier à tous les combattants, a-t-elle indiqué, en regrettant que certains aspects de la politique de logement n’aient pas été acceptés par les FARC-EP.  L’application contribuera à une paix durable pour peu que le pays avance sur les jalons déjà établis, notamment par le renforcement des institutions, qui sont les piliers de la paix.  Le Président Ivan Duque vient de procéder à la signature d’un décret réglementant les 16 sièges réservés aux victimes, s’est-elle encore félicitée, jugeant important que la Mission de vérification soit consciente de cet effort.  Pour le Gouvernement, chaque vie perdue nous touche énormément et reste intolérable, a-t-elle affirmé, notant que le nombre d’homicides a été inférieur de 8,1% cette année, mais que l’objectif ultime consiste à atteindre zéro homicide. 

Répondant aux États-Unis, elle a souligné que 70% des affaires concernent des incidents survenus sur les « routes de la drogue » par ceux-là même qui ont tué des compagnons d’armes lorsqu’ils refusaient de s’adonner au trafic.  Elle a également déploré l’assassinat de 43 défenseurs des droits de la personne, espérant que justice sera faite et que l’on arrivera à identifier les sources et les voies d’acheminement des stupéfiants.  La Vice-Présidente a regretté que de nombreux cartels, qui existaient avant l’Accord final, et produisaient de la cocaïne à destination de l’Occident, n’aient jamais cessé leurs activités.  Mme Ramírez a invité à s’abstenir de mettre toute la violence et les manquements sur le dos du seul Gouvernement, insistant auprès du Conseil pour que la communauté internationale s’investisse davantage contre ces réseaux « infâmes ».  Des interventions ont été lancées pour que 90 000 familles retrouvent une vie normale, a-t-elle relevé, en affirmant que l’autonomie de la justice est indispensable ce qui fait que les budgets pour la Juridiction spéciale pour la paix.

Qui pourrait se permettre de consacrer 2% de son PIB a la mise en œuvre d’un Accord de paix? s’est-elle demandé, en énumérant une série de chiffres budgétaires dépensés pour les différents volets de cet accord.  Pour répondre à Saint-Vincent-et-les Grenadines, elle a indiqué qu’une feuille de route avait été appliquée, avec 92 indicateurs ethniques dans le Cauca en particulier.  S’agissant des questions de genre, demain, à l’occasion de la Journée internationale des femmes rurales, de nombreuses femmes dans ces zones obtiendront une assistance et un appui supplémentaires.  Le Gouvernement colombien n’a pas ménagé ses efforts en dépit des difficultés au sein du Congrès, a assuré la Vice-Présidente.  Enfin, elle a sollicité une prolongation de la Mission de Vérification en Colombie pour un an.  Petit à petit, nous nous relevons pour créer des emplois ou combler les fractures régionales, a-t-elle encore voulu, ajoutant que toutes les réalisations sont surtout le fruit de la volonté du peuple, qui veut savoir si la communauté internationale va continuer à le soutenir.

 

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