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CPSD/738
22 octobre 2021
Soixante-seizième session, 10e séance plénière - après-midi

Quatrième Commission: plusieurs délégations appellent à soutenir et financer l’UNRWA et ses services essentiels auprès des réfugiés palestiniens

Au troisième jour de son débat général conjoint, la Commission des questions politiques spéciales et de la décolonisation (Quatrième Commission) a entendu, cet après-midi, près d’une trentaine d’intervenants, dont plusieurs ont plaidé pour un financement accru de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA).

Que ce soient les Maldives, le Zimbabwe, le Chili, l’Inde ou les pays arabes comme l’Iraq et la Syrie, tous ont mis en avant le rôle stabilisateur de l’Office dans la région et l’obligation pour la communauté internationale de lui donner les moyens de fournir les services essentiels aux réfugiés palestiniens au Moyen-Orient et, comme l’ont souligné certains, cela aussi longtemps qu’on ne sera pas parvenu à une solution juste et durable au conflit israélo-palestinien.  À l’instar du Liechtenstein, ils ont appelé à progresser vers une solution des deux États fondée sur le droit international et le droit à l’autodétermination, en tant que seule voie viable vers une paix durable entre Israéliens et Palestiniens et pour l’ensemble de la région.

La guerre à Gaza en mai dernier a rappelé que le statu quo est intenable et que la seule façon de sortir de cette impasse marquée par la violence est la solution des deux États, dont un État palestinien souverain dans les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale, a également fait valoir la Jordanie.  De son côté, la Syrie a réagi aux attaques menées contre l’UNRWA par Israël et d’autres États, en affirmant qu’elles ne servent à rien car les Palestiniens ont des droits protégés par le droit international. 

Le Japon de son côté a mis l’accent sur l’importance du déminage en remarquant que, malgré des progrès significatifs, notamment la destruction constante des stocks et la diminution continue des surfaces infestées dans les pays les plus touchés, les mines terrestres continuent de menacer la vie, les moyens de subsistance et la dignité des populations locales.  L’Iraq et le Sénégal sont venus témoigner de leur propre expérience en ce domaine.

Fort de ses connaissances et de ses technologies en matière de lutte antimines, le Japon contribue activement à l’objectif international de « mettre fin aux souffrances et aux pertes causées par les mines antipersonnel ».  Rien qu’en 2020, il a fourni une assistance de déminage à 21 pays et régions, pour un montant d’environ 39 million de dollars, et en coopération avec le Service de lutte antimines des Nations Unies (UNMAS), d’autres organisations internationales et des ONG. 

Sur le volet de la décolonisation, ce sont tour à tour les cas du Sahara occidental, des Îles Falkland (Malvinas), mais aussi de l’archipel des Chagos, qui n’est pas pourtant pas inscrit à l’ordre du jour de la Quatrième Commission, qui ont été abordées.  En tant qu’ancienne colonie, l’Inde a appelé à une approche pragmatique, au cas par cas, pour faire avancer le processus de décolonisation des 17 territoires non autonomes reconnus comme tels par l’ONU.  Face au statu quo dans lequel se trouvent des processus de décolonisation dont a parlé le Togo, Maurice a mis en garde contre les « les vestiges du XIXe siècle marqués par la conquête et la subjugation », là où le Venezuela a dénoncé une recrudescence des politiques néocoloniales et de conquête. 

Les délégations ont salué la nomination du nouvel Envoyé personnel du Secrétaire général pour le Sahara occidental, M. Staffan de Mistura, espérant que sous sa houlette, reprendraient le processus politique et les négociations.  Pour le Zimbabwe et le Venezuela, la solution à cette question doit passer par un référendum d’autodétermination du peuple sahraoui, alors que pour d’autres, comme la Jordanie, doit prévaloir une solution politique juste et durable sur la base des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité.  Le Sénégal et le Guatemala ont directement apporté leur soutien au plan marocain d’autonomie du « Sahara » proposé par le Maroc pour ce territoire.

Maurice est venu aujourd’hui revendiquer sa souveraineté sur l’archipel des Chagos « illégalement occupé par le Royaume-Uni », en invoquant notamment un avis consultatif rendu par la Cour internationale de Justice (CIJ) et une carte établie par le Tribunal du droit de la mer.  Le Royaume-Uni lui a rétorqué n’avoir jamais reconnu les « allégations » de souveraineté mauricienne sur l’archipel des Chagos, ajoutant que les installations militaires des États-Unis et du Royaume-Uni sont utiles pour leurs partenaires et alliés dans la région, y compris Maurice.  Il a regretté que cette question ait été présentée à la CIJ, « qui ne devrait pas être saisie de différents bilatéraux sans l’accord des parties ».

La Quatrième Commission poursuivra son débat général conjoint le lundi 25 octobre à partir de 15 heures.

SUITE DU DÉBAT GÉNÉRAL CONJOINT

Pour M. MATTHEW EDBROOKE (Liechtenstein), le fait que son pays fasse partie cette année du Bureau du Comité spécial de la décolonisation témoigne de son attachement à cette cause.  Il a demandé à la communauté internationale de se mobiliser pour que les 17 territoires non autonomes à l’ordre du jour de la Commission puissent enfin finaliser leurs processus de décolonisation.  À cet égard, les décisions convenues avec les peuples concernés d’organiser des référendums sur l’indépendance en tant qu’expression publique de l’autodétermination, comme celui prévu en Nouvelle-Calédonie plus tard dans l’année, ainsi que l’engagement continu de certains de ces territoires dans les organisations intergouvernementales régionales sont des pistes prometteuses en attendant, a estimé le représentant.  Cependant, ces populations ne doivent pas rester formellement des possessions coloniales dans le système onusien du fait de prérogatives militaires géopolitiques ou stratégiques, a-t-il tranché.

Le Liechtenstein reste également déterminé à défendre le droit à l’autodétermination du peuple palestinien.  L’annexion de territoires, ou toute décision de changer ou de modifier les frontières entre Israël et la Palestine sans le consentement explicite des deux parties, est en violation du droit international et des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, a souligné le représentant, tout comme l’occupation en cours des territoires palestiniens.  Il a appelé à progresser vers une solution des deux États fondée sur le droit international et le droit à l’autodétermination, en tant que seule voie viable vers une paix durable entre Israéliens et Palestiniens et pour l’ensemble de la région.

Saluant la nomination de Staffan de Mistura comme Envoyé personnel du Secrétaire général pour le Sahara occidental, le représentant a espéré que, sous sa direction, il sera possible de parvenir à une solution politique juste et durable conforme aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité et à la Charte des Nations Unies.

Abordant les missions politiques spéciales, le représentant a estimé qu’elles apportent une contribution responsable et significative à la consolidation et au maintien de la paix.  Le Liechtenstein reconnaît la nécessité pour les missions politiques spéciales de continuer à travailler en étroite collaboration avec les groupes sous-représentés dans les postes de pouvoir et d’influence, y compris les femmes et les jeunes.  À cet égard, la mission de la MANUA en Afghanistan est au premier plan de ses préoccupations, a indiqué le représentant, estimant qu’elle illustre le rôle que le système des Nations Unies doit jouer dans la défense des droits humains de toutes les Afghanes, en soutenant leur participation pleine et sans entrave aux processus de prise de décisions.  À cet égard, le Liechtenstein est d’avis que le système des Nations Unies doit reconnaître et traiter les questions d’autodétermination interne lorsqu’elles se posent, dans le but de prévenir et de résoudre les conflits futurs entre l’État et la communauté concernée ou entre différentes communautés au sein d’un État.

M. ENRIQUE AUSTRIA MANALO (Philippines) a déclaré qu’en ce qui concerne l’espace atmosphérique, le cadre qui s’applique doit être respecté.  Les Philippines ont signé un accord avec le Bureau des Nations Unies pour les affaires extra-atmosphériques.  Selon lui, il est important de renforcer la coopération internationale sur l’utilisation de cet espace à des fins pacifiques pour l’espace extra-atmosphérique et de combler le fossé entre pays développés et ceux en développement.  Le représentant a estimé qu’il faut assurer la viabilité et la sécurité de l’exploration de l’espace extra-atmosphérique et éviter une course aux armements.

Le représentant s’est félicité de la détermination du Secrétaire général à mettre en place des réformes dans le cadre des opérations de maintien de la paix.  Sur la conduite des opérations, il a soutenu la politique de tolérance zéro.  À cet égard, il a estimé que toutes les unités militaires devraient avoir un inspecteur en charge de ces questions.  Il a estimé par ailleurs que les opérations devraient intégrer plus de femmes.  La reddition de comptes et la lutte contre les violences sexuelles devaient être parmi les priorités.  Il a encouragé les pays fournisseurs de contingents à faire en sorte que la protection des civils soit efficace.  En outre, les missions politiques spéciales devraient jouer un rôle dans la prévention, certes, mais aussi de la pérennisation de la paix, a-t-il déclaré.  Elles devraient d’ailleurs avoir un propre budget pour les missions.

Le représentant a apporté son soutien au Département de la communication globale, pour la promotion des trois piliers, à savoir la sécurité, le développement et les droits de l’homme.  Il a continué d’appuyer la stratégie globale de communication.

M. MAHMOUD DAIFALLAH HMOUD (Jordanie) a d’emblée mis l’accent sur la question palestinienne pour souligner que le Moyen-Orient ne connaîtra ni sécurité, ni stabilité ni paix tant qu’elle ne sera pas résolue.  La guerre à Gaza en mai dernier a rappelé que le statu quo est intenable et que la seule façon de sortir de cette impasse marquée par la violence est de parvenir à la paix sur la base de la solution des deux États, avec un État palestinien souverain dans les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale. 

Les mesures israéliennes contre l’esplanade de la mosquée Al-Aqsa risquent d’avoir des conséquences dans le monde entier, a mis en garde la délégation, car elles constituent une véritable provocation pour tous les musulmans.  Comme le Roi Abdallah II l’a dit au cours du débat de haut niveau de l’Assemblée générale, la Jordanie reste attachée à la préservation du statu quo historique et juridique de Jérusalem et de ses lieux saints islamique et chrétien. 

Concernant la question du Sahara, le délégué a salué les efforts du Maroc pour améliorer les conditions de vie de ses habitants, jugeant essentiel de trouver une solution politique juste et durable, fondée sur les résolutions du Conseil de sécurité.

La Jordanie a indiqué qu’elle participe à des opérations de maintien de la paix « avec professionnalisme et discipline ».  Elle a réaffirmé que leur réussite incombe à toutes les parties prenantes, à commencer par celles qui sont chargées d’élaborer les mandats, qui doivent être clairs et réalistes, dotés de ressources suffisantes. 

Après avoir salué l’introduction de trois nouveaux cours à l’Université pour la paix et exprimé sa gratitude au Comité des utilisations pacifiques de l’espace extra-atmosphérique (COPUOS), M. MONWAR HOSSAIN (Bangladesh) a regretté l’impact négatif de la pandémie sur le financement de l’UNRWA, ainsi que la fourniture de services essentiels au peuple palestinien.  L’agression continue des forces d’occupation israéliennes a encore aggravé la situation générale, a-t-il déclaré.  M. Hossain a réitéré le ferme soutien du Bangladesh aux travaux de l’UNRWA, exhortant la communauté internationale à trouver un financement durable et prévisible.  

Il a exprimé sa profonde préoccupation devant la détérioration de la situation due à la pandémie et de la récente escalade de la violence, notamment en ce qui concerne le blocus de Gaza.  Le délégué a réitéré le soutien indéfectible du Bangladesh à la création d’un État palestinien indépendant, viable, contigu et souverain, avec Jérusalem-Est pour capitale, dans le cadre d’une solution à deux États sur la base des frontières d’avant 1967.

Conscient que la pandémie a posé de nouveaux défis aux opérations de maintien de la paix de l’ONU, notamment en ce qui concerne la rotation du personnel, il a estimé que grâce aux mesures prises et à l’approche intégrée de tous les départements concernés de l’ONU, les perturbations ont été minimisées.  M. Hossain a informé la Commission que, conformément à l’engagement du Bangladesh, un panneau solaire d’une capacité de 10 KWP sera installé au Soudan du Sud.  Les missions politiques spéciales restent au cœur du travail des Nations Unies dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales, a-t-il estimé.  Les questions thématiques abordées dans le Rapport du Secrétaire général– femmes, paix et sécurité; promotion d’approches régionales de paix et de sécurité; et consolidation et maintien de la paix –sont cruciales pour le succès des récepteurs GPS.

En outre, le représentant a déclaré apprécier l’excellent travail accompli par le Département de la communication globale (DGC) au cours de la dernière année, en particulier sa campagne vérifiée pour contrer la désinformation liée au COVID-19.

M. JOYKER NAYECK (Maurice) a regretté que le processus de décolonisation ne soit toujours pas achevé puisqu’il reste encore 17 territoires non autonomes.  Il a exprimé la solidarité de son pays avec les peuples de ces territoires qui souhaitent exercer leur droit à l’autodétermination en dénonçant « les vestiges du XIXe siècle marqués par la conquête et la subjugation ».

Maurice a ensuite salué l’UNRWA pour les services qu’il apporte aux réfugiés palestiniens au Moyen-Orient en estimant que l’Office doit pouvoir compter sur le soutien financier de la communauté internationale et cela aussi longtemps qu’il n’y aura pas de solution juste et durable au conflit israélo-palestinien.

Évoquant ensuite la question de l’archipel des Chagos, le représentant a affirmé qu’il avait été occupé par le Royaume-Uni en violation flagrante du droit international.  Les habitants de l’archipel ont été expulsés et n’ont toujours pas pu revenir sur leurs territoires ancestraux, s’est indigné le représentant, alors même que la responsabilité du Royaume-Uni a été établie par un avis consultatif de la CIJ.  Cet archipel fait partie des territoires mauriciens, cela a été confirmé par le Tribunal sur le droit de la mer, a soutenu la délégation, qui a regretté que les valeurs et principes des Nations Unies soient malmenés par certains pays.  Il a donc demandé au Royaume-Uni de mettre fin à l’occupation des Chagos, comme le demande la résolution 73/295.  « L’heure est venue d’éliminer le colonialisme sous toutes ses formes une fois pour toute », s’est emporté le représentant, en revendiquant l’application du droit international à tous.

M. AMRIT BAHADUR RAI (Népal) a déclaré que la décolonisation est contraire aux principes fondamentaux de la Charte de Nations Unies et qu’elle est inacceptable, a-t-il déclaré, regrettant qu’il reste encore 17 territoires non autonome.  Il a ensuite félicité le Département de la communication globale (DCG), qui sensibilise l’opinion publique et lutte contre la désinformation avec la campagne Verified.  Abordant la question des opérations de maintien de la paix, le Népal s’est déclaré fier de faire partie des pays fournisseurs de contingents depuis plus de 60 ans.  Il est actuellement le troisième pays fournisseur de contingents aux opérations de paix de l’ONU et « nous avons perdu 82 vies précieuses », a-t-il rappelé.

Il a estimé que les zones de conflits sont devenues complexes, en constante évolution, en raison de menaces asymétriques.  Le représentant s’est déclaré vivement préoccupé par la santé des Casques bleus lors des opérations de maintien de la paix, encore fragilisée par la pandémie.  « Il faut fournir davantage de ressources médicales », a-t-il déclaré.  Toutefois, ces missions ne sauraient se substituer aux processus de paix, dont la viabilité passe par la nécessité de s’attaquer aux causes profondes, à savoir la pauvreté.  Il a demandé, à cet égard, une répartition équitable au niveau des postes décisionnaires en fonction des contributions faites par les États Membres.

M. SARHAD SARDAR ABDULRAHMAN FATAH (Iraq)a salué l’importance de l’UNRWA et le rôle clef que l’Office joue dans la vie des réfugiés palestiniens depuis 1949, en termes d’éducation, de soins de santé, en particulier en période de conflit.  Il a également salué les efforts déployés par tous les employés de l’UNRWA, surtout dans ces circonstances difficiles en raison de la pandémie de COVID-19.  L’existence de l’UNRWA dépasse le concept du rôle humanitaire qui lui est confié dans le cadre des décisions de l’Assemblée générale et des règles du droit international, a-t-il continué, cette agence internationale étant aux avant-postes de leur droit au retour.  La communauté internationale porte une responsabilité morale et humanitaire ainsi qu’une responsabilité juridique visant à mettre fin à l’occupation des terres palestiniennes et à reconnaître l’État de Palestine, a-t-il poursuivi.

Tout au long de son histoire, l’UNRWA a fait face à un financement insuffisant qui compromet la capacité de l’Office de mettre en œuvre son mandat, a déploré le représentant.  Les problèmes humanitaires auxquels sont confrontés les réfugiés palestiniens sont une responsabilité internationale partagée, a-t-il encore insisté.  Aussi, au vu des circonstances difficiles que traversait actuellement l’Agence, l’Iraq a appelé les États Membres à augmenter leurs contributions financières.

La délégation a ensuite expliqué que le colonialisme représentait une menace pour le monde entier, y compris au Moyen-Orient où, depuis des décennies, la question palestinienne restait sans solution.  Elle a déploré que la puissance occupante profite de la pandémie pour aller de l’avant avec ses politiques et plans d’annexion de parties du Territoire palestinien occupé, violant les droits du peuple palestinien de manière flagrante.  L’Iraq a conclu en rejetant catégoriquement toutes les violations commises par l’occupation des lieux saints islamiques et chrétiens, en particulier les tentatives de modifier leur statut historique et juridique.  Alors que l’occupation illégale israélienne des territoires palestiniens, qui perdure depuis plusieurs décennies, est aujourd’hui exacerbée par les menaces d’annexion et d’imposition du fait accompli, l’Iraq s’est demandé pourquoi le peuple palestinien était toujours privé de son droit à l’autodétermination.

M. BASSAM SABBAGH (République arabe syrienne) a affiché sa solidarité avec les Palestiniens, qui tentent de défendre leurs droits légitimes, réitérant son ferme attachement à la récupération du territoire syrien du Golan, occupé depuis 1967.  Les tentatives d’Israël de modifier la démographie et d’imposer sa loi sont nulles et non avenues, a martelé le représentant.  Il a ajouté que la violation du droit international et des résolutions des Nations Unies reste une caractéristique de la politique d’Israël dans les territoires arabes occupés, où des colons continuent d’affluer.  Israël le fait en toute impunité et son agression constante contre l’autorité syrienne sur son territoire menace la paix et la sécurité au Moyen-Orient, a-t-il asséné.

Par ailleurs, le délégué s’est dit vivement préoccupé par les déclarations hostiles du Premier Ministre israélien sur l’expansion des colonies de peuplement sur le Golan syrien.  Les forces d’occupation ont lancé des raids dans les territoires occupés et la stratégie de colonisation est très nocive pour les habitants du Golan: leurs terres sont saisies et leurs moyens de subsistance mis à mal, notamment l’agriculture.  Le délégué a réaffirmé que cela ne changerait rien au fait que le Golan restera arabe et syrien et qu’il rentrera dans le giron national, quel que soit le temps que cela prendra. 

Selon le délégué, s’abstenir de soutenir la colonisation israélienne est vital pour enrayer les violations du droit international par Israël et il s’est félicité à cet égard du travail fait par le Comité pour les droits inaliénables du peuple palestinien.  Après la création de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), les arrangements mis en place devaient être temporaires, a rappelé le représentant, mais le combat n’en finit pas et les Palestiniens restent à la merci des bailleurs de fonds internationaux.  Les attaques contre l’UNRWA lancées par Israël et d’autres États ne serviront à rien, a-t-il encore averti, car les Palestiniens ont des droits protégés par le droit international.

Mme MEALEA HENG(Cambodge) a considéré le maintien de la paix comme un outil particulièrement efficace, les opérations de paix jouant un rôle essentiel.  Ces 15 dernières années, le Cambodge a déployé d’importants contingents comptant de nombreuses femmes dans neuf pays.  Malgré la pandémie, la délégation continue d’attacher la plus haute importance à ces opérations de paix, qui doivent disposer d’un mandat clair et de ressources suffisantes.  Les vaccins devraient par ailleurs être considérés comme un bien public mondial et être accessibles à tous à un coût abordable, a fait observer le Cambodge, ajoutant que les personnes contaminées doivent aussi pouvoir bénéficier de soins adéquats.

Mr. HAMAMOTO YUKIYA (Japon) a regretté d’emblée que malgré des progrès significatifs, notamment la destruction constante de leurs stocks et la diminution continue des champs de mines dans les pays les plus touchés, les mines terrestres continuent de menacer la vie et les moyens de subsistance des populations locales.  Grâce à ses connaissances et ses technologies en matière de lutte antimines, le Japon contribue activement à l’objectif international pour « mettre fin aux souffrances et aux pertes causées par les mines antipersonnel », a expliqué le représentant. Rien qu’en 2020, il a fourni une assistance dans 21 pays et régions, pour un montant d’environ 39 millions de dollars, en collaboration avec le Service de la lutte antimines des Nations Unies (UNMAS), d’autres organisations internationales et des ONG.  Le Japon continue de jouer un rôle actif dans l’action contre les mines, a assuré le représentant.

Saluant le rôle du Comité scientifique des Nations Unies pour l’étude des effets des rayonnements ionisants (UNSCEAR), le Japon a affirmé être depuis longtemps profondément attaché à la sûreté nucléaire, et encore plus depuis l’accident nucléaire de 2011. Il a salué la publication du rapport de cette année qui marque le dixième anniversaire de l’accident, espérant que le dialogue autour de ce rapport se tiendrait à Fukushima.

Activement engagé dans la coopération spatiale avec ses partenaires internationaux et dans l’intérêt de tous, y compris dans les domaines des vols habités, de l’exploration et de la science spatiales, et de la télédétection, le Japon a encouragé la coopération régionale et le renforcement des capacités.  Cette année, le Japon a lancé un projet conjoint avec le Bureau des affaires spatiales de l’ONU (UNOOSA) sur le « Droit de l’espace pour les nouveaux acteurs de l’espace » afin d’aider les pays d’Asie-Pacifique à rédiger leur législation et leur politique spatiales nationales.

Passant à l’UNRWA, le représentant a estimé que l’Office joue un rôle vital dans la promotion de la paix et de la stabilité au Moyen-Orient et qu’il faut veiller à ce qu’il puisse réaliser son plein potentiel.  Il a encouragé l’Office à maintenir sa neutralité.  En 2021, le Japon a promis et versé 40,9 millions de dollars à l’UNRWA, dont 1,63 million pour le budget-programme afin de soutenir ses services de base.  En outre, le Japon a fait un don de 5,3 millions pour atténuer l’insécurité alimentaire des réfugiés palestiniens en réponse à l’escalade des hostilités en mai dans la bande de Gaza.

Alors que le Japon soutient une solution des deux États basée sur les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité et les paramètres convenus au niveau international pour le processus de paix au Moyen-Orient, le représentant a apprécié le fait que le cessez-le-feu soit maintenu depuis mai.  Il a réaffirmé que la solution ne pourra jamais être trouvée par la violence, mais seulement par des négociations et des efforts visant à instaurer une confiance mutuelle entre les parties.  À cet égard, le Japon a accueilli les récents contacts de haut niveau entre les deux parties et les mesures prises par Israël pour assouplir les restrictions d’accès à la bande de Gaza comme des mesures positives.  Grâce à ses initiatives uniques, telles que le « Couloir pour la paix et la prospérité », le Japon continuera de promouvoir l’autosuffisance économique de la Palestine et de faciliter l’instauration de la confiance entre les deux parties, a conclu le représentant.

Mme THILMEEZA HUSSAIN (Maldives) a axé son intervention sur les pratiques israéliennes dans les territoires palestiniens occupés, et l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA).  Soulignant que les réfugiés palestiniens restent parmi les plus vulnérables de leurs communautés, parce que la discrimination et la marginalisation les empêchent de jouir de plusieurs droits humains fondamentaux, elle a jugé que le travail de l’UNRWA demeure essentiel.  Les réfugiés palestiniens souffrent de la pauvreté et du chômage, et la pandémie de COVID-19 n’a fait qu’aggraver la situation.  Les Maldives ont réaffirmé que les graves problèmes humanitaires auxquels sont confrontés les réfugiés palestiniens sont une responsabilité internationale partagée, et elles ont plaidé pour un financement plus substantiel de l’UNWRA en vue de lui permettre de faire son travail vital.

Constatant que les résidents arabes syriens du Golan syrien occupé continuent de subir des violations systémiques de leurs droits humains, la délégation a estimé que l’occupation illégale et les tentatives d’annexion, de contrôle ou de saisie de leurs terres et ressources du Golan syrien par Israël doivent cesser immédiatement.  En outre, les Maldives se sont dites profondément préoccupées par les conclusions du rapport du Secrétaire général sur les pratiques israéliennes dans les territoires occupés, qui détaillent les multiples violations et préjudices commis contre le peuple palestinien.  Le rapport met l’accent sur la destruction continue des maisons palestiniennes, la séparation forcée des familles palestiniennes et les arrestations arbitraires de Palestiniens par les forces de sécurité israéliennes.  Il est impératif que cette Commission s’attaque à la violation continue des droits de l’homme des Palestiniens, a exigé la représentante, y compris à l’injustice des procès inéquitables et à l’usage excessif de la force.

Également profondément préoccupées par l’aggravation de la crise humanitaire à Gaza après les bombardements israéliens du printemps dernier, les Maldives ont exprimé leur détermination à faire en sorte que le traitement inhumain des Palestiniens en Cisjordanie et dans la bande de Gaza cesse.  Les Maldives soutiennent une solution des deux États, basée sur les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale de la Palestine, la Palestine et Israël coexistant en paix et en sécurité.

Rappelant qu’en septembre dernier, lors du débat général de l’Assemblée générale, le Président des Maldives avait posé une question simple mais puissante –qu’est-ce que le monde a à perdre en reconnaissant pleinement la Palestine en tant qu’État indépendant?– la représentante a estimé qu’il y avait, en fait, beaucoup à gagner, non seulement pour le monde, mais surtout pour les peuples palestinien et israélien, dans un avenir de coexistence pacifique, construit sur le respect mutuel.

M. JOAQUÍN ALBERTO PÉREZ AYESTARÁN (Venezuela) a appelé à se libérer de l’héritage colonial, y compris en réglant les différends frontaliers grâce à des négociations directes.  Apportant son soutien à la pleine réalisation des droits inaliénables des 17 territoires autonomes, la délégation a appelé les « Puissantes occupantes et administrantes » à lancer un dialogue.  Porto Rico est le seul cas de domination coloniale dans notre région, a ensuite relevé le représentant du Venezuela, se disant préoccupé par le fait que cela fasse cent ans que cette question attend d’être réglée.  Nous appuyons leur droit à choisir leur propre système politique, social et culturel, a appuyé le représentant.  S’agissant des îles Malvinas, le Venezuela a appuyé les « droits légitimes » de souveraineté de l’Argentine.  Réaffirmant son soutien à la République de Maurice quant à l’archipel des Chagos, la délégation a ensuite appelé le Royaume-Uni à cesser l’administration de ce territoire et à terminer sans tarder la décolonisation.  Par ailleurs, le Venezuela a également appuyé la « lutte juste » du peuple sahraoui pour l’autodétermination, en demandant une solution juste et durable.

La délégation a ensuite apporté son soutien à l’indépendance du peuple palestinien: « nous sommes favorables à un État palestinien libre, indépendant et souverain ».  Nous lançons un appel à la Puissance occupante pour qu’elle respecte ses obligations et mette fin aux violations systématiques du système international, a-t-il martelé, appelant la communauté internationale à adopter des mesures pour protéger la population palestinienne.  La délégation a également salué le travail de l’UNRWA, dont elle s’acquitte malgré ses difficultés financières.

Le Venezuela a ensuite souligné que les opérations de maintien de la paix doivent disposer de mandats clairs et viables avec des objectifs concrets.  Ces missions doivent s’attaquer aux causes profondes des conflits, a indiqué le représentant du pays.  La délégation a dénoncé les attaques des groupes armés colombiens contre la population vénézuélienne et l’utilisation de mines.  Évoquant la question de l’espace extra-atmosphérique, la délégation a appelé à une utilisation pacifique, sans compromettre la sécurité des États.  Nous sommes préoccupés par les progrès scientifiques dans l’utilisation de cet espace dont nous rejetons la militarisation ainsi que par le déploiement de systèmes nationaux anti-missiles, a indiqué le représentant.  Enfin, la délégation a évoqué le rôle croissant des technologies de l’information.  Malheureusement, les politiques d’agression menées par certaines puissances, reflétées par les mesures coercitives unilatérales, sapent nos efforts pour le développement de ces technologies, a-t-il regretté.

M. JUAN JOSÉ PORTORREAL BRANDAO (République dominicaine) a appuyé le droit des 17 territoires non autonomes à bénéficier de l’autodétermination.  La délégation a salué les efforts du Maroc en faveur d’une solution pour le Sahara occidental, appelant les parties concernées à continuer de coopérer avec le Secrétaire général.  Elle a par ailleurs soutenu les revendications « justes » de l’Argentine qui souhaite exercer sa souveraineté « légitime » sur les îles Malvinas, les îles de Géorgie du Sud et Sandwich du Sud et les zones maritimes environnantes.  Évoquant ensuite la question de l’information, la délégation a souligné que l’ONU doit honorer ses engagements en offrant des informations objectives, dans une société où nous devons constamment relever le défi qui consiste à discerner si une information est fiable ou non.  L’ONU doit également s’adapter aux nouvelles technologies, sans toutefois laisser de côté ceux qui n’y ont pas accès, a poursuivi la délégation.  Enfin, les publications de l’ONU doivent être disponibles dans les six langues officielles, afin de contribuer à la préservation de la diversité culturelle et linguistique, a souligné le représentant en conclusion.

Mme AYE (Sénégal) a estimé que le maintien de la paix constitue la preuve la plus palpable de l’efficacité de l’action de l’Organisation.  En tant que pays fournisseur de contingents militaires et premier contributeur de personnels de police depuis 2016, le Sénégal a réitéré son appel pour le renforcement de la sécurité et de la sûreté des personnels déployés.  Toutefois, elle a rappelé que les opérations de maintien de la paix (OMP) restent précaires.  « Il faut faire de la prévention et de la médiation des priorités absolues dans la recherche et la pérennisation de la paix », a-t-elle préconisé.  En outre, la représentante a appelé au renforcement des missions politiques spéciales par un financement adéquat semblable à celui des OMP.  Elle a estimé que l’Afrique doit occuper une place particulière dans les politiques et stratégies de l’ONU pour faire face aux conflits, réaffirmant l’importance du partenariat ONU-Union africaine dans la recherche de solutions politiques aux différends en Afrique. 

Passant au sujet du Sahara occidental, la représentante a réitéré son soutien au plan marocain d’autonomie élargi de la région du Sahara pour progresser vers une solution politique réaliste basée sur le compromis et trouver une issue heureuse à la situation humanitaire dans les camps de Tindouf.  Elle a exhorté les parties à rester mobilisées dans la dynamique insufflée par les deux tables rondes de Genève afin d’accompagner le processus politique mené sous les auspices des Nations Unies.  Pour marquer son soutien aux avancées accomplies par le Gouvernement du Maroc sur le terrain, et compte tenu de ses plus de 6 000 ressortissants vivant au Sahara, dont 2 500 à Dakhla, le Sénégal a inauguré, le 5 avril 2021, son consulat général dans cette ville qui symbolise l’ouverture du Maroc à la région ouest-africaine, a-t-elle expliqué. 

Tout en étant consciente des enjeux financiers que cela implique, elle a exhorté l’ONU à mieux consacrer le choix du français comme langue de travail, tout en reconsidérant la place du multilinguisme dans ses priorités, aussi bien sur le terrain qu’au niveau du Siège de l’ONU.

À propos du conflit de souveraineté entre l’Argentine et le Royaume-Uni sur les îles Malvinas, les îles de Géorgie du Sud et Sandwich du sud et les zones maritimes environnantes, M. LUIS ANTONIO LAM PADILLA (Guatemala) a considéré que la résolution 1514 de l’Assemblée générale indique que tout ce qui vise à briser l’intégrité territoriale d’un pays est incompatible avec la Charte de Nations Unies.  Le principe d’autodétermination n’est pas absolu et ne peut être utilisé comme prétexte pour rompre l’intégrité territoriale des États existants, a-t-il souligné. Ce différend représente une situation sociale connue et considérée comme spéciale. « Nous sommes face à un territoire colonisé, non pas un peuple colonisé », a-t-il argué, car « c’est une population qui a été implantée par le Royaume-Uni à des fins politiques ».  Il a réitéré son soutien à l’Argentine, souhaitant le règlement de ce différend par le dialogue et la concertation.  Il a demandé au Royaume-Uni d’honorer les dispositions de la Charte.

S’agissant de la situation au Sahara occidental, le représentant a salué la solution proposée par le Maroc, car ce règlement de cette question est nécessaire pour la stabilité de toute la région du Maghreb.  Le représentant s’est déclaré préoccupé par la souffrance des populations dans les régions où sont déployées des opérations de maintien de la paix (OMP).  Il s’est félicité, à cet égard, des différentes initiatives lancées pour améliorer les OMP et a estimé que l’inclusion de la composante « coopération avec les gouvernements d’accueil » est essentielle, notamment en ce qui concerne les responsabilités nationales.  L’accord sur le statut des forces doit être respecté, a-t-il par ailleurs souligné.  Quant au personnel dans les missions, il dispose de nouvelles technologies susceptibles d’améliorer la sécurité du personnel et la gestion des processus politiques.  « Tout ceci doit être renforcé », a-t-il déclaré.

M. DARLINGTON MASHOKO KADYAUTUMBE (Zimbabwe) a revendiqué d’emblée le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.  Ce droit a été constamment réaffirmé par des résolutions de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité ainsi que dans les décisions de l’Union africaine, a-t-il rappelé, et pourtant il n’y a eu aucun progrès en ce sens.  Dès lors, la délégation a exhorté l’Assemblée générale et le Conseil de sécurité à assumer pleinement et efficacement leurs responsabilités pour assurer la protection des droits politiques, économiques, sociaux et culturels du peuple sahraoui, ainsi que son droit à la souveraineté permanente sur ses ressources naturelles.  Il a appelé ces organes à prendre acte et à se laisser guider par l’arrêt de la Cour internationale de Justice (CIJ) qui a jugé que les accords conclus par l’Union européenne avec le Royaume du Maroc étaient invalides parce qu’ils incluaient illégalement le territoire et les eaux territoriales et les richesses de la République sahraouie « sans leur consentement ».  Cette décision, surtout, indiquait que le Sahara occidental a était un territoire clairement défini, qui devait rester indivisible.

Le Zimbabwe a exhorté la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un le référendum au Sahara occidental (MINURSO), « qui a été créée pour organiser un référendum au Sahara occidental », à le faire sans plus tarder, en appelant à fixer une date dès que possible.  Il a salué la récente nomination de M. Staffan de Mistura comme Envoyé personnel du Secrétaire général pour le Sahara occidental.  Le représentant a ensuite demandé à l’Assemblée générale de soutenir les efforts du Secrétaire général pour relancer le processus de paix, car ce n’est que par des négociations sincères, libres et crédibles, sous les auspices des Nations Unies et de l’Union africaine, que le droit inaliénable du peuple du Sahara occidental peut être réalisé.  Il a également encouragé le Comité spécial de la décolonisation à effectuer une mission de visite au Sahara occidental pour avoir des éléments d’information de première main, rappelant que sa dernière visite remonte à 1975.

Mme VIDISHA MAITRA (Inde) a expliqué que son pays participait activement à la lutte contre la haine en ligne, la diffusion de fausses informations, et « l’infodémie » ayant « propagé la haine et la violence ».  Elle a aussi jugé important de mettre l’accent sur la communication concernant la sécurité des vaccins afin d’accroître la confiance de la population en eux.

Concernant l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), elle l’a jugé « essentiel », « adapté à la situation », « en dépit de contraintes budgétaires importantes ».  L’Inde s’est engagée à fournir 10 millions de dollars à l’UNWRA en 2021 et 2022, preuve de son engagement dans les territoires occupés.  Concernant le conflit israélo-palestinien, la déléguée a soutenu que l’Inde avait toujours affirmé son soutien à une solution des deux États selon des frontières mutuellement convenues, et demeurerait aux avant-postes pour relancer le processus de paix.

Rappelant que le Cameroun était victime des mines et d’autres engins explosifs improvisés dans sa guerre contre Boko Haram, M. AHIDJO (Cameroun)a estimé que la coopération et l’assistance internationales à la lutte contre les mines sont d’une importance capitale.  Le représentant a ensuite évoqué la question des opérations de maintien de la paix.  Nous aimerions que les partenariats entre l’ONU et les organisations régionales soient renforcés, a-t-il suggéré, incitant à apporter une assistance adéquate aux pays contributeurs de troupes pour améliorer la formation et la préparation des soldats de la paix.  Le délégué en a profité pour rappeler la création en 2008 de l’École internationale de forces de sécurité (EIFORCES) au Cameroun, visant à renforcer les capacités locales des pays africains contributeurs de troupes.

Il est crucial d’améliorer constamment l’organisation des missions politiques spéciales, a ensuite souligné le Cameroun.  La délégation a appelé à donner un mandat clair et réalisable, accompagné des ressources et des moyens nécessaires.  Il faut revoir leur mode de financement actuel et envisager une approche alternative selon les mêmes critères et mécanismes que les opérations de maintien de la paix, a estimé la délégation.  Une autre option, a-t-elle poursuivi, serait de leur allouer des budgets distincts et prévisibles qui permettraient de mieux assurer le succès des processus de transition de certaines opérations de maintien de la paix et missions politiques spéciales.

Par ailleurs, la délégation a dénoncé la tendance croissante à la militarisation de l’espace par les puissances qui y transfèrent leur course aux armements, ainsi que la prolifération des débris spatiaux, la qualifiant de « menace pour notre propre survie ».  Nous sommes en faveur d’un régime juridiquement contraignant, a indiqué la délégation, à la place de simples mesures de confiance et de transparence défendues par certains pays.  La délégation s’est également prononcée en faveur du renforcement de la coopération internationale, régionale et interrégionale pour assurer la sauvegarde de l’ordre paisible de l’espace extra-atmosphérique.  Cette coopération est indispensable pour trouver des solutions appropriées en vue de nous prémunir des dangers liés aux rayonnements ionisants, a également estimé le Cameroun, saluant l’appui de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) dans l’acquisition d’équipements de détection de radiations. 

Évoquant ensuite la question de l’information, le Cameroun a salué le travail accompli dans le cadre de l’initiative Verified pour contrer la désinformation sur la pandémie de COVID-19.  « Nous exhortons le Département de la communication globale à l’étendre à l’ensemble des questions d’importance pour les États Membres concernant la paix, la stabilité, les discours haineux et le repli identitaire. »  La délégation a appelé l’ONU à travailler en synergie avec les États Membres pour sensibiliser les populations, notamment les jeunes et les universitaires aux effets pervers de la désinformation.  Poursuivant sur la question du Sahara occidental, le Cameroun a appelé les parties à continuer de rechercher une solution consensuelle dans le cadre d’une approche pragmatique d’ouverture et de compromis.  Une solution politique à ce différend de longue date contribuerait à la stabilité et la sécurité dans la région du Sahel, a assuré le représentant.  Enfin, il a dit espérer que la résolution habituelle présentée au titre de ce point de l’ordre du jour soit adoptée par consensus, comme lors des années précédentes.

M. BUSTAMENTE (Chili) a estimé que la décolonisation reste une question sensible, encourageant la communauté internationale à redoubler d’efforts pour que l’ONU s’acquitte de la tâche importante consistant à mettre fin à la décolonisation.  Il a appuyé la souveraineté de l’Argentine sur les îles Malvinas, les îles de Géorgie du Sud et Sandwich du Sud et les zones maritimes environnantes, comme cela a été réitéré en septembre lors d’une réunion de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC).  Ce pays et le Royaume-Uni doivent reprendre les négociations et le dialogue, a-t-il exhorté.  Au Sahara occidental, la solution proposée par le Maroc contribuerait, selon le Chili, à promouvoir le respect des droits humains et le développement de la région.  Les parties doivent s’engager sur la voie politique, a-t-il demandé.  Après avoir salué l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), la délégation a rappelé que la région d’Amérique latine accueille deux missions politiques spéciales –en Colombie et en Haïti– émettant l’espoir que la mission en Colombie serait renouvelée. 

M. ABD-EL KADER YASMIN TCHALARE (Togo) a insisté sur l’importance cruciale des opérations de paix, soulignant que celles-ci se trouvent aujourd’hui confrontées à d’importants défis, liés notamment à l’adéquation entre les mandats ainsi que les capacités et les ressources disponibles.  Nous soutenons la réforme des missions de maintien de la paix portée par le Secrétaire général, a ajouté la délégation.  Évoquant ensuite le point 59, le représentant a relevé qu’une fois encore, le statut politique des 17 territoires non autonomes fait l’objet de discussions au sein de la Commission.  Le processus de décolonisation reste malheureusement encore d’actualité plus de trois-quarts de siècle après la création de l’ONU, a-t-il regretté.  La délégation s’est également dite préoccupée par le statu quo qui caractérise la question de la décolonisation depuis plusieurs années, exprimant son soutien « sans faille » à tous les processus politiques mis en œuvre dans tous les territoires non décolonisés visant à aboutir à des solutions pacifiques et durables.

La survenance de la pandémie de COVID-19 a aggravé la précarité des couches sociales vulnérables, notamment les réfugiés et autres personnes déracinées ou déplacées par les conflits, a ensuite relevé le délégué.  À cet égard, il a appelé les États Membres à continuer d’apporter leur soutien à l’UNRWA, relayant l’appel de son Commissaire général en faveur d’une mobilisation financière collective pour combler le déficit financier.  Nous nous réjouissons du retour des États-Unis d’Amérique parmi les partenaires et donateurs, a-t-il ajouté.  Enfin, sur la question du Sahara occidental, le Togo a salué la nomination récente de Staffan de Mistura en qualité d’Envoyé spécial du Secrétaire général au Sahara occidental.  Nous espérons que sa nomination permettra de relancer un processus politique interrompu depuis un moment, a-t-il conclu.

Droits de réponse

Israël a jugé « scandaleuses » les remarques de la Syrie, estimant que ses violations des droits de l’homme ne lui donnent pas cette légitimité.  La représentante a ajouté que la Syrie permet à l’Iran d’établir des bases et à des organisations terroristes de préparer des actes en toute tranquillité.

En réaction aux déclarations de la République dominicaine, du Venezuela, du Chili et du Guatemala, le Royaume-Uni a assuré n’avoir jamais reconnu les « allégations » de souveraineté sur les îles Chagos.  Les installations militaires des États-Unis et du Royaume-Uni sont utiles pour leurs partenaires et alliés dans la région, y compris Maurice, pour contrer les menaces à la paix et à la sécurité, a fait valoir le représentant.  S’agissant de la référence à la Cour internationale de justice (CIJ), le représentant a dit que cette juridiction ne devrait pas se saisir de différends bilatéraux sans le consentement des parties.  Par ailleurs, sa décision non contraignante ne constitue pas une obligation pour les États Membres.  Par ailleurs, le Royaume-Uni a apporté un soutien financier aux habitants des îles Chagos. 

Convaincu de sa souveraineté sur les (îles) Falkland, les îles de Géorgie du Sud et Sandwich du Sud et les zones maritimes environnantes, le Royaume-Uni a considéré qu’il ne peut y avoir de dialogue à ce sujet, à moins que les habitants des Falkland ne le souhaitent, ce qui n’est pas le cas.

Le représentant du Royaume-Uni, en réaction à des déclarations de la CARICOM, du SICA, de l’Équateur et de l’Argentine, entre autres, a déclaré que le Royaume-Uni exerçait son autorité sur les Îles Falkland et les espaces maritimes alentours en vertu d’un référendum populaire.  « Il ne peut y avoir de dialogue avec l’Argentine à moins que la population le souhaite », ce qui n’est clairement pas le cas, selon le représentant britannique, qui s’est dit attaché au droit à l’autodétermination pour les Îles Falkland.  Le Royaume-Uni ne militarise pas les îles: il s’agit seulement d’une présence militaire défensive, a déclaré le représentant.

La République islamique d’Iran a réagi à des « propos infondés » de l’Arabie saoudite concernant les trois îles de la Grande-Tumb, de la Petite-Tumb et d’Abou Moussa.  « Elles font partie intégrante du territoire iranien », a-t-il assuré.

La République arabe syrienne a trouvé étonnant d’écouter Israël, la Puissance occupante, lancer des accusations fallacieuses contre elle.  Elle a encouragé la représentante de ce pays à consulter la longue liste de violations d’accords dont il s’est rendu coupable.

La République islamique d’Iran a estimé que les informations fallacieuses d’Israël ont pour but de détourner l’attention de la communauté internationale de leurs actions « sauvages » au Moyen-Orient.  Le « régime » israélien commet des crimes de guerre, a-t-il déclaré.  La menace que fait peser Israël sur la paix internationale est bien réelle et Israël doit rendre des comptes pour ses politiques « odieuses », a ajouté la délégation.  

Le représentant de l’Argentine a « réitéré dans tous ses termes » l’intervention du président de son pays le 21 septembre dernier à la tribune de l’Assemblée générale.  Il y avait déclaré que les îles Malvinas, les îles de Géorgie du Sud et Sandwich du Sud et les zones maritimes environnantes étaient occupées illégalement par le Royaume-Uni, ce qui a conduit l’Assemblée générale à voter pas moins de 10 résolutions sur cette question.  Le Comité spécial de la décolonisation s’est en outre prononcé à maintes reprises sur cette question également.  La délégation a donc appelé l’Assemblée générale à faire respecter ces résolutions.  Quant au référendum de souveraineté organisé dans les Malvinas par le Royaume-Uni, elle l’a considéré comme « dénué de toute valeur juridique ».

Le représentant de Maurice a réagi aux déclarations du Royaume-Uni concernant l’archipel des Chagos. La Cour internationale de Justice (CIJ) a jugé que Maurice était l’État souverain des Chagos par 13 juges pour et une abstention, sur 14; les prétentions du Royaume-Uni ne sont donc que de simples affirmations selon tous les tribunaux internationaux et cette prétention est de plus en plus « intenable », a-t-il affirmé.

Si le Royaume-Uni prétend être un modèle en termes d’état de droit, il est temps qu’il se range enfin du bon côté de l’histoire, a conclu le représentant.

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