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CPSD/729
4 octobre 2021
Soixante-seizième session, 2e séance plénière – après-midi

Le Commissaire général de l’UNRWA donne le coup d’envoi des travaux de la quatrième commission en appelant à donner à l’Office les moyens de son mandat

Une fois n’est pas coutume, c’est par un vibrant plaidoyer du Commissaire général de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), M. Philippe Lazzarini, que la Quatrième Commission, chargée des questions politiques spéciales et de la décolonisation, a donné le coup d’envoi de ses travaux de fonds de la présente session.

M. Lazzarini a à la fois plaidé la cause des réfugiés palestiniens et celle de l’Office qu’il dirige et qui fait l’objet d’attaques « à motivation politique », visant à le discréditer et à le définancer.  Or, a argué le Commissaire général, si l’UNRWA doit interrompre ses services vitaux pour les réfugiés palestiniens dans ses cinq zones d’opération, faute de moyens, cela risque de provoquer une catastrophe humanitaire que cette région ne peut tout simplement pas se permettre.

C’est d’autant plus vrai que, pour la première fois depuis des décennies, quatre des cinq zones où opère l’UNRWA sont simultanément en crise cette année à savoir Gaza, la Cisjordanie –y compris Jérusalem-Est–, le Liban et la Syrie, et que la situation dans la région ne cesse de se dégrader, a relevé M. Lazzarini.  Le Commissaire général s’est inquiété du sérieux décalage existant entre la dépendance croissante des réfugiés palestiniens vis-à-vis des services de l’UNRWA et la diminution de son financement par les donateurs.

Le haut fonctionnaire a souligné le profond sentiment d’abandon qu’éprouvent les réfugiés palestiniens à travers toute la région.  « Personne ne veut être un réfugié.  Personne n’aime recevoir de la nourriture et de l’aide humanitaire  », a-t-il lancé, en expliquant que chaque jeune réfugié palestinien à qui il s’adresse réclame juste l’opportunité de vivre une vie normale, une vie dans la dignité.

Au lieu de quoi, ils vivent dans la crainte constante que l’Office ne soit plus en mesure de maintenir ses services en raison de problèmes financiers chroniques.  Maintenir des services de qualité devient mission impossible, s’est-il désolé, faisant état d’un déficit de financement de 15 millions de dollars pour pouvoir assurer le bon fonctionnement de ses services au cours de ce mois-ci.  Même si M. Lazzarini s’est réjoui du retour des États-Unis cette année en tant que partenaire et donateur, il a regretté la diminution du financement d’autres partenaires.

Pour finir sur une note d’espoir, il a souhaité que la conférence internationale de soutien à l’UNRWA, que la Suède et la Jordanie vont convoquer en novembre, soit l’occasion de travailler à un modèle pour rendre le financement de l’Office prévisible, soutenu et suffisant, et ce, afin de lui permettre de continuer de fournir protection et assistance aux réfugiés palestiniens « jusqu’à ce qu’une solution juste et durable soit trouvée » à leur sort.

Le débat interactif qui a suivi l’intervention du Commissaire général a donné lieu à de vifs échanges auxquels ont participé Israël, l’État de Palestine, les États-Unis, l’Union européenne, entre autres.  Si tous ont reconnu le rôle vital de l’Office et souvent plaidé en faveur d’un financement pluriannuel prévisible, Israël a fait cavalier seul en appelant à « définancer » cette agence qui « n’a de cesse de nous montrer son inefficacité ».  Pour la délégation, « l’heure est venue de lui couper ses financements », l’Office faisant « partie du problème et non de la solution ».  « L’UNRWA est otage du Hamas », a martelé Israël, « mais l’Office refuse de le reconnaître alors que les terroristes se servent de ses infrastructures ».  Dès lors, rien ne saurait justifier un soutien continu à l’UNRWA.

L’État de Palestine a réagi à ces propos en dénonçant des « attaques politiques honteuses » qui visent l’UNRWA et ne sont « qu’une manœuvre pour détourner l’attention du conflit et des violations des droits inaliénables du peuple palestinien ».  L’assistance prêtée par l’Office a de tout temps été une planche de salut et une lueur d’espoir pour les réfugiés palestiniens, a martelé la représentante palestinienne en appelant à le soutenir généreusement lors de la conférence internationale de novembre.

La Commission a également entendu cet après-midi les présentations des rapports du Groupe chargé d’étudier le financement de l’UNRWA, du Comité spécial chargé d’enquêter sur les pratiques israéliennes affectant les droits de l’homme du peuple palestinien et des autres Arabes des territoires occupés et du rapport du Secrétaire général sur les pratiques israéliennes affectant les droits de l’homme du peuple palestinien dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est.

Là encore, Israël a réfuté les éléments avancés par le « Comité spécial chargé de diaboliser Israël », demandant de mettre un terme à cet organe « biaisé » et à cette discussion « futile ».  L’État de Palestine lui a rétorqué que ce rapport ne fait que donner un aperçu de la dure réalité que vivent les Palestiniens sous son occupation.

Alors que cette année marque le début de la quatrième décennie internationale de l’élimination du colonialisme, la Présidente du Comité spécial de la décolonisation, aussi appelé le C-24, a estimé qu’une « action urgente » est primordiale.  « Jusqu’au jour où aucun territoire non autonome ne figurera sur la liste, l’ONU devrait rester attachée à ce mandat essentiel », a-t-elle insisté en demandant que les recommandations formulées par le C-24 reçoivent un large soutien de la part des États Membres.  Le rapport du Comité spécial a été présenté en début de séance par son rapporteur.

En fin de séance, la Commission a examiné les demandes d’audition de pétitionnaires relatives aux différents territoires non autonomes inscrits à son ordre du jour.  Sa prochaine aura lieu le mercredi 6 octobre, à 10 heures, par le début de ces auditions.

POINTS RELATIFS À LA DÉCOLONISATION

Déclaration liminaire

Mme KEISHA A. MCGUIRE (Grenade), Présidente du Comité spécial de la décolonisation, a rappelé que, lors de la session de fond de juin, le C-24 avait examiné un certain nombre de questions importantes relatives à la décolonisation et délibéré au sujet des 17 territoires non autonomes relevant de sa compétence.  Avec à l’esprit la nécessité de respecter les mesures d’atténuation du COVID-19, le Comité a consolidé ses délibérations et convoqué moins de réunions en présentiel que prévu initialement.  Le C-24 a adopté, par consensus, 21 résolutions et une décision, a précisé Mme McGuire, qui s’est dite en outre heureuse d’annoncer la mise en œuvre d’une nouvelle méthode de travail à la session de 2021: « le C-24 a veillé à ce que les discussions sur les territoires non autonomes soient reflétées dans le texte des résolutions respectives en organisant des négociations sur lesdites résolutions après les discussions en plénières, pour adopter ultérieurement les résolutions pertinentes. »

Le C-24 a fait avancer le programme de décolonisation, a affirmé sa Présidente, qui a reconnu que, ces dernières années, le nombre de territoires non autonomes en vertu du Chapitre XI de la Charte des Nations Unies est resté « constant ».  Sa capacité d’adaptation à chaque « circonstance unique » des territoires respectifs a figuré au premier plan des efforts déployés par le C-24.  En outre, depuis 2013, le Bureau du Comité noue un dialogue régulier avec les puissances administrantes et d’autres parties prenantes ainsi qu’avec le Secrétaire général de l’ONU.  Des missions de visite sont à nouveau dépêchées régulièrement pour, entre autres, obtenir des informations de première main sur divers territoires, a encore précisé Mme McGuire.

En ce moment, alors que débute la quatrième Décennie internationale de l’élimination du colonialisme, une « action urgente » est primordiale.  « Jusqu’au jour où aucun territoire non autonome ne figurera sur la liste, l’ONU devrait rester attachée à ce mandat essentiel », a insisté la Présidente.  Elle a souhaité en conclusion que les recommandations formulées par le C-24 reçoivent un large soutien de la part des membres de la Quatrième Commission, comme lors des sessions précédentes.

Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient

M. PHILIPPE LAZZARINI, Commissaire général de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), a souligné d’emblée que la situation dans la région n’a cessé de se détériorer depuis novembre dernier.  La vulnérabilité et les besoins des réfugiés palestiniens ont atteint des niveaux records.  Pour la première fois depuis des décennies, quatre des cinq zones où opère l’UNRWA sont simultanément en crise: Gaza, la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, le Liban et la Syrie.  Le conflit de mai dernier à Gaza était le quatrième depuis 2008, a-t-il fait remarquer, ce qui a aggravé et accéléré les souffrances humaines.  La pauvreté reste généralisée et, après 14 ans de blocus, le chômage monte en flèche.  En réponse, l’UNRWA fournit désormais une aide alimentaire à presque tous les réfugiés palestiniens à Gaza, soit 70% de la population totale.  « Le soutien de la communauté internationale à notre appel humanitaire et de relèvement rapide, tout comme l’assouplissement partiel par Israël de l’entrée des matériaux de construction sont les bienvenus », a déclaré M. Lazzarini.  Il craint cependant que la situation humanitaire ne continue de se détériorer en l’absence d’une véritable piste politique visant à lever le blocus des personnes, des biens et du commerce, conformément aux résolutions des Nations Unies.

En Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem-Est, les tensions restent également élevées, a poursuivi le Commissaire général, en faisant état de violence généralisée et d’usage excessif de la force par les forces de sécurité israéliennes, mais aussi de la violence des colons qui augmente dans un climat d’impunité, et de la menace quotidienne de déplacements forcés de milliers de Palestiniens dont des réfugiés.  Au Liban, plus de la moitié de la population vit désormais en dessous du seuil de pauvreté, y compris la plupart des 210 000 réfugiés palestiniens qui s’y trouvent.  Alors que leurs opportunités d’emploi étaient déjà rares avant la récente crise au Liban, elles sont désormais quasi inexistantes, et le désespoir, l’anxiété et la colère sont monnaie courante dans les camps.  M. Lazzarini a parlé de sit-in et de manifestations de plus en plus fréquents devant les locaux de l’UNRWA et des violences qui ont éclaté dans le camp de Aïn el-Héloué entre factions armées, touchant quatre écoles administrées par l’UNRWA.  En Syrie aussi, 90% des réfugiés palestiniens dépendent de l’UNRWA pour satisfaire leurs besoins de base et, globalement, le taux de vaccination dans la région reste faible.  Dans ce contexte dramatique, les réfugiés demandent davantage de soutien à un moment où l’Office est confronté à des défis critiques et à des financements insuffisants, s’est alarmé le Commissaire général.  Il a parlé d’un profond sentiment d’abandon des réfugiés palestiniens dans toute la région.  « Personne ne veut être un réfugié.  Personne n’aime recevoir de la nourriture et de l’aide humanitaire », a tonné M. Lazzarini expliquant que chaque jeune réfugié palestinien à qui il parle réclame juste l’opportunité de vivre une vie normale, une vie dans la dignité.  « Chaque réfugié palestinien à qui je parle s’attend à ce que l’UNRWA augmente son plaidoyer et son soutien. »  Au lieu de cela, ils vivent dans la crainte constante que l’Office ne soit plus en mesure de maintenir ses services en raison de problèmes financiers chroniques.  Maintenir des services de qualité devient mission impossible, s’est-il indigné, en évoquant le sérieux décalage qui existe entre la dépendance croissante des réfugiés palestiniens vis-à-vis des services de l’UNRWA et la diminution de son financement par les donateurs.  Pourtant, s’est inquiété le Commissaire général, les interruptions de nos services risquent de provoquer une catastrophe humanitaire que cette région ne peut tout simplement pas se permettre.

Pour éviter une telle situation, il s’est fixé certaines priorités comme maintenir tous les services mandatés aux réfugiés palestiniens; préserver les emplois de plus de 28 000 personnes; maintenir un budget à croissance zéro et les mesures d’austérité en place depuis 2015 et introduire de nouvelles mesures de contrôle des coûts.  À ceux qui pensent que l’UNRWA peut faire plus pour réduire ses coûts, il a répondu que l’austérité et les gains d’efficacité ont permis d’économiser plus de 600 millions de dollars au cours des six dernières années, mais qu’à ce stade il n’y a plus beaucoup de marge de manœuvre.  Toute nouvelle réduction budgétaire affecterait gravement, selon lui, la capacité à fournir des services de santé, d’éducation et d’aide humanitaire et mettrait en péril le rôle stabilisateur que joue l’UNRWA dans la région.  L’an dernier, l’Office a renforcé le rôle de l’organe de contrôle interne, et le Commissaire général s’est engagé à défendre les normes les plus élevées de gouvernance, de responsabilité, de gestion et de transparence attendues par l’ONU et les partenaires de l’Office.

Il a exprimé sa fierté devant le système éducatif de l’UNRWA, qui enseigne à 540 000 élèves dans 711 écoles les droits de l’homme, le règlement des conflits, la tolérance et l’égalité entre les sexes.  Les attaques à motivation politique contre notre système éducatif et plus largement contre l’Office sont de plus en plus fréquentes et agressives, s’est élevé M. Lazzarini, reprochant aux responsables de ne pas avoir à cœur le bien-être des enfants réfugiés palestiniens.  Ils s’efforcent de délégitimer l’UNRWA et d’éroder les droits des réfugiés palestiniens.  « Soyons clairs », a-t-il dit, « en tant que Commissaire général de l’UNRWA, nous avons une politique de tolérance zéro pour les discours de haine, l’incitation à la discrimination, à l’hostilité ou à la violence ».  Conscient d’opérer dans un environnement très divisé et « émotionnellement chargé », M. Lazzarini a dit n’épargner aucun effort pour réduire au minimum le risque de violation des objectifs et des valeurs des Nations Unies.  Rappelant aussi que le mandat de l’UNRWA est de fournir des services vitaux pour le bien-être, le développement humain et la protection des réfugiés palestiniens, le Commissaire général a exigé que l’Office soit protégé des attaques politiques.  Les droits des réfugiés palestiniens sont inscrits dans le droit international et les résolutions de l’ONU, a-t-il affirmé, et définancer l’Office ne ferait que provoquer une crise humanitaire et sécuritaire régionale.  « Je fais appel à vous aujourd’hui pour nous aider à faire en sorte que notre travail ne soit pas politisé et à nous soutenir quand il l’est. »

Revenant ensuite sur le déficit financier de l’Office, il a expliqué qu’il manque toujours 15 millions de dollars pour pouvoir assurer le bon fonctionnement de ses services au cours de ce mois.  Alors que M. Lazzarini s’est réjoui du retour des États-Unis cette année en tant que partenaire et donateur, il a regretté la diminution du financement d’autres.  « Il est de mon devoir de vous alerter que, sans financement adéquat, une réduction ou une suspension des services risque d’être envisagée », a mis en garde le Commissaire général, en appelant à aider l’Office à maintenir ses services.  Il s’est dit reconnaissant à la Jordanie et à la Suède qui convoqueront une conférence internationale en novembre pour soutenir l’UNRWA.  Ensemble, nous travaillerons sur un modèle pour rendre le financement de l’UNRWA prévisible, soutenu et suffisant, a-t-il annoncé et, de son côté, l’Office s’attèlera à fournira des services modernes en phase avec notre temps.  Ce n’est qu’ensemble que nous pouvons garantir que le mandat de l’UNRWA continue de fournir protection et assistance aux réfugiés palestiniens jusqu’à ce qu’il y ait une solution juste et durable à leur sort, a conclu le Commissaire général.

Pratiques et activités d’implantation israéliennes affectant les droits du peuple palestinien et des autres Arabes des territoires occupés

M. PETER MOHAN MAITHRI PIERIS (Sri Lanka) a présenté le rapport portant sur les travaux au cours de l’année écoulée du Comité spécial chargé d’enquêter sur les pratiques israéliennes affectant les droits de l’homme du peuple palestinien et des autres Arabes des territoires occupés, qu’il préside.  Ce document fournit des mises à jour sur plusieurs préoccupations relatives aux droits de l’homme, notamment l’escalade des hostilités à Gaza en mai 2021, la situation humanitaire à Gaza et le blocus qui lui est imposé, la répression de la liberté d’expression en Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem-Est, les démolitions et les expulsions, l’expansion des colonies, la violence des colons, la situation « pitoyable » des réfugiés palestiniens et celle des droits de la personne dans le Golan syrien occupé, a énuméré le Président.  « Le Comité spécial a également décidé de consacrer une partie importante de son rapport à l’impact du COVID-19 sur une série de questions relatives aux droits humains, notamment l’accès à l’éducation, aux soins de santé, à l’eau et à l’assainissement, les restrictions à la liberté de mouvement, ainsi que la situation des détenus palestiniens », a précisé M. Peiris.

Au cours de nos enquêtes, a-t-il poursuivi, nous avons été consternés par une nouvelle escalade meurtrière des hostilités entre Israël, le Hamas et les groupes armés palestiniens en mai 2021 sur une période de 11 jours, qui avait fait des morts et des blessés parmi les civils et causé d’importants dégâts aux infrastructures civiles à Gaza.  « Au cours de cet affrontement, 257 Palestiniens ont été tués, dont 66 enfants et 40 femmes, et 2 000 autres blessés », s’est-il désolé.  Dans certains cas, des familles palestiniennes entières ont été tuées dans des zones qui n’avaient aucun lien ou préoccupation avec des activités militaires, en violation flagrante du principe de distinction tel qu’envisagé dans les principes du droit international humanitaire (DIH).  En conséquence, des milliers de personnes ont été déplacées, a constaté le Président, en se disant affligé par l’impact psychologique cumulatif dévastateur que cette agression militaire continue d’avoir sur le moral des enfants.

Le Comité a par ailleurs reçu de nombreuses informations relatives à la situation humanitaire critique à Gaza à la suite de l’escalade des hostilités, a relevé M. Peiris.  Les deux millions d’habitants de Gaza qui sont soumis à un blocus depuis 15 ans continuent de subir une crise humanitaire de plus en plus grave.  Le Comité spécial reste gravement préoccupé par les violations constantes et systématiques des droits de l’homme à Gaza, la situation humanitaire désastreuse et une infrastructure qui s’effondre visiblement.  L’insécurité alimentaire, par exemple, touchait 72% de la population début 2021; y compris un nouveau groupe de 300 000 personnes qui ne bénéficient pas de la sécurité alimentaire dans le cadre de leurs besoins fondamentaux, entre autres en raison du ralentissement économique causé par la pandémie de COVID-19.  « Le Comité a été informé que le taux de chômage à Gaza est de 46,6% et que 95% de la population n’a pas accès à l’eau potable.  L’escalade des hostilités en mai de cette année a eu un impact dévastateur sur la situation humanitaire de Gaza, y compris un impact sérieux sur la situation de la santé, de l’eau et de l’assainissement qui est aggravée par l’aggravation de la crise énergétique », a encore noté le Président.

Par ailleurs, Le Comité a été informé que cette année, 548 structures ont été démolies, contre 854 structures en 2020, provoquant le déplacement de 766 personnes.  M. Peiris s’est dit particulièrement préoccupé par la situation des communautés bédouines et des éleveurs de la vallée du Jourdain et de celles situées dans des zones désignées par Israël comme zones militaires fermées qui font face à un risque accru de transfert forcé.  S’agissant de l’expansion des colonies illégales en Cisjordanie, le Comité s’est dit particulièrement préoccupé par la construction illégale de l’avant-poste d’Evyatar sur un terrain palestinien privé près de la ville de Naplouse en Cisjordanie, qui est illégale et contraire à la loi: « Cet avant-poste illégal selon les droits israélien et international a été au cœur de tensions croissantes, déclenchant des manifestations hebdomadaires de Palestiniens, qui ont été réprimées avec une force excessive par les forces de sécurité israéliennes, provoquant la mort d’au moins sept Palestiniens et des dizaines de blessés.  Le Président a également dénoncé la hausse des attaques violentes des colons israéliens contre les Palestiniens et leurs biens depuis janvier 2021, dénonçant le fait que les autorités israéliennes ne se contentent pas de s’abstenir d’intervenir dans les violences, mais qu’elles aident et encouragent de telles activités.

Les violations liées à l’occupation, par exemple les démolitions de maisons et d’établissements de santé, ont fragilisé le système de santé publique et ainsi contribué à la propagation incontrôlée de la pandémie dans les Territoires occupés.  « D’après les informations reçues par le Comité spécial, des tests insuffisants ont été mis à la disposition de la population palestinienne et aucun centre n’a été ouvert à Jérusalem-Est au-delà du mur de séparation.  En ce qui concerne les vaccinations contre la COVID-19, au 31 août, à peine 16% des Palestiniens éligibles auraient reçu deux doses.  Nous appelons Israël à se conformer à sa responsabilité et à son obligation juridiques internationales d’assurer la vaccination de la population palestinienne dans le territoire palestinien occupé, a déclaré le Président: « Il est impératif que dans les circonstances exceptionnelles créées par la pandémie de COVID-19, une attention particulière soit accordée aux groupes vulnérables et des mesures préventives strictes adoptées, en particulier dans le cas des personnes vulnérables, telles que celles en détention. »

Enfin, les informations reçues par le Comité spécial cette année révèlent que la situation humanitaire dans le Territoire palestinien occupé et dans le Golan syrien occupé continue de se détériorer considérablement.  Ils demandent donc au Gouvernement israélien de mettre fin à son occupation, conformément aux résolutions 242 et 497 du Conseil de sécurité.

Mme ILZE BRANDS KEHRIS, Sous-Secrétaire générale aux droits de l’homme, a présenté le rapport du Secrétaire général sur les pratiques israéliennes affectant les droits de l’homme du peuple palestinien dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est (A/76/333), présenté en application de la résolution 75/98 de l’Assemblée générale.  Le rapport couvre la période allant du 1er juin 2020 au 31 mai 2021 et illustre la détérioration de la situation des droits humains dans le territoire palestinien occupé résultant des politiques et pratiques israéliennes et aborde l’escalade des hostilités entre Israël et les groupes armés palestiniens, au cours de laquelle le droit international humanitaire a été bafoué par toutes les parties.

Durant une période de 11 jours en mai 2021, des groupes armés palestiniens ont lancé des roquettes sans discernement en direction d’Israël, qui a riposté par des frappes aériennes et des bombardements, faisant de nombreux morts et blessés parmi les civils, et détruisant à grande échelle des infrastructures civiles à Gaza.  Ainsi, 258 Palestiniens ont été tués par les attaques israéliennes, dont 67 enfants et 40 femmes.  L’ONU a vérifié qu’au moins 129 civils avaient péri dans ces attaques.  « La question demeure de savoir si ces attaques ont respecté les principes de distinction et de proportionnalité en vertu du droit international humanitaire », a déclaré la Sous-Secrétaire générale.  En outre, au moins 16 autres Palestiniens, dont quatre enfants, ont probablement été tués par des roquettes tirées par des groupes armés depuis Gaza.  En raison de tirs aveugles de roquettes et de mortiers par des groupes armés à Gaza, 11 citoyens et résidents israéliens, dont 2 enfants, ont été tués, a encore déploré Mme Kehris.

Une hausse significative du recours excessif à la force par les forces de sécurité israéliennes à l’encontre des Palestiniens, notamment dans le cadre de manifestations et d’opérations de perquisition et d’arrestation en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, a été observée au cours de la période considérée, en particulier pendant la période d’escalade en mai.  Cela comprenait une intensification de l’utilisation de balles réelles, de balles métalliques recouvertes de caoutchouc et de gaz lacrymogène pour restreindre et réprimer les manifestations palestiniennes contre l’occupation militaire et l’entreprise de colonisation.

L’impunité pour les violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire par les forces de sécurité israéliennes ainsi que les restrictions imposées par Israël aux droits à la liberté d’expression, de réunion pacifique et d’association restent des motifs de grave préoccupation, a-t-elle souligné.  Au total, 495 Palestiniens, dont 2 femmes et 4 enfants, ont été placés en détention administrative, en l’absence d’inculpation et de jugement, fin mai 2021.  Les arrestations arbitraires et les mauvais traitements d’enfants en détention sont alarmants, avec 725 enfants qui auraient été arrêtés tout au long de la période considérée, a relevé la haut fonctionnaire.

Le rapport note également la persistance de pratiques pouvant s’apparenter à des châtiments collectifs.  Pendant la période du déclenchement des hostilités en mai 2021, les autorités israéliennes ont fermé les passages de Kerem Shalom et d’Erez interdisant le passage de toutes les marchandises et de toutes les personnes.

Le deuxième rapport que la Sous-Secrétaire générale a présenté est celui du Secrétaire général sur les colonies de peuplement israéliennes dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et le Golan syrien occupé (A/76/336), présenté en application de la résolution 75/97 de l’Assemblée générale.  Le rapport, couvrant la période du 1er juin 2020 au 31 mai 2021, présente une mise à jour de l’expansion continue des colonies et son impact sur les droits humains du peuple palestinien.

Il note qu’au cours de cette période, les démolitions et la violence des colons ont atteint les niveaux « les plus élevés » depuis que l’ONU a commencé à les enregistrer.  La progression des implantations s’est poursuivie, notamment avec une légère augmentation des appels d’offres et des mises en chantier, malgré un certain ralentissement dans l’avancement ou l’approbation des plans de nouvelles implantations.  Les colons ont établi 12 nouveaux avant-postes en Cisjordanie, poursuivant une tendance à l’augmentation qui a duré une décennie.  La violence des colons contre les Palestiniens s’est intensifiée avec 430 incidents ayant entraîné des morts, des blessures et/ou des dommages matériels, contre 337 au cours de la période de référence précédente.  Quant à la démolition et aux confiscations de structures palestiniennes en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, elles ont augmenté de 59% par rapport à la période précédente, ce qui représente le nombre le plus élevé depuis que l’ONU a commencé à enregistrer publiquement en 2009.

Déclarations

Chaque année l’UNRWA demande plus de financements, a relevé M. GILAD MENASHE ERDAN (Israël), alors que « cette agence n’est absolument pas viable ».  Elle n’a de cesse de nous montrer son inefficacité, a-t-il accusé, avant de dire que rien n’est plus éloigné de la vérité que les propos du Commissaire général au sujet du système éducatif administré par l’Office, s’est-il indigné, en évoquant une photo qu’on lui aurait interdit de montrer « d’un enseignant de l’UNRWA glorifiant Adolf Hitler ».  Le Hamas a construit des tunnels sous une école de boy scouts, a-t- il poursuivi, en ajoutant:  « Le Commissaire général le sait, ce n’est pas politique, mais ce sont des faits ».  Israël a également affirmé que certaines cartes utilisées dans les écoles de l’UNRWA ne comportent pas Israël.  « L’UNRWA est otage du Hamas », a martelé le représentant, mais l’Office refuse de le reconnaître alors que les terroristes utilisent ses infrastructures.  Rien ne saurait justifier un soutien continu des États Membres à l’UNRWA, a estimé Israël pour qui l’Office fait partie du problème et non de la solution.  « L’heure est venue de lui couper ses financement », a-t-il tranché.  Il est temps que les terroristes rendent des comptes et que les manuels glorifiant le terrorisme disparaissent, a tonné le représentant en sommant l’ONU et la communauté internationale d’arrêter de fermer les yeux sur « l’antisémitisme de ses employés ».  Augmenter le financement de l’UNRWA serait une véritable erreur qui risquerait d’enflammer le conflit, a-t-il insisté en conclusion.

M. ANDREA PONTIROLI, de l’Union européenne, a souligné d’emblée que l’UNRWA reste indispensable et cela aussi longtemps qu’il n’y aura pas de solution juste à la question palestinienne.  Avec les États-Unis, l’UE est le plus important bailleur de fonds de l’Office, a rappelé son représentant, avant d’appeler tous ses partenaires, notamment les États du Golfe, à lui renouveler leur soutien financier.

M. MOHAMED HILALE (Maroc) a remercié le Commissaire général de l’UNRWA, insistant sur l’importance que son pays accorde à la question palestinienne et tout particulièrement à la solution à deux États.  Il a fait référence à Jérusalem comme symbole de coexistence et comme centre de dialogue ainsi qu’à l’implication du Comité Al-Qods, avant de conclure en annonçant que le Maroc entendait poursuivre son appui à l’UNRWA pour qu’il puisse poursuivre son travail comme il se doit.

M. MOHANNAD ADNAN MOUSA SHADDAD (Jordanie) s’est félicité du travail que l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNWRA) réalise dans des conditions difficiles, que ce soit en raison de conditions financières défavorables ou de la pandémie.  Il s’est félicité de la reprise du financement de l’UNWRA par les États-Unis, appelant les bailleurs de fonds à renforcer leur appui et leur demandant d’assurer un financement durable en 2022 et au-delà.  Il est nécessaire de permettre à l’UNRWA de poursuivre son action jusqu’à ce que la question des réfugiés palestiniens soit résolue par l’ONU, a ajouté le représentant, qui a rappelé l’attachement de son pays à la solution des deux États.

Mme CEREN HANDE ÖZGÜR (Turquie) a pris note des recommandations sur le financement de l’UNRWA ainsi que de son déficit budgétaire et a prié les Gouvernements des États Membres à participer à son financement ainsi qu’à apporter des contributions viables.

Mme ABDELHADY NASSER (État de Palestine) a dénoncé les attaques politiques honteuses qui visent l’UNRWA, y compris celles proférées ici aujourd’hui.  Les travaux de l’Office sont vérifiés par des observateurs indépendants, a rappelé la représentante, en affirmant que ces « déclarations honteuses » ont pour seul objectif de détourner l’attention de la véritable cause du conflit et des droits inaliénables des Palestiniens.  Ces droits sont applicables à tous les êtres humains, s’est-elle impatientée. 

L’État de Palestine a espéré que l’Office pourra poursuivre son mandat, réitérant son appréciation au personnel « qui opère dans des conditions difficiles ».  L’assistance de l’UNRWA a été une planche de salut et une lueur d’espoir pour les réfugiés palestiniens, a souligné la représentante en appelant à généreusement le soutenir lors de la Conférence internationale de novembre, avant de saisir l’occasion de remercier ses bailleurs de fonds.  Elle a regretté que nonobstant la reprise du financement de l’Office par les États-Unis, l’Office ne dispose toujours pas les fonds nécessaires et a plaidé pour un financement pluriannuel prévisible.  La délégation a demandé au Commissaire général dans quelle mesure la situation sur le terrain entrave le travail de l’Office.  Seule une solution politique pourra améliorer la situation à terme, mais ce n’est pas à l’Office de la trouver, a ajouté en conclusion la représentante palestinienne.

M. RICHARD M. MILLS, JR. (États-Unis) a déclaré que les États-Unis sont l’un des chefs de file de l’assistance humanitaire destinée aux réfugiés et personnes déplacées.  Nous sommes à présent le principal donateur des programmes cruciaux de l’UNRWA, a ajouté son représentant, encourageant tous les États Membres à appuyer la fourniture des services de base de l’Office, lequel risque un déficit pouvant entraîner la suspension de ses programmes dès la fin de l’année.  Nous continuerons d’apporter l’aide la plus efficace et efficiente possible dans le respect du principe de non-discrimination de l’ONU, a-t-il ajouté, avant de demander au Commissaire général comment l’UNRWA s’emploie pour renforcer en toute neutralité l’efficacité de ses activités.

M. AMARNATH ASOKAN(Inde) s’est félicité de l’aide humanitaire apportée par l’UNRWA, notamment en matière de lutte contre la pandémie, saluant la façon dont l’Office avait adapté ses services au contexte de crise.  Il a de plus expliqué que l’Inde avait apporté sa contribution au budget de l’UNRWA, tout en insistant sur le fait que cet organisme était un partenaire essentiel et précieux.  Il a de plus ajouté qu’une solution durable ne serait possible qu’avec un État palestinien indépendant avec des frontières reconnues avec Israël.  Il a conclu en appelant la communauté internationale à prendre des mesures concrètes en vue de faciliter ce processus

La représentante de la Turquie, en tant que membre de la Commission consultative de l’UNRWA, a réaffirmé l’appui de son gouvernement à l’Office et aux réfugiés palestiniens.  L’UNRWA est une force positive dans le Moyen-Orient, a-t-elle affirmé, en rappelant qu’il fournit des services vitaux à l’une des populations les plus marginalisées au monde.  Elle a fait état de la modernisation des services de l’Office en parlant notamment de ceux de télémédecine et de l’enseignement à distance pendant la pandémie.  Notant que l’austérité avait atteint ses limites et qu’une réduction supplémentaire du budget de l’Office se ferait au détriment des réfugiés et du mandat de l’UNRWA, la Turquie a demandé davantage de détails sur les attentes concrètes du Commissaire général en termes budgétaires.

M. PHILIPPE LAZZARINI, Commissaire général de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), répondant aux divers intervenants après la présentation de son rapport, a rappelé que depuis 2013, les recettes de l’UNRWA sont les mêmes, mais qu’il y a eu dans la région de nombreuses crises et que de ce fait, les besoins des réfugiés ont augmenté.  Il y a donc un écart entre les attentes des réfugiés palestiniens d’un côté et les besoins de l’autre, a-t-il expliqué.

Depuis quelques années, l’Office ignore s’il pourra maintenir ses activités dans les semaines qui suivent, ce qui est très préoccupant pour les pays hôtes, a poursuivi le haut fonctionnaire.  Pour que l’Office puisse s’acquitter de sa mission, nous avons évoqué la tenue d’une conférence internationale afin de combler cet écart budgétaire, a-t-il déclaré.  L’Office pourra expliquer comment il pourrait fournir des services en fonction des besoins; tout ceci pour rendre le système des programmes plus prévisibles.  Car nous avons besoin d’une UNRWA prévisible, a-t-il plaidé, une UNRWA qui place l’accent sur ses actions de développement et humanitaires.  Il a rappelé que l’UNRWA est tenu de respecter les normes les plus élevées des Nations Unies en matière de gestion.  Ainsi, il faut prendre toute une série de mesures de précautions, car les risques sont importants, a ajouté le Commissaire général.  Par exemple, nous essayons de créer des outils pédagogiques en ligne à destination des enseignants.  Nous avons procédé à des visites pour que les locaux de l’UNRWA soient bien utilisés à des fins onusiennes.  La conférence internationale doit être un jalon dans le cadre d’un processus à long terme, qui priorise la réalisation du mandat et le développement humain, jusqu’à ce que les services de l’UNRWA ne soient plus nécessaires.

M. BILAL MAHMOOD CHAUDHARY (Pakistan) a déclaré que les réfugiés de Palestine continuaient de vivre dans l’exil, exposés comme aucun autre groupe de réfugiés à la misère et au déni de droits.  Dans ce contexte, a-t-il ajouté, les services éducatifs, sanitaires et sociaux de l’UNRWA leur apportent une véritable lueur d’espoir, qui, plus est dans le contexte persistant de pandémie de la COVID-19.  Le représentant a appelé la communauté internationale à permettre à l’Office de poursuivre ses activités, en rendant davantage prévisible son financement, seul moyen de le sortir du déficit structurel qui le mine depuis trop longtemps.  Le Pakistan continuera de soutenir politiquement et financièrement l’UNRWA et d’appuyer « ses frères et sœurs de Palestine », a ajouté le représentant.

Israël a qualifié de farce absurde le rapport du Comité, instance dont le représentant israélien a de plus fustigé la « politisation ancrée de longue date ».  Israël s’oppose pleinement au fonctionnement de ce Comité spécial, son existence même allant à l’encontre du principe de neutralité des Nations Unies, a-t-il martelé.  Pour le délégué, cette instance a pour unique vocation d’attaquer « la seule démocratie du Moyen-Orient » et d’imputer à celle-ci chaque difficulté palestinienne.  Pourquoi le rapport ne parle-t-il pas de la terreur que fait régner le Hamas à Gaza et des meurtres de journalistes commis de sang-froid par l’Autorité palestinienne? a-t-il demandé.  Pour le représentant, faire d’Israël un bouc-émissaire permet aux vrais responsables de ne pas rendre de comptes.  Il a estimé que l’Organisation gagnerait à financer des opérations plus utiles que celles du Comité spécial.  Soulignant la conclusion d’accords historiques conclus récemment entre son pays, le Maroc, Bahreïn et les Émirats arabes unis, il a également affirmé que l’accent devrait être mis sur la recherche d’un avenir prospère dans la région, au lieu de s’attarder sur la répétition, année après année, des « inepties » du Comité spécial.

La représentante de l’État de Palestine a estimé que les faits présentés dans le rapport du Comité spécial montrent la dure réalité des Palestiniens dont le droit à l’autodétermination et le droit à la vie sont quotidiennement bafoués: « Certains insistent pourtant pour qu’aucune solution ne puisse être trouvée et que justice soit faite. »  Une délégation accuse ainsi le Comité spécial d’avoir un biais contre Israël, a poursuivi la représentante, alors que son activité se fonde sur le droit international.  Chacun sait que seule une amélioration de la situation sur le terrain mettra fin à la nécessité de ces rapports.  Beaucoup dans le monde ont constaté que les mesures israéliennes équivalent à l’apartheid, a fait valoir la représentante, mais Israël persiste à chercher à délégitimer le travail du Comité spécial.  Ces mesures sapent la paix, a-t-elle poursuivi en enjoignant Israël à oublier la calomnie et la rhétorique: « Ce qui figure dans ce rapport n’est qu’un aperçu de ce que vit la population palestinienne au quotidien sous l’occupation. »  L’État de Palestine a de nouveau demandé que les responsabilités soient établies, reprochant à Israël de faire fi du droit international.  Seule une action internationale pourra faire cesser ce cycle d’impunité, a insisté l’État de Palestine, avant de demander si des mesures ont été prises pour faire respecter les résolutions et autres décisions pertinentes.

Mme ILZE BRANDS KEHRIS, Sous-Secrétaire générale aux droits de l’homme, du Bureau du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme de New York, a répondu aux questions relatives à sa présentation du rapport du Secrétaire général sur les pratiques israéliennes affectant les droits de l’homme du peuple palestinien dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est (A/76/333), présenté en application de la résolution 75/98 de l’Assemblée générale.  Elle a expliqué que le rapport se fonde sur les Conventions de Genève et sur les règles applicables à Israël en tant que Puissance occupante.  En ce qui concerne la question de l’accaparement de territoire par Israël, qui est inacceptable, elle constitue une violation du droit international, notamment en ce qui concerne l’implantation des colonies telle que définie dans la résolution 23/34 de 2016.  Dans ce sens, certaines mesures publiques ont été prises par des États tiers, en 2019 et 2020, notamment en ce qui concerne les plans annoncés publiquement par Israël pour annexer une partie des territoires.  À cet égard, l’Irlande a été le premier pays de l’Union européenne à déclarer en 2021 que les colonies de peuplement israéliens correspondent à une annexion de facto illégale.

Mme Kehris a souligné que dans son rapport présenté au Conseil des droits de l’homme, le Haut-Commissaire avait mis l’accent sur l’établissement des responsabilités.  Il a noté que les États Membres doivent user de leur influence pour garantir le respect du droit international humanitaire et s’opposer aux graves violations de ses instruments.  En outre, le Conseil de sécurité a souligné que le statu quo n’était pas tenable et que des mesures pour inverser la tendance doivent être prises de toute urgence, a rappelé la Sous-Secrétaire générale.  Celles prises par la communauté internationale restent insuffisantes pour atteindre cet objectif, a-t-elle ajouté en conclusion.

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