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CONF210701-CS
1 Juillet 2021

Les questions humanitaires et le Moyen-Orient domineront la présidence française, intégralement en présentiel, du Conseil de sécurité en juillet

Les questions humanitaires, dont le renouvellement du mécanisme d’aide humanitaire transfrontalière en Syrie, et le Moyen-Orient, domineront le programme du Conseil de sécurité pour le mois de juillet, a annoncé le Représentant permanent de la France et Président du Conseil, M. Nicolas de Rivière, lors d’une conférence de presse au Siège des Nations Unies.

Confiant son plaisir de « découvrir des êtres en chair et en os », après des mois d’interaction par visioconférence, le Représentant a précisé que l’intégralité des réunions du Conseil se tiendra en présentiel, compte tenu de l’amélioration des conditions sanitaires.  « Le Conseil est un dialogue entre ses membres et le but est de trouver un terrain commun », a déclaré l’Ambassadeur.

M. de Rivière a également indiqué qu’un accent sera mis sur les séances de consultation au cours de ce mois.  Faisant preuve d’un certain franc-parler, le Représentant permanent a indiqué qu’il ne voyait en effet pas l’intérêt de réunions publiques au cours desquelles les membres du Conseil se bornent à « répéter un discours qu’ils ont déjà prononcé le mois dernier ».

Qualifiant sa présidence de résolument « européenne », M. de Rivière a indiqué que les questions humanitaires seront le « premier bloc » du programme de travail, ces dernières étant des questions de paix et de sécurité.  « Nous ne sommes plus en 1945 et de plus en plus d’États Membres considèrent qu’une crise humanitaire grave est une atteinte à la paix et à la sécurité », a justifié le Représentant permanent.

M. de Rivière a mentionné la séance du 16 juillet consacrée à la protection d’un espace humanitaire en temps de conflit armé comme un temps fort de sa présidence.  Elle sera conduite par le Ministre des affaires étrangères français, avec la participation du Secrétaire général et des représentants d’Action contre la faim et du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).  Cette réunion visera à comparer les bonnes pratiques dans le domaine humanitaire et à réfléchir aux moyens de protéger le personnel humanitaire et de mieux pourvoir aux besoins, a-t-il expliqué.

Le Représentant permanent a précisé que son pays a toujours veillé à placer les questions humanitaires tout en haut de l’ordre du jour du Conseil, en rappelant « les corridors humanitaires en Iraq du temps de Saddam Hussein ».  La France défend une aide humanitaire non politisée et sans conditions, a-t-il déclaré.  M. de Rivière a aussi exhorté les pays qui en ont les moyens à emboîter le pas de la France et à augmenter leur aide humanitaire.  « Comme on dit en France, il n’y a pas d’amour mais des preuves d’amour. »

M. de Rivière a ensuite abordé l’épineuse question du mécanisme d’aide humanitaire transfrontalière en Syrie, indiquant d’emblée que les négociations devraient durer jusqu’à la dernière minute.  Une séance d’adoption sur le sujet est prévue le 8, le mécanisme expirant le 10 juillet.  De l’avis de M. de Rivière, l’aide au travers des lignes de front est insuffisante, puisque dans le nord-ouest syrien 50% de l’aide fournie est transfrontalière.  Supprimer le mécanisme reviendrait donc à supprimer 50% de l’aide, a-t-il dit, ajoutant que les premiers à en souffrir seraient les civils syriens.  « Les faits sont les faits. »

S’il n’a pas écarté l’idée que l’aide au travers des lignes de front vienne à remplacer l’aide transfrontalière, M. de Rivière a déclaré que cela n’est pas encore le cas.  Le « régime syrien » a rejeté 50% des demandes d’autorisation au titre de l’aide au travers des lignes de front, a-t-il rappelé.  Il a aussi précisé que l’aide en Syrie est financée à 92% par l’Union européenne, les États-Unis, le Canada et le Japon.  « Des choix compliqués devront être faits », a-t-il dit, en appelant au maintien du mécanisme.

L’autre bloc du programme du Conseil sera le Moyen-Orient avec la tenue de deux séances à huis clos sur le volet humanitaire et sur le volet politique en Syrie, respectivement, les 6 et 19 juillet.  La Mission des Nations Unies en appui à l’Accord sur Hodeïda (MINUAAH) sera au cœur de la réunion publique du 14, tandis que le débat mensuel sur le Moyen-Orient et la question palestinienne aura lieu le 28 juillet.

Le Conseil se penchera sur la situation en Libye le 15 au cours d’une séance présidée par le Ministre français des affaires étrangères, a poursuivi le Représentant permanent, alors que la Libye connaît une « phase critique ».  La réunion sera consacrée à la mise en œuvre des décisions prises, dont la surveillance du cessez-le-feu et le retrait des forces étrangères et des mercenaires, que ce soit « les forces pro-turques ou celles du groupe Wagner ».  « Le momentum est fragile en Libye », a-t-il commenté.

Le Conseil examinera la situation en Colombie le 13 juillet.  Le 19 juillet, deux adoptions sont prévues sur, respectivement, le régime de sanctions en République centrafricaine et la Force des Nations Unies chargée du maintien de la paix à Chypre (UNFICYP).  M. de Rivière a précisé qu’une réunion publique sur la région du Tigré en Éthiopie aura très vraisemblablement lieu demain.  « La situation est critique », a-t-il dit, en ajoutant que le Conseil entend promouvoir une solution sur ce dossier.

Le Représentant permanent a également indiqué qu’une réunion sur le Grand Barrage de la Renaissance aura lieu la semaine prochaine.  Elle a été demandée par le Soudan et par l’Égypte, a-t-il dit, en ajoutant que l’Éthiopie a fait montre d’un « moindre appétit » pour sa tenue.  M. de Rivière a convenu que le Conseil de sécurité n’a pas forcément « une compétence technique » sur cette question de partage des eaux du Nil.

Enfin, le Représentant permanent a douté de l’utilité de la séance publique qui s’est tenue hier au sujet du Plan d’action global commun relatif au programme nucléaire iranien.  Il a estimé que l’enjeu est de définir un ensemble de mesures sur les engagements nucléaires de l’Iran d’un côté et d’un ensemble de mesures d’allègement des sanctions américaines de l’autre.  Il n’y a pas le besoin pour ce Conseil d’en faire plus, a conclu M. de Rivière.

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