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AG/12335
10 juin 2021
Soixante-quinzième session, 77e séance - après-midi

Assemblée générale: la Réunion de haut niveau sur le VIH/sida met l’accent sur le rôle déterminant des communautés pour vaincre la maladie d’ici à 2030

Au terme de trois jours de travaux, marqués par l’adoption d’une nouvelle Déclaration politique pour la période 2021-2025, l’Assemblée générale a suspendu aujourd’hui sa Réunion de haut niveau sur le VIH/sida après avoir entendu une trentaine d’orateurs, ministres pour la plupart, s’engager à tout mettre en œuvre pour éliminer ce fléau d’ici à 2030, de nombreuses délégations soulignant l’importance d’une plus grande implication des communautés pour atteindre cet objectif ambitieux.

L’Inde, a dit son Ministre de la santé et de famille, s’est fixé comme objectif d’atteindre 100% des personnes vivant avec cette « maladie redoutable ».  Ce pays de 1,3 milliard d’habitants sait qu’il faudra « réduire à zéro » le nombre des nouvelles infections « si nous voulons tenir notre promesse de mettre fin au sida dans les 10 prochaines années ».  À cette fin, le programme national « rénové » se concentre sur les populations difficiles d’accès.  Le dépistage communautaire pour un diagnostic précoce a ainsi été intensifié, dans l’espoir notamment d’éliminer la transmission mère-enfant.

À une autre échelle, la Bolivie a dit s’employer elle aussi à atteindre les communautés vivant dans des endroits reculés, soutenue dans ces efforts par des organisations de la société civile.  Le Ministre bolivien de la santé et des sports a précisé à cet égard que la campagne de communication gouvernementale sur le VIH/sida, diffusée en espagnol, en aymara et en quechua sur les réseaux sociaux et les ondes radio, a touché plus de 500 000 personnes au cours de la période de confinement due à la pandémie de COVID-19.

Dans le même ordre d’idées, la Ministre de la santé de l’Angola a plaidé pour que la solidarité internationale permette de diriger davantage de ressources vers le travail communautaire accompli par les organisations de la société civile, tandis que son homologue du Chili s’enorgueillissait des efforts déployés par son pays pour garantir l’accès à la santé des populations migrantes et autochtones, saluant le rôle et l’engagement des ONG travaillant au niveau communautaire sur le sida.

S’agissant des groupes de population à haut risque, tels que les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, les professionnel(le)s du sexe et les consommateurs de drogues, l’Allemagne garantit l’accès à des services de prévention complets qui vont du dépistage au traitement, y compris la prophylaxie en cas de préexposition, a indiqué son Ministre fédéral de la santé.  Le pays fournit en outre un soutien financier pour renforcer et autonomiser les organisations communautaires dans le cadre de la réponse nationale.

À l’instar de nombreux autres intervenants, la Ministre d’État de la santé et du bien-être de la Jamaïque a mis l’accent sur des stratégies de prévention, de traitement et de soutien basées sur les droits humains.  Le succès de cette politique est confirmé, à ses yeux, par la baisse de la prévalence chez les travailleurs du sexe, qui est passée de 12% en 1993 à 2% en 2017.  L'adoption de l’initiative « Treat all » en 2017 et les fonds publics substantiels décaissés pour acheter des médicaments antirétroviraux ont entraîné une augmentation de 29% des personnes sous traitement et une augmentation subséquente de 51% des personnes à charge virale nulle, s’est-elle félicitée.

Rappelant que, depuis son apparition il y a 40 ans, l’épidémie de VIH/sida a coûté la vie à 32,7 millions de personnes dans le monde, dont 700 000 dans son pays, le Secrétaire d’État des États-Unis a quant à lui plaidé pour un accès équitable aux services de santé de sexuelle et reproductive, en particulier pour les personnes LGBTI, les toxicomanes, les minorités ethniques, les femmes et les filles.  Entraver l’accès à ces services ne fait qu’augmenter les risques de contamination et contrevient aux principes des Nations Unies, a-t-il soutenu.

De son côté, le Ministre de la santé du Kirghizistan a indiqué que la riposte de son pays, axée sur l’élargissement des programmes de prévention et de dépistage, repose en grande partie sur une collaboration étroite avec les ONG et la société civile.  Il a toutefois indiqué que son gouvernement est hostile à la légalisation de la prostitution, de l’homosexualité ou de la toxicomanie, ce qui explique ses réserves par rapport à la Déclaration politique de 2021.  À l’inverse, son homologue du Bouthan a présenté la dépénalisation de l’homosexualité comme l’une des mesures les plus importantes de son dispositif anti-VIH/sida.

La problématique communautaire a également été soulevée lors des cinq tables rondes organisées lors de cette session et dont les conclusions ont été présentées en fin de réunion.  La première sur la lutte contre les inégalités, a indiqué la Suède qui l’a présidée, a ainsi fait valoir qu’une réponse participative et inclusive peut contribuer à l'élaboration de politiques, au plaidoyer, à la sensibilisation du public et à la prestation de services.  « La responsabilisation de l'individu et de la communauté permettra des décisions saines et réduira le risque de contracter le VIH », a-t-elle noté.  

Le Guyana, le Ghana, le Canada et la Fédération de Russie ont présenté les résumés des tables rondes sur une riposte centrée sur les individus et les communautés, le financement, l’égalité des sexes dans la riposte contre le VIH/sida et l’impact de la COVID-19 sur cette riposte.

Suspendue en fin de journée, la Réunion de haut niveau sur le VIH/sida reprendra à une date ultérieure pour entendre les derniers orateurs du débat général.  La séance s’est terminée aujourd’hui avec une déclaration préenregistrée de Sir Elton John, fondateur de la « Elton John Aids Foundation », qui finance des initiatives visant à prévenir les infections, lutter contre la stigmatisation et fournir des traitements antirétroviraux.

L’Assemblée générale a prévu une autre séance publique demain vendredi 11 juin à partir de 10 heures pour, entre autres, élire les membres non permanents du Conseil de sécurité.

MISE EN ŒUVRE DE LA DÉCLARATION D’ENGAGEMENT SUR LE VIH/SIDA ET DES DÉCLARATIONS POLITIQUES SUR LE VIH/SIDA

Débat général (suite)

M. ST. CLAIR PRINCE, Ministre de la santé, du bien-être et de l’environnement de Saint-Vincent-et-les Grenadines, a fait état de nets progrès dans son pays s’agissant de la transmission mère-enfant et de la prévalence du VIH/sida qui a baissé considérablement grâce à la prévention et la prise en charge des séropositifs.  La pandémie de COVID-19, a-t-il dit, a rappelé que la santé est un bien public mondial et qu’il faut défendre le droit à la santé.  Pour cela, il faut s’attaquer aux injustices sociales et faire en sorte que les efforts de lutte contre le VIH/sida ne deviennent pas un fardeau supplémentaire alors que les pays se relèvent à peine de la COVID-19. 

Mme LYONPO DECHEN WANGMO, Ministre de la santé du Bhoutan, a appelé le monde à faire preuve de davantage de détermination pour mettre fin à l’épidémie de VIH/Sida.  Elle a indiqué que son pays a progressé dans la réalisation de la cible 90-90-90.  Ainsi, 95% des personnes diagnostiquées reçoivent un traitement antirétroviral.  Néanmoins, nous devons en faire plus, a-t-elle dit.  Elle a indiqué que son pays est en bonne voie pour parvenir en 2023 à la triple élimination de la transmission de la mère à l’enfant du VIH, de la syphilis et de l’hépatite B.  L’une des mesures les plus importantes prises par mon gouvernement a été la dépénalisation de l’homosexualité, a dit la Ministre qui a ajouté que tous les tests de dépistage et les traitements sont gratuits.  Enfin, la Ministre a rappelé que la prévention du VIH/Sida a toujours bénéficié du plus haut soutien politique dans son pays.

M. JANEZ POKLUKAR, Ministre de la sante de la Slovénie, s’est dit particulièrement préoccupé par tous ceux qui risquent d’être « laissés pour compte », comme les groupes vulnérables et les personnes vivant avec le VIH dans les pays en développement.  Il est de notre responsabilité commune, a-t-il souligné, de trouver des moyens de garantir la prévention et les soins de santé à tous ceux qui en ont besoin.  À cet égard, il a suggéré de renforcer les investissements dans les systèmes de santé pour être prêts à faire face aux nouvelles pandémies.  En Slovénie, a-t-il indiqué, le taux de prévalence du VIH est faible et en baisse, grâce à la prévention, la détection précoce et l’accès universel au traitement.  La lutte contre la stigmatisation et la discrimination et la promotion de l’égalité des sexes et des droits de l’homme font partie intégrante de la stratégie nationale contre le VIH/sida.  Le représentant a encouragé une lutte acharnée contre les inégalités et pour l’accès de tous à la prévention, à l’éducation sexuelle complète et à la santé sexuelle et reproductive.  C’est essentiel pour mettre fin aux infections, en tant que menace pour la santé publique. 

Mme EUN KYEONG JEONG, Commissaire de l’Agence coréenne de contrôle et de prévention des maladies, a indiqué que son pays a poursuivi ses efforts pour mettre fin à l’épidémie de VIH/sida, en renforçant les politiques dans tous les secteurs, y compris la fourniture de tests de dépistage anonymes, un soutien aux dépenses médicales, des conseils et autres programmes pour les personnes vivant avec le VIH, et la diffusion de directives pour améliorer les connaissances et la compréhension des travailleurs de la santé.  Il n’en reste pas moins que la tendance au déclin s’est ralentie dans le monde entier.  Mme Jeong a appelé à plus de solidarité pour maintenir le nombre des nouvelles infections et des décès en-deçà des cibles fixées et venir à bout de toutes les formes de stigmatisation et de discrimination.  

Pour atteindre l’objectif commun d’éliminer le sida d’ici à 2030, il faut donner la priorité aux programmes combinés de prévention et ouvrir l’accès aux diagnostics et aux traitements précoces.  Préconisant des efforts « plus agressifs » pour mettre fin à toutes les stigmatisations et discriminations, elle a encouragé la réforme des lois et politiques restrictives et le détricotage des fausses idées et des préjugés, tout en créant un cadre propice à des soins de santé sûrs et confortables.

Mme MERESEINI WAKOLO RAKUITA, Ministre de la condition de la femme des Fidji, a rappelé l’attachement de son pays à la lutte contre le VIH/sida et la stigmatisation des personnes vivant avec le virus. Elle a souligné les progrès engrangés, qui ont étayé la riposte nationale à la pandémie de COVID-19.  La Ministre a néanmoins affirmé que ces progrès restent encore insuffisants, en deçà des engagements pris, notamment en ce qui concerne l’accès aux soins des personnes les plus vulnérables. Elle a exhorté la communauté internationale à appuyer les efforts de son pays en vue de l’élimination du fléau du VIH/sida.

Quelque 260 000 personnes vivent avec le VIH en Ukraine dont 53% reçoivent une thérapie antirétrovirale et ont une charge virale nulle, a affirmé M. VICTOR LIASHKO, Ministre de la santé de l’Ukraine, qui a donné un aperçu de la nouvelle « Stratégie nationale de riposte à la tuberculose, au VIH et à l’hépatite d’ici à 2030 ».  C’est guidée par les normes internationales que l’Ukraine améliore les conditions de diagnostic et d’accès au traitement.  L’expérience ukrainienne montre que si un pays à revenu moyen inférieur, qui a souffert d’un conflit militaire au cours des sept dernières années et qui, comme de nombreux autres dans le monde, a été gravement touché par la pandémie de COVID-19, est capable de fournir un traitement, des services de prévention aux populations clefs, des soins et un soutien aux personnes vivant avec le VIH, alors tout le monde peut le faire. 

Dans sa lutte, le Gouvernement ukrainien apprécie grandement le soutien financier des organisations internationales et augmente progressivement la part du financement public.  Le Gouvernement reconnaît, en outre, le rôle essentiel de la société civile et pour la seule année 2020, a financé à hauteur de 7,5 millions de dollars les programmes de 90 ONG.

Alors que nous continuons à veiller à ce que toutes les personnes vivant avec le VIH aient accès au traitement antirétroviral, il reste encore du travail à faire pour garantir un accès équitable, a reconnu Mme ISABELLA DAGEAGO, Ministre de la santé de Nauru, en parlant de son pays.  Il reste encore beaucoup à faire, a-t-elle ajouté, pour que les personnes vivant avec le VIH puissent vivre librement, sans crainte de stigmatisation et de discrimination.  La pandémie de COVID-19 et l’épidémie de VIH/sida nous ont montré que les maladies transmissibles aggravent les risques pour les petites populations de pays comme Nauru, a alerté la Ministre.  Elle a donc appelé à des efforts pour atteindre les cibles nationales et les engagements internationaux car nous voulons tous une vie saine, résiliente et prospère pour nos sociétés.

M. KAILESH KUMAR SINGH JAGUTPAL, Ministre de la santé et du bien-être de Maurice, a indiqué que son pays est confronté à une circulation locale concentrée du VIH.  Les consommateurs de drogues injectables représentent 32% du taux de prévalence, le groupe transgenre, 28%, tandis que le taux pour l’ensemble de la population s’élève à environ 1%, a-t-il détaillé, assurant que Maurice entend maîtriser cette épidémie d’ici à 2030.  Dans le cadre de ces efforts, les services proposés aux patients séropositifs sont gratuits et décentralisés à travers l’île pour améliorer la couverture sanitaire.  De plus, les stratégies visant à déterminer le statut VIH comprennent des services de dépistage en établissement et des tests dirigés par la communauté au sein des populations difficiles à atteindre, a expliqué le Ministre, avant de souligner le travail de terrain essentiel effectué par les ONG. 

Par ailleurs, a-t-il ajouté, le programme d’échange de seringues et les traitements de substitution aux opioïdes ont prouvé leur efficacité en permettant de réduire de 32% en 2017 à 22% en 2020 la transmission du VIH parmi les personnes qui s’injectent des drogues.  Autre réussite signalée par M. Jagutpal: les efforts de prévention de la transmission mère-enfant ont fait chuter la transmission verticale à moins de 1% en 2020.  Enfin, il a précisé que les services de lutte contre le VIH n’ont pas été interrompus pendant les périodes de confinement dues à la pandémie de COVID-19.  

M. JENS SPAHN, Ministre fédéral de la santé de l’Allemagne, a commencé par se féliciter de l’adoption de la Déclaration politique et s’est engagé à réaliser les objectifs « ambitieux » qu’elle contient.  Au cours des dernières décennies, l’Allemagne a enregistré de grands progrès dans sa riposte nationale au VIH.  Dans le cadre de sa stratégie, elle s’est concentrée sur la prévention, en utilisant une approche fondée sur les droits qui engage et responsabilise les jeunes et les groupes de population les plus à risque.  Elle propose une éducation sexuelle complète à l’école et garantit l’accès à des outils et services de santé sexuelle et reproductive pour tous les jeunes, en particulier les filles, a expliqué M. Spahn en affirmant que l’expérience allemande a prouvé que lorsque les jeunes ont les connaissances et les compétences requises, ils adoptent un comportement plus sûr.

S’agissant des groupes de population à haut risque, comme les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, les professionnel(le)s du sexe et les consommateurs de drogues, l’Allemagne garantit l’accès à des services de prévention complets qui vont du dépistage au traitement, y compris la prophylaxie en cas de pré-exposition.  Elle fournit un soutien financier pour renforcer et autonomiser les organisations communautaires dans sa réponse nationale, a précisé le Ministre.

Constatant que l’accès aux traitements et la prévention restent un défi à l’échelle mondiale, M. Spahn a souligné que les barrières structurelles, l’exclusion sociale et la stigmatisation fondées sur le genre, l’identité et l’orientation sexuelles, l’origine ethnique ou le comportement aggravent les vulnérabilités et contribuent à la propagation du virus.  Sur la base des 40 années d’enseignements tirés de la lutte contre le VIH, il a encouragé les États Membres à faire preuve d’engagement et de leadership pour traduire les approches éprouvées dans leurs politiques nationales.  Il faut travailler ensemble pour surmonter les obstacles qui entravent toujours la mise en œuvre de la riposte, a-t-il conclu, en faisant part de la disposition de l’Allemagne à continuer de contribuer à cet effort mondial sur les plans technique et financier.

M. OLIVIER VÉRAN, Ministre des solidarités et de la santé de la France, a réaffirmé l’engagement de son pays en vue d’une élimination mondiale du VIH/sida d’ici à 2030.  Malgré la crise liée à la pandémie de COVID-19, a-t-il dit, la France reste mobilisée pour atteindre cet objectif et continuera de soutenir les acteurs de la riposte que sont l’ONUSIDA, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, et UNITAID.  Comme l’atteste sa participation à la Conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial, la France demeure un contributeur de premier plan aux efforts internationaux, avec, ces 10 dernières années, plus de deux milliards d’euros consacrés à la lutte contre le sida, a souligné le Ministre.  Il a cependant reconnu que la pandémie a entraîné un « recul dramatique » des avancées durement acquises en santé mondiale.  Nous devons veiller à ce que cette pandémie n’altère pas notre mobilisation face au VIH/sida et éviter tout effet d’éviction qui serait « catastrophique », a-t-il alerté. 

Pour M. Véran, il ne s’agit pas de « remplacer une priorité sanitaire par une autre », mais de renforcer la santé mondiale dans son ensemble et de s’assurer que les pays et les régions sont à même de relever les défis sanitaires.  S’agissant du VIH/sida, il a jugé essentiel d’accélérer les efforts en matière de prévention et d’accès aux traitements abordables, sûrs et efficaces.  À ses yeux, la technologie de l’ARN messager ouvre des « perspectives prometteuses » et permet d’espérer un vaccin.  Néanmoins, a-t-il ajouté, il faut continuer à renforcer les systèmes de santé et viser une couverture sanitaire universelle.  Cet accès équitable est par ailleurs indissociable de l’innovation en matière de traitements, a relevé le Ministre, saluant le rôle déterminant d’UNITAID qui a permis une baisse considérable du prix des traitements antirétroviraux. 

M. BOUNFENG PHOUMMALAYSITH, Ministre de la santé de la République démocratique populaire lao (RDPL), a souligné les efforts déployés par son pays pour traduire en action la Déclaration politique de 2016.  Nous avons veillé à ce que la prévalence reste faible, a-t-il déclaré, faisant état d’approches innovantes de prévention, y compris le dépistage dans les communautés, les autotests et les traitements ciblant les populations clefs.  À cette fin, le Gouvernement a augmenté les financements et alloué un budget pour l’approvisionnement en médicaments antirétroviraux, tout en facilitant l’accès au régime national d’assurance maladie pour les personnes vivant avec le VIH.  Il a également élaboré un plan stratégique national 2021-2030 et lancé un plan d’action 2021-2025 pour la prévention et la lutte contre le VIH/sida et les infections sexuellement transmissibles, aligné sur la Stratégie mondiale de lutte contre le sida.

Malgré ces avancées, le Ministre a reconnu que son pays reste confronté à des défis importants, notamment le manque de sensibilisation des jeunes et l’augmentation de la prévalence parmi les populations clefs.  Nous avons également un sous-financement persistant, ce qui freine la réalisation des objectifs mondiaux d’ici à 2030, a-t-il alerté, indiquant que la pandémie de COVID-19 a eu un impact sur l’accès aux services et sur les ressources nécessaires à la lutte contre le VIH/sida.  Dans ce contexte, il s’est félicité de l’adoption de la Déclaration politique 2021 et a souhaité que la communauté internationale travaille ensemble à l’objectif d’une élimination du sida d’ici à 2030. 

M. FRANCISCO JOSÉ ALABI MONTOYA, Ministre de la santé d’El Salvador, a déclaré que son pays a été l’un de ceux qui a rempli les engagements pris dans le cadre des déclarations politiques précédentes pour contenir l’épidémie de VIH, et qu’au cours des cinq dernières années, des progrès considérables ont été enregistrés.  Il a cité la diminution constante du nombre des nouvelles infections par an, avec l’application de nouvelles stratégies axées sur les populations clefs.  Il a cité la baisse du taux de mortalité, la diminution de 95% de la transmission de la mère à l’enfant, la gratuité de la thérapie antirétrovirale et la mise en place d’un système d’information (SUMEVE) qui permet de mieux comprendre l’épidémie et de prendre des décisions informées. 

El Salvador, en tant que l’un des pays sélectionnés pour promouvoir le Programme de développement durable à l’horizon 2030, est déterminé à renforcer son  approche contre le VIH/sida, a assuré M. Montoya, en affirmant que sont privilégiées l’autonomisation des femmes et l’élimination des inégalités entre les sexes et de toutes les violations des droits des personnes vivant avec le VIH et des personnes les plus vulnérables telles que les femmes transgenres, les travailleuses du sexe et les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes.  Bien que nous ayons fait de grands progrès, nous avons encore des défis et des limites financières, d’où la nécessité d’une assistance technique, a reconnu le Ministre qui a jugé impératif de surmonter les inégalités, la stigmatisation et la discrimination, pour que nos compatriotes aient accès à un traitement complet, que les enfants, adolescents et adultes vivant avec le VIH connaissent leur statut, aient les informations nécessaires et jouissent d’une vie de qualité.

M. ENRIQUE PARIS, Ministre de la santé du Chili, a jugé important pour les pays de mettre en place un cadre juridique propre à protéger les droits des personnes vivant avec le VIH et la diversité sexuelle.  Il s’est enorgueilli des efforts de son pays pour garantir l’accès à la santé des populations migrantes, autochtones et autres groupes sociaux.  M. Paris a tout particulièrement salué le rôle et l’engagement des organisations autochtones travaillant sur le sida, lesquelles ont été déterminantes, en particulier à la frontière nord du pays.  Il a estimé qu’il faut continuer à approfondir l’approche consistant à s’attaquer aux causes et aux inégalités socio-structurelles, laquelle offre des solutions « plus définitives ».

Le Ministre a ensuite salué la création d’instances et d’initiatives collectives et solidaires pour mutualiser les efforts et les ressources, comme une avancée substantielle dans la réduction de « l’énorme fossé économique » qui existe dans la riposte au VIH entre le monde industrialisé et les pays en développement.  Il a également rendu hommage aux initiatives mondiales et régionales pertinentes, en particulier le Processus de Quito, dont son pays a assumé la présidence en 2020 et auquel il participe activement.

Mme FAEQA VINT SAEED AL-SALEH, Ministre de la santé de Bahreïn, a rappelé que depuis 40 ans, son pays est entièrement engagé à mettre en œuvre tous les plans d’action mondiaux en vue d’éliminer le VIH/sida dans le respect de l’égalité de tous.  Nous avons, a-t-elle dit, mis en place un Comité interministériel et promulgué une nouvelle loi pour garantir aux personnes qui vivent avec le VIH la gratuité des traitements.  Après avoir insisté sur le fait qu’il est indispensable de faire prévaloir les droits de l’homme dans le cadre de la lutte contre l’épidémie, la Ministre a estimé qu’il faut poursuivre ce travail au niveau international, en dépit du fardeau représenté par la pandémie de COVID-19.

Mme PAVITHRA DEVI VANNIARACHCHI, Ministre de la sante de Sri Lanka, a souligné l’importance des percées scientifiques majeures dans les approches de la prévention et du traitement du VIH.  Cependant, le coût des antirétroviraux, qui sont administrés à vie, peut épuiser des budgets de santé déjà limités dans de nombreux pays, a prévenu la Ministre, en se réjouissant de la faible prévalence de 0,02% dans son pays.  En 2019, Sri Lanka a atteint l’objectif d’éliminer la transmission de la mère à l’enfant du VIH et a reçu la certification de validation de l’OMS.  Toutefois, la pandémie de COVID-19 a posé de nouveaux défis pour la prévention du VIH et la fourniture des soins aux personnes vivant avec le VIH.  Elle a voulu que l’accent soit mis sur la prévention, en attirant l’attention sur les personnes vivant avec le VIH qui ont contracté la COVID-19.  Ils doivent être traités sans discrimination aucune, a-t-elle martelé. 

M. JEYSON AUZA PINTO, Ministre de la santé et des sports de la Bolivie, a rappelé que son pays a enregistré son premier cas de VIH en 1984 et que, depuis lors, 29 418 cas ont été signalés.  En Bolivie, a-t-il noté, l’épidémie de VIH/sida a un « visage jeune » puisque 35% des personnes vivant avec le virus ont entre 15 et 24 ans.  En 2020, malgré l’urgence sanitaire liée à la pandémie de COVID-19, les autorités du pays ont maintenu la continuité des services de dépistage et des traitements antirétroviraux, a indiqué le Ministre.  En dépit du confinement, près de 11 500 personnes reçoivent aujourd’hui des médicaments et plus de 90% des patients ont continué leur traitement pendant cette crise sanitaire. 

Dans de nombreux cas, a-t-il expliqué, le personnel de santé, soutenu en cela par des organisations de la société civile, s’est déplacé pour atteindre les patients vivant dans des endroits reculés.  Le Gouvernement s’est également efforcé d’empêcher la transmission de la COVID-19 aux patients et au personnel de santé.  Sa campagne de communication, menée sur les réseaux sociaux et à la radio, avec des messages en espagnol, en aymara et en quechua, a touché plus de 500 000 personnes au cours de la période de confinement, a relevé M. Auza Pinto.  Enfin, a-t-il ajouté, des équipements de protection individuelle ont été fournis aux médecins et au personnel des centres de diagnostic et de prise en charge du VIH, tandis qu’une vaccination prioritaire était prévue pour les personnes vivant avec le VIH.  

M. HARSH VARDHAN, Ministre de la santé et de la famille de l’Inde, a commencé par applaudir les efforts des agents de santé et des travailleurs de première ligne qui ont risqué leur vie pendant la pandémie de COVID-19 pour faire en sorte qu’aucune personne vivant avec le VIH ne se retrouve sans médicaments.  En Inde, a-t-il indiqué, la loi de 2017 sur la prévention et le contrôle du VIH/sida fournit un cadre juridique pour protéger les droits humains des populations infectées et affectées.  Le pays a un modèle unique de prévention centré sur un « programme d’interventions ciblées » mis en œuvre avec le soutien de la société civile, a expliqué le Ministre, ajoutant qu’un traitement antirétroviral est fourni gratuitement à près de 1,4 million de personnes et que les médicaments indiens bénéficient également à des millions de personnes vivant avec le VIH en Afrique.

Selon M. Vardhan, le programme national indien de lutte contre le sida a été révisé et rénové pour se concentrer sur les populations difficiles à atteindre et à risque.  Les installations de dépistage de la charge virale ont ainsi été étendues, tandis que le dépistage communautaire pour un diagnostic précoce a été intensifié pour atteindre l’objectif d’élimination de la transmission mère-enfant.  Assurant que l’Inde entend atteindre 100% des personnes vivant avec cette « maladie redoutable », il s’est dit conscient qu’il faudra « réduire à zéro » le nombre des nouvelles infections « si nous voulons tenir notre promesse de mettre fin au sida dans les 10 prochaines années ». 

Le Ministre de la santé du Kirghizistan, M. ALYMKADYR BEYSHENALIEV, a appuyé les objectifs de prévention, de dépistage et de traitement du VIH/sida, compte tenu, en particulier, du fait que les infections en Asie centrale sont en hausse et essentiellement par voie hétérosexuelle.  Le Kirghizistan, a-t-il dit, s’est doté d’un programme inspiré de la Déclaration politique de 2016.  Afin d’honorer ses engagements, le Gouvernement a augmenté chaque année les financements publics, pour couvrir notamment le diagnostic précoce des nourrissons et le dépistage salivaire.  La riposte nationale vise principalement à élargir les programmes de prévention et de dépistage, a expliqué le Ministre, et elle repose en partie sur une collaboration étroite avec des ONG et la société civile.  Le Kirghizistan ne souhaite pas légaliser la prostitution, l’homosexualité ou la toxicomanie, ce qui explique ses réserves par rapport à la Déclaration politique de 2021, a encore expliqué le Ministre.

M. ANTONY BLINKEN, Secrétaire d’État des États-Unis, a rappelé que l’épidémie de VIH/sida a coûté la vie à 32,7 millions de personnes dans le monde, dont 700 000 aux États-Unis, depuis son début il y a 40 ans.  Plus de 1,2 million de personnes vivent avec le virus aux États-Unis, a-t-il souligné, avant de détailler la riposte de son pays et citer la robuste initiative lancée en 2003 par le Président George W. Bush.  Les États-Unis ont investi 85 milliards de dollars, en vue notamment du renforcement des systèmes de santé dans 44 pays.  Les ripostes à l’épidémie d’Ebola puis à la pandémie de COVID-19 ont d’ailleurs fait fond sur la riposte initiale au VIH/sida.  M. Blinken a plaidé pour un accès équitable aux services de santé sexuelle et reproductive, en particulier pour les personnes LGBTI, les toxicomanes, les minorités ethniques, les femmes et les filles.  Entraver l’accès à ces services ne fait qu’augmenter les risques de contamination et contrevient aux principes des Nations Unies, a déclaré le Secrétaire d’État.  « Nous pouvons éradiquer le VIH/sida pour tous, partout. »

Mme SILVIA PAULA VALENTIM LUTUCUTA, Ministre de la santé de l’Angola, a souligné l’adhésion de son pays aux différents engagements pris par le continent africain sur le VIH/sida, en particulier la Déclaration d’Abuja.  Elle a également indiqué que, conformément à la Stratégie mondiale établie dans la Déclaration politique de 2016, son pays a lancé sa propre riposte.  L’Angola a ainsi mis en place fin 2018 un plan opérationnel qui vise à réduire la transmission verticale de 46% et à soigner les enfants séropositifs, tout en gardant les mères en bonne santé.  Au cours des cinq dernières années, a-t-elle ajouté, l’Angola a aussi augmenté le nombre d’unités de santé proposant des services de diagnostic, de traitement et de prévention de la transmission verticale, ces efforts étant financés à plus de 70% par le Gouvernement. 

Selon les estimations de l’ONUSIDA, nous avons réduit les nouveaux cas d’infection et le taux de mortalité lié au sida, s’est-elle félicitée, avant de préciser que, dans le cadre des stratégies de justice et de droits humains, l’accent est mis sur la réduction de la stigmatisation et de la discrimination envers les personnes vivant avec le VIH et les populations clefs.  Plaidant en conclusion pour que plus de ressources soient dirigées vers le travail communautaire de la société civile, elle s’est dite convaincue que la solidarité internationale permettra d’éliminer le sida, en tant que menace pour la santé publique d’ici à 2030.  

M. TEYMUR MUSAYEV, Ministre de la santé de l’Azerbaïdjan, a fait état de programmes lancés par son gouvernement en faveur des populations vulnérables, dont le dernier s’est achevé en décembre 2020.  Il propose, a-t-il précisé, des services de dépistage et des traitements antirétroviraux gratuits.  Le Ministre a reconnu l’importance de continuer à se mobiliser contre le fléau du VIH/sida, en dépit du poids que fait peser la lutte contre la pandémie de COVID-19 dans le monde entier.

M. ABDOULAYE SABRE FADOUL, Ministre de la santé du Tchad, a dit que la COVID-19 a eu des conséquences négatives sur la riposte au VIH/sida dans son pays.  Le Ministre a ajouté que l’incidence du VIH/sida reste élevée dans la catégorie des jeunes de 16 ans à 25 ans et les populations carcérales.  La Stratégie de riposte du Tchad pour la réduction des nouvelles infections passe particulièrement par le traitement de la transmission de la mère à l’enfant.  Le Tchad a d’ailleurs participé à l’élaboration de la politique africaine de riposte au VIH/sida, a indiqué le Ministre, qui exhorté à abattre les obstacles qui empêchent de vaincre les inégalités et de mettre fin au VIH/sida.

Pour le Ministre de la santé du Gabon, M. GUY PATRICK OBIANG NDONG, le fait que l’objectif d’éradiquer le VIH/sida soit inscrit dans les objectifs de développement durable met en exergue le lien qu’il y a entre cette maladie et le développement.  Dans le cadre de la mise en œuvre des Déclarations politiques de 2011 et de 2016, le Gabon a mis en place la gratuité du dépistage, la prise en charge médicale de la femme enceinte et des soins pour les personnes vivant avec le VIH/sida.  Au Gabon, la lutte contre cette maladie est loin d’être gagnée, a concédé le Ministre, en expliquant que les femmes sont une nouvelle fois victimes d’une inégalité supplémentaire avec des taux de contamination plus élevés que les hommes.  C’est la raison pour laquelle le programme national met l’accent sur l’éducation des femmes et sur la prévention.  Avant de conclure, le Ministre a appelé à une solidarité internationale renforcée et à des ressources supplémentaires pour pouvoir venir à bout du VIH/sida.

M. AHMED ROBLEH ABDILLEH, Ministre de la santé de Djibouti, a parlé du plan stratégique de son pays qui est renouvelé tous les cinq ans depuis 2003.  Ce plan, a-t-il souligné, est conforme aux priorités nationales et aux directives de l’ONUSIDA.  Djibouti offre ainsi une prise en charge médicale gratuite, même aux étrangers.  Ces personnes ont le même droit que les Djiboutiens et ont accès aux mêmes services s’agissant du VIH/sida, du paludisme et de la tuberculose.  Le Ministre a promis une accentuation des efforts de son pays pour mettre en place des approches différenciées du dépistage et du traitement du VIH, abattre toutes les barrières pour obtenir des résultats, mobiliser des ressources pérennes pour financer la riposte nationale et intégrer le VIH/sida dans les systèmes de santé et de protection sociale.

M. JORGE ALCOCER VARELA, Secrétaire d’État à la santé du Mexique, a appelé à redoubler d’efforts pour remédier aux inégalités d’accès aux soins et à la stigmatisation et parvenir ainsi aux objectifs fixés pour 2030.  Il a prôné une approche spécifique au bénéfice des personnes les plus vulnérables, telles que les homosexuels et les personnes transgenre.  Les peuples autochtones sont une population clef et doivent être pris en compte dans les stratégies de financement, a-t-il ajouté.  Il a demandé plus d’efforts pour un accès équitable aux services de santé sexuelle et reproductive et à une éducation sexuelle complète.  Le Secrétaire d’État a appelé à lutter contre la transphobie et l’homophonie et à reconnaître la diversité des orientations sexuelles.  Il faut axer les systèmes de santé sur les personnes, a-t-il martelé, en soulignant la nécessité d’une réponse au plus haut niveau.  « Inspirons-nous de la riposte à la COVID-19 pour la riposte au VIH/sida. »

M. BRUCE BILIMON, Ministre de la santé des Îles Marshall, a affirmé que son pays a parcouru un long chemin depuis que le premier cas de VIH/sida y a été diagnostiqué en 1984.  À ce jour, il y a eu en tout 32 cas et dès le départ, le Ministère de la santé et son personnel ont non seulement mis l’accent sur le traitement mais aussi sur la lutte contre la stigmatisation et la discrimination.  Le Ministre a reconnu « le défi de taille » qu’a été la tâche de sensibiliser les communautés locales « parce que parler ouvertement de la santé sexuelle est un tabou dans nos coutumes et nos traditions ».  Il a parlé de la coopération de son Ministère et des Services sociaux avec des ONG pour sensibiliser la population au VIH/sida et aux maladies sexuellement transmissibles.  Aujourd’hui, les Îles Marshall ne comptent que 8 personnes vivant avec le VIH, 4 hommes et 4 femmes.  Tous sont sous traitement antirétroviral et ont une charge virale nulle, a assuré M. Bilimon, en remerciant pour leur soutien les partenaires comme le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

Mme LIA TADESSE, Ministre de la santé de l’Éthiopie, a décrit la mise en œuvre par son pays de la riposte accélérée au VIH/sida ainsi que sa large approche multisectorielle.  Notant que l’épidémie en Éthiopie est concentrée dans les zones urbaines, surtout dans « les points chauds », elle a déclaré que le Gouvernement prévoit des tests rapides, une prophylaxie pré-exposition et des modèles de prestation de services différenciés, en s’efforçant de mettre fin à la transmission de la mère à l’enfant.  Dans le contexte de la pandémie de COVID-19, des adaptations rapides ont été effectuées pour assurer la continuité des services.  À l’avenir, les priorités incluront la réduction des nouvelles infections chez les adolescentes et les jeunes femmes, la garantie des traitements et des services dans les zones de conflit et l’élargissement de l’accès aux tests sur la charge virale.  Ces activités sont inscrites dans le nouveau plan stratégique national 2021-2025, qui a été adopté à la suite des consultations approfondies avec un large éventail de parties prenantes, a affirmé la Ministre de la santé.

M. ABDERRAHMANE BENBOUZID, Ministre de la santé et de la réforme hospitalière de l’Algérie, a souligné que la lutte contre le VIH/sida est rendue difficile par le défi supplémentaire de la lutte contre la COVID-19.  Le Gouvernement algérien, a-t-il indiqué, a mis sur pied un programme national de lutte contre le sida pour 2020 et un mécanisme national qui regroupe les efforts de toutes les parties prenantes y compris la société civile.  Le Gouvernement assume 97% des dépenses dans la lutte contre le VIH/sida, ce qui a pour résultat une faible incidence.  Le pays assure aussi 70% des besoins nationaux en antirétroviraux, a dit le Ministre qui a insisté sur l’importance de la coopération internationale, avec l’ONUSIDA comme chef d’orchestre.  Il a aussi insisté sur la liberté et la souveraineté des États dans leur politique de lutte contre le VIH/sida.  Il a terminé en rappelant l’adoption en 2015 de la Déclaration d’Alger sur l’accélération du dépistage du VIH/sida en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.  

M. ZAHID MALEQUE, Ministre de la santé du Bangladesh, a prévenu que si son pays est toujours considéré comme ayant une faible prévalence, il reste extrêmement vulnérable compte tenu de la forte mobilité de la grande population, des relations sexuelles transactionnelles et du nombre important de personnes en contact avec les pays voisins.  L’émigration est une pratique courante, en particulier parmi les jeunes qui se rendent ainsi vulnérables au VIH/sida.  Dès 1989, le Bangladesh a créé un comité national et son quatrième Plan stratégique 2018-2023 est aligné sur le Programme national de la santé, de la nutrition et de la population (HNPSP) et sur d’autres engagements pris aux niveaux national, régional et international, en particulier la Déclaration politique de 2016 visant à mettre fin au VIH/sida d’ici à 2030.  Je suis fier de déclarer, a dit le Ministre, que le Bangladesh prévoit de fournir des services de prévention intégrés dans les établissements de santé publique et auprès des communautés.  Cependant, a-t-il nuancé, nous constatons une diminution notable du soutien financier. 

Le Ministre de la santé des Maldives, M. SHAH ABDULLAH MAHIR, a expliqué que depuis le premier cas signalé en 1991, le VIH/sida est considéré comme un problème national de santé publique et bénéficie toujours du plus haut niveau d’engagement politique.  Les Maldives, a-t-il dit, ont réussi à maintenir un taux de prévalence de moins de 0,1% et tous les cas signalés de personnes vivant avec le VIH sont sous traitement, avec 82% d’entre eux sans charge virale.  Maintenir une faible prévalence, en particulier parmi les populations clefs, nécessite un engagement et des investissements, a fait remarquer le Ministre, même pendant les périodes difficiles dues à la pandémie de COVID-19. 

Aux Maldives, a-t-il assuré, le Gouvernement a veillé à la continuité des services liés au VIH, en particulier à un accès ininterrompu aux médicaments antirétroviraux « salvateurs ».  Le plan stratégique national sur le VIH, l’hépatite et les autres maladies sexuellement transmissibles sera élaboré sur la base d’une récente étude, avec des stratégies affinées qui iront de la sensibilisation à la prévention, et aux traitements, y compris des consommateurs de drogues.  Le Ministre a indiqué en outre qu’aux Maldives les transmissions mère-enfant du VIH et de la syphilis ont été éliminées en 2018, et que des efforts sont en place pour maintenir ce jalon et relever les défis rencontrés par les plus vulnérables pour accéder aux services de prévention.  Par conséquent, l’accent est mis sur la mise en place d’un environnement permettant aux personnes d’accéder aux services sans stigmatisation ni discrimination.

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