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SOC/4887
13 février 2020
Cinquante-huitième session, 8e séance plénière – matin

Commission du développement social: les délégations détaillent les défis à surmonter pour lutter contre le sans-abrisme

La Commission du développement social a repris, ce matin, son débat général sur la question centrale de l’accès à des systèmes de protection sociale et à un logement à un coût abordable pour lutter contre le sans-abrisme, l’occasion pour les délégations de présenter leurs réalisations et leurs attentes, mais aussi de détailler les défis à surmonter pour venir à bout de ce problème.

Comme l’ont réaffirmé la majorité des orateurs, le phénomène du sans-abrisme n’épargne aucune région ni aucun pays du monde, ses causes étant plurielles.  Si la Suède a mis cette situation de vulnérabilité sur le compte de l’absence de travail, de problèmes familiaux, de la dépendance à l’alcool ou à la drogue et de troubles psychologiques, d’autres pays ont mis en avant des facteurs plus spécifiques.  La Namibie a ainsi imputé la multiplication du nombre de sans-abri sur son territoire à des décennies de colonialisme et d’apartheid, qui ont empêché tout un pan de la population d’avoir accès à l’éducation et aux autres services publics.  Elle a également vu dans les changements climatiques un moteur du sans-abrisme, le pays étant victime de graves sécheresses, lesquelles accélèrent l’exode rural. 

Soulignant, à l’instar de l’Iraq, l’impact de décennies de guerre et d’instabilité, l’Afghanistan a lui aussi présenté le dérèglement du climat comme une source majeure de sans-abrisme, le pays étant particulièrement vulnérable aux chocs climatiques, comme l’attestent la récente sécheresse et les nombreux décès liés aux conditions climatiques extrêmes.  Le Kirghizistan a, lui, mis en exergue sa géographie montagneuse, qui fait s’envoler le coût des constructions et rend indispensable la prise en compte du Cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe. 

Toutefois, pour de nombreux pays, le sans-abrisme est avant tout un problème de logement.  Parmi ces derniers, le Pakistan s’est dit confronté à une grave pénurie de logements, tandis que la Zambie reconnaissait ne compter que 2,5 millions de maisons disponibles pour une population de 17,5 millions d’habitants.  Observant que 40% de sa population vit aujourd’hui dans des zones urbaines, ce pays africain a constaté que la croissance des villes a dépassé le rythme auquel des logements abordables peuvent être mis à la disposition des citoyens. 

Quant à la Turquie, elle a directement lié l’augmentation du nombre de sans-abri sur son sol au manque de moyens d’hébergement et de logement, rappelant à cet égard qu’elle accueille plus de quatre millions de réfugiés, majoritairement des Syriens, auxquels le Gouvernement offre des lieux d’habitation, entre autres.

Convaincu, lui aussi, que l’accès au logement est la clef du développement à la fois social et durable, le Panama a de son côté évoqué la montée en force de la gentrification des villes comme un facteur de sans-abrisme, tandis que Cuba et l’Iran identifiaient comme facteur aggravant de ce phénomène les mesures coercitives unilatérales prises à leur encontre par les États-Unis. 

Face à ce que le Népal a qualifié de « manifestation la plus grossière de la pauvreté et des inégalités » et d’« obstacle majeur » à la réalisation des objectifs de développement durable (ODD), un grand nombre de pays ont fait état de programmes d’envergure destinés à loger le plus grand nombre, notamment les plus vulnérables, et à réhabiliter les taudis.  Le Pakistan a indiqué que l’urgence avait poussé son Premier Ministre, M. Imran Khan, à faire de cette question une priorité nationale, avec un projet de cinq millions d’unités d’habitation à loyer modéré dans les prochaines années.  L’Égypte a pour sa part annoncé la construction de 1,5 million de logements sociaux dans tout le pays afin de garantir un toit à toutes les catégories, y compris les familles pauvres, les personnes handicapées et les femmes soutiens de famille. 

Soucieuses de faire en sorte que les villes et les établissements humains soient ouverts à tous, sûrs, résilients et durables, comme le prévoit l’ODD no 11, bon nombre des délégations ont également plaidé pour la mise en place de systèmes de protection sociale complets, afin d’éviter qu’il y ait des laissés-pour-compte comme les sans-abri.  Le Japon a défendu son modèle de couverture sanitaire universelle, rejoint par Sri Lanka, qui a dit avoir mis en place un programme de ce type pour accroître l’accessibilité aux soins de santé, indépendamment du niveau de revenu. 

Du côté des ONG, ATD Quart Monde a appelé à mettre un terme à la stigmatisation et à la discrimination des sans-abri, invitant les instances internationales à peser pour l’instauration de mécanismes qui tiennent compte de ces personnes et garantissent qu’elles ne perdent pas leurs droits civiques et leur droit à la protection sociale.  L’organisation Brahma Kumaris World Spiritual University, qui œuvre à l’accueil de sans-abri dans des refuges, a quant à elle souligné l’importance de la mise à disposition de telles structures, dans lesquelles les individus ne se sentent pas jugés et peuvent retrouver leur dignité. 

La Commission poursuivra ses travaux lundi 17 février, à partir de 10 heures.

SUITE DONNÉE AU SOMMET MONDIAL POUR LE DÉVELOPPEMENT SOCIAL ET À LA VINGT-QUATRIÈME SESSION EXTRAORDINAIRE DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE

Thème prioritaire: assurer l’accès de tous à des systèmes de protection sociale et à un logement à un coût abordable pour lutter contre le sans-abrisme

Examen des plans et programmes d’action pertinents des organismes des Nations Unies concernant la situation de certains groupes sociaux

Suite du débat général

M. PAWEŁ RADOMSKI (Pologne) a indiqué que, dans son pays, le droit au logement n’est consacré par aucun texte législatif national.  Toutefois, a-t-il dit, l’article 75 de la Constitution dispose que les politiques publiques doivent satisfaire le besoin en logement de tous les citoyens.  Par ailleurs, il revient aux municipalités de satisfaire ces besoins grâce à la construction de logements municipaux.  Dans ce contexte, un recensement national des sans-abri est effectué régulièrement pour déterminer les politiques à mener, a poursuivi le délégué, précisant que la population de sans-abri s’élève actuellement à environ 300 000 personnes, une baisse de 9% depuis 2009.  Ces personnes, a-t-il expliqué, se retrouvent dans cette situation à la suite de conflits familiaux, de problèmes de toxicomanie, d’expulsions ou de ruptures sentimentales.

En 2016, a-t-il poursuivi, le Gouvernement a lancé un programme national du logement, qui définit les priorités à l’horizon de 2030.  Il comprend notamment des mesures d’accès au logement pour les personnes à faible revenu et prévoit la construction de logements abordables.  Le représentant a enfin fait état d’un programme national de soutien aux sans-abri doté d’un budget de 7 millions de dollars, lequel s’emploie à distribuer les ressources à des organismes sélectionnés et appuie les ONG spécialisées dans l’assistance sociale

Mme CAROLINA GUTIERRÉZ BACCI (Colombie) a indiqué que l’équité figure au cœur de la politique de développement national du pays, et que le Gouvernement est en train de renforcer sa politique de logement dans le but d’améliorer l’accès aux logements dignes et abordables.  L’accent est également placé sur les systèmes d’épargne et de bail et les politiques d’aide à l’achat de logement pour les familles à faible revenu dans le but de réduire le manque de logements.  À cet égard, un projet de construction 520 000 logements sociaux et de rénovation de 600 000 logements existants est en cours.  Elle a souligné que les politiques de logement doivent être à long terme et viser à réduire le déficit de logements au niveau national tout en améliorant la qualité de vie des citoyens.

M. NDIAYE (Sénégal) s’est félicité que la lutte contre le sans-abrisme soit pour la première fois examinée à un si haut niveau intergouvernemental dans le cénacle onusien.  Cette réflexion fait, selon lui, écho aux initiatives prises par son pays pour combattre les inégalités et vaincre les obstacles à l’inclusion sociale.  Il ainsi cité le Plan Sénégal émergent à l’horizon 2035, qui accorde une place importante à l’inclusion sociale notamment à travers son axe 2 consacré au « capital humain, à la protection sociale et au développement durable ».  En matière d’urbanisme et d’habitat, la loi d’orientation sur l’habitat de 2016 vise à favoriser l’inclusion sociale par la promotion de l’habitat social. 

En matière de protection sociale, a poursuivi le délégué, le Sénégal dispose d’une stratégie nationale, actualisée pour la période 2016-2035, visant à doter le pays d’un système de protection sociale inclusif.  Dans ce cadre, a-t-il précisé, d’importants programmes de sécurité sociale sont mis œuvre, en particulier le programme de couverture maladie universelle, dont l’objectif est d’atteindre un taux de couverture de 75% en 2021, la délivrance de plus de 54 000 cartes d’égalité des chances, en faveur des personnes handicapées, et diverses politiques de gratuité dans les structures publiques de santé, pour les enfants de 0 à 5 ans, les femmes et les personnes âges.  Par ailleurs, a encore indiqué le représentant, des réformes ont été opérées pour le relèvement de la pension de retraite minimale, désormais alignée sur le salaire minimum interprofessionnel garanti et la mensualisation du paiement des allocations.  Le Plan d’actions prioritaires du Plan Sénégal émergent (2019-2024) permettra en outre d’améliorer la protection sociale des couches les plus en situation de vulnérabilité et de réduire considérablement le nombre de personnes sans abri ou à risque de le devenir.

M. LUIS HOMERO BERMÚDEZ ÁLVAREZ (Uruguay) s’est félicité de l’amélioration de la situation économique et sociale de son pays depuis 15 ans, y compris la question de l’accès aux logements.  La priorité est actuellement donnée aux personnes qui ne peuvent trouver des logements sociaux sur le marché.  Trois coopératives de logement ont vu le jour pour accompagner les familles dans leur quête d’un logement abordable.  Le représentant a ensuite indiqué que la reclassification de l’Uruguay de pays à revenu intermédiaire à pays à revenu élevé présente de nombreux défis.  Il a souhaité que la classification des pays ne soit plus mesurée sur la base du revenu par habitant. 

M. MOHAMMAD W. NAEEMI (Afghanistan) a assuré qu’en dépit des énormes défis auxquels il fait face, à commencer par les conflits et le sous-développement, son pays est pleinement engagé en faveur du Programme de développement à l’horizon 2030.  Il s’emploie ainsi à permettre l’accès à un logement sûr et abordable à tous ses citoyens et à garantir que les plus marginalisés ne soient pas laissés pour compte.  Le Gouvernement afghan, a-t-il ajouté, est également attaché au Nouveau Programme pour les villes adopté par la conférence Habitat III en 2016.  Notant que les citoyens afghans continuent d’être déplacés en raison du terrorisme transfrontalier, de l’extrémisme et des catastrophes naturelles, il a souligné que nombre d’entre eux deviennent des sans-abri, coupés de leur foyer, de leur famille et de leur communauté.  Cette situation est aggravée par le fait que de nombreuses infrastructures de base ont été détruites au fil des décennies de guerre et d’instabilité. 

De plus, a fait valoir le représentant, les changements climatiques et les catastrophes naturelles sont également sources de sans-abrisme en Afghanistan, le pays étant en outre particulièrement vulnérable aux chocs climatiques comme le montrent la récente sécheresse et les nombreux décès liés aux conditions climatiques extrêmes.  Dans ce contexte, le sans-abrisme ne peut pas être traité de manière isolée, a estimé M. Naeemi.  Régler ce problème impose, selon lui que le Gouvernement et ses partenaires déploient des efforts d’envergure, ce dont ils s’acquittent au travers du cadre national pour la paix et le développement, qui prévoit des mesures de soutien aux personnes déplacées.  Le Gouvernement a en outre adopté un programme national de priorité urbaine pour la période 2016-2025 qui vise à s’attaquer au problème du sans-abrisme en s’appuyant sur les principes de bonne gouvernance, de redevabilité et de transparence.  L’une de ses actions phares est le programme national du logement qui a pour but d’améliorer l’accès à un logement décent et de promouvoir l’inclusion sociale. 

Pour Mme SIMONA DE MARTINO (Italie), le sans-abrisme est une violation du droit au logement adéquat.  C’est aussi une situation dans laquelle de nombreux autres droits ne sont pas respectés.  Pour contrer le sans-abrisme, l’Italie a pris des mesures spécifiques visant à combattre la pauvreté et soutenir les sans-abri.  Elle a insisté sur l’importance de privilégier non pas des mesures d’urgence, mais une approche stratégique calquée sur le programme « Housing First ».  L’Italie a également élaboré pour la première fois un plan national basé sur le principe de l’inclusion et l’identification de modèles appropriés d’intervention pour les personnes vulnérables, en particulier les jeunes, les personnes handicapées et les personnes âgées.  Afin de prévenir et combattre la marginalisation, le Gouvernement a adopté des politiques spécifiques qui promeuvent le développement des services communautaires en prenant en compte les aspects psychologiques et physiques du vieillissement et les besoins des femmes âgées et des personnes âgées handicapées.  Pour les jeunes exclus du marché du travail, le Gouvernement a créé le revenu minimum visant à soutenir économiquement les jeunes exposés à l’extrême pauvreté. 

M. OBAIDA ABDULLAH ABOU ELABASS ELDANDARAWY (Égypte) a souligné l’engagement de son pays en faveur du logement pour tous, précisant que la Constitution de 2014 comprend un article sur le logement adéquat.  Dans ce cadre, a-t-il indiqué, l’État s’emploie à procurer aux citoyens un logement qui préserve leur dignité et réalise la justice sociale.  Un programme national vise ainsi à préserver l’environnement et les initiatives publiques et privées dans le domaine du logement.  De plus, l’État planifie l’urbanisme et l’aménagement des territoires ruraux en respectant l’intérêt des habitants et en s’efforçant d’améliorer leur niveau de vie.  Un plan national cible également les quartiers les plus pauvres au travers d’un renforcement des infrastructures et services locaux et l’utilisation de ressources issues d’un partenariat public-privé en direction des plus vulnérables.  

Le délégué a ensuite indiqué que l’Égypte a entrepris, en 2014, un vaste projet de logements sociaux, qui prévoit la construction de 1,5 million de logements dans toutes les régions du pays.  Il vise à garantir un logement digne à toutes les catégories, y compris les familles pauvres, les personnes handicapées et les femmes soutiens de famille.  Il a expliqué que les progrès réalisés par son gouvernement pour mettre fin à ces quartiers pauvres et informels se sont matérialisés par le projet Al Asmarat, qui prévoit le transfert des habitants dans de nouvelles unités de logement dotées de services sociaux et de loisirs. 

M. SERHAD VARLI (Turquie), pour qui le sans-abrisme est avant tout un problème lié au logement, a indiqué que son gouvernement dispose d’une politique de logement pour les zones urbaines et rurales.  L’agence de logement qui dépend du Ministère de l’environnement et de l’urbanisation aide à la construction de logements pour que les familles à revenu faible et intermédiaire deviennent des propriétaires.  Cette agence a ainsi aidé à bâtir plus de 940 000 appartements dans différentes villes du pays.  Elle mène également des projets de rénovation et de transformation dans les bidonvilles et les zones encourant un risque élevé de catastrophes naturelles.  La priorité est accordée aux groupes défavorisés et aux « familles des martyrs ».  Le représentant a ensuite rappelé que plus de quatre millions de réfugiés vivent en Turquie, majoritairement des Syriens, et que le Gouvernement leur offre des logements, des vivres, des soins de santé, des services sociaux, une formation professionnelle et un appui psychologique. 

M. DINH NHO HUNG (Viet Nam) a tout d’abord exprimé sa solidarité avec la Chine face à l’épidémie de coronavirus, assurant que son pays continuera de coopérer avec Beijing dans l’endiguement de cette crise sanitaire.  Constatant que les populations sans abri sont les plus vulnérables, il a préconisé d’en traiter les causes pour lutter contre ce phénomène.  Pour cela, a-t-il dit, il convient de disposer de cadres juridiques d’ensemble dans le domaine du logement.  En vertu de sa Constitution, le Viet Nam permet ainsi à chacun de ses citoyens d’avoir accès au logement.  Par l’adoption de la loi sur le logement de 2014, des dispositions ont été prises pour faciliter cet accès pour les foyers pauvres, notamment en zone rurale. 

De l’avis du représentant, la protection sociale joue un rôle clef dans la réalisation du droit au logement.  Dans cet esprit, a-t-il dit, le Viet Nam a conçu son système de protection sociale en fonction du cycle de vie humaine.  Ce système inclut un soutien pour les frais médicaux, un appui pour la recherche de logement, des réseaux d’assistance sociale, des aides pour les personnes vivant dans des zones à risque et des programmes de réhabilitation pour les personnes handicapées.  Enfin, notant que les changements climatiques sont un autre facteur du sans-abrisme, il a indiqué que son pays répond à ce problème par le biais de stratégies nationales tout en comptant sur la coopération internationale pour le surmonter. 

M. MOHAMMAD ABDURRAHMAN S. ALKADI (Arabie saoudite) a indiqué que son gouvernement a fait de la protection sociale une arme contre le sans-abrisme.  Le programme de logement a été élaboré en 2017 et offre des possibilités d’acquisition de logement aux familles dans tout le pays.  Cette offre se décline en aide financière ou en offre de logements à prix abordable.  Le Gouvernement vise à augmenter de 70% l’acquisition de logement dans les années à venir, a-t-il ajouté.

Pour ce qui est de la protection sociale, le Gouvernement saoudien a amélioré les centres de santé de base, créé des cliniques de pointe et lancé des programmes de formation de médecins de famille.  Des cliniques mobiles sont envoyées dans les régions éloignées, et des soins sont désormais possibles « à distance » grâce aux nouvelles technologies. 

Mme MORDICA M. SIMPSON (États-Unis) s’est félicitée du choix du thème prioritaire de cette année, jugeant que cette problématique est au cœur des questions de développement durable.  Dans ce contexte, nous devons agir de toute urgence, a-t-elle plaidé.  La déléguée s’est ensuite prononcée pour une rationalisation des travaux de l’ONU dans le domaine du développement durable, appelant notamment à éviter les doublons et à structurer les institutions onusiennes pour que ce débat devienne une valeur ajoutée de l’Organisation.  Face aux défis fiscaux chroniques de l’ONU, le statu quo ne peut perdurer, a-t-elle souligné.  Selon elle, les résolutions dont le contenu ne change pas devraient désormais être examinées tous les deux ans.  Elle a recommandé à la Commission de réduire la durée de ses sessions annuelles et de se joindre à d’autres commissions pour négocier un seul document final.  Elle a également suggéré de réduire de 50% les rapports, les conférences et les négociations pour permettre aux ressources de l’ONU d’avoir de véritables effets sur le terrain. 

Mme SAMA SALIM POULES POULES (Iraq) a déclaré que la stratégie nationale de lutte contre la pauvreté 2018-2020 dont s’est doté son gouvernement comprend un volet sur le sans-abrisme et l’urbanisation sauvage.  La représentante a ajouté que le phénomène d’urbanisation sauvage est apparu en 1994 et concerne principalement trois provinces.  À cela, il faut ajouter le nouveau défi du terrorisme et de l’instabilité politique, a dit la déléguée qui a assuré que le Gouvernement se donne les moyens et les ressources pour relever ces défis.  Le développement passe par la paix, et le Gouvernement iraquien vise à faire des pauvres des agents de développement, a-t-elle dit. 

Mme SHARIFA NOAMAN AL-EMADI, de l’ONG Doha International Family Institute, a constaté que les systèmes de couverture sociale sont très différents d’un pays à l’autre.  Selon elle, les failles observées dans les systèmes de protection sociale mènent à l’inégalité et créent des laissés-pour-compte.  Face à ce déséquilibre, il importe, selon elle, de créer des cadres de protection basés sur la famille et d’évaluer les résultats des politiques menées dans le domaine familial.  Elle a donc invité les États, les organisations internationales, les centres de recherche, les donateurs et le secteur privé à appuyer les familles et à renforcer leur rôle en permettant que leur soit fournie une protection sociale adaptée. 

M. JAIME HERMIDA CASTILLO (Nicaragua) a indiqué que le gouvernement met en œuvre une politique de logement digne pour lutter contre le sans-abrisme.  Depuis 2017, des logements ont été construits pour les enseignants, les médecins et maintenant pour les petits entrepreneurs.  Des mesures incitatives ont également été prises comme la subvention directe et l’exonération de la TVA.  Ces mesures ont permis la construction de près de 60 000 logements, s’est-il félicité.  Un autre programme vise la construction de 50 000 logements pour les entrepreneurs indépendants, et plus de 18 000 personnes en sont les bénéficiaires.  En 2020, 3 000 nouvelles unités seront construites, a-t-il ajouté.  Le représentant a ensuite souligné qu’un logement digne permet de renforcer la famille.  Le logement est la plus efficace des politiques de protection sociale, a estimé le représentant, qui a informé que 40 programmes sociaux sont actuellement mis en œuvre dans le pays. 

Mme THILAKAMUNI REKHA NISANSALA GUNASEKERA (Sri Lanka) a jugé inquiétant que des lacunes importantes subsistent dans les systèmes de protection sociale à travers le monde, lesquels sont durement affectés par les transformations de l’économie mondiale.  Face à ce problème, Sri Lanka mène des politiques sociales qui visent à prendre en charge les besoins de tous les citoyens et à éviter qu’il y ait des laissés-pour-compte.  Aux yeux de la déléguée, investir dans la population est indispensable pour parvenir au développement social.  C’est pourquoi, Sri Lanka a conçu des programmes centrés sur la personne, et en particulier, sur les membres les plus pauvres de la population nationale. 

Le Gouvernement est également à l’initiative d’un programme de couverture sociale universelle, un plan cadre prévoyant l’accessibilité aux soins de santé, indépendamment du niveau de revenu.  Autonomiser les personnes vulnérables est une autre priorité gouvernementale, a-t-elle ajouté.  Et le handicap a été intégré dans toutes les politiques de développement social.  En venant au sans-abrisme, la représentante y a vu la plus claire manifestation de la pauvreté et des inégalités.  Pour y remédier, il convient de mettre en œuvre des mesures positives transversales, a-t-elle plaidé.  Parmi les initiatives prises par son pays, elle a évoqué le programme de régénération urbaine, qui vise à transformer les taudis et à proposer des logements dignes à leurs habitants.  Dans ce cadre, un processus consultatif recoupant les données de plusieurs ministères et organismes spécialisés a été mené, a-t-elle précisé, saluant la collaboration de son pays avec ONU-Habitat. 

M. PAYMAN GHADIRKHOMI (Iran) a indiqué que son gouvernement mène depuis des années une politique de logement abordable pour les Iraniens à revenu faible.  Le logement est inscrit dans la Constitution, obligeant ainsi le Gouvernement de garantir des logements sociaux pour les familles vulnérables.  Des terres non arables sont consacrées à la construction de logements, et des prêts concessionnels sont accordés aux projets immobiliers à l’intention des familles nécessiteuses.  Le représentant a dénoncé la domination par certains pays des institutions financières internationales et l’imposition de sanctions unilatérales qui, a-t-il affirmé, contribuent au sans-abrisme.  L’Iran demandera au Secrétaire général de tenir compte de cette situation dans son prochain rapport, a prévenu le représentant. 

Mme MIRGUL MOLDOISAEVA (Kirghizistan) a noté que, dans le cadre du Nouveau Programme pour les villes, les États Membres se sont engagés à prendre des mesures positives pour éliminer le sans-abrisme.  D’une manière générale, protéger les personnes les plus vulnérables, en particulier celles qui sont privées de logement, contribue à réaliser les objectifs du Programme de développement durable à l’horizon 2030, a-t-elle souligné, indiquant que sa délégation organisera une manifestation à l’occasion de la Journée internationale sur la justice sociale. 

Par ailleurs, elle a jugé indispensable de tenir compte, dans le domaine du logement et de la construction, des dispositions du Cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe.  Plaidant pour la recherche d’un équilibre entre l’urbanisation et la protection de l’environnement, la déléguée a relevé que le coût de la construction est nettement plus élevé dans un pays montagneux comme le sien.  Les programmes de construction ont également des incidences sur les écosystèmes, a-t-elle ajouté.  Après avoir rappelé que le Kirghizistan a contribué à la création d’un groupe d’amis des pays de montagne, elle a réitéré l’engagement de son pays à œuvrer au niveau international à la réalisation de l’ODD no 11. 

M. OSCAR LEÓN GONZÁLEZ (Cuba) a souligné que l’élimination de la pauvreté nécessite coopération et un véritable partenariat.  Il s’est inquiété du creusement des inégalités entre les pays développés et en développement, des pratiques commerciales « injustes » et des mesures coercitives unilatérales.

Les milliards investis dans les guerres par les pays développés doivent être orientés vers le développement, a-t-il plaidé.  Après avoir énuméré les mesures de protection sociale du Gouvernement qui profitent en particulier aux jeunes et aux personnes âgées, le représentant a fait savoir que la construction de logements est une priorité du Gouvernement.  En 2019, 43 700 logements ont été construits.  Les efforts du Gouvernement cubain sont cependant mis à mal par le blocus économique imposé unilatéralement par les États-Unis. 

Mme JULIA IMENE (Namibie) a observé que le sans-abrisme affecte des personnes de tous horizons et suppose une réponse mondiale et plurisectorielle.  La Namibie, en tant que pays adhérant au Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, reconnaît le besoin de tout un chacun à un logement adéquat, a-t-elle souligné.  Dénonçant la croissance incontrôlée des villes et du secteur informel, et la multiplication du nombre de sans-abri, la déléguée y a vu la conséquence de décennies de colonialisme et d’apartheid, lesquels ont empêché tout un pan de la population d’avoir accès à l’éducation et aux autres services publics.  Elle a également vu dans les changements climatiques un autre moteur du sans-abrisme, la Namibie ayant été victime de la pire sécheresse en 30 ans, qui a accéléré l’exode rural.  Malgré ces difficultés, le pays reste engagé à garantir la mise en place d’un cadre institutionnel favorable au développement urbain et à la protection sociale.  Il a ainsi adopté, en 2017, une loi prévoyant un partenariat public-privé dans le domaine du financement et de la mise en place de projets de construction de logements.  Au cours de l’exercice 2018-2019, a ajouté la représentante, le Gouvernement a consacré 8,7% des dépenses publiques aux questions de logement et de protection sociale. 

M. SHAH ASIF RAHMAN (Bangladesh) a indiqué que pour assurer la réalisation du bien-être social et économique, son gouvernement privilégie une approche axée sur le développement et non pas une approche caritative.  Le système de protection sociale est inclusif et encourage le citoyen à contribuer au développement économique.  Le Gouvernement consacre 13% du budget aux services sociaux, un chiffre qui augmente chaque année, a-t-il ajouté.  De nombreux programmes ont également été lancés à l’intention des sans-abri. 

M. GHANSHYAM BHANDARI (Népal) a estimé que le vingt-cinquième anniversaire de la Déclaration de Copenhague est le moment idéal pour traiter du problème du sans-abrisme, qui touche tous les pays.  Le sans-abrisme reste en effet la manifestation la plus grossière de la pauvreté et des inégalités, ce qui constitue un obstacle majeur à la réalisation des ODD.  Le délégué a notamment observé que les écarts s’aggravent au sein de la communauté internationale, en particulier avec les pays présentant une situation particulière.  Au Népal, a-t-il dit, les systèmes et les politiques de protection sociale contribuent à l’égalité des chances, conformément à l’objectif national de réduction de la pauvreté et des inégalités.  De plus, la Constitution prévoit un logement digne et abordable pour tous, ce qui signifie qu’il incombe à l’État d’assurer la sécurité sociale et économique.  À cette fin, le Gouvernement a promulgué la loi sur le droit au logement de 2018 et a entamé un programme populaire de logements, lequel prévoit la fourniture de 17 000 unités d’habitation pour des personnes défavorisées.  La construction de 38 000 logements supplémentaires permettra de venir en aide à d’autres foyers dans un avenir proche, a assuré le délégué.  Notant enfin que 86% des Népalais vivent dans leur propre maison, il a exprimé la détermination de son pays à mettre en œuvre le Nouveau Programme pour les villes, en cohérence avec la mise en œuvre des ODD. 

M. HERMAN VAN BREEN, de ATD Quart Monde, a affirmé que les sans-abri peuvent reprendre le contrôle de leur vie si leur participation est prise en compte.  Fort des 40 ans d’expérience de l’ONG, le représentant a suggéré des stratégies qui reposent sur le respect de la dignité des sans-abri.  Il faut aussi établir, au sein des instances internationales, des mécanismes qui tiennent compte des sans-abri, ainsi que des mécanismes garantissant que les sans-abri ne perdront pas leurs droits civiques et à la protection sociale.  Le représentant a appelé à mettre un terme à la stigmatisation et à la discrimination des sans-abri. 

M. THOMAS RATHMELL WOODROFFE (Royaume-Uni) a déclaré que son gouvernement vise à réduire toutes les formes de sans-abrisme d’ici à la fin de l’actuelle législature.  « Nous ne sous-estimons pas les défis auxquels nous sommes confrontés pour répondre à cette ambition audacieuse », a-t-il affirmé.  Il a souligné que le sans-abrisme est un problème très complexe qui va au-delà du logement et comprend également les problèmes de santé qui affectent nombre de sans-abri.  Le Gouvernement a déjà octroyé 1,3 milliard de livres sterling pour financer la riposte et investira 437 millions de livres sterling supplémentaires d’ici à 2021. 

Une politique nationale vise en outre à prévenir le sans-abrisme avant qu’il ne se produise et à aider les gens en leur octroyant un soutien flexible qui répond à leurs besoins.  Le Royaume-Uni met également en œuvre ses propres projets pilotes inspirés du programme « Housing First » et a promulgué une loi sur la réduction du sans-abrisme pour permettre à tout le monde, pas uniquement les cas prioritaires, de recevoir le soutien nécessaire pour les empêcher de devenir sans abri.

M. YASUYUKI SHIMADA (Japon) a fait le point sur les efforts déployés par son gouvernement pour résoudre le problème du sans-abrisme, notant que l’élaboration de politiques efficaces pour lutter contre le phénomène contribuera à la mise en œuvre de l’engagement de ne laisser personne pour compte.  Le Gouvernement japonais a ainsi mis en œuvre des mesures pour aider les sans-abri à être socialement indépendants, notamment dans les domaines du travail, de la santé, du bien-être et du logement.  Afin d’éradiquer les inégalités, le Japon promeut également la couverture sanitaire universelle.  Cette année, le Japon accueille le Sommet « Nutrition pour la croissance » afin d’accélérer les efforts pour combattre la malnutrition et promouvoir la couverture sanitaire universelle.  Le représentant a également rappelé que le Japon accueille, cette année, les Jeux olympiques et paralympiques, soulignant que les Jeux paralympiques offrent l’opportunité de créer une société inclusive en supprimant les obstacles. 

M. TIN MAUNG NAING (Myanmar) a assuré que son pays est déterminé à mettre en œuvre les objectifs de la Déclaration de Copenhague et considère que l’absence de logement durable est l’un des principaux défis dans la réalisation du Programme 2030.  La situation du logement, particulièrement préoccupante dans les pays en développement, notamment en Asie du Sud-Est, mérite l’attention de la communauté internationale, a-t-il insisté, notant que son gouvernement s’emploie à atteindre la cible 11.1 des ODD.  Dans le cadre de ces objectifs et des dispositions du Nouveau Programme pour les villes, il entend prendre des mesures pour prévenir et éliminer ce phénomène.  À cette fin, il a d’ores et déjà élaboré une politique nationale du logement et lancé une politique d’urbanisation, conçue en collaboration avec ONU-Habitat.  Le Gouvernement, dont le plan de développement durable est aligné sur le Programme 2030, a par ailleurs promulgué une loi sur la sécurité sociale et sur la protection des personnes handicapées, tout en prenant en compte, dans ses politiques, les effets des changements climatiques et des catastrophes naturelles.  Le délégué a par ailleurs affirmé soutenir les efforts de la Chine confrontée à l’épidémie de coronavirus et a appelé la communauté internationale à faire preuve de solidarité. 

M. FABIÁN OSWALDO GARCÍA PAZ Y MIÑO (Équateur) a indiqué que son gouvernement s’est doté du plan national de développement « Toute une vie » qui met l’accent sur les groupes vulnérables, tandis que le projet de logement social « Maison pour tous » aide les personnes qui n’ont pas les moyens d’avoir une maison digne.  Ce projet, a-t-il expliqué, fonctionne grâce à une politique de répartition des revenus et un cadre normatif élaborés par le Gouvernement.  De son côté, la politique de logement est financée à 100% par l’État pour certaines catégories de personnes vulnérables.  Trente-six projets de 650 000 logements ont ainsi vu le jour.  Le Gouvernement subventionne également les taux d’intérêt aux achats immobiliers, qui est de 4,99% pour 20 ans, et a lancé la première « bourse » sociale pour soutenir son programme de protection sociale.  La philosophie du Gouvernement est de « construire des foyers et non des maisons », a dit le représentant. 

M. AZIZ (Pakistan) a noté que les objectifs de développement ne peuvent être durables s’ils ne sont pas inclusifs.  Au Pakistan, a indiqué le représentant, les priorités gouvernementales sont conformes aux ODD, notamment en ce qui concerne le logement durable.  Dans ce cadre d’action, le Gouvernement a mis en place un vaste programme de réduction de la pauvreté et d’élargissement de la protection sociale.  Il a aussi lancé un programme de formation destiné à favoriser l’émancipation des jeunes et à faciliter la création d’entreprises.  Constatant que le sans-abrisme et l’accès à un logement digne sont un problème mondial, il a reconnu que le Pakistan est aujourd’hui confronté à une pénurie de logements.  Toutefois, a-t-il dit, des efforts considérables sont menés pour y faire face, le Premier Ministre, M. Imran Khan, ayant fait de l’accès au logement une priorité nationale, avec en particulier un projet de construction de cinq millions de logements à loyer modéré dans les prochaines années.  Le Gouvernement, a-t-il ajouté, a aussi pris des initiatives de régulation du secteur financier afin de permettre la fourniture de logements à bas coût au niveau national. 

M. CHIWELE (Zambie) a déclaré que dans le cadre de la politique de protection sociale, le Gouvernement a mis en œuvre des programmes de transfert de fonds et de sécurité alimentaire.  Il promeut également des programmes d’autonomisation des femmes et des jeunes visant à éliminer la pauvreté et la faim.  Le représentant a ensuite expliqué que 40% de la population du pays vit dans des zones urbaines et que la croissance urbaine a dépassé le rythme auquel des logements abordables peuvent être mis à la disposition des citoyens.  En conséquence, de nombreuses personnes vivent dans de mauvaises conditions de logement.  La Zambie, a-t-il précisé, ne compte que 2,5 millions de maisons disponibles pour les 17,5 millions d’habitants.  Des efforts sont en cours pour construire de nouvelles unités et moderniser les logements informels, le logement étant l’un des garants du développement national, a dit le représentant. 

M. HENRIK INGRIDS (Suède) a indiqué qu’afin de réduire les inégalités, la Suède s’emploie à favoriser la coopération entre les organismes publics, la société civile et le secteur privé.  Elle dispose pour cela d’un système fiscal adapté et peut s’appuyer sur un système de protection sociale qui œuvre à la réduction de la pauvreté et à l’éradication du sans-abrisme.  Favorable à une approche axée sur les droits de la personne, le Gouvernement suédois considère que les mesures prises doivent être adaptées aux besoins des groupes spécifiques.  Différents types de logement sont ainsi mis à la disposition des sans-abri, a-t-il expliqué.  La mise en œuvre de ces programmes se voit cependant compliquée par les cas de personnes ne cherchant pas à obtenir le soutien des services sociaux.  Conscient de la complexité du problème, le Gouvernement a alloué des ressources « extraordinaires » aux municipalités les plus fortement affectées par ce phénomène, qui est dû pour l’essentiel à l’absence de travail, à des problèmes familiaux, à la dépendance à l’alcool ou à la drogue et à des troubles psychologiques.  Enfin, soucieux de protéger les intérêts supérieurs des enfants, le Gouvernement accorde la priorité de son action aux familles et à la prévention des expulsions. 

Mme DESIRÉE DEL CARMEN CEDEÑO RENGIFO (Panama) a indiqué que son Gouvernement a mis en place des programmes de réduction de la pauvreté et d’élimination des inégalités.  À cet égard, une Direction de l’égalité des chances a été créée avec pour mission de garantir l’accès des personnes handicapées à des logements accessibles. 

La représentante a ensuite indiqué que le Panama est en proie à une montée de la gentrification.  Ce phénomène provoque le déplacement des populations d’origine et se fait également ressentir sur le plan de la sécurité, a-t-elle expliqué, et il reste un long chemin à parcourir avant de pouvoir trouver des solutions pour les personnes touchées.  L’accès au logement est la clef du développement, a souligné la représentante qui a réitéré la volonté de son gouvernement de lutter contre le sans-abrisme et aider les familles qui se trouvent dans cette situation. 

Mme NIDHI SHUKLA, représentante de la l’ONG Brahma Kumaris World Spiritual University, a expliqué qu’elle travaille à l’accueil de sans-abri dans des refuges.  Soulignant l’importance de la mise à disposition de telles structures, elle a précisé que l’objectif de son organisation est de créer des espaces dans lesquels les individus ne se sentent pas jugés et où ils peuvent retrouver leur dignité.  Lorsque nous ouvrons les portes de ces espaces, nous leur ouvrons aussi nos cœurs, a-t-elle confié.  Les personnes hébergées sont traitées comme les membres d’une famille et peuvent s’épanouir, ce qui a une incidence sur leur estime personnelle, a souligné la représentante.  Pour lutter contre le sans-abrisme, a-t-elle conclu, il faut prendre en compte les besoins matériels mais aussi spirituels des personnes sans abri. 

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