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SG/SM/20258
16 septembre 2020

Le Secrétaire général annonce la publication d’un rapport pour faire le bilan de l’ONU face à la COVID-19 et sur la suite à donner à son action

« La pandémie du COVID-19 est une crise qui ne ressemble à aucune autre et par conséquent, cette session de l’Assemblée générale ne ressemblera à aucune autre », a déclaré cet après-midi le Secrétaire général de l’ONU lors d’une conférence de presse, au cours de laquelle il a rendu public un rapport sur ce qu’a fait l’Organisation depuis le début de la pandémie de COVID-19 et sur ce qu’il reste à accomplir pour y mettre fin.

S’exprimant par visioconférence, M. António Guterres a rappelé que le virus, toujours « incontrôlable », est aujourd’hui la « principale menace » qui pèse sur la sécurité mondiale, ayant déjà causé la perte d’« un million de vies ».  Convaincu que les enjeux ne peuvent être « plus élevés » qu’aujourd’hui, le Chef de l’Organisation a rappelé que, dès le mois de mars dernier, il avait plaidé pour un cessez-le-feu au niveau mondial.  Un appel qui avait trouvé un écho auprès des États Membres, de la société civile et d’un certain nombre de groupes armés à travers le monde, s’est-il félicité.

« Et aujourd’hui, de l’Afghanistan au Soudan, nous constatons de nouvelles avancées prometteuses vers la paix », a-t-il estimé, soulignant qu’en Syrie, en Libye ou encore en Ukraine, les cessez-le-feu ou l’arrêt des combats peuvent être susceptibles de créer un « espace pour la diplomatie ».  Dans le discours qu’il prononcera à l’Assemblée générale ce mardi, le Secrétaire général a annoncé qu’il insisterait auprès de la communauté internationale pour que tous les efforts soient entrepris en vue de faire du cessez-le-feu mondial une réalité « d’ici la fin de l’année ».

C’est aussi le moment où la communauté internationale doit se rassembler pour vaincre le virus, a-t-il souligné, en assurant toutefois qu’il ne fallait pas se leurrer: si beaucoup placent leurs espoirs dans un vaccin, celui-ci ne pourra pas résoudre la crise, « certainement pas à court terme ».  Il a donc conseillé de mobiliser des « outils nouveaux et existants » pour répondre aux nouveaux cas et fournir des traitements vitaux pour stopper la transmission et sauver des vies, en particulier au cours des 12 prochains mois.

En outre, un vaccin « abordable et accessible à tous » doit être envisagé comme un « bien public mondial », car la COVID-19 « ne respecte aucune frontière ».  Ce qui souligne la nécessité, pour le Secrétaire général, de faire un bond en avant dans le financement de l’ACT-Accelerator et du dispositif de mutualisation internationale COVAX, soutenu par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Pour qu’un vaccin fonctionne, les populations du monde entier doivent être prêtes à l’accepter, a-t-il observé.  « Mais avec la propagation du virus, nous assistons également à une prolifération de la désinformation », ce qui ne fait que renforcer les hésitations et la méfiance à l’égard des vaccins et alimenter les théories du complot les plus « folles », s’est alarmé M. Guterres.  Face à cette maladie meurtrière, tout doit être fait pour mettre fin à une désinformation qui ne l’est pas moins, a-t-il tranché.

Nous devons également faire davantage pour lutter contre les fragilités que le virus a mises en évidence, en particulier s’agissant des revers essuyés dans l’éradication de la pauvreté, la réalisation des objectifs de développement durable et la lutte contre les changements climatiques, a prévenu le haut fonctionnaire.  « Les émissions de gaz à effet de serre ont atteint de nouveaux records en 2020, l’hémisphère nord vient de vivre son été le plus chaud jamais enregistré, et le monde est ravagé par des incendies », a-t-il lancé, en se livrant à un vigoureux plaidoyer en faveur d’un multilatéralisme revitalisé.

Lundi, les États Membres adopteront une déclaration pour réaffirmer leur engagement à cet égard et marquer le soixante-quinzième anniversaire de l’ONU, a-t-il également annoncé aux journalistes.  Il a rappelé que les enquêtes réalisées par l’Organisation cette année dans le monde entier ont révélé, notamment chez les jeunes, une aspiration transformationnelle très forte en faveur de la coopération et de la solidarité internationales, loin des approches nationalistes et des appels populistes entendus de part et d’autre.

« Le moment est venu de répondre à ces aspirations et de réaliser ces objectifs », a résumé le Secrétaire général, en affirmant que cette date-anniversaire n’était rien moins que « notre propre moment de 1945 ».  Nous devons nous « montrer à la hauteur » de ce moment et faire plus que jamais preuve d’unité pour remettre le « monde en marche » et « prospérer à nouveau », en s’alignant sur la vision définie par la Charte des Nations Unies, a-t-il exhorté.

En réponse à une question portant sur le coût financier du segment de haut niveau de l’Assemblée générale de l’ONU pour l’Organisation mais aussi pour les délégations, le Secrétaire général a indiqué que la semaine prochaine ne se traduirait pas par l’arrivée massive de délégations venant du monde entier, contrairement aux années précédentes: le débat général se tiendra par le biais de déclarations préenregistrées par les chefs d’État dans leurs propres capitales, a-t-il expliqué.  Il s’agit d’ailleurs du plus grand nombre de chefs d’État et de gouvernement jamais prévus pour ce débat général.  Les enregistrements seront diffusés dans la salle de l’Assemblée générale en présence des représentants permanents, mais sans les délégations habituellement dépêchées depuis les capitales.

S’il a souhaité dissiper les inquiétudes exprimées au sujet du montant des dépenses engagées, le Chef de l’Organisation a toutefois tenu à rappeler que « la diplomatie, pour être efficace, exige un contact personnel ».  Il a dit ainsi regretter qu’il ne soit pas possible, cette année, de rassembler les dirigeants du monde entier, notamment ceux des pays en crise ou en conflit, même si plusieurs réunions virtuelles se tiendront avec des chefs d’État dans différents domaines qui sont très pertinents pour l’ONU, a-t-il précisé.

Au-delà des incidences financières, M. Guterres a expliqué qu’il était inenvisageable d’organiser un débat général « live » cette année, dans la mesure où le nombre de chefs d’État et de gouvernement inscrits sur la liste des orateurs, « 160 à 170 », était trop élevé pour un direct échelonné sur une semaine, compte tenu aussi des contraintes impliquées par le décalage horaire.

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