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SC/14332
19 octobre 2020

Déclaration à la presse faite par le Conseil de sécurité sur la Colombie

On trouvera ci-après le texte de la déclaration à la presse faite, aujourd’hui, par le Président du Conseil de sécurité pour le mois d’octobre, M. Vassily A. Nebenzia (Fédération de Russie):

Les membres du Conseil de sécurité ont unanimement réaffirmé qu’ils appuyaient sans réserve le processus de paix en Colombie et ont redit leur volonté de collaborer étroitement avec ce pays pour soutenir globalement l’application de l’Accord de paix final.  Ils se sont félicités de l’attachement manifesté par les deux parties à l’application de cet accord et ont soutenu fermement les efforts complémentaires déployés par la Mission de vérification des Nations Unies en Colombie, qui coordonne ses activités avec l’équipe de pays des Nations Unies.

Les membres du Conseil se sont déclarés vivement inquiets des menaces, des attaques et des meurtres persistants visant des figures de la société civile, notamment des dirigeantes et des chefs des communautés autochtones et afro-colombiennes, ainsi que d’anciens membres des Forces armées révolutionnaires de Colombie-Armée Populaire (FARC-EP) qui avaient déposé les armes durant le processus de paix.  Ils ont préconisé de nouveaux progrès dans l’application du plan d’action relevant du Programme complet de garanties pour les femmes leaders et les défenseuses des droits humains.  Ils ont condamné vivement les meurtres multiples, notamment d’enfants et de jeunes, perpétrés ces derniers mois.  Ils ont noté que la violence se produisait principalement dans les zones où la présence de l’État était limitée et qui étaient le théâtre de conflits opposant des groupes armés illégaux et des organisations criminelles.  Ils ont souligné qu’il importait de faire traduire les responsables de ces actes en justice et ont encouragé tous les acteurs concernés à redoubler d’efforts dans la lutte contre l’impunité, à tenir compte des alertes rapides données par le Bureau du Médiateur, et ont soutenu la Cellule spéciale d’enquête du Bureau du Procureur général.  Ils ont exhorté la Commission nationale des garanties de sécurité à parachever, en partenariat avec la société civile, et à appliquer rapidement une politique publique visant à démanteler tous les groupes armés illégaux.  Ils se sont félicités de l’approbation, par l’Unité spéciale de protection, de mesures de protection supplémentaires concernant les anciens combattants et ont demandé un financement suffisant pour résorber l’arriéré des demandes de protection en cours.

Les membres du Conseil ont salué les mesures prises par le Gouvernement en vue d’accroître l’achat de terrains dans le cadre des anciens secteurs territoriaux de formation et de réintégration.  Ils ont souligné que cela était essentiel en vue d’assurer la viabilité du processus de réintégration et ont mis l’accent à cet égard sur les besoins des ex-combattants qui vivaient hors des anciens secteurs territoriaux.

Les membres du Conseil ont réaffirmé leur plein soutien aux trois composantes du Système intégré pour la vérité, la justice, la réparation et la non-répétition et ont souligné qu’il fallait pleinement en respecter l’indépendance et l’autonomie.  Ils ont noté que la responsabilité assumée expressément par certains à l’égard des crimes commis durant le conflit étaient une mesure positive, pour pouvoir s’acquitter des engagements pris en faveur de la vérité, de la justice et de la réconciliation, comme énoncé dans l’Accord de paix final.  Ils ont engagé toutes les parties au conflit à faire de telles contributions et ont demandé à tous les acteurs de soutenir des activités essentielles au titre des trois composantes.  Ils se sont déclarés à nouveaux disposés à ce que la Mission de vérification joue un rôle pour veiller au respect des peines prononcées par la Juridiction spéciale pour la paix et ont noté qu’il importait de le faire dans les délais.

Les membres du Conseil se sont félicités de l’action menée par les autorités colombiennes pour promouvoir un développement partagé, élément clef d’une paix stable et durable.  Ils ont souligné qu’il importait d’appliquer l’Accord de paix final sous tous ses aspects, notamment la réforme rurale, la participation politique, la lutte contre les drogues illicites, dont les programmes de substitution de cultures, et la justice transitionnelle.  Ils se sont félicités de ce que les redevances minières puissent servir à financer les programmes de développement territorial et ont souligné qu’il importait de prévoir des crédits suffisants pour appliquer l’Accord de paix final dans son ensemble.  Ils ont noté à cet égard que cette application ferait partie intégrante du relèvement de la Colombie à la suite des effets de la COVID-19.

Les membres du Conseil ont formulé à nouveau l’espoir que l’appel du Secrétaire général en faveur d’un cessez-le-feu immédiat global, à la suite de la pandémie de COVID-19, adopté par le Conseil dans sa résolution 2532 (2020), débouche sur une action par toutes les parties en Colombie pour mettre fin à la violence, faciliter une intervention face à la pandémie, et consolider davantage la paix.

Les membres du Conseil, en ce vingtième anniversaire de la résolution 1325 (2000) du Conseil, ont rappelé qu’une attention exemplaire avait été consacrée à la participation des femmes à l’Accord de paix final, ont encouragé tous les acteurs à accélérer l’application de toutes les dispositions liées au genre et ont rendu hommage aux femmes bâtisseuses de la paix en Colombie.

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