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SC/14240
1 Juillet 2020

Déclaration à la presse faite par le Conseil de sécurité sur la Guinée-Bissau

On trouvera ci-après le texte de la déclaration à la presse faite, aujourd’hui, par le Président du Conseil de sécurité pour le mois de juin, M. Christoph Heusgen (Allemagne):

Les membres du Conseil de sécurité se sont félicités de l’action continue menée par la communauté internationale en Guinée-Bissau, en particulier le « Groupe des Cinq » (l’Union africaine, la Communauté des pays de langue portugaise, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, l’Union européenne et l’ONU), en vue de régler la crise politique et institutionnelle, et de son soutien aux efforts nationaux de consolidation de la paix et de réconciliation nationale et, dans ce contexte, ont pris note du fait que la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) avait reconnu, le 22 avril 2020, la victoire d’Úmaro Sissoco Embaló au second tour de l’élection présidentielle tenue en décembre 2019 en Guinée-Bissau.

Les membres du Conseil ont rappelé avec préoccupation les événements ayant conduit à la crise politique et institutionnelle actuelle et ont vivement engagé tous les Bissau-Guinéens à respecter la feuille de route de la CEDEAO et à œuvrer de concert pour l’appliquer sans plus tarder, notamment en nommant un Premier Ministre et en formant un nouveau Gouvernement, dans le plein respect des dispositions de la Constitution et conformément aux résultats des élections législatives de mars 2019.

Les membres du Conseil ont demandé aux autorités bissau-guinéennes de prendre des mesures concrètes pour favoriser la paix, la sécurité et la stabilité dans le pays en réglant la crise politique par un dialogue associant toutes les parties prenantes, en mettant en œuvre des réformes urgentes conformément aux Accords de Conakry du 14 octobre 2016 et à la feuille de route en six points de la CEDEAO, et en accélérant la révision de la Constitution d’une manière conforme à ses dispositions et avec le soutien de la CEDEAO et des partenaires internationaux, selon que de besoin.

Les membres du Conseil ont encouragé la Représentante spéciale du Secrétaire général à continuer d’user de ses bons offices et du pouvoir de mobilisation du Bureau intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix en Guinée-Bissau pour appuyer la concertation politique et la réconciliation nationale et, en étroite coordination avec le Groupe des Cinq, les partenaires internationaux et nationaux concernés, à mettre en place un mécanisme de suivi de la mise en œuvre du programme de réformes, comme indiqué dans les Accords de Conakry.

Les membres du Conseil se sont félicités du rôle positif joué par la Mission de la CEDEAO en Guinée-Bissau dans le maintien de la paix et de la stabilité dans le pays.

Les membres du Conseil ont rappelé les progrès réalisés dans la lutte contre le trafic de drogue en Guinée-Bissau, comme le montraient les importantes saisies réalisées en mars et septembre 2019 et la condamnation des personnes impliquées. Ils ont demandé de nouveau aux autorités bissau-guinéennes de prendre des mesures concrètes afin de garantir la paix, la sécurité et la stabilité en luttant contre le trafic de drogue et la criminalité organisée, qui pouvaient menacer la sécurité et la stabilité en Guinée-Bissau et dans la sous-région.

Les membres du Conseil se sont dits préoccupés par les incidents survenus récemment et ont demandé aux forces de défense et de sécurité de la Guinée-Bissau de s’abstenir de toute ingérence dans le processus politique.

Les membres du Conseil ont demandé à l’ensemble des parties prenantes de s’abstenir de toute action qui pourrait menacer l’ordre constitutionnel et l’état de droit, lesquels étaient essentiels pour la paix, la sécurité et la stabilisation politique en Guinée-Bissau.

Les membres du Conseil ont rappelé à toutes les parties prenantes qu’ils pourraient envisager de prendre les mesures qui s’imposaient pour faire face à l’aggravation de la situation dans le pays.

Les membres du Conseil se sont dits très préoccupés par la menace que représentait la pandémie de maladie à coronavirus (COVID-19) pour la population bissau-guinéenne et ont exhorté les autorités ainsi que tous les acteurs politiques et les institutions étatiques à œuvrer ensemble pour atténuer cette menace.

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