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SC/14175
29 avril 2020

Conseil de sécurité : face à la COVID-19, le Coordonnateur des secours d’urgence réclame davantage de points de passage et de postes frontières pour l’aide humanitaire

Le Coordonnateur des secours d’urgence a déclaré, ce matin, devant le Conseil de sécurité, que la nécessité de se préparer à la pandémie de COVID-19 rend encore plus urgente l’accélération de l’acheminement humanitaire en Syrie, par les postes frontières et les routes franchissant les lignes de conflit.  

COVID-19 oblige, c’est chacun dans sa Mission que les 15 membres du Conseil font leurs déclarations et dialoguent avec leurs invités, grâce à un système de visioconférence spécialement conçu pour eux.  M. Mark Lowcock a indiqué que le nombre de cas confirmés de COVID-19 en Syrie est passé à 43, dont trois morts, tous pour l’instant à Damas et dans ses environs.  On ne peut espérer, a prévenu le Coordonnateur des secours d’urgence, qu’un système de santé décimé par près d’une décennie de guerre soit à la hauteur d’une crise aussi grave même pour les nations les plus riches.  Comment espérer que les mesures d’atténuation fonctionnent quand des millions de personnes vivent dans des camps surpeuplés, sans assainissement ni filet de sécurité ?

Dans le nord-ouest de la Syrie, a-t-il poursuivi, la situation est toujours grave, malgré le répit apporté par le cessez-le-feu annoncé le 6 mars par la Fédération de Russie et la Turquie.  Il est tout simplement impossible d’y maintenir l’échelle et l’ampleur de l’assistance humanitaire sans une opération transfrontalière.   « Il n’y a pas d’alternative  », a martelé le Coordonnateur des secours d’urgence.  Dans le nord-est, l’acheminement de l’aide entre les points de passage à partir de Damas ne comble en rien la pénurie de fournitures médicales qui passaient auparavant par le poste frontière de Yaroubiyé.   C’est d’autant plus alarmant qu’un premier cas de COVID-19 a été confirmé dans le nord-est.

Le Coordonnateur a donc plaidé pour une combinaison d’opérations par les postes frontières et les points de passage.   L’idée que le Conseil de sécurité autorise des voies supplémentaires est toujours valide, a-t-il souligné.  Le Conseil ne peut ignorer l’impact qu’a eu la fermeture de Yaroubiyé, ont souligné l’Allemagne et la Belgique qui, en leur capacité de porte-plumes humanitaires, ont relayé l’appel à davantage de points de passage dans le nord-est de la Syrie.  Les États-Unis ont aussi appelé le Conseil à réfléchir immédiatement à la manière de faciliter l’aide transfrontalière dans l’ensemble de la Syrie, «  quelle que soit la personne qui contrôle le territoire  », notant que la fermeture de Yaroubiyé a entraîné la perte de 40% des fournitures médicales, et ce, avant même la crise de COVID-19. 

 À l’instar de la France, les États-Unis ont également dénoncé le fait que le « régime d’Assad » prenne 90 à 120 jours pour autoriser la livraison des fournitures médicales dans le nord-est, « sans compter que la plupart du temps il rejette tout simplement les demandes d’autorisation  ».  Réduire de deux tiers le nombre des établissements qui reçoivent les fournitures médicales n’est pas un bon moyen de lutter contre la pandémie, ont martelé les États-Unis pour lesquels «  étouffer les flux d’aide à ce moment périlleux échappe à toute logique ».  Ce qui échappe à toute logique, a semblé dire la Syrie, c’est le maintien des mesures coercitives unilatérales qui prive les Syriens des biens de première nécessité et empêchent le système de santé d’accéder aux kits de dépistage et aux traitements nécessaires à la lutte contre la pandémie.  

La levée de ces mesures imposées à 24 millions de Syriens est-elle moins importante que le point de passage de Yaroubiyé? S’est demandé la Syrie.  Pourquoi la France, l’Allemagne et la Belgique n’ont-elles pas réclamé une réunion du Conseil de sécurité sur leur impact? 

La Section des communiqués de presse ne couvre que les déclarations faites en visioconférence dont les textes ont été transmis à temps par la Division des affaires du Conseil de sécurité.

Depuis ma dernière intervention, le nombre des cas confirmés de COVID-19 est passé à 43, dont trois morts en Syrie, a déclaré aujourd’hui le Coordonnateur des secours d’urgence, M. Mark Lowcock, lors de la réunion publique que le Conseil de sécurité a tenue sur la situation humanitaire en Syrie.

COVID-19 oblige, c’et chacun dans sa Mission que les 15 membres du Conseil font leurs déclarations et conversent avec leurs invités, grâce à un système de visioconférence spécialement conçu pour eux.

Le virus, a expliqué le Coordonnateur des secours d’urgence, se comporte comme partout ailleurs et on ne peut espérer qu’un système de santé décimé par près d’une décennie de guerre soit à la hauteur d’une crise aussi grave même pour les nations les plus riches.  Comment espérer que les mesures d’atténuation fonctionnent quand des millions de personnes vivent dans des camps surpeuplés, sans assainissement ni filet de sécurité.  Outre la pandémie, M. Lowcock a parlé de la situation humanitaire dans le nord-ouest, de la question des fournitures médicales dans le nord-est, de la situation à Roukban et des difficultés de l’action humanitaire. 

Les 43 cas de COVID-19, a-t-il précisé, sont tous à Damas et dans les environs.  Si les capacités de dépistage s’améliorent, elles demeurent largement insuffisantes et constituent donc une priorité pour les agents humanitaires. L’évaluation des besoins financiers de la contribution de l’ONU à la lutte contre la pandémie est en cours.  Le coût, a prévenu le Coordonnateur des secours d’urgence s’ajoutera à ceux des besoins humanitaires déjà existants.  Tous les coûts seront présentés dans le Plan global de réponse humanitaire, a-t-il indiqué. Mais déjà, le Programme alimentaire mondial (PAM) a noté que cette dernière année, le prix des biens de première nécessité a augmenté de 100%.

S’agissant du nord-ouest, aucune frappe aérienne n’a été signalée depuis le 6 mars, date de l’annonce du cessez-le-feu par la Fédération de Russie et la Turquie.  Mais des bombardements sporadiques ont tout de même lieu presque tous les jours sur certaines lignes de front, malgré les appels à un cessez-le-feu sur l’ensemble du territoire syrien.  Certaines familles profitent de cette accalmie pour retourner chez elles avant de fuir le prochain cycle des combats.  Ces dernières semaines, a indiqué le Coordonnateur des secours d’urgence, ce sont 135 000 personnes qui sont retournées dans les villes et villages échappant au contrôle du Gouvernement.  Mais elles retournent vers des lieux où les maisons sont détruites tout comme les services essentiels.  Le cessez-le-feu a apporté du répit mais la situation humanitaire est toujours aussi grave.  Le Coordonnateur des secours d’urgence s’est inquiété des taux de malnutrition chez les femmes enceintes et celles qui allaitent.  Quelque 21% d’entre elles sont malnutries, soit quatre fois plus que l’année dernière.

L’opération transfrontalière fonctionne à des niveaux records mais elle ne suffit pas.  La nécessité de se préparer à la pandémie de COVID-19 rend encore plus urgente la nécessité d’intensifier les efforts humanitaires.  La Turquie, a reconnu le Coordonnateur des secours d’urgence, facilite les efforts et les organisations humanitaires ont mis en place des mesures très strictes pour éviter toute contamination.  Aujourd’hui, a prévenu, M. Lowcock, il est tout simplement impossible de maintenir l’échelle et l’ampleur de l’assistance humanitaire dans le nord-ouest sans une opération transfrontalière.  « Il n’y a pas d’alternative », a-t-il martelé.

Il a d’ailleurs expliqué que l’acheminement de l’aide entre les points de passage à partir de Damas vers le nord-est ne parviennent pas à combler la pénurie de fournitures médicales qui passaient auparavant par Yaroubiyé.  Les pénuries s’aggravent, s’est désolé le Coordonnateur des secours d’urgence et c’est d’autant plus alarmant qu’un premier cas de COVID-19 a été confirmé dans le nord-est. Il faut toujours une combinaison d’opérations par les frontières et par les points de passage entre les lignes de front.  L’idée que le Conseil de sécurité autorise d’autres points de passage est toujours valide, a souligné le Coordonnateur des secours d’urgence.

Quant au camp de Roukban, aucun convoi humanitaire n’a pu s’y rendre depuis septembre 2019.  Le Coordonnateur des secours d’urgence a plaidé pour un accès au camp pour fournir une aide mais aussi pour faciliter les départs volontaires.  En 2019, les agences humanitaires et leurs partenaires ont aidé une moyenne de six millions de personnes chaque mois en Syrie.  Or, la COVID-19 et ses ramifications vont fonctionner comme un multiplicateur des besoins.  Le Coordonnateur des secours d’urgence a donc plaidé pour un cessez-le-feu immédiat et complet dans tout le pays, l’acheminement des fournitures médicales qui passaient avant par le point passage de Yaroubiyé et le renouvellement de l’autorisation de traverser la frontière dans le nord-ouest.

Intervenant également au nom de la Belgique, l’Allemagne a fermement condamné l’attentat terroriste à Afrin qui a fait des dizaines de morts parmi les civils.  Après neuf années de conflit, s’est-elle alarmée, près de la moitié des centres de santé du pays sont gravement endommagés ou détruits et plus de six millions de déplacés vivent dans des conditions qui les rendent extrêmement vulnérables à la COVID-19.  L’Allemagne s’est inquiétée de ce que dans les zones contrôlées par le Gouvernement, l’ONU n’a pu mener que 25% des missions humanitaires pour lesquelles elle avait demandé une autorisation.  Trois mois après la fermeture de Yaroubiyé, le niveau de l’aide qui transite par les lignes de front via Damas est très loin d’être adéquat, une situation aggravée par la COVID-19.  Le Conseil ne peut ignorer l’impact qu’a eu la fermeture du point de passage de Yaroubiyé, a souligné l’Allemagne en demandant l’augmentation du nombre des points de passage par-delà les frontières et les lignes de front.  Le Conseil doit notamment envisager de manière urgente d’ouvrir un point de passage dans le nord-est de la Syrie.  L’Allemagne a également salué la recommandation du Secrétaire général de nommer un conseiller indépendant de haut niveau sur les conclusions de la Commission d’enquête.

En sa capacité nationale, elle a dit avoir versé la somme de 22millions d’euros au fonds humanitaire transfrontière pour la Syrie, un instrument clef pour répondre à la situation dans le nord-ouest.

Le Viet Nam a avoué qu’il demeure gravement préoccupé par la situation humanitaire en Syrie.  La nouvelle pandémie de COVID-19 ne fera que retourner le couteau dans la plaie, a-t-il dit craindre, avant d’appeler les parties à pleinement coopérer avec l’ONU et ses partenaires humanitaires pour assurer l’acheminement de l’aide, notamment les fournitures médicales dans le nord-est du pays.  La délégation a également exhorté les parties à répondre à l’appel du Secrétaire général pour un cessez-le-feu national et a appelé la communauté internationale à tout faire pour maintenir l’accès humanitaire.

La France a relevé que le risque de propagation de la pandémie de COVID-19 en Syrie est extrêmement préoccupant, notamment dans le nord-ouest et le nord-est, ajoutant qu’un cessez-le-feu national immédiat et durable est le seul moyen de faciliter la réponse à la COVID-19. 

La France a fermement condamné l’horrible attentat terroriste qui a frappé un marché à Afrin hier.  De nombreuses victimes étaient des civils, dont des enfants, a souligné la délégation devant un acte « déchirant  ».  La France a souhaité que l’appel au cessez-le-feu du Secrétaire général de l’ONU et de son Envoyé spécial soit entendu par toutes les parties syriennes, notamment le « régime ».  Un cessez-le-feu à l’échelle nationale est d’autant plus nécessaire que la mise en œuvre de l’accord russo-turc sur Edleb reste fragile et incertaine, a insisté la France. 

Toutes les parties, en particulier le « régime syrien », doivent garantir un accès humanitaire sûr et sans entrave à toutes les personnes dans le besoin, a plaidé la France qui a jugé que c’est plus que jamais nécessaire pour faciliter la réponse à la COVID-19.  La délégation a appelé au soutien des efforts des agences des Nations Unies et de leurs partenaires pour répondre aux besoins humanitaires de la population et à la pandémie.  Pour sa part, la France a rappelé qu’elle a déjà engagé 4 millions d’euros dans la riposte à la pandémie dans le Nord-Ouest de la Syrie.  En conséquence, le « régime syrien » met 3 à 4 mois pour approuver les livraisons de fournitures médicales en provenance de Damas.  «  C’est inacceptable  », a estimé la délégation.  

La France a en outre regretté qu’aucun accord n’ait pas encore été conclu pour fournir une aide vitale et urgente à des milliers de personnes dans le camp de Roukban.  La délégation a dit rejeter l’instrumentalisation de l’aide humanitaire, avant de rappeler que les sanctions européennes sont des outils pour lutter contre les violations des droits de l’homme et du droit international.  Pour la France, il est clair que « le régime syrien » a systématiquement détruit les infrastructures médicales depuis le début du conflit et continue d’entraver l’accès humanitaire.  Il ne fait donc aucun doute qu’il porte la responsabilité principale de la terrible situation humanitaire, aggravée aujourd’hui par la pandémie de COVID-19. 

Enfin, la France a salué la publication d’un résumé du rapport de la Commission d’enquête, avant de demander que le rapport complet soit transmis à la Commission d’enquête internationale indépendante sur la Syrie et le Mécanisme international, impartial et indépendant chargé de faciliter les enquêtes sur les violations les plus graves du droit international commises en République arabe syrienne depuis mars 2011 et d’aider à juger ceux qui en sont responsables.  

Les États-Unis se sont à leur tour dits préoccupés par la propagation de la COVID-19 en Syrie.  Ils ont dit déplorer fait que l’aide vitale n’atteigne pas les lignes de front, tant dans le nord-ouest que dans le nord-est de la Syrie où les civils, déjà exposés aux maladies et à la privation du fait des déplacements, sont désormais confrontés au fardeau supplémentaire de se protéger d’une pandémie.  La délégation a expliqué que la fermeture du point de passage de Yaroubiyé a non seulement privé l’ONU et les ONG de la capacité d’aider ceux qui en ont le plus besoin; mais elle a également ouvert la voie à la COVID-19 qui ravagera la Syrie si le Conseil ne facilite pas immédiatement l’acheminement d’une aide supplémentaire.  La fermeture de ce point de passage a entraîné la perte de 40% des fournitures médicales dans la région, et ce, avant même la crise de COVID-19.

Les États-Unis ont dénoncé le fait que le Gouvernement syrien prenne 90 à 120 jours pour autoriser la livraison des fournitures médicales dans le nord-est, sans compter que la plupart du temps il rejette tout simplement les demandes d’autorisation.  Réduire de deux tiers le nombre des établissements qui reçoivent les fournitures médicales n’est pas un bon moyen de lutter contre la pandémie, ont martelé les États-Unis.  L’importance et l’urgence de fournir une aide transfrontalière ne peuvent être plus claires et « étouffer les flux d’aide à ce moment périlleux échappe à toute logique ».  Les États-Unis ont appelé le Conseil de sécurité à réfléchir immédiatement à la manière de faciliter l’aide transfrontalière dans l’ensemble de la Syrie, quelle que soit la personne qui contrôle le territoire.

Réagissant à « la campagne de désinformation » menée par le « régime d’Assad » et ses alliés qui prétendent « à tort » que les sanctions américaines sont la principale cause de l’incapacité de riposter à la COVID-19, les États-Unis ont affirmé que c’est le « régime » lui-même, avec le soutien de ses alliés, qui barre l’accès de l’aide aux zones qu’il ne contrôle pas.  Un consensus international existe, ont encore affirmé les États-Unis, sur le fait que le régime d’Assad doit être isolé politiquement, économiquement et diplomatiquement jusqu’à ce qu’il participe de manière significative au processus énoncé dans la résolution 2254.  « La campagne de désinformation du régime » n’est rien d’autre qu’un effort pour saper ce consensus, a estimé la délégation, qui a précisé que les sanctions américaines ne portent en aucun cas sur la fourniture de l’aide humanitaire et alimentaire.  Nous accordons, ont-ils dit, des dérogations et des licences, et ce, depuis de nombreuses années.

La délégation a aussi rappelé qu’elle a directement fourni des fonds pour l’aide humanitaire dans les zones sous régime, notamment près de 18 millions de dollars pour la lutte contre la COVID-19 en Syrie.  Cette somme s’ajoute aux 10,6 milliards de dollars qu’ils ont versés pour aider les Syriens du monde entier.  Si l’aide humanitaire ne parvient pas au peuple syrien, c’est simplement parce que le « régime d’Assad » a choisi d’empêcher son acheminement et certainement pas à cause de la politique américaine, a tranché la délégation.  Elle a souligné que les sanctions resteront en place jusqu’à ce que « les responsables et les profiteurs du conflit » prennent des mesures « irréversibles » pour répondre aux aspirations du peuple syrien, telles que décrites dans la résolution 2254.  Nous sommes prêts, ont conclu les États-Unis, à travailler avec les membres du Conseil pour explorer des options propres à augmenter l’aide transfrontalière en Syrie, y compris par le point de passage de Yaroubiyé.  

La Tunisie a estimé que l’appel au cessez-le-feu de l’Envoyé spécial est un guide pour un effort humanitaire coordonné en Syrie.  Une approche mixte combinant les modalités transfrontalières et les points de passage aux lignes de front est « vitale » pour assurer la fourniture de l’aide humanitaire.  Cette approche, a prévenu la Tunisie, doit être progressive et respecter la souveraineté, l’unité et l’intégrité territoriale de la Syrie, conformément au droit international et aux principes de l’action humanitaire.  Elle a reconnu que la pandémie de la COVID-19 a fortement infléchi la capacité des travailleurs humanitaires à opérer, avec la fermeture de la plupart des postes frontaliers terrestres vers la Syrie, l’accès humanitaire transfrontalier doit donc être revu, en particulier dans le nord-est de la Syrie, afin de maintenir une distribution de l’aide humanitaire, y compris le secours médical.  Cela peut être assuré en étudiant la faisabilité des options aériennes, terrestres et maritimes en collaboration avec le Gouvernement syrien et sur la base de l’évaluation des besoins par l’ONU et ses partenaires, a suggéré Tunis.  C’est important que toutes les parties mettent de côté leurs divergences et facilitent la coopération avec l’ONU à travers les lignes de front, afin de maintenir un accès rapide, sûr, sans entrave et durable aux populations dans le besoin, y compris l’aide médicale.  La Tunisie a demandé la poursuite de la coopération entre le Gouvernement syrien et l’ONU, notamment par le biais de son équipe de pays, pour remédier aux approbations en suspens de l’aide médicale vitale.

L’Indonésie a estimé que la pandémie de COVID-19 ajoute une autre couche de complexité à l’objectif commun de soulager les souffrances du peuple syrien.  La délégation a voulu souligner trois points dont le principal est le fait que toutes les parties, sans exception, doivent mettre en œuvre et respecter un cessez-le-feu immédiat dans tout le territoire syrien.  Deuxièmement, a ajouté l’Indonésie, il faut un accès humanitaire renforcé et durable pour toutes les opérations humanitaires de l’ONU et de ses partenaires dans toutes les régions.  Personne ne peut nier, a martelé l’Indonésie, que c’est la priorité du moment.  Avec les vivres, les abris, l’eau et l’assainissement, les tests et les équipements de protection personnelle sont de la plus haute importance.  L’Indonésie a appelé à une coordination efficace et à une coopération renforcée entre l’ONU, les autres partenaires essentiels et le Gouvernement syrien afin de faciliter l’accès humanitaire.  Troisièmement, face à la COVID-19, le renforcement des laboratoires et l’amélioration du traçage des cas doivent devenir une priorité, a conclu l’Indonésie.  

Le Royaume-Uni s’est dit profondément préoccupé par l’impact potentiellement catastrophique de la COVID-19 en Syrie.  Les 6,2 millions de Syriens déplacés font face à un risque particulièrement grave.  Près de 940 000 d’entre eux vivent dans des conditions épouvantables dans le nord-ouest.  Le Royaume-Uni a rappelé qu’il a fait une annonce de contribution de plus de 900 millions de dollars à la riposte internationale contre la pandémie.   En tant que troisième plus grand donateur humanitaire bilatéral en Syrie, avec plus de 4 milliards de dollars depuis le début du conflit, le Royaume-Uni a dit vouloir que son programme important en Syrie, y compris, bien sûr, dans les zones contrôlées par le « régime » puisse le plus efficacement s’attaquer aux conséquences directes et indirectes de la pandémie.  La prévention est une question humanitaire et non politique, a-t-il souligné.  Aucune partie de la Syrie ne doit être négligée dans les efforts de prévention et de préparation à la propagation potentielle du virus.  Le Royaume-Uni s’est donc dit préoccupé par la situation dans le nord-ouest de la Syrie et a appelé le Conseil de sécurité à mettre de côté ses divergences politiques et permettre à l’ONU d’utiliser tous les moyens pour prévenir une catastrophe sanitaire.

Des années de conflit ayant miné la faculté de la Syrie à faire face à la pandémie de COVID-19, la communauté internationale ne doit pas rester les bras croisés, a souligné la Chine.  Elle a d’ailleurs indiqué que des médecins chinois ont partagé leur expérience avec leurs collègues syriens et qu’elle est prête à poursuivre son aide.  La Chine a appelé les autres pays à faire de même et exhorté les agences humanitaires à intensifier leurs efforts.  La question humanitaire en Syrie, a-t-elle estimé, est liée aux questions politiques, économiques et sécuritaires.  Elle doit être gérée de manière intégrée et impartiale, dans le respect des prérogatives du Gouvernement syrien.  Ce gouvernement, a affirmé la Chine, a fait preuve de la volonté politique nécessaire pour faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire.  Des développements positifs ont été vus dans les opérations transfrontalières lesquelles doivent, a insisté la Chine, respecter pleinement la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Syrie.  En conséquence, une bonne coordination entre l’OCHA et le Gouvernement syrien est capitale.  La Chine a à son tour appelé à la levée des sanctions unilatérales, avant d’insister sur la pleine mise en œuvre de la résolution 2254 et sur un processus politique « dirigé par les Syriens et approprié par les Syriens ».

L’Afrique du Sud a également relevé que la pandémie de COVID-19 ajoute une couche de complexité à une situation humanitaire déjà catastrophique.  Elle a prévenu que la poursuite des hostilités et de la violence entravera l’efficacité de la réponse de l’ONU et du Gouvernement à la pandémie.  La délégation a insisté sur l’importance qu’il y a à minimiser l’impact de la COVID-19 sur les populations vulnérables, notamment celles des camps de réfugiés et de déplacés.  Elle s’est particulièrement dite préoccupée par le sort des personnes âgées ou malades.  La délégation a appelé la communauté internationale à veiller à la disponibilité des tests de dépistage.  Elle a aussi engagé les autorités à assurer un accès sans entrave aux agents humanitaires qui doivent pouvoir travailler dans toute la Syrie.  Insistant sur les opérations transfrontalières, la délégation a estimé que des efforts supplémentaires s’imposent dans le nord-est de la Syrie où la fermeture du point de passage de Yaroubiyé, en janvier dernier, a provoqué des pénuries humanitaires.  L’Afrique du Sud a appelé les parties à déployer tous les efforts pour assurer l’acheminement de l’aide par air, par les frontières terrestres et par les points de passage. 

Saint-Vincent-et-les Grenadines s’est félicité de ce que l’Accord du 6 mars ait mené à une cessation des hostilités significatives dans le nord-ouest qui rend l’appel à un cessez-le-feu national plus pertinent que jamais pour permettre au pays de lutter efficacement contre la pandémie de COVID-19.  Il a salué les efforts de la Syrie pour supprimer le virus, tels que la mise en place de restrictions de voyage et de couvre-feux.  Il a appelé à un équilibre entre le maintien de ces mesures nécessaires et l’intensification et la préservation d’une réponse humanitaire vitale.  Un accès rapide, sûr, durable et sans entrave dans tout le pays reste essentiel, a- t-il insisté.  

La délégation a aussi appelé à la levée des mesures économiques coercitives unilatérales, précisant qu’il est de la responsabilité du Conseil de sécurité de veiller à ce que chaque pays soit en mesure de lancer une riposte efficace et robuste au COVID-19.  Tout succès dans le combat contre ce virus est une victoire pour toute la communauté internationale, a-t-il estimé avant de noter qu’il est de notre « intérêt collectif » de veiller à ce que nous disposions de tous les outils nécessaires pour y faire face.  

Le pays a salué, à son tour, le rapport de la Commission d’enquête et a dit attendre la nomination du conseiller indépendant principal pour donner suite aux recommandations du Conseil.  Il a jugé essentiel que le mécanisme de déconfliction soit amélioré.  Il a exhorté toutes les parties à respecter les principes fondamentaux du droit de la guerre et prévenu que prendre pour cible des infrastructures civiles et humanitaires est une violation du droit international humanitaire.  La situation humanitaire en Syrie nécessite une action urgente et le redressement général du pays a besoin du soutien de l’ensemble de la communauté internationale, a souligné Saint-Vincent-et-les Grenadines. 

La République arabe syrienne a déclaré que les efforts déployés par la communauté internationale pour répondre à la pandémie de COVID-19 font face aux mêmes dilemmes que tout le travail humanitaire de l’ONU en Syrie, à savoir la politisation et la promotion des orientations politiques de certains aux dépens des principes du droit international et de l’humanité.  La délégation a dénoncé le fait qu’alors que le Secrétaire général et de nombreuses organisations de l’ONU réclament la levée des mesures coercitives unilatérales imposées à près de deux milliards de personnes dans le monde, pour faciliter la réponse à la COVID-19, les États-Unis et leurs alliés de l’Union européenne cherchent à purger propositions, initiatives et résolutions de tout libellé appelant à cette levée.  La délégation a déploré que les gouvernements qui imposent ces mesures n’aient pas répondu aux nombreux appels de la Syrie contre ces mesures.  L’Administration américaine s’est contentée de publier une fiche d’information remplie «  d’allégations qui n’ont rien à voir avec la réalité  ». 

De quelle situation humanitaire parle-t-on aujourd’hui? a poursuivi la délégation syrienne.  La levée des mesures coercitives imposées à 24 millions de Syriens est-elle moins importante que le point de passage de Yaroubiyé, dont certains membres du Conseil et le bureau «  hostile » d’OCHA à Gaziantep ont fait une question cruciale?  Pourquoi la France, l’Allemagne et la Belgique n’ont-elles pas réclamé une réunion du Conseil de sécurité sur l’impact des mesures coercitives sur les Syriens ?  Il semble que les porte-plumes de l’Allemagne et de la Belgique ne leur servent qu’à écrire ce que leur dictent leurs alliés de l’OTAN. 

La délégation a insisté sur la levée « immédiate et sans condition » des mesures coercitives unilatérales que certains gouvernements utilisent comme arme dans leur «  guerre sale  » contre la Syrie.  Ces mesures privent les Syriens de leurs biens de première nécessité et empêchent le système de santé d’accéder aux kits de dépistage et aux traitements nécessaires à la lutte contre la pandémie.  La délégation a pointé le doigt sur « l’inefficacité » des rapports du Secrétariat de l’ONU qui, a-t-elle affirmé, n’osent pas répondre aux parrains du terrorisme.  Les rapports ne mentionnent ni les violations de l’occupant turc, ni les destructions causées par la Coalition internationale à Raqqa et encore moins les obstacles auxquels se heurte le Croissant-Rouge syrien. 

Le Secrétariat, a encore accusé la délégation, ne dit rien sur le fait que les forces d’occupation américaines et « leur groupe terroriste »,  Maghawir Al-Thawra, refusent de mettre un terme aux souffrances des déplacés dans le camp de Roukban.  Le refus des pays européens de rapatrier les combattants terroristes étrangers est passé sous silence, de même que la destruction du village d’Al-Sharkrak par les forces d’occupation turques.  L’ensemble des 66 rapports d’OCHA sont biaisés et manquent de crédibilité, « un vrai gaspillage de temps, d’efforts et de ressources », a tranché la délégation. 

La Section des communiqués de presse ne couvre que les déclarations faites en visioconférence dont les textes ont été transmis à temps par la Division des affaires du Conseil de sécurité.

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