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SC/14163
17 avril 2020

Déclaration à la presse faite par le Conseil de sécurité sur la Colombie

On trouvera ci-après le texte de la déclaration à la presse faite, aujourd’hui, par le Président du Conseil de sécurité pour le mois d’avril, M. José Singer Weisinger (République dominicaine):

Les membres du Conseil de sécurité ont réaffirmé leur appui plein et unanime au processus de paix en Colombie, ainsi que leur détermination à coopérer étroitement avec ce pays pour progresser dans l’application de l’Accord de paix final.  Ils se sont félicités que les deux parties demeurent résolues à avancer dans cette voie et ont dit soutenir résolument l’action complémentaire menée par la Mission de vérification et l’équipe de pays des Nations Unies.  Ils ont souligné qu’il importait que la communauté internationale demeure étroitement associée à ce processus.

Les membres du Conseil se sont félicités du lancement du plan d’action s’inscrivant dans le cadre du Programme complet de garanties pour les femmes leaders et les défenseuses des droits humains, et se réjouissent à la perspective de sa mise en œuvre.  Ils se sont de nouveau déclarés vivement préoccupés par les menaces, les attaques et les assassinats qui continuent de viser ces femmes, de même que les figures de la société civile, y compris celles des communautés autochtones et afro-colombiennes, et les anciens membres des FARC-EP.  Ils ont demandé une nouvelle fois que des mesures efficaces soient prises pour traduire en justice les auteurs de tels actes et améliorer la sécurité, notamment le renforcement d’une présence intégrée de l’État alliant autorités civiles et forces de sécurité et la mise en œuvre du Programme global de sécurité et de protection en faveur des populations locales et des organisations territoriales.  Ils ont demandé instamment que la Commission nationale des garanties de sécurité se réunisse régulièrement et que des progrès soient réalisés dans l’élaboration, en partenariat avec la société civile, d’une politique publique visant à démanteler les groupes armés illégaux, qui prévoie notamment des mesures destinées à lutter contre le recrutement d’enfants.  Ils ont salué les initiatives prises par le Gouvernement pour protéger plus efficacement les anciens membres des FARC-EP vivant à l’intérieur et à l’extérieur des anciens secteurs territoriaux de formation et de réintégration.

Les membres du Conseil se sont félicités que le Gouvernement ait approuvé des projets d’activités génératrices de revenus supplémentaires et que la grande majorité des anciens membres des FARC-EP demeurent attachés au processus de paix.  Ils ont demandé instamment que l’accent soit davantage mis sur la pérennisation du processus de réintégration, grâce à une étroite collaboration avec la population locale et au règlement des questions en suspens, à savoir l’accréditation, les terres destinées à l’exécution des projets d’activités génératrices de revenus et les besoins des ex-combattantes et des femmes vivant en dehors des anciens secteurs territoriaux de formation et de réintégration.  Ils ont salué le travail accompli par la jeunesse colombienne pour favoriser la paix et la réconciliation, y compris la réintégration des ex-combattants.

Les membres du Conseil se sont félicités des efforts déployés par les autorités colombiennes pour promouvoir un développement inclusif, élément important d’une paix stable et durable.  Ils ont souligné qu’il importait de mettre en œuvre tous les aspects de l’Accord de paix final, notamment ceux qui ont trait à la réforme rurale, à la participation à la vie politique, à la lutte contre les drogues illicites, y compris les programmes de substitution des cultures, et à la justice transitionnelle.  Ils ont préconisé que les parties s’emploient à surmonter leurs divergences par le dialogue, notamment en tirant pleinement parti des mécanismes établis à cette fin.  Ils ont souligné le rôle central que jouaient les autorités colombiennes à tous les niveaux dans la mise en œuvre de l’Accord, notamment par l’intermédiaire des programmes de développement territorial, dont l’exécution progressait grâce à une forte mobilisation du Gouvernement et à la participation des populations locales et qui bénéficiaient de la coordination avec d’autres programmes de paix.  Ils se sont félicités des efforts déployés par les autorités départementales et locales, y compris celles nouvellement élues, pour intégrer la mise en œuvre de l’Accord dans leurs plans de développement.

Les membres du Conseil ont réaffirmé leur plein appui aux trois composantes du Système intégré pour la vérité, la justice, la réparation et la non-répétition, et les ont encouragées à continuer de progresser dans le travail essentiel qu’elles menaient.  Ils ont souligné que ces entités devaient pouvoir œuvrer de manière indépendante et autonome, et que les personnes qui se présentaient devant elles devaient réellement contribuer à la vérité afin que justice puisse être rendue aux victimes.

Les membres du Conseil ont pris acte de la difficulté supplémentaire que représentait la pandémie de COVID-19.  Ils se sont félicités de l’assurance donnée par les autorités colombiennes que les efforts de mise en œuvre de la paix seraient maintenus, et des mesures prises conjointement par les parties pour prévenir la propagation du virus parmi les anciens membres des FARC-EP et assurer le maintien de la prestation de services vitaux à cette population.  Ils ont pris acte du cessez-le-feu unilatéral actif déclaré par l’Armée de libération nationale pour le mois d’avril en réponse à l’appel du Secrétaire général, et ont dit espérer que son observation, y compris la cessation des menaces et des violences par tous les éléments du groupe, faciliterait l’application de ces mesures et des autres initiatives visant à faire face à la pandémie dans les zones touchées par le conflit.  Ils ont exprimé leur plein appui aux efforts déployés par la Mission de vérification et l’équipe de pays pour faire face à ce défi. 

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