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MER/2122
4 février 2020
Soixante-quatorzième session, Réunion préparatoire à la Conférence sur les océans, Matin & après-midi

Coup d’envoi de la réunion préparatoire de la Conférence des Nations Unies sur les océans de 2020 qui se tiendra à Lisbonne en juin

Ce matin a marqué le démarrage des travaux de la réunion préparatoire de la deuxième Conférence des Nations Unies sur les océans.  Comme en 2017, l’édition 2020 a pour mission d’appuyer les efforts entrepris pour atteindre l’objectif de développement durable no 14: conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines aux fins du développement durable.  Cette conférence aura lieu du 2 au 6 juin, à Lisbonne.  Elle est organisée conjointement par les Gouvernements du Kenya et du Portugal.

La Conférence sur les océans constitue l’un des premiers jalons de la Décennie d’action pour atteindre les objectifs de développement durable, lancée par le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres.  Elle devra contribuer à trouver des solutions innovantes fondées sur la science afin d’ouvrir un nouveau chapitre de l’action mondiale en faveur des océans.  En effet, c’est un appel à une action d’urgence qui a été lancé aujourd’hui pour améliorer la « santé des océans ». 

Cette conférence s’inscrit directement dans le cadre de la réalisation des 17 objectifs de développement durable (ODD) à l’horizon 2030, un point soulevé par la plupart des délégations pour lesquelles la santé des océans a un impact direct sur la plupart des autres objectifs.  Comme l’a dit l’Envoyé spécial du Secrétaire général pour les océans, M. Peter Thomson, d’une part, les océans sont malades, et d’autre part, la science des océans reste très imparfaite.  Et pourtant, a remarqué l’Union européenne, l’un des prérequis de toute économie bleue durable est d’avoir des océans propres et sains.

La montée du niveau des mers, la pollution plastique marine, le réchauffement des océans qui deviennent de plus en plus acides, ainsi que la surexploitation des stocks de poissons sont autant de défis urgent auxquels la communauté internationale doit faire face, a fait remarquer l’un des deux cofacilitateurs du processus préparatoire et des négociations sur le texte de la déclaration de la Conférence sur les océans de 2020, M. Martin Bille Hermann (Danemark), pour souligner l’ampleur du problème. 

Les océans produisent la moitié de l’oxygène que nous respirons et nourrissent 3,2 milliards de personnes.  En outre, près de 350 millions d’emplois sont liés au secteur de la pêche.  Alors comment rester les bras croisés en particulier devant les 8 millions de tonnes de déchets plastiques déversés chaque année dans les océans, s’est indigné le Président de l’Assemblée générale, M. Tijjani Muhammad-Bande, en rappelant à quel point la vie sous les mers et la vie sur terre sont « symbiotiques ».  À ce rythme, il y aura plus de plastique que de poissons dans les océans d’ici à 2050, a renchéri la délégation des Maldives.

C’est d’autant plus alarmant qu’il ne reste plus à prouver que les océans, les mers et les ressources marines sont essentiels pour le développement durable.  Ils sous-tendent la lutte contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire ainsi que le bien-être des humains et de la planète en jouant notamment un rôle de régulateur du climat mondial.  Dès lors il faut plus d’approches innovantes, entrepreneuriales et basées sur la science pour nous rapprocher de l’objectif 14, a dit le cofacilitateur danois, en vue de permettre la restauration et la protection des océans et des écosystèmes côtiers. 

Même si de nombreuses mesures ont été prises depuis la première Conférence sur les océans en 2017, les progrès sont inégaux entre les pays et les régions, a constaté l’autre cofacilitateur, Mme Ngedikes Olai Uludong (Palaos).  Les progrès se font en fonction de l’accès non seulement à la science et à l’innovation, mais aussi aux financements et à la coopération interdisciplinaire et intersectorielle.  Un autre obstacle majeur à la réalisation de l’objectif 14 est, selon elle, la collecte insuffisante de données marines et les déficiences dans leur ventilation.  C’est la raison pour laquelle l’édition 2020 de la Conférence sur les océans a opté pour le thème « Intensification de l’action fondée sur la science et l’innovation aux fins de la mise en œuvre de l’objectif 14: bilans, partenariats et solutions ».

Les délégations attendent un document final ambitieux et fort pour aller de l’avant dans l’action marine.  Elles ont fait leurs les huit thèmes proposés par le Secrétaire général pour les dialogues interactifs de la Conférence.

La réunion préparatoire se poursuivra demain, mercredi 5 février, à 10 heures, pour discuter des éléments d’une déclaration, convenue au niveau intergouvernemental, « brève et concise, orientée vers l’action et mettant clairement l’accent sur les domaines d’action reposant sur la science et l’innovation qui favorisent la réalisation de l’objectif 14 ».

RÉUNION PRÉPARATOIRE À LA CONFÉRENCE DES NATIONS UNIES DE 2020 VISANT À APPUYER LA RÉALISATION DE L’OBJECTIF DE DÉVELOPPEMENT DURABLE NO 14: CONSERVER ET EXPLOITER DE MANIÈRE DURABLE LES OCÉANS, LES MERS ET LES RESSOURCES MARINES AUX FINS DU DÉVELOPPEMENT DURABLE (A/RES/73/292, A/74/630)

Déclarations d’ouverture

Mme NGEDIKES OLAI ULUDONG (Palaos), en qualité de cofacilitateur du processus préparatoire et des négociations sur le texte de la déclaration de la Conférence sur les océans de 2020, a encouragé toutes les parties prenantes à enregistrer de nouveaux engagements volontaires pour contribuer au succès de la Conférence 2020.  Si 2020 a été qualifiée de « super-année » pour la nature, l’Ambassadrice a rappelé que « nous sommes tous sur un même canoë naviguant vers des océans viables et durables ».  Elle a comparé le processus de cette deuxième conférence à une « rame puissante mais une rame moins avancée que les autres rames », à savoir les processus de la Convention sur la diversité biologique et du Comité préparatoire à l’élaboration d’un instrument international juridiquement contraignant sur la biodiversité marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale (le « BBNJ »).  Cependant, les cofacilitateurs comptent sur toutes les parties prenantes à ce processus pour « hisser les voiles » avec leur soutien.

M. MARTIN BILLE HERMANN (Danemark), le deuxième cofacilitateur du processus préparatoire et des négociations sur le texte de la déclaration de la Conférence sur les océans de 2020, a mis l’accent sur l’urgence mondiale à laquelle les océans font face: le niveau des mers monte, la pollution plastique augmente, les océans se réchauffent et deviennent de plus en plus acides, et pendant ce temps, les stocks de poissons sont surexploités.  Pourtant les océans, les mers et les ressources marines sont essentiels pour le développement durable et le Programme de développement à l’horizon 2030 dans sa totalité.  Ils sous-tendent la lutte contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire ainsi que le bien-être des humains et de la planète puisqu’ils réglementent notamment le climat mondial.  Or l’acidification, la désoxygénation et le réchauffement des océans ont des conséquences de plus en plus néfastes en particulier sur leurs ressources, a relevé le cofacilitateur.

Dès lors, M. Hermann a appelé à prendre conscience de l’urgence qu’il y a à agir, et à agir résolument pour réussir le défi de l’objectif 14 de développement durable (ODD 14).  Il faut plus d’approches innovantes, entrepreneuriales et basées sur la science pour nous rapprocher de cet objectif, a-t-il dit, en vue de permettre la restauration et la protection des océans et des côtes.  Il a espéré que tous les États Membres étaient venus préparés à la réunion d’aujourd’hui et de demain, avec des idées concrètes et ambitieuses. 

Même si de nombreuses mesures ont été prises depuis la première Conférence sur les océans en 2017, les progrès sont inégaux entre les pays et les régions, a rappelé Mme ULUDONG: les progrès se font en fonction de l’accès non seulement à la science et à l’innovation, mais aussi aux financements et à la coopération interdisciplinaire et intersectorielle.  Elle a mis en exergue la collecte insuffisante de données et des déficiences dans leur ventilation en tant qu’obstacle majeur à la réalisation de l’objectif 14 de développement durable.  C’est la raison pour laquelle la Conférence sur les océans de 2020 a opté pour le thème « Intensification de l’action fondée sur la science et l’innovation aux fins de la mise en œuvre de l’objectif 14: bilans, partenariats et solutions ».

La science est essentielle pour lever les défis de l’ODD 14, et cette année, nous avons l’opportunité de transformer les défis en possibilités à saisir, en redoublant d’efforts dans différents domaines et en misant sur la science, l’accès aux données pertinentes et l’innovation.  Les cofacilitateurs comptent sur l’engagement constructif des toutes les parties prenantes: États Membres, société civile, milieu académique, secteur privé, communauté scientifique et organisations philanthropiques. 

M. TIJJANI MUHAMMAD-BANDE, Président de la soixante-quatorzième session de l’Assemblée générale, a rappelé que les océans produisent la moitié de l’oxygène que nous respirons et nourrissent 3,2 milliards de personnes.  En outre, près de 350 millions d’emplois sont liés au secteur de la pêche.  Fort de ces données, il a appelé à atteindre, en 2020, les différentes cibles de l’objectif 14 de développement durable (ODD 14), voyant dans cette conférence l’occasion d’intensifier les actions à cette fin.  Rappelant à quel point la vie sous les mers et la vie sur terre sont « symbiotiques », le Président a indiqué que 8 millions de tonnes de plastique sont déversées dans les océans chaque année.  La déclaration ministérielle adoptée l’an dernier appelle à la réduction des produits plastiques à usage unique, a-t-il rappelé à cet égard, en invitant à s’appuyer sur ce texte pour agir.  Il a aussi fait remarquer que la montée du niveau de la mer causée par les changements climatiques pose une menace existentielle à l’humanité, avant d’appeler à une transition vers une nouvelle économie verte pour y remédier. 

« Nous avons les outils pour éviter toute destruction supplémentaire et préserver les océans pour les prochaines générations », a assuré le Président.  Il a demandé une mise en œuvre accélérée des engagements volontaires pris en 2017 dans le cadre de la Conférence sur les océans et exhorté les États Membres à présenter des engagements plus ambitieux encore pour la conférence de juin.  Cela passe aussi par un renforcement des capacités des pays pour faire en sorte qu’ils soient plus à même de faire respecter le droit international, a-t-il expliqué.  Le Président s’est dit confiant que les négociations seront constructives, en vue d’aboutir à une déclaration présidentielle concise et axée sur l’obtention de résultats.  « Il est temps d’agir. »

Pour le Ministre de la mer du Portugal, M. RICARDO SERRÃO SANTOS, dont le pays est coorganisateur et hôte de la Conférence sur les océans de 2020, cette réunion est une étape importante sur la route vers la deuxième Conférence sur les océans.  Il s’agit d’examiner les thèmes proposés pour les dialogues interactifs et de planter le décor de cette conférence.  Comme l’a dit le Secrétaire général, « les peuples du monde ne veulent pas de demi-mesures et de promesses vides de sens.  Ils souhaitent un changement. »  Or les efforts en faveur de l’objectif 14 de développement durable (ODD 14) sont insuffisants, a remarqué le Ministre, en soulignant l’urgence qu’il y a à agir.  Il s’agit selon lui de renforcer la coopération à tous les niveaux et de veiller à la mise en œuvre de l’ODD 14 à travers des mesures transformatives.  La communauté internationale semble prête et l’élan est là, s’est-il félicité.

La science et l’innovation jouent des rôles essentiels et transversaux pour tous les dialogues interactifs, a-t-il noté, tout comme le renforcement de la coopération notamment pour la collecte et le traitement de données pertinentes.  Le Ministre a également mis l’accent sur l’importance du transfert de technologies marines.  À ses yeux, la priorité accordée par les cofacilitateurs sur des politiques axées sur la science et l’innovation est un signe prometteur.  Il espère que cette négociation produira un document qui apporte de la valeur ajoutée aux autres processus intergouvernementaux dans ce domaine. 

Deux des principaux moteurs des objectifs de développement durable (ODD) sont la consommation et la production durables et l’équité, a rappelé le Ministre, pour lequel ces éléments doivent être repris dans le texte de la future déclaration.  Notant que les ODD rappellent que la justice environnementale va de pair avec la justice sociale, il a insisté sur la participation sur un pied d’égalité de toutes les parties prenantes à tous les processus internationaux et intergouvernementaux.

La Conférence et ses documents finaux doivent être suffisamment forts pour garantir leur impact au-delà de 2020, a souhaité le Ministre, en mettant en exergue la notion de responsabilité mondiale.  Le Portugal restera aux avant-postes du plaidoyer en faveur de mesures transformatives pour l’utilisation durable des océans, a-t-il assuré.

Le Secrétaire principal à la pêche, à l’aquaculture et à l’économie bleue du Kenya, M. MICHENI J. NTIBA, dont le pays est coorganisateur de la Conférence sur les océans de 2020, a fait valoir que son pays est le champion d’une utilisation durable des ressources marines.  La première Conférence sur les océans de 2017 a changé la donne et abouti à un appel à agir, a-t-il rappelé.  En ce qui concerne la prochaine conférence, il a estimé qu’elle devrait permettre de conduire à l’adoption des mesures nécessaires pour préserver les océans et d’approfondir les résultats engrangés en 2017.  M. Ntiba a rappelé que les engagements volontaires pris par le passé, comme à Nairobi ou encore à Oslo, n’ont pas été honorés.  « Agissons pour les océans », a-t-il lancé.

M. Ntiba a souhaité que l’accent soit mis sur la science des océans lors de la prochaine conférence en vue de réaliser les cibles de l’objectif 14 du Programme de développement durable à l’horizon 2030.  Il a mentionné diverses initiatives prises récemment, dont la réunion organisée en 2019 à Mombasa sur la pêche illégale dans l’océan Indien.  Enfin, il a plaidé pour des démarches régionales afin de relever les défis liés aux océans.  « Faisons de la conférence de Lisbonne un succès pour le bien de l’humanité », a-t-il exhorté.

M. STEPHEN D. MATHIAS, Sous-Secrétaire général aux affaires juridiques, a assuré que les dispositions organisationnelles et autres sont traitées par le Secrétariat de l’ONU, grâce à la coordination assurée par le Département des affaires économiques et sociales (DESA), en coopération avec le Département des affaires juridiques.  Il a rappelé que M. Liu Zhenmin, Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales, a été nommé Secrétaire général de la Conférence 2020 sur les océans, alors que M. Miguel de Serpa Soares, Secrétaire général adjoint aux affaires juridiques, a été nommé Conseiller spécial des présidents de la Conférence pour les questions juridiques. 

M. Mathias a ensuite fait une synthèse de la note de fond publiée par le Secrétaire général sous la côte A/74/630, notamment sur les huit thèmes retenus pour les dialogues interactifs et les possibilités de nouveaux partenariats à développer.  Cette note n’a pas l’ambition d’être exhaustive et doit être lue parallèlement avec les autres rapports du Secrétaire général sur les océans, le droit de la mer et d’autres publications pertinentes du système des Nations Unies, a-t-il précisé.

S’agissant des préparatifs logistiques de la Conférence, M. Mathias a indiqué que M. Liu Zhenmin, en tant que Secrétaire général de la Conférence, a mis en place une équipe interdépartementale qui supervise et coordonne les arrangements logistiques de cette conférence.  Un site Internet de la Conférence 2020 a été mis en place par DESA (www.un.org/oceanconference).  Ce site, qui regroupe les informations clefs et présente le logo officiel de la Conférence, sera disponible dans toutes les langues officielles de l’ONU. 

Pour faciliter l’accréditation et l’enregistrement de toutes les catégories de participants à la réunion préparatoire et à la Conférence, le Secrétariat a mis en place des procédures expliquées dans la section « Participer » du site Internet.  À ce jour, 174 organisations ont été accréditées, et un deuxième cycle d’accréditation est ouvert jusqu’au 10 mars 2020.  Au-delà de cette date, le Secrétariat tiendra des réunions informelles avec les États Membres sur toutes les questions d’ordre logistique et organisationnelles, jusqu’à la tenue de la Conférence en juin. 

M. PETER THOMSON, Envoyé spécial du Secrétaire général pour les océans, a plaidé pour que « l’inclusion » soit la marque de fabrique de la prochaine conférence.  Pollution, pêche intensive, acidification, désoxygénation et réchauffement sont les défis à relever s’agissant des océans, les trois derniers étant les plus complexes, a-t-il souligné.  Les océans sont malades, a-t-il dit, tandis que la science des océans est très imparfaite.  Il a aussi souhaité évoquer les éléments positifs, notamment le fait qu’une révolution verte est en cours, avec un recours accru à des combustibles moins polluants, comme il a pu le constater récemment à Davos.  Le monde de la finance et celui des porteurs de projets n’arrivent pas à communiquer, a-t-il regretté, ajoutant que la Conférence essaiera précisément d’y remédier, au service de l’économie bleue.  « Science, planification, finance », voilà les trois axes à suivre, a-t-il dit.  « 2020 est une année cruciale. »  Enfin, il a rappelé que « si nous prenons soin des océans, alors les océans prendront soin de nous ».

Discussion sur les thèmes des dialogues interactifs

Après la séance d’ouverture de la réunion préparatoire, les participants se sont penchés sur les huit thèmes proposés par le Secrétaire général pour les dialogues interactifs de la Conférence 2020 qui sont les suivants: Remédier à la pollution marine (cible 14.1); Gérer, protéger, conserver et restaurer les écosystèmes marins et côtiers (cibles 14.2 et 14.5); Réduire au minimum l’acidification des océans et y remédier (cible 14.3); Rendre la pêche durable et permettre aux petits pêcheurs artisanaux d’avoir accès aux ressources et aux marchés marins (cibles 14.4, 14.6 et 14.b); Assurer le développement et le renforcement d’économies océaniques durables, en particulier pour les petits États insulaires en développement et les pays les moins avancés (cible 14.7 et autres cibles applicables); Approfondir les connaissances scientifiques et renforcer les moyens de recherche et le transfert de techniques marines (cible 14.a); Améliorer la conservation et l’utilisation durable des océans et de leurs ressources en appliquant les dispositions du droit international énoncées dans la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (cible 14.c); Tirer parti des liens entre l’objectif 14 et les autres objectifs aux fins de la mise en œuvre du Programme 2030.

Les délégations ont pleinement soutenu le thème général de la Conférence « Intensification de l’action fondée sur la science et l’innovation aux fins de la mise en œuvre de l’objectif 14: bilans, partenariats et solutions », ainsi que les huit thèmes proposés pour les dialogues interactifs qui reflètent les différents aspects et les cibles de cet objectif.  Elles ont dit attendre de ces dialogues qu’ils permettent des échanges fructueux, la Conférence de 2020 devant être l’occasion de tirer certains bilans et d’intensifier l’action en favorisant toujours plus de partenariats multipartites.  Il faudra étendre et en répliquer les partenariats existants et en promouvoir de nouveaux. 

Plusieurs délégations ont mis en exergue les nombreux liens qui existent entre l’objectif 14 et les autres ODD comme, par exemple, l’ODD 13, qui porte sur la lutte contre les changements climatiques.  En effet, la résilience des écosystèmes marins est particulièrement affectée par les effets des changements climatiques.  S’agissant de l’ODD 7, l’océan peut être une source de plusieurs énergies propres, comme l’énergie éolienne offshore, l’énergie thalasso-thermique et l’énergie houlomotrice, ont souligné notamment l’Estonie et Monaco.  Compte tenu de ces liens, le Canada a suggéré que d’autres ODD soient intégrés dans tous les dialogues interactifs lors de la conférence de Lisbonne.  D’autres, comme l’Indonésie, ont attiré l’attention sur la question de la viabilité des économies océaniques et sur l’importance des transferts de technologies marines dans ce contexte. 

Si l’objectif commun est de parvenir à une gouvernance mondiale holistique et durable des océans, les délégations ont validé le lien évident qui existe avec la science et l’innovation pour pouvoir développer des approches pertinentes sur la base de données fiables.  « L’océan ne doit pas être un nouveau champ de bataille pour une nouvelle exploitation intensive », a prévenu la représentante de la Suède, après avoir mis l’accent sur l’importance des données scientifiques pour mieux comprendre la conjugaison de toutes les pollutions et tous les phénomènes qui menacent la durabilité de nos océans.

À ce sujet, les Maldives ont tiré la sonnette d’alarme en rappelant les dangers des déchets d’origine plastique pour la durabilité des océans: « nous en rejetons 8 millions de tonnes par an et, à ce rythme, les océans contiendront plus de plastique que de poissons en 2050 », a affirmé la représentante, alors que son homologue de la Finlande a mis en garde contre l’impact climatique sur l’Antarctique.  Compte tenu de la situation alarmante des océans, Malte a réitéré son plaidoyer pour que les fonds marins deviennent un héritage commun de l’humanité. 

Discussion sur les éléments d’une déclaration, convenue au niveau intergouvernemental, brève et concise, orientée vers l’action et mettant clairement l’accent sur les domaines d’action reposant sur la science et l’innovation qui favorisent la réalisation de l’objectif 14

Cet après-midi, les discussions ont porté sur les éléments à incorporer dans le document final de la Conférence sur les océans, une déclaration qui se veut brève et concise.  Parmi les domaines d’action prioritaires à refléter dans la déclaration, le Groupe des 77 et de la Chine a cité le rôle important des océans pour le climat mondial, la lutte contre la pauvreté et la sécurité alimentaire.  Cette déclaration doit notamment mettre en exergue l’état actuel de l’environnement marin à cause des pressions anthropiques notamment qui induisent des niveaux de stress insoutenables pour les océans, les mers et les ressources marines.  L’issue de la Conférence devra élargir les horizons de la recherche scientifique marine en vue d’aider les pays à exploiter de manière durable les ressources marines.  Compte tenu du fait que les pays en développement ne sont pas sur un pied d’égalité avec le monde développé, il faut que cette déclaration mette également l’accent sur l’importance de la coopération et des transferts de technologies. 

L’Union européenne a regretté l’insuffisance des mesures pour la mise en œuvre de l’ODD 14, alors que des océans propres et sains sont un prérequis pour toute économie bleue.  À cet effet l’Allemagne a proposé de se concentrer dans un premier temps sur des zones marines protégées et la coopération transfrontière et intersectorielle, tandis que le Japon a appelé à intégrer dans la déclaration un appel à tous les pays du monde pour unir leurs efforts en vue de réduire à zéro la pollution plastique marine d’ici à 2050 par le biais de solutions novatrices.  Plus de 50 pays se sont déjà approprié cette vision qui doit devenir un engagement mondial, a rappelé le représentant japonais.  Ce souci a été partagé par la Finlande pour laquelle la déclaration doit aussi demander une évaluation des effets cumulés de ce fléau sur les écosystèmes océaniques et braquer les projecteurs sur l’importance des données marines et leur partage.

Pour la République de Corée, la pêche illégale non déclarée et non réglementée représente un domaine d’action prioritaire, car elle exerce une lourde pression sur la viabilité de la pêche en général.  La déclaration devra adopter une position ferme et appeler à renouveler l’engagement international pour appliquer la législation existante dans ce domaine, a plaidé la délégation.

Une économie bleue durable nécessitera une transformation de la relation qui existe entre l’humanité et les océans, a ajouté la représentante de l’Australie.  Le Canada a encouragé les partenariats dans ce domaine, notamment avec les populations autochtones. 

Pour Monaco, cette déclaration devrait souligner les liens entre l’océan et les changements climatiques, ainsi que le lien essentiel entre la science et la prise de décisions.  Justement, en vue d’assurer une meilleure prise de décisions et d’adopter des solutions novatrices adaptées à une action océanique efficace et performante, la Nouvelle-Zélande a suggéré que la déclaration mette l’accent sur la valeur des mécanismes existants pour une évaluation mondiale des océans.  Il faut aussi, a ajouté la délégation néo-zélandaise, que la déclaration encourage les principes d’économie circulaire. 

À l’instar de l’Australie, certaines déclarations ont demandé que la déclaration appelle à redoubler d’efforts pour atteindre les cibles de l’ODD 14 qui devaient être atteintes en 2020. 

De leur côté, si les États-Unis ont soutenu l’approche visant à parvenir à une déclaration consensuelle et concise, ils ont fait remarquer qu’à la lumière des déclarations de cet après-midi, il sera difficile d’arriver à une déclaration brève qui se limiterait à l’ODD 14.  Dès lors, la délégation américaine a appelé les cofacilitateurs à éviter les doublons avec d’autres travaux et à produire un texte « clair et facile à comprendre pour le citoyen lambda ».  Il faudrait, selon elle, ajouter des mesures incitatives pour que l’action océanique devienne de plus en plus populaire, notamment au sein du système des Nations Unies.  Les États-Unis ont aussi précisé qu’ils ne soutiendraient pas un appel à tenir des conférences donnant suite à l’ODD 14 étant donné « les doublons qui existent déjà au sujet des objectifs de développement durable ». 

Outre les délégations d’États Membres, la parole a été donnée à d’autres acteurs, des représentants d’organisations non gouvernementales qui sont nombreuses à être inscrites pour participer à ce processus préparatoire.

En fin de séance, un représentant de Youth of India Foundation a demandé aux représentants dans la salle de se lever et de collectivement s’engager à réduire l’usage des plastiques à usage unique, un appel que la salle a suivi en répétant l’engagement après lui.

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