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30 novembre 2020

Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU: 30 novembre 2020

(La version française du Point de presse quotidien n’est pas un document officiel des Nations Unies)

Ci-dessous les principaux points évoqués par M. Stéphane Dujarric, Porte-parole de M. António Guterres, Secrétaire général de l’ONU:

Éthiopie

Le Secrétaire général s’est entretenu, vendredi, avec Mme Ellen Johnson-Sirleaf, ancienne Présidente du Libéria.  Elle a informé M. António Guterres des contacts qu’elle a eus avec les envoyés de M. Cyril Ramaphosa, Président de l’Union africaine, à savoir M. Joaquim Chissano, ancien Président du Mozambique, et M. Kgalema Motlanthe, ancien Président de l’Afrique du Sud, et des discussions qu’ils ont eues avec les autorités éthiopiennes, en particulier avec le Premier Ministre éthiopien, M. Abiy Ahmed. 

Le Secrétaire général s’est dit gravement préoccupé par l’impact du conflit éthiopien sur la population civile et par la propagation des discours de haine et des informations faisant état de profilage ethnique. 

Le Secrétaire général a assuré le soutien total de l’ONU à l’initiative de l’Union africaine dirigée par le Président Ramaphosa. 

Hier, le Secrétaire général a reçu un appel téléphonique du Premier Ministre éthiopien, M. Abiy, pour l’informer de la situation dans le pays.

Le Secrétaire général a une fois de plus souligné la nécessité du plein respect des droits de l’homme, ainsi que de l’accès humanitaire pour l’ONU et ses partenaires humanitaires.

Le Secrétaire général a également déclaré que l’Éthiopie avait besoin d’une véritable réconciliation sans discrimination, dans un pays où chaque communauté devrait se sentir respectée et faire partie de l’Éthiopie.

Éthiopie / Aide humanitaire

Les travailleurs et les partenaires humanitaires de l’ONU sont profondément préoccupés par le sort des civils dans la région du Tigré, en particulier à Mekele, la capitale, à la suite des derniers événements dans la ville. 

Avant même le début des récents combats, la population civile de Mekele, qui abrite près d’un demi-million de personnes, avait souffert des semaines entières de pénuries de carburant, d’argent et de produits de base.  Des infrastructures civiles ont également été endommagées. 

Les partenaires humanitaires de l’ONU ont reçu des informations faisant état de graves pénuries de fournitures médicales à Mekele et dans tout le Tigré pour soigner les personnes blessées lors des affrontements. 

Les travailleurs humanitaires signalent que les populations ont été obligées de consommer de l’eau non traitée pour survivre après les dégâts et la destruction des infrastructures d’approvisionnement en eau. 

Les collègues humanitaires préviennent également qu’il est important que les fournitures et services essentiels soient rétablis immédiatement à Mekele et dans toute la région du Tigré.  L’ONU et ses partenaires travaillent avec toutes les parties à cette fin. 

L’ONU et ses partenaires humanitaires ont pris note également que le Gouvernement fédéral s’est engagé à veiller à ce que l’aide humanitaire soit mise à la disposition des personnes touchées et appelle à un accès humanitaire complet, inconditionnel et immédiat pour atteindre les personnes dans le besoin à Mekele et dans toute la région du Tigré. 

Soudan

L’ONU indique que près de 45 500 personnes désormais -pour la plupart des enfants- ont fui la région du Tigré et d’autres régions d’Éthiopie pour le Soudan. 

Au Soudan, les travailleurs humanitaires font état de problèmes logistiques et opérationnels complexes.  Ils intensifient la réponse, tandis le premier pont aérien d’aide d’urgence du Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) est arrivé à Khartoum ce week-end.  Le HCR souligne le besoin urgent de nouveaux sites de réinstallation de réfugiés, le camp de Um Rakuba, dans l’État de Gedaref, ayant atteint sa capacité maximale de 10 000 personnes.

Nigéria

Le Secrétaire général a condamné dans les termes les plus fermes l’attaque odieuse contre des ouvriers agricoles travaillant dans une rizière dans le village de Koshobe, près de Maiduguri, la capitale de l’État de Borno.  Cette attaque a été perpétrée le 28 novembre par des militants présumés.  Des dizaines de personnes auraient été tuées et de nombreuses autres blessées ou enlevées, y compris des femmes.

Le Secrétaire général réaffirme l’engagement de l’ONU à soutenir le Gouvernement nigérian dans sa lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent et dans sa réponse aux besoins humanitaires urgents dans le nord-est du pays.

Le Coordonnateur résident et Coordonnateur de l’action humanitaire au Nigéria, M. Edward Kallon, a également fait part de son indignation et de son horreur devant cette attaque. 

M. Kallon doit bientôt rejoindre le Gouverneur de l’État de Borno pour une visite afin de présenter ses condoléances aux familles des victimes de l’attaque de samedi et leur apporter son soutien.

Conférence des États parties à la Convention relative aux droits des personnes handicapées

Lors de la séance d’ouverture de la Conférence des États parties à la Convention relative aux droits des personnes handicapées, le Secrétaire général a déclaré que la réalisation des droits des personnes handicapées est essentielle pour tenir la promesse fondamentale du Programme 2030: ne laisser personne de côté. 

Dans une large mesure, le système onusien n’a fait que commencer à considérer l’intégration des personnes handicapées de manière globale et coordonnée. 

La Stratégie des Nations Unies pour l’inclusion du handicap, lancée l’an dernier, vise à résoudre ce problème et à apporter des changements durables et transformateurs au travail de l’Organisation dans ce domaine.  Un an plus tard, a déclaré M. Guterres, la Stratégie a entraîné des changements dans tout le système onusien. 

Avec la mise en œuvre de cette stratégie d’intégration, le système des Nations Unies s’efforce de montrer l’exemple.  Mais, alors que nous allons de l’avant, a poursuivi M. Guterres, il convient d’adopter une approche à l’échelle de la société dans son ensemble. 

Nous devons également nous assurer que la vision et les aspirations des personnes handicapées sont dûment considérées et prises en compte dans un monde post-COVID-19 inclusif, accessible et durable.

Mali

La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) confirme que des camps partagés par les Casques bleus de l’ONU et les forces de l’opération française Barkhane, situés à Menaka et Kidal, ont été la cible d’attaques indirectes au mortier ce matin.  Cela faisait suite à une attaque antérieure contre les forces de l’opération Barkhane à Gao.  Aucune victime n’a été signalée.

Le Chef de la MINUSMA, M. Mahamat Saleh Annadif, a fermement condamné ces attaques contre les forces internationales.  L’ONU reste solidaire de ses principaux partenaires et n’épargnera aucun effort pour mener à bien le mandat de la Mission de ramener la paix au Mali.

MONUSCO et MINUSS

La Mission pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) a lancé une nouvelle station de radio, en partenariat avec l’UNICEF, appelée « Okapi Enfant ».

Cette nouvelle station de radio contribuera à informer les enfants sur leurs droits, ainsi que sur les risques liés aux épidémies.  La création de la nouvelle station fait suite au lancement, en avril, de l’émission « Okapi École », sur Radio Okapi, qui visait à apporter l’enseignement aux enfants chez eux dans le contexte de la pandémie de COVID-19.

Dans le même temps, la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS) a déployé une équipe népalaise de la force d’intervention rapide à Cueibet, dans la région des Lacs, pour soutenir la police locale dans ses efforts pour protéger les civils d’un conflit potentiel entre groupes armés, suite au meurtre d’un jeune homme.

Les Casques bleus de l’ONU, qui avaient été localisés sur une base d’opérations temporaire, ont intercepté les groupes et ont rapidement installé un point de contrôle entre eux.  Ils sont restés dans la région jusqu’à ce que la situation soit stable.

Dans le cadre de ses activités mandatées, la MINUSS a établi des bases temporaires dans les points chauds liés au conflit au Soudan du Sud, où des équipes militaires et civiles intégrées s’efforcent de dissuader la violence, de soutenir les efforts de réconciliation et d’aider les communautés à parvenir à un accord pour coexister pacifiquement.  Des efforts sont déployés pour fournir une protection rapidement, là où elle est le plus nécessaire.

OMS / Paludisme

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a appelé aujourd’hui les pays et les partenaires mondiaux de la santé à intensifier la lutte contre le paludisme.  L’OMS a souligné qu’un meilleur ciblage des interventions, de nouveaux outils et un financement accru sont nécessaires pour changer la trajectoire mondiale de la maladie et atteindre les objectifs convenus au niveau international.

Selon le dernier rapport de l’OMS sur le paludisme dans le monde, en 2019 le décompte mondial des cas de paludisme était de 229 millions, une estimation annuelle qui est restée pratiquement inchangée au cours des quatre dernières années.  La maladie a fait quelque 409 000 morts en 2019, contre 411 000 en 2018.

Comme les années précédentes, la région africaine a supporté plus de 90% de la charge de morbidité globale.

L’OMS a également noté que des lacunes dans l’accès aux outils vitaux sapent les efforts mondiaux pour lutter contre la maladie et que la pandémie de COVID-19 devrait provoquer davantage de retards dans la lutte.

Aperçu de la situation humanitaire mondiale 2021

Demain, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) présentera l’Aperçu de la situation humanitaire mondiale 2021.

Il s’agit de l’aperçu annuel des tendances ainsi que de l’état actuel des besoins humanitaires dans le monde, des projections et des plans d’intervention interinstitutions.

Cela comprend un aperçu des financements nécessaires pour les mettre en œuvre en 2021.

Le lancement aura lieu à Genève, dans le cadre d’un événement virtuel qui sera retransmis en direct sur la télévision en ligne des Nations Unies de 9 heures à 10 h 30 (heure européenne).  Des événements ultérieurs auront lieu à Berlin, Bruxelles, Londres et Washington.

Journée du souvenir dédiée à toutes les victimes de la guerre chimique

La Journée du souvenir dédiée à toutes les victimes de la guerre chimique est célébrée aujourd’hui.

Dans un message préparé à cette occasion, le Secrétaire général a relevé que plus de 100 ans après leur première utilisation à grande échelle dans des combats, les armes chimiques continuent de semer la terreur, de causer des souffrances et de faire des morts. 

Il a souligné que l’emploi d’armes chimiques en tout lieu, par quiconque et en quelque circonstance que ce soit est un acte intolérable et une violation grave du droit international.  Il faut impérativement que ceux qui recourent ou qui ont recouru à des armes chimiques soient identifiés et répondent de leurs actes.  À ses yeux, c’est la seule façon de nous acquitter de notre responsabilité morale envers les victimes de la guerre chimique. 

Invités du point de presse

Aujourd’hui, les invités du point de presse étaient Mme Sheila E, percussionniste et chanteuse de renommée mondiale; Mme Natalia Kanem, Directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), et M. Mark Johnson, fondateur de Playing for Change.  Ils ont informé les journalistes du prochain Peace Through Music: A Global Event for Social Justice.

Demain, le Porte-parole sera accompagné de M. Ninan Varughese, Directeur par intérim du Bureau de l’ONUSIDA, qui fera le point sur le rapport sur le sida dans le monde.

À 13 heures, M. Jerry Matjila, Représentant permanent de l’Afrique du Sud et Président du Conseil de sécurité pour le mois de décembre, donnera une conférence de presse hybride.

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