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2 Juillet 2020

Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU: 2 juillet 2020

(La version française du Point de presse quotidien n’est pas un document officiel des Nations Unies)

Ci-dessous les principaux points évoqués par M. Stéphane Dujarric, Porte-parole de M. António Guterres, Secrétaire général de l’ONU:

Myanmar 

Les Nations Unies au Myanmar ont exprimé aujourd’hui leur profonde tristesse devant les pertes en vies humaines suite à un important glissement de terrain survenu plus tôt dans la journée sur un site d’exploitation minière dans l’État Kachin.

L’équipe de pays salue les efforts courageux des hommes et des femmes prenant part aux difficiles opérations de sauvetage et de relèvement, présente ses sincères condoléances aux familles des victimes et souhaite un prompt rétablissement aux personnes blessées.  

Conseil de sécurité 

Le Secrétaire général de l’ONU s’est exprimé lors d’une séance du Conseil consacrée à la COVID-19.  Il a relevé que les conséquences de la COVID-19 peuvent se faire ressentir dans un certain nombre de pays traditionnellement considérés comme « stables ».  Mais elles se font particulièrement ressentir dans les pays en proie à un conflit ou qui en émergent et pourraient bientôt en submerger d’autres, a-t-il averti.  Dans certains pays, la crise pourrait faire dérailler des processus de paix fragiles, surtout si la communauté internationale se montre distraite. 

Il a noté que, pour les populistes, nationalistes et consorts, la pandémie est un prétexte pour appliquer des mesures répressives qui n’ont rien à voir avec la maladie.  Pendant ce temps, a ajouté le Secrétaire général, la stigmatisation et les discours de haine progressent, tandis que l’épidémie de désinformation se propage en ligne.  Il a détaillé les efforts de l’ONU pour y remédier, déclarant aux membres du Conseil que le défi est de sauver des vies aujourd’hui tout en renforçant les piliers de la sécurité de demain.

Il a ensuite salué l’adoption hier par le Conseil de sécurité de la résolution sur la COVID-19 et la reconnaissance de ses efforts pour répondre à la crise, en particulier son appel pour un cessez-le-feu mondial.

Dans une note diffusée hier, le Porte-parole a indiqué que l’adoption de ce texte envoie un important message aux parties belligérantes et pourrait contribuer à un changement de stratégie sur le terrain. 

Libye 

Le contenu de l’appel téléphonique entre le Secrétaire général et le général Haftar, Commandant de l’Armée nationale libyenne, a été publié hier après-midi.  Le Secrétaire général a réaffirmé qu’il n’y a pas de solution militaire au conflit en Libye.  La solution ne peut être que politique, contrôlée et dirigée par des Libyens, a-t-il dit.  Le Secrétaire général a réaffirmé le plein engagement des Nations Unies en faveur du dialogue au sein de la Commission militaire mixte libyenne (5+5).

Le Secrétaire général s’est déclaré choqué par la récente découverte de charniers et a souligné la nécessité de respecter pleinement le droit international des droits de l’homme et le droit international humanitaire.  Il a également insisté sur son engagement à aider à trouver une solution pour la réouverture des terminaux pétroliers et des champs pétroliers bloqués dans le pays. 

Yémen

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a déclaré qu’entre le 10 avril, date à laquelle le premier cas de COVID-19 a été confirmé au Yémen, et le 1er juillet, 1 122 cas confirmés ont été recensés par les autorités yéménites, dont 303 décès.  Le taux de mortalité est alarmant à environ 25%, soit cinq fois la moyenne mondiale.

En dépit de ressources limitées, les agences d’aide ont intensifié la riposte à la COVID-19.  Plus de 12 000 tonnes de matériel médical, de kits de dépistage et de médicaments ont été achetées, dont 8 616 tonnes sont déjà arrivées dans le pays.  Les partenaires humanitaires sont en train de déployer deux hôpitaux mobiles de grande capacité dotés de près de 100 lits et versent les salaires à 9 000 agents de santé qui se trouvent en première ligne.

Les agences humanitaires ripostent également à d’autres maladies mortelles, notamment le choléra, la diphtérie, la dengue et le paludisme, et fournissent des traitements nutritionnels aux femmes enceintes et aux enfants souffrant de malnutrition.  Le 2 juin, lors de la Conférence de haut niveau d’annonces de contributions pour le Yémen, les donateurs internationaux ont annoncé des engagements d’un montant combiné de 1,35 milliard de dollars, soit moins que les 2,41 milliards de dollars nécessaires pour couvrir les activités humanitaires essentielles au cours des six derniers mois de cette année.  Cela représente un manque à combler de plus d’un milliard de dollars.  Avec seulement 558 millions de dollars décaissés à ce jour, les opérations d’aide sont sur le point de s’effondrer, à moins que les donateurs ne s’acquittent immédiatement de leurs engagements et que ceux qui ne se sont pas engagés le fassent maintenant.  

Afghanistan 

Dans la perspective des pourparlers de paix qui débutent ce mois-ci entre les négociateurs du Gouvernement afghan et ceux des Taliban, la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) a exhorté les parties à redoubler d’efforts pour protéger les civils.  La MANUA a également prié les parties à désamorcer le conflit afin de sauver des vies et de créer un environnement propice aux prochains pourparlers à Doha.  La Mission est particulièrement préoccupée par une récente vague d’incidents violents au cours desquels des membres de la société civile afghane ont été pris pour cible.  Au cours des six premiers mois de 2020, les chiffres préliminaires indiquent que plus de 800 civils ont été tués ou blessés lors d’attaques qui les ciblaient délibérément.  La MANUA a attribué la responsabilité d’environ la moitié de ces pertes civiles aux Taliban.  L’appel continu de la Mission à la fin de la violence est également immédiatement lié à la nécessité pour toutes les parties de fournir l’orientation et les ressources nécessaires pour lutter contre la pandémie actuelle de virus. 

Kenya  

Le Programme alimentaire mondial (PAM) procède à des transferts d’espèces et fournit un soutien nutritionnel à plus d’un quart de million de personnes qui luttent pour survivre face à l’impact du virus dans des établissements informels à Nairobi.  Près de 280 000 personnes, qui avaient du mal à se nourrir avant même le début de la pandémie et ont perdu leurs revenus en raison des restrictions imposées pour faire face à la COVID-19, recevront ces distributions en espèces.  

Bangladesh 

Pour aider les personnes exposées aux inondations dues à la mousson dans le nord du Bangladesh, le Programme alimentaire mondial (PAM) a aidé à verser des fonds à quelque 30 000 personnes vulnérables vivant dans la zone inondable grâce à un système bancaire mobile.  Le PAM indique qu’en distribuant de l’argent liquide avant les inondations, les familles ont la possibilité d’acheter de la nourriture ou d’autres articles et de faire des plans pour se protéger.  

Ouganda 

Le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) a salué, aujourd’hui, la décision du Gouvernement ougandais d’accueillir des milliers de réfugiés fuyant l’escalade de la violence dans la République démocratique du Congo (RDC) voisine.  Un premier groupe d’environ 1 500 demandeurs d’asile dont une majorité femmes et enfants, est entré en Ouganda hier.  Le Chef du HCR en Ouganda a déclaré que cela prouve que même au milieu de la pandémie, il existe des moyens de gérer les restrictions aux frontières d’une manière qui respecte les normes internationales en matière de droits de l’homme et de protection des réfugiés.  

Déchets électroniques 

Un nouveau rapport publié aujourd’hui par l’Union internationale des télécommunications (UIT) indique que les déchets électroniques ont augmenté de 21% au cours des cinq dernières années. 

Le rapport indique qu’un record de 53,6 millions de tonnes de déchets électroniques a été produit dans le monde en 2019.  Ce qui représentante le poids de 350 navires de croisière de la taille du Queen Mary 2.  Le rapport montre également que seulement 17,4% des déchets électroniques produits l’an dernier a été officiellement répertorié et correctement collecté et recyclé.  Cela signifie qu’une quantité d’or, d’argent, de cuivre, de platine et d’autres matières récupérables de grande valeur, prudemment évaluée à 57 milliards de dollars américains, soit une somme supérieure au PIB de nombreux pays, a été déversée ou brûlée plutôt que collectée pour traitement et réutilisation.

Indice des prix alimentaires 

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a indiqué qu’en juin, les prix mondiaux des produits alimentaires ont augmenté pour la première fois depuis le début de l’année.  Cette évolution s’explique par un rebond des prix des huiles végétales, du sucre et du lait.  L’indice des prix de la FAO a atteint 93,2 points en juin, soit 2,4% de plus que le mois précédent. 

Selon le rapport trimestriel « Perspectives de récolte et situation alimentaire », également publié aujourd’hui, les conflits et les chocs météorologiques restent des facteurs importants qui sous-tendent le niveau élevé d’insécurité alimentaire grave dans les pays qui ont besoin d’une aide extérieure pour se nourrir.  La pandémie de COVID-19 a également des effets étendus et graves, notamment par la perte de revenus. 

Vesak  

Le Secrétaire général a déclaré, ce matin, à la commémoration virtuelle tardive de la Journée internationale du Vesak 2020, que cette année, les enseignements du Bouddha peuvent rappeler à tous l’unité dont nous avons besoin pour relever le défi de la COVID-19.  Il a souligné que ce n’est qu’en combinant nos énergies et notre expertise que nous pourrons faire face aux énormes fragilités du monde aujourd’hui.  

Nomination 

Le Secrétaire général de l’ONU a nommé M. Abubacarr Marie Tambadou de la Gambie, au poste de Greffier du Mécanisme résiduel international pour les Tribunaux pénaux.  M. Tambadou succède à M. Olufemi Elias du Nigéria auquel le Secrétaire général exprime sa reconnaissance pour le dévouement dont il a fait preuve à l’égard du Mécanisme résiduel et de la justice pénale internationale.  M. Tambadou était depuis 2017, Procureur général et Ministre de la justice de la Gambie.  Il apporte à ses nouvelles fonctions plus de 14 ans d’expérience dans le domaine de justice pénale internationale, y compris comme Assistant spécial du Procureur du Mécanisme résiduel, Avocat général et plus tard substitut du Procureur en appel au Tribunal pénal international pour le Rwanda.  

Développement durable 

Le Forum politique de haut niveau sur le développement durable commence mardi.  Le thème de cette année est « Action accélérée et voies transformatrices: réaliser la décennie d’action et l’exécution du développement durable » (« Accelerated action and transformative pathways: realizing the decade of action and delivery for sustainable development »).  Jusqu’à présent, 47 pays devraient partager leurs examens nationaux volontaires qui sont leurs plans pour faire avancer les objectifs de développement durable tout en luttant contre la pandémie. 

Lundi, les États membres du Conseil économique et social (ECOSOC) se réuniront pour entendre l’analyse et les recommandations des entités des Nations Unies et des organes d’experts de l’ECOSOC au sujet de l’impact de la COVID-19 sur les objectifs de développement durable et sur les moyens de bien rebondir et plus équitablement. 

Le rapport sur les objectifs de développement durable de cette année sera publié le premier jour des travaux.  Celui-ci indique que la pandémie a inversé des décennies de progrès, en particulier pour les plus vulnérables.  La fin du Forum, le 17 juillet, sera marquée par la tenue d’une conversation de haut niveau sur le type de multilatéralisme nécessaire aujourd’hui pour répondre aux crises mondiales telles que la pandémie de COVID-19. 

Invité du Point de presse lundi 

Mme Inger Andersen, Directrice exécutive du Programme des Nations Unis pour l’environnement (PNUE), et M. Jimmy Smith, Directeur général de l’International Livestock Research Institute, présenteront le rapport intitulé « Prévenir la prochaine pandémie: les maladies zoonotiques et comment rompre la chaîne de transmission ».   

À 13 heures, Mme Winnie Byanyima, Directrice exécutive du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida, présentera une mise à jour du rapport annuel sur l’épidémie mondiale de sida.  

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