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DBF200602
2 juin 2020

Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU: 2 juin 2020

(La version française du Point de presse quotidien
n’est pas un document officiel des Nations Unies
)

Ci-dessous les principaux points évoqués par M. Stéphane Dujarric, Porte-parole de M. António Guterres, Secrétaire général de l’ONU:

Yémen

À la Conférence d’annonce de contributions pour le Yémen, aujourd’hui, le Secrétaire général a déclaré que plus de cinq années de conflit ont laissé les Yéménites au bord du précipice, leur économie étant en lambeaux et leurs institutions au bord de l’effondrement.  M. António Guterres a aussi déclaré que quatre personnes sur cinq -soit 24 millions de personnes- ont besoin d’une aide d’urgence dans ce qui est la plus grande crise humanitaire au monde. 

Nous sommes engagés dans une course contre la montre, a prévenu le Secrétaire général appelant à témoin un rapport qui indique qu’à Aden, le taux de mortalité dû à la COVID-19 est parmi les plus élevés au monde.  Il a ajouté que nous devons préserver la plus grande opération humanitaire en cours au monde et développer de nouveaux programmes de santé publique pour lutter contre le virus et renforcer les systèmes de santé.  

Le Secrétaire général a aussi dit que les organisations humanitaires ont besoin plus de 2,41 milliards de dollars pour couvrir l’essentiel de l’aide entre juin et décembre, ce qui comprend des programmes de lutte contre la COVID-19.  Sans un financement conséquent, plus de 30 des 41 importants programmes des Nations Unies au Yémen seront obligés de fermer dans les prochaines semaines.   

M. Mark Lowcock, Coordonnateur des secours d’urgence, a déclaré à la Conférence d’annonce de contributions que les équipes de réponse rapide à la COVID-19 sont financées jusqu’à la fin juin uniquement.  Le mois prochain, a-t-il ajouté, nous pourrions en arriver à réduire progressivement le traitement des enfants souffrant de malnutrition sévère.  Le soutien aux établissements de lutte contre le choléra commencera également à diminuer.  M. Lowcock a ajouté que les annonces ne sauveront des vies que si elles sont suivies de paiements.  Or, jusqu’à présent, la plupart des annonces ne le sont pas. 

Financement du développement

La deuxième réunion du Forum pour le financement du développement a réuni, aujourd’hui, les représentants des banques, des fonds et des institutions financières, dans le but de mobiliser 1 200 milliards de dollars d’aide humanitaire et économique pour les pays en développement frappés par la pandémie.  

La Vice-Secrétaire générale, Mme Amina J. Mohammed, a déclaré qu’il est important de trouver des solutions multilatérales pour remédier aux fragilités sous-jacentes qui ont été mises en évidence par la pandémie.  Elle a souligné que l’ONU se concentre sur les pays en développement. 

Le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale et la Banque africaine de développement qui ont également participé à la réunion, mobilisent respectivement 1 000 milliards de dollars, 175 milliards et 13 milliards de dollars d’aide contre la COVID-19.  Le Fonds vert pour le climat, doté de plusieurs milliards de dollars, qui a déjà suspendu le remboursement de sa dette pour les six prochains mois, était également représenté. 

Nouvelle note d’orientation sur la COVID-19 et les personnes en situation de déplacement 

Une nouvelle note d’orientation sur la COVID-19 est en gestation.  Le Secrétaire général continue d’examiner les nombreuses façons dont la COVID-19 affecte les populations du monde entier.  Demain, la note qui sera publiée juste après minuit se concentrera sur ceux qui étaient déjà dans des situations vulnérables avant la crise, y compris les personnes en situation de déplacement. 

Libye

La Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL) a salué l’acceptation par le Gouvernement d’entente nationale et l’Armée nationale libyenne (ANL) de la reprise des discussions sur le cessez-le-feu et les arrangements sécuritaires qui y sont associés.  Cette reprise est basée sur un projet d’accord soumis aux parties par la Mission au cours de la réunion de la Commission militaire conjointe du 23 février.  La MANUL espère que cette reprise des discussions de la Commission militaire sera marquée par le retour au calme et la trêve humanitaire pour ouvrir la voie à un accord de cessez-le-feu durable.  

La Mission souhaite que la reprise des pourparlers permette aux autorités compétentes de se concentrer sur la lutte contre les répercussions et la menace de la pandémie et facilite la réponse des agences locales et internationales aux besoins humanitaires urgents.  La Mission a hâte d’entamer le nouveau cycle de négociations, qui se tiendra par visioconférence compte tenu des circonstances actuelles.  Elle espère que le même esprit professionnel, sérieux et responsable qui a caractérisé la première et la deuxième tables rondes à Genève règnera dans ces pourparlers. 

Syrie

La riposte humanitaire transfrontalière de taille des Nations Unies continue d’apporter une aide d’urgence aux populations dans le besoin dans le nord-ouest de la Syrie.  L’aide comprend des équipements médicaux et sanitaires.  

L’augmentation massive de l’aide a permis en moyenne à plus de 1 350 camions par mois de traverser les deux points de passage frontaliers autorisés par le Conseil de sécurité depuis la Turquie au cours des cinq premiers mois de 2020.  Ils transportent de la nourriture, des articles de santé et d’autres articles humanitaires essentiels. 

Rien qu’en mai, 1 781 camions sont arrivés en Syrie, soit le nombre le plus élevé de camions à traverser la frontière depuis la première autorisation des opérations par le Conseil de sécurité en 2014. 

Malgré l’opération massive, les besoins restent incroyablement élevés dans tout le nord-ouest de la Syrie, avec 2,8 millions de personnes dans le besoin, dont plus d’un million vivant dans des camps ou des abris informels. 

De plus, nous restons préoccupés par l’impact de la COVID-19 sur les populations dans tout le pays où le système de santé a été affaibli par près d’une décennie de guerre.  Hier, le Ministère syrien de la santé a annoncé que le nombre total de cas a atteint 123, dont six décès. 

Niger 

Plus d’un millier de personnes sont en fuite à la suite d’une attaque brutale, dimanche après-midi, contre un site de personnes déplacées dans la partie ouest du Niger.  Le Haut-Commissariat pour les réfugiés condamne fermement l’assassinat ciblé de deux dirigeants de réfugiés maliens et d’un dirigeant de la communauté d’accueil locale.  Les attaques ont eu lieu à Intikane, dans l’ouest du Niger, à environ 70 kilomètres de la frontière malienne. 

Plus de 50 hommes armés à moto ont envahi le site où se trouvent 20 000 réfugiés et 15 000 personnes déplacées du Niger.  En plus des massacres, les assaillants ont incendié des stocks d’articles de secours.  Ils ont également détruit des tours de téléphonie mobile ainsi que la principale station d’eau et les tuyaux d’acheminement.  Le HCR apporte son aide aux survivants en fournissant une assistance d’urgence. 

Ces derniers mois ont vu une forte augmentation du nombre d’attaques dans la région de Liptako Gourma qui se trouve aux frontières du Burkina Faso, du Mali et du Niger.  Le HCR renouvelle son appel urgent aux parties belligérantes au Sahel pour qu’elles protègent les civils, qui, bien entendu, souffrent le plus de ces attaques. 

Burkina Faso

Une cinquantaine de personnes ont été tuées dans trois attaques distinctes à la fin de la semaine dernière dans la région du nord-ouest du Burkina Faso, plus exactement au Sahel, dans le nord, le centre-nord et l’est.  Selon les organisations humanitaires, c’est la violence la plus meurtrière depuis mars, lorsque 43 civils ont été tués à la suite de deux attaques contre des villages du nord. 

L’insécurité croissante dans le pays rend l’accès humanitaire plus difficile.  Actuellement, 2,2 millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire.  Cela représente une augmentation de 1,5 million par rapport à décembre, l’an dernier.  Plus de 860 000 personnes sont déplacées à l’intérieur du pays. 

Dans le contexte de la pandémie de COVID-19, les organisations humanitaires fournissent une assistance vitale et redéfinissent leurs activités afin de garantir la sécurité de leurs programmes pour la population et les travailleurs humanitaires.  La communauté humanitaire a besoin de 371 millions de dollars pour la réponse humanitaire et la COVID-19.  Jusqu’à présent, seulement 21% des fonds ont été reçus. 

Somalie

Plus de 2 000 cas confirmés et près de 80 décès dus à la COVID-19 sont recensés en Somalie.  Avant même que le premier cas ne soit confirmé le 16 mars, l’équipe des Nations Unies en Somalie a aidé le Gouvernement à prévenir et à contenir la propagation du virus.  L’ONU a aidé le Ministère de la santé à acheter des tests.  L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a formé des agents de santé et fourni des fournitures médicales au principal hôpital de Mogadiscio traitant des patients atteints de la COVID-19. 

Le Programme alimentaire mondial (PAM), qui a acheminé par avion des cargaisons humanitaires vers des endroits reculés de la Somalie, soutient les efforts du Gouvernement pour empêcher la propagation de la maladie.  Pour sa part, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) a aidé près de 560 000 personnes à travers la Somalie en fournissant des kits d’hygiène et un approvisionnement en eau d’urgence, entre autres. 

L’ONU a aidé quelque 10 millions de personnes à travers le pays grâce à des campagnes de prévention à la radio.  Le Bureau d’appui des Nations Unies en Somalie et la Mission d’assistance des Nations Unies travaillent en étroite collaboration avec l’équipe des Nations Unies pour fournir un soutien logistique, notamment pour le transport de matériel et de personnes.  

Ghana

Le Ghana compte plus de 8 000 cas confirmés du virus et 36 décès. 

Un nouveau Coordonnateur résident a été nommé pour le pays, M. Charles Abani.  L’Équipe de pays de l’ONU continue d’appuyer la réponse et le relèvement du pays.  Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a contribué à veiller à ce que près de 800 centres de soins dans le pays adhérent aux protocoles sanitaires et de sureté.  Le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP)a établi un partenariat avec les autorités pour mener une campagne de lutte contre la fistule. 

L’équipe de l’ONU sur place intervient également auprès des jeunes qui représentent près de 60% de la population.  Plus de 200 jeunes venant de l’ensemble du pays ont participé à des sessions en ligne appuyées par l’UNESCO dans le but d’enseigner de nouvelles compétences et de promouvoir l’engagement et le leadership des jeunes.  Pour appuyer les jeunes artistes, une initiative de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et de l’Union européenne (UE) utilise l’art urbain pour diffuser des messages de prévention, ainsi que des messages d’espoir et de solidarité, en mettant un accent particulier sur la protection des migrants. 

Bolivie

Le Secrétaire général salue l’annonce, aujourd’hui, par le Président du Tribunal électoral suprême, d’une nouvelle date pour la tenue des élections générales, à savoir le 6 septembre. 

Le Secrétaire général appelle les partis politiques et les autorités à pleinement coopérer avec le Tribunal électoral pour assurer la tenue d’élections pacifiques, transparentes et inclusives. 

Sur demande du Tribunal, et avec l’appui de l’UE, la Suède, le Canada et le Royaume-Uni, le personnel de l’ONU sur place continue de fournir un appui technique aux autorités électorales, notamment en matière de mesures d’atténuation pour veiller à ce que les élections se déroulent dans les meilleures conditions sanitaires possibles. 

El Salvador

L’UNICEF travaille avec le Gouvernement d’El Salvador et ses partenaires pour veiller à la sécurité des enfants suite au passage de la tempête tropicale Amanda.  L’UNICEF fournit un appui dans les domaines de l’eau, l’assainissement et l’hygiène ainsi qu’en matière de protection personnelle pour prévenir la propagation de la COVID-19, entre autres maladies. 

Changements climatiques

La Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCCC) a lancé aujourd’hui, une série d’évènements virtuels pour faire avancer l’action climatique. 

Les évènements du Momentum for Climate Change de l’ONU se dérouleront jusqu’au 10 juin et mettront l’accent sur la façon de rendre le relèvement suite à la pandémie aussi durable que possible afin de répondre à la crise climatique. 

Cette série d’évènements en ligne est l’occasion pour les gouvernements et les partenaires de continuer de partager des informations pour souligner comment l’action climatique progresse dans le contexte particulier qu’affronte actuellement le monde. 

À l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement, qui est célébrée vendredi, la CCNUCC lancera la campagne Race to Zero pour mobiliser le leadership et l’appui des entreprises, des villes, des régions et des investisseurs pour assurer un relèvement « zéro carbone ». 

Transports aériens

L’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI)a adopté un nouveau rapport et de nouvelles recommandations hier.  L’objectif est de relancer le système international de transport aérien et d’aligner son redressement mondial. Le rapport sur la COVID-19 et ses directives contiennent une analyse situationnelle détaillée et est étayé par une série de recommandations qui mettent l’accent sur des objectifs dans les domaines de la santé publique, la sécurité et la sureté de l’aviation ainsi que le relèvement économique de l’aviation.  Ce contenu est complété par le document spécial Take Off qui contient des directives pour les mesures d’atténuation des risques de santé publique et quatre modules distinctes relatives aux aéroports, aux avions, aux équipages et au fret aérien. 

Contributions financières

La Côte d’Ivoire, le Guyana et le Myanmar ont versé la totalité de leur contribution au budget ordinaire de l’ONU, amenant à 95 le nombre d’États Membres à en avoir fait de même. 

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