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DBF200514
14 mai 2020

Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU: 14 mai 2020

(La version française du Point de presse quotidien
n’est pas un document officiel des Nations Unies
)

Ci-dessous les principaux points évoqués par M. Stéphane Dujarric, Porte-parole de M. António Guterres, Secrétaire général de l’ONU:

Santé mentale

Dans une nouvelle note d’orientation sur la COVID-19 et la nécessité d’agir sur le plan de la santé mentale, le Secrétaire général présente une série de recommandations pour veiller à ce que les services de santé mentale soient pleinement intégrés aux plans d’intervention et de rétablissement face à la COVID-19. 

La santé mentale est au cœur de notre humanité, a-t-il dit, mais après des décennies de négligence et de sous-investissement dans ces services, la pandémie frappe désormais les familles et les communautés avec un stress mental supplémentaire.  Même lorsque la pandémie est contrôlée, a-t-il ajouté, la douleur, l’anxiété et la dépression continueront de toucher les gens et les communautés. 

Le Secrétaire général appelle à un élargissement des programmes déjà disponibles.  Il ajoute que les politiques doivent appuyer et prendre soin des personnes souffrant de problème de santé mentale et protéger leurs droits et leur dignité.  Les gouvernements, la société civile et les autorités sanitaires doivent se rassembler d’urgence pour répondre à la dimension de santé mentale de la pandémie, a-t-il dit. 

Il a également appelé les gouvernements à annoncer des engagements ambitieux à ce sujet lors de la prochaine Assemblée mondiale de la santé. 

Dans un message vidéo, diffusé en appui à cette nouvelle note d’orientation, le Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), M. Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré que s’il y avait un moment pour investir dans la santé mentale, c’était maintenant.  Il a ajouté que nous devons saisir cette opportunité pour créer des services adaptés à l’avenir, inclusifs, communautaires et abordables. 

COVID-19/Vaccin

Plus de 140 dirigeants mondiaux actuels et anciens, ainsi que des lauréats du prix Nobel, des fonctionnaires et des experts de l’ONU, ont signé une lettre ouverte appelant tous les gouvernements à s’unir derrière un soi-disant vaccin populaire contre la COVID-19.  Cet appel, qui a été coordonné par l’ONUSIDA et Oxfam, précède la réunion virtuelle des ministres de la santé lors de l’Assemblée mondiale de la santé qui débutera le 18 mai. 

COVID-19/Protection sociale

L’Organisation internationale du Travail (OIT) a déclaré aujourd’hui que la crise actuelle a révélé des lacunes dévastatrices en ce qui concerne la couverture de la protection sociale dans les pays en développement. 

Deux documents d’information publiés par l’OIT avertissent que ces lacunes pourraient compromettre les plans de relance, exposer des millions de personnes à la pauvreté et nuire à la capacité à faire face à des crises similaires à l’avenir. 

L’analyse indique que 55% de la population mondiale, soit près de quatre milliards de personnes, ne sont pas couverts par une assurance sociale ou une aide sociale.  À l’échelle mondiale, seulement 20% des chômeurs touchent des allocations de chômage et, dans certaines régions, cette couverture est beaucoup plus faible.  L’OIT a noté que la reprise ne sera durable et que les crises futures ne pourront être évitées que si les pays en développement réussissent à transformer leurs mesures de réponse aux crises en systèmes de protection sociale complets. 

Conseil de sécurité/Yémen

Ce matin, l’Envoyé spécial pour le Yémen, M. Martin Griffiths, a informé les membres du Conseil de sécurité de la situation dans ce pays.  S’exprimant par visioconférence, il a rappelé qu’il avait partagé, fin mars, des projets d’accord avec le Gouvernement du Yémen et Ansar Allah portant sur un cessez-le-feu national; des mesures humanitaires et économiques; et la reprise urgente du processus politique.  Il s’est félicité de pouvoir annoncer que des progrès importants avaient été réalisés dans ces négociations, notamment en ce qui concerne le cessez-le-feu.  Cependant, a-t-il ajouté, le cessez-le-feu fait partie d’un ensemble plus large qui doit être approuvé dans son intégralité.  Des divergences subsistent sur certaines des mesures humanitaires et économiques de ce paquet.  M. Griffiths s’est dit profondément préoccupé par la situation dans le sud, où il craint qu’une tempête parfaite ne se prépare.  Les habitants d’Aden, a-t-il dit, en particulier, sont confrontés à des flambées de COVID-19 et à d’autres maladies qui incluraient le paludisme, le choléra et la dengue. 

De son côté, le Coordonnateur adjoint des secours d’urgence par intérim, M. Ramesh Rajasingham, a informé les membres du Conseil de sécurité qu’à compter de ce matin, 72 cas de COVID-19 avaient été confirmés au Yémen, dont 13 décès. Soixante-deux de ces cas, soit plus de 85%, ont été signalés au cours des 10 derniers jours seulement, a-t-il indiqué, ajoutant que les agences humanitaires ont toutes les raisons de croire que la transmission communautaire se produit dans l’ensemble du Yémen.  Les rapports officiels sont en retard par rapport aux taux d’infections réels, comme ils le sont dans de nombreux autres domaines. 

Libye

Les combats se poursuivent dans et aux alentours de Tripoli malgré les appels répétés à une cessation des hostilités pour permettre aux autorités nationales de se concentrer sur la pandémie de COVID-19. 

Aujourd’hui, des tirs de roquette ont été signalés à Tripoli, lesquels auraient fait des victimes civiles.  Des hostilités ont également été signalées près de l’hôpital central de Tripoli. 

Les partenaires humanitaires de l’ONU indiquent que si la Libye veut avoir une chance de contrer la COVID-19, le conflit en cours doit s’arrêter immédiatement.  

L’ONU réitère son appel à toutes les parties au conflit, les engageant à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour honorer leur responsabilité de protéger les civils conformément au droit international humanitaire et aux principes humanitaires.  Malgré d’énormes défis, les partenaires humanitaires continuent de fournir une aide urgente aux personnes dans le besoin, atteignant plus de 138 000 individus jusqu’à présent cette année.  En outre, plus de 3 000 personnes déplacées en avril lors d’affrontements à Ain Zara et Tarhuna ont pu bénéficier d’une assistance humanitaire. 

Bien que les donateurs aient été généreux, il est urgent d’augmenter le financement pour poursuivre les programmes humanitaires.  À ce jour, le Plan de réponse humanitaire pour la Libye, qui nécessite 130 millions de dollars, n’est financé qu’à 14%. 

COVID-19/Maintien de la paix

L’Opération hybride Union africaine-Nations Unies au Darfour (MINUAD) continue de patrouiller les camps de déplacés tout en respectant les protocoles de sécurité relatifs au virus COVID-19, y compris la distanciation sociale.  La MINUAD a également établi des règles pour limiter la taille des foules.  La Mission continue de sensibiliser à la prévention de la propagation du virus et a également mis en place une initiative « COVID-19 Rights Watch », qui examine l’impact des mesures d’urgence sur les droits de l’homme. 

Au Soudan du Sud, la Mission des Nations Unies sur place (MINUSS) continue de soutenir les efforts locaux pour prévenir la propagation du virus.  La MINUSS a rénové un hôpital ainsi que des cliniques de réadaptation et fournit des tentes et des lits pour renforcer la capacité du système de santé à traiter les patients atteints de COVID-19.  La MINUSS fournit également de nouveaux réservoirs d’eau et générateurs, des équipements de protection individuelle et des véhicules devant être utilisés comme ambulances. 

COVID-19/Myanmar

L’équipe de l’ONU au Myanmar, et ses partenaires soutiennent le Gouvernement pour assurer la sécurité des agents de santé de première ligne.

Un projet du Bureau des Nations Unies pour les services d’appui aux projets (UNOPS), avec le soutien des gouvernements donateurs, fournit des équipements de protection individuelle au Ministère de la santé, aux prestataires de soins de santé et aux communautés.  Le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) et ses partenaires fournissent des masques chirurgicaux et d’autres accessoires aux établissements de santé maternelle de la capitale, ainsi que dans d’autres États.  Le FNUAP fournit également des fournitures aux sages-femmes et aide à former les agents de santé sur la manière de traiter les femmes enceintes pendant la pandémie.  ONU-Femmes et ses partenaires aident les femmes à opérer une transition dans leurs activités de subsistance pour produire des masques.  Ce projet a une capacité de production de 1 500 à 2 000 masques par semaine. 

COVID-19/Thaïlande

Plus de 3 000 cas et 56 décès dus à la COVID-19 ont été confirmés en Thaïlande.    L’Équipe de pays de l’ONU, conduite par la Coordonnatrice résidente, Mme Gita Sabharwal, travaille avec le Gouvernement pour faire face aux impacts de la pandémie et concentre ses efforts sur les groupes les plus vulnérables.    

Dans le nord du pays, le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) a fourni des installations pour le traitement de 32 000 réfugiés venant du Myanmar.   Le HCR a aussi donné des fournitures en savons et en eau pour le lavage des mains à l’entrée et à la sortie des camps de réfugiés.  

Étant donné l’importance du secteur informel dans le pays, l’ONU appuie le Gouvernement pour lui permettre d’augmenter la protection sociale afin de sauver des vies et des emplois, tout en mettant l’accent sur les femmes, les personnes âgées et les jeunes.   En collaboration avec les petites et moyennes entreprises, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et ses partenaires ont offert 15 000 rations alimentaires pour le personnel médical de 16 hôpitaux.   Cette action contribue à préserver l’emploi de 17 000 personnels de restaurants.   

L’Équipe de pays travaille également avec des groupes de réflexions en matière politique afin de surveiller l’impact des plans de relance financière du Gouvernement.  Ils suggèrent des mesures plus inclusives qui aideraient la Thaïlande à revenir sur la voie de la réalisation des objectifs de développement durable.   

COVID-19/Ghana

Le Ghana compte actuellement plus de 5 400 cas et 24 décès confirmés de la COVID-19.   L’Équipe de pays de l’ONU se mobilise pour lutter contre les effets de la pandémie sur les jeunes en mettant l’accent sur le chômage, la violence sexuelle et sexiste, et l’accès limité aux soins de santé.  

Comme près de 60% de la population du pays ont moins de 25 ans, le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), l’Envoyée spéciale pour la jeunesse, Mme Jayathma Wickramanayake, et l’Envoyée spéciale de l’Union africaine pour la jeunesse, Mme Aya Chebi, ont tenu des sessions en ligne pour autonomiser les jeunes et renforcer leur compréhension de la maladie.   Plus de 300 jeunes ghanéens et originaires d’autres pays d’Afrique, d’Asie et d’Europe ont participé à ces sessions.  La Coordonnatrice résidente par intérim, Mme Sylvia Lopez-Ekra, a encouragé les participants à se considérer comme de puissants agents de changement et de partenaires s’ils veulent pouvoir modeler et transformer les sociétés.

Burundi  

La Directrice régionale pour l’Afrique de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a déclaré qu’elle avait été informée de la décision du Gouvernement du Burundi qui a demandé au représentant de l’OMS et à trois autres personnes, dont un consultant, de quitter le pays immédiatement.   Elle a indiqué que le Représentant, M. Walter Kazadi Mulombo, est un employé de longue date et fort respecté de l’OMS.   C’est une personne extrêmement compétente qui est également un bon dirigeant et gestionnaire.   L’OMS communique avec le Gouvernement burundais afin de clarifier et comprendre les raisons qui ont motivé cette décision.   Entre-temps, l’OMS travaille avec le système de l’ONU dans le pays pour organiser le départ du personnel.    

Par ailleurs, dans une déclaration publiée aujourd’hui, la Commission d’enquête sur le Burundi a dit qu’elle était préoccupée du fait que les campagnes électorales officielles pour les élections présidentielle, législatives et locales, prévues le 20 mai, sont caractérisées par une montée de l’intolérance politique et de nombreux actes de violence et de violations des droits de l’homme.  

Philippines

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a indiqué que l’ouragan Vongfong s’était abattu, aujourd’hui, sur l’est de la province de Samar.  OCHA et ses partenaires sont en train d’évaluer la situation dans les zones probablement touchées par l’ouragan.  

Les agences de l’ONU et leurs partenaires ont des partenariats solides avec les organisations de la société civiles locales de la région, suite à leur appui aux interventions qui ont suivi le passage de l’ouragan Kammuri en décembre dernier.   Si nécessaire, il sera possible de rapidement évaluer les besoins nécessaires pour appuyer le Gouvernement dans ses efforts.  

Lesotho

Le Secrétaire général a pris note de la fin de la coalition gouvernementale dans le Royaume du Lesotho à la suite d’une décision consensuelle de l’Assemblée nationale.   Il appelle à la formation d’un nouveau gouvernement pour permettre au leadership du Royaume de relever les principaux défis à venir, notamment la pandémie de COVID-19 ainsi que la mise en œuvre des réformes nationales menées et appropriées par les Basotho et convenues l’année passée durant le dialogue national.   Le Secrétaire général félicite la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) pour ses efforts visant à assurer la paix et la stabilité durables au Lesotho. 

Amazonie

Pour ce qui est de la protection des populations autochtones d’Amazonie, plusieurs organismes de l’ONU, y compris le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR), l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) ont fourni des trousses d’hygiène, des abris, un accès à des centres médicaux et aux soins de santé, ainsi que des vivres aux communautés autochtones de la région pour les aider dans le contexte de la pandémie.  

Au Brésil, l’ONU élabore un plan d’action pour une réponse et une relance socioéconomique face à la pandémie et pour la protection des populations autochtones menacées par le virus.   Le plan prévoit de mobiliser des fonds pour des initiatives spécifiques visant à renforcer la protection des groupes autochtones.   Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme a déclaré qu’il poursuit son travail de défense des autochtones auprès des autorités fédérales, des États et des municipalités. 

De plus, l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) continue de travailler avec le Gouvernement du Brésil pour contrer la déforestation illégale.   L’UNESCO et le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) se mobilisent pour établir des réserves de biosphères dans la région et interviennent auprès des communautés qui y vivent. 

COVID-19/Cessez-le-feu

La Secrétaire générale adjointe aux affaires politiques et à la consolidation de la paix, Mme Rosemary DiCarlo, a participé, hier, au Forum de Stockholm dont le thème était « Appuyer la paix pendant la pandémie de COVID-19 ».    

Elle a indiqué que l’appel à un cessez-le-feu du Secrétaire général avait reçu un soutien mondial, provenant notamment de quelques 110 États Membres ainsi que de partenaires régionaux, de militants de la société civile et de dirigeants religieux.   L’appel a également été entendu par 24 groupes armés.   

Elle a cependant prévenu que ce soutien ne s’est toujours pas traduit par des améliorations concrètes sur le terrain.   Mme DiCarlo a ajouté qu’il faut mettre la détermination et le poids collectif de la communauté internationale derrière les efforts pour faire taire les armes.   Ceux qui soutiennent les belligérants ou leur fournissent des armes doivent également user de leur influence sur les combattants pour mettre fin aux hostilités.  

Contribution financière

La Slovénie a entièrement payé sa cotisation au titre du budget ordinaire de l’ONU pour cette année, amenant à 91 le nombre d’États Membres a en avoir fait de même. 

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