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DBF200428
28 avril 2020

Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU: 28 avril 2020

(La version française du Point de presse quotidien
n’est pas un document officiel des Nations Unies
)

Ci-dessous les principaux points évoqués par M. Stéphane Dujarric, Porte-parole de M. António Guterres, Secrétaire général de l’ONU:

Secrétaire général/Climat

Ce matin, le Secrétaire général s’est exprimé lors du dialogue de Petersberg sur le climat, une réunion ministérielle de deux jours organisée en ligne par l’Allemagne et présidée par le Royaume-Uni.  La réunion est axée sur la manière d’orchestrer une reprise économique « verte » après la fin de la phase aiguë de la pandémie.  

Alors que nous planifions notre sortie de la pandémie, a déclaré le Secrétaire général, nous avons une occasion unique de ramener notre monde sur une voie plus durable et inclusive, en s’attaquant aux changements climatiques, en protégeant l’environnement, en contrant la perte de biodiversité et en assurant la pérennité, la santé et la sécurité à long terme de l’humanité.  

Dans ses remarques, il a souligné que la seule réponse pour lutter contre la pandémie, ainsi que la crise climatique, réside dans un leadership courageux, visionnaire et coopératif, ajoutant que le coût le plus élevé est le coût de l’inaction.  

Le Secrétaire général a proposé six actions liées à l’enjeu climatique pour façonner la reprise.  Il s’agit notamment de créer de nouveaux emplois et de nouvelles entreprises grâce à une transition propre et « verte »; d’utiliser des fonds publics pour investir dans des secteurs et projets durables et de veiller à ce que l’argent des contribuables soit utilisé pour la promotion d’une croissance inclusive et non pour le renflouement d’industries obsolètes et polluantes.  

Le Secrétaire général a également appelé tous les pays, en particulier les émetteurs les plus importants, à préparer des stratégies climatiques nationales renforcées pour parvenir à l’objectif de zéro émission d’ici à 2050.   Le New York Times a publié aujourd’hui en ligne un éditorial du Secrétaire général sur le sujet.    

Vice-Secrétaire générale/Union européenne/Sahel  

 Ce matin, lors d’une réunion organisée par la Commission européenne avec les pays du G5 Sahel, la Vice-Secrétaire générale, Mme Amina J. Mohammed, a déclaré que, face à cette crise humaine mondiale, le maintien du Sahel en tête de l’ordre du jour de la communauté internationale est de la plus haute importance.  

Si le virus a forcé le monde à observer une pause, a-t-elle ajouté, il n’y a certainement pas eu de pause s’agissant du terrorisme, de la pauvreté et des changements climatiques.  Elle a salué l’engagement renouvelé des chefs d’État du G5 Sahel et de leurs partenaires européens à unir leurs forces pour lutter contre le terrorisme et la criminalité organisée et à s’attaquer aux causes profondes de l’instabilité.  Les conséquences politiques, sociales et économiques du coronavirus ont exacerbé les pressions sur les pays du G5 Sahel, déjà confrontés à des contraintes extrêmes.  

Au Burkina Faso, au Mali et au Niger, quatre millions de personnes sont confrontées à une faim extrême, un chiffre qui devrait atteindre les 5,5 millions de personnes en août.  Au Mali, par exemple, la COVID-19 a déjà déstabilisé le secteur agricole et entraîné une hausse significative des prix, affectant gravement la sécurité alimentaire.  La Vice-Secrétaire générale a déclaré que la COVID-19 menace d’anéantir des gains de développement durement gagnés.  Dans un tel contexte, elle a réitéré l’importance des partenariats et appelé tous les acteurs à renforcer la coordination, ainsi que l’échange d’informations et de soutien. 

Solidarité avec la ville de New York  

À la suite d’une initiative de la Jordanie, 167 États Membres et Observateurs permanents ont publié une déclaration de solidarité et d’amitié envers la ville de New York dans ce contexte de pandémie de la COVID-19.  Selon le communiqué, la ville de New York a été le foyer qui a accueilli et initié les actions collectives pour faire face à des défis mondiaux.  

C’est à New York que se trouve le Siège de l’ONU, qui porte notre voix collective pour la paix, la prospérité et la solidarité.  Nous sommes convaincus que New York surmontera cette crise, indique le communiqué.  

Les New-Yorkais triompheront de ce défi pour en ressortir plus forts et plus résilients.  Les États Membres et les Observateurs permanents ont salué le dévouement et le courage de tous les New-Yorkais.  Nous savons que les New-Yorkais vaincront cet odieux ennemi, ont-ils déclaré.  

Le Secrétaire général publiera cette lettre en tant que document officiel de l’ONU.  Naturellement, il apporte son plein soutien à cette initiative, ainsi qu’à la ville hôte du Siège de l’ONU. 

COVID-19/Femmes et filles

Une nouvelle étude publiée aujourd’hui par le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) et des partenaires indique que les perturbations économiques et physiques provoquées par la COVID-19 pourrait avoir d’énormes conséquences sur les droits et la santé des femmes et des filles. 

L’étude indique que sur une période de six mois, en raison des perturbations significatives liées au confinement, 47 millions de femmes dans 114 pays à revenu faible ou intermédiaire pourraient ne pas pouvoir utiliser des moyens contraceptifs modernes, donnant lieu, selon les projections, à sept millions de grossesse non-désirées supplémentaires.   

Six mois de confinement pourraient également provoquer 31 millions de cas supplémentaire de violence sexiste.   

Le FNUAD a ajouté que la pandémie devrait provoquer des retards significatifs dans les programmes de lutte contre les mutilations génitales féminines et les mariages d’enfant.  En raison de ces perturbations, deux millions de cas supplémentaires d’excisions et 13 millions de mariage d’enfants supplémentaires pourraient se produire au cours de la prochaine décennie.   

COVID-19/LGBTI

Le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) et MPact Global Action for Gay Men’s Health and Rights sont extrêmement préoccupés par le fait que les personnes lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres et intersexes (LGBTI) sont en train d’être pointées du doigt, blâmées, abusées, incarcérées et stigmatisées en tant que vecteur de maladies pendant cette pandémie.   

La Directrice exécutive de l’ONUSIDA, Mme Winnie Byanyima, a déclaré que chaque personne, quel que soit son orientation sexuelle, son identité de genre ou son expression sexuelle, a droit à la santé, à la sureté et à la sécurité, sans exception.  Elle a ajouté que le respect et la dignité sont plus nécessaires que jamais.   

COVID-19/sureté et santé au travail 

La Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail est célébrée aujourd’hui.  Sans surprise, elle est axée cette année sur la réponse aux flambées de maladies infectieuses au travail, avec un accent particulier placé sur la pandémie de COVID-19.   

L’ONU note que les gouvernements, les employeurs, les travailleurs et leurs organisations font face à des défis d’envergure alors qu’ils cherchent à enrayer la pandémie et protéger la sécurité et la santé au travail.    

Au-delà de la crise immédiate, des préoccupations existent sur la manière de reprendre les activités tout en maintenant les progrès réalisés en matière de suppression de la transmission.

Pour sa part, l’Organisation internationale du Travail (OIT) averti qu’à moins de mettre en place des moyens de protection adéquats pour les travailleurs, une deuxième vague de propagation du virus pourrait voir le jour.  

COVID-19/Samoa 

À Samoa, où il n’y a pas de cas confirmé de la COVID-19, la pandémie a déjà eu un impact sur l’économie du pays et d’autres du Pacifique Sud.   

La Coordonnatrice résidente, Mme Simona Marinescu, dirige la réponse de l’équipe de l’ONU qui couvre trois territoires.  Cette équipe, qui comprend le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), UNICEF et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), fournit un appui technique au secteur de la santé, ainsi que des fournitures médicales essentielles et des équipements de protection individuels.   

Sur le plan socioéconomique, l’ONU travaille, aux côtés du Gouvernement, sur une banque alimentaire à laquelle pourront accéder plus de 4 000 ménages jusqu’à la stabilisation de l’économie.   

L’équipe de l’ONU alloue également des fonds existants et provenant de l’Union européenne dans le cadre de l’Initiative Spotlight de l’UE-ONU pour réponde à l’impact de la COVID-19 sur la violence domestique à l’encontre des femmes et des filles.   

COVID-19/RDC 

En République démocratique du Congo (RDC), comme partout ailleurs, assurer l’apprentissage des enfants malgré la fermeture des écoles est un défi.   

La Mission pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) indique que Radio Okapi, la station de radio opérée par la Mission, est le premier média du pays à fournir un programme éducatif par l’intermédiaire de la radio.  Okapi École a été lancé dimanche dernier en partenariat avec UNICEF.   

Son objectif est de diffuser 14 heures d’enseignement hebdomadaire pour les 22 millions d’enfants qui sont actuellement chez eux en raison de la fermeture des écoles.   

Ce programme radiophonique sera diffusé pendant les six prochains mois.  Il met l’accent sur l’éducation primaire et a vu le jour suite à un appel à proposition lancé par le Ministère de l’éducation aux médias de la RDC.   

Afghanistan

La Mission d’assistance en Afghanistan (MANUA) a indiqué qu’elle avait répertorié 533 décès et 760 blessés parmi les civils au cours des trois premiers mois de l’année.   Selon un rapport de l’ONU publié hier, ce chiffre comprend 150 enfants qui ont été tués en raison des combats qui sévissent dans le pays.   

Ce rapport fait état d’une augmentation préoccupante de la violence pendant le mois de mars, alors qu’il était espéré que le Gouvernement de l’Afghanistan et les Taliban entameraient des négociations de paix.   

Il souligne également la nécessité urgente pour toutes les parties au conflit d’agir davantage pour protéger les civils, notamment en raison de la menace imminente que pose le virus à l’ensemble des Afghans.   

Malgré une augmentation du niveau de la violence en mars, le nombre de victimes civiles enregistrées au cours du premier trimestre de 2020 représente une baisse de 29% comparé au premier trimestre de 2019, et est le chiffre le plus faible pour un premier trimestre depuis 2012.   

Myanmar  

Au Myanmar, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) indique que la poursuite du conflit entre les forces armées du Myanmar et l’armée arakanaise dans l’État rakhine et dans le sud de l’État chin a entraîné une augmentation du nombre de victimes civiles et contraint des personnes à fuir leurs foyers ces dernières semaines.

Rien que la semaine dernière, plus de 30 civils, dont des enfants, auraient été tués ou blessés par des bombardements et des tirs d’armes légères.   Le 20 avril, un membre du personnel de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a été tué et un fonctionnaire du Gouvernement a été blessé à Rakhine alors qu'ils soutenaient la riposte au virus. 

Le Myanmar est désormais confronté à la menace très réelle de la maladie.   Le Coordonnateur pour l’action humanitaire, M. Ola Almgren, a souligné que la poursuite du conflit est également un obstacle majeur à la lutte contre la pandémie. 

L’ONU travaille en étroite collaboration pour soutenir les efforts nationaux de prévention et d’intervention.  

Colombie

Le Secrétaire général regrette l’annonce faite par l’Armée de libération nationale (ELN), en espagnol, qu'elle ne prolongera pas son cessez-le-feu unilatéral au-delà de la fin avril, après plusieurs semaines au cours desquelles elle avait eu un effet positif.  

Une prolongation aurait apporté de l’espoir et un message de paix aux communautés touchées par le conflit et au-delà, facilitant la riposte à la pandémie conformément à l’appel du Secrétaire général.  L’ONU continue d’exhorter les groupes armés en Colombie à cesser toute violence.   Les communautés ont besoin de toute urgence d’une aide humanitaire non entravée par un risque d’hostilités et de violence.   En ce moment, la population du pays doit pouvoir se concentrer sur ses efforts de lutte contre la pandémie.  

Yémen

Le Secrétaire général suit avec préoccupation l’évolution de la situation sur le terrain dans le sud du Yémen.   Il exhorte toutes les parties prenantes concernées à faire preuve d’un maximum de retenue et à s’abstenir de toute action qui aggraverait encore la situation.

  Il en appelle à tous pour engager un dialogue inclusif afin de résoudre leurs différends et répondre aux préoccupations légitimes de l’ensemble des Yéménites, y compris celles des groupes du Sud.   Il les invite en outre à mettre en œuvre l’Accord de Riyad et à concentrer leurs efforts sur la lutte contre la propagation de la COVID-19 et la réponse aux inondations qui ont touché des milliers de Yéménites.  

 Le Secrétaire général réaffirme la nécessité de préserver l’intégrité des institutions yéménites et souligne que le conflit au Yémen ne peut être résolu que par un règlement politique négocié.  

Conseil de sécurité/Moyen-Orient

 Le porte-parole a apporté des précisions relatives aux propos que le Coordonnateur spécial pour le processus de paix au Moyen-Orient, M. Nickolay Mladenov, a tenu, la semaine dernière le 23 avril, lors de son intervention devant le Conseil de sécurité, lorsqu’il a déclaré que « 34 structures appartenant à des Palestiniens dans la Zone C ont été démolies au cours de la période considérée » (c’est-à-dire du 21 mars au 22 avril).  

 Le porte-parole a précisé qu’aucune structure n’a été démolie à Jérusalem-Est au cours de la période considérée et qu’en raison de la crise de la COVID-19, les autorités israéliennes n’ont démoli aucune structure habitée après le 26 mars.  

L’exposé montre clairement que, bien que l’arrêt temporaire des démolitions de domicile ait été salué, les démolitions de structures inhabitées se sont poursuivies et le Coordonnateur spécial a demandé que ces dernières cessent.  

Conseil de sécurité/ABYEI   

 Ce matin, le Conseil de sécurité a tenu une visioconférence publique sur la Force intérimaire de sécurité des Nations Unies pour Abyei (FISNUA). 

Informant les membres du Conseil, le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, M. Jean-Pierre Lacroix, a déclaré que, malgré l’amélioration des relations entre le Soudan et le Soudan du Sud, il est très peu probable que des progrès soient réalisés dans la détermination du statut final de la région d’Abyei à court et moyen-terme . 

Il a indiqué qu’au niveau local, la situation en matière de sécurité dans la zone d’Abyei reste instable, marquée par des tensions entre les communautés ngok dinka et misseriya, une augmentation de la criminalité et la présence d’éléments armés dans la zone de responsabilité de la mission.

 M. Lacroix a déclaré que des troupes de l’ONU avaient été attaquées par des éléments armés, signalant un incident survenu le 24 avril lorsque des forces de l’ONU ont été visées par un berger misseriya armé à Nai.   Lors d’un incident distinct survenu le même jour dans la même zone, trois membres de la communauté misseriya ont attaqué la base d’opérations temporaire d’Alal, attaque que les Casques bleus ont repoussée.

 Concernant l’épidémie de COVID-19, M. Lacroix a indiqué que la FISNUA s’emploie à encourager le lavage des mains et la distanciation sociale, ainsi qu'à décongestionner les centres de détention et à mettre en place des sites de dépistage à Abyei.  Il a demandé au Conseil de prolonger le mandat de la FISNUA pour une nouvelle période de six mois.  

Budget ordinaire

 Andorre a versé la totalité de sa contribution au titre du budget ordinaire 2020, portant à 86 le nombre d’États Membres ayant fait de même. 

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