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24 avril 2020

Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU: 24 avril 2020

(La version française du Point de presse quotidien n’est pas un document officiel des Nations Unies)

Ci-dessous les principaux points évoqués par M. Stéphane Dujarric, Porte-parole de M. António Guterres, Secrétaire général de l’ONU:

Secrétaire général

Ce matin, le Secrétaire général de l’ONU a pris la parole lors du lancement de l’initiative de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) intitulée « Engagement et appel à l’action: une collaboration mondiale pour accélérer la mise au point, la production et l’accès ‎équitable à de nouveaux produits de diagnostic, traitements et vaccins contre la COVID-19 ». 

Le Directeur général de l’OMS, M. Tedros Adhanom Ghebreyesus, le Président de la France, M. Emmanuel Macron, le Président de l’Afrique du Sud, M. Cyril Ramaphosa, la Chancelière de l’Allemagne, Mme Angela Merkel, la Présidente de la Commission européenne, Mme Ursula von der Leyen, ainsi que de nombreux autres dirigeants mondiaux et partenaires de la santé ont également pris part à l’événement. 

Dans son discours, le Secrétaire général a souligné que la santé humaine est le bien public mondial par excellence. 

Il a dit que nous sommes confrontés à une pandémie mondiale sans pareil.  Dans un monde interconnecté, aucun de nous n’est en sécurité tant que nous ne sommes pas tous en sécurité. 

Le Secrétaire général a souligné que le monde a besoin du développement, de la production et de la livraison équitables, sûrs et efficaces de vaccins, d’outils thérapeutiques et de diagnostic contre la COVID-19. 

Mais, a-t-il ajouté, il doit s’agir d’un vaccin et d’un traitement abordables, sûrs, efficaces, faciles à administrer et universellement disponibles - pour tout le monde et partout. 

Le Secrétaire général s’est dit convaincu que cela pourrait être fait, affirmant qu’il sait que nous pouvons donner la priorité à l’être humain. 

M. Guterres a souhaité que ce soit l’une des leçons essentielles tirées de cette pandémie: la nécessité d’une nouvelle urgence pour soutenir les biens publics mondiaux et la couverture sanitaire universelle. 

Réponse humanitaire à la COVID-19

Des groupes d’aide, grands et petits, soutiennent les personnes les plus vulnérables du monde dans la lutte contre la COVID-19. 

Les organisations humanitaires, y compris les agences de l’ONU, la Croix-Rouge et d’autres, déploient des efforts allant de la mise en place de chaînes d’approvisionnement mondiales et de ponts aériens à la livraison de masques et d’équipements médicaux, en passant par la communication de messages vitaux à partir de voitures et de vélos. 

Les confinements, les couvre-feux et les restrictions sur les mouvements de personnes et de marchandises ont un impact sur la réponse humanitaire, mais les travailleurs humanitaires sont déterminés à poursuivre leur travail de secours pour continuer à aider quelque 117 millions de personnes dans le monde. 

Pour soutenir la réponse humanitaire de tous, l’ONU exhorte à assurer un accès rapide en faveur des agents sanitaires et des travailleurs humanitaires, ainsi que des fournitures, aussi bien aux frontières qu’à l’intérieur des pays. 

Le système humanitaire a un besoin urgent de financement pour continuer à lutter contre le virus tout en maintenant des programmes essentiels préexistants.  Le Plan mondial d’action humanitaire face à la COVID-19 de 2 milliards de dollars, lancé par le Secrétaire général il y a un mois, a reçu jusqu’à présent 697 millions de dollars. 

Liberté de la presse

La Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Mme Michelle Bachelet, se dit alarmée par les mesures restrictives imposées par plusieurs États à l’encontre de médias indépendants, ainsi que par l’arrestation et l’intimidation de journalistes. 

Mme Bachelet a déclaré que certains États ont utilisé la pandémie comme prétexte pour restreindre les informations et étouffer les critiques. 

Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme a reçu des informations selon lesquelles des journalistes auraient disparu après une couverture critique de la réponse à la COVID-19.  Des organes de presse ont également été fermés par les autorités en raison de leurs reportages. 

La libre circulation de l’information est essentielle pour lutter contre la pandémie, a-t-elle déclaré, ajoutant que nous n’avons jamais autant dépendu des médias que pendant cette pandémie.  Des rapports crédibles et précis sont une bouée de sauvetage pour nous tous. 

Cyberattaques contre l’OMS

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a indiqué hier que depuis le début de la pandémie, une augmentation spectaculaire du nombre de cyberattaques dirigées contre son personnel a été constatée. 

Le nombre de cyberattaques est désormais plus de cinq fois supérieur à celui dirigé contre l’OMS au cours de la même période l’an dernier. 

Cette semaine, quelque 450 adresses de courriel et des mots de passe actifs de l’OMS ont été divulgués en ligne, ainsi que des milliers d’autres appartenant à d’autres personnes travaillant sur la réponse contre la COVID-19. 

Les informations d’identification divulguées n’ont pas mis en danger les systèmes de l’OMS, car les données n’étaient pas récentes.  Cependant, l’attaque a eu un impact sur un ancien système extranet utilisé par le personnel actuel et à la retraite ainsi que par certains partenaires de l’OMS. 

L’OMS migre désormais les systèmes affectés vers un système d’authentification plus sécurisé. 

Des escrocs usurpant l’identité de l’OMS dans les courriels ciblent également de plus en plus le grand public afin de canaliser les dons vers un fonds fictif et non vers le véritable fonds de solidarité pour la lutte contre la COVID‑19.

Conseil de sécurité

Ce matin, le Représentant spécial et Chef de la Mission d’administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK), M. Zahir Tanin, a averti le Conseil de sécurité de la vulnérabilité particulière du Kosovo à une plus grande propagation du virus de la COVID-19. 

M. Tanin a déclaré qu’un leadership et une unité politique forts sont plus que jamais nécessaires au Kosovo, alors que la bataille est menée contre « l’énorme défi » posé par le virus.  Il a ajouté que, même si des efforts héroïques sont déployés par le personnel médical, les ressources de santé du pays sont très limitées. 

Il s’est également déclaré préoccupé par l’instabilité politique interne, notamment la motion de défiance parlementaire du 25 mars. 

Dans l’après-midi, la Secrétaire générale adjointe aux affaires politiques et à la consolidation de la paix, Mme Rosemary A. DiCarlo, et le Secrétaire général adjoint aux opérations de paix, M. Jean-Pierre Lacroix, ont présenté des exposés sur la situation au Soudan. 

Haut-Commissariat pour les réfugiés

Le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) a indiqué soutenir les efforts en Amérique latine visant à exploiter les compétences des travailleurs de la santé réfugiés et migrants pour soutenir leurs réponses nationales à la COVID-19. 

Des pays comme le Pérou, l’Argentine, le Chili et le Mexique ont mis en place des mesures spéciales pour autoriser l’embauche de professionnels et de techniciens de santé étrangers qui sont qualifiés.  Ceux-ci incluent les personnes en attente d’accréditation ou dont la certification n’est pas encore validée par les pays d’accueil.  D’autres ont adopté des procédures de reconnaissance accélérées pour accélérer leur inclusion dans les ripostes sanitaires nationales. 

Le HCR indique que des milliers de personnes travaillent désormais avec les systèmes de santé nationaux pour répondre à la pandémie.  Beaucoup sont prêts à soutenir et redonner quelque chose aux communautés qui les abritent. 

Liban

L’ONU au Liban appelle à une action collective pour atténuer l’impact de la pandémie sur les enfants et les jeunes.  Elle apporte son soutien au Ministère de l’éducation et de l’enseignement supérieur, ainsi qu’au Ministère de l’agriculture, entre autres partenaires au Liban, en développant des solutions alternatives aux fermetures d’écoles pour garantir que l’apprentissage ne s’arrête pas. 

Les agences de l’ONU au Liban aident en préparant et déployant des solutions d’apprentissage à distance inclusives.  Le soutien à l’apprentissage à distance comprend des activités pour la création de cours d’éducation pré-primaire et de base, ainsi que du matériel de bien-être, l’approche axée sur la lutte contre la violence sexiste et la sensibilisation à la santé des élèves et des parents. 

L’équipe de pays de l’ONU fournit également une assistance pour l’élaboration de supports d’apprentissage en communication et d’épisodes télévisés spéciaux, ciblant les enseignants et les parents, afin de les sensibiliser à la manière de répondre au stress et aux besoins psychosociaux des enfants lors des exercices d’apprentissage à distance. 

Haïti

En Haïti, la pandémie accule de plus en plus d’Haïtiens à un grave niveau de faim. 

Près de quatre millions de personnes, soit près d’une personne sur trois sur l’île, sont déjà confrontées à une insécurité alimentaire aiguë et ont besoin d’une aide d’urgence.  Un million d’entre elles sont en situation de famine, selon une étude publiée à la fin de l’année dernière par le Gouvernement, avec le soutien du Programme alimentaire mondial (PAM) et de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture(FAO). 

Au cours des quatre premiers mois de l’année, le PAM a aidé 200 000 personnes et repris ses distributions d’urgence de vivres et d’espèces dans de nombreux départements du pays.  Le virus ayant entraîné la fermeture des écoles, le PAM a entamé la distribution de rations alimentaires à emporter pour les écoliers et leurs familles.  En temps normal, le programme de restauration scolaire du PAM en Haïti fournit un repas chaud quotidien à environ 300 000 enfants.  Durant cette période, le PAM indique qu’il est essentiel d’accroître cette aide alimentaire et plaide pour la mobilisation de fonds supplémentaires à cette fin. 

Myanmar

Au Myanmar, qui compte désormais 127 cas confirmés de COVID-19, l’équipe de l’ONU soutient les efforts du Gouvernement pour protéger tous les groupes de personnes contre le virus, y compris les personnes détenues dans les centres de détention et celles y travaillant.

L’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) œuvre avec les autorités à un plan de préparation pour les prisons.  Avec l’appui des Gouvernements de la Suède, de la Suisse, du Royaume-Uni et des États-Unis, l’ONU achète des fournitures de lutte contre les infections, y compris des masques, des gants, du savon, du désinfectant pour les mains, des thermomètres et des équipements de protection individuelle. 

Avec le soutien de Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA), du Gouvernement et des organisations non gouvernementales, l’ONU améliore également l’accès à l’information et aux services de santé essentiels pour les personnes souffrant de troubles liés à la consommation de stupéfiants et celles vivant avec le VIH et la tuberculose.

Le Coordonnateur résident, M. Ola Almgren, a salué les grâces accordées par le Gouvernement et la libération de près de 25 000 personnes le 17 avril, en sus des efforts continus pour renforcer les protocoles médicaux dans les prisons et les centres de détention.  M. Almgren réitère le soutien de l’ONU à la réponse du Gouvernement face à la COVID-19 dans tous les domaines.  Dans ses efforts de lutte contre la COVID-19, l’ONU, a-t-il dit, ne doit laisser personne de côté dans des domaines tels que la préparation, le relèvement, le développement et la consolidation de la paix. 

Cote d’Ivoire

En Côte d’Ivoire, qui compte 952 cas confirmés de COVID-19, le Coordonnateur résident sur place, M. Philippe Poinsot, dirige l’équipe de l’ONU dans son appui à la riposte du Gouvernement au virus. 

À l’instar de nombreux pays africains, les conséquences économiques se sont faites ressentir avant que la crise sanitaire ne se développe.  De nombreux secteurs sont en souffrance et les moyens de subsistance sont profondément affectés par le confinement partiel.  L’équipe de l’ONU apporte son soutien par le biais de conseils de politique publique sur le niveau de confinement nécessaire, le transfert de paiement en espèces et les mécanismes généraux de gouvernance pour la riposte nationale.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) soutient directement le plan d’urgence sanitaire du Gouvernement de la Côte d’Ivoire.  Dans le cadre d’un effort humanitaire conjoint, l’équipe a élaboré un plan d’intervention commun de 355 millions de dollars dans les domaines de l’eau et de l’assainissement, de la nutrition, de l’éducation, de la protection et de la communication.  L’ONU œuvre également à la coordination de l’aide et à la mobilisation des ressources avec le concours de la Banque mondiale et d’autres partenaires. 

Afghanistan

La situation en Afghanistan évolue rapidement vers une crise alimentaire et de subsistance, selon les agences humanitaires sur place. 

Les prix des denrées alimentaires sur les marchés urbains ont considérablement augmenté depuis la mi-mars dans un contexte marqué par le conflit et l’insécurité alimentaire due aux catastrophes naturelles.  Avec ses partenaires humanitaires, l’ONU fournit le double de rations d’aide alimentaire, des distributions échelonnées étant mises en œuvre pour limiter la propagation potentielle du virus. 

Alors que les vols internationaux vers l’Afghanistan sont actuellement suspendus, le Service aérien d’aide humanitaire des Nations Unies a commencé, hier, un pont aérien connectant des vols de Kaboul à Doha.  Les vols, uniquement en transit, devraient être de trois par semaine, selon la demande. 

Mozambique

Au Mozambique, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) met en garde contre les défis qui subsistent toujours dans le nord du pays, un an après le passage du cyclone Kenneth.  La tempête tropicale de catégorie 4 a frappé près de 280 000 personnes le 25 avril 2019.  L’OIM indique que de nombreuses familles dans la région œuvrent toujours au relèvement de la zone. 

De plus, la province de Cabo Delgado, qui jouxte la Tanzanie, est fragilisée par des déplacements en raison de l’insécurité.  En février de cette année, le choléra a également fait son apparition, frappant des centaines de personnes. 

Le Mozambique a annoncé son premier cas d’infection au virus de la COVID-19 le 22 mars et comptait, au 23 avril, 46 cas confirmés, la plupart dans la capitale, Maputo, et la province de Cabo Delgado. 

Somalie

Hier, l’ONU et ses partenaires ont lancé le Plan de préparation et d’intervention COVID-19, qui requiert la mobilisation d’un peu plus de 500 millions de dollars. 

Ce plan vient en appui au plan de réponse globale du Gouvernement, lancé à la fin du mois dernier.  Le nouveau plan, qui vaut pour les six à neuf prochains mois, vise à répondre aux conséquences sanitaires, humanitaires et socioéconomiques immédiates de la pandémie. 

Hier, la Somalie comptait 328 cas confirmés, dont 16 décès. 

Yémen

L’ONU se félicite de la prorogation par l’Arabie saoudite du cessez-le-feu unilatéral au Yémen.  L’ONU espère que les parties yéménites profiteront de cette occasion pour faire avancer les négociations en cours menées par l’ONU et s’accorder, dès que possible, sur un accord pour un cessez-le-feu national, des mesures de confiance, des mesures économiques et humanitaires et la reprise du processus politique. 

Journée internationale du multilatéralisme et de la diplomatie au service de la paix

La Journée internationale du multilatéralisme et de la diplomatie au service de la paix est célébrée aujourd’hui. 

Dans son message, le Secrétaire général rappelle que la pandémie de COVID-19 est une tragédie qui vient nous rappeler à quel point nous sommes unis les uns aux autres et que, pour combattre le virus, il nous faut œuvrer, ensemble, comme une même famille humaine. 

Pour autant, le multilatéralisme n’est pas seulement un moyen, pour nous, d’affronter des périls communs, a-t-il dit.  Il nous offre aussi des chances, que nous devons saisir ensemble.  L’occasion nous est offerte de reconstruire sur de meilleures bases, en bâtissant des économies et des sociétés plus inclusives et durables.  

Lancement de l’initiative « Rise for all » (Solidaires pour tous)

Lundi, la Vice-Secrétaire générale, Mme Amina Mohammed, exposera les grands axes de l’initiative « Rise for all » (Solidaires pour tous) qui rassemble des femmes dirigeantes en vue de la mobilisation d’un appui au Fonds d’affectation spéciale pour le relèvement et la Feuille de route de l’ONU pour le relèvement socioéconomique, tels que mis en place par le Cadre onusien pour une réponse socioéconomique immédiate à la COVID-19.  La Vice-Secrétaire générale sera aux côtés de l’Administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), M. Achim Steiner. 

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