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DBF200421
21 avril 2020

Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU: 21 avril 2020

(La version française du Point de presse quotidien
n’est pas un document officiel des Nations Unies
)

Ci-dessous les principaux points évoqués par M. Stéphane Dujarric, Porte-parole de M. António Guterres, Secrétaire général de l’ONU:

Conseil de sécurité / faim 

Ce matin, le Conseil de sécurité a tenu une visioconférence publique intitulée « Protéger les civils de la faim engendrée par les conflits ».  

C’est la première fois, depuis que le Conseil a commencé le télétravail en raison de l’irruption du virus, que les déclarations de l’ensemble des membres ont été entièrement diffusées sur Internet. 

Dans son intervention, le Directeur exécutif du Programme alimentaire mondial (PAM), M. David Beasley, a averti les membres du Conseil qu’alors que l’on gère la pandémie de COVID-19, on est également au seuil d’une pandémie de faim. 

Il a noté que pendant les conversations qu’il a eues avec les dirigeants du monde, ces derniers mois, avant que le virus ne devienne un problème, il avait signalé que cette année serait marquée par la pire crise humanitaire depuis la Seconde Guerre mondiale en raison de plusieurs facteurs. 

M. Beasley a souligné qu’outre une pandémie de santé mondiale, nous affrontons une catastrophe humanitaire mondiale, 821 millions de personnes se couchant chaque soir en proie à une faim chronique. 

Le Directeur général de l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), M. Qu Dongyu, est également intervenu.  Il a réitéré que la prévention des conflits et l’action précoce pour limiter l’impact des conflits sont des mesures hautement efficaces qui doivent être prises pour réduire l’insécurité alimentaire aigue. 

Le Secrétaire général du Conseil norvégien pour les réfugiés, M. Jan Egeland, a aussi participé à la réunion.  

Rapport sur les crises alimentaires

Une alliance internationale, constituée de l’ONU, d’organisations gouvernementales et non gouvernementales qui œuvrent pour répondre aux racines de la faim extrême, a publié, aujourd’hui, le Rapport mondial annuel sur les crises alimentaires. 

Dans sa préface, le Secrétaire général a indiqué que cette année, le rapport met en exergue la détresse des millions de personnes qui doivent lutter, chaque jour, contre une faim aigue et la malnutrition.  Il note également que le rapport identifie des solutions pour rebâtir les vies et le bien-être dans les communautés du monde entier. 

Le rapport indique qu’à la fin 2019, 135 millions de personnes, répartie dans 55 pays et territoires, faisaient face à une insécurité alimentaire aiguë.  De plus, 75 millions d’enfants souffraient de retards de croissance et 17 millions d’insuffisance pondérale en 2019. 

Il s’agit des niveaux les plus élevés d’insécurité alimentaire aiguë et de malnutrition recensés depuis la première édition du rapport en 2017.  Les moteurs de cette tendance sont les conflits, les évènements climatiques extrêmes et les turbulences économiques. 

Myanmar

Le porte-parole a annoncé qu’un conducteur de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), qui travaillait dans l’État rakhine, au Myanmar, était mort hier, suite à un incident sécuritaire, alors qu’il se déplaçait dans un véhicule de l’ONU clairement marqué. 

Pyae Sone Win Maung transportait des échantillons pour la surveillance de la COVID-19, en appui aux efforts du Ministère de la santé. 

Le Directeur général de l’OMS, M. Dr. Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déploré cette vie perdue en veillant à la sécurité du monde. 

Une déclaration du Secrétaire général est également attendue à ce sujet. 

Libye

La Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL) est extrêmement préoccupée par la détérioration de la situation humanitaire dans et aux alentours de Tripoli suite à l’intensification des combats ces derniers jours.  Au moins 28 civils ont été blessés et cinq tués, y compris des femmes et des enfants, suite à l’augmentation dramatique des bombardements indiscriminés sur des zones peuplées par des civils. 

La MANUL a également alerté que la situation humanitaire se détériore à Tarhouna en raison d’une escalade militaire dans et aux alentours de la ville qui a provoqué une nouvelle vague de déplacements de civils.  La gravité de la situation humanitaire est exacerbée par les coupures continues d’électricité dans ce qui s’apparente à une punition collective des habitants de ville, en représailles pour l’interruption de l’approvisionnement en gaz de la centrale électrique de Khoms et de Misrata.  La MANUL appelle toutes les parties concernées à immédiatement mettre un terme aux coupures d’électricité et à rétablir l’approvisionnement en gaz.  

Le personnel de l’ONU sur le terrain rappelle à toutes les parties au conflit que les attaques indiscriminées, la prise pour cible d’hôpitaux et d’autres installations médicales, de même que la coupure délibérée de l’approvisionnement en électricité, en carburant, en eau ou en vivres sont des violations du droit international humanitaire et pourraient, selon les circonstances, être considérées comme des crimes de guerre. 

Syrie

L’ONU est en train de renforcer ses efforts de réponse transfrontalières depuis la Turquie vers les régions nord-ouest de la Syrie afin de répondre aux besoins de 2,8 millions de personnes, y compris des centaines de milliers de personnes déplacées depuis le 1er décembre. 

Au mois de mars, plus de 1 480 camions transportant des vivres, du matériel pour construire des abris, de l’eau et une aide en matière d’assainissement, d’hygiène et de nutrition ont été envoyés dans le nord-ouest de la Syrie en empruntant les postes frontaliers de Bab al-Hawa et de Bab al-Salam.  Ces derniers ont été autorisés par le Conseil de sécurité.  Il s’agit du nombre le plus important de camions dépêchés en un seul mois depuis le début des opérations transfrontalières en 2014. 

Le rythme des livraisons a continué d’augmenter en avril.  Au cours de la seule première semaine du mois d’avril, plus de 300 camions sont passés dans le nord-ouest de la Syrie, sous le contrôle du Mécanisme de surveillance pour veiller la nature humanitaire des livraisons.  Ces livraisons sont effectuées quotidiennement; 55 camions ont emprunté ces passages aujourd’hui, laissant présager un nouveau record de livraison d’aide ce mois-ci. 

Malgré ces livraisons, les besoins demeurent extrêmement élevés en raison des déplacements de masse provoqué, en début d’année, par des hostilités intenses. En outre, il existe des préoccupations importantes concernant une nouvelle augmentation des besoins en raison de la COVID-19. 

Yémen

Le Général Abhijit Guha, Chef de la Mission des Nations Unies en appui à l’Accord sur Hodeïda (MINUAAH), a présenté ses condoléances pour le décès du Colonel Mohamed Al-Sulihi du Gouvernement du Yémen.  Les services rendus par le Colonel Al-Sulihi en tant qu’agent de liaison sur le terrain le long des lignes de front de la ville d’Hodeïda seront toujours appréciés par l’ONU.  

Le Général Guha est bien conscient des préoccupations du Gouvernement du Yémen et compte poursuivre ses discussions avec son équipe du Comité de coordination du redéploiement de ce dernier sur la meilleure façon d’y répondre. Malgré les défis posés par la pandémie de coronavirus, la MINUAAH continuera d’œuvrer à l’instauration d’un environnement propice à la reprise des travaux du Comité. Le général Guha compte sur l’engagement des deux parties pour aller de l’avant dans la mise en œuvre de l’Accord sur Hodeïda.  

Dans le même temps, des pluies torrentielles et des inondations dans les provinces du nord du Yémen, y compris de Mareb, à la mi-avril ont fait des victimes et endommagé des biens et des sites pour personnes déplacées.  

Au 18 avril, dans tout la province de Mareb, près de 6 290 familles ont été touchées par les pluies torrentielles et les inondations, ayant débuté le 15 avril.  Les partenaires humanitaires évaluent les besoins des familles touchées et les dommages causés.  Certaines ONG ont déjà fourni une aide urgente, notamment alimentaire.  Plus de 500 familles sont hébergées dans des hôtels de la ville de Mareb.   

COVID-19/Bangladesh   

  
Au Bangladesh, le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) a mis en garde aujourd’hui contre des conséquences potentiellement mortelles en cas d’inachèvement, pendant la pandémie, des mesures de préparation annuelles pour la mousson.  

Les mesures ont été cette année affectées par la suspension des efforts de réduction des risques de catastrophe, tandis que le confinement a rendu difficile la livraison des fournitures.  

Bien qu’il soit essentiel de donner la priorité aux mesures de santé publique dans les camps de réfugiés, en particulier à Cox’s Bazar, les activités de préparation face aux cyclones et à la mousson doivent également se poursuivre, a souligné le HCR.  Menés ensemble, ces efforts permettront de garantir aux réfugiés des conditions de vie et sanitaires sûres, en plus de faire face à une éventuelle urgence de santé publique.  

COVID-19/Togo

Au Togo, avant même la confirmation du premier cas début mars, l’équipe de pays de l’ONU a appuyé les mesures de préparation prises par le Gouvernement pour répondre aux besoins sanitaires et aux conséquences sur les moyens de subsistance.  

Le Togo compte actuellement 83 cas confirmés de COVID-19.  L’équipe de l’ONU a envoyé des dizaines d’experts, y compris des épidémiologistes, des médecins et autres, afin de travailler directement avec le Ministère de la santé dans des domaines tels que la gestion des cas et leur suivi, ainsi que le traçage des contacts.  

L’équipe de l’ONU a acheté des équipements de protection personnelle, du matériel de dépistage, des kits respiratoires, des ambulances médicalisées et des cliniques mobiles afin d’atteindre les communautés les plus reculées.  De son côté, le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) a fait don de kits pour améliorer l’accès des femmes enceintes aux soins médicaux.  Le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) œuvre pour garantir l’accès à des médicaments pour les personnes souffrant de maladies chroniques.  Le Coordonnateur résident sur place, M. Damien Mama, conduit des consultations avec les partenaires internationaux afin d’appuyer la riposte nationale à la pandémie.  

COVID-19/Guyana

 Au Guyana, qui compte 63 cas confirmés du virus, l’équipe de pays de l’ONU appuie les autorités dans les domaines de la santé, du relèvement économique, des droits de l’homme et de la logistique, entre autres. 

L’Organisation panaméricaine de la santé (OPS) dispense formations et kits de dépistage et forme le personnel gouvernemental à la signalisation des risques et à l’évaluation de l’état de santé des personnes arrivant dans le pays.  Aux côtés du Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR), l’OPS a également fourni des équipements de protection individuelle.  Le HCR a offert près de 50 unités de logements préfabriquées pouvant servir comme centres de soins.    

 La Coordonnatrice résidente, Mme Mikiko Tanaka, travaille avec d’autres entités de l’ONU afin de fournir une protection sociale aux plus vulnérables et de les empêcher de sombrer dans la pauvreté.  Le Fonds des Nations Unies pour les activités en matière de population (FNUAP) appuie le Gouvernement dans ses efforts d’intégration de la prévention de la violence sexiste aux stratégies de réponse. En outre, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le HCR distribuent vivres, articles d’hygiène et autres fournitures à plus de 4 000 migrants et réfugiés venus du Venezuela.  

COVID-19/Travailleurs  

La crise actuelle a un impact dévastateur sur les travailleurs et les employeurs de tous les secteurs, selon l’Organisation internationale du Travail (OIT). 

Les travailleurs dans les domaines de services essentiels, tels que la santé et les interventions d’urgence, courent un risque élevé d’infection.  Les commerçants de bouche, le personnel de bord dans les avions et les employés du secteur l’automobile font partie de ceux qui ont vu leur santé et leurs moyens de subsistance compromis par la pandémie.  

Pour tous ces secteurs touchés, l’OIT exhorte les gouvernements à étendre la protection sociale à tous et conseille d’adopter des mesures visant à promouvoir le maintien dans l’emploi, le travail partiel, les congés payés et autres subventions.  L’objectif est de faire en sorte que les économies, les marchés de l’emplois et les secteurs industriels soient plus résilients et durables lors du recul de la pandémie.  

Handicap

 L’Envoyée spéciale du Secrétaire général sur le handicap et l’accessibilité, Mme  María Soledad Cisternas Reyes et l’Experte indépendante chargée de promouvoir l’exercice par les personnes âgées de tous les droits de l’homme, Mme Rosa Kornfeld-Matte, ont publié une déclaration conjointe appelant au droit d’accès, pour toutes les personnes infectées, à une unité de soins intensifs et à une assistance vitale.  Cela vaut pour les personnes handicapées, ainsi que les personnes âgées, ont-elles déclaré, en ajoutant qu’elles doivent être traitées sur un pied d’égalité, aucune réglementation nationale ne devant leur refuser ces soins.  Elles ont indiqué qu’un tel refus peut être qualifié de traitement cruel et inhumain et, par conséquent, de violation de leurs droits fondamentaux.  

Budget ordinaire  

La Barbade, l’Éthiopie et le Royaume-Uni se sont acquittés de l’intégrité de leur contribution au budget ordinaire, portant à 84 le nombre d’États Membres à l’avoir fait.  

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