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17 avril 2020

Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU: 17 avril 2020

(La version française du Point de presse quotidien n’est pas un document officiel des Nations Unies)

Ci-dessous les principaux points évoqués par M. Stéphane Dujarric, Porte-parole de M. António Guterres, Secrétaire général de l’ONU:

COVID-19 / Dette

La note d’orientation du Secrétaire général sur la dette et la COVID-19 a été publiée aujourd’hui.  Elle indique que la contraction mondiale de l’activité économique induite par la pandémie a des conséquences désastreuses, notamment sur la soutenabilité de la dette. 

La note souligne que cette situation ne se limite pas aux pays à faible revenu.  Les pays à revenu intermédiaire, où vit 75% de la population mondiale et 62% des pauvres dans le monde, sont également très vulnérables à une crise de la dette, à une perte d’accès aux marchés et aux fuites de capitaux. 

Alors que dans le meilleur des cas, la reprise dans les économies des pays développés pourrait commencer d’ici à la fin 2020 et se répercuter sur les pays en développement, il est également possible que ce soit le début du pire ralentissement économique depuis la Grande Dépression. 

Outre la lutte immédiate contre la pandémie, des ressources supplémentaires seront également nécessaires pour stimuler la demande, créer des emplois et rétablir la capacité d’approvisionnement aux niveaux d’avant la crise, sans parler de la réalisation des objectifs de développement durable.

COVID-19 / Secrétaire général

Aujourd’hui, lors des Réunions de printemps de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI) tenues par visioconférence, le Secrétaire général a prononcé un discours au cours d’un événement de haut niveau sur la « Mobilisation avec l’Afrique ». 

M. António Guterres a souligné que durant cette crise, l’Union africaine et le continent africain ont fait preuve d’unité et de leadership, deux caractéristiques qui se font très rares à l’heure actuelle. 

Le Secrétaire général a averti que, comme pour la crise climatique, le continent africain pourrait souffrir le plus d’une crise qu’il n’a pas créé. 

Il a ajouté que pour aider à faire face aux conséquences économiques et sociales dévastatrices de la pandémie, il demande depuis le début un ensemble complet de réponses mondiales s’élevant à un pourcentage à deux chiffres du PIB mondial. 

Il a souligné que l’allégement du poids écrasant de la dette est absolument crucial et s’est félicité des mesures annoncées par le G20, notamment la suspension des paiements du service de la dette pour tous les pays de l’Association internationale de développement (IDA) et les pays les moins avancés. 

Pour le Secrétaire général, c’est un début.  Mais la gravité de la crise exige plus. 

M. Guterres a également souligné la nécessité de se concentrer sur les plus vulnérables et de veiller à ce que les droits de tous soient protégés. 

COVID-19 / Sécurité alimentaire

La Vice-Secrétaire générale, Mme Amina Mohammed, s’est entretenue ce matin par visioconférence avec le Groupe des Amis pour la sécurité alimentaire et la nutrition. 

Elle leur a dit que, face à la pandémie actuelle, il ne faudrait pas grand-chose pour faire basculer des millions de personnes de plus dans l’insécurité alimentaire.  Un choc économique de l’envergure que nous connaissons présente un danger réel et imminent. 

Elle a déclaré que nous devons agir maintenant, de manière cohérente et coordonnée, si nous voulons empêcher la COVID-19 de provoquer la généralisation de la faim et de l’insécurité alimentaire. 

Elle a ajouté qu’alors que nous travaillons sur la réponse immédiate à la pandémie, nous devons saisir l’opportunité de mieux reconstruire en tenant compte des liens complexes qui sous-tendent nos systèmes alimentaires.  Le moment est venu de bâtir les systèmes alimentaires durables, résilients et inclusifs dont nous avons besoin pour réaliser le Programme 2030 et créer un avenir meilleur pour tous sur une planète saine. 

COVID-19 / FAO - Afrique

L’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Union africaine et des partenaires internationaux ont publié, hier, une déclaration conjointe dans laquelle ils s’engagent à soutenir un accès alimentaire et nutritionnel pour les plus vulnérables en Afrique.  Ils ont qualifié le système alimentaire et agricole de service essentiel qui doit continuer d’opérer pendant les périodes de confinement, de couvre-feu et d’autres mesures de protection. 

COVID-19 / UNICEF

Dans une déclaration publiée aujourd’hui, la Directrice générale de l’UNICEF, Mme Henrietta Fore, a réitéré l’appel lancé par le Secrétaire général aux parties belligérantes afin qu’elles déposent leurs armes pour faire face à la pandémie et protéger les 250 millions d’enfants dans le monde qui vivent dans des zones de conflit.  Un cessez-le-feu mondial, a-t-elle dit, protégerait les enfants en les soustrayant au risque d’être tués, mutilés ou expulsés de leurs maisons en raison d’un conflit.  Cela mettrait également un terme aux attaques contre des infrastructures vitales, telles que les centres de santé et les systèmes d’eau et d’assainissement, tout en permettant aux populations vulnérables d’accéder aux services essentiels comme les soins de santé, cruciaux pour vaincre une pandémie. 

COVID-19 / Personnes LGBTI

Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme a publié, aujourd’hui, une nouvelle note d’orientation à l’intention des États et autres parties prenantes sur la COVID-19 et les droits de l’homme des personnes LGBTI. 

La Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Mme Michelle Bachelet, a déclaré que les États doivent veiller à ce que les lesbiennes, les gays, les bisexuels, les transgenres et les intersexes ne soient pas victimes de discrimination et ne craignent pas de représailles dans leur recherche de soins de santé pendant la pandémie. 

Ces lignes d’orientation identifient les principales préoccupations et définissent les actions clefs.  Il s’agit notamment de veiller à ce que les mesures adoptées pour atténuer les conséquences économiques de la crise prennent pleinement en considération les personnes LGBTI, celles-ci étant davantage susceptibles d’être au chômage et de vivre dans la pauvreté que le reste de la population. 

Libye

En Libye, les hostilités à Tripoli et dans les environs ont continué d’avoir de lourdes conséquences pour les civils.  Une pause humanitaire s’impose d’urgence.  La Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL) indique qu’au moins 131 victimes civiles, dont 64 morts, ont été recensées au cours des trois premiers mois de cette année.  Le nombre de cas confirmés de COVID-19 en Libye est passé à 49, dont un décès.  La plupart des cas sont concentrés à Benghazi, Misrata et Tripoli. 

Avec ses partenaires humanitaires, l’ONU fournit un soutien technique en vue de renforcer le système national de surveillance et d’alerte précoce et de soutenir la mise en place de lieux d’isolement dans certains hôpitaux du pays. 

Au cours du dernier mois, près de 19 000 interventions médicales ont été pratiquées et 53 établissements de santé publique ont reçu services et fournitures. 

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) exprime également sa profonde préoccupation devant le sort de centaines de migrants ramenés en Libye cette année par les garde-côtes et qui échappent aujourd’hui à toute comptabilisation.  Malgré de multiples demandes, les autorités libyennes n’ont pas encore fourni d’informations claires sur les lieux où se trouveraient ces personnes, ni sur les raisons pour lesquelles elles ont été emmenées dans des centres de détention non officiels. 

COVID-19 / République démocratique du Congo

Ainsi qu’il a été signalé en début de semaine, certaines parties de l’est de la République démocratique du Congo (RDC) connaissent un regain de violence.  Le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) a averti que cela risque d’avoir des conséquences dramatiques alors que le pays se prépare à faire face à la pandémie de COVID-19.

La RDC compte déjà la plus importante population de déplacés en Afrique, plus de cinq millions de personnes ayant été déracinées par le conflit.  Il y a également 500 000 réfugiés originaires de pays voisins.

Le HCR renforce, dans la mesure du possible, ses activités habituelles de santé et d’assainissement dans les camps, les sites et les centres de transit.  Les mesures de prévention actuelles comprennent un contrôle de la température aux points d’entrée.  Le HCR a également installé quelque 365 stations de lavage des mains et effectué une première distribution de plus de 23 000 pains de savon.

Le HCR poursuit également son plaidoyer pour l’égalité d’accès des réfugiés et des personnes déplacées dans les systèmes de santé nationaux mis en place pour lutter contre la COVID-19.

COVID-19 / Indonésie

En Indonésie, l’ONU aide à l’obtention de ventilateurs et d’autres fournitures médicales essentielles pour lutter contre la pandémie.  Selon le Gouvernement, le pays compte plus de 5 500 cas et près de 500 décès.

Criquets pèlerins

Dans la région de la Corne de l’Afrique, l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et des partenaires humanitaires continuent les opérations de contrôle terrestre et aérien, y compris le traitement de plus de 200 000 hectares en Éthiopie, au Kenya et en Somalie.

Les criquets pèlerins continuent de poser une grave menace à la sécurité alimentaire et au bien-être dans la région de la Corne de l’Afrique, alors que de plus en plus d’essaims se forment et atteignent leur maturité dans le nord et le centre du Kenya, dans le sud de l’Éthiopie et en Somalie, coïncidant tous avec le début de la saison des pluies et des semis.

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a averti que si les essaims ne sont pas contenus, les impacts sur les cultures et le fourrage augmenteront la faim dans des zones déjà confrontées à des niveaux d’insécurité alimentaire très élevés.

À compter d’hier, 116,3 millions de dollars ont été promis pour financer l’appel lancé par la FAO pour faire face aux criquets pèlerins, lequel vise à lever 153 millions de dollars pour soutenir la riposte dans 10 pays.

COVID-19 / Népal

Au Népal, 16 cas de COVID-19 ont été officiellement confirmés jusqu’à présent, et l’équipe de pays de l’ONU s’emploie à répondre aux besoins immédiats en matière de santé ainsi qu’à la reprise à court et à long terme afin d’atténuer les impacts du confinement.  Nous avons lancé un plan de préparation et d’intervention qui nécessite 38 millions de dollars pour les besoins humanitaires et de relance sociale et économique.  Ce plan a été présenté aux partenaires nationaux et internationaux et sera mis à jour sous peu pour inclure les besoins du Gouvernement. 

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) travaille avec le Gouvernement à fournir l’équipement nécessaire ainsi qu’à renforcer les capacités des mécanismes de surveillance et des laboratoires.  L’ONU travaille également avec le Gouvernement pour répondre aux questions du public sur la prévention et les soins, en s’attaquant également aux rumeurs, à la désinformation et à la stigmatisation, tout en renforçant la prévention de la violence familiale.  De jeunes volontaires de sept provinces ont été mobilisés pour lancer des campagnes sur les médias sociaux produites par l’équipe des Nations Unies. 

COVID-19 / Panama

Au Panama, l’agence des Nations Unies pour les migrations travaille avec le Gouvernement pour atténuer les menaces auxquelles sont confrontés les migrants, ainsi que les risques pour la sécurité publique que pose la pandémie.  Le Panama accueille chaque année près de 25 000 migrants, qui arrivent en général par la région sauvage de la barrière de Darién qui sert de frontière entre le Panama et la Colombie. 

Ukraine

Dans une déclaration publiée hier soir, le Secrétaire général s’est félicité de la libération et de l’échange de prisonniers liés au conflit dans l’est du pays.  Le Secrétaire général a déclaré qu’il espérait que cette importante mesure humanitaire, avant la Pâques orthodoxe, serait une étape positive conduisant à d’autres progrès, notamment un cessez-le-feu permanent, dans la lignée de son appel au cessez-le-feu mondial, ainsi qu’un nouveau désengagement des forces et un accès humanitaire sans entrave à travers la ligne de contact. 

Damien Corrigan

Le Porte-parole a annoncé le décès, la nuit dernière, de Damien Corrigan, un collègue très talentueux de UNTV dont la maîtrise de l’objectif a permis de fournir à la presse les images des événements importants qui se déroulent dans le bâtiment de l’ONU.

Pendant sa carrière de 35 ans au service de l’ONU, Damien Corrigan a couvert tous les Secrétaires généraux depuis Javier Pérez de Cuellar, et durant l’Assemblée générale, pratiquement tous les chefs d’État du monde ont pu bénéficier de sa maîtrise inégalée du téléprompteur.

Homme au tempérament imperturbable, il avait également une expertise incroyable des mots croisés du NY Times qu’il complétait tous les jours.  « Il nous manquera beaucoup à tous dans ces salles », a dit le Porte-parole.

« Nos sincères condoléances vont à sa famille en Irlande, ainsi qu’à sa femme Jen et ses enfants Jack et Kirstin ainsi qu’à tous ses collègues de UNTV qui travaillent sans relâche dans les coulisses, en particulier durant cette période très difficile. »

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