Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU: 7 avril 2020

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7 avril 2020

Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU: 7 avril 2020

(La version française du Point de presse quotidien n’est pas un document officiel des Nations Unies)

Ci-dessous les principaux points évoqués par M. Stéphane Dujarric, Porte-parole de M. António Guterres, Secrétaire général de l’ONU:

Journée mondiale de la santé

À l’occasion, aujourd’hui, de la Journée mondiale de la santé, le Secrétaire général a dédié son message cette année à tous les travailleurs de la santé ‑infirmiers, sages-femmes, techniciens, ambulanciers, pharmaciens, médecins, chauffeurs, personnel d’entretien, administrateurs et bien d’autres- qui travaillent jour et nuit pour nous garder en sécurité.  « Aujourd’hui, notre reconnaissance envers vous toutes et tous est plus profonde que jamais, vous qui travaillez, 24 heures sur 24, en prenant des risques pour lutter contre les ravages de cette pandémie. »  Le Secrétaire général a souligné qu’en ces temps traumatisants, nous sommes aux côtés des personnels de santé: « Vous nous emplissez de fierté, vous nous inspirez et nous vous sommes infiniment redevables. »

L’année 2020 étant également l’Année internationale du personnel infirmier et des sages-femmes, le Secrétaire général a également exprimé une reconnaissance spéciale à leur expertise et à leur engagement.

COVID-19 / Infirmiers

Un nouveau rapport de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et de ses partenaires indique que la pandémie de COVID-19 souligne la nécessité urgente de renforcer le personnel de santé au niveau mondial, les infirmiers étant en première ligne dans la lutte contre le virus.  Le Directeur général de l’OMS, le docteur Tedros, a déclaré que les infirmiers sont l’épine dorsale de tout système de santé, ajoutant que le nouveau rapport, intitulé « La situation du personnel infirmier dans le monde – 2020 », est un signal d’alarme pour faire en sorte qu’ils reçoivent le soutien dont ils ont besoin pour maintenir la santé du monde. 

Aujourd’hui, il y a un peu moins de 28 millions d’infirmiers dans le monde, avec un déficit mondial de 5,9 millions, les plus grands manques étant en Afrique, en Asie du Sud-Est, dans la région de la Méditerranée orientale et en Amérique latine.  Selon les estimations du rapport, les pays en pénurie doivent augmenter le nombre total d’infirmiers diplômés de 8% en moyenne par an, tout en améliorant pour eux la capacité de trouver et de garder un emploi dans le système de santé.

Ensemble à la maison

Hier, l’OMS et Global Citizen ont annoncé organiser un événement spécial pour célébrer et soutenir les travailleurs de la santé.  L’événement, intitulé « One World: Together At Home », sera coorganisé par Jimmy Fallon, Jimmy Kimmel et Stephen Colbert, pour mettre en vedette -en plus des stars et des segments musicaux [dont Lady Gaga]- des expériences réelles de médecins, d’infirmiers et de familles du monde entier.  L’événement sera organisé au bénéfice du Fonds d’intervention de solidarité COVID-19 de la Fondation des Nations Unies pour l’OMS.

Maintien de la paix

Afin d’atténuer le risque de transmission de la COVID-19, le Secrétaire général a suspendu jusqu’au 30 juin la rotation et le déploiement du personnel en uniforme, les officiers comme le personnel des unités militaires et de police constituées.  Cette décision a été transmise à tous les pays fournisseurs de contingents et de personnel de police, ainsi qu’à toutes les opérations de paix concernées. 

Nos missions de maintien de la paix travaillent à temps plein pour contenir et atténuer la propagation de la COVID-19.  Nos priorités sont d’assurer que le personnel en uniforme entrant n’est pas atteint de la COVID-19, d’atténuer le risque que les Casques bleus de l’ONU soient un vecteur de contagion et de maintenir simultanément nos capacités opérationnelles.  Quelques exceptions limitées peuvent être envisagées pour pouvoir continuer à exécuter le mandat, mais seulement s’il y a des circonstances atténuantes et dans le respect de conditions strictes pour prévenir la propagation du virus.

Mali

Lors d’une réunion du Conseil de sécurité sur le Mali, qui s’est tenue par visioconférence ouverte, le Représentant spécial et Chef de la mission de maintien de la paix de l’ONU dans le pays, Mahamat Saleh Annadif, a déclaré que 46 cas de COVID-19 ont été enregistrés au Mali, dont un parmi le personnel de maintien de la paix.  Malgré ces conditions exceptionnelles, la mission continue de remplir son mandat et appuie la riposte du Gouvernement à la pandémie, a-t-il ajouté.  La rotation des contingents en uniforme est suspendue jusqu’à la fin du mois de juin, bien que des exceptions puissent être envisagées pour la mise en œuvre du mandat, avec des autorisations au cas par cas et des périodes d’isolement pour prévenir la propagation du virus. 

Le Représentant spécial a souligné certains développements positifs récents dans le pays, notamment le climat généralement pacifique qui a accompagné les élections législatives de la semaine dernière et le respect du quota de 30% pour les femmes.  Il a également signalé le redéploiement des premières unités reconstituées des Forces de défense et de sécurité maliennes dans les régions du nord du pays.  En ce qui concerne la région du centre, M. Annadif a déclaré que la mission continue de mettre en œuvre son plan d’adaptation pour mieux protéger les civils. 

Mais alors que la violence et l’insécurité persistent dans le pays, M. Annadif, dans une déclaration distincte à la presse, a fermement condamné une attaque contre les forces armées maliennes qui a eu lieu hier près de Gao. 

COVID-19 / Ouzbékistan

En Ouzbékistan, l’équipe de l’ONU aide le Gouvernement à contenir la propagation du virus, ainsi qu’à faire face aux impacts socioéconomiques.  L’OMS a fourni des experts pour travailler directement avec le Ministère de la santé et pour soutenir le Plan stratégique de préparation et d’intervention du pays.  L’ONU a également fourni une formation sur le diagnostic en laboratoire pour les facultés de médecine et d’autres centres universitaires.

L’ONU contribue également à l’achat de ventilateurs, de kits de tests et d’autres fournitures sanitaires, tandis que le PNUD s’assure qu’il y a du matériel de protection et de détection pour les maternités, ainsi que des refuges pour femmes.  Il y a aussi des organisations de la société civile qui soutiennent les femmes handicapées.

Nous aidons également le Gouvernement à gérer le problème de la protection sociale au vu du nombre important de personnes qui perdent leur emploi ou qui sont forcées de prendre un congé sans solde.

COVID-19 / Jordanie

L’équipe de l’ONU, dirigée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), travaille de près avec le Gouvernement en appuyant le Plan opérationnel national de préparation et de réponse afin de contenir le virus et de fournir des équipements médicaux et de protection personnelle ainsi que des tests de dépistage.

L’UNICEF travaille avec le Ministère de l’éducation pour veiller à la continuité de l’enseignement des enfants les plus vulnérables, notamment grâce à l’enseignement via la télévision et en ligne dans les foyers ainsi qu’avec des copies imprimées dans les communautés qui n’ont pas accès à Internet.

L’ONU travaille avec le Gouvernement pour fournir des services de conseil par téléphone aux femmes, y compris les réfugiées.  Il procède également à des transferts de liquidités aux femmes qui ont dû arrêter de travailler en raison de la pandémie, y compris des versements d’espèces en ligne en utilisant la technologie de la chaîne de blocs dans les camps de réfugiés.

Pour sa part, le Programme alimentaire mondial (PAM) travaille avec le Gouvernement pour veiller au maintien de l’aide destinée aux réfugiés, notamment grâce à des transferts de liquidités pour des vivres et d’autres nécessités.

De son côté, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) appuie la gestion des déchets médicaux dans les hôpitaux jordaniens pour protéger les patients, les agents sanitaires et le grand public.

Nigéria

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) indique qu’hier, au Nigéria, l’ONU, l’Union européenne et le Gouvernement ont lancé un panier de fonds pour la COVID-19 afin de mobiliser des fonds supplémentaires pour appuyer les efforts face à la pandémie.

À compter d’hier, le Nigéria a indiqué que 238 cas et cinq décès avaient été confirmés.

Le nouveau fonds, qui sera facilité et mis en œuvre par l’ONU au Nigéria, vise à veiller à la disponibilité d’équipements de santé essentiels et adéquats, nécessaires pour le dépistage, la préparation de la quarantaine et les soins médicaux.  Il fonctionnera comme une plateforme de financement et d’investissement pour l’ONU, les donateurs, le secteur privé, les fondations, les philanthropes et d’autres pour canaliser leur appui financier.

Cette nouvelle initiative est un complément aux 2 millions de dollars en financement fournis par l’ONU au Nigéria.  Le plan de préparation et d’intervention d’urgence face à la COVID-19 pour les déplacés et les personnes vulnérables dans le nord-est a été lancé la semaine dernière.

Afrique de l’Est

Le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) est en train de renforcer ses efforts pour augmenter la capacité à prévenir, traiter et limiter la propagation de la COVID-19 parmi les communautés de réfugiés en Afrique de l’Est, dans la Corne de l’Afrique et dans la région des Grands Lacs.  Ces régions abritent certaines des populations de réfugiés les plus importantes au monde.

De nombreuses opérations du HCR dans la région ont permis aux réfugiés d’obtenir plus de nourriture et d’articles de première nécessité, notamment du savon, afin de réduire la fréquence des distributions et les risques que représentent les longues files d’attentes et les grandes foules.

Le HCR intervient également de manière active auprès des gouvernements de la région pour veiller à l’inclusion des réfugiés, des demandeurs d’asile et des personnes déplacées dans les plans nationaux de réponse.

COVID-19 / Discussions de Genève

Les coprésidents des discussions internationales de Genève, à savoir l’ONU, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et l’Union européenne, ont indiqué qu’ils demeurent entièrement mobilisés pour aider à répondre aux défis provoqués par la pandémie de coronavirus.  Ils ont engagé l’ensemble des participants à répondre à l’appel du Secrétaire général à mettre de côté la méfiance et l’animosité, à éviter la rhétorique antagoniste et à travailler ensemble pour atteindre les plus vulnérables.

Cameroun

Le Secrétaire général condamne le double attentat-suicide à la bombe perpétré le 5 avril à Amichidé, dans l’extrême nord du Cameroun, par des combattants présumés de Boko Haram.  Il présente ses condoléances aux familles endeuillées ainsi qu’au Gouvernement et au peuple du Cameroun.

Le Secrétaire général réitère le soutien continu de l’ONU aux pays du bassin du lac Tchad dans leurs efforts inébranlables pour relever les défis sécuritaires, socioéconomiques et humanitaires posés par Boko Haram.

Libye

Le Coordonnateur de l’action humanitaire pour la Libye, M. Yacoub El Hillo, a déclaré qu’il était consterné d’avoir appris qu’un bombardement lourd avait frappé, aujourd’hui, à Tripoli, l’hôpital général d’Al Khadra, blessant au moins un travailleur de la santé et endommageant le centre médical qui était pleinement opérationnel.  Il a déclaré qu’il s’agissait d’une violation manifeste du droit international humanitaire.

M. El Hillo a indiqué que les appels répétés de l’ONU et de la communauté internationale à la cessation des hostilités n’ont été accueillis qu’avec un mépris total et que les combats se sont intensifiés.  C’est inacceptable à un moment où les soins et les agents de santé sont essentiels pour lutter contre une pandémie mondiale, a-t-il ajouté.

Il a indiqué que si la Libye devait avoir une chance contre la COVID-19, le conflit en cours devait cesser immédiatement.

Rwanda

En raison de la COVID-19, la traditionnelle réunion de commémoration de l’Assemblée générale pour marquer la Journée internationale de réflexion sur le génocide des Tutsis au Rwanda en 1994 a été reportée.  Cependant, le public est invité à réfléchir, le 7 avril, sur l’un des chapitres les plus sombres de l’histoire de l’humanité lorsque plus d’un million de personnes, majoritairement tutsies, mais aussi des modérés hutus, twa et autres opposants au génocide, ont été systématiquement tués en moins de trois mois.  Il est aussi invité à réfléchir sur la souffrance de ceux qui ont survécu.

Dans son message, le Secrétaire général a souligné qu’en cette journée de réflexion, « nous honorons la mémoire de toutes ces personnes.  Nous puisons notre inspiration dans la capacité des personnes rescapées de se réconcilier et de se reconstruire.  Il nous faut empêcher qu’une telle atrocité se reproduise. »

Il a également souligné que « c’est seulement en admettant que nous constituons une même famille humaine et partageons une seule planète que nous surmonterons les nombreux problèmes auxquels nous nous heurtons tous, de la COVID-19 aux changements climatiques. » 

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