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2 avril 2020

Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU: 2 avril 2020

(La version française du Point de presse quotidien
n’est pas un document officiel des Nations Unies
)

Ci-dessous les principaux points évoqués par M. Stéphane Dujarric, Porte-parole de M. António Guterres, Secrétaire général de l’ONU:

COVID-19/Changements Climatiques 

Le Secrétaire général a appuyé le report de la vingt-sixième Conférence des Parties à la Convention (COP 26), qui devait se tenir au mois de novembre à Glasgow, au Royaume-Uni.  Étant donné que des centaines de milliers de personnes tombent gravement malades et que beaucoup meurent de la COVID‑19, la nécessité d’éliminer le virus et de préserver des vies est notre priorité absolue.  

La crise de la COVID-19 renforce l’importance de la science et des faits pour informer les politiques et les décisions des gouvernements, a-t-il dit.  La science du climat n’a pas changé, les émissions ont désormais atteint un niveau record et les impacts, qui se multiplient, aggraveront les problèmes socioéconomiques que cette crise va intensifier. 

La solidarité et une ambition plus grande sont plus que jamais nécessaires pour passer à une économie durable, résiliente et à faible émission de carbone qui limite le réchauffement de la planète à 1,5°C. 

Le Secrétaire général continuera de travailler sans relâche avec les pays hôtes de la Conférence, les États Membres, la société civile, les jeunes et le monde des affaires pour que nous sortions de cette crise mondiale, meilleurs et plus forts.

Lettre du Secrétaire général 

Dans une lettre qu’il a envoyée hier aux États Membres, le Secrétaire général a indiqué que les opérations de l’ONU font face à une pression financière accrue en raison de contraintes budgétaires constantes, alors que le monde fait face aux défis considérables posés par la COVID-19.  Il a indiqué que l’année 2019 s’est achevée sur des arriérés de 711 millions de dollars, soit le niveau le plus élevé depuis une décennie, ce chiffre étant en augmentation de 34% par rapport à 2018.

Ce niveau élevé d’arriérés est aggravé par une baisse trés nette des paiements par les États Membres de leurs quotes-parts, les paiements s’élevant à ce jour à 42% du total contre 50% les années précédentes.  Nous courons ainsi le risque de faire face à une crise de liquidités plus précoce encore que les années précédentes, à moins que nous freinions les dépenses, a-t-il écrit. 

Le Secrétaire général a demandé aux responsables de gestion de suspendre temporairement toute embauche pour les opérations du budget ordinaire et de diminuer davantage encore les dépenses autres que celles ayant trait aux postes, afin d’assurer le paiement, dans les délais, des salaires du personnel et des rémunérations des prestataires.  

Il exprime sa reconnaissance aux États Membres qui se sont acquittés de l’intégralité de leur contribution pour 2020 et renouvelle son appel aux autres Membres pour qu’ils fassent de même le plus tôt possible.  

COVID-19/République centrafricaine

La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) soutient les efforts déployés par les autorités du pays pour prévenir et répondre à la pandémie de COVID-19.  

Les bureaux de la Mission présents dans le pays participent aux comités de gestion de crise locaux créés par les autorités locales.  Ils appuient également des campagnes d’information et de sensibilisation.  Certains bureaux ont ainsi organisé des séances de sensibilisation dans les prisons et aidé les autorités à distribuer dans le pays des milliers d’affiches et de dépliants sur la prévention.  La Mission travaille également en étroite collaboration avec l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), qui a été approchée par les hôpitaux locaux pour fournir du matériel et une aide à la formation. 

COVID-19/Malawi

Si le Malawi n’a pas encore enregistré de cas confirmé de COVID-19, l’ONU travaille déjà de manière acharnée pour soutenir la préparation et la réponse du Gouvernement.  L'ONU appuie les capacités de dépistage des laboratoires, ainsi que le recrutement de spécialistes de la santé publique, et invite les entrepreneurs malawiens à participer aux efforts afin de garantir des fournitures suffisantes pour répondre à la pandémie.  L’ONU travaille également à la préparation d’enseignements à distance pour les écoles et participe à la réparation et à l’amélioration des infrastructures d’eau et d’assainissement. 

COVID-19/Bolivie

En Bolivie, l’équipe des Nations Unies aide le Gouvernement à empêcher la propagation de la pandémie et à appliquer les directives de l’OMS.  L’ONU offre une formation technique au secteur de la santé publique, participe à l’achat d’équipement et de fournitures et mène des campagnes de communication sur la façon d’endiguer le virus.  L'équipe des Nations Unies et le Gouvernement bolivien ont mis en place une salle de coordination stratégique, qui travaille 24 heures sur 24 en vue de collecter et d’analyser les données pour une réponse efficace.  L’Équipe de pays humanitaire des Nations Unies travaille sur l’identification des besoins en termes d’abri, de sécurité alimentaire, d’éducation, de protection et de communication, en appui de la stratégie du Gouvernement. 

COVID-19/Inde

La Haute-Commissaire aux droits de l’homme, Mme Michelle Bachelet, s’est déclarée, aujourd’hui, bouleversée par le sort de millions de migrants affectés par la soudaine annonce d’une fermeture du pays.  Elle s’est félicitée des mesures qui ont ensuite été prises, telles que les instructions données par la Cour suprême afin que les migrants reçoivent suffisamment de nourriture, d’eau, de lits et de fournitures, même s’il y a toujours des défis persistants.  

COVID-19/Myanmar 

Au Myanmar, l’ONU continue d’accroître son soutien au Gouvernement pour prévenir, contenir et riposter à la pandémie de COVID-19.  Plus de 5 000 kits de produits de première nécessité -couvertures, ustensiles de cuisine, moustiquaires et articles d’hygiène- seront bientôt envoyés à la Direction régionale de la santé de Yangon.  L’ONU apportera également une assistance alimentaire aux personnes soumises à quarantaine dans les installations prévues à cet effet à Yangon.  L’ONU avait précédemment annoncé le projet d’envoyer 50 000 kits de test au Ministère de la santé et des sports.  

COVID-19/Portugal 

Le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) a salué aujourd’hui la décision du Gouvernement portugais d’octroyer des titres de séjour temporaire à tous les migrants et demandeurs d’asile ayant présenté une demande de résidence dans le pays avant le 18 mars, date à laquelle l’état d’urgence à la COVID-19 a été décrété.  Ces immigrants et demandeurs d’asile auront donc accès aux prestations sociales et soins de santé, pourront ouvrir un compte bancaire, travailler et louer une voiture, au moins jusqu'à début juillet.  L’ONUSIDA note que les migrants sont confrontés aux mêmes menaces pour la santé posées par la COVID-19 que les populations hôtes.  Ils doivent être pris en compte pour une réponse efficace face aux conséquences tant sanitaires que socioéconomiques de la pandémie. 

COVID-19/Liban 

Dans le droit fil des efforts menés par la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) pour aider la population hôte dans la lutte contre la COVID-19 dans le sud du pays, les pays contributeurs de troupes de la Mission ont pris l’initiative de fournir aux communautés du matériel médical et autres équipements à leur disposition.  Ces derniers jours, le commandement du secteur ouest de la FINUL, dirigé par l’Italie, a mené à bien plusieurs projets dans sa zone de responsabilité, en réponse aux demandes des hôpitaux locaux sur l’accueil de cas suspectés de COVID-19.  La FINUL a fait don de conteneurs préfabriqués et de matériel médical à un certain nombre d’hôpitaux. 

Syrie

Mme Najat Rochdi, Conseillère humanitaire principale de l’Envoyé spécial pour la Syrie, M. Geir Pedersen, a organisé, aujourd’hui par visioconférence, une réunion de l’équipe spéciale pour les besoins humanitaires du Groupe international de soutien pour la Syrie (GISS).  M. Pedersen y a participé et réitéré son appel pour un cessez-le-feu complet et immédiat dans l’ensemble de la Syrie afin de permettre un effort d’envergure face à la COVID-19 et épargner aux Syriens d’autres souffrances. 

L’Envoyé spécial a indiqué qu’il était prêt à travailler avec toutes les parties au conflit pour poursuivre son appel. 

Les membres de l’équipe spéciale pour les besoins humanitaires ont été informés que le virus pourrait avoir un impact dévastateur en raison du conflit prolongé et de la destruction et l’endommagement à grande échelle du système de santé.  Le système de santé publique de la Syrie est fragile et nécessitera un appui considérable afin de renforcer ses capacités. 

Des équipements et des appareils médicaux supplémentaires ainsi que des fournitures sont nécessaires de toute urgence afin de contenir une éventuelle irruption. 

Mme Rochdi et le leadership humanitaire de l’ONU sur le terrain ont souligné l’importance de maintenir les passages frontaliers, y compris les passages transfrontaliers, ainsi qu’à l’intérieur du pays pour assurer l’acheminement des articles de secours.  Les mouvements des travailleurs humanitaires et des personnes qui nécessitent des soins médicaux d’urgence sont essentiels. 

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) dirige les efforts de l’ONU pour appuyer la préparation et les mesures d’atténuation dans l’ensemble de la Syrie, notamment dans le nord-ouest et le nord-est.  À Damas, l’OMS a appuyé la remise en état substantielle du laboratoire central et a fourni du matériel essentiel supplémentaire pour soutenir l’établissement d’autres laboratoires prévus dans le pays. 

Yémen 

Le Bureau de l’Envoyé spécial pour le Yémen, M. Martin Griffith, intervient auprès des parties pour conclure des accords sur l’établissement d’un cessez-le-feu national, de mesures humanitaires et économique pour atténuer les souffrances du peuple yéménite ainsi que sur la reprise urgente du processus politique dans le but de mettre une fin complète à la guerre.  Ce processus vise en outre à encourager les efforts conjoints pour contrer la menace de la COVID-19. 

Le Bureau de l’Envoyé spécial débat de mesures concrètes avec les parties et maintien un contact régulier avec elles.  M. Griffith tient des consultations bilatérales quotidiennes dans le but de virtuellement réunir les parties dès que possible. 

«  J’espère que ces consultations seront bientôt achevées et pourront fournir ce que les Yéménites attendent, demandent et méritent  », a-t-il dit. 

Le Bureau de l’Envoyé spécial poursuit également ses efforts pour atteindre les groupes et communautés yéménites au sens large afin de les consulter sur les moyens de reprendre un processus politique inclusif.  Le Bureau sollicite leurs contributions sur ce qui permettrait de soutenir la capacité du Yémen à prévenir et à atténuer une flambée de COVID-19. 

Libye

L’ONU est gravement préoccupée par la poursuite des hostilités dans et aux alentours de Tripoli malgré une trêve convenue pour permettre aux autorités nationales et aux organisations humanitaires de se concentrer sur les défis sans précédent présentés par COVID-19.   

Des affrontements armés et des bombardements ont été signalés dans et aux alentours de Tripoli et d’Abou Qurayn, lesquels auraient endommagé des maisons et fait des victimes civiles.  Les combats font rage alors que l’ONU œuvre pour soutenir les autorités libyennes dans leurs efforts de préparation et de réponse à la COVID-19.  À ce jour, 10 personnes ont été confirmées comme porteuses du virus à Misrata et Tripoli. 

Sahel central 

Dans la région du Sahel central, le nombre de personnes souffrant de la faim augmente régulièrement à mesure que le conflit et la crise humanitaire qui y est associée s’intensifient.  Plus de cinq millions de personnes sont aujourd’hui confrontées à une grave insécurité alimentaire.  C’est ce qu’indique une nouvelle évaluation conjointe de la sécurité alimentaire réalisée par le Programme alimentaire mondial (PAM), l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ainsi que d’autres partenaires.  

Au Burkina Faso, le nombre de personnes en situation d'insécurité alimentaire devrait au moins tripler pour atteindre 2,1 millions.  Il y a un an, 680 000 personnes étaient en situation d’insécurité alimentaire.  

La situation est également extrêmement préoccupante au Mali et au Niger, où 1,3 et deux millions de personnes se trouvent, respectivement, en situation d’insécurité alimentaire grave. 

Cette augmentation dramatique du nombre de personnes souffrant de la faim survient au moment où la pandémie de COVID-19 se propage dans la région, se rajoutant aux défis que doit affronter un système de santé déjà fragile. 

Indice alimentaire

L’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a indiqué aujourd’hui, que les prix mondiaux des produits alimentaires ont fortement baissé en mars, principalement en raison de diminutions au niveau de la demande dues aux effets de la pandémie du COVID-19 et d’une baisse des prix mondiaux de l’huile. 

L’Indice FAO des prix des produits alimentaires a affiché une baisse de 4,3% depuis février. 

L’Indice FAO du prix du sucre a enregistré la chute la plus importante avec une baisse de 19,1% par rapport au mois précédent.  L’Indice FAO du prix des huiles végétales a diminué de 12%. 

Les prix mondiaux du riz, en revanche, ont augmenté pour le troisième mois consécutif, avec les cotations de l’Indice dopées par des phénomènes de stockage induits par des inquiétudes liées à la pandémie. 

Lors du sommet du G20, qui s’est tenu la semaine dernière, le Directeur général de la FAO, M. Qu Dongyu, a demandé aux leaders nationaux de « s’assurer que le commerce agricole continue de jouer un rôle important en contribuant à la sécurité alimentaire mondiale » et d’éviter d’adopter des politiques susceptibles d’entraver les échanges commerciaux, essentiels aux systèmes d’approvisionnement alimentaires. 

Femmes

Le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) a publié un rapport qui indique que, sur la base des données obtenues dans 57 pays, un quart des femmes ne sont pas en mesure de prendre leurs propres décisions concernant l’accès aux soins de santé et ne sont pas habilitées à dire non aux relations sexuelles avec leurs maris ou partenaires.  En outre, près d’une femme sur 10 n’est pas en mesure de faire ses propres choix quant à l’utilisation de la contraception. 

Le rapport a révélé que dans plus de 40% de ces pays, le pouvoir de décision des femmes ne s’améliore pas, voire régresse.   Le nouveau rapport du FNUAP lance également un système pour déterminer si les gouvernements promulguent des lois pour protéger l’accès des femmes aux services et aux informations en matière de santé sexuelle et procréative.  

COVID-19/Read the World  

L’UNICEF, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et l’Union internationale des éditeurs (UIE) ont lancé, aujourd’hui, l’initiative Read the World, qui est appuyée par plusieurs auteurs de livres pour enfant.  Tout au long de cette campagne, des auteurs liront des extraits de leurs livres à des millions d’enfants et de jeunes qui sont actuellement confinés en raison de la pandémie de COVID-19. 

Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme  

La Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme est célébrée aujourd’hui. Dans son message, le Secrétaire général note que la célébration de cette année se déroule alors que se propage une crise de santé publique qui expose les personnes autistes à un risque disproportionné. 

 En ces temps imprévisibles, a-t-il déclaré, nous devons nous engager à consulter les personnes handicapées et leurs organisations représentatives, et à veiller à ce que nos méthodes non traditionnelles de travail, d’apprentissage et de collaboration les uns avec les autres, ainsi que notre réponse mondiale au coronavirus, soient inclusives et accessibles à tous, y compris aux personnes autistes. 

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