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1 avril 2020

Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU: 1 avril 2020

(La version française du Point de presse quotidien
n’est pas un document officiel des Nations Unies
)

Ci-dessous les principaux points évoqués par M. Stéphane Dujarric, Porte-parole de M. António Guterres, Secrétaire général de l’ONU:

COVID-19/Secrétaire général

Hier, le Secrétaire général a lancé un rapport sur l’impact socioéconomique de la COVID-19, notant que le monde fait face à une épreuve sans précédent et que le moment de vérité est arrivé.  Avec les sociétés en plein bouleversement et les économies en chute libre, le Secrétaire général a souligné que nous devons réagir de manière décisive, innovante et ensemble afin d’endiguer la propagation du virus et répondre à la dévastation socioéconomique qu’il provoque dans toutes les régions. 

Dans un nouveau rapport publié aujourd’hui, le Département des affaires économiques et sociales a averti que l’économie mondiale pourrait se contracter de presque un pour cent cette année, soit 0,9%, en raison de la pandémie de COVID-19.

Le rapport note que le confinement des pays en Europe et en Amérique du Nord se fait durement ressentir dans les secteurs des services, de l’hôtellerie et des transports qui représentent collectivement plus d’un quart des emplois dans ces économies. 

Le rapport averti également que les effets des restrictions se feront bientôt ressentir dans les pays en développement et pourraient provoquer une contraction significative de l’industrie mondiale, perturbant les chaînes logistiques mondiales.  En outre, le rapport signale qu’alors que la pandémie s’aggrave, l’anxiété et les inégalités économiques augmenteront dans les pays à revenu élevé.

COVID-19/OCHA

À compter d’hier, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) avait versé, en tout, 78,8 millions de dollars aux réponses à la COVID-19, dont 75 millions de dollars provenant du Fonds central pour les interventions d’urgence (CERF) et le reste des fonds de financement commun pour les pays. 

Pour l’instant, les programmes établis dans 15 pays ont été appuyés grâce à ces fonds et des pays supplémentaires sont en train d’être identifiés dans le cadre d’une allocation mondiale de 60 millions de dollars provenant du CERF, une des plus importantes jamais réalisées, afin de donner le coup d’envoi au Plan mondial de réponse humanitaire à la COVID-19.

Ces allocations accordent la priorité aux personnes les plus vulnérables, notamment les personnes âgées et les personnes handicapées, et permettront de sauver des vies en renforçant la préparation et la réponse, en limitant la propagation du virus et en atténuant l’impact de la pandémie.

À la date d’aujourd’hui, près de 374 millions de dollars en financement généreux de donateurs ont été mis à la disposition du Plan mondial de réponse humanitaire à la COVID-19. 

Le financement du plan permettra de sauver des vies et d’équiper les agences humanitaires de l’ONU et les ONG afin de traiter les malades tout en protégeant les professionnels de la santé, mais aussi de sécuriser l’épine dorsale logistique pour assurer la livraison continue de l’aide aux personnes qui font face aux crises humanitaires dans le monde. 

AIEA 

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a annoncé aujourd’hui qu’elle est en train d’envoyer un premier lot d’équipements à plus de 40 pays pour les aider à utiliser une technologie dérivée du nucléaire pour rapidement dépister la COVID-19. 

Des dizaines de laboratoires en Afrique, en Asie, en Europe, en Amérique latine et aux Caraïbes recevront des machines à diagnostique et d’autres appareils pour accélérer le dépistage national qui est essentiel pour contenir l’irruption. Ils recevront également des fournitures de sécurité biologiques, notamment des équipements de protection personnels et des armoires de laboratoires, pour assurer l’analyse en toute sécurité des échantillons.

D’autres livraisons d’équipements au nombre croissant de pays qui demandent une aide devraient augmenter au cours des prochaines semaines.

OMM

L’Organisation météorologique mondiale (OMM) indique qu’elle est préoccupée par l’impact de la pandémie sur la quantité et la qualité des observations et prévisions météorologiques ainsi que sur la surveillance atmosphérique et climatique. 

D’importantes parties du système d’observation sont, soit entièrement ou partiellement, automatisées.  Elles devraient donc pouvoir continuer de fonctionner sans dégradation notable pendant encore plusieurs semaines.  Mais si la pandémie persiste plus longtemps que quelques semaines, l’OMM indique que les travaux de réparation, d’entretien, d’approvisionnement et les redéploiements manquants deviendront de plus en plus préoccupants.

Entre-temps, certaines parties du système d’observation sont déjà touchées. La diminution importante du trafic aérien a notamment eu un impact, les avions de ligne commerciaux contribuant au programme de retransmission des données météorologiques d’aéronefs qui utilisent des capteurs embarqués sur les avions, ainsi que des ordinateurs et des systèmes de communication pour collecter, traiter, formater et transmettre les observations météorologiques aux stations sur le sol, par satellite ou par radio. 

COVID-19/HCR – OIM – HCDH – OMS 

Quatre entités de l’ONU, le Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDH), le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR), l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), ont publié une déclaration conjointe qui appelle les gouvernements du monde à assurer un accès équitable aux services de santé pour les réfugiés, les migrants et les personnes apatrides, indiquant que ces derniers doivent être entièrement intégrés aux plans nationaux de réponse à la COVID-19, notamment en ce qui concerne la prévention, le traitement et le dépistage. 

Cette crise exige une approche internationale cohérente et effective qui ne laisse personne de côté, ont-elles indiqué.  Les migrants et les réfugiés sont disproportionnellement vulnérables à l’exclusion, à la stigmatisation et à la discrimination, notamment lorsqu’ils sont sans papiers.  La protection des droits et de la santé de toutes les personnes sera essentielle pour aider à contrôler la propagation du virus, ont-elles affirmé dans la déclaration. 

Réfugiés

La Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) a établi une série de mesures pour ses opérations sur le terrain afin d’appuyer la réponse au virus et de prévenir toute propagation supplémentaire de la maladie.

Le HCR a averti que, bien que le nombre de cas d’infection signalé et confirmé parmi les réfugiés demeure faible, plus de 80% de la population mondiale de réfugiés et pratiquement toutes les personnes déplacées vivent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire qui sont nombreux à avoir de faibles systèmes de santé, d’eau et d’assainissement et nécessitent un appui urgent. 

Le HCR a conçu des programmes pour le Brésil, la Jordanie, le Mexique, le Soudan, la République démocratique du Congo (RDC), le Burkina Faso, le Bangladesh et la Grèce.  Ces programmes prévoient la distribution de trousses d’hygiène et de capteur de température, ainsi que des centres de dépistage, entre autres projets. 

Le HCR travaille également avec des partenaires de l’ONU pour trouver des solutions aux défis logistiques résultant de la perturbation des capacités de fabrication et de la fermeture des frontières.

Libye

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a indiqué qu’en date d’hier, huit cas de COVID-19 avaient été confirmés en Libye.  La poursuite des accrochages et les mesures restrictives mises en place dans le pays en raison de la pandémie entravent l’accès humanitaire.

Les agences ont indiqué ne pas être en mesure d’envoyer des camions pour fournir une assistance sur de longues distances en raison des couvre-feux.  De nombreux programmes, y compris ceux du Plan de réponse humanitaire 2020 pour la Libye, sont soit suspendus, retardés ou réduits.  OCHA a également averti que la Libye encoure un risque élevé de propagation du virus, compte tenu de son niveau d’insécurité, de la faiblesse du système de santé et du nombre élevé de migrants, de réfugiés et de personnes déplacées.

Nigéria

L’équipe de l’ONU au Nigéria a mobilisé deux millions de dollars pour fournir des médicaments essentiels.  Elle appuie la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour livrer un million de trousses de dépistage. 

L’ONU aide également à atténuer les conséquences socioéconomiques de la COVID-19 au Nigéria et travaille avec la Banque mondiale et des donateurs clefs pour appuyer le Gouvernement et la population.

RDC

La Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) a indiqué, hier, qu’elle avait aidé à libérer 38 civils qui avaient été enlevés par le groupe rebelle Forces démocratiques alliées (ADF) à proximité de Mayi-Moya, juste 40 km au nord de Béni. Cela s’est produit alors que les Casques bleus déployaient des renforcements pour appuyer les Forces armées congolaises dans une zone qui est attaquée par les ADF. Les civils, y compris des femmes et des enfants, avaient été enlevés par les ADF dans différentes localités des provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. 

Ils ont été transférés en toute sécurité vers une base de l’armée congolaise.  Comme cela été mentionné ces derniers jours, alors que la Mission prend toutes les mesures nécessaires pour contenir la propagation de la COVID-19 en RDC, elle reste pleinement engagée envers le cœur de son mandat, la protection des civils, en appui aux forces de sécurité congolaises.

Venezuela

Le Représentant spécial conjoint du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) pour les réfugiés et les migrants du Venezuela, M. Eduardo Stein, a indiqué que si la COVID-19 a paralysé de nombreux aspects de la vie, les implications humanitaires de cette crise n’ont pas cessé. 

Il a exhorté la communauté internationale à renforcer son appui aux programmes humanitaires, de protection et d’intégration, sur lesquels dépendent la vie et le bien-être de millions de personnes y compris dans les communautés d’accueil. 

M. Stein a ajouté que l’actuelle urgence sanitaire mondiale avait aggravé une situation déjà désespérée pour de nombreux réfugiés et migrants du Venezuela et leurs hôtes.  Un financement d’urgence est nécessaire pour les appuyer. 

L’ONU continue de travailler avec les autorités nationales et locales pour répondre aux nouveaux défis apportés par la COVID-19 et fournir un appui de base aux réfugiés et migrants vénézuéliens. 

Yémen

Le Chef de la Mission des Nations Unies en appui à l’Accord sur Hodeïda (MINUAAH), le général Abhijit Guha, a fait part de ses graves préoccupations au sujet de l’augmentation des tensions dans la région d’Hodeïda. 

Se félicitant du soutien que les deux parties ont promis à l’appel du Secrétaire général pour un cessez-le-feu mondial immédiat, le général Guha a exhorté les parties à « taire les armes à feu, arrêter l’artillerie et mettre fin aux frappes aériennes ».  Compte-tenu de la pandémie, le général Guha a déclaré qu’il était de plus en plus important de respecter le cessez-le-feu à Hodeïda afin de protéger les femmes et les enfants du gouvernorat de nouvelles épreuves et souffrances. 

Entre-temps, l’Envoyé spécial pour le Yémen, M. Martin Griffiths, a rencontré, hier, le Groupe consultatif technique des femmes yéménites dans le cadre d’une visioconférence.  Au cours de la réunion, M. Griffiths a consulté les membres du groupe sur la manière de reprendre le processus politique dès que possible pour mettre fin à la guerre. 

Somalie 

Sur les 19 pays inscrits à l’ordre du jour du Bureau de la Représentante spéciale du Secrétaire général pour le sort des enfants en temps de conflit armé, les garçons et filles en Somalie ont subi certains des niveaux de violence les plus élevés.  Un nouveau rapport de Mme Virginia Gamba dépeint un sombre tableau, avec près de 15 000 violations commises à l’encontre des enfants entre 2016 et 2019 qui ont pu être vérifiées par l’ONU.  Cela comprend des cas de recrutement, d’utilisation, d’enlèvements d’enfants et de violence sexuelle qui dépassent ceux qui ont pu être vérifiés dans d’autres pays. 

Mali

La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) indique que le décompte des résultats du premier tour des élections législatives de dimanche dernier se poursuit.  La décision d’organiser ces élections a été l’un des principaux résultats du dialogue national qui s’est tenu en décembre dernier.  Les Casques bleus et la MINUSMA ont fourni un soutien logistique et opérationnel à la préparation des élections et ont sécurisé les bureaux de vote et les sites électoraux le jour du scrutin.  Le dirigeant de l’opposition, M. Soumaïla Cissé, qui a été enlevé la semaine dernière alors qu’il faisait campagne à Tombouctou, est toujours porté disparu.  L’ONU soutient les autorités maliennes dans leurs efforts pour le retrouver.

Contributions financières 

L’Algérie et le Kazakhstan ont versé la totalité de leur contribution au budget ordinaire de l’ONU, amenant à 77 le nombre d’États Membres à en avoir fait de même. 

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