Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU: 30 mars 2020

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30 mars 2020

Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU: 30 mars 2020

(La version française du Point de presse quotidien
n’est pas un document officiel des Nations Unies
)

Ci-dessous les principaux points évoqués par M. Stéphane Dujarric, Porte-parole de M. António Guterres, Secrétaire général de l’ONU:

COVID-19/New York

Au cours du week-end, le Secrétaire général de l’ONU, en présence de la Représentante permanente des États-Unis, Mme Kelly Craft, a annoncé le don de 250 000 masques de protection aux États-Unis.  Les masques ont ensuite été récupérés samedi après-midi par le Maire de New York, M. Bill de Blasio.

Ces masques ont été trouvés aux Nations Unies, à New York, et étaient en excédent par rapport aux besoins de l’Organisation.  Le Secrétaire général a déclaré qu’ils seraient donnés aux professionnels de la santé de New York qui travaillent avec courage, altruisme et sans relâche en réponse à la propagation du virus dans les cinq arrondissements de la ville, et dans l’espoir que ces équipements joueront un petit rôle pour sauver des vies.

Il a aussi dit que « nous parlons d’une seule voix pour exprimer notre soutien résolu à cette grande ville et à ses fiers habitants ».  S’adressant au personnel de l’Organisation, il a déclaré que « New York n’est pas seulement notre domicile ou le Siège de l’ONU, c’est une capitale internationale dynamique à travers laquelle le monde communique, débat, commerce et prospère ».

Le Secrétaire général a dit qu’il espérait sincèrement que ce modeste don ferait une différence.

Demain, le Secrétaire général présentera, par visioconférence, son nouveau rapport intitulé « Responsabilité partagée, solidarité mondiale: répondre aux impacts socioéconomiques de la COVID-19 ».  Le rapport est un appel à l’action face aux nombreuses dimensions sociales et économiques de cette crise et, avant tout, un appel à se focaliser sur les personnes.  Le rapport sera virtuellement présenté vers midi, et le point de presse reprendra mercredi.

CNUCED

Dans un document publié aujourd’hui, la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) appelle à fournir une aide de 2 500 milliards de dollars aux pays en développement dont les populations subissent des dommages économiques sans précédent à cause de la crise de la COVID-19.

Les conséquences d’une pandémie combinée à une récession mondiale seront catastrophiques pour de nombreux pays en développement et mettront un terme à leurs progrès pour atteindre les objectifs de développement durable (ODD).  La CNUCED propose une stratégie qui comprendrait l’injection de liquidités, l’allégement de la dette et un solide plan de redressement.

PNUD

Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a indiqué aujourd’hui que la crise croissante de la COVID-19 menaçait de manière disproportionnée les pays en développement, non seulement à court terme, mais également au cours des mois et années à venir.

Le PNUD a déclaré que les pertes de revenus devraient dépasser 220 milliards de dollars dans les pays en développement, et que près de la moitié des emplois en Afrique pourraient être perdus.  Alors qu’environ 55% de la population mondiale n’a pas accès à la protection sociale, ces pertes se répercuteront dans toutes les sociétés, affectant l’éducation, les droits de l’homme et, dans les cas les plus graves, la sécurité alimentaire et la nutrition de base.

Le PNUD, en coordination avec l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), travaille déjà pour soutenir les systèmes de santé dans des pays comme la Bosnie-Herzégovine, la Chine, Djibouti, El Salvador, l’Érythrée, l’Iran, le Kirghizistan, Madagascar, le Nigéria, le Paraguay, le Panama, la Serbie, l’Ukraine et le Viet Nam.

À plus long terme, le PNUD collaborera avec les pays pour évaluer les impacts sociaux et économiques de la COVID-19 et prendre des mesures de relance urgentes pour minimiser l’impact sur le long terme.

OIT

L’Organisation internationale du Travail (OIT) a averti aujourd’hui que la pandémie de COVID-19 mettait en évidence les inégalités mondiales et menaçait de les creuser.

Certains groupes, tels que les travailleurs migrants et les travailleurs du secteur informel, sont particulièrement touchés par les conséquences économiques du virus, et les femmes sont spécialement exposées.

Dans le monde, deux milliards de travailleurs sont dans le secteur informel.  L’OIT a souligné que les réponses politiques doivent garantir que le soutien parvienne aux travailleurs et aux entreprises qui en ont le plus besoin, notamment les travailleurs ayant un faible revenu, les travailleurs indépendants et de nombreuses autres personnes vulnérables.

Impact de la COVID-19 sur les enfants touchés par le conflit

La Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, Mme Virginia Gamba, a publié aujourd’hui une déclaration pour joindre sa voix à l’appel du Secrétaire général pour un cessez-le-feu mondial.

Les garçons et les filles vivant dans les zones de conflit ont plus que jamais besoin de nous, a-t-elle déclaré, ajoutant que la réduction de la violence est essentielle.

Mme Gamba a rendu hommage aux acteurs de la protection de l’enfance qui continuent d’apporter un soutien vital et de redonner espoir aux enfants qui ont survécus à de graves violations.  Elle a également réitéré son engagement à travailler avec le système de l’ONU pour protéger les enfants touchés par les conflits armés et empêcher que les violations commises à leur encontre ne se produisent en premier lieu.

Abyei

La Force intérimaire de sécurité pour Abyei (FISNUA) a indiqué prendre des mesures pour empêcher la propagation de la COVID-19 et qu’elle continuera de prioriser et de mettre en œuvre son mandat central de protection des civils.

La FISNUA a suspendu les déplacements du personnel, à l’exception des déplacements critiques vers la zone administrative d’Abyei, tandis que les vols de fret se poursuivront.

La mission a également mis en place une équipe spéciale sur la COVID-19 pour réagir rapidement, y compris par des évacuations médicales.  La FISNUA mène également des activités de sensibilisation dans les communautés pour tenir les gens au courant de l’évolution de la situation.

Gambie

L’équipe de pays des Nations Unies en Gambie travaille afin de soutenir la préparation du Gouvernement, alors que le troisième cas de COVID-19 a été confirmé dans le pays.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) renforce la surveillance et la préparation des laboratoires, tandis que le Coordonnateur résident et d’autres entités de l’ONU soutiennent les efforts de communication du Gouvernement pour prévenir une épidémie complète.

L’UNICEF soutient les efforts en matière d’eau et d’assainissement, ainsi que les écoles et l’éducation communautaire.

Le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) forme des agents sanitaires de première ligne, tandis que le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) travaille sur les impacts socioéconomiques du virus.  L’ONUSIDA étudie également les impacts de la COVID-19 sur les personnes vivant avec le VIH/Sida.

Pour sa part, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) aide à déployer un système d’information sur la gestion des frontières pour les voyageurs et forme les responsables des frontières et de la santé pour leur permettre de dépister, identifier et référer les cas de menaces à la santé publique.

COVID-19/Guatemala

L’Organisation panaméricaine de la santé (OPS) et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) appuient, depuis la mi-janvier, les efforts sanitaires du Gouvernement, en fournissant une aide technique et en se focalisant sur les mesures d’endiguement.

L’équipe pays de l’ONU coopère avec le Gouvernement afin d’analyser les besoins sanitaires, en eau, en assainissement, éducatifs et nutritionnels, ainsi que pour relancer l’économie.

L’ONU appuie aussi les efforts pour remédier aux violences contre les femmes et les filles, une tâche d’autant plus cruciale en cette période de confinement de la population.  L’Amérique centrale compte l’un des taux de féminicide les plus élevés au monde.   

COVID-19/Moyen-Orient

Dans une note diffusée vendredi, le Coordonnateur spécial pour le processus de paix au Moyen-Orient, M. Nickolay Mladenov, a indiqué que les autorités israéliennes et palestiniennes continuent, face à la COVID-19, de coordonner leur réponse de manière étroite et constructive, en particulier à Gaza.

M. Mladenov a noté qu’Israël a facilité l’entrée de fournitures essentielles, y compris des écouvillons pour le prélèvement d’échantillons et des équipements de protection individuels, à Gaza depuis le début de la crise.  Cela s’ajoute à la coopération fournie par Israël en vue de permettre les mouvements et l’accès du personnel chargé de la risposte au virus vers et depuis la Cisjordanie et Gaza.

Syrie

Ce matin, lors d’une réunion par visioconférence du Conseil de sécurité, l’Envoyé spécial pour la Syrie, M. Geir Pedersen, et le Coordonnateur des secours d’urgence, M. Mark Lowcock, ont fait part des dernières évolutions de la situation en Syrie.  

M. Pedersen a réitéré son appel pour un cessez-le-feu complet et immédiat dans tout le pays afin de mener des efforts tous azimuts contre la COVID-19.  Il s’est dit aussi prêt à travailler avec le Gouvernement de la Syrie, l’opposition et tous les acteurs pertinents sur le terrain ainsi qu’avec les pays clefs capables de peser et d’avoir une influence qui pourrait contribuer à une diminution de la violence et veiller au respect du cessez-le-feu.

L’Envoyé spécial a fait état d’une diminution de la violence dans le nord-ouest syrien, en particulier des frappes aréiennes.  Il a également noté que les accords dans le nord-est continuent globalement d’être respectés.  Néanmoins, les arrangements actuels ne sont pas la riposte idéale qu’exige l’épidémie de COVID-19 le long des lignes de front.   

M. Lowcock a indiqué, devant les membres du Conseil de sécurité, qu’à ce jour, 10 cas de COVID-19 ont été recensés en Syrie, dont un décés.  À en juger par d’autres foyers d’infection, il a noté qu’il ne s’agissait que de la partie émergée de l’iceberg, le virus pouvant avoir des conséquences dévastatrices pour les communautés les plus vulnérables dans tout le pays.

Les besoins humanitaires demeurent considérables, a-t-il ajouté, alors que les données de l’ONU montrent une nette détérioration de la situation depuis décembre.  M. Lowcock a alerté d’une augmentation des taux de retard de croissance parmi les enfants, une conséquence de la malnutrition infantile, dont il est rarement possible de se remettre complètement.  Près de trois enfants déplacés sur 10 dans le nord-ouest de la Syrie souffrent de retard de croissance.

Yémen

L’Envoyé spécial du Secrétaire général pour le Yemen, M. Martin Griffiths, s’est dit alarmé par la poursuite et l’escalade des mouvements terrestres et aériens au Yémen, en particulier dans et autour de la province de Ma’rib, et par les attaques perpétrées contre l’Arabie saoudite, revendiquées par Ansar Allah.  Il a réitéré l’appel du Secrétaire général pour un cessez-le-feu immédiat et une cessation des hostilités afin d’instaurer un environnement propice à l’établissement d’un cessez-le-feu dans tout le pays.  Il a rappelé que le Yémen a besoin que ses dirigeants consacrent chaque minute de leur temps à prévenir et atténuer les conséquences potentiellement désastreuses de l’épidémie de COVID-19. M. Griffiths a rappelé que les attaques indiscriminées contre les civils et les cibles civiles, dans ou hors du Yémen, sont illégales et condamnables.

M. Griffiths a souligné que la récente recrudescence des combats va à l’encontre des déclarations officielles des parties au conflit d’oeuvrer à un cessez-le-feu, ainsi que des réponses positives exprimées par les diverses communautés du pays à l’appel du Secrétaire général pour une fin des combats au Yémen.

Colombie

Le Secretaire général salue l’annonce par l’Armée de libération nationale (ELN) d’un cessez-le-feu unilatéral d’un mois qui prendra effet à partir du 1er avril afin de faciliter la riposte de la Colombie face à l’épidémie de COVID-19. Il espère que ce geste, qui fait suite à son appel pour un cessez-le-feu mondial, soulagera quelque peu les communautés et groupes vulnérables dans les régions touchées par le conflit et aidera les autorités à se concentrer sur la lutte contre la pandémie.  Le Secrétaire général appelle les autres groupes armés à en faire de même.

Sécurité du personnel

Selon le Comité permanent du personnel des Nations Unies sur la sécurité et l’indépendance de la fonction publique internationale, au moins 27 membres du personnel des Nations Unies -23 Casques bleus et 4 civils- ont trouvé la mort dans l'exercice de leurs fonctions en 2019, au cours d’attaques délibérées.  Cela porte à 423, au moins, le nombre de membres du personnel de l’ONU et personnel associé qui ont été tués au cours des 10 dernières années lors d’attaques délibérées par des engins explosifs improvisés, des tirs de roquette et d’artillerie, des balles de mortier, des mines terrestres, des grenades, des attentats suicides, des assassinats ciblés et des embuscades armées.  Pour la sixième année consécutive, la plupart des attaques en 2019 se sont déroulées au Mali.

Pensions du personnel

M. Sudhir Rajkumar a démissioné, hier, de son poste de Représentant du Secrétaire général pour les investissements de la Caisse commune des pensions du personnel des Nations Unies, une démission qui prendra effet le 31 mars.  Le Secrétaire général a accepté sa démission et le remercie pour les services qu’il a rendus dans la gestion desdits investissements.  Il lui souhaite tout le succès possible dans ses futures entreprises.  Le Directeur du Service des finances du Bureau de la planification des programmes, des finances et du budget sera nommé Représentant intérimaire du Secrétaire général, alors que sera lancé le processus de recrutement du successeur permanent de M. Rajkumar.

Nomination

Le Secrétaire général a nommé aujourd’hui Mme Antonia De Meo, des États-Unis, Directrice de l’Institut interrégional de recherche des Nations Unies sur la criminalité et la justice (UNICRI), qui est basé en Italie.

Le Secrétaire général exprime son appréciation et sa gratitude à l’endroit de Mme Bettina Tucci Bartsiotas, qui continuera d’être Directrice intérimaire jusqu’à l’entrée en fonctions de Mme De Meo

Mme De Meo apporte à son nouveau poste une expérience de plus de 20 ans dans les domaines de l’état de droit et des droits de l’homme, y compris la justice pénale et la prévention du crime, l’égalité des sexes et les droits des migrants et de l’enfant.  Mme Meo est actuellement Chef du Service des droits de l’homme, de la justice transitionnelle et de l’état de droit à la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL) et dans ce même pays, Représentante du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme.

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