Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU: 24 mars 2020

DBF200324
24 mars 2020

Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU: 24 mars 2020

(La version française du Point de presse quotidien
n’est pas un document officiel des Nations Unies
)

Ci-dessous les principaux points évoqués par M. Stéphane Dujarric, Porte-parole de M. António Guterres, Secrétaire général de l’ONU:

COVID-19/G20 

À l’approche de la réunion virtuelle des dirigeants du G20 prévue cette semaine, le Secrétaire général leur a écrit une lettre dans laquelle il appelle à une action concertée et décisive face à l’actuelle crise sanitaire mondiale qui répand la souffrance humaine et bouleverse l’économie mondiale. 

Le Secrétaire général a appelé à l’établissement d’un plan de « temps de guerre », exhortant les dirigeants du G20 à présenter un ensemble de réponses solides pour répondre aux diverses menaces posées par le COVID-19 afin de faire preuve de solidarité avec les peuples du monde, notamment les plus vulnérables. 

Le Secrétaire général a appelé le G20 à traiter trois domaines critiques.  Premièrement, il a souligné la nécessité d’une coordination et d’une coopération pour supprimer le virus.  Deuxièmement, il a déclaré que nous devons minimiser l’impact social et économique de COVID-19 et stimuler une reprise plus rapide partout. 

Enfin, il a souligné que nous devons réaffirmer notre responsabilité commune de mieux récupérer, grâce à des modèles de développement plus inclusifs et durables.  Cette crise, a-t-il dit, est un rappel brutal du destin commun de l’humanité et de la nécessité de réaliser des investissements initiaux pour réduire les risques catastrophiques en aval de la pandémie. 

Hier, lors d’une conférence de presse, le Secrétaire général a appelé à l’établissement immédiat d’un cessez-le-feu aux quatre coins du monde face à l’ennemi commun qu’est le COVID-19.  

Le virus, dit-il, ne se soucie pas de la nationalité ou de l’ethnie, de la faction ou de la foi.  Les plus vulnérables, les femmes et enfants, les personnes handicapées, les marginalisés et les déplacés, courent également le plus grand risque de subir des pertes dévastatrices en raison du COVID-19. 

Le Secrétaire général a noté que dans les pays ravagés par la guerre, les systèmes de santé se sont effondrés. 

 La fureur du virus illustre la folie de la guerre, a-t-il ajouté, déclarant qu’il est temps de confiner les conflits armés et de se concentrer ensemble sur le vrai combat de nos vies. 

COVID-19/Plan de réponse humanitaire mondial 

Demain, à 10 heures, le Secrétaire général procédera au lancement du Plan de réponse humanitaire mondial COVID-19 qui vise à fournir une aide pour sauver des vies dans les pays les plus vulnérables, tout en contenant l’irruption au niveau mondial. 

Ce lancement prendra la forme d’un événement virtuel qui sera transmis sur UN Web TV (webtv.un.org) et d’autres canaux.  Le Secrétaire général sera rejoint virtuellement par M. Mark Lowcock, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires ; le docteur Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), et Mme Henrietta Flore, Directrice exécutive de l’UNICEF. 

Les discours liminaires et autres informations ainsi que le Plan de réponse sous embargo seront mis à la disposition des journalistes en fin de journée.  Les questions destinées aux quatre intervenants devront être présentées par écrit, avant 9 heures, demain matin. 

COVID-19/Droits de l’homme 

La Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Mme Michèle Bachelet, a indiqué, aujourd’hui à Genève, que les importantes sanctions sectorielles devraient être réévaluées de toute urgence dans les pays confrontés à la pandémie de COVID-19. Ces sanctions pourraient avoir un impact potentiellement incapacitant sur le secteur de la santé et les droits de l’homme, a-t-elle déclaré. 

Elle a ajouté que, dans un contexte de pandémie mondiale, entraver les efforts médicaux dans un pays augmente le risque pour nous tous, appelant à des exemptions humanitaires aux sanctions. 

Pour sa part, le Secrétaire général soutient pleinement la position de la Haut-Commissaire.  Il a été en contact avec un certain nombre d’États Membres, y compris ceux qui ont imposé des sanctions. 

 En ce qui concerne l’Iran, le Secrétaire général a reçu un appel du Ministre des affaires étrangères, M. Javad Zarif, en début de semaine pour discuter de cette question.  Le Secrétaire général a conscience du fait que les pénuries de médicaments et d’équipements médicaux en Iran rendent plus difficile l’endiguement de l’irruption.  Il appelle l’ensemble des membres de la communauté internationale à faciliter et appuyer les efforts de l’Iran en ce moment critique. 

COVID-19/PAM 

Alors que la pandémie de COVID-19 évolue, le Programme alimentaire mondial (PAM) cherche également à prépositionner des stocks alimentaires régulateurs ou de l’argent liquide pour assurer une assistance alimentaire d’au moins trois mois aux populations vulnérables dans les pays prioritaires.  La préoccupation principale du PAM est de veiller à disposer de ressources en place pour répondre aux besoins alimentaires et nutritionnels des 87 millions de personnes qu’il compte aider en 2020. 

Le PAM appelle les partenaires gouvernementaux à approuver les contributions estimées à 1,9 milliard de dollars pour financer les programmes d’aide alimentaire du PAM.  Il demande également qu’un maximum de souplesse soit accordé à la manière dont sont utilisées ses ressources pour assurer une réponse dynamique à des perspectives en évolution. 

Illustrant l’appui fournit par le PAM, son porte-parole a notamment expliqué que le Programme avait déployé une équipe d’experts en chaîne logistique au siège de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), à Genève, ainsi qu’en Iran.  Il a également fourni un stock d’équipements de protection personnelle de deux mois pour les plus de 2 000 membres, personnels et bénévoles, de la Société iranienne du Croissant-Rouge.  

COVID-19/Kenya

L’équipe de l’ONU, dirigée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), travaille en étroite collaboration avec le Gouvernement du Kenya pour faire face au COVID-19. 

Des experts de l’OMS ont été intégrés dans les comités techniques et de coordination nationaux COVID-19 depuis la mi-janvier.  Plus de 20 membres du personnel de l’ONU ont été détachés dans des équipes gouvernementales, y compris dans le domaine de la communication pour aider à diffuser des messages de prévention aux niveaux national et local.  

L’UNICEF et d’autres entités de l’ONU aident également le Gouvernement kényan en ce qui concerne les achats d’urgence, tandis que l’OMS l’approvisionne en kits de laboratoire pour augmenter les stocks. 

Le Coordonnateur résident de l’ONU a également mis en place une équipe interinstitutions avec le Gouvernement, l’Union européenne, la Banque mondiale et d’autres partenaires pour soutenir le Gouvernement dans l’analyse des impacts du COVID-19. 

COVID-19/République démocratique du Congo (RDC) 

Des cas de COVID-19 étant désormais confirmés en République démocratique du Congo (RDC), la Mission pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) et la communauté humanitaire se mobilisent pour soutenir la réponse du Gouvernement. 

Dans un contexte marqué par une infrastructure de santé fragile, le Coordonnateur humanitaire, M. David McLachlan-Karr, a déclaré que les efforts entrepris aujourd’hui pour prévenir la propagation du virus doivent s’appliquer sur tout le territoire national pour éviter une crise sanitaire majeure. 

La population de la RDC continue de faire face à l’une des crises humanitaires les plus complexes au monde, ce qui pourrait encore plus mettre en danger la vie de millions de Congolais qui sont déjà particulièrement menacés. 

Ce matin, le Conseil de sécurité a entendu, par visioconférence, les mises à jour présentées par la Représentante spéciale du Secrétaire général, Mme Leila Zerrougui, au sujet de la MONUSCO, ainsi que par le Secrétaire général adjoint aux opérations de paix, M. Jean-Pierre Lacroix.  Cette réunion s’est déroulée virtuellement.  

COVID-19/Soudan du Sud 

La Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS) a établi une restriction de voyage de sept jours pour le personnel se rendant dans le pays dans le cadre des efforts visant à prévenir la propagation du virus COVID-19. 

Les vols de fret vers le pays se poursuivront.  Les rotations des Casques bleus ont été arrêtées le 4 mars, bien avant le début de la pandémie, et toutes les rotations à venir ont été suspendues. 

La MINUSS est déterminée à poursuivre ses activités de protection des civils et à instaurer une paix durable au mieux de ses capacités, compte tenu des défis posés par le COVID-19. 

COVID-19/Assemblée générale

Dans une lettre aux États Membres, le Président de l’Assemblée générale a présenté une proposition sur la manière dont l’Assemblée générale pourrait prendre des décisions essentielles relatives à l’Organisation, tout en faisant face à la pandémie. 

Il a présenté un projet de décisions qui permettrait à l’Assemblée générale d’adopter des décisions essentielles dans le cadre d’une procédure d’approbation tacite. 

Si la tenue d’une réunion plénière de l’Assemblée générale n'est pas possible en raison de la pandémie, la proposition autoriserait le Président de l’Assemblée générale à diffuser, après consultation du Bureau, les projets de décision de l’Assemblée à tous les États Membres dans le cadre d’une procédure d’approbation tacite d’au moins 72 heures.  Si le silence n’est pas rompu, la décision sera considérée comme adoptée. 

Ce projet de décisions est lui-même soumis à une procédure d’approbation tacite, jusqu’à vendredi midi. 

COVID/Commission économique des Nations Unies pour l’Europe (CEE-ONU)  

La Commission économique des Nations Unies pour l’Europe (CEE-ONU) lance un « observatoire sur le statut des postes frontaliers en raison du COVID-19 », qui rassemblera toutes les informations mises à jour concernant la limitation des passages frontaliers dans le monde.  

L’objectif de cette initiative est de faciliter le travail des opérateurs de transport et de préserver la connectivité en gardant les chaînes logistiques ouvertes autant que possible.  

COVID-19/Syrie  

L’Envoyé spécial pour la Syrie, M. Geir Pedersen, a suivi aujourd’hui l’appel du Secrétaire général à un cessez-le-feu immédiat dans le monde en appelant à l’établissement d’un cessez-le-feu national immédiat et complet dans toute la Syrie afin de permettre un effort d’envergure pour lutter contre le COVID-19 à l’échelle du pays. 

Il a souligné que les Syriens étaient extrêmement vulnérables au virus, les établissements de santé ayant été détruits ou endommagés et le pays faisant face à une pénurie d’équipements médicaux essentiels et de professionnels de la santé. 

Pour faire face au danger, a-t-il dit, le peuple syrien qui souffre depuis longtemps a désespérément besoin d'une période prolongée de calme dans tout le pays, une période qui doit être respectée par toutes les parties. 

Pour des raisons humanitaires, M. Pedersen a également appelé à la libération à grande échelle de détenus et de personnes enlevées. 

Tchad

Le plan de réponse humanitaire pour 2020 a été publié aujourd'hui et son enveloppe se chiffre à 545,3 millions de dollars, un peu plus de 69 millions de dollars de plus que l’appel de l’an dernier, pour venir en aide à trois millions des personnes les plus vulnérables du pays. 

La poursuite des conflits dans les pays voisins et l’insécurité accrue, en raison des activités de groupes armés non étatiques dans la région du lac Tchad, ont provoqué le déplacement de plus de 650 000 personnes sur le territoire tchadien. 

Des milliers de personnes ont été déplacées à plusieurs reprises depuis plus d’une décennie, avec peu de perspectives de pouvoir rentrer chez elles dans un avenir proche.

Les niveaux de malnutrition sont également préoccupants avec un taux de malnutrition sévère qui dépasse de 2,9% le seuil d’urgence.  

Nominations

Le Secrétaire général de l’ONU, M. António Guterres, a annoncé, aujourd’hui, la nomination de Mme Deborah Lyons, du Canada, comme sa Représentante spéciale à la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA). 

Mme Lyons succède à M. Tadamichi Yamamoto, du Japon, qui occupait ce poste essentiel depuis 2016.  Le Secrétaire général exprime à ce dernier sa gratitude pour sa contribution et son travail importants comme Représentant spécial adjoint à partir de 2014 puis Représentant spécial.

Diplomate de carrière, Mme Deborah Lyons a une expérience professionnelle de 21 ans dans les affaires politiques, la coopération internationale et le développement économique.  Elle était jusqu’ici Ambassadeur du Canada en Israël après avoir été, de 2013 à 2016, Ambassadeur en République islamique d’Afghanistan.

Mme Lyons a occupé plusieurs postes de direction au Ministère canadien des affaires étrangères, dont Ambassadeur adjoint à Washington, Secrétaire d’État à la politique et à la planification stratégiques et Directrice des relations commerciales, des finances internationales ou encore de la technologie.  Elle a également travaillé au Ministère canadien des ressources naturelles et dans un bureau de conseil privé.  Avant d’entrer au Gouvernement canadien, Mme Lyons était propriétaire et gestionnaire d’une société d’experts-conseils en environnement.

Elle est titulaire d’une licence de l’Université du Nouveau Brunswick et a terminé ses études au National Defence College of Canada.

Il a ensuite nommé M. Guang Cong, de la Chine, comme Représentant spécial adjoint chargé des affaires politiques au Soudan du Sud et Chef adjoint de la Mission des Nations Unies dans le pays (MINUSS).  M. Cong succède à M. Moustapha Soumaré, du Mali, auquel le Secrétaire exprime sa reconnaissance pour son travail remarquable au Soudan du Sud.

M. Cong apporte à son nouveau poste une vaste expérience des affaires internationales, y compris au sein de plusieurs opérations de paix des Nations Unies, conjuguée à de profondes connaissances du Soudan du Sud et de la région.  Il était, depuis 2016, Directeur des affaires civiles à la MINUSS et auparavant, Chef des affaires civiles à l’Opération hybride Union africaine-Nations Unies au Darfour (MINUAD). M. Cong a également travaillé au Bureau de la MINUSS dans l’État de Jonglei et à ceux de la Mission des Nations Unies au Soudan (MINUS) dans l’État du Nil-Bleu et à Abyei. 

De 2012 à 2014, M. Cong a occupé plusieurs postes de direction au Bureau du Coordonnateur spécial des Nations Unies pour le Liban et, de 2002 à 2009, à la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA). 

Avant d’entrer aux Nations Unies en 2002, M. Cong a eu une carrière remarquable au Ministère chinois des affaires étrangères. 

Il est marié et père d’un enfant.

Tuberculose

La Journée mondiale de lutte contre la tuberculose est célébrée aujourd’hui.  L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a publié aujourd’hui des recommandations qui aideront les pays à accélérer leurs efforts pour empêcher les personnes infectées par la tuberculose (TB) de développer la maladie en leur donnant un traitement préventif.  Selon les estimations, un quart de la population mondiale est infecté par la bactérie de la tuberculose.

À l’intention des organes d’information • Document non officiel.