Print
CS/14119
24 février 2020
8730e séance – matin

Conseil de sécurité: le Coordonnateur du processus de paix au Moyen-Orient craint des risques d’annexion depuis la création du comité chargé de cartographier la Cisjordanie

Près d’un mois après la présentation du plan américain pour le Moyen-Orient, le Coordonnateur spécial des Nations Unies pour le processus de paix, M. Nickolay Mladenov, a alerté aujourd’hui le Conseil de sécurité du « risque toujours réel d’annexion » maintenant que les États-Unis ont confirmé, ce 15 février, la formation du comité conjoint.

Il y a deux semaines, a rappelé M. Mladenov, je suis venu ici au Conseil après la présentation, le 28 janvier, de « La paix vers la prospérité », la vision américaine pour les Israéliens et les Palestiniens.  Les risques d’annexion demeurent, a-t-il prévenu.  Le comité conjoint chargé d’établir des cartes détaillées des zones « concernées » de Cisjordanie a été mis sur pied, le 15 février dernier.  Le Secrétaire général, a aussi rappelé le Coordonnateur spécial, n’a cessé de dénoncer les mesures unilatérales et les plans d’annexion.  De telles mesures, dont l’annexion possible de territoires de Cisjordanie et d’autres mesures similaires, auraient, a averti le Coordonnateur spécial, un impact « dévastateur » sur la perspective d’une solution à deux États.  Elles fermeraient la porte aux négociations, auraient des répercussions négatives sur toute la région et compromettraient gravement les chances d’une normalisation et d’une paix régionale. 

M. Mladenov, qui intervenait dans le cadre de son exposé mensuel sur la situation au Moyen-Orient, a parlé, par visioconférence, d’un climat tendu marqué par les projectiles tirés de Gaza et les frappes aériennes israéliennes.  L’équipe des Nations Unies sur place, a-t-il indiqué, est en contact avec les interlocuteurs égyptiens pour tenter de ramener le calme.  Le Coordonnateur spécial s’est particulièrement dit préoccupé par la « catastrophe humanitaire » liée à la baisse des stocks de médicaments.  En Cisjordanie, la violence se poursuit, a-t-il souligné, jugeant « inacceptables » les attaques contre les civils et en particulier les enfants.  Il a appelé les Forces de sécurité israéliennes à faire preuve d’un maximum de retenue et à enquêter sur les incidents.  Autour des Lieux saints, la situation est demeurée tendue, a-t-il ajouté. 

Sans la perspective de négociations bilatérales de fond, l’évolution de la situation continuera à compromettre l’espoir d’une solution à deux États, a alerté le Coordonnateur spécial, alarmé par les destructions et les expulsions.  Le plan de construction que le Premier Ministre israélien a annoncé le 20 février dernier, a-t-il dit craindre, ne ferait que consolider la ceinture des colonies qui sépare Jérusalem-Est de Bethléem, compromettant sérieusement la possibilité d’un État palestinien d’un seul tenant. 

Le Coordonnateur spécial a regretté l’absence de toute perspective de réconciliation intrapalestinienne et noté l’impasse du processus électoral.  Les Palestiniens doivent pouvoir exercer leur droit démocratique de vote dont ils sont privés depuis 2006, a-t-il martelé.  S’il a salué les efforts de réconciliation déployés par l’Égypte, il a jugé qu’il est temps que les leaders palestiniens s’engagent activement, inversent leur mauvaise trajectoire et prennent des mesures concrètes pour mettre fin à la division. 

Il ne suffit plus aujourd’hui, s’est impatienté le Coordonnateur spécial, de réaffirmer les paramètres agréés au niveau international pour régler le conflit.  Il est temps, a-t-il insisté, de trouver les moyens de revenir à un cadre de médiation agréé mutuellement et susceptible de relancer des négociations de fond.  Les interprétations et les propositions liées à la solution des deux États peuvent différer, mais cette solution reste notre objectif commun, a tranché le Coordonnateur spécial.  Comme l’a dit le Secrétaire général, la position de l’ONU sur la ladite solution est définie par les résolutions du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale. 

Ces dernières 48 heures, a conclu le Coordonnateur spécial, ont montré combien la situation reste fragile à Gaza.  La population souffre sous la coupe du Hamas et du blocus israélien alors que les militants palestiniens forcent les communautés israéliennes à vivre dans la peur constante de nouveaux tirs de roquettes.  Aucun appui humanitaire ou économique ne résoudra ni la situation à Gaza ni le conflit.  Gaza, a souligné le Coordonnateur spécial, a besoin de solutions politiques.  En l’absence de progrès dans le règlement de toutes les questions liées au statut final, nos efforts de diplomatie préventive, a estimé M. Mladenov, continuent de jouer un rôle central pour éviter que le conflit israélo-palestinien ne dégénère et qu’il ne soit entraîné vers une escalade régionale. 

Le Coordonnateur spécial a aussi parlé du Liban où le Gouvernement du Premier Ministre Hassan Diab a été formé le 21 janvier et validé par le Parlement le 11 février.  Au Golan, les violations du cessez-le-feu montrent la volatilité de la situation.  La Force des Nations Unies chargée d’observer le désengagement (UNDOF) travaille avec les deux parties pour éviter l’escalade des tensions et obtenir qu’elles honorent leur obligation en vertu de l’Accord de 1974. 

À l’intention des organes d’information • Document non officiel.