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CONf200302-CS
2 mars 2020

Présidence de la Chine au Conseil de sécurité: les travaux du mois de mars seront placés sous le signe du multilatéralisme

La promotion du multilatéralisme, la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent en Afrique ainsi que le renforcement des capacités des missions de maintien de la paix occuperont une place notable dans les travaux du Conseil de sécurité au mois de mars.  C’est ce qu’a annoncé son Président, M. Zhang Jun, Représentant permanent de la Chine, qui a présenté, aujourd’hui, le programme de travail mensuel du Conseil lors d’une conférence de presse organisée au Siège de l’ONU.

« Alors que nous commémorons le soixante-quinzième anniversaire de l’ONU, nous devons travailler d’arrache-pied pour préserver le multilatéralisme », a notamment déclaré M. Zhang en y voyant « la solution à tous les problèmes ».  Dans un monde plein d’incertitudes, a-t-il en effet constaté, la montée de l’unilatéralisme a ébranlé l’ordre international, le respect de l’état de droit international et le rôle central qu’y joue l’ONU. 

Le multilatéralisme sera donc mis à l’honneur le 19 mars, lors d’un débat ouvert qui sera consacré à cette question et à la promotion du règlement politique des différends.

« Nous devons travailler de manière plus rapprochée, plus constructive et plus responsable », a plaidé M. Zhang qui a reconnu qu’il n’est pas aisé de travailler dans un monde de plus en plus divisé, ni facile de rapprocher les membres du Conseil de sécurité.  Notre approche sera ouverte, inclusive, transparente et impartiale, a-t-il promis.

La lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent en Afrique sera le sujet d’un autre débat, le 11 mars.  M. Zhang a espéré que ce sera l’occasion de dégager des idées pratiques sur la manière d’affronter cette menace grandissante, notamment par le biais du partage de renseignements, du renforcement de capacités, ainsi qu’en accordant un rôle plus important aux organisations régionales africaines dans la lutte contre ces nouvelles menaces.

Autre priorité de la présidence chinoise: les défis auxquels font face les opérations de maintien de la paix en termes de capacité et de menace à la sécurité et à la sureté des Casques bleus.  Ce sera le sujet d’un débat prévu le 24 mars dont l’objectif est de dégager des idées pragmatiques.

Le règlement politique des différents conflits dans le monde, notamment au Moyen-Orient et dans la région du Golfe, fera également l’objet d’une attention particulière.  Le Conseil se penchera notamment sur les situations en Syrie (25 et 30 mars), en Libye (10 mars), en Iraq (3 mars) et au Yémen (12 mars).

Lors de son interaction avec la presse, le Président du Conseil de sécurité a été longuement interrogé sur la propagation du coronavirus en Chine et dans le monde.  M. Zhang a précisé qu’il n’est pas prévu de tenir un débat au Conseil de sécurité sur cette question de santé publique mondiale, même s’il juge important pour le Conseil de suivre de près l’évolution de la situation. 

Il en a toutefois profité pour indiquer qu’en Chine, le lutte contre le COVID-19 a réalisé des progrès notables et que la situation « va dans la bonne direction », affirmant notamment que depuis le 1er mars, plus de 44 000 personnes se seraient remises de l’épidémie.  « Je suis convaincu qu’avec le printemps qui approche, la défaite finale du COVID-19 n’est pas loin », a-t-il dit. 

M. Zhang a également été interrogé sur les deux essais balistiques auxquels a récemment procédé la République populaire démocratique de Corée (RPDC).

À ce sujet, le Président du Conseil de sécurité a rappelé l’existence d’un projet de résolution présenté par la Chine et la Fédération de Russie dans le but de promouvoir la paix dans la péninsule coréenne et dont l’adoption marquerait, selon lui, un pas important pour créer un environnement plus favorable et améliorer la situation.  Il a appelé les parties concernées à faire montre d’une plus grande souplesse pour renforcer la confiance mutuelle et trouver une solution par l’intermédiaire du dialogue, soulignant par ailleurs que l’imposition de sanctions ne doit en aucun cas constituer une fin en soi.

En ce qui le concerne, le Conseil de sécurité débattra le 26 mars de la prolongation du mandat du Groupe d’experts chargé d’assister le Comité des sanctions 1718, qui surveille l’application des sanctions imposées à la RPDC.

L’annonce, aujourd’hui, de la démission du Représentant spécial du Secrétaire général pour la Libye, M. Ghassam Salamé, a également nourri plusieurs questions.  Estimant prématuré de se prononcer sur l’impact de cette décision, M. Zhang en a profité pour souligner que les pays voisins et les organisations régionale africaines, à commencer par l’Union africaine, ont un rôle important à jouer pour trouver une issue à la situation en Libye.

M. Zhang a par ailleurs décrié les restrictions de visas imposées par les États-Unis à certains journalistes venant de Chine.  « Un pays qui s’est fait le défenseur de la liberté d’expression devrait pleinement appuyer le travail des correspondants », a-t-il notamment estimé.

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