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AG/SHC/4291
9 octobre 2020
Soixante-quinzième session, Dialogues virtuels – matin & après-midi

Troisième Commission: plusieurs expertes mettent en garde contre l’érosion des droits des femmes et des enfants, accentuée par la pandémie de COVID-19

La Troisième Commission, en charge des questions sociales, humanitaires et culturelles, a dialogué, aujourd’hui avec sept titulaires de mandats spéciaux au sujet de la promotion des femmes et de la protection des droits de l’enfant, l’occasion pour une majorité d’entre elles de tirer le signal d’alarme quant au recul des avancées réalisées ces dernières années, que la pandémie de COVID-19 tend à accentuer. 

Pour Mme Elizabeth Broderick, Présidente du Groupe de travail sur la question de la discrimination à l’égard des femmes et des filles, les conflits, les catastrophes naturelles et les crises sanitaires ont créé de « nouvelles populations de femmes vulnérables ».  De fait, a-t-elle alerté, on assiste partout à des « réactions négatives croissantes » qui tendent à restreindre les droits fondamentaux des femmes, à renforcer les rôles stéréotypés et à contrôler le corps des femmes.

La pandémie de COVID-19 a exacerbé cette « discrimination systémique », avec une augmentation des tâches réservées aux femmes et des violences sexuelles au sein du foyer, ainsi qu’une multiplication des obstacles pour les soins de santé.  De plus, les femmes sont absentes des espaces de décision, a déploré l’experte, exhortant les États à prendre les circonstances particulières que les femmes affrontent pour « mieux reconstruire ».

Les acquis des 25 dernières années et les normes protégeant les droits des femmes sont de plus en plus menacés, a renchéri Mme Hilary Gbedemah, Présidente du Comité sur l’élimination de la discrimination à l’encontre des femmes.  À ses yeux, les tentatives visant à « diluer » la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et à mettre l’accent sur les « valeurs traditionnelles » ont pour but de confiner les femmes dans les espaces familiaux et de saper leurs droits, en particulier les droits sexuels et reproductifs.

Tout aussi préoccupant, la période actuelle est marquée par une nette augmentation de la violence domestique, a souligné Mme Dubravka Simonovic, Représentante spéciale sur la violence contre les femmes, ses causes et ses conséquences.  Qualifiant ce phénomène de « pandémie de violence faite aux femmes », l’experte a estimé que la conjonction de la crise sanitaire et de l’imposition de mesures restrictives ne tenant pas compte du genre a impacté négativement la possibilité pour les femmes de jouir de leurs droits fondamentaux, tout en exacerbant les problèmes préexistants.

De son côté, Mme Diene Keita, Directrice exécutive adjointe du Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP), a indiqué qu’un demi-million de femmes et de filles dans le monde souffrent encore de fistule obstétricale, ce qui témoigne selon elle de « l’échec des systèmes de santé à fournir des services de qualité », sur fond d’inégalités sous-jacentes.  Elle s’est cependant déclarée convaincue que l’élimination de cette lésion survenant durant la grossesse reste possible d’ici à 2030.

S’agissant des droits de l’enfant, le tableau n’est guère plus reluisant.  Mme Najat Maalla M’Jid, Représentante spéciale du Secrétaire général chargée de la question de la violence contre les enfants, a ainsi rappelé qu’avant même la pandémie, le monde était loin d’avoir atteint les objectifs de développement durable destinés à faire cesser la maltraitance, l’exploitation et la traite des enfants.  La COVID-19 a rajouté des violences, notamment dans le cadre familial, à la suite des mesures de confinement et de déscolarisation, a-t-elle déploré.

De surcroît, la pauvreté qui découle de cette crise sans précédent risque de favoriser le recrutement d’enfants par des groupes armés.  À ce sujet, Mme Virginia Gamba, Représentante spéciale pour les enfants et les conflits armés, a fait remarquer que la pandémie a des effets néfastes sur la réinsertion de ces enfants et les prestations de services dont ils devraient bénéficier.

Dans ce contexte, caractérisé par des dénis d’assistance humanitaire, des atteintes sexuelles et des attaques visant des écoles et des hôpitaux, elle a exhorté les États qui ne l’ont pas encore fait à ratifier le Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l’enfant et à lutter contre l’impunité lorsqu’il y a violation.

La Troisième Commission poursuivra ses travaux lundi 12 octobre à partir de 10 heures.

DÉCLARATIONS LIMINAIRES DE HAUTS FONCTIONNAIRES DU SECRÉTARIAT, SUIVIES D’UNE SÉANCE DE QUESTIONS-RÉPONSES

Mme ELIZABETH BRODERICK, Présidente du Groupe de travail sur la question de la discrimination à l’égard des femmes et des filles, a indiqué que son instance a été créé par le Conseil des droits de l’homme en septembre 2010, grâce aux efforts des États Membres et de la société civile.  Aujourd’hui, le Groupe de travail et le Rapporteur spécial sur la violence à l’égard des femmes sont les seuls mandats, sur un total de 44, à se concentrer sur les droits fondamentaux des femmes.  Ses rapports les plus récents se sont concentrés sur la réaffirmation de l’égalité des sexes et la lutte contre les reculs.  

Elle a indiqué que la coopération et la coordination sur les droits des femmes sont au cœur du mandat du Groupe.  Les travaux de l’organe de traité CEDAW et du Groupe de travail sont ainsi étroitement liés et se renforcent mutuellement.  Le Groupe collabore également avec le Rapporteur spécial sur la violence contre les femmes, notamment par le biais de communications conjointes et de déclarations publiques.  Ensemble, nous unissons nos forces avec les mécanismes régionaux des droits de l’homme, tels que la plateforme des mécanismes d’experts indépendants sur la discrimination et la violence à l’égard des femmes.  Nous jouons également un rôle dans l’intégration d’une perspective sexospécifique, en veillant à ce que les droits des femmes soient correctement intégrés dans les travaux de toutes les procédures spéciales et autres mécanismes des droits de l’homme. 

Toutefois, les progrès globaux vers une société équitable et juste où les femmes seraient exemptes de discrimination ont été trop inégaux, s’est inquiétée Mme Broderick.  Les femmes marginalisées restent laissées pour compte tandis que les conflits politiques, les catastrophes naturelles et les crises sanitaires ont créé de nouvelles populations de femmes vulnérables.  Partout, on assiste à des « réactions négatives croissantes »: des acteurs s’emploient à restreindre les droits fondamentaux des femmes, à renforcer les rôles stéréotypés des sexes et à contrôler le corps des femmes.  Ces forces restreignent aussi les espaces de travail des défenseurs des droits humains des femmes et de la société civile. 

Abordant son dernier rapport thématique consacré aux droits fondamentaux des femmes dans un monde du travail en mutation, présenté au Conseil des droits de l’homme en juillet dernier, elle a précisé que le Groupe de travail avait analysé les dimensions sexospécifiques des principales tendances de ce changement.  Quant aux conséquences de la COVID-19 sur le travail des femmes, elles ne sauraient être surestimées, a-t-elle souligné, avant d’appeler les États à adopter une « approche intersectionnelle » sensible au genre dans leurs réponses à la crise.  Sans une attention urgente aux droits humains des femmes dans le monde du travail, nous raterons l’occasion de créer une reprise économique de la COVID-19 qui place les droits humains des femmes au centre et profite donc à tous, a-t-elle conclu.  

Suite à cette intervention, l’Australie, qui a lancé un programme de partenariats avec la société civile contre la violence domestique et intrafamiliale, a souhaité savoir comment le Groupe de travail adapte son travail au contexte de la pandémie.  Quelles sont vos suggestions pour surmonter les obstacles?

Observant que les femmes sont surreprésentées dans les secteurs les plus touchés par la COVID-19, l’Union européenne a demandé quelles mesures les gouvernements devraient prendre pour atténuer les effets négatifs pour les femmes des plans de reprise.  Elle a également appelé les hommes et les garçons à faire preuve de solidarité, notamment dans les foyers et mis l’accent sur sa stratégie destinée à promouvoir l’accès des femmes à la santé sexuelle. 

Préoccupé par les reculs auxquels on assiste en matière d’autonomisation et de santé sexuelle, le Mexique s’est interrogé sur les pratiques optimales à prendre pour recueillir des données sur le harcèlement sexuel à l’égard des femmes.  Le Royaume-Uni a, lui, relevé que, selon le Forum économique mondial, il faudra 257 ans pour combler le gouffre entre les femmes et les hommes dans le secteur du travail.  Affirmant avoir beaucoup investi dans ces problématiques, il a voulu connaître la vision du Groupe de travail sur la reprise post-COVID-19.  

S’inquiétant des effets de la pandémie sur la jouissance des droits des femmes, la France a voulu savoir comment faciliter les synergies entre les différents acteurs de la promotion des droits des femmes au sein du système de l’ONU.  

L’Afrique du Sud a, pour sa part, encouragé les États à incorporer des services essentiels centrés sur les besoins des femmes dans les programmes de réponse à la COVID-19, tandis que l’Algérie a voulu en savoir plus sur les recommandations du Groupe de travail en matière de protection sociale. 

En réponse aux délégations, la Présidente du Groupe de travail a noté que, ces 10 dernières années, des progrès notables ont été enregistrés en matière de participation politique des femmes, d’éducation des filles et d’égalité dans la famille.  Toutefois, du fait de la COVID-19, on risque de connaître des reculs, a-t-elle alerté.  À ce sujet, la pandémie a exacerbé la discrimination systémique, avec une augmentation des tâches réservées aux femmes et des violences sexuelles au sein du foyer, ainsi qu’une prolifération des obstacles pour les soins de santé, ce qui compromet la participation des femmes à la vie publique.  Les femmes sont également absentes des espaces de décision.  

Pour mieux reconstruire, a-t-elle enchaîné, il faut entendre la voix des femmes et prendre en compte les circonstances particulières que les femmes affrontent.  Elle a précisé que son rapport thématique, présenté en juin au Conseil des droits de l’homme, portait notamment sur les répercussions de la COVID-19.  S’agissant du harcèlement, elle a recommandé de recueillir des données dans les pays pour déterminer la prévalence de ce problème.  Elle a également appelé au renforcement des cadres juridiques pour éliminer le harcèlement en tenant compte de la situation des travailleuses du secteur informel.  Enfin elle a fait état de progrès en matière de promotion de l’égalité entre les sexes au sein de l’ONU, tout en estimant que le système de l’ONU a besoin d’une approche plus unifiée.

Mme ASA REGNER, Directrice exécutive adjointe d’ONU-Femmes, a indiqué que les femmes et les filles sont touchées de manière disproportionnée et subissent le plus gros de l’impact sanitaire, social et économique de la pandémie de COVID-19.  Elle a expliqué qu’ONU-Femmes répond à ces défis de « manière énergique », à travers la « Global COVID-19 Gender Response Tracker », une initiative lancée avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), qui permet d’évaluer dans quelle mesure la réponse a été sensible au genre.

Cette initiative a permis de recenser 992 mesures dans 164 pays qui sont « sensibles au genre ».  Ces mesures, a expliqué Mme Regner, visent à lutter contre la violence à l’égard des femmes et des filles, à soutenir les soins non rémunérés ou à renforcer la sécurité économique des femmes.  De plus, environ 71% de toutes les mesures sensibles au genre, soit 704 mesures dans 135 pays, se concentrent sur la prévention et/ou la réponse à la violence contre les femmes et les filles.  Il s’agit d’une réponse encourageante à l’appel à l’action du Secrétaire général en faveur de la « paix dans les foyers », s’est-elle félicitée.

Après avoir appelé à tenir les promesses faites pour mettre un terme au recul des droits des femmes et de l’égalité des sexes, Mme Regner a parlé du Forum Génération Égalité, un rassemblement mondial pour l’égalité entre les femmes et les hommes.  Ce Forum prévu en 2021, à Paris, et coprésidé par la France et le Mexique, avec le leadership de la société civile, contribuera à susciter des actions urgentes et la responsabilisation en matière d’égalité entre les sexes, a-t-elle indiqué. 

Elle a ensuite présenté une série de rapports du Secrétaire général, l’un consacré à l’Intensification de l’action menée pour prévenir et éliminer toutes les formes de violence à l’égard des femmes et des filles (A/75/274) et l’autre à l´Intensification de l’action mondiale visant à éliminer les mutilations génitales féminines (A/75/279). 

Un troisième rapport sur la Traite des femmes et des filles (A/75/289) indique que la pandémie de COVID-19 pourrait pousser 47 millions de femmes et de filles supplémentaires en dessous du seuil de la pauvreté. 

En réponse aux questions des États Membres axées sur la recrudescence des violences à l’encontre des femmes, notamment pendant la pandémie, Mme Regner a évoqué les coalitions pour l’action et les mesures de lutte contre les violences à l’égard des femmes, ainsi que l’importance de combler les lacunes dans la mise en œuvre des programmes élaborés à cette fin.  Elle s’est félicitée que 146 pays aient répondu à l’appel lancé par le Secrétaire général pour combattre la violence faites aux femmes.  Dans ce contexte, ONU-Femmes a été chargée d’élaborer des stratégies pour nouer un dialogue avec les différents pays et identifier les mesures à prendre sur le court terme, a-t-elle indiqué.  

Mme DIENE KEITA, Directrice exécutive adjointe du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) a présenté le rapport du Secrétaire général intitulé « Intensifier l’action engagée pour en finir avec la fistule obstétricale en l’espace d’une décennie » (A/75/264).  Elle a indiqué qu’environ un demi-million de femmes et de filles dans le monde souffrent de fistule obstétricale aujourd’hui, mais que son élimination d’ici à 2030 est possible.  La fistule obstétricale est une violation des droits de l’homme, un indicateur flagrant de l’échec des systèmes de santé à fournir des services de qualité et est motivé par les inégalités et la discrimination sous-jacentes, a-t-elle dit.

Afin de mettre fin à la fistule obstétricale d’ici à une décennie, elle a appelé à mobiliser la communauté internationale pour qu’elle investisse et donne suite aux principales recommandations formulées par le Secrétaire général dans son rapport. 

Évoquant son expérience personnelle, Mme Keita a déclaré pouvoir personnellement témoigner de l’agonie et de la souffrance endurées par des femmes et des filles souffrant de fistule.  La fistule est la pire forme étendue de violence sexiste imaginable, car ce sont souvent les jeunes femmes mariées trop tôt qui en souffre, a-t-elle ajouté. 

Mme Keita a appelé la communauté internationale à agir pour défendre les droits et la dignité de chaque femme et de chaque fille afin qu’elle soit à l’abri de la fistule obstétricale.  Personne ne mérite de souffrir de fistule obstétricale.  « Finissons-en maintenant », a-t-elle insisté. 

Le Sénégal a appelé les États Membres à maintenir le consensus par lequel la résolution sur la fistule obstétricale est adoptée depuis 2007.  La délégation a également indiqué que son gouvernement a enclenché une profonde réforme législative et initié de nombreux programmes et de stratégies, y compris dans le cadre du Plan Sénégal Émergent qui intègre le genre pour une participation inclusive et équitable homme-femme au processus de développement.

De son côté, l’Union européenne a relevé que la pandémie de COVID-19 a perturbé les avancées enregistrées dans la lutte contre les causes de la fistule obstétricale, certains services de soins de santé sexuelle et reproductive ayant été suspendus.  Existe-t-il des exemples de bon fonctionnement qui ont renforcé les services de prévention et de traitement de la fistule obstétricale pendant la pandémie?

La Directrice exécutive adjointe du FNUAP a indiqué que le Fonds travaille sur le terrain avec des organisations féminines, l’objectif étant de prévenir la fistule obstétricale dans les tous les pays, notamment africain.  Elle s’est également félicitée du partenariat avec l’UE qui a permis la création de Spotlight, un projet qui vise à combattre les facteurs qui peuvent causer la fistule obstétricale. 

Pour son dernier dialogue interactif avec la Troisième Commission, Mme Hilary Gbedemah, Présidente du Comité pour l’élimination de la discrimination à l’encontre des femmes, a indiqué que, ces 12 derniers mois, son organe s’est concentré sur quatre points centraux : les anniversaires de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et de la quatrième Conférence mondiale sur les femmes; les objectifs de développement durable; la pandémie de COVID-19; et l’examen du système des organes conventionnels des droits de l’homme.  Il ressort de ces travaux que les acquis des 25 dernières années et les normes protégeant les droits des femmes sont de plus en plus menacés, a-t-elle observé.  À ses yeux, les tentatives visant à « diluer » la Convention et à mettre l’accent sur les « valeurs traditionnelles » ont pour but de confiner les femmes dans les espaces familiaux et de saper les droits des femmes, en particulier le droit à la santé et les droits sexuels et reproductifs. 

De plus, les femmes défenseurs des droits humains sont de plus en plus confrontées à des menaces et à la violence, y compris en ligne, a souligné Mme Gbedemah.  Selon elle, les objectifs du Programme 2030 ne pourront être atteints sans la participation égale des femmes à la prise de décisions et au leadership dans tous les domaines de la Convention, du Programme d’action de Beijing et des objectifs de développement durable (ODD). 

Au cours de l’année écoulée, a-t-elle poursuivi, le Comité a examiné les rapports de 39 États Parties à la Convention.  En raison de la pandémie de COVID-19, il n’a pu tenir des dialogues et adopter des observations finales que sur 15 pays.  En outre, il a adopté 15 listes de questions relatives aux rapports initiaux ou périodiques reçus des États Parties.  Malgré un environnement financier contraint, il a également donné suite à 19 plaintes individuelles, la plupart concernant le non-refoulement ou la violence sexiste contre les femmes. 

S’agissant des défis liés à la crise actuelle, le Comité les a abordés dans son « Appel à une action conjointe à l’époque de la pandémie COVID-19 », qu’il a officiellement soumis au Forum de haut niveau 2020 sur le développement durable.  Pour fournir aux États les outils nécessaires pour protéger les droits des femmes dans leurs ripostes à la COVID-19 et leurs plans de relèvement, le Comité a par ailleurs adopté une note d’orientation sur la Convention et la COVID-19. 

Avant de conclure, Mme Gbedemah a averti que, sans les ressources nécessaires, les organes conventionnels continueront de prendre du retard dans leurs travaux, avec des conséquences désastreuses pour de nombreux titulaires de droits.  Il est donc essentiel que les États Membres financent adéquatement les organes conventionnels à partir du budget ordinaire de l’ONU afin de leur permettre de s’acquitter de leur mandat.  Il s’agit d’éviter que les progrès réalisés au titre de la résolution 68/268 de l’Assemblée générale en matière de réduction des arriérés des organes conventionnels ne se perdent, a-t-elle fait valoir.  

Malgré les progrès enregistrés à tous les échelons, personne ne peut crier victoire, surtout en cette période de pandémie, a concédé le Maroc.  Pour le Pakistan, la COVID-19 a aggravé les inégalités et les violences dont souffrent les femmes, déjà sujettes à la pauvreté et à l’exclusion de la vie publique.  

Consciente que la COVID-19 accentue la discrimination à l’égard des femmes, l’Allemagne a souhaité savoir ce que peuvent faire les États pour faciliter le respect des lignes directrices du Comité.  Comment les États Parties à la Convention peuvent-ils coopérer, a demandé le Japon, tandis que la France s’enquérait des possibles synergies entre acteurs de la promotion des femmes, en rappelant qu’elle organisera, l’an prochain, le Forum Génération Égalité.  

Dans le contexte de la COVID-19, l’Union européenne a demandé à Mme Gbedemah de préciser les champs de collaboration de son Comité avec la société civile et les défenseurs des droits de l’homme.  Insistant sur l’éducation et les droits procréatifs, le Royaume-Uni a, lui, voulu savoir comment le Comité entend faire en sorte que la voix des femmes et des filles soit entendue après la pandémie.  

La Fédération de Russie a émis un avis discordant en constatant que le Comité continue d’utiliser des observations générales et de promouvoir une terminologie qui n’est pas agréée au niveau international.  Il est inacceptable, selon elle, que le Comité adhère à des déclarations d’organes conventionnels dans lesquelles figurent des initiatives qui dépassent le cadre de son mandat.  Ses approches sont incorrectes lorsqu’elles formulent des recommandations sur la modification de la législation nationale, a estimé la délégation, appelant le Comité à entretenir un dialogue d’égal à égal avec les États sur la base d’un respect mutuel.  

En réponse aux délégations, la Présidente du Comité a noté que la COVID-19 a exacerbé les lignes de fracture qui existaient dans la société.  Nous devons donc suivre de près nos orientations et nous assurer que le dialogue prenne en compte la pandémie, a-t-elle déclaré.  En matière d’éducation, il faut notamment savoir si les filles ont pu reprendre les cours comme avant la crise.  Pour s’assurer que les droits des femmes ne reculent pas en raison de cette crise, il convient également de se concentrer sur les problèmes de manière spécifique, en s’appuyant sur des données ventilées, adéquates et précises.  C’est le seul moyen de s’assurer que tout le monde est pris en considération, a-t-elle estimé.  

Avec la pandémie, a-t-elle poursuivi, nous avons fait un pas en arrière en matière d’égalité entre les sexes mais nous avons progressé dans l’utilisation de la technologie, outil essentiel pour renforcer la coopération entre les différents acteurs.  Remerciant à cet égard les États Membres pour leur appui, elle a réaffirmé son souhait de voir la Convention plus largement diffusée.  

À la Russie, elle a rappelé que, lorsque la Convention a été adoptée, certains aspects comme la violence faite aux femmes, le harcèlement en ligne ou les changements climatiques n’étaient pas abordés.  Dans notre collaboration avec les États, nous nous rendons compte de la façon de mieux comprendre ces questions, a-t-elle expliqué, ajoutant que les orientations du Comité visent à aider les États à s’assurer que les droits des femmes ne sont pas violés.  À cet égard, elle a souhaité que la participation des femmes à tous les niveaux de gouvernance soit intégrée dans les plans de relance post-COVID-19.  Enfin elle a répété que, sans ressources, le travail du Comité serait vide de sens.  Il importe donc qu’il bénéficie d’un financement à partir du budget ordinaire.  

Mme DUBRAVKA ŠIMONOVIĆ, Rapporteuse spéciale sur la violence contre les femmes, ses causes et ses conséquences, a indiqué que son rapport porte sur l’intersection de la pandémie de COVID-19 et celle de la violence fondée sur le genre, avec une attention spéciale accordée à la violence domestique.  

Elle déclaré que la COVID-19 ne doit pas être un obstacle à l’élimination de la violence faite aux femmes, qu’elle a qualifié de pandémie de violations des droits humains et de la femme.  Elle a indiqué que l’interconnexion entre la pandémie de COVID-19, l’imposition de mesures restrictives qui ne tiennent pas compte du genre et la pandémie de violence faite aux femmes a impacté négativement la possibilité pour les femmes de jouir de leurs droits fondamentaux et a exacerbé les problèmes préexistants et les carences pour prévenir la violence faite aux femmes.  Le résultat est une augmentation de la violence contre les femmes, notamment domestique, un accès réduit aux mesures de protection et à la santé sexuelle et reproductive. 

Elle a appelé les États à veiller à ce que les mesures restrictives et de confinement n’entraînent pas une augmentation de la violence contre les femmes et de la violence domestique.  Elle a relevé que, dans certains pays, les femmes sont pleinement inclues dans les stratégies de réponses à la COVID-19, y compris dans les processus décisionnels.  Cependant, dans la grande majorité des pays, les femmes sont largement absentes des équipes de réponses locales, nationales et mondiales, ainsi que des politiques et des processus de décision.  En tout état de cause, il faut assurer la sécurité au sein du foyer et ne pas restreindre l’accès aux services de santé, et les États doivent garantir une pleine et égale participation de femmes dans les plans de réponses à la COVID-19.  

Mme Šimonović a appelé à mettre en place un nouveau système mondial pour lutter contre la violence faite aux femmes et aux filles, à combler les écarts entre les législations et politiques nationales et internationales, et à faire de la violence à l’encontre des femmes un point permanent à l’ordre du jour de la Commission de la condition de la femme.  Elle a aussi recommandé la création d’un observatoire des féminicides. 

Prenant la parole lors du dialogue interactif, le Royaume-Uni a appelé les États à prendre plus de mesures pour éliminer la violence faite aux femmes durant la pandémie, affirmant que la violence peut être réduite de 50% en trois ans grâce à des programmes comme ceux développés au Royaume-Uni.  Comment pouvons-nous utiliser la nouvelle coalition d’action pour s’attaquer à la violence sous toutes ses formes?  

Les Pays-Bas ont souligné la contribution « indispensable » des organisations de défense des droits des femmes et ont appuyé l’idée d’établir une collaboration constructive avec les mouvements de défense des droits des femmes qui occupent une position unique pour communiquer des messages de santé, informer sur les services liés à la violence sexiste et soutenir le redressement communautaire.  

Comment éviter la violence faite aux filles durant les périodes de quarantaine due à la COVID-19? a demandé Malte, tandis que l’Italie a, elle aussi, noté que l’appui des ONG est fondamental pour lutter contre ces violences. 

Quels sont les principaux défis à relever pour harmoniser les cadres législatifs existants? a demandé à son tour l’Argentine, avant que l’Union européenne réclame des précisions sur les mesures supplémentaires qui permettraient d’accéder l’accès à la justice durant la pandémie.  

« Il est plus compliqué de demander de l’aide en cas de violence familiale durant la pandémie qu’auparavant », a fait observer la Slovaquie qui a appuyé la mise en œuvre d’un guide sur la violence faite aux femmes.  De son côté, la Colombie a recommandé de mettre en place des lignes téléphoniques gratuites pour que les femmes puissent appeler en cas de violence.  

Quelles pistes emprunter pour promouvoir l’universalisation de la Convention d’Istanbul? a demandé à son tour la France qui a appelé la communauté internationale à s’unir pour lutter contre cette « pandémie de l’ombre ».  Le Liechtenstein a appelé les gouvernements et les acteurs privés à lutter contre la traite et l’esclavage moderne, phénomènes exacerbés par la pandémie.  

Quel rôle doit être confié aux garçons et aux hommes pour lutter contre les violences sexistes durant la pandémie? a demandé à son tour la Namibie, tandis que Cuba, préoccupée par la vulnérabilité des femmes, a réclamé une analyse plus approfondie sur les différences de revenus entre les hommes et les femmes, y compris dans les pays développés. 

Comment lutter contre les violences en ligne contre les filles? a questionné le Mexique, avant que le Brésil explique avoir mis en place un système d’alerte électronique pour lutter contre la violence sexiste.  L’Irlande a demandé des exemples de bonnes pratiques pour lutter contre la violence domestique.  Et qu’en est-il des exemples à suivre pour éviter que les groupes autochtones ne soient pas victimes de cette crise? a demandé à son tour la Nouvelle-Zélande.  Pour sa part, le Canada a voulu connaître les pratiques optimales pour créer des havres de paix pour les femmes victimes de violence, appelant en outre à appuyer les droits des femmes autochtones, non binaires et celles qui sont sans domicile fixe. 

La Fédération de Russie a engagé à ne pas prendre de mesures contre les familles, qualifiant par ailleurs certaines des recommandations contenues dans le rapport de «  douteuses ». 

À son tour, la Suisse a demandé à connaître d’autres exemples de solutions pour lutter contre la violence faite aux femmes, notant par ailleurs que de nombreuses femmes ont occupé un travail non rémunéré pendant la pandémie.  La Géorgie s’est, pour sa part, interrogée sur les mesures à prendre pour s’assurer que les coupables de violence sont bien poursuivis.  

La Slovénie s’est préoccupée du problème des violences familiales, tandis que la Belgique a appelé les États à soutenir les organisations de femmes, soulignant en outre qu’aucune tradition ou coutume ne peut justifier la violence à l’égard des femmes.  Les femmes victimes de violence peuvent-elles être exemptées de quarantaine en cas de violence? a demandé à son tour le Maroc qui s’est inquiété du problème du harcèlement en ligne pendant les mises en confinement. 

Il n’y a pas de panacée pour lutter contre les violences aux femmes, alors comment s’assurer que les États suivent les préconisations données? s’est souciée l’Algérie.  Et comment modifier la loi afin de traîner les auteurs de ces infractions devant les tribunaux? a ajouté la Suède au nom des pays d’Europe du Nord.  L’Afghanistan s’est préoccupé de la situation des femmes dans les pays sortant d’un conflit, et les États-Unis ont demandé à la Rapporteuse spéciale d’expliciter sa proposition de mettre en place un système pour lutter contre les violences faites aux femmes. 

La République de Corée est également intervenue pour parler de la responsabilité morale de guérir les plaies des « femmes de confort ».  Le Qatar a aussi pris part au dialogue. 

« Il faut mettre l’accent sur la violence faite aux femmes maintenant, c’est le moment », a assené dans sa réponse la Rapporteuse spéciale qui a souligné la nécessité d’une harmonisation des législations nationales à cet égard. 

Elle a regretté l’insuffisance des mesures prises durant la pandémie pour lutter contre les violence domestiques.  Pour la plupart des personnes, le foyer est un sanctuaire, mais pendant le confinement, les violences ont augmenté et il est indispensable de mettre des mesures en place, notamment des lignes téléphoniques gratuites.  Il est également important d’assurer l’accès aux abris et à différents services qui auraient dû être mis en place auparavant.  

Elle a indiqué que certains États ont financé des services de santé et des numéros verts, mais que les sanctuaires pour femmes ne sont pas suffisants.  De même les processus visant à accorder une protection judiciaire aux femmes n’ont pas toujours fonctionné durant la pandémie. 

Mme VIRGINIA GAMBA, Représentante spéciale du Secrétaire général pour le sort des enfants en temps de conflit armé, a déclaré que 2020 est une année importante pour son mandat et un test de la détermination de l’ONU pour protéger les enfants.  Alors que nous célébrons le vingt-cinquième anniversaire du Protocole facultatif sur les enfants et les conflits armés, les violations les plus flagrantes sont aujourd’hui des dénis d’assistance humanitaire, des atteintes sexuelles et des attaques visant des écoles et des hôpitaux.  Se félicitant de la signature, en 2019, d’un nombre record d’accords relatifs aux enfants en situation de conflits armés et de la libération de 27 000 enfants victimes de ce fléau, elle a également remercié le Conseil de sécurité d’avoir appelé, depuis 2001, au déploiement de conseillers sur le terrain.  Elle s’est en revanche déclarée inquiète de la réduction de la taille des programmes de protection des enfants, encourageant les différents organes pertinents de l’ONU à veiller à ce que cette question soit suivie d’effets en termes d’effectifs et de budget.   

Mme Gamba a ensuite constaté que la pandémie de COVID-19 a des effets néfastes sur les plans de réinsertion des enfants et les prestations de services sociaux à leur attention.  Cette crise mine également le dialogue sur les accords de suivi.  De plus, avec le confinement, les écoles restent vides et sont parfois utilisées par des parties au conflit ou des éléments extrémistes.  D’autre part, le chômage et la perte de revenu exacerbent les risques de recrutement et d’exploitation sexuelle des enfants.  

Plaidant pour la diffusion de la campagne de sensibilisation entreprise par son Bureau, la Représentante spéciale a indiqué que les priorités de son mandat portaient sur la surveillance des enfants victimes de violence dans le cadre des conflits armés, le renforcement des capacités des États pour mieux protéger les enfants et l’intensification des mesures de prévention, en complément des plans d’action existants.  

L’Allemagne a souhaité que Mme Gamba développe son propos sur les efforts de surveillance consentis dans le contexte de la pandémie de COVID-19, tandis que la Colombie a souligné les efforts qu’elle déploie pour prévenir et empêcher le recrutement d’enfants par des groupes armés illégaux.  

Le Maroc a mis l’accent sur la diplomatie préventive, le renforcement de la bonne gouvernance et la consolidation de l’état de droit, appelant les États à adhérer à tous les mécanismes de protection des droits des enfants. 

La Belgique a demandé à Mme Gamba comment, dans cette période de crise mondiale, elle entend assurer la mise en œuvre du plan d’action pour les parties inscrites sur la liste des situations.  Et comment comptez-vous vérifier la mise en place des feuilles de route et modifier la liste de situations, a ajouté l’Espagne.  L’Italie a voulu savoir comment assurer la protection des filles dans le contexte de la COVID-19, tandis que le Mexique a souhaité avoir de plus amples informations sur les programmes de réintégration adoptant des approches fondées sur le genre.  

À son tour, la Turquie a regretté le plan d’action signé l’an dernier par les Forces démocratiques syriennes, « annexes d’une organisation terroriste » qui utilise ces actions comme des moyens de propagande.  Elle s’est étonnée qu’il n’y ait d’information à ce sujet dans le rapport de la Représentante spéciale.  Pour sa part, le Qatar s’est dit attaché à fournir un appui financier à la Représentante spéciale.  

Le Pakistan s’est inquiété de la situation des enfants au Jammu-et-Cachemire « occupé par l’Inde », faisant état de détentions illégales d’enfants et de cas de torture.  Comment la Représentante spéciale suit-elle la situation des conflits lorsque l’accès lui est interdit?   

Le Liechtenstein a mis en garde contre les risques d’assujettissement des enfants aux abus sexuels.  Que peut-on faire pour combler les lacunes en la matière?  Et comment les États peuvent-ils contribuer au travail de la Représentante spéciale sur le terrain, a renchéri le Luxembourg, à l’instar des États-Unis et de la France qui a également appelé les pays à prendre des engagements fermes s’agissant des enfants en situation de conflits armés et à ratifier le premier Protocole facultatif à la Convention, les Principes de Vancouver et de Paris ainsi que le Statut de Rome.  

Évoquant le processus de paix en cours dans le pays, l’Afghanistan a demandé si inclure la protection des enfants dans les négociations de paix serait judicieux, regrettant par ailleurs que la visite de Mme Gamba dans le pays a dû être reportée pour cause de COVID-19. 

La Fédération de Russie a souhaité connaître l’avis de la Représentante spéciale sur les pays qui ne veulent pas rapatrier les enfants des zones de conflit.  Comment les mécanismes de suivi peuvent contribuer à sensibiliser le public à la question des enfants victimes de conflits armés? a demandé à son tour la Slovénie

L’Azerbaïdjan s’est élevé contre « l’agression de l’Arménie » à l’encontre de son pays, « qui touche des jardins d’enfant, des écoles et des hôpitaux », appelant l’ONU à dénoncer cette situation. 

Pour sa part, l’Argentine a souhaité savoir comment la communauté internationale pourrait renforcer les outils pour intensifier la protection des droits de tous les garçons et filles.  L’Estonie, s’exprimant au nom des pays baltes et nordiques, a demandé des exemples de mesures prises pour que les responsables de violations contre des enfants répondent de leurs actes.  

L’Union européenne a noté que le mécanisme de surveillance reste l’outil principal pour la prévention et la cessation des violations graves contre les enfants.  Toutefois, a-t-elle ajouté, il fonctionne dans les limites des ressources dont il est doté.  

Comment dialoguez-vous avec la société civile et les organisations régionales pour garantir le signalement des violations contre des enfants, a demandé Malte.  Pour sa part, le Royaume-Uni a demandé quelle action pourrait garantir l’intégration de la question de la protection accrue de l’enfance au sein du cycle du conflit  

Enfin, la République arabe syrienne a rappelé à Mme Gamba qu’elle doit respecter les buts et principes de la Charte.  À cette aune, elle a jugé irresponsable que la Représentante spéciale ait signé un plan d’action conjoint avec une milice séparatiste en juin 2019.  C’est un précédent très grave qui met en cause la légitimité des Nations Unies et menace l’intégrité territoriale du pays, a-t-elle accusé.  

Répondant aux délégations, la Représentante spéciale a indiqué que son Bureau a assuré le suivi sur les incidences de la COVID-19 sur les enfants en situation de conflits armés et que des équipes spéciales ont mis en place des mécanismes renforcés pour répondre aux défis posés par cette crise.  Elle a précisé que son Bureau travaille en téléconférence avec ses interlocuteurs et continue de soutenir les équipes de pays qui signalent les situations.  Les États Membres peuvent nous soutenir par un travail de plaidoyer, la mise à disposition de ressources et des actions concrètes sur le terrain, a-t-elle expliqué, les invitant à continuer de soutenir le renouvellement de son mandat et à veiller à ce qu’il soit doté des ressources adéquates.  

En outre, elle a exhorté les États qui ne l’ont pas encore fait à ratifier le Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l’enfant, concernant l’implication d’enfants dans les conflits armés, et à lutter contre l’impunité lorsqu’il y a violation.  Pour ce qui est des stratégies évoquées par plusieurs délégations, nous devons prendre en considération les partenariats et faire davantage en matière de sensibilisation, a-t-elle indiqué.  Une campagne est lancée et traduite en plusieurs langues mais il conviendrait de la diffuser plus largement.  Enfin, elle a enjoint les États à se joindre aux groupes des amis de la réinsertion des enfants.   

Mme NAJAT MAALLA M’JID, Représentante spéciale du Secrétaire général chargée de la question de la violence contre les enfants, a déclaré qu’avant la pandémie de la COVID-19, le monde était loin d’avoir atteint les ODD notamment l’objectif 16-2 qui a pour objectif de mettre un terme à la maltraitance, à l’exploitation et à la traite, et à toutes les formes de violence et de torture dont sont victimes les enfants.  

Mais la pandémie a rajouté des violences faites aux enfants, notamment dans le cadre familial, s’est-elle alarmée, précisant que ces violences sont dues aux conditions du confinement et à la déscolarisation, ainsi qu’à l’anxiété générée par la situation.  De plus, les enfants les plus pauvres n’ont souvent pas pu avoir accès à l’Internet, ce qui a augmenté les problèmes liés à l’exploitation sexuelle des enfants.  La Représentante spéciale a expliqué avoir lancé une étude mondiale qui a donné lieu à de nombreuses réponses.  Ainsi, 38% des enfants qui ont répondu ont dit se sentir moins en sécurité durant la pandémie, une situation qui, a-t-elle averti, peut avoir des conséquences sur la santé mentale des enfants.  Mme M’jid a aussi souligné que la pauvreté qui découle de la pandémie est un facteur de déstabilisation, les enfants pouvant être amenés à exercer des activités illicites, ou être recrutés par des groupes armés. 

La Représentante spéciale a recommandé de lancer un dialogue constructif avec les enfants pour tirer les enseignements de la pandémie.  Elle a voulu que la protection des enfants soit reconnue comme un service universel, au même titre que l’accès aux soins.  « Nous sommes à un tournant dans une génération d’enfants et nous devons faire le mieux pour les protéger », a-t-elle déclaré.

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