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AG/SHC/4289
8 octobre 2020
Soixante-quinzième session, matin

Troisième Commission: la COVID-19 met au jour les répercussions des carences des données sur les personnes âgées

La Troisième Commission, chargées des questions sociales, humanitaires et culturelles a entamé, ce matin, un dialogue interactif sur le développement social au cours duquel une experte a attiré l’attention sur les répercussions des carences en matière d’instrument et de données pour mesurer les besoins des personnes âgées.

Experte indépendante chargée de promouvoir l’exercice par les personnes âgées de tous les droits de l’homme, Mme Claudia Mahler a notamment indiqué que les instruments juridiques actuels ne permettent pas de réellement mesurer la vie des personnes âgées.  En effet, des domaines cruciaux, comme les conditions de vie, ne sont pas couverts par les données.  Et si les personnes âgées constituent un groupe à part entière dans le contexte de la pandémie, elles n’en demeurent pas moins invisibles, ce qui fait qu’on ne sait pas grand-chose de leurs besoins.  Ce manque de données rend toute action normative et législative impossible, a-t-elle déploré. 

Les délégations ont également entendu le Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales, M. Liu Zhenmin émettre l’espoir que la crise actuelle puisse être l’occasion de mettre en place un monde plus inclusif.

Pendant ce dialogue mené en visioconférence, les États Membres ont aussi procédé à des échanges sur la prévention du crime, la lutte contre l’utilisation des TIC à des fins criminelles et le contrôle international des drogues.

Sur ce dernier point, la Directrice exécutive de  l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), Mme Ghada Waly, a attiré l’attention sur les répercussions négatives de la crise de liquidités de l’ONU sur l’exécution des activités de l’UNODC et sa capacité à répondre aux demandes des États Membres.

La Troisième Commission poursuivra ses travaux demain, vendredi 9 octobre à partir de 10 heures.

DÉVELOPPEMENT SOCIAL

Suite donnée au Sommet mondial pour le développement social et à la vingt-quatrième session extraordinaire de l’Assemblée générale

Déclarations liminaires

M. LIU ZHENMIN, Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales, a constaté que le monde a été métamorphosé par la pandémie, avec des répercussions importantes pour les objectifs de développement durable (ODD).  Le nombre de personnes vivant dans la pauvreté dans le monde va en effet augmenter pour la première fois depuis 1998, ce qui rend difficile d’atteindre l’objectif 1 du Programme 2030 Les inégalités de revenus augmentent dans les pays développés, mais aussi dans les pays en développement et à revenu intermédiaire, et la richesse est de plus en plus concentrée parmi les plus riches, a-t-il observé, notant que les inégalités par âge, sexe et ethnicité se creusent aussi.  Cela implique des difficultés supplémentaires en termes de cohésion sociale et de confiance dans les institutions publiques.  De plus, le virus aggrave les inégalités en matière d’accès aux nouvelles technologies.  Les résultats à long terme dépendront de la façon dont nous réagirons, a estimé le Secrétaire général adjoint.  Selon lui, la protection sociale permet de mieux résister aux chocs tels que celui de la COVID-19.  Il faut veiller à ce qu’il n’y ait pas de laissés pour compte, a-t-il plaidé.  À long terme, l’accès universel aux services sociaux est essentiel pour réduire les inégalités.  Faute d’intervention ciblée pour des groupes vulnérables comme les peuples autochtones, nombre d’entre eux sont laissés pour compte, ce qui aggrave leur situation.

M. Zhenmin a également rappelé que la crise entraîne des problèmes d’isolement qui doivent être intégrés dans les mesures de riposte à la pandémie.  Par ailleurs, un grand nombre de personnes ont perdu leur source de revenu et leur filet de sécurité sociale.  Les jeunes souffrent plus du chômage que les autres catégories et sont pénalisés par les fermetures d’établissements d’enseignement.  D’une manière générale, les personnes désavantagées paient un tribut plus lourd puisque leurs vulnérabilités sont accentuées.  Pourtant, a-t-il souligné, cette crise peut être l’occasion de mettre en place un monde plus inclusif.  Le Département des affaires économiques et sociales (DESA) préconise d’investir dans les infrastructures de santé et les technologies de l’information et des communications (TIC).  En cette année du soixante-quinzième anniversaire de l’ONU et du vingt-cinquième anniversaire du Sommet mondial du développement social, il a rappelé que les États Membres se sont engagés en faveur de l’inclusion et de la réduction des inégalités.  Ces orientations peuvent servir pour atteindre les ODD, a-t-il soutenu.  Dialoguons avec toutes les parties prenantes pour qu’ils deviennent réalité pour tous et partout, a-t-il conclu.  

Mme DANIELA BAS, Directrice de la Division du développement social inclusif, a présenté une série de rapports du Secrétaire général, dont celui sur la « Suite donnée au Sommet mondial pour le développement social et à la vingt-quatrième session extraordinaire de l’Assemblée générale » (A/75/216), un document qui souligne que le développement social et l’individu doivent être au cœur des réponses faites à la crise de COVID-19 et exhorte les États Membres à mettre en place des mesures politiques pour faire face aux conséquences subies par les plus vulnérables. 

Le rapport sur la « Réalisation et suivi des objectifs de l’Année internationale de la famille » (A/75/61–E/2020/4) traite notamment du problème du sans-abrisme familial, tandis que celui consacré à la deuxième Assemblée mondiale sur le vieillissement (A/75/218) met l’accent sur les conséquences de la pandémie pour cette catégorie et suggère par ailleurs d’inciter les employeurs à garder les personnes âgées.  Le rapport sur le Développement sans exclusion pour et avec les personnes handicapées (A/75/187) présente, quant à lui, des mesures spécifiques pour inclure le handicap dans le contexte de la crise. 

Dialogue interactif

Suite à cette présentation, la Serbie a relevé qu’alors que nous nous habituons à vivre avec la pandémie, une chance d’obtenir un premier emploi pour des milliers de jeunes prend une tournure particulière.  Le Mexique a souligné la nécessité de renforcer la coopération internationale en faveur du développement durable et parlé des avancées réalisées dans le pays, grâce à un programme pour le bien être des personnes handicapées.  Le Maroc a appelé à investir dans le capital humain, estimant en outre qu’il n’existe pas de modèle unique pour mesurer le développement. 

À son tour, l’Iran a appelé à garantir l’accès des vaccins pour tous afin de réduire les effets de la pandémie de COVID-19, signalant en outre que son impact avait été exacerbé par les effets délétères des sanctions imposées par les États-Unis.  Cette préoccupation a également été partagée par la Syrie qui a alerté que les mesures coercitives unilatérales constituent un fardeau supplémentaire pour le développement durable notamment en ce qui concerne les personnes âgées, les jeunes et les personnes handicapées. 

Mme Bas a relevé que la pandémie de COVID-19 a notamment mis en lumière le rôle essentiel des nouvelles technologies, ainsi que la nécessité de lutter contre la fracture numérique et de faciliter l’accès de tous à la technologique digitale, notamment en renforçant les compétences dans ce secteur.  Cela permettra de minimiser les risques d’exclusion, car beaucoup de personnes dans le monde ne maîtrisent pas le langage numérique.  Malgré ces difficultés, a poursuivi Mme Bas, la crise sans précédent que traverse le monde donne aussi une chance de reconstruire en mieux et de bâtir des sociétés inclusives, résilientes et durables. 

Mme STEFANIA GIANNINI,Sous-Directrice générale pour l’éducation de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), a tout d’abord présenté un rapport intitulé « L’alphabétisation, enjeu vital, clef de l’emploi, de l’apprentissage tout au long de la vie et de l’enseignement de la démocratie » (A/75/188).  Elle a signalé que le contexte de la crise de COVID-19 a entraîné la plus profonde perturbation de l’éducation depuis la création des Nations Unies.  Des millions d’enfants, de jeunes et d’adultes sont privés de programmes d’alphabétisation et d’éducation, ce qui met leur avenir en danger et menace d’effacer des décennies de progrès, s’est-elle alarmée, mettant également en garde contre la désinformation et les discours de haine qui ont fait un bond en avant pendant cette pandémie.

Sans une action accélérée, a-t-elle prévenu, moins de 70% des adultes et un peu plus de 80% des jeunes dans les pays à faible revenu devraient être alphabétisés d’ici à 2030.  Elle a souligné que le défi de l’alphabétisation exige une forte augmentation des financements.  Or le déficit de financement s’élève à 10 milliards de dollars dans les 20 pays dont le taux d’alphabétisation des adultes est inférieur à 50%, et à 4 milliards de dollars dans les pays de « l’E-9 » (Bangladesh, Brésil, Chine, Égypte, Inde, Indonésie, Mexique, Nigéria et Pakistan) où vivent plus de la moitié des adultes non alphabétisés du monde.  Notant que le ralentissement économique met encore plus en péril les perspectives fragiles en matière d’alphabétisation, elle a appelé les pays et les partenaires du développement à intensifier la promotion et le financement de l’alphabétisation.

Mme Giannini a ensuite présenté un rapport consacré à l’éducation pour la démocratie qui fait le point sur les inquiétudes générées par la perspective que les mesures d’urgence visant à prévenir la propagation de la pandémie de COVID-19 pourraient éroder les libertés fondamentales et les droits de l’homme.

Suite à cette intervention, le Mexique a relevé que, pour prévenir la désinformation et les discours de haine, des politiques éducatives peuvent être élaborées grâce à l’alphabétisation.  Mais comment cela peut-il être plus efficace dans les situations de désinformation qui voient le jour dans le contexte de la pandémie de COVID-19?

De son côté, la Syrie a affirmé que des milices criminelles menacent le secteur de l’éducation dans la région et que les « mercenaires » qui ciblent les écoles, les enseignants et les moyens de transport ont pour objectif de faire proliférer l’ignorance.  Des écoles ont également été transformées en centres militaires par des groupes terroristes, créant des bastions fortifiés. 

En réponse au Mexique, Mme Stefania Giannini a insisté sur le rôle de l’alphabétisation en cette période de crise sans précédent.  Il faut, selon elle, donner aux jeunes et aux enfants les bonnes compétences pour bien gérer ce monde complexe ou les informations se chevauchent.  Mais, parfois cette situation est difficile à gérer, a-t-elle reconnu.  C’est pourquoi, afin de soutenir les États Membres dans le contexte de la riposte à la pandémie, l’UNESCO a mis en place un nouveau programme sur l’alphabétisation qui est fondé sur un concept plus large et plus adapté à l’époque actuelle, a expliqué la Sous-Directrice générale de l’agence onusienne.  Le programme, a-t-elle souligné, traitera de l’alphabétisation pendant toute la vie et prendra en compte tous les âges.  Grâce à ses différents outils, il sera intersectoriel et, enfin, tout sera fait pour que ses concepts deviennent universels. 

Mme CLAUDIA MAHLER, Experte indépendante chargée de promouvoir l’exercice par les personnes âgées de tous les droits de l’homme, a déclaré que la COVID-19 a montré qu’il faut combattre l’opprobre contre les personnes âgées, certaines d’entre elles ayant été laissées de côté.  Au-delà des mesures de prévention à prendre pour assurer la santé de ces personnes, on ne doit pas oublier la diversité de cette tranche de la population, notamment la situation de celles qui sont sous-rémunérées.

Mme Mahler a rappelé que le Secrétaire général a fait paraître une note sur les personnes âgées en mai 2020, suite à laquelle 146 États se sont engagés à réduire les conséquences négatives de la pandémie sur la vie des personnes âgées.  C’est bien la preuve que le sujet remporte l’adhésion de la majorité des États, s’est-elle félicitée.

Cependant, a-t-elle poursuivi, les instruments actuels ne permettent pas de réellement mesurer la vie de ces personnes.  En effet, des domaines cruciaux, comme les conditions de vie, ne sont pas couverts par les données.  Et si les personnes âgées constituent un groupe à part entière dans le contexte de la pandémie, elles n’en demeurent pas moins invisibles, ce qui fait qu’on ne sait pas grand-chose de leurs besoins.  Ce manque de données rend toute action normative et législative impossible, a-t-elle déploré. 

« Certes, il est impératif de pleinement autonomiser les personnes âgées, mais comment appuyer leur participation pour permettre de reconstruire en mieux? » a demandé l’Union européenne qui a appelé à lutter contre la maltraitance envers les personnes âgées et réduire la fracture numérique

Préoccupée par le sort des personnes âgées qui sont confrontées à un accroissement de leur déficit d’autonomie suite à la pandémie, l’Espagne a jugé important de prendre en compte leurs besoins pour qu’elles aient accès aux services sociaux, et d’éviter leur rejet ou isolement.

Quel a été l’impact de l’absence d’un cadre juridique spécifique sur la riposte à la pandémie? a demandé le Mexique, tandis que l’Autriche a voulu en savoir plus sur la pauvreté des personnes âgées, notamment celle des femmes.

L’Argentine, les États-Unis, le Chili, Israël et l’Algérie ont également pris la parole, mais leurs interventions n’ont pas pu être interprétées en français en raison d’un problème technique.

Dans sa réponse, Mme Claudia Mahler a observé qu’en cette période de crise aiguë, de nombreux États Membres ont rencontré des problèmes pour fournir des services aux personnes âgées parce qu’ils manquaient de préparation.  Pour certains États, ce groupe vulnérable ne faisait même pas partie de leur plan de réponse, a-t-elle constaté.  À ses yeux, un nouvel instrument est nécessaire dans la mesure où l’instrument actuel s’est révélé insuffisant.  Ce qui est crucial, c’est de lutter contre l’exclusion de ces personnes et d’être en mesure de leur procurer une assistance en cas de violence et d’abus, a-t-elle insisté.

L’Experte indépendante a ensuite regretté qu’il n’y ait pas de données suffisantes sur la question de l’exercice par les personnes âgée de leurs droits humains, ce qui empêche d’établir un recueil des bonnes pratiques.  À ses yeux, la reprise post-COVID-19 donne l’opportunité de parvenir à des sociétés plus inclusives, dans lesquelles les personnes âgées pourraient participer aux décisions qui les concernent.  Elle a également fait état d’une discrimination fondée sur l’âge, qui est aujourd’hui aggravée par l’essor des médias sociaux.  Il importe donc de réduire la fracture numérique et d’atténuer son impact sur les personnes âgées afin de permettre à celles-ci d’avoir accès à l’information et aux échanges sociaux et économiques. 

En réponse à la question de l’Union européenne portant sur les soins et les procédures de triage, Mme Mahler a noté que si certains États étaient prêts, d’autres n’ont pas jugé bon de traiter ce problème en raison de son manque de visibilité, plaidant pour la mise en place de mécanismes de prévention sur ce sujet.  Le vieillissement doit être perçu comme une chance et non comme un handicap, a-t-elle affirmé, car « la meilleure façon de reconstruite en mieux est de reconstruire ensemble, en tenant compte de la situation de tous les individus ».

Mme GHADA WALY, Directrice exécutive de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), a indiqué qu’au cours de ces derniers mois, les directeurs de programme de l’UNODC ont fait un travail louable d’adaptation aux nouvelles réalités alors que le monde continue à être confronté aux effets sans précédent de la pandémie de COVID-19.

Elle a attiré l’attention sur les répercussions négatives de la crise de liquidités de l’ONU sur l’exécution des activités de l’UNODC et sa capacité à répondre aux demandes des États Membres.  En raison du gel des postes vacants et des coupes de financement, les services fonctionnels et l’appui de l’ONUDC aux processus et réunions intergouvernementaux, ainsi qu’à ceux liés aux Traités, ont été affectés.  L’ONUDC a également été incapable d’élaborer et de publier les orientations politiques, les rapports et les analyses, et pourrait être contraint, d’ici à la fin de l’année, de réduire certaines activités essentielles.

Elle a indiqué que l’ONUDC facilite les discussions essentielles des États Membres sur toute une série de questions, allant de l’inscription du cannabis et des substances liées au cannabis, aux préparatifs en vue de l’élaboration d’une convention sur la cybercriminalité.  Elle a également cité les préparatifs du quatorzième Congrès des Nations Unies pour la prévention du crime et la justice pénale, prévu à Kyoto après son report d’avril 2020, et de la toute première session spéciale de l’Assemblée générale consacrée à la lutte contre la corruption, qui se tiendra en juin 2021.

Lundi prochain, la dixième session de la Conférence des parties à la Convention des Nations unies contre la criminalité transnationale organisée commencera par d’importantes discussions sur le nouveau mécanisme d’examen de la mise en œuvre, a-t-elle annoncé, insistant sur la nature « plus que jamais nécessaire » de ce travail.

Mme Waly a ensuite souligné que la crise de COVID-19 a montré pourquoi il est essentiel de relever les défis de la drogue, de la criminalité, de la corruption et du terrorisme afin d’aider les États Membres à se remettre sur la bonne voie pour atteindre les objectifs de développement durable.

Les criminels cherchent à tirer profit de la pandémie, comme nous l’avons signalé dans les rapports de recherche de l’ONUDC sur l’impact de la pandémie de COVID-19 sur la demande et la chaîne d’approvisionnement de la drogue, le crime organisé, la traite des personnes et le trafic de migrants, ainsi que sur le trafic de produits médicaux falsifiés liés à la COVID-19.  Les gouvernements doivent agir pour protéger les mesures d’intervention et de rétablissement face à la COVID-19 de la criminalité, la fraude et la corruption.  Elle a aussi appelé les États Membres à prendre des mesures pour protéger les personnes vulnérables contre l’exploitation et prévenir l’irruption de futures pandémies zoonotiques. 

Depuis le début de la pandémie, a poursuivi Mme Waly, les bureaux extérieurs et le siège de l’ONUDC à Vienne ont réussi à fournir une assistance juridique et à renforcer des capacités en ligne en recourant à des réunions virtuelles, ainsi qu’en modifiant et développant de nouveaux modules d’apprentissage en ligne pour compléter les webinaires.  L’assistance technique en matière de lutte contre le terrorisme a été transférée à la plateforme d’apprentissage sur la lutte contre le terrorisme, ce qui a permis à l’ONUDC de former plus de 1 000 fonctionnaires de la justice pénale.  Une nouvelle stratégie quinquennale est également en cours d’élaboration afin d’affiner encore davantage l’action de l’ONUDC grâce à l’innovation et à des synergies renforcées.

La Directrice exécutive s’est toutefois inquiétée de l’impact des contraintes financières sur les opérations de l’ONUDC et a prévenu que les choses pourraient empirer si la pandémie persiste et qu’une deuxième vague provoque un ralentissement mondial plus important.   

Au cours du dialogue avec la Directrice générale de l’ONUDC, l’Italie a estimé que la pandémie, qui engendre davantage de violences pour les catégories les plus vulnérables des populations, a rendu la lutte contre le crime plus nécessaire que jamais pour s’assurer que les activités illicites ne détournent pas des ressources nécessaires.

Le Bélarus s’est inquiété de l’impact de la pandémie sur la lutte contre la traite des êtres humains ainsi que sur la vulnérabilité des femmes et des filles face au fléau et a salué l’appui technique fourni par l’ONUDC pour la mise en œuvre de la convention relative à la traite.  L’Égypte a appelé à une action collective pour éviter que le crime organisé ne tire parti de la crise engendrée par la COVID-19.  En cette période de défi, il faut des solutions novatrices et beaucoup de solidarité, a souligné la délégation.  L’Indonésie s’est souciée du problème de la maltraitance des enfants et a fait part de ses efforts pour mieux connaître l’impact de la pandémie sur l’activité criminelle.

« Il est essentiel que la communauté internationale progresse dans la mise en œuvre globale du principe de responsabilité commune et partagée », a renchérie la Colombie faisant notamment référence à la lutte contre le problème mondial de la drogue.  La santé et la coopération internationales doivent être la pierre angulaire de la lutte contre ce fléau, a opiné à son tour le Mexique, qui a également appelé à lutter contre la corruption et à finaliser le travail sur les armes à feu, avertissant du risque de provoquer une grande circulation des armes de petits et moyen calibre.

De son côté, la Fédération de Russie a indiqué qu’en raison du report des travaux du Comité ad hoc concernant l’utilisation des TIC à des fins criminelles, la Troisième Commission ne sera pas saisie d’un projet de résolution sur la question au cours de la présente session.  Ce texte sera présenté lors de la conclusion des travaux du Comité au cours de la prochaine session.

Le Japon a fait savoir qu’il attendait avec beaucoup d’intérêt les discussions du Comité ad hoc, tandis que la République Tchèque s’est déclarée en faveur du consensus pour décider du lieu où siégera le ledit Comité, marquant sa préférence pour Vienne pour qu’il puisse bénéficier du travail des experts qui sont sur place.  L’Union européenne a elle aussi appelé à ce que les processus respectent les principes de consensus et à éviter les doublons, tandis que le Royaume-Uni a repris à son compte les déclarations de l’UE, du Japon et de l’Autriche.  Pour sa part, l’Autriche s’est félicitée de l’ouverture récente du Bureau de liaison de l’ONUDC à Genève, espérant par ailleurs que le Bureau de liaison de New York sera bientôt doté de tout son personnel.

Au sujet des interrogations exprimées sur le comité ad hoc formé en vue l’élaboration d’une nouvelle convention sur la cybercriminalité, la Directrice exécutive de l’ONUDC a confirmé que les discussions se tiendraient du 20 au 22 janvier à Vienne.  C’est là que se trouvent les experts et ces derniers savent gérer ce type de processus de manière inclusive, a-t-elle expliqué, et cela permettra aussi de se concentrer sur les aspects techniques.  Elle a assuré que le processus sera basé sur le dialogue et chacun aura droit au chapitre et pourra participer en toute transparence.  En réponse à la Russie, elle a indiqué que l’ONUDC invitait tous les États Membres à envoyer des délégués et se tenait prête à fournir l’appui nécessaire.

S’agissant des questions portant sur la corruption, notamment celle posée par le Mexique, Mme Waly a affirmé que l’ONUDC a travaillé sur la piste commune de l’ONU entérinée par le Secrétaire général et préparé la déclaration de l’Assemblée générale sur ce sujet.  Un site web a également été créé à cet égard.       

Suite à cet échange, la Russie a rappelé qu’il avait été décidé que le Comité se réunirait à New York.  L’Iran est également intervenu pour avertir que la lutte contre les trafics d’humains, la traite de personnes des migrants, le blanchiment d’argent et la cybercriminalité est entravée par les sanctions unilatérales imposées à son encontre.

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