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AG/SHC/4286
5 octobre 2020
Soixante-quinzième session, 1re & 2e séances plénières, Matin & après-midi

La pandémie de COVID-19 et ses effets sur les droits de l’homme s’invitent dans les travaux de la Troisième Commission dès leur ouverture

Réunis en personne dans la vaste salle de l’Assemblée générale, mais à bonne distance les uns des autres, les membres de la Troisième Commission en charge des questions sociales, humanitaires et culturelles ont entamé, aujourd’hui, les travaux de leur soixante-quinzième session en alertant, à l’occasion du débat général, sur les effets de la pandémie de COVID-19 sur les droits de l’homme et les libertés fondamentales, notamment ceux des groupes les plus vulnérables, mais aussi sur le développement des pays les moins avancés. 

« Comme vous le savez, cette période est exceptionnelle et il s’est avéré que les limitations imposées par la pandémie de COVID-19 auraient également un impact sur les travaux de la Commission », a souligné la Présidente de la Commission, Mme Katalin Annamária Bogyay, de la Hongrie, dans ses propos liminaires, en appelant chacun à « faire attention aux autres et à faire de cette session un succès ». 

Cette crise planétaire et ses impacts « ne sauraient être absents des travaux de la Troisième Commission », lui a indirectement répondu le Chili, avant d’observer que la pandémie a « mis à nu les inégalités sociales et l’urgence d’un renforcement de l’approche des droits de l’homme ».  Les derniers mois ont en effet montré que de multiples groupes vulnérables étaient plus particulièrement affectés, a-t-il souligné, s’inquiétant en particulier de la violence domestique à l’encontre des femmes et des filles. 

Dans le même ordre d’idées, le Canada s’est inquiété de la hausse alarmante des violences sexistes, tout en constatant que les femmes sont au cœur de la riposte à la COVID-19 mais se voient le plus souvent exclues des processus décisionnels.  Même constat de la part d’Israël, qui a en outre relevé qu’en cette période de restrictions diverses, trop de femmes dans le monde n’ont pas accès aux soins de santé sexuelle et reproductive. 

Tout en se félicitant que la Déclaration et le Programme d’action de Beijing, « moment marquant de l’histoire » dont on célèbre cette année le vingt-cinquième anniversaire, aient suscité un engagement mondial en faveur des femmes et des filles, le Ghana a dit craindre que la COVID-19 n’entraîne un « retour en arrière ».  La délégation a néanmoins salué l’appel du Secrétaire général pour que les plans de reprise nationaux tiennent compte de la vulnérabilité des femmes. 

À l’instar des Bahamas, pour la Communauté des Caraïbes (CARICOM), ou de la Malaisie, au nom de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), un grand nombre d’intervenants ont également mis en garde contre un recul des droits des enfants, dont un grand nombre risquent de ne pouvoir retourner à l’école malgré les efforts déployés pour développer l’apprentissage à distance.  La Namibie, qui a mis en place une plateforme à cette fin, a regretté que les écoliers soient « contraints de naviguer dans les eaux inconnues de l’éducation en ligne ». 

Au nom du Groupe restreint LBGTI, le Népal a pour sa part averti que les personnes lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres et intersexes sont confrontées à des discriminations accrues dans le cadre des procédures de confinement, ce qui met en danger leur survie et leur santé, ainsi que leurs droits économiques et humains.  Il a également fait remarquer que, s’agissant de la protection de ce groupe particulièrement vulnérable, les obligations juridiques sont bien établies dans le droit international. 

Cette première séance du débat général a aussi été l’occasion pour l’Union européenne de condamner les violences exercées au Bélarus contre les manifestants pacifiques et les défenseurs des droits de l’homme, tout en se disant préoccupée par la situation des droits humains en République populaire démocratique de Corée, au Myanmar, en Syrie et en Chine.  Elle s’est ainsi inquiétée du sort de la minorité ouïghour et a exigé des autorités chinoises qu’elles autorisent l’accès à la province du Xingjang. 

Dénonçant ces « accusations infondées », la Chine a, elle, concentré ses feux sur les mesures coercitives unilatérales appliquées par « certains pays », lesquelles sapent le droit à la santé en entravant l’accès aux médicaments, à la technologie et aux équipements médicaux dans le contexte de la COVID-19.  Plus directe, Cuba a nommément accusé les États-Unis de mener une politique « génocidaire » à son encontre en maintenant son blocus contre l’île.  Selon elle, la communauté internationale ne peut autoriser le « deux poids, deux mesures » dans le domaine des droits humains, ces questions devant être abordées « sur des bases objectives et non politisées ». 

Avant même que ne débute le débat général, la Fédération de Russie avait rejeté, en son nom et celui de la Syrie, du Venezuela, de l’Iran et de Cuba, la politique du « pays hôte » visant à imposer des restrictions aux États Membres pendant la pandémie.  Elle s’était élevée particulièrement contre le refus des États-Unis d’octroyer des visas à certains membres de délégation. 

En début de séance, la Présidente de la Troisième Commission a également présenté l’organisation des travaux de l’instance et la planification des programmes.  La Commission a d’autre part adopté la liste provisoire des titulaires de mandats spéciaux appelés à lui présenter leur rapport lors de la présente session.  Enfin, elle a complété son bureau en élisant par acclamation Mme Ahlem Sara Charikhi (Algérie) et M. Khaled Mohammed AlManzlawiy (Arabie saoudite) à la fonction de vice-président, qui rejoindront Mme Pilar Eugenio (Argentine).  Mme Myriam Oehri, du Liechtenstein, occupera les fonctions de rapporteur.

La Troisième Commission poursuivra son débat général demain, mardi 6 octobre, à partir de 10 heures.

DÉBAT GÉNÉRAL

Interventions avant le débat général

M. ROMAN G. KASHAEV (Fédération de Russie), qui s’exprimait au nom de la Syrie, du Venezuela, de l’Iran et de Cuba, a rejeté la politique du pays hôte visant à discriminer et à imposer des restrictions aux États Membres pendant la pandémie, dénonçant notamment des expulsions arbitraires de membres de délégations.  Ces derniers doivent pouvoir exercer pleinement leurs droits, a fait valoir le représentant, s’élevant contre le refus des États-Unis d’octroyer des visas à certains membres de délégation, ce qui les empêche d’accéder au Siège.  Il a également dénoncé les limitations imposées pour les déplacements dans New York.  Ces mesures limitent les droits et privilèges de nos pays prévus par la Charte.  Malgré les requêtes déposées, aucune solution n’a été trouvée, a-t-il déploré, souhaitant que l’on empêche les travaux de l’ONU de devenir les « otages de desseins politiques ».  Enfin, demandant que soit garanti le principe d’égalité entre les États Membres, il a exhorté la Présidente à effectuer un suivi de ces questions afin de garantir l’efficacité des travaux de la Troisième Commission.  

Suite à cette intervention, M. ALEJANDRO GONZÁLEZ BEHMARAS (Cuba) a formé le vœu qu’en matière d’organisation, cette session soit conduite de manière « transparente et inclusive ».

Ouverture du débat général

M. NEIL ORIN PIERRE (Guyana), s’exprimant au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a observé que la pandémie continue de semer le chaos dans notre monde, avec des conséquences d’envergure et des effets néfastes pour la réalisation du Programme 2030.  Ses effets à long terme sur le développement social sont encore plus importants que les répercussions sur la santé, a estimé le représentant.  Et des décennies de progrès risquent d’être mises à mal.  Le Groupe des 77 et de la Chine estime que les discussions devraient se concentrer sur ces conséquences et sur les mesures pragmatiques destinées à venir à bout des inégalités.  À cet égard, a-t-il souligné, le Groupe considère que le renforcement du multilatéralisme et l’intensification de la coopération sont fondamentaux pour le développement durable et le Programme d’action de Copenhague.

Pour le délégué, il convient d’appuyer les pays en développement et la coopération Sud-Sud devrait compléter la coopération Nord-Sud.  Saluant les efforts déployés pour aider les familles vulnérables, il a exhorté les États Membres à investir davantage dans les outils relatifs à la famille.  Il a également souhaité que les personnes âgées participent activement à la vie sociale des sociétés.  Il s’est déclaré inquiet des effets de la pandémie pour la santé et le bien-être de ces personnes, appelant à ce qu’elles puissent jouir de tous leurs droits.  Des mesures pérennes sont possibles si nous conjuguons nos efforts, a-t-il dit.  Il a aussi préconisé l’intégration des questions de handicap dans les plans de réponse et de reprise à la COVID-19.  Il a ensuite indiqué que le Groupe présentera quatre projets de résolution à cette session, notamment sur le thème de la famille alors qu’approche la trentième Année internationale de la famille.  Enfin, se disant préoccupé par les injustices qui touchent les communautés vulnérables, il a appelé à redoubler d’efforts dans la mise en œuvre du Programme d’action de Durban contre le racisme et du Programme d’action de Beijing pour l’accélération de l’égalité femmes-hommes.

Mme AYA KAMAL IBRAHIM HASSAN (Égypte), au nom du Groupe des États d’Afrique, a réaffirmé l’appui du Groupe à l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), citant son rôle de chef de file.  Elle s’est dite préoccupée par les effets multidimensionnels et profonds de la pandémie de la COVI-19, en raison notamment des disparités socioéconomiques.  Ces écarts risquent de se creuser davantage et ralentir les progrès, a-t-elle prévenu.  La déléguée a ensuite appelé à redoubler d’efforts pour trouver un vaccin, soulignant qu’une fois disponible, celui-ci devra être disponible pour tous pour que personne ne soit laissé de côté.  De même, l’intervenante a appelé à la suppression de la dette pour les pays les moins avancés.

Après avoir souligné l’importance de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing ainsi que de la Convention de Copenhague, Mme Hassan a indiqué que le Groupe présentera des projets de résolution sur l’élimination des mutilations génitales féminines, de la fistule obstétricale, et des pratiques préjudiciables à l’égalité entre les sexes qui, a-t-elle ajouté, affectent de nombreuses femmes et filles en Afrique.

Le Groupe a également fait part de sa détermination à lutter contre la corruption et s’est engagé en faveur de la lutte et de la prévention en matière de stupéfiant.  Par ailleurs, le Groupe des États d’Afrique estime que la Déclaration de Durban est le socle de la lutte contre le racisme et doit servir de guide à la communauté internationale pour promouvoir le respect des droits humains.

Mme MUDITA BAJRACHARYA (Népal), au nom du Groupe restreint LBGTI (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres et intersexes), créé en 2018, a indiqué que l’objectif général du Groupe est de faire respecter les droits de l’homme quels que soient le sexe des personnes et leur sexualité.  Elle a noté à cet égard que les obligations juridiques sont bien établies dans le droit international et a souligné que les États ont la responsabilité de défendre les personnes LGBTI.

Elle a indiqué que les personnes LGBTI sont confrontés à des discriminations accrues, notamment dans le cadre des procédures de confinement face à la pandémie.  À cet égard, leur survie et santé, ainsi que leurs droits économiques et humains ont été mis en danger, a-t-elle dénoncé.  Elle a également signalé que les restrictions en matière de déplacement peuvent avoir un impact particulièrement délétère pour les personnes souffrant de maladies chroniques et qui ont besoin de soins particuliers.

Notant qu’un pourcentage élevé de personnes LGBTI ont des revenus modestes et un accès difficile aux soins, elle a jugé essentiel que les ripostes des gouvernements mondiaux prennent en compte les personnes LGBTI.  Cela ne doit pas être sujet à polémique, c’est juste la seule chose à faire car c’est humain, a-t-elle déclaré. 

M. BJÖRN OLOF SKOOG, de l’Union européenne, a rappelé que les droits de l’homme sont universels et interdépendants.  Il a réaffirmé l’engagement de l’UE en faveur de l’autonomisation des femmes et la mise en œuvre du cessez-le-feu mondial auquel a appelé le Secrétaire général l’ONU.  Le représentant s’est élevé contre les attaques visant des défenseurs des droits de l’homme et a condamné le fait que certains membres de la société civile se voient refuser l’accès au Siège de l’ONU.  Tous les États Membres ont l’obligations de mettre en œuvre les traités auxquels ils sont parties, en particulier ceux relatifs aux droits de l’homme, a-t-il souligné, avant de rappeler la responsabilité particulière de ceux qui sont élus au Conseil des droits de l’homme.  La protection de la souveraineté nationale ne peut suffire pour justifier la torture ou les abus, a fait valoir le délégué.

Il s’est ensuite déclaré préoccupé par les événements au Bélarus, indiquant que l’UE ne reconnaît pas les résultats de l’élection présidentielle dans ce pays.  Condamnant les violences contre les manifestants pacifiques et les défenseurs des droits de l’homme, il a appelé à la libération immédiate de toutes les personnes illégalement détenues.  Évoquant par ailleurs la situation en RPDC et au Myanmar, le représentant a exhorté ces deux pays à se conformer à leurs obligations en matière de droits de l’homme et à coopérer avec l’ONU.  M. Skoog a également rappelé que plus d’un million de personnes ont été déplacées en Syrie et s’est dit gravement inquiet du ciblage délibéré de civils et de personnels humanitaires dans ce pays, condamnant au passage les détentions arbitraires, les cas de torture et les disparitions forcées.  Il a réitéré l’appel de l’UE en faveur d’un renvoi de cette situation à la CPI.  S’agissant de la Chine, il a une nouvelle fois exprimé son inquiétude quant au sort de la minorité ouïgoure et a demandé qu’un accès au Xingjang soit autorisé par Beijing.  La Chine doit respecter les droits et la liberté d’expression des minorités et garantir l’équité des procès, a-t-il dit.  Enfin, soulignant l’importance pour les droits des femmes d’une mise en œuvre effective du Programme d’action de Beijing, il a assuré que l’UE fera tout le nécessaire pour que les promesses de ce Programme deviennent une réalité.

M. ANTÓNIO GUMENDE (Mozambique), au nom de la Communauté de développement de l’Afrique austral (SADC), a souligné que l’égalité des sexes est le vecteur du développement économique et social et un moyen efficace d’éliminer la pauvreté.  C’est pourquoi, la SADC s’engage à éliminer tous les obstacles à l’égalité des sexes au niveau national et régional. 

Il a indiqué que de nombreux défis affectent l’Afrique australe, notamment en ce qui concerne la discordance entre droit statutaire et le droit coutumier, la mise en œuvre des lois concernant l’accès aux ressources, l’inégalité des sexes dans le monde du travail et le fardeau disproportionné du travail de soin non rémunéré qu’assument les femmes.  Face à ces défis, une stratégie multidimensionnelle régionale pour l’autonomisation des femmes est en cours de mise en œuvre.

Après s’être préoccupé de la persistance du racisme et de la xénophobie dans le monde, il a indiqué que l’Afrique australe compte plus d’un million de réfugiés et de demandeurs d’asile et cinq millions de déplacés, soulignant la complexité de gestion de ces populations, qui requièrent de nombreuses ressources.  Il a fait savoir qu’en 2020, la SADC a adopté un projet de plan d’action quinquennal pour opérationnaliser le mémorandum d’accord conclu avec le HCR.  Une conférence régionale est également prévue sur cette question.  Face à la pandémie de COVID-19, il est essentiel de ne pas laisser les réfugiés de côté, a-t-il affirmé.

Mme SHEILA GWENETH CAREY (Bahamas), au nom de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), a déclaré que la lutte contre les inégalités est fondamentale pour le progrès social et parvenir à un développement durable pour tous.  Elle a estimé que les vulnérabilités de la CARICOM, y compris la menace des changements climatiques, ont été exacerbées par les effets désastreux de la pandémie de COVID-19 qui exerce également une pression supplémentaire sur les systèmes de santé.

Elle a souligné la grande importance que la CARICOM accorde aux enfants, en particulier en ce qui concerne la mise en œuvre des objectifs de développement durable (ODD), déplorant que la pandémie ait diminué les progrès de la région.  La pandémie a perturbé l’instruction de plus de 5 millions d’élèves et de 200 000 enseignants et les limitations de ressources des États de la Communauté affectent l’accès au tutorat en ligne et menacent d’élargir les écarts socioéconomiques.  Or, pour reconstruire après la pandémie, une attention particulière doit être accordée à l’éducation, à la santé et à la sécurité des enfants, qui sont les principaux éléments constitutifs du futur de la région, a-t-elle souligné.

La CARICOM continue par ailleurs de travailler assidûment à la mise en œuvre de programmes régionaux visant à lutter contre les effets néfastes de la violence contre les femmes et les filles, notamment en comblant les lacunes législatives et politiques, en renforçant les institutions, en fournissant des services et un soutien de qualité aux victimes de violence et à leurs familles, en produisant des données désagrégées et en autonomisant les organisations de femmes.

Poursuivant, Mme Carey a noté les effets de la pandémie de COVID-19 sur les peuples autochtones.  Elle a salué le cadre des Nations Unies d’avril 2020 pour la réponse socioéconomique immédiate à la COVID-19 qui reconnaît que les peuples autochtones sont parmi les plus à risque.  « Nous continuons à travailler pour assurer la participation effective de nos populations autochtones au processus de décision », a-t-elle indiqué.  

En outre, la représentante a signalé que le niveau élevé de criminalité dans la Communauté des Caraïbes reste une source de grave préoccupation, situation qui a été aggravée par la pandémie de COVID-19.  « La pandémie nous a amenés à reconsidérer nos approches nationales et collectives visant à protéger la vie dans ces temps incertains. »

Au nom de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), M. SYED MOHAMAD HASRIN AIDID (Malaisie) a assuré que son association fait tout son possible pour riposter à la pandémie, en tenant compte de son caractère multidimensionnel.  Si cette crise risque de provoquer une pause dans les projets de l’ASEAN, elle ne remet pas en cause les engagements pris dans le cadre de sa Vision 2025.  L’ASEAN reste engagée à intensifier la coopération régionale afin de mettre les communautés vulnérables au cœur de son action et faciliter un relèvement rapide.  Pour atténuer l’incidence de cette pandémie, a poursuivi le représentant, l’ASEAN s’emploie à mettre en œuvre la Convention relative aux droits de l’enfant.

Notant qu’à l’instar de la COVID-19, la criminalité ne connaît pas de frontières et profite même de la pandémie pour abuser des groupes vulnérables, le représentant a indiqué que l’ASEAN travaille à cette question dans le cadre de la coopération régionale et des plans nationaux.  Par ailleurs, l’Association met en œuvre son plan d’action contre la radicalisation et l’extrémisme violent.  S’agissant de la cybercriminalité, le plan d’action de l’ASEAN vise des ripostes efficaces, a-t-il ajouté, avant de préciser que l’Association s’oppose à la légalisation des drogues illicites à des fins non médicales.  L’ASEAN défend des sociétés sans drogues et son mécanisme de coopération régionale a permis la coordination des saisies.  Pour le délégué, la coopération internationale doit permettre d’œuvrer ensemble contre la COVID-19, pour la promotion du développement socioéconomique et la protection de l’enfant.  Ce n’est que grâce à cette coopération que nous pourrons édifier un avenir meilleur, a-t-il conclu.

M. ZHE ZHANG (Chine), au nom d’un groupe de pays, a déclaré que face à la pandémie actuelle, une riposte efficace exige une coopération internationale pour garantir les efforts de relèvement.  Cependant, a-t-il déploré, des mesures coercitives unilatérales appliquées par certains pays sont non seulement contraires aux principes de la Charte, mais ont des conséquences indéniables sur les droits des personnes et font obstacle au bien-être des populations, notamment dans les pays les plus touchés.

Il a indiqué que les mesures coercitives unilatérales sapent le droit à la santé en entravant l’accès aux médicaments, à la technologie médicale, et aux équipements médicaux, notamment dans le contexte de la COVID-19.  À cet égard, il s’est félicité de l’appel du Secrétaire général du 26 mars 2020 en faveur de l’élimination des sanctions dans le cadre de la lutte contre la COVID-19.  Il s’est également félicité de l’adoption d’une résolution dans ce sens par l’Assemblée générale.  Le représentant a ensuite appelé à la levée complète des mesures coercitives afin de garantir une riposte intégrale et efficace face à la COVID-19.  « La solidarité mondiale et la coopération internationale sont les armes les plus puissantes pour venir à bout de la COVID-19 », a-t-il insisté.

Poursuivant, M. Zhang a déploré que, 25 ans après l’adoption de la Déclaration de Durban et de son Programme d’action, des décès tels que celui de George Floyd continuent de faire la « Une » des journaux et que de nombreuses personnes continuent de perdre la vie en raison du racisme et de la violence policière.  Ces cas viennent nous rappeler la discrimination chronique profondément enracinée dans les sociétés, touchant les minorités, notamment les personnes d’ascendance africaine.  Il s’est aussi dit très préoccupé par la situation sanitaire des migrants et de centres de détention dans certains pays.

À titre national, le représentant de la Chine a dénoncé les accusations « sans fondement » émises par l’Union européenne.

M. MAMMALIYEVA (Azerbaïdjan), au nom du Mouvement des pays non alignés, a reconnu que la solidarité, le respect, la paix et l’amitié entre États sont des valeurs fondamentales des relations entre États pour réaliser l’ensemble des droits économiques des peuples.

Il a souligné que les droits humains doivent être pris en compte sans discrimination, au cours d’un dialogue équitable, juste, respectant la non-ingérence dans les affaires des États et en tenant particulièrement compte des situations particulières à chaque pays.  Il a noté que les chefs d’État et de gouvernement du Mouvement ont fait part des causes multiples des crises qui apparaissent et qui exigent un effort complet de la part de tous.  Le représentant a souligné qu’il est important d’empêcher les crises alimentaires qui, a-t-il indiqué, posent des obstacles sérieux à la lutte contre la pauvreté et la faim. 

En conclusion, le représentant a réitéré l’engagement des États du Mouvement à renforcer le multilatéralisme tout en respectant au pied de la lettre la Charte des Nations Unies. 

Mme KAREN VAN VLIERBERGE (Belgique) a jugé impératif de garantir l’indépendance des Procédures spéciales et de faciliter leurs visites sur le terrain.  La représentante a plaidé pour le renforcement et la modernisation des organes de traités, avant d’insister sur l’abolition « universelle » de la peine de mort.  Concernant l’égalité des sexes, elle a dénoncé l’augmentation « exponentielle » de la violence basée sur le sexe depuis le début de la pandémie de COVID-19.  La lutte contre les violences sexuelles et conjugales, les intimidations, les harcèlements, le mariage des enfants ou encore la cyberviolence méritent toute notre attention, a encore déclaré la délégation.  Aucune tradition, religion, valeur culturelle ou coutume ne peut justifier les violations des droits des femmes et des filles, a martelé la représentante. 

À l’aube du vingtième anniversaire de la Conférence sur le racisme, il ne saurait y avoir non plus de complaisance avec la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée.  La Belgique, a indiqué la représentante, a créé une conférence interministérielle relative à la lutte contre le racisme et travaille à un plan d’action national.  C’est à tous, a-t-elle conclu, d’assurer la protection des droits et libertés fondamentaux.  Concernant le vingtième anniversaire des deux Protocoles à la Convention relative aux droits de l’enfant, la Belgique a pris l’initiative d’une déclaration conjointe qui sera rendue publique le 12 octobre prochain, a encore annoncé la représentante.

Pour M. ISHIKANE KIMIHIRO (Japon), la lutte contre la COVID-19 ne doit pas être utilisée comme prétexte pour saper l’état de droit, la démocratie et les droits de l’homme. Il s’est dit préoccupé par la propagation de l’extrémisme violent, des discours de haine et de l’intolérance.  En outre, le Japon ne peut pas accepter que les effets économiques et sociaux de la pandémie annulent les progrès réalisés en matière d’égalité des sexes au cours des dernières décennies.

M. Ishikane a annoncé que le pays accueillera le quatorzième Congrès des Nations Unies pour la prévention du crime et le traitement des délinquants, ainsi que le Forum des jeunes, à Kyoto, en mars 2021.  Le Japon est également déterminé à accueillir les Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo l’été prochain « comme preuve de la victoire de l’humanité sur la pandémie ».  Les Jeux de Tokyo 2020 seront une excellente occasion d’embrasser la diversité et l’inclusion, sans tolérance pour aucune discrimination, a-t-il affirmé. 

M. ROBERT KEITH RAE (Canada) a signalé que la pandémie a exacerbé la situation des droits humains, relevant que les femmes assument une part disproportionnée de ce fardeau et s’inquiétant également de la hausse des violences sexistes.  L’autonomisation des femmes a également enregistré un recul.  C’est un signal d’alarme, a-t-il dit.

Le représentant a par ailleurs souligné que les chocs économiques et les changements climatiques exigent une riposte rapide.  Il a ensuite indiqué qu’avec la Zambie, le Canada présentera un projet de résolution sur les mariages d’enfant forcés et précoces ainsi qu’un texte sur les droits de l’homme en Iran.

M. Rae a, en outre, indiqué que les femmes sont au cœur de la riposte à la COVID-19 mais que celles-ci sont exclues des processus décisionnels.  Enfin, il a exhorté à la lutte contre toutes les formes de racisme, notamment contre les Noirs.

Mme ADELA RAZ (Afghanistan) a jugé que, pour reconstruire en mieux, il importe d’accorder une attention particulière aux questions sociales, humanitaires et culturelles.  Rappelant que, le 11 septembre dernier, l’Assemblée générale a adopté une résolution sur la COVID-19, elle a estimé que les grandes commissions, à commencer par la Troisième, doivent s’appuyer sur cette base commune.  Dans ce contexte, l’Afghanistan s’attachera à œuvrer à la protection et à la promotion des droits humains et des droits des personnes en situation de vulnérabilité.  En dépit des nombreuses difficultés auxquelles il est confronté, le pays a enregistré des progrès dans les questions qui intéressent la Troisième Commission, a souligné la représentante.  Elle a ainsi fait état de la création d’un haut conseil des femmes chargé de travailler à l’autonomisation des femmes, notamment dans les provinces.  Dans le même ordre d’idées, le nom de la mère figure désormais sur les cartes d’identité nationales, a-t-elle ajouté.  En outre, le Gouvernement afghan met en œuvre la deuxième phase de son plan sur les femmes et la sécurité.  En partenariat avec ONU-Femmes, il a aussi lancé des plans d’action locaux.

Il vient, d’autre part, en aide aux personnes déplacées, aux réfugiés et aux migrants.  S’agissant des personnes handicapées, la déléguée a indiqué que son gouvernement a établi un quota dans la fonction publique.  Il s’emploie aussi à garantir la continuité dans l’éducation des plus de neuf millions d’enfants scolarisés avant la pandémie.  À cet égard, il a publié un plan d’action et s’est engagé à atteindre les 3,7 millions qui ne peuvent, pour l’heure, regagner leur établissement scolaire.  Enfin, a poursuivi la représentante, les autorités afghanes se concentrent, en cette période de pandémie, sur la fourniture de services aux plus vulnérables, en collaboration avec toutes les institutions pertinentes.  Après 40 années de guerre, la paix est au cœur de ses efforts, a-t-elle encore souligné, rappelant que, le 12 septembre dernier, se sont ouvertes des négociations entre le Gouvernement afghan et les Taliban.  Avant de conclure, la représentante s’est dite confiante qu’avec l’appui international, son pays saura créer un cadre pour la préservation de la paix et le retour à la prospérité.  

M. GUILLERMO ROQUE FERNANDEZ DE SOTO VALDERRAMA (Colombie) a déclaré que la COVID-19 a imposé d’énormes défis qu’il s’agit de relever collectivement, et avec détermination, notre engagement étant d’aller de l’avant en dépit de tous les obstacles à venir.  Le Programme 2030 est justement la feuille de route de l’action collective visant à garantir que personne ne soit laissé de côté.  Le représentant a mis l’accent sur le travail important des gouvernements, du secteur privé et de la société civile pour atteindre les objectifs.  Il a expliqué que son pays centre son attention sur la réduction des inégalités, conformément à son Plan national de développement (PND) 2018-2022. 

Le pays a ainsi mis en place des politiques sociales axées sur une croissance économique durable, l’élimination de la pauvreté, la couverture sanitaire universelle, l’accès à une éducation de qualité et aux services sociaux de base, et l’égalité des sexes, dont les politiques sont définies par le Programme d’action de Beijing.  L’accès est également mis sur la petite enfance, l’adolescence et la jeunesse, comme en atteste le fait que la Colombie ait lancé, le 14 août dernier, l’Alliance nationale contre la violence faite aux garçons, aux filles et aux adolescents.  Le représentant a aussi parlé des peuples autochtones qui jouissent d’une protection et d’une reconnaissance constitutionnelles, grâce à une approche multidimensionnelle de l’égalité.

Le pays insiste d’ailleurs sur le « Plan d’action opportune de prévention et protection des droits individuels et collectifs à la vie, la liberté, l’intégrité et la sécurité des défenseurs des droits de l’homme, des femmes et hommes chefs de file sociaux, des communautés et des journalistes ».  Le représentant a conclu sur la lutte contre la criminalité organisée dont le narcotrafic et l’exploitation illégale des ressources naturelles.  Il a rappelé le principe de « responsabilité commune et partagée ».

M. CHRISTIAN BRAUN (Luxembourg) a déclaré qu’avec la crise actuelle, nous risquons de perdre le bénéfice des progrès dans la réalisation des objectifs de développement durable, en particulier s’agissant des populations les plus vulnérables, femmes, enfants, mais aussi migrants et refugiés.  C’est pour cela que le Luxembourg participe à l’accueil des mineurs non accompagnés mais réserve également 1% de son revenu national brut corrigé de l’endettement à l’aide publique au développement.

Le représentant a réitéré son plein soutien à toutes les instances multilatérales de promotion des droits de l’homme, notamment à la Cour pénale internationale et au Mécanisme international, impartial et indépendant pour la Syrie.  Ces mécanismes doivent disposer des moyens pour agir, tout comme la communauté internationale ne doit pas se «  dérober  » devant sa responsabilité́ s’agissant de la situation des Rohingya au Myanmar, a encore plaidé la délégation.  

Par ailleurs, le Luxembourg, qui a fait le choix d’une politique étrangère féministe, continuera son engagement dans la lutte contre toutes formes de discrimination.  Il poursuivra de même le chantier qui vise à donner à la société civile la place qui lui revient dans les enceintes de l’Organisation des Nations Unies.  Ces objectifs sont une priorité dans le cadre de la candidature du Luxembourg en tant que membre du Conseil des droits de l’homme.

M. SASS, délégué de la jeunesse de la Hongrie, a rappelé qu’il y un an, dans cette même Commission, « je parlais de la prévention, de la vaccination et de la santé mentale » et personne n’imaginait, alors, leur importance.  Depuis, nous avons appris qu’il fallait davantage prendre au sérieux la prévention, a ajouté ce jeune médecin qui a exhorté les jeunes à ne pas avoir peur de demander de l’aide.  Pour lui, les jeunes doivent jouer un rôle de chef de file. 

Prenant à son tour la parole, la représentante de la Hongrie a souligné l’appui de son pays aux minorités et plaidé pour l’établissement d’un cadre juridique contraignant.  « Nous sommes les défenseurs des minorités religieuses » et avons été parmi les premiers à nous joindre à l’Alliance de défense des minorités religieuses en 2020.  Elle a, en outre, défendu les femmes qui doivent être autonomisées et s’est enorgueillie des outils et stratégies de la politique hongroise pour aider les femmes.  Investir dans les générations futures est un autre combat que mène la Hongrie pour qui, les droits des enfants sont essentiels, notamment en cette période de pandémie. 

M. ROMAN G. KASHAEV (Fédération de Russie) a constaté que la crise liée à la pandémie de COVID-19 a clairement fait apparaître une augmentation des divisions au sein de la communauté internationale.  Elle a notamment montré que certains États ne sont pas prêts à mettre de côté leurs intérêts nationaux et à privilégier la coopération, a-t-il déploré.  Plus grave encore, selon lui, certains États veulent remplacer les principes du droit international par un soi-disant ordre international basé sur des règles.  De plus, certains utilisent le Conseil des droits de l’homme pour s’ingérer dans les affaires intérieures d’autres États.  Pour le représentant, le temps est venu de réfléchir à des normes morales et éthiques, notamment en ce qui concerne la désignation et la prestation de serment du Président du Conseil. 

La pandémie a également montré que les problèmes liés au racisme et à la discrimination raciale n’ont pas été réglés, a poursuivi le délégué.  Il a jugé inadmissibles les tentatives de glorifier le nazisme et les idéologies semblables.  Condamnant à cet égard les tentatives visant à faire d’éléments néonazis des « héros de libération nationale », il a appelé les structures pertinentes de l’ONU d’y veiller et les pays concernés à mettre fin à ces violations.  Au moment où l’ONU passe au format en ligne pour ses travaux, il a également invité tous les États à participer à la mise en œuvre de la Convention sur la cybercriminalité.  Enfin après avoir demandé à la Commission des stupéfiants de l’ONU de se saisir de la pandémie dans le cadre du Consensus de Vienne, il a salué la tenue d’une session extraordinaire de l’Assemblée générale contre la corruption en 2021. 

M. ENRIQUE AUSTRIA MANALO (Philippines) a expliqué que son pays a lancé un programme de rapatriement des migrants sans précédent dans son histoire.  Si des milliers de migrants philippins sont en première ligne pour lutter contre la pandémie, plus de 345 000 autres ont été rapatriés après avoir perdu leur emploi.  Le Gouvernement a donc pris en charge les frais de rapatriement et fourni une assistance financière aux bénéficiaires qualifiés.  Par contre, a ajouté le représentant, des milliers de gens de mer sont toujours à bord de navires qui ne peuvent pas accoster en raison des restrictions liées à la COVID-19.  Les Philippines ont donc établi « une voie verte » pour faciliter le débarquement et la rotation des équipages.  Le représentant a rappelé que le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières constitue un excellent cadre de solidarité et de coopération pour soutenir les migrants en ces temps difficiles.

Par ailleurs, M. Manalo a réaffirmé l’engagement des Philippines à garantir un environnement sûr et sécurisé dans lequel tous les citoyens jouissent des droits de l’homme et des libertés fondamentales, « à l’abri de la criminalité et du fléau des drogues illicites ».  Il a souligné que l’État a la prérogative souveraine de prendre des mesures pour lutter contre la criminalité et le terrorisme et d’adopter des lois pour protéger les intérêts nationaux.  Enfin, il réitéré son appel à « mettre fin à la militarisation et à la politisation des droits de l’homme ». 

M. MILENKO ESTEBAN SKOKNIC TAPIA (Chili) a souligné que la crise mondiale engendrée par la pandémie de la COVID-19 et ses effets ne sauraient être absents des travaux de la Troisième Commission, d’autant que les sujets abordés par celle-ci ont une incidence directe sur la vie des personnes.  La pandémie a, une fois de plus, mis à nu les inégalités sociales et l’urgence d’un renforcement de l’approche des droits de l’homme et de la protection.  Les derniers mois ont montré que de multiples groupes vulnérables étaient plus particulièrement affectés, a-t-il estimé, s’inquiétant notamment de l’augmentation de la violence domestique.

En cette période complexe, il faut que la protection des droits de l’homme soit le point de mire mondial, a-t-il affirmé.  Aujourd’hui plus que jamais, a-t-il encore encouragé, le caractère universel des droits de l’homme exige d’approfondir et de mettre l’accent sur la valeur de la protection de l’État, de la démocratie, du dialogue et de la coopération internationale, ce qui est en lien direct avec notre conception du multilatéralisme, qui privilégie la recherche du consensus autour des questions d’intérêt commun.  Face à une crise mondiale, le caractère universel des droits de l’homme renforce la capacité préventive du système multilatéral, lequel tire profit à son tour de la participation de la société civile, des secteurs privé et académique, et de tous les acteurs pertinents, a précisé M. Skoknic Tapia.

M. NEVILLE MELVIN GERTZE (Namibie) a déclaré que la pandémie de COVID-19 a plongé le monde dans une crise sanitaire et économique aiguë, dont la gravité n’a pas été vue depuis un siècle.  Les effets socioéconomiques négatifs de la pandémie de COVID-19, qui s’ajoutent aux défis existants tels que le fardeau élevé de la dette, la réduction des recettes fiscales, les sorties de capitaux et le manque d’accès adéquat et suffisant aux marchés financiers, ne sont pas de bon augure pour l’avenir des pays en développement, a-t-il prévenu.  Les niveaux élevés de chômage, en particulier chez les jeunes, pourraient potentiellement entraîner une déstabilisation politique et sécuritaire de certaines de nos sociétés.

Face à cette situation, le Gouvernement namibien a fait preuve d’un leadership fort en mettant en place un Comité national de coordination des urgences sanitaires sous l’égide du Ministère de la santé et des services sociaux.  Le Gouvernement namibien a, en outre, introduit le Système de gestion des incidents et renforcé la fonctionnalité d’urgence en santé publique, qui est devenu la base centrale à partir de laquelle opèrent tous les intervenants de la COVID-19 au niveau national.  Il a fait savoir que l’un des secteurs les plus durement touchés est celui de l’éducation. 

Le représentant s’est ensuite inquiété de la féminisation de la pauvreté et a appelé la communauté internationale à redoubler d’efforts pour empêcher que les femmes soient privées d’éducation et de soins de santé, exclues de la prise de décisions, des structures économiques et du processus de production, victimes de violence, et se voient refuser l’accès à la propriété.

Après avoir appelé à appuyer la promotion et la protection des droits de l’homme dans le monde, en particulier par le dialogue et des moyens pacifiques, le délégué a demandé la pleine mise en œuvre de toutes les résolutions de l’ONU sur la Palestine et le Sahara occidental et à la levée de l’embargo imposé à Cuba et des sanctions à l’encontre du Zimbabwe.

M. JUAN RAMÓN DE LA FUENTE RAMIREZ (Mexique) a relevé le contexte extraordinaire de cette session de l’Assemblée générale marqué par la pandémie de COVID-19 et toutes ses conséquences.  C’est une période où il faut renouveler notre engagement en faveur du multilatéralisme, de la coopération internationale et des droits de l’homme.  À cet égard, la Troisième Commission est un espace pour faire avancer l’ordre du jour international relatif aux droits de l’homme, par le biais d’un dialogue « franc et ouvert ».

La santé étant un droit de l’homme, il faut, a souligné le représentant, renforcer la coopération internationale pour garantir à tous un accès juste, transparent, efficace et approprié aux outils de prévention, aux vaccins et autres fournitures médicales de la lutte contre cette pandémie et celles qui suivront, conformément à la résolution 74/274, adoptée en avril 2020, à l’initiative du Mexique.

Mon pays, a poursuivi le représentant, souligne la nécessité d’aligner la coopération avec les divers organismes et agences de l’ONU avec les priorités nationales.  Il a promis la présentation au cours de cette session d’un projet de résolution sur la protection des enfants contre le harcèlement qui intègre les nouvelles réalités imposées par la pandémie, tout en se penchant sur le fléau du harcèlement en ligne.  Avec la Suisse, le Mexique sera aussi cofacilitateur du projet de résolution relatif au moratoire sur l’application de la peine de mort, pour avancer sur cette peine « cruelle, inhumaine et dégradante ». 

Mme MARTHA AMA AKYAA POBEE (Ghana) s’est d’abord réjouie qu’en dépit des restrictions imposées par la pandémie, les membres de la Troisième Commission puissent se rencontrer en personne.  Elle a ensuite évoqué les résultats de la quatrième Conférence mondiale sur les femmes, organisée en 1995, se félicitant que ce « moment marquant de l’histoire » ait entraîné un engagement mondial en faveur des droits des femmes et des filles.  Toutefois, a-t-elle regretté, des lacunes demeurent de toute évidence et la pandémie fait même craindre des retours en arrière.  La représentante a salué à cet égard de l’appel du Secrétaire général pour que les plans de reprise nationaux tiennent compte de la vulnérabilité des femmes.

Au Ghana, a-t-elle précisé, des progrès ont été réalisés dans les 12 domaines clefs du Programme d’action de Beijing, avec l’adoption de mesures sur les plans législatif et réglementaire.  S’agissant des succès enregistrés, Mme Pobee a fait état de changements institutionnels, d’une augmentation du nombre de femmes occupant des postes politiques, d’avancées en matière de santé génésique et d’une baisse de la mortalité infantile et maternelle.  En revanche, a-t-elle poursuivi, la violence faite aux femmes et aux filles reste un sujet de vive préoccupation.  Pour y remédier, des mesures sont prises contre le phénomène de la violence domestique, avec des enquêtes menées dans les foyers.  Le Gouvernement progresse par ailleurs dans le domaine de la protection des droits de l’enfant.  Les soins médicaux pour les plus jeunes se sont améliorés, de même que l’accès à l’éducation, notamment aux niveaux les plus bas du système éducatif.  Tout est mis en œuvre également pour lutter contre la traite des enfants, les mariages précoces et les mutilations génitales féminines, a-t-elle assuré.  Enfin, alors que la communauté internationale célèbre les 75 ans de l’ONU, elle a réaffirmé l’attachement de son pays aux droits universels, appelant à un renforcement du dialogue entre États Membres sur les mesures permettant à tous d’accéder aux traités des droits de l’homme.

Bien que nous soyons tous confrontés à la crise liée à la COVID-19, « nous ne devons pas la laisser devenir une crise des droits humains », a plaidé le représentant de la Slovaquie, réaffirmant l’appui de son pays à l’action du Secrétaire général en faveur des droits de l’homme.  Alors que nous nous préparons à une deuxième vague de la pandémie ou tentons d’en atténuer les effets, nous devons améliorer notre réponse à la violence domestique et mieux protéger les personnes vulnérables, a-t-il ajouté.  Pour le représentant, les enfants, en particulier, souffrent à plusieurs titres de cette crise dans la mesure où la COVID-19 les empêche de s’instruire, d’avoir des contacts sociaux et des activités physiques.  De fait, a-t-il souligné, elle provoque chez eux des impacts qui peuvent les affecter à vie.  Il est donc urgent, selon lui, de prévenir ces effets néfastes et d’investir dans « notre plus jeune génération ».

Cette crise n’est malheureusement pas seule à se produire actuellement, a-t-il poursuivi, avant d’exprimer sa profonde préoccupation quant à la situation des droits de l’homme au Bélarus.  Condamnant la violence inacceptable contre les manifestants, l’opposition et les représentants des médias et de la société civile, il a appelé au dialogue, à la tenue d’élections libres et équitables et au rétablissement de la démocratie et de l’état de droit, estimant que ce sont « les seules voies possibles » pour le Bélarus.  Avant de conclure, le représentant a exhorté la communauté internationale à s’attaquer aux causes structurelles de l’inégalité de genre.  « Nous ne pouvons pas laisser de côté plus de la moitié de la population mondiale », a-t-il souligné. 

Le représentant de la Tunisie s’est déclaré particulièrement préoccupé par les répercussions « stupéfiantes » de l’augmentation de la violence domestique et des pratiques néfastes pendant la pandémie de COVID-19.  Pour y remédier, la Tunisie a pris des mesures immédiates, notamment la mise en place d’une ligne téléphonique d’urgence et la prise en charge à distance des cas de violence domestique.  Un centre de refuge a aussi été mis en place dès le mois d’avril, en partenariat avec la société civile.  Cette initiative illustre en outre le rôle crucial que jouent les ONG et les défenseurs des droits de l’homme pour soutenir nos objectifs communs dans le domaine des droits de l’homme, a-t-il ajouté.

Le représentant a relevé que les défis sans précédent provoqués par la COVID-19 ont conduit les États Membres à prendre des mesures exceptionnelles qui ont parfois relégué au second plan les considérations relatives aux droits de l’homme.  En raison du manque de ressources et de mécanismes permettant d’entrer en contact avec les Nations Unies, de plus en plus d’ONG risquent d’être exclues des discussions sur les questions clés relatives aux droits de l’homme, s’est-il inquiété, relevant que cette situation se produit dans un contexte déjà considéré comme un rétrécissement de l’espace civique. 

Il a appelé l’ONU à donner l’exemple, en commençant par rassurer les organisations de la société civile, les journalistes et les défenseurs des droits de l’homme sur la valeur de leur contribution et en travaillent en vue d’atténuer les défis et les restrictions auxquels ils sont confrontés en raison de la pandémie.

La crise sanitaire actuelle a également entraîné la récession mondiale la plus profonde depuis des décennies, qui a épuisé les ressources des gouvernements et des populations, en particulier dans les pays à faible et moyen revenu.  Selon les estimations, 265 millions de personnes supplémentaires pourraient être confrontées à de graves pénuries alimentaires d’ici la fin de l’année 2020.  Si notre action collective ne s’y attaque pas de manière adéquate, ses conséquences se feront sentir pendant des années avec l’érosion du capital humain et le recul de décennies entières de progrès en matière de développement durable, ce qui risque, a-t-il prévenu, d’alimenter les moteurs sous-jacents du terrorisme.

Le représentant du Liechtenstein a noté que si les obligations juridiques des États de promouvoir et protéger les droits de l’homme et les libertés fondamentales sont claires, leur jouissance reste trop souvent « utopique ».  À ses yeux, la pandémie de COVID-19 a révélé et exacerbé de profondes inégalités et injustices dans le monde, contribuant aux lacunes de la protection des droits de l’homme.  Il est donc important, selon lui, de s’assurer que les mesures de restrictions prises pour contenir la pandémie sont « nécessaires, proportionnées, limitées dans le temps et réversibles si les circonstances le permettent ».

Dans ce contexte, une coordination plus efficace et une intégration des droits de l’homme au sein du système des Nations Unies sont nécessaires d’urgence, a poursuivi le délégué.  Il a appelé à des liens plus solides et plus cohérents entre Genève et New York et à une coopération plus solide entre le Conseil des droits de l’homme et les autres principaux organes de l’ONU, en particulier le Conseil de sécurité.  À cet égard, il s’est dit préoccupé par les violations des droits de l’homme en cours, notamment en Syrie et au Myanmar.  Il a également exprimé son inquiétude quant à l’impunité persistante face à ces violations.  Assurer la responsabilité est une condition préalable nécessaire à la justice et à la paix, a-t-il souligné, réitérant l’appui de son pays aux travaux des mécanismes de reddition de comptes mis en place par l’Assemblée générale et le Conseil des droits de l’homme.

Jugeant que la CPI offre la voie la plus concrète vers la justice pour les victimes de crimes contre l’humanité, de génocide et de crimes de guerre, il s’est dit déçu que le Conseil de sécurité continue d’ignorer les appels des États, du système des Nations Unies et des victimes en faveur de renvois à la CPI.

Réaffirmant ensuite l’engagement de son pays à lutter contre l’esclavage moderne et la traite des êtres humains, le représentant a observé que les activités en ligne se sont multipliées avec la pandémie, et avec elles le recrutement et l’exploitation de victimes.  Face à la cybercriminalité, le Liechtenstein a mis en place un partenariat public-privé et un programme d’action visant à éradiquer l’esclavage, a précisé le délégué.  Selon lui, l’Assemblée générale, et en particulier sa Troisième Commission, les procédures spéciales créées par le Conseil des droits de l’homme et le Conseil de sécurité peuvent jouer un rôle important dans la diffusion de ces programmes.

Trop de violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire persistent aujourd’hui, a regretté le représentant de la France pour qui ces violations témoignent d’une dangereuse remise en cause du multilatéralisme fondé sur des règles et les institutions qui l’incarnent.  Dans les zones de crise, en particulier, ces violations se multiplient et continuent de viser des populations civiles et les personnels humanitaires et médicaux.  « L’espace humanitaire est un patrimoine commun.  Nous devons le protéger!» a-t-il lancé.

Le représentant a ensuite réitéré l’appel à un cessez-le-feu mondial tel que prévu par la résolution 2532 du Conseil de sécurité.  Il a indiqué que la France prendra en parallèle des initiatives pour assurer l’effectivité du droit international, notamment la lutte contre l’impunité des crimes commis.  Dans le domaine des droits de l’homme son pays est préoccupé par la recrudescence des violations des engagements internationaux par les États.  Dans certains domaines, nous assistons à des reculs et des silences complices, s’est alarmé le délégué pour qui le préambule de la Déclaration des droits de l’homme de 1789 reste « malheureusement pleinement d’actualité ».

En parallèle, la pandémie de COVID-19 a constitué un défi supplémentaire pour le respect des droits de l’homme, a poursuivi le représentant.  Dans ce contexte, la France défend notamment la promotion des femmes et des filles.  Il a aussi annoncé l’organisation, en juin 2021, avec ONU-Femmes et le Mexique, du Forum « Génération Égalité » pour identifier des initiatives innovantes entre femmes et hommes.  La France entend également défendre celles et ceux qui défendent les droits de l’homme, a-t-il ajouté, notant qu’au cours des 20 dernières années plus de 3 500 défenseurs ont été tués dont plus de 300 en 2019.  Enfin, la France, se fixe également comme priorité de défendre la liberté d’expression et d’information.

La pandémie ne doit pas être utilisée comme prétexte pour faire taire les voix dissidentes, a déclaré le représentant de la République tchèque, qui s’est dit profondément préoccupé par l’état des droits de l’homme dans plusieurs pays.  Il a dénoncé en particulier la situation qui prévaut au Bélarus depuis les élections présidentielles.  « Les gens sont punis, battus et torturés simplement pour avoir exercé leurs droits fondamentaux, tels que le droit de manifester pacifiquement et de participer aux affaires publiques.  C’est inacceptable. »

Le représentant s’est également inquiété de la fermeture de l’espace de la société civile en Russie.  Les lois sur les « agents étrangers » et les « organisations indésirables » ont fixé, selon lui, de sérieuses limites à la capacité des ONG à opérer et ont de graves répercussions sur la liberté d’expression.  En outre, la République tchèque souligne la détérioration de la situation des droits de l’homme dans la République autonome de Crimée, annexée illégalement.

Le représentant du Pérou a déclaré que la pandémie de COVID-19 a entraîné une crise sanitaire et économique sans précédent.  Le représentant a, à cet égard, estimé que les vaccins qui seront découverts devront être déclarés « biens publics mondiaux ».  Il est essentiel que la reprise économique, s’accompagne d’un développement social inclusif.  « C’est pour cela qu’il faut renforcer le multilatéralisme pour que nous soyons unis », a-t-il estimé.  Les libertés fondamentales ont toujours été défendues par le Pérou, mais la pauvreté affaiblit la démocratie, a-t-il regretté.

En outre, le délégué a estimé que l’avenir de nos sociétés se trouve dans les enfants, et que les inégalités les plus marquées concernent les premières années de la vie.  Les enfants sont les victimes cachées de la pandémie.  « Nous ne saurions permettre que les progrès réalisés dans le développement des plus jeunes soient remis en cause par la pandémie », a-t-il affirmé.

En ce qui concerne les peuples autochtones, le représentant a estimé qu’il faut répondre à leurs besoins de façon respectueuse de leur culture.  Par ailleurs, il a estimé que les personnes âgées sont un groupe prioritaire qu’il faut protéger.  Enfin, le représentant a estimé qu’il fallait réaffirmer la solidarité en ce qui concerne les déplacements de populations, comme c’est le cas des 5 millions de réfugiés du Venezuela.

La représentante de Cuba a souligné qu’en plus de son bilan en vies humaines, la pandémie de COVID-19 va entraîner de graves conséquences économiques et sociales.  Elle a constaté que les pays en développement en payaient le plus lourd tribut, aux dépens de leur population et de leur développement.  Face à cette épreuve mondiale, nous devons édifier un nouvel ordre international juste et équitable, qui élimine en particulier les mesures coercitives unilatérales, a-t-elle poursuivi, estimant que la communauté internationale ne peut autoriser les « deux poids, deux mesures » dans le domaine des droits humains.  Ces questions doivent être abordées « sur des bases objectives et non politisées », a-t-elle martelé, avant de dénoncer une nouvelle fois le blocus inhumain imposé à Cuba par les États-Unis depuis six décennies.

Il s’agit d’une violation massive de tous les droits humains des Cubains et un obstacle au développement du pays, a insisté la déléguée.  Observant que ce blocus a été renforcé avec les années, « ce qui confirme le caractère génocidaire de cette politique », elle a accusé les États-Unis de manipuler la question des droits humains, par exemple en ajoutant Cuba sur la liste des pays violant la liberté de religion.  Au milieu de cette pandémie, une campagne de discrédit a, en outre, été lancée contre Cuba sans aucun fondement, alors que le pays a envoyé des équipes médicales à travers le monde.  Pour la représentante, ce blocus se retourne contre ses auteurs puisqu’il affecte les citoyens américains en les empêchant de se rendre à Cuba et de bénéficier des produits cubains.  C’est d’autant plus grave, selon elle, que 200 000 personnes ont perdu la vie du fait de la gestion de la pandémie par le Gouvernement américain, lequel, a-t-elle ajouté, ne condamne même pas la suprématie blanche.  Les États-Unis oublient que le peuple cubain n’a pas de bien plus précieux que son indépendance.  « Nous avons instauré une culture de la résistance et du sacrifice.  Nous continuerons à édifier une société toujours plus juste et à défendre les causes du Sud, en procurant notre aide à ceux qui en ont besoin », a-t-elle conclu.

La représentante du Honduras a mis en exergue « l’importance et l’urgence particulières » des travaux de la Troisième Commission en cette période de pandémie dont l’impact multidimensionnel affecte la santé, l’éducation, la migration, les services sociaux de base et les droits de l’homme.  La pandémie a eu des effets sans commune mesure sur les femmes dans toutes les sphères, a alerté la représentante.  Au Honduras, comme partout ailleurs dans le monde, les femmes représentent la majorité du personnel de santé.  Le niveau de violence familiale a augmenté de manière significative, tandis que l’accès de la mère et de l’enfance à la santé s’est restreint.  La représentante a donc plaidé en faveur d’une égalité « réelle » des sexes, insistant sur l’accès à la santé sexuelle et reproductive, l’égalité salariale et la participation à la prise de décisions. 

S’attardant sur la situation des migrants, la représentante a noté que la pandémie a aggravé leur précarité du fait de leur dépendance à l’économie informelle, du manque d’accès aux systèmes de protection et à de conditions de vie et de travail où la distanciation sociale est impraticable.  Le Honduras, a-t-elle souligné, renouvelle son ferme engagement en faveur du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières et son ferme appui aux travaux du Forum d’examen de la migration internationale. 

Pour le représentant d’Israël, la pandémie de COVID-19 nous a montré à quel point les progrès sont fragiles: alors que nous commémorons le vingt-cinquième anniversaire de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing, nous assistons à une augmentation dévastatrice de la violence fondée sur le sexe dans un contexte de blocages et de couvre-feux.  Des rapports alarmants font état d’une augmentation des mariages d’enfants, précoces et forcés et un nombre croissant d’enfants -garçons et filles- même après la pandémie, risquent de ne jamais retourner à l’école.  Il a aussi relevé que les femmes n’ont pas accès aux soins de santé sexuelle et reproductive, et que les personnes LGBTI ne peuvent pas obtenir le soutien médical dont elles ont besoin.

La pandémie et les restrictions nécessaires pour la combattre sont utilisées par certains comme des outils politiques, a-t-il déploré.  Certains profitent du fait que l’attention du monde est concentrée sur la pandémie pour poursuivre leurs programmes malveillants et commettre des crimes contre leurs propres peuples, ainsi que contre d’autres.  La lutte contre la pandémie de COVID-19, a-t-il souligné, ne doit pas se faire au détriment de la lutte pour « nos valeurs ».

Cette pandémie nous a appris que, aussi divers que soient nos programmes, nos besoins fondamentaux sont similaires.  Elle nous a obligés à coopérer plus que jamais.  Cet esprit d’unité a permis d’aboutir à l’une des réalisations les plus significatives de ces dernières décennies en termes de négociations de paix: un traité de paix entre Israël, les Émirats arabes unis et le Royaume de Bahreïn, s’est-il félicité.  Pour une région aussi troublée, c’est un grand pas en avant et le début d’une nouvelle ère - une ère dans laquelle la paix apportera plus de paix, et où plus de pays choisiront de voir Israël comme l’ami qu’il est, plutôt que comme l’ennemi qu’il n’a jamais été.

Le représentant de l’Estonie a estimé qu’en ce qui concerne les droits des femmes, des progrès restent à faire, insistant notamment sur la nécessité de lutter contre ceux qui veulent inverser la tendance.  Il a également déploré que les voix des femmes ne sont pas suffisamment prises en compte dans les processus de paix.  Il a ensuite exhorté les États à ne pas fermer l’accès à Internet en période de pandémie.

S’agissant de la liberté d’expression et du droit de manifester, le représentant s’est félicité de la résolution prise par le Conseil des droits de l’homme au sujet du Bélarus, condamnant dans la foulée les répressions contre les journalistes et les manifestants.  Il s’est également inquiété de la dégradation de la situation en Crimée, relevant notamment que les Tatares de Crimée sont devenus la principale cible de l’occupant.

En outre, le représentant a regretté qu’en Syrie, une génération entière d’enfants n’a rien connu d’autre que la guerre, s’alarmant par ailleurs des obstacles qui entravent l’acheminement de l’aide humanitaire en Syrie.

Il est de notre responsabilité non seulement de lutter contre la pandémie, mais aussi de protéger tous les droits de l’homme et de réaliser les objectifs de développement durable, a déclaré la représentante de la Norvège.  Les droits et les normes démocratiques sont remis en question, a-t-elle déploré.  « Ceux qui défendent nos droits, qu’il s’agisse de journalistes, d’écologistes, de féministes, de défenseurs des droits des LGBTI et des autres minorités, sont excessivement limités dans leur travail et font de plus en plus l’objet de représailles. »

Partout dans le monde, les femmes risquent désormais d’être les plus durement touchées par les impacts économiques et sociaux de la pandémie, s’est inquiétée la représentante.  La violence sexiste a explosé, tandis que le manque d’accès aux soins de santé, notamment à la santé et aux droits sexuels et reproductifs, a des effets graves et durables sur les femmes et les filles.  Nos efforts de réponse et de relèvement, y compris notre réponse humanitaire, doivent donc avoir une perspective sexospécifique.  La voix des jeunes doit également être entendue, a argué la représentante.  À cet égard, les lacunes numériques doivent être comblées pour garantir une participation et des chances égales pour tous.

Le représentant de l’Arabie saoudite a évoqué les différentes réformes significatives adoptées dans son pays, notamment en matière des droits de la femme, l’objectif étant, a-t-il dit, de parvenir à l’égalité entre les sexes.  Ainsi, a-t-il poursuivi, les femmes en Arabie saoudite occupent des postes de responsabilité: elles sont vice-ministres, ambassadrices, dirigent des entreprises, et elles sont également présentes dans la magistrature.  Il a également parlé des différentes initiatives mises en œuvre dans le pays visant à autonomiser les femmes sur le marché du travail.

Le représentant a également parlé de l’amélioration du cadre juridique et institutionnel relatif à la protection de l’enfance.  Il s’agit d’un cadre complet visant à protéger les mineurs de moins de 18 ans contre les cas de négligence et d’abus.  Le Ministère de la justice a ainsi fixé l’âge minimum de mariage.  Enfin et depuis la propagation de la pandémie de COVID-19, le Ministère de l’éducation a pris des mesures rigoureuses notamment en assurant l’enseignement à distance ainsi qu’une supervision.

La représentante de la Slovénie a souligné que les droits humains reconnaissent les mêmes droits pour tous les humains, sans aucune distinction.  « Nous estimons que la paix et la sécurité vont de pair », a-t-elle souligné, tout comme les droits humains vont de pair avec cela.  Elle a aussi insisté sur l’importance de l’égalité des femmes et des filles et la nécessité de leur permettre de prendre part au processus de paix.

La représentante a déclaré que préserver un environnement sain et propre permet d’assurer l’avenir de l’humanité.  Le développement économique rapide a entraîné des progrès pour l’humanité, mais aussi des menaces sur les droits humains, s’est-elle inquiétée, appelant à redoubler d’efforts pour créer un monde plus équitable.

Citant les propos d’une jeune femme slovène, la représentante a dit que « les jeunes vivent l’inégalité entre les sexes différemment de nos jours.  Nous les rencontrons dès le départ et nous le savons ».  En Slovénie, a-t-elle enchaîné, un quart des femmes sont représentées au Parlement et 27% d’entre elles occupent des fonctions de direction.  Cependant, les femmes slovènes assurent deux heures de travail domestique de plus que les hommes et sont payées 8% moins.  Accéder à l’égalité demande donc du travail et de la volonté, a-t-elle conclu.

La représentante de la Finlande a souligné les conséquences sévères de la pandémie sur les droits des femmes et des filles, avec notamment une aggravation de la violence à leur endroit.  « Il est de la plus haute importance que tous les États s’unissent pour stopper cette ‘pandémie fantôme’ », a-t-elle souligné.  Mettre fin à la violence faite aux femmes et filles, qui est en soi un objectif, est aussi crucial pour réaliser le Programme 2030, a poursuivi la délégation.

Elle a défendu un accès en toutes circonstances aux services de santé sexuelle et reproductive.  Elle a aussi jugé crucial un accès universel à une éducation sexuelle de qualité et peu onéreuse, sur la base d’éléments scientifiques solides, afin de fournir aux jeunes les informations nécessaires à la prise de décisions éclairées s’agissant de leur santé et sexualité.  « L’intersectionnalité est une approche essentielle en vue de la promotion de l’égalité entre les genres. »  Elle a ainsi condamné toutes les formes de discriminations, y compris les discriminations intersectionnelles.  La mission a enfin affirmé que la protection des droits des peuples autochtones est une priorité de longue date pour la Finlande et appelé à poursuivre les consultations avec ces peuples en vue d’une représentation accrue aux réunions de l’ONU les concernant.

Le représentant de l’Australie a souligné que son pays est convaincu que les pays qui respectent les principes des droits de l’homme sont à même de coopérer afin de promouvoir le bien commun, rendant ainsi le monde plus sûr.  Il s’est dit particulièrement préoccupé par les incidences importantes de la COVID-19 sur les personnes victimes de discrimination, en particulier les peuples autochtones, les femmes et les filles ainsi que les personnes handicapées ou âgées.  Alors que nous nous efforçons de contrôler la propagation de la pandémie, « nous devons également lutter contre la désinformation qui va à l’encontre des valeurs de l’Australie », a-t-il déploré.  Il s’est dit également préoccupé par les détentions arbitraires et mis en garde que la pandémie ne doit pas servir de prétexte à cette fin.

La représentante de l’Argentine a estimé que les secteurs les plus défavorisés subiront le plus durement les conséquences négatives de la COVID-19.

En tant que membre du Conseil des droits de l’homme, l’Argentine estime qu’il faut respecter les droits humains des personnes âgées, se disant par ailleurs très préoccupés par les répercussions de la COVID-19 sur ces dernières.

La représentante a ensuite pointé les incohérences du cadre légal en matière des droits humains et a réclamé un instrument juridiquement contraignant pour les droits des personnes âgées.  Par ailleurs, elle a souligné la nécessité de faire avancer le droit des personnes LGBTI.

La représentante du Liban a rappelé la fragilité de son pays suite à l’explosion qui a frappé la ville de Beyrouth, tout en louant la force de la société civile.  Ces héros sont bien souvent des femmes libanaises, a-t-elle souligné.  Les femmes sont des agents du changement.  Mais trop de femmes se voient refuser la possibilité de prendre des décisions et de réaliser leurs droits, a-t-elle regretté, déplorant la lenteur des progrès dans ce domaine.

Elle a rappelé qu’en raison de l’explosion du 4 août, quelques 600 000 enfants risquent de subir des traumatismes de longue durée.  « Je ne me sens plus comme avant l’explosion », disent-ils.  Malgré tous les orages, nous nous relèveront et nous nous battrons pour un monde meilleur, a-t-elle estimé en conclusion.

Pour le représentant (Royaume-Uni), le respect des droits de l’homme est essentiel pour le système international.  Ici et au Conseil des droits de l’homme, nous devons traiter des questions les plus pressantes en la matière et faire la lumière sur leur violation pour traduire en justice leurs auteurs. 

Soulignant que la promotion et la protection des droits de l’homme sont une des priorités internationales du Royaume-Uni, le représentant s’est préoccupé que certains pays, sous prétexte de la pandémie, ignorent leurs obligation. 

Le représentant du Myanmar a dit que son gouvernement a, depuis 2015, multiplié les dépenses pour la santé et élaboré un plan pour la promotion du rôle des femmes.   Il a mentionné la stratégie de son pays pour endiguer la criminalité et pour lutter contre la traite des personnes, ainsi que le Plan stratégique 2020-2024 visant à protéger les droits des femmes et des filles.  L’accent a été mis sur la lutte contre les violences faites aux femmes, dont le confinement a montré la vulnérabilité, a poursuivi le Représentant du Myanmar.  Le délégué a également cité une loi de 2019 alignant la législation interne sur la Convention relative aux droits de l’enfant, ainsi que les mesures prises pour protéger les enfants dans les camps.  « Le Myanmar protège les enfants », a-t-il assuré.  Enfin, le délégué a déclaré que son pays entend tout faire pour se montrer à la hauteur des défis du développement.

Le représentant de l’Égypte a noté le supplice que constitue la pandémie pour les pays en développement.  Le droit à la vie et le droit à la santé ont été compromis, a-t-il dit.  Il a ensuite insisté sur l’importance des droits économiques et sociaux et sur les vulnérabilités révélées par le virus.  Il faut œuvrer à la création d’une protection universelle, a déclaré le délégué.  Il a dénoncé la montée de l’intolérance, ainsi que la persistance des conflits et des occupations étrangères, avant d’appeler à agir pour empêcher que les jeunes ne succombent aux sirènes des extrémistes.  Il a dénoncé les acteurs qui ont voulu imposer leurs points de vue étroits dans les débats sur les droits de l’homme, en s’érigeant comme défenseurs de valeurs prétendument supérieures et en brisant le consensus international.  « Il faut éviter toute politisation dans ce domaine. »  Enfin, le délégué a appelé à faire fond sur le bien commun et à promouvoir la bonne entente entre les peuples.

La représentante du Bangladesh a souligné que l’approche du développement de son pays, qui est centrée sur le peuple et sur la société tout entière, l’a bien préparé à riposter à la pandémie.  Le pays est tout de même préoccupé par l’impact à long terme de cette pandémie sur les acquis du développement.  Le Gouvernement, a indiqué la représentante, a très vite pris une série de mesures contre les risques sanitaires et l’impact socioéconomique.  Mais ces efforts ont exercé une énorme pression sur des ressources déjà modestes.  Mon pays, a rappelé la représentante, abrite, en ce moment, plus de 1,1 million de Rohingya depuis plus de trois ans.  Comme aucun règlement de la crise n’est en vue, nous demandons l’appui de cette Commission, a dit la représentante. 

Comme beaucoup de pays récipiendaires, le Bangladesh a été frappé par la chute des envois de fonds des migrants, la hausse du chômage et le retour de ses travailleurs migrants pour lesquels se posent les questions de la réhabilitation et de la recherche d’un nouvel emploi.  Après avoir souligné l’impact de la pandémie sur les femmes et les enfants, la représentante a alerté du risque de la traite des personnes, du travail des enfants et autres formes d’exploitation et d’abus.  Elle a demandé à la Commission des directives « fermes, reflétant la réalité actuelle ».  Nous devons, s’est impatientée la représentante, aller au-delà des rhétoriques et se mettre ensemble pour empêcher un recul dans les acquis de cette Commission en matière de développement durable.

Si certaines mesures ont été prises pour empêcher la propagation de la pandémie de COVID-19, la représentante de la Pologne a estimé que celles-ci ne doivent pas pour autant affecter les libertés fondamentales et doivent donc être limitées dans le temps.  Nous ne pouvons pas fermer les yeux et justifier les changements en matière de droits de l’homme, a-t-elle souligné.  Elle s’est également élevée contre les discours haineux à l’encontre des minorités, notamment religieuses, en particulier, les discours antimusulmans et anti-israéliens.  En tant que pays ayant vécu une transition démocratique pacifique, la Pologne a regretté l’ampleur des violences commises au Bélarus avant et après les élections du 9 août dernier, et « dont les résultats ne peuvent être reconnus ».

La représentante de Trinité-et-Tobago a estimé que le multilatéralisme est nécessaire pour réaliser un monde de paix.  Mais avec la COVID-19, les progrès réalisés par la poursuite des objectifs de développement durable risquent d’être remis en cause.  La représentante a loué le système social mis en place dans son pays.  L’éducation est la clef du succès et les besoins des enfants sont prioritaires, a-t-elle estimé.  « Nous voulons tout faire pour reconstruire en mieux. »

Pour la représentante, la participation des femmes est la clef du relèvement après la COVID-19, d’où l’importance d’empêcher la discrimination.  Elle s’est aussi déclarée préoccupée par la recrudescence des violences domestiques durant la période du confinement.   La représentante a, en outre, noté que les populations autochtones, bien que très minoritaires à Trinidad-et-Tobago, doivent être reconnues.

La propagation de la COVID-19 menace d’accélérer les revers au plan du développement et d’affaiblir le respect des droits humains, a mis en garde la représentante de la Suède.  Pour lutter contre la pandémie, l’égalité entre les sexes, la démocratie, les droits humains et l’état de droit doivent être préservés, et les normes internationales doivent aussi être défendues, a-t-elle souligné.  De son côté, la Suède se mobilise au travers de différentes institutions pour les femmes et la démocratie.  Il faut placer les femmes et les filles au cœur de « notre action » a insisté la déléguée.  Pour finir, la Suède a rappelé l’initiative « Drive For Democracy », qui met en évidence l’importance de la démocratie, tout en appuyant la société civile ainsi que les droits à la liberté d’expression qui sont essentiels pour toute société démocratique.

Le représentant de l’Inde a dit que la politique d’inclusion sociale en Inde est basée sur la philosophie du Mahatma Gandhi, c’est à dire le respect de la nature de chacun.  Il a souligné l’importance de la coopération internationale pour protéger les droits de l’enfant.  « Nous voulons un développement piloté par les femmes, et pas seulement pour les femmes. »  Il a demandé une évaluation sincère des efforts menés jusqu’à présent pour améliorer les droits humains.  Il a mis en garde contre toute sélectivité dans le domaine des droits humains et souligné l’importance de la relation entre espace numérique et droits de l’homme.  Il a exhorté les détenteurs de mandats au sein du Conseil des droits de l’homme à s’acquitter de leurs tâches de manière impartiale.  Le droit à l’autodétermination ne doit pas être brandi de manière abusive pour compromettre l’intégrité territoriale d’un pays, a-t-il dit, en rappelant que l’Inde est une ancienne colonie.  Enfin, le délégué a indiqué que son pays prône une politique de tolérance zéro vis-à-vis des groupes criminels et extrémistes.

Le représentant de l’Espagne a estimé que l’égalité entre les sexes est menacée en raison de la COVID-19.  « C’est un défi urgent pour toutes les sociétés », a-t-il déclaré, soulignant la nécessité de se montrer ambitieux lors de ce débat sur cette question.  Il a regretté que les enfants figurent parmi les plus touchés par la pandémie.  À cet égard, il s’est déclaré engagé dans la lutte contre la violence faite aux enfants. 

Il a aussi appuyé la lutte contre la discrimination contre les identités de genre, soulignant que les personnes LGBTI doivent pouvoir bénéficier des mêmes droits que le reste de la population.  À cet égard, la communauté internationale doit collaborer avec l’expert des Nations Unies en charge de ces questions, a-t-il estimé.  Le représentant a par ailleurs estimé que les personnes handicapées doivent être aidées au-delà du seul droit du travail. 

La représentante du Vietnam a déclaré que les conséquences graves de la pandémie de COVID-19 ont mis en lumière les faiblesses à l’échelle mondiale.  Les inégalités structurelles ont été flagrantes, sans compter les répercussions sur la dégradation de l’environnement.  Ce contexte de crise internationale devrait, selon elle, encourager l’unité et la solidarité plutôt que la confrontation.  Il faut, par ailleurs, respecter la souveraineté et les principes de non-ingérence, conformément aux principes de la Charte des Nations Unies, a affirmé la représentante pour qui l’ONU joue un rôle central dans la promotion et la protection des droits de l’homme.  Pour sa part, le Viet Nam a fait de la promotion de ces droits une priorité pour qu’il n’y ait pas de laissés-pour-compte.  Et le résultat est là: en dépit de la pandémie, l’économie montre des signes de relance et le PIB a enregistré une croissance positive ces derniers mois, de 1,8%, s’est-elle félicitée.

Droits de réponse

La République arabe syrienne a déclaré que l’Union européenne (UE) avait fini par faire sienne la devise de Goebbels qui disait que plus on répète un mensonge, plus les gens finissent par y croire.  Le mensonge est dans la nature de la culture occidentale, a-t-elle dit.  La délégation a affirmé que certains pays occidentaux essaient de masquer leur terrorisme économique, décriant le sort des enfants syriens privés de chauffage dans leur maison en raison des sanctions unilatérales.  Les crimes commis par les gouvernements de ces pays représentent des crimes de guerre, a-t-elle déclaré.  Concernant la déclaration du représentant du Canada, la Syrie a rappelé que dans ce pays, les femmes autochtones ont été stérilisées dans des hôpitaux ces 10 dernières années, ce qui représente un génocide. 

La Chine a fait part de son « dégoût » suite aux interventions de l’UE, du Canada et de la République tchèque.  Elle a affirmé que la déradicalisation au Xinjiang avait permis de mettre fin au terrorisme.  « Si ces pays se soucient vraiment des droits de l’homme, ils devraient examiner ce qu’ils font eux-mêmes à l’égard les migrants et se pencher sur les pratiques de leurs alliés, comme les États-Unis, plutôt que des nôtres, a-t-elle affirmé

Le Canada a constaté que selon la Chine et la Syrie, il n’y aurait pas de droits de l’homme universels.  « Selon elles, nous n’avons pas le droit de commenter les violations qui ont lieu dans ces pays. »  Il a rappelé l’importance de mettre en place des systèmes de reddition de comptes.  Le représentant du Canada a rappelé que ces deux pays ont dit: « Vous avez des problèmes avec les autochtones et donc vous ne pouvez pas parler des milliers de morts en Syrie ou les actions de la Chine au Xinjiang ou à Hong Kong. »  Il a enfin accusé de raciste la déclaration du délégué syrien.

La République populaire démocratique de Corée (RPDC) a affirmé qu’un million de personnes avaient été enrôlées de force par le Japon au courant du siècle dernier, notamment des milliers de femmes coréennes qui ont servi en tant qu’esclaves sexuelles.  Elle a appelé le Japon à stopper sa campagne politisée contre la RPDC, à s’excuser et verser des indemnités aux victimes, dénonçant par ailleurs un « complot de forces hostiles qui entendent souiller la dignité » de son pays. 

Le Japon a appelé la RPDC à prendre des mesures concrètes sur la question des personnes enlevées.  Il a affirmé que les ressortissants coréens ne sont pas l’objet de discriminations au Japon, « au contraire ».  La RPDC doit œuvrer avec le Japon pour un avenir meilleur, a affirmé la délégation. 

L’Ukraine s’est indignée qu’un pays comme la Fédération de Russie, qui a interdit la langue ukrainienne en la remplaçant par le Russe, se permette de la critiquer, dénonçant en outre l’occupation russe du territoire ukrainien.  Elle a invité la Russie à mettre en œuvre les décisions de la Cour internationale de Justice (CIJ) relative à la Crimée.  Elle a également accusé la Russie d’imposer des restrictions aux militants des droits de l’homme et aux journalistes, « sans parler des atteintes aux libertés fondamentales de ses propres citoyens », et d’empoisonner des opposants russes à l’étranger.

Exerçant son deuxième droit de réponse, la Chine a déclaré être indignée par la réponse du Canada.  « Ce pays se pose toujours en défenseur des libertés et ne regarde pas vraiment son propre bilan, notamment les pressions exercées à l’encontre des populations autochtones. »  À propos du Xinjiang et de Hong Kong, il n’est pas question de droits humains, mais de préserver la sûreté nationale de notre peuple, a affirmé la délégation qui a conseillé au Canada de cesser de pratiquer le deux poids, deux mesures. 

À son tour, la RPDC a rappelé que le Japon ne peut se soustraire à ses responsabilités ni réécrire l’histoire: « Nos relations ne seront pas au beau-fixe sans dédommagements et la fin de la discrimination à l’encontre des citoyens coréens. »

Le Japon a réitéré son engagement à régler la question des enlèvements et a exhorté la RPDC à travailler avec lui.

La République arabe syrienne s’est élevée contre les allégations du Canada qui impose, au côté de son « alliée » l’Union européenne, des sanctions unilatérales coercitives contre la Syrie.  Ces sanctions coercitives unilatérales, qui ont été d’ailleurs qualifiées d’illégitimes par les Nations Unies, imposent un diktat sur le peuple en violation du droit international.

Le Canada a indiqué que la Chine a arrêté deux ressortissants canadiens qui croupissent à présent dans des prisons chinoises.  Si vous pensez que nous insulter va vous aider à régler le problème, vous vous trompez, a-t-il déclaré.

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