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AG/AB/4357
12 octobre 2020
Soixante-quinzième session 3e séance – matin

Cinquième Commission : « Un budget n’a de sens que s’il est financé », souligne le Secrétaire général en demandant une enveloppe de 2,9 milliards pour 2021

Le Secrétaire général de l’ONU a soumis aujourd’hui à la Cinquième Commission chargée des questions administratives et budgétaires un projet de budget-programme de 2,987 milliards de dollars pour 2021 et devant la crise de trésorerie dont a souffert l’Organisation cette année encore, il a ajouté: « un budget n’a de sens que s’il est financé ».  Il s’agit, a expliqué M. António Guterres, du deuxième budget annuel, depuis 1972, « opéré dans un monde affecté par la pandémie de COVID-19 » dont les répercussions seront présentées en temps voulu.  

Le projet de budget-programme doit couvrir 9 947 postes, soit 9 747 postes permanents et 200 postes temporaires, ce qui représente une diminution nette de 25 postes par rapport à 2020.  Le personnel de tous les lieux d’affectation, à tous les niveaux, dans un climat général de peur, d’anxiété et d’incertitude, généré par la pandémie, s’est montré très flexible et déterminé à s’adapter au télétravail et à d’autres nouveaux arrangements, s’est félicité le Secrétaire général, notant que l’ONU a poursuivi ses activités « sur des milliers de tables à manger et des bureaux à la maison ».  

Il n’en reste pas moins, a relevé le Comité consultatif pour les questions administratives et budgétaires (CCQAB), appuyé par le Japon, que la composition du tableau d’effectifs fait apparaître une fois de plus un nombre et une proportion élevés des postes de classe D-1 et de rang supérieur.  Les réductions de postes d’administrateur (trice) de rang inférieur pourraient avoir une incidence négative sur les efforts déployés en vue de rajeunir les effectifs du Secrétariat, a prévenu le CCQAB.  Il a aussi noté que la plupart des départements doivent encore prendre des mesures supplémentaires pour améliorer la représentation géographique des administrateurs et des fonctionnaires de rang supérieur.  Le CCQAB a demandé que la « stratégie globale affinée » en matière de ressources humaines précise également les mesures prises pour faire encore mieux dans la parité hommes-femmes au Secrétariat de l’ONU.  

L’ensemble des recommandations du Comité consultatif aboutiraient à réduire de 6,1 millions de dollars le budget proposé de 2,9 milliards de dollars, alors que le montant total des ressources extrabudgétaires s’élève lui à 12,7 milliards de dollars pour 2021.  Préoccupés par la part grandissante de ces ressources, le Groupe des 77 et la Chine ont fermement rejeté « toute manipulation » consistant à donner la priorité aux activités financées par les contributions volontaires.  Ils ont aussi dénoncé le fait que pour la seconde année consécutive, les procédures budgétaires établies n’aient pas été suivies à la lettre.  Plus précis, Cuba a opposé une fin de non-recevoir à un projet de budget dénué des observations du Comité du programme et de la coordination (CPC) et du Corps commun d’inspection (CCI), « une erreur majeure ».  

La Fédération de Russie s’est quant à elle étonnée d’une proposition budgétaire « incorrecte » et présentée comme une diminution nette de 86,5 millions de dollars (2,8%) par rapport à 2020, alors que c’est le coût des projets de rénovation qui a été imputé.  Le Myanmar et la Syrie ont rejeté catégoriquement l’idée de financer les mécanismes d’enquête indépendants qui les concernent.  Ce qu’il faut faire, en 2021, c’est augmenter les quotes-parts des États Membres et certainement pas de donner des ressources à un organisme « obscur » qui cible un État Membre en particulier, a taclé le Myanmar, avant que la Syrie ne voie pas en quoi « ce mécanisme défend les intérêts du peuple syrien ». 

Dans sa réponse aux préoccupations des délégations, le Secrétaire général a dit avoir relevé un consensus sur trois questions et d’abord qu’« un budget n’a de sens que s’il est financé ».  Tous les États Membres doivent s’acquitter de leurs contributions à temps et sans conditions.  Nous voulons que les budgets que nous avons négociés dictent les dépenses de l’ONU et « pas l’argent qu’elle a en main », s’est impatienté le Canada, au nom de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande (CANZ).  A ce propos, M. Guterres s’est attardé sur la question des taux de vacances, qui ne sauraient, se sont emportés le Groupe des 77 et la Chine, devenir un moyen de faire des économies « artificielles », au détriment de la bonne exécution des mandats.  

Je n’aime pas non plus les taux de vacances plus élevés que ceux prévus dans le budget, a concédé le Secrétaire général.  Mais pour minimiser les effets de la crise de trésorerie sur le travail de l’ONU, payer les salaires et organiser les réunions de l’Assemblée générale, le Secrétariat a dû maintenir des taux de vacance « artificiels ».  « Quand nous n’avons pas de chien de chasse, nous utilisons des chats de chasse mais il est hors de question d’abandonner la chasse! », a professé le Secrétaire général.  Nous devons cesser d’exiger que l’ONU fasse toujours plus, tout en lui donnant toujours moins, s’est impatienté Singapour, au nom de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN).  C’est bien pour cela, a-t-il martelé, que nous sommes revenus à un budget annuel.   

Les coupes « arbitraires » et la « rétention délibérée » des ressources n’ont plus leur place à l’ONU, a averti Singapour, las d’une situation « à laquelle nous sommes confrontés depuis des années ».  Si rien n’est fait, ces contraintes « artificielles voueront » l’ONU à l’échec.  L’efficacité budgétaire reste « cruciale », ont répondu les États-Unis qui, prenant l’exemple du prix Nobel de la paix attribué au Programme alimentaire mondial (PAM), ont estimé que les ressources doivent d’abord être consacrées aux « programmes qui marchent ».  Les États-Unis n’ont pas manqué d’insister sur la responsabilité de l’ONU vis-à-vis du contribuable américain.  Nous assumons 22% du budget de l’ONU et nous refusons que « l’on jette l’argent par la fenêtre ».  Quant aux deux autres questions consensuelles, M. Guterres a noté l’unanimité sur les avantages d’un budget annuel mais aussi sur le fait que les répercussions de la pandémie de COVID-19 sur le budget doivent être présentées en temps voulu. 

La Cinquième Commission poursuivra l’examen du projet de budget-programme demain mardi 13 octobre, à partir de 15 heures. 

PLANIFICATION DES PROGRAMMES 

Premier rapport du Comité consultatif pour les questions administratives et budgétaires (CCQAB) sur le projet de budget-programme pour 2021 (A/75/7) 

Dans ce rapport de plus de 350 pages, le CCQAB note que le montant des ressources demandées par le Secrétaire général pour 2021 s’élève à 2 987,3 millions de dollars avant actualisation des coûts, dont un montant de 706,8 millions de dollars pour les missions politiques spéciales, ce qui représente une diminution nette de 86,5 millions de dollars (2,8%) par rapport au montant du crédit ouvert pour 2020.  

La réduction nette de 106,5 millions de dollars du budget-programme, par rapport à 2020, tient essentiellement au non-renouvellement de crédits ayant trait à des projets de construction pluriannuels, aux mandats émanant du Conseil des droits de l’homme et à l’aide humanitaire.  La réduction est compensée en partie par une augmentation des prévisions de dépenses liée à la budgétisation en année pleine de 52 nouveaux postes et de 9 nouveaux emplois de temporaire, approuvés en 2020 auxquels un taux de vacance de 50% a été appliqué.  Le projet comprend un montant supplémentaire de 10,7 millions de dollars destiné à financer la suite qui sera donnée à des demandes émanant des résolutions de l’Assemblée générale, du Conseil de sécurité, du Conseil des droits de l’homme et du Conseil économique et social.  Le projet fait également apparaître une augmentation d’un montant net de 9,2 millions de dollars au titre des autres changements.  

Le montant des recettes prévues pour 2021, dont les recettes provenant des contributions du personnel, est estimé à 292,9 millions de dollars, ce qui représente une diminution de 2,7 millions de dollars (0,9%) par rapport aux prévisions pour 2020.  Au total, 9 947 postes sont proposés pour 2021 au titre des chapitres des dépenses, soit 9 747 postes permanents et 200 postes temporaires, ce qui représente une diminution nette de 25 postes par rapport à 2020.  

Dans son rapport, le Secrétaire général précise qu’il ne sera possible d’évaluer complètement les incidences financières de la pandémie de COVID-19 que lorsque la situation aura commencé à se stabiliser.  Le projet de budget-programme, qui a été finalisé au début de la pandémie, ne comporte aucune hypothèse budgétaire en la matière.  Le CCQAB recommande que l’Assemblée générale prie le Secrétaire général de communiquer davantage d’informations sur les incidences de la pandémie, notamment sur les enseignements tirés, les meilleures pratiques, les mesures d’efficacité, l’harmonisation et la coopération dans l’ensemble du système des Nations Unies, ainsi que sur les effets de la pandémie sur la stratégie de gestion souple de l’espace de travail et sur les dépenses au titre de l’entretien et de la location des locaux, des voyages, des fournitures et accessoires, du mobilier et du matériel et des autres objets de dépense.  Il est d’avis que le travail à distance et la tenue de réunions virtuelles au lieu de réunions en présentiel devraient permettre de réaliser des économies. 

Dans son projet, le Secrétaire général précise par ailleurs que le montant total des ressources extrabudgétaires est estimé à 12,7 milliards de dollars en 2021, soit une diminution nette de 112,2 millions de dollars par rapport aux prévisions de dépenses pour 2020.  

Venant à ses commentaires, le CCQAB constate de nouveau avec préoccupation que la composition du tableau d’effectifs proposée pour le Secrétariat fait apparaître une fois de plus un nombre et une proportion élevés des postes de classe D-1 et de rang supérieur et que les réductions de postes d’administrateur (trice) de rang inférieur pourraient avoir une incidence négative sur les efforts déployés en vue de rajeunir les effectifs du Secrétariat.  Le Comité compte que de plus amples détails sur la stratégie de rajeunissement et les prochains départs à la retraite seront fournis dans le cadre du prochain rapport sur la gestion des ressources humaines. 

Le Comité consultatif note aussi que la plupart des départements doivent encore prendre des mesures supplémentaires pour améliorer la représentation géographique des administrateurs et des fonctionnaires de rang supérieur.  Il dit attendre avec intérêt d’examiner cette stratégie dans le cadre d’une stratégie globale affinée en matière de ressources humaines.  Cette stratégie, exige-t-il, doit aussi fournir des informations ventilées par classe sur une stratégie relative aux questions de genre dans laquelle seront précisées les mesures prises afin de faire encore mieux dans ce domaine au Secrétariat.  L’ensemble des recommandations du CCQAB aboutiraient à réduire de 6 118 400 dollars au total (avant actualisation des coûts) l’enveloppe proposée par le Secrétaire général pour 2021. 

Déclaration liminaire 

Nous nous rencontrons dans des circonstances exceptionnelles, a d’emblée déclaré M. ANTONIO GUTERRES, Secrétaire général de l’ONU.  La pandémie de COVID-19, s’est-il expliqué, a mis la vie de milliards de personnes dans la tourmente, infligeant de graves souffrances et déstabilisant l’économie mondiale.   Les Nations Unies, qui continuent de mener de vastes opérations sanitaires, plaident, a dit le Secrétaire général, en faveur d’un plan de sauvetage « massif » pour les pays les plus vulnérables et s’engagent à accélérer le travail sur un vaccin. 

Renouvelant son appel à un cessez-le-feu mondial d’ici la fin de l’année, le Secrétaire général a souligné que l’ampleur et la complexité de la crise actuelle exigent une réponse mondiale coordonnée dans tous les piliers de notre Organisation, car chacun de nos mandats est concerné, d’une façon ou d’une autre, par la pandémie.   Opérer dans un monde affecté par la COVID-19 est également un test de notre programme de réforme, a reconnu le Chef de l’ONU qui a annoncé que les nouveaux processus et structuration se sont avérés déterminants pour permettre à l’ONU de rester ouverte et de fonctionner efficacement.   Les coordonnateurs résidents et les équipes de pays aident les pays à lutter contre la pandémie et ses impacts socioéconomiques, alors que les commissions régionales et le Département des affaires économiques et sociales ont fourni des conseils « stratégiques » aux niveaux régional et mondial. 

M. Guterres a ajouté que les opérations de maintien de la paix et les missions politiques spéciales se sont adaptées aux nouvelles conditions de travail et soutiennent les autorités nationales dans leur lutte contre le virus, en plus de leurs autres fonctions essentielles.   Les représentants et envoyés spéciaux poursuivent leurs efforts visant à promouvoir des solutions politiques.   Le personnel de tous les lieux d’affectation, à tous les niveaux, dans un climat général de peur, d’anxiété et d’incertitude, s’est montré très flexible et déterminé à s’adapter au télétravail et à d’autres nouveaux arrangements et exigences de travail, a salué le Secrétaire général qui a noté que l’ONU a continué ses activités « sur des milliers de tables à manger et bureaux à la maison ».  

Le Secrétaire général a rappelé que l’ONU est à la deuxième année de la mise en œuvre des réformes du pilier « paix et sécurité », de son système de développement et de sa gestion.  Les coordonnateurs résidents, qui couvrent 162 pays et territoires, disposent désormais d’un accès au Cabinet du Secrétaire général, des capacités d’analyse et des outils de coordination renforcés, et du soutien du nouveau Bureau renforcé de la coordination des activités de développement.   

L’amélioration de la coordination commence à donner des résultats, s’est enorgueilli M.  Guterres : 95% des équipes de pays déclarent que l’approche conjointe a renforcé les relations avec les gouvernements.  Les deux tiers des gouvernements concernés ont indiqué qu’ils peuvent clairement voir cette capacité accrue d’appuyer les priorités nationales, conformément au principe fondamental de l’appropriation nationale.  Les réformes de l’architecture « paix et sécurité » ont permis de commencer à mettre en œuvre les stratégies régionales globales qui ont été formulées en 2019 et 2020, ce qui a conduit à une plus grande harmonisation avec les organisations régionales et sous-régionales et d’autres parties prenantes.  Nous avons aujourd’hui, a dit le Secrétaire général, un point de contact unique pour le maintien de la paix et les missions politiques spéciales opérant dans la même région, avec des mandats distincts mais complémentaires.  

Le pilier « paix et sécurité » est maintenant davantage aligné sur les autres piliers de l’Organisation, comme en Bolivie, où un programme novateur a renforcé le rôle de l’équipe de pays dans les domaines du dialogue, des élections, des droits de l’homme et du développement, a indiqué M. Guterres.  Il s’est aussi attardé sur la réforme de la gestion qui a apporté des changements substantiels, y compris dans les structures, la responsabilité, la délégation des pouvoirs et les opérations internes.  

La nouvelle répartition du travail dans les ressources humaines entre les fonctions stratégiques et politiques et les fonctions opérationnelles s’est avérée particulièrement utile et la délégation renforcée du pouvoir a permis une réactivité opérationnelle et une flexibilité indispensables sur le terrain, a noté le Chef de l’ONU.   La structure unifiée des technologies de l’information a permis d’utiliser conjointement des outils d’entreprise pour faciliter le travail à distance.  Le Bureau de l’informatique et des communications est d’ailleurs en train d’élargir ses principaux outils à l’échelle du système.  

M. Guterres a indiqué que les propositions contenues dans le budget reflètent les nouvelles approches qui ont été introduites sur les trois voies de la réforme.  Le passage d’un budget biennal à un budget annuel est une étape majeure vers une budgétisation « plus réaliste et plus axée sur les résultats », en rendant plus exactes les estimations et en permettant à l’ONU de s’adapter plus rapidement aux changements apportés aux mandats.  La planification est désormais adaptée en fonction du rendement « réel » des programmes.  

Comme l’a demandé l’Assemblée générale, le Secrétariat, a expliqué le Secrétaire général, a intégré un compte rendu complet des règlements et règles qui avaient été suspendus pendant leur période d’essai.   Une évolution majeure est l’inclusion d’un compte pluriannuel des résultats quantifiables qui présente non seulement une nouvelle série de résultats mais rend aussi compte des résultats de l’an dernier.   Une fois cette approche stabilisée l’année prochaine, trois résultats prévus et trois résultats quantifiables pour chacun des 350 cadres de résultats seront présentés sur une base régulière, offrant une image complète de la performance des programmes.   Le Secrétaire général a dans la foulée annoncé le lancement, cette semaine, du portail results.un.org, qui aidera à naviguer à travers ces résultats dans toutes les langues officielles 

Le budget-programme, a-t-il souligné, concerne les ressources nécessaires pour les mandats et directives nouveaux et élargis de l’Assemblée générale, en particulier pour le Bureau du Haut Représentant pour les pays les moins avancés, les pays en développement sans littoral et les petits États insulaires en développement, le système des organes de traités des droits de l’homme et l’expansion du Comité consultatif pour les questions administratives et budgétaires (CCQAB).  Le projet de budget-programme maintient le Programme de coopération technique afin de maximiser le soutien à la réalisation des objectifs de développement durable.   

Ce projet de budget, a poursuivi M. Guterres, reflète un certain nombre d’initiatives visant à catalyser l’exécution des mandats dans trois domaines essentiels: premièrement, 1,9 million de dollars pour mettre en œuvre une nouvelle stratégie de communication mondiale des Nations Unies.  La crise de COVID-19 montre en effet la nécessité pour les Nations Unies de communiquer des informations faisant autorité, de lutter contre la désinformation et de promouvoir la solidarité.   Deuxièmement, quelque 700 000 dollars sont destinés à améliorer la gestion des risques grâce au perfectionnement et à la formation du personnel.  Troisièmement, 7 millions de dollars sont destinés à renforcer les technologies de l’information.   Le Secrétaire général a rappelé que des milliards de personnes se tournent vers les Nations Unies pour obtenir des informations sur la pandémie de COVID-19, et des milliers de membres du personnel travaillent de chez eux pour mettre en œuvre les mandats de l’Organisation.   

« En ce moment crucial de notre travail », le Secrétaire général a jugé utile de répéter que l’Organisation ne peut remplir ses mandats que si les États Membres s’acquittent de leurs obligations financières en totalité et à temps.   La crise de liquidités est toujours là et elle entrave gravement la capacité de l’Organisation de s’acquitter de ses obligations.  Nous sommes obligés de fonctionner non plus sur la base des orientations stratégiques mais en fonction des liquidités disponibles.  Il est « crucial » de résoudre les problèmes structurels qui créent et exacerbent cette situation persistante et inacceptable.  Ensemble, nous devons relever ce test mondial avec solidarité et détermination, dotés d’un budget qui reflète notre sérieux dans le travail que nous effectuons pour les peuples du monde.   

Déclarations 

Au nom du Groupe des 77 et la Chine, Mme MEGAYLA ULANA AUSTIN (Guyana) a demandé une nouvelle fois au Secrétariat et aux États Membres de se conformer aux décisions de l’Assemblée générale.  Aucun changement aux méthodologies, procédures et pratiques budgétaires ne peut être apporté sans l’examen et l’accord préalables de l’Assemblée, a-t-elle martelé.  Elle a noté que, pour la seconde année consécutive, les procédures budgétaires établies n’ont pas été suivies à la lettre, en particulier la nature séquencée des processus d’examen, dont celui du CCQAB.  Le budget-programme proposé semble reprendre les mêmes éléments de langage et montants que le précédent, a-t-elle dit, en se demandant s’il y a vraiment un lien clair entre les ressources demandées et un cadre de gestion axé sur les résultats.  

Mme Austin a jugé que les taux de vacance ne doivent pas être un moyen de faire des économies « artificielles », au détriment de la bonne exécution des mandats.  Un taux de vacance élevé entrave l’exécution des programmes et activités obligatoires.  La représentante a d’ailleurs réclamé le renforcement du pilier du développement, en s’inquiétant des coupes budgétaires des Commissions régionales qui jouent pourtant un rôle crucial.  Nous demanderons des explications sur cette question, a promis la représentante. 

Préoccupée par le recours grandissant aux contributions volontaires, elle a rappelé que les ressources extrabudgétaires doivent être utilisées conformément aux buts et activités de l’ONU.  Elle a fermement rejeté « toute manipulation » consistant à donner la priorité aux activités financées par les ressources volontaires.  L’ONU doit recevoir des ressources adéquates pour s’acquitter de « tous » ses mandats, a souligné la représentante. 

Au nom du Groupe des États d’Afrique, M. MICHEL TOMMO MONTHE (Cameroun) a estimé que l’ONU n’a jamais été aussi nécessaire qu’aujourd’hui et jugé impératif qu’elle dispose de ressources suffisantes.  Il a souhaité davantage d’informations sur les conséquences de la pandémie pour le budget-programme, les mesures d’atténuation mises en place et les leçons que l’Organisation a tirées.  Le travail accompli dans ce budget devra viser une assistance pour que les pays les plus vulnérables puissent se relever de la pandémie.  Il a noté l’examen fonctionnel que mène le Bureau du Conseiller spécial pour l’Afrique pour renforcer ses avantages comparatifs et remédier aux lacunes dans la mise en œuvre de son mandat, en plus de l’évaluation faite par le Bureau des services de contrôle interne (BSCI).  

Compte tenu de la nature hybride –présentielle et virtuelle– des discussions budgétaires cette année, le représentant a espéré que le Secrétariat remédiera aux difficultés afin que tous les États Membres puissent y participer sur un pied d’égalité.  Il a noté que le budget proposé par le Secrétaire général pour 2021 s’élève à 2 987,3 millions de dollars avant actualisation des coûts, ce qui représente une diminution nette de 86,5 millions de dollars (2,8%) par rapport au montant du crédit ouvert pour 2020.  Au regard des mandats, il nous faut des ressources suffisantes, a martelé le représentant. 

Au nom des États membres de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), M. TSU TANG TERRENCE TEO (Singapour) a déclaré que les mandats de l’Organisation doivent être financés de manière adéquate.  Nous ne pouvons pas exiger sans cesse que l’ONU fasse plus, tout en lui donnant moins de ressources, s’est impatienté le délégué, réclamant une budgétisation « plus réaliste et plus axée sur les résultats ».  C’est bien pour cela, a martelé le représentant, que nous sommes à un budget annuel.  Les coupes « arbitraires » et la « rétention délibérée » n’ont plus leur place à l’ONU, a souligné le représentant, en regrettant une situation « à laquelle nous sommes confrontés depuis des années ».  Si rien n’est fait, ces contraintes « artificielles » conduiront l’ONU à l’échec, a averti le représentant qui a une nouvelle fois insisté sur un cadre budgétaire « axé sur les résultats », reflétant « avec précision » les mandats existants et les mesures à prendre.  M. Teo a aussi noté que les premières estimations pour les missions politiques spéciales s’élèvent à plus de 706 millions de dollars, soit plus de 23% du budget proposé pour 2021.  Il est temps, a-t-il martelé, de discuter « sérieusement » des modalités de financement de ces missions à l’aune des priorités du développement, de la réforme en cours de l’architecture « paix et sécurité » et des problèmes « récurrents » de trésorerie.  

M. SILVIO GONZATO, de l’Union européenne, a salué les efforts du Secrétaire général pour disposer d’un budget efficace, tout en prenant en compte les nouveaux mandats et les méthodes de travail actualisées.  Plus que jamais, l’ONU est appelée à répondre aux défis émergents de manière à la fois flexible et intégrée.  Le représentant a estimé que le cycle budgétaire raccourci a d’ores et déjà amélioré l’agilité et la capacité de réponse de l’ONU face à la pandémie.  Il a reconnu le fait que le budget-programme a été préparé en début d’année et ne prend donc pas en compte les effets de la pandémie.  Il a espéré que les administrateurs de programme essaieront de s’acquitter de leur mandat dans le respect des objectifs assignés et des règles et régulations pertinentes.  

Le représentant a réclamé des résultats robustes et l’efficacité à tous les niveaux de l’Organisation.  Celle-ci doit disposer des liquidités suffisantes, a-t-il dit, en exhortant les pays à s’acquitter de leurs contributions dans les délais.  Il a jugé important que les décisions prises par cette commission permettent à l’ONU de répondre aux menaces à la paix, de promouvoir l’état de droit et les droits humains, de remédier à la crise climatique et d’appuyer le développement durable.  L’ONU doit être dotée des ressources nécessaires, a martelé, à son tour, le délégué. 

Au nom du Canada, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande (CANZ), M. ROBERT RAE (Canada) a estimé qu’au moment où le monde fait face à sa crise la plus grave depuis des générations, l’ONU demeure « le point focal indispensable » de la coopération internationale pour relever les problèmes qui requièrent des solutions mondiales.  Le représentant s’est félicité du second projet de budget-programme annualisé et félicité le Secrétaire général pour sa gestion efficace des réformes de la gestion, des activités de développement et du pilier « paix et sécurité » qui ont permis à l’ONU de s’adapter à ces circonstances exceptionnelles.  

Étant donné que la pandémie a exacerbé les difficultés des populations vulnérables, le représentant a exprimé l’engagement du CANZ à assurer les ressources qu’il faut aux mandats liés à l’égalité des sexes et aux droits de l’homme.  Nous nous opposerons à toute tentative de marginaliser ces questions, a-t-il averti, voyant en elles des questions « qui sont cœur de la mission de l’ONU ».  Le représentant s’est aussi félicité des ressources additionnelles proposées pour la mise en œuvre des Orientations de Samoa et du Programme de développement durable à l’horizon 2030 mais également pour aider les petits États insulaires en développement.  Nos efforts communs pour assurer la justice internationale et l’établissement des responsabilités pour les crimes les plus graves et les violations du droit international doivent être dûment financés, a ajouté le représentant.  

Au fur et à mesure que sera mieux compris l’impact de la pandémie sur la mise en œuvre des mandats de l’ONU, nous appuierons toute la flexibilité qu’il faudra pour que l’Organisation puisse s’adapter, a-t-il promis, avant de s’inquiéter de la crise de trésorerie.  Nous voulons que les budgets que nous avons négociés dictent les dépenses de l’ONU et « pas l’argent en main ». 

Également au nom du Liechtenstein, M. MIKE AMMANN (Suisse) a indiqué que l’Organisation est actuellement confrontée à deux défis de taille: la pandémie de COVID-19 et une crise de liquidités.  « Plus que jamais, nous avons besoin d’une Organisation des Nations Unies forte afin de trouver des solutions communes. »  Le budget qui nous est proposé est basé sur les dépenses passées de l’Organisation qui, en raison de la crise de liquidités, étaient inférieures au budget alloué par l’Assemblée générale, a-t-il dit.  En nous acquittant de nos contributions intégralement et dans les délais, nous assumons notre responsabilité de veiller à ce que l’ONU puisse remplir ses différents mandats.  

Le délégué s’est ensuite félicité des propositions de réforme visant à rendre l’ONU plus efficace et plus efficiente et a salué leur mise en œuvre rapide.  Le budget annuel a raccourci les processus budgétaires de l’Organisation et a ainsi amélioré la rapidité de sa réponse aux défis actuels.  Toutefois, il est nécessaire d’en faire davantage.  Puisque l’ONU est confrontée à une situation particulièrement difficile, nous soutenons, a dit le représentant, les initiatives futures visant à donner au Secrétaire général les moyens d’assumer son rôle de chef de l’administration.  Il a indiqué que cela inclut des efforts supplémentaires visant à moderniser et réformer la structure budgétaire de l’Organisation et lui donner une plus grande marge de manœuvre dans la gestion du budget.  Cela doit aller de pair avec la garantie d’une responsabilité totale et de la transparence nécessaire à l’égard des États Membres.  

Le représentant a déclaré que l’ONU nécessite un pilier solide en matière de droits de l’homme.  Nos délégations sont déterminées à faire en sorte que ce pilier et tous les instruments essentiels des droits de l’homme reçoivent les ressources nécessaires dans le budget ordinaire.  Enfin, il a fermement appuyé la poursuite des efforts visant à établir les responsabilités pour les crimes les plus graves et salué le financement intégral des mécanismes d’enquête indépendants. 

Mme ANA SILVIA RODRÍGUEZ ABASCAL (Cuba) a demandé des explications sur l’absence du rapport du Comité du programme et de la coordination (CPC).  Pourtant, a-t-elle rappelé, le CPC avait reconnu qu’il restait beaucoup à faire pendant la phase d’essai de l’annualisation du budget-programme.  La déléguée s’est aussi étonnée de l’absence du rapport du Corps commun d’inspection (CCI) dont le travail est « essentiel » pour un bon contrôle du Secrétariat.  En outre, a poursuivi la représentante, l’absence des observations et des recommandations du Corps commun d’inspection (CCI) est « une erreur majeur ».  Dans ces conditions, elle n’a pu qu’opposer une fin de non-recevoir au projet de budget-programme du Secrétaire général.  Tout le processus nous semble précipité, a commenté la représentante, jugeant qu’il est bien trop tôt pour se prononcer sur l’efficacité des outils d’analyse fournis par Umoja.   

Elle a constaté une « tendance baissière » qui octroie tout de même une somme de 706,8 millions de dollars aux missions politiques spéciales.  Le budget, s’est-elle impatientée, doit refléter un juste équilibre entre les trois piliers et le pilier « développement » ne saurait en aucun cas pâtir de la situation au profit des deux autres.  La représentante a également regretté la révision à la baisse des ressources allouées au Département de l’Assemblée générale et de la gestion des conférences (DGACM) sachant le travail « fondamental » qu’il fournit.  Elle s’est élevée contre les contributions des États-Unis aux ressources extrabudgétaires, une pratique qui échappe au contrôle intergouvernemental.  L’ONU doit pouvoir bénéficier d’une certaine stabilité dans son financement, a conclu la représentante.  

Mme KELLY CRAFT (États-Unis) a salué le prix Nobel de la paix attribué au Programme alimentaire mondial (PAM) et a insisté pour que les ressources soient d’abord consacrées aux « programmes qui fonctionnent, tels que le PAM ».  La transparence, a-t-elle dit, est la seule manière de s’assurer du bon fonctionnement des programmes.  Elle a souligné la responsabilité des administrateurs vis-à-vis des contribuables, en particulier le contribuable américain.  L’ONU doit être « transparente » dans l’exécution de ses mandats, a martelé la représentante.  Notre évaluation cette année est la même que l’année dernière: « l’efficience budgétaire est cruciale ».  La représentante a réclamé le réexamen des pratiques comme l’actualisation des coûts et voulu que l’on évite les « excès » dans les dépenses.  Nous assumons 22% du budget de l’ONU, a rappelé la représentante et nous voulons que l’on dépense, au nom de l’efficacité mais nous refusons que « l’on jette l’argent par la fenêtre », dans des programmes « mal gérés ».  « Le prix Nobel de la paix du PAM doit nous inspirer et il n’y a pas de meilleur retour sur investissement qu’un investissement qui permet de sauver des vies. »

M. TIN MAUNG NAING (Myanmar) s’est opposé aux parties du budget-programme sur les ressources proposées pour le Mécanisme d’enquête indépendant pour le Myanmar, créé par le Conseil des droits de l’homme.  Le représentant s’en est aussi pris au financement du bureau de l’Envoyé spécial du Secrétaire général pour le Myanmar dont le travail fait « doublon et chevauchement » avec celui du Mécanisme indépendant.  Ce qu’il faut faire, en 2021, a suggéré le délégué, c’est augmenter les quotes-parts des États Membres et ce n’est certainement donner des ressources à un organisme « obscur » qui cible un État Membre en particulier.  

M. DAI BING (Chine) a demandé que les fonctions du Comité du programme et de la coordination soient renforcées et non pas fragilisées.  Toute coupe dans le budget-programme doit être justifiée et le pilier « développement », demeurer la priorité, avec des ressources financières suffisantes et pérennes.  Le Secrétariat, a encore martelé le représentant, doit suivre une discipline budgétaire stricte et préparer le budget-programme sur la base des programme approuvés par l’Assemblée générale.  Le représentant a noté les conséquences de la pandémie et a souhaité « des arrangements raisonnables » de la structure budgétaire.  Plusieurs domaines importants tels que le développement, l’éradication de la pauvreté, la connectivité et les soins de santé requièrent davantage de ressources en vue d’appuyer les pays en développement face à la pandémie, a conclu le délégué. 

Mme ALYA AHMED SAIF A L-THANI (Qatar) a fait remarquer que le budget proposé par le Secrétaire général a été conçu dans une conjoncture difficile due à la pandémie de COVID-19.  Elle a apporté son appui à la proposition liée au Mécanisme international, impartial et indépendant chargé de faciliter les enquêtes sur les violations les plus graves du droit international commises en République arabe syrienne.  Elle n’a pas manqué de souligner que son gouvernement a offert une aide de 88 millions de dollars à 78 États Membres, dont 10 millions pour l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et la coalition mondiale pour la vaccination dans la lutte contre la pandémie de COVID-19. 

M. KIMIHIRO ISHIKANE (Japon) a déclaré s’attendre à voir rapidement les résultats tangibles de la réforme budgétaire en vue d’une mise en œuvre plus efficace des mandats.  Il a indiqué que la pandémie exige une ONU plus souple et plus agile et a ajouté que pendant les négociations, il recherchera des améliorations supplémentaires sur la méthodologie suivie, avec un accent sur la prévisibilité, la discipline budgétaire et l’efficacité.  Nous évaluerons la proposition budgétaire quand nous en aurons « une image complète », a-t-il dit.  Le représentant a salué la réduction envisagée de 25 postes, ainsi que les efforts de rationalisation des ressources humaines menés par la Direction générale de l’aviation civile et de la météorologie.  Ces efforts devraient servir d’exemple à d’autres entités, a estimé le représentant qui a aussi insisté pour que le Secrétaire général œuvre au rajeunissement du personnel de l’ONU. 

M. RICHARD CROKER (Royaume-Uni) a souligné l’obligation des États Membres de faire en sorte que l’ONU ait le bon niveau de ressources pour exécuter les mandats qu’ils lui ont confiés, en particulier dans le Programme 2030.  Nous allons, a promis le représentant, évaluer le budget-programme soigneusement pour voir si les ressources vont être utilisées efficacement, si l’innovation est bien exploitée, si les améliorations attendues vont être apportées et si l’accent sera bien mis sur une gestion axée sur les résultats.  Nous sommes impatients, a poursuivi le représentant, de voir comment l’annualisation du budget aide l’ONU à s’adapter et à mieux exécuter ses mandats, avec, une nouvelle fois, l’accent sur les résultats.  Le représentant a aussi dit attendre des informations sur l’impact de la pandémie de COVID-19 sur le travail de l’ONU en 2021.  À son tour, il s’est inquiété des problèmes de trésorerie et appelé les États à payer leurs contributions en temps voulu.  Il a aussi demandé au Secrétaire général d’identifier des moyens « novateurs et innovants » d’atténuer les crises récurrentes de trésorerie.  Nous espérons, a conclu le représentant, que l’ONU et ses États Membres imprimeront les enseignements tirés de la pandémie dans leur manière de travailler à l’avenir.  

Mme MARIVIL VILLA VALLES (Philippines) a déclaré que la proposition du Secrétaire général ne reflète pas les besoins.  Il nous faut, s’est-elle expliquée, un budget qui tienne compte de nos priorités.  Elle a demandé le strict respect de l’ordre prévu pour l’examen du budget-programme, plus d’informations sur les retombées budgétaires de la pandémie et une analyse coût-avantage des nouvelles méthodes de travail.  Aucun changement aux méthodologies, procédures et pratiques budgétaires ne peut être mis en œuvre sans l’examen et l’accord préalables de l’Assemblée, a insisté, à son tour, la représentante. 

M. MOHAMMED NORE ALAM (Bangladesh) a salué le projet de budget pour le Mécanisme d’enquête indépendant pour le Myanmar mais a déploré une baisse de 13% de ce budget.  Rappelant que quelque 1,5 million de réfugiés rohingya du Myanmar vivent actuellement dans son pays, le représentant a réclamé des enquêtes indépendantes sur l’origine de cette crise et plaidé pour des ressources supplémentaires au Bureau de l’Envoyé spécial pour le Myanmar. 

M. DMITRY S. CHUMAKOV (Fédération de Russie) a appelé le Secrétaire général à améliorer la présentation des données contenues dans le projet de budget-programme.  Regrettant l’incapacité à adopter l’année dernière le budget ordinaire par consensus, le représentant a dit comprendre l’actualisation des coûts afin de tenir compte de l’inflation et de la variation.  Il a tout de même rappelé qu’une planification plus précise sans aucun ajustement ultérieur avait été vue dès 2017 comme l’un des avantages d’un budget annualisé.  Le représentant a qualifié « d’incorrect » le projet de budget-programme proposé par le Secrétaire général pour 2021.  Enlever des 2 987,3 millions de dollars demandés le coût des projets de rénovation est « pour le moins préoccupant ».  Nous voulons, s’est expliqué le représentant, des propositions budgétaires qui tiennent compte des conséquences de la pandémie.  N’oublions pas que des réunions n’ont pas pu se tenir en raison du virus et que des décisions nécessaires n’ont pu être prises par les entités pertinentes de l’ONU.  Il ne nous reste plus qu’à espérer que le virus n’entravera pas nos discussions sur le budget, a conclu le représentant. 

M. WISSAM AJEEB (Syrie) a soutenu l’idée d’octroyer des ressources adéquates aux efforts de paix et de développement de l’ONU.  Toutefois, a averti le représentant, il faut les utiliser prudemment et éviter de financer des mandats politiques qui favorisent les intérêts de certains États comme le Mécanisme international chargé de faciliter les enquêtes sur les violations les plus graves du droit international commises dans son pays.  Le représentant s’est fermement opposé aux ressources proposées pour ce Mécanisme.  « Nous n’acceptons ni le mandat ni les activités de ce mécanisme illégitime », a-t-il répété, prévenant que son pays ne coopérera pas avec ce mécanisme et qu’il ne contribuera pas à son financement.  « Ce mécanisme ne défend en rien les intérêts du peuple syrien », a tranché le représentant.   

M. JESÚS VELÁZQUEZ CASTILLO (Mexique) a salué la vision claire du Secrétaire général en vue d’une bonne exécution des mandats et d’une gestion axée sur les résultats.  Le budget doit être réaliste et équilibré, et le Secrétariat doit disposer de ressources suffisantes.  Le représentant a souhaité un accord futur sur les programmes que le Comité du programme et de la coordination n’a pas eu le temps d’examiner « alors qu’ils sont importants pour nous ».  Enfin, le délégué a de nouveau souligné la nécessité de ressources « suffisantes et pérennes ». 

Après les déclarations des États Membres, le Secrétaire général de l’ONU a noté un consensus sur trois questions.  Premièrement, s’est-il expliqué, un budget n’a de sens que s’il est suffisamment financé.  Tous les États Membres doivent s’acquitter de leurs contributions à temps et sans conditions.  Deuxièmement, a ajouté M. António Guterres, il y a un consensus sur l’importance de la nouvelle méthodologie et l’avantage d’un budget annuel.  Des progrès ont été faits par le Secrétariat qui a répondu aux recommandations de l’Assemblée générale et de ses États Membres afin de présenter un budget tenant compte de leurs préoccupations.  Enfin, troisièmement, a encore réitéré le Chef de l’ONU, les répercussions de la pandémie sur le budget seront présentées en temps voulu. 

S’agissant des « préoccupations centrales » sur le travail du Comité du programme et de la coordination (CPC), le Secrétariat, a dit M. Guterres, met tout en œuvre pour que le rôle de ce comité soit renforcé.  Concernant les taux de vacances, le Secrétaire général a admis qu’il n’aime pas des taux de vacances plus élevés que ceux prévus dans le budget.  Le Secrétariat, a-t-il affirmé, tente de faire en sorte que les répercussions de la situation sur l’exécution des mandats soient minimes.  Nous sommes donc obligés d’utiliser notre marge de manœuvre qui est le seul moyen d’éviter le non-paiement des salaires et d’organiser les réunions de l’Assemblée générale.  Les deux solutions sont de maintenir un taux de vacances « artificiel » ou de réduire les voyages.  J’ai donc donné l’instruction de maintenir un taux de vacances élevé.  « Quand nous n’avons pas de chien de chasse, nous utilisons des chats de chasse mais il est hors de question d’abandonner la chasse! »  

Le Secrétaire général a également dit que l’Organisation va effectivement donner la priorité au rajeunissement du personnel et pour ce qui est du pilier « développement », il a affirmé que le Secrétariat a résisté à l’idée d’hypothéquer le budget du pilier.  Nous respectons les règles de gestion pour la rénovation des bâtiments des commissions régionales et nous nous attachons à la transparence.  Nous n’avons pas non plus, a ajouté le Secrétaire général, diminué le budget du Bureau du Haut-Représentant pour les pays les moins avancés.  Mais devant « la difficulté d’agir sans liquidités », le Secrétaire général a dit son intention de soutenir toute décision de l’Assemblée générale d’augmenter le budget du pilier « développement ».   

M. Guterres a dit avoir entendu les appels à réviser la pratique de l’actualisation des coûts mais, a-t-il prévenu, « il me faut un instrument pour cela ».  Concluant sur les mécanismes indépendants d’enquête au Myanmar et en Syrie, il a dit: « nous voulons correspondre à la réalité et nous acquitter des mandats que nous ont donnés les organes intergouvernementaux ».  

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