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AG/12298
10 décembre 2020
Soixante-quinzième session, 40e séance plénière – matin

L’Assemblée générale adopte à « une écrasante majorité » la résolution sur la situation en Afghanistan

L’Assemblée, qui a adopté aujourd’hui par 130 voix pour, l’opposition de la Fédération de Russie et les abstentions du Bélarus, de la Chine et du Pakistan, la résolution sur la situation en Afghanistan, a réaffirmé le « partenariat de longue date » qui existe entre le Gouvernement afghan et la communauté internationale, renouvelé par le Cadre de partenariat pour l’Afghanistan qui a été adopté à la Conférence de Genève, les 23 et 24 novembre 2020.  Il s’agit, a souligné l’Assemblée générale, de renforcer davantage la prise en main et la direction des affaires nationales par les Afghans.  Le Canada a tout de même regretté que « pour la troisième année consécutive », l’Assemblée soit passée au vote. 

Dans la résolution de 68 paragraphes de fond, présentée par l’Allemagne, facilitatrice des négociations, l’Assemblée générale se félicite d’une conférence qui a offert aux partenaires l’occasion de montrer aux deux parties aux négociations de paix en cours, à savoir le Gouvernement afghan et les Taliban, que si la nature du futur règlement politique est une décision qui appartient au peuple afghan, le résultat desdites négociations, qui doit assurer la protection des droits de tous les Afghans, y compris ceux des femmes, des jeunes et des minorités, « déterminera » l’avenir de l’aide et du soutien de la communauté internationale.  

L’Assemblée se félicite en effet de l’ouverture des négociations de paix sur l’Afghanistan à Doha, le 12 septembre 2020, ainsi que des progrès accomplis à ce jour, en particulier l’accord sur les règles de procédure conclu, le 2 décembre, entre les parties.  Elle les engage « vivement » à mettre en œuvre des mesures de confiance et à réduire la violence.  Elle les encourage à faire preuve de persévérance et de volonté, et à parvenir à un cessez-le-feu permanent et global et à un règlement politique inclusif, le but étant un Afghanistan souverain, unifié et démocratique qui soit sur la voie de la prospérité et de l’autosuffisance dans l’intérêt de tous les Afghans.  

Aujourd’hui, l’Afghanistan a salué une résolution qui « fait écho » aux espoirs et aux aspirations de son peuple.  Il a aussi relevé que le texte pointe les menaces à la sécurité et exprime la profonde préoccupation de l’Assemblée générale face à la menace posée par le terrorisme.  La résolution rappelle que les Taliban, y compris le Réseau Haqqani, ainsi qu’Al-Qaida, Daech et leurs affiliés, en particulier Daech-province du Khorassan, d’autres groupes terroristes et des combattants terroristes étrangers sont responsables de la grande majorité des victimes civiles.  Le texte souligne que les Comités des sanctions du Conseil de sécurité doivent continuer d’étudier les liens entre les produits de la criminalité organisée, notamment la production et le trafic illicites de drogues, et le financement de tous ces groupes, y compris les Taliban. 

Il sera difficile, a prévenu le Pakistan, de progresser dans les négociations de paix si une partie continue d’être traitée de « terroriste ».  Il semble que cette résolution ait été rédigée en « pilotage automatique », ont commenté les États-Unis, en vantant les mérites de l’accord qu’ils ont signé le 29 février dernier avec les Taliban et en dénonçant le fait que le texte ne fasse même pas de distinction entre ces derniers et Daech.  La résolution, s’est défendu l’Afghanistan, « se base sur les faits ».  Nous voulons que toutes les parties afghanes participent et adhèrent à la paix « mais si ce n’est pas encore le cas », a-t-il asséné, jugeant « décevant » que certaines délégations pensent autrement.   

L’Union européenne a, à son tour, reproché aux Taliban de continuer à perpétrer un nombre « inacceptable » d’attaques, malgré leur engagement dans les pourparlers de paix.  La légitimité de tout pouvoir en Afghanistan commence par le respect de la vie humaine, a-t-elle rappelé.  Les responsables de ces actes de violence « horribles » contre les civils ne sauraient devenir les dirigeants de l’Afghanistan de demain, ni les partenaires de la communauté internationale, a prévenu l’Union européenne. 

Ce « mépris » pour les États de la région a été vivement dénoncé par la Fédération de Russie et la Chine.  Certains, s’est expliquée la première, essaient d’imposer un point de vue « qui n’a rien à voir avec la réalité ».  Nous nous employons, a-t-elle affirmé, à faire en sorte que toutes les forces politiques afghanes « sans exclusion » et tous les acteurs extérieurs agissent sur « une plateforme unique et sur des règles unifiées ».  C’est exactement ce que fait la troïka Fédération de Russie, Chine et États-Unis, plus le Pakistan pour promouvoir le processus de paix, a-t-elle souligné.  

L’Assemblée générale, a estimé la Fédération de Russie, aurait pu parvenir à un consensus avec d’autres méthodes de travail que celles choisies par l’Allemagne qui devrait d’ailleurs « renoncer à son rôle de facilitateur ».  Ce que nous rejetons, a précisé la Fédération de Russie, ce sont les méthodes de travail utilisées mais certainement pas l’idée d’un processus de paix inclusif dirigé par les Afghans eux-mêmes.   L’Allemagne s’est félicitée de la majorité « écrasante » des 130 pays qui ont voté en faveur de la résolution, y voyant « un message fort au peuple afghan ».  L’Assemblée, a confirmé son Président, a manifesté son soutien à l’Afghanistan mais nous devons désormais traduire ce soutien en actes concrets car beaucoup de défis restent à relever, notamment celui de l’insécurité. 

L’Assemblée générale tiendra une autre réunion en personne demain 11 décembre à partir de 10 heures pour examiner les questions liées à l’aide humanitaire fournie par le système des Nations Unies.  

LA SITUATION EN AFGHANISTAN (A/75/378)

Déclaration liminaire

M. VOLKAN BOZKIR, Président de la soixante-quinzième session de l’Assemblée générale, a souligné que, pendant 40 ans, cette Assemblée s’est penchée sur la situation en Afghanistan, en se concentrant sur la paix, la stabilité, la bonne gouvernance, les droits de l’homme et le développement.  Cette année, s’est réjoui le Président, nous avons vu des progrès vers la paix et la réconciliation politique. 

Il a salué l’optimisme grandissant quant à un règlement négocié.  Il s’est dit encouragé par la volonté commune des parties de parvenir à un règlement pacifique.  Le Président a insisté sur le fait que la paix et la sécurité en Afghanistan sont intrinsèquement liées au développement.  Elles sont interdépendantes, a-t-il martelé, en se disant heureux de l’appui substantiel de la communauté internationale à une assistance à long terme à l’Afghanistan, lors de la Conférence de Genève cette année. 

Le Président a aussi chaleureusement salué les efforts de la Mission des Nations Unies, avant d’ajouter qu’impliquer les femmes et les autres groupes vulnérables dans les efforts de paix est une « condition sine qua non » d’une vraie paix et d’un développement inclusif.  Il a noté la participation accrue des femmes dans les secteurs public et privé et relevé la création d’un comité technique pour examiner la loi de 2009 sur l’élimination de la violence à l’encontre des femmes. 

Nous ne pouvons pas, a conclu le Président, décevoir le peuple afghan.  La violence, la menace terroriste, l’instabilité et les victimes civils peuvent faire dérailler des négociations sur la paix et la réconcliation menées et contrôlées par les Afghans eux-mêmes.  Or, c’est la seule voie vers une paix et une stabilité durables.  Les défis supplémentaires comme la pandémie de COVID-19 et les changements climatiques menacent aussi les progrès en Afghanistan.  Nous devons en tenir compte pour ne pas compromettre les progrès réalisés jusqu’ici, a insisté le Président.

Présentation du projet de résolution

Le texte sur « la situation en Afghanistan » (A/75/L.45) a été présenté par l’Allemagne qui a déclaré que 2020 est une année unique dans le pays qui a vécu le début des négociations de paix, en septembre dernier.  L’Allemagne a rappelé la Déclaration commune des États-Unis et des Taliban, la libération des prisonniers, la promesse des bailleurs de fonds de débloquer une somme de 30  milliards de dollars.  Cette année exceptionnelle touche à sa fin avec l’accord des parties de commencer les négociations de fond.  Ces développements, a souligné l’Allemagne, interviennent dans le contexte de la pandémie de COVID-19 et la flambée de violences et des attentats, de ces derniers mois.  Il faut, a-t-elle martelé, un cessez-le-feu complet et global pour que le processus de paix réussisse. 

La résolution, a expliqué l’Allemagne, aborde toutes ces questions, y compris celle des droits de l’homme qui joue un rôle essentiel.  Le texte a été actualisé après des heures passées à écouter toutes les délégations, en particulier celle de l’Afghanistan.  La résolution insiste sur le soutien de tous à un processus mené et dirigé par les Afghans eux-mêmes.  Elle compte plus de 60 coauteurs dont 27  coauteurs originaux, a indiqué l’Allemagne qui fait part des efforts de rationalisation.  Le projet faisait auparavant 17 pages « difficiles » à comprendre en première lecture.  Cette année, le texte est résolument tourné vers l’avenir, a affirmé l’Allemagne, qui a plaidé pour une résolution bisannuelle pour donner le temps de réfléchir à l’essentiel et d’élaborer un texte « plus stratégique ». 

Déclarations

Mme ADELA RAZ (Afghanistan) a salué un projet de résolution qui reflète les priorités, les progrès, les défis, les engagements mutuels ainsi que les efforts conjoints visant à l’édification d’un pays stable et prospère.  Le texte, a-t-elle souligné, fait écho aux espoirs et aux aspirations du peuple afghan à une paix tant attendue.  Le texte, a-t-elle affirmé, est appuyés « à l’unanimité ».  Il appelle à un cessez-le-feu permanent et global pour mettre fin au conflit; à élargir les acquis des deux décennies écoulées; à mettre la souveraineté, l’indépendance, l’intégrité territoriale et l’unité nationale d’un Afghanistan démocratique au centre de l’action. 

Le projet de résolution fait également une synthèse des réalisations communes depuis 19 ans, grâce à l’appui des partenaires internationaux et régionaux et à l’investissement dans le « nouvel Afghanistan ».  Il salue les efforts et les progrès dans les réformes politiques, économiques, de gouvernance et sociales.  Il reconnaît l’urgence et les besoins de la population et l’importance de réduire la pauvreté.  Il consolide « notre approche commune » de fournir des services sociaux de base, de stimuler la croissance économique, de créer des opportunités d’emploi et d’accroître le revenu national. 

Le texte, a poursuivi la représentante, met l’accent sur la nécessité de continuer à promouvoir et protéger tous les droits de l’homme et libertés fondamentales, l’état de droit et les processus démocratique, qui sont les priorités « majeures » du Gouvernement.  Il accueille avec satisfaction la promotion d’un processus de paix dirigé par et pour les Afghans, notamment la participation pleine et entière des femmes et des jeunes.  Le texte met en outre l’accent sur le rôle de la coopération régionale dans la promotion, à long terme, de la stabilité, de la paix, de la sécurité, de la prospérité et du développement durable, tout comme il insiste sur les efforts des partenaires internationaux et des pays voisins, a précisé Mme Raz. 

Elle a ensuite mis en exergue la vision de l’Afghanistan pour se transformer en un réseau régional de connectivité qu’il s’agisse du transport, de l’énergie, de l’industrie et du numérique.  La représentante a mis l’accent sur l’importance du rôle et de la contribution des pays voisins, des partenaires et des organisations régionales dans la réalisation de cette vision.  Elle a aussi relevé que le projet de résolution pointe les menaces à la sécurité et exprime la profonde préoccupation face à celle posée par le terrorisme, tant en Afghanistan que dans la région du fait de la présence d’Al-Qaida, de Daech et autres organisations terroristes internationales et leurs affiliés. 

L’Afghanistan, a souligné la représentante, n’a pas baissé la garde ni réduit ses efforts pour contrecarrer les attaques menées par les Taliban et autres groupes terroristes.  Les « courageuses » Forces nationales de défense et de sécurité ont poursuivi leurs efforts « inlassables » contre ces groupes qui font montre d’une absence « ignoble » d’humanité et continuent à cibler les populations et les infrastructures civiles en totale violation des droits de l’homme et du droit international humanitaire. 

La représentante a aussi relevé que le projet de résolution reconnaît la grave menace et les dégâts causés par la culture de l’opium et la production et le trafic de méthamphétamines.  Dans ce contexte, a-t-elle promis, le Gouvernement afghan est un « partenaire engagé » mais pour que la lutte soit plus efficace, il faut pleinement reconnaître les corrélations entre le narcotrafic et le terrorisme.  Les revenus du trafic de drogue permettent aux groupes terroristes de financer leurs opérations. 

Le Gouvernement afghan s’attache donc à cibler, saisir, démanteler et détruire les stocks et les laboratoires illicites.  Mme Raz a appelé à une intensification du partenariat régional et international pour s’attaquer aux causes sous-jacentes de ce commerce illégal, aux « refuges financiers » à la consommation et la demande de drogue, au trafic des précurseurs chimiques et aux engins explosifs improvisés. 

Le projet de résolution, a-t-elle poursuivi, accueille avec satisfaction les récents pourparlers de paix à Doha.  Les équipes de négociateurs de l’Afghanistan et des Taliban sont parvenus à un accord « sans précédent » sur les règles et procédures des négociations de paix.  Les deux équipes poursuivent actuellement leurs discussions, s’est réjouie la représentante.  

De son côté, le Haut-Conseil pour la réconciliation nationale a tenu sa première réunion et mis l’accent sur l’unité des acteurs politiques en vue d’un règlement final.  Mme  Raz a toutefois déploré la persistance de la violence, principal obstacle à la paix.  Elle a souligné que les attaques contre les établissements scolaires et l’Université de Kaboul montrent que, sans la réduction de la violence et un cessez-le-feu durable, la population continuera à vivre dans la même peur que ces quatre dernières décennies. 

Le cessez-le-feu et l’arrêt des hostilités sont donc en tête des priorités du Gouvernement pour ouvrir la voie à des pourparlers de paix, a indiqué la représentante.  Elle a également rappelé la Conférence de Genève, au mois de novembre, qui a renouvelé le partenariat entre la communauté internationale, le peuple et le Gouvernement afghans.  Le Communiqué appuyé par 66 pays et 32 organisations internationales reflète fidèlement les priorités du pays. 

Nous avons participé à cette Conférence, a confié la représentante, consciente de la nécessité d’adopter les normes les plus élevées d’établissement des responsabilités, de transparence et d’efficacité reflétées dans le nouveau « Cadre de partenariat pour l’Afghanistan ».  Le projet de résolution, a-t-elle conclu, est la « manifestation de l’appui de tous les États Membres aux priorités de l’Afghanistan » et la solidarité sera vitale pour négocier « ce carrefour critique ». 

M. SILVIO GONZATO, de l’Union européenne, a déclaré que l’Afghanistan entrevoit une opportunité historique pour la paix et la stabilité après des décennies d’immenses souffrances humaines.  Il a décrit le début des négociations intra-afghanes le 12 septembre comme «  un pas encourageant vers une vraie réconciliation ».  Seul un processus de paix mené par les Afghans eux-mêmes peut conduire à une paix durable  », a-t-il souligné. 

Rappelant l’engagement pris par l’Union européenne, à la Conférence de Genève, les 23 et 24 novembre derniers, le représentant a souligné l’importance de l’inclusion des femmes et des minorités religieuses et ethniques dans le processus politique.  La résolution reflète d’ailleurs « ce consensus », a estimé le représentant.  Il a condamné les violences et leur intensification sur certains aspects, depuis l’Accord de Doha et le début des négociations, et plaidé pour un cessez-le-feu qui démontre « la sincérité » des parties aux pourparlers de paix. Un Afghanistan instable menace et déstabilise ses voisins et la région entière, a martelé le représentant qui a prôné « la vigilance » afin d’éviter que les organisations terroristes n’utilisent plus le territoire afghan pour lancer des attaques dans le pays et ailleurs.  Le trafic de drogue et la traite des êtres humains doivent cesser, a-t-il ajouté. 

Le représentant a reproché aux Taliban de continuer à perpétrer un nombre « inacceptable » d’attaques, malgré leur engagement dans les pourparlers de paix. La légitimité de tout pouvoir en Afghanistan commence par le respect de la vie humaine, a-t-il rappelé.  Les responsables de ces actes de violence « horribles » contre les civils ne sauraient devenir les dirigeants de l’Afghanistan de demain, ni les partenaires de la communauté internationale, a prévenu le représentant. 

Il a confirmé que la communauté internationale est prête à soutenir les négociations intra-afghanes conformément à la résolution 2513 du Conseil de sécurité, mais que ce soutien « a des conditions » et dépend de l’engagement « véritable » des parties dans les négociations.  L’Union européenne et les membres du Conseil de sécurité y voient une « condition préalable » à leur action. Une paix durable ne peut se fonder sur l’impunité des responsables de violations flagrantes des droits de l’homme, a encore prévenu le représentant. 

Mme RAZIYE BILGE KOCYIGIT GRBA (Turquie) a qualifié la résolution de « texte important », en ce qu’il met en évidence les progrès, tout en orientant les efforts futurs et en énonçant les responsabilités de l’Afghanistan et de la communauté internationale.  Elle a relevé que l’Afghanistan traverse une phase cruciale qui devrait conduire à un accord de paix global, mettre fin à l’effusion de sang et permettre la sauvegarde des droits humains de tous les Afghans, y compris les femmes et les enfants, ainsi que le respect de l’état de droit.  Les avancées des deux dernières décennies en Afghanistan doivent être consolidées, a souligné la déléguée, avant de préciser que cela nécessite une approche globale qui aborde la sécurité, le développement et des pistes politiques en même temps. 

Nous aimerions tous voir la paix en Afghanistan, mais la paix gagnée au prix des progrès réalisés jusqu’ici « n’en n’est pas une ».  La représentante a jugé essentiel de soutenir « patiemment » les pourparlers de paix, en particulier sur des questions majeures telles que la feuille de route politique et le cessez-le-feu qui devraient être des questions plus difficiles. 

Une réduction significative de la violence est nécessaire pour créer un environnement propice aux pourparlers dont le succès dépend, a souligné la représentante, de la participation de tous les Afghans, y compris les femmes.  De même, un développement économique sain est vital pour les efforts de paix.  C’est pourquoi, a indiqué la représentante, la Turquie vient d’annoncer une aide de 75 millions de dollars en faveur de l’Afghanistan pour les deux prochaines années.  Elle a vanté les mérites des mécanismes régionaux tels que le Processus d’Istanbul-Cœur d’Asie, qui jouit d’une vaste adhésion et d’un vaste domaine d’expertise.  Ce Processus, a-t-elle estimé, doit servir de « parapluie » à ce moment critique.  Il doit pouvoir appuyer la stabilisation après le rétablissement de la paix. 

M. MITCHELL FIFIELD (Australie) a appelé toutes les parties afghanes à saisir cette occasion pour parvenir à un règlement politique durable et inclusif.  Les deux parties doivent mener les négociations de bonne foi pour arrêter l’effusion de sang.  Le représentant s’est dit préoccupé par le nombre « inacceptable » des victimes du conflit, y compris parmi des femmes et des enfants.  Il a appelé à réduire le niveau de violence et à observer un cessez-le-feu global et permanent pour faciliter les progrès dans les négociations de paix.  L’Australie, a insisté le représentant, milite pour la promotion des femmes, en tant qu’agents du changement et encourage leur participation et leur leadership complets, égaux et significatifs dans les processus de paix, de stabilisation et de prise de décisions. 

Le représentant a rappelé que son pays s’est engagé a versé une somme de 200 millions de dollars australiens entre 2021 et 2024.  Ce soutien financier est conditionné, a-t-il prévenu, à l’engagement de l’Afghanistan en faveur de la démocratie, de l’état de droit, des droits de l’homme, de l’égalité des sexes et de ses obligations internationales.  Nous attendons, a ajouté le représentant, un engagement « ferme » de tous les Afghans à lutter contre la corruption.  Les perspectives de paix offrent une occasion de transformer le pays, et les prochains mois sont essentiels pour fixer le cap des années à venir, a encore déclaré le représentant. 

M. NAGARAJ NAIDU KAKANUR (Inde) a prévenu que le processus de paix et la poursuite des violences ne sauraient aller de pair.  Il est donc important de parvenir à un cessez-le-feu.  Depuis 2003, a-t-il rappelé, l’Inde a investi pas moins de 3 milliards de dollars en Afghanistan et l’un des projets phares est la construction d’un barrage qui permettra de fournir de l’eau potable aux deux millions d’habitants de Kaboul. 

Pour faciliter les échanges de marchandises entre les deux pays, un projet de corridor aérien a permis à ce jour de faciliter pas moins de 1 000 liaisons aériennes entre les deux pays.  Le délégué a également invité la communauté internationale à établir des facilités de transit afin d’ouvrir à l’Afghanistan un accès à la mer. 

Le processus de paix doit être mené et dirigé par les Afghans eux-mêmes, et les solutions doivent être d’eux, a martelé le représentant, qui a insisté sur l’intégrité territoriale de l’Afghanistan pour faire en sorte que le territoire ne soit pas utilisé par les groupes terroristes pour menacer ou mener des attaques contre d’autres pays.  Il faut aussi que tous les États se gardent de soutenir ces groupes terroristes, et ceux qui le font doivent être tenus responsables de leurs actes, a encore martelé le représentant. 

M. SHANQUIN YAO (Chine) a salué le lancement des pourparlers intra-afghans, en parlant d’une fenêtre d’opportunités qui s’ouvre pour le règlement pacifique de la crise en Afghanistan.  Il a plaidé pour un processus de négociation mené et dirigé par les Afghans, avertissant qu’aucune force extérieure ne doit exploiter ces efforts pour servir ses intérêts.  Le représentant a réclamé le retrait ordonné des forces étrangères dont les actes criminels doivent faire l’objet d’enquêtes et de poursuites judiciaires.  

La communauté internationale, a poursuivi le représentant, doit fournir un appui financier et technique aux Forces de défense et de sécurité afghanes, notamment pour la lutte contre les stupéfiants, le terrorisme et autres menaces.  La Chine, a souligné le représentant, apporte d’ailleurs un appui bilatéral et elle sait qu’il ne peut avoir d’amélioration durable en Afghanistan sans une amélioration de la situation socioéconomique.  La Chine y contribue par le biais de son initiative « une Ceinture, une Route  ».  Elle a également envoyé des experts médicaux pour épauler l’Afghanistan dans ses efforts contre la COVID-19.  

Mme ALYA AHMED SAIF AL-THANI (Qatar) a déclaré que l’Afghanistan a besoin de la communauté internationale pour avancer vers la paix et a salué, dans ce contexte, le rôle de la MANUA.  Rappelant que son pays est facilitateur des négociations intra-afghanes, la représentante a préconisé aux parties de faire preuve de «  sagesse et de responsabilité ».  Elle a salué le rôle des « pays amis », en particulier les États-Unis pour leurs négociations avec les Taliban.  Elle s’est félicitée des résultats « impressionnants », engrangés jusqu’ici, dont les négociations entreprises en septembre dernier pour en finir avec les violences.  Ces négociations suivaient celles du mois de juillet auxquelles avaient participé des membres de la société civile et des femmes afghanes.  La représentante s’est félicitée de ce que l’accord conclu entre les États-Unis et les Taliban ait ouvert la voie à la médiation du Qatar qui a abouti à l’échange de prisonniers.  Elle a insisté pour que les prochaines négociations soient marquées par « l’inclusivité » dont la participation des femmes et des minorités.   

M. MOHAMED AL HASSAN (Oman) a déclaré que l’Afghanistan est connu pour la bravoure de son peuple et sa contribution à la civilisation humaine.  Saluant les efforts régionaux et internationaux qui ont abouti notamment à un accord sur les règles de procédure des négociations de paix et de réconciliation, le représentant a dit attendre avec impatience la fin des souffrances en Afghanistan.  Ce pays, a-t-il martelé, mérite notre soutien et notre solidarité, et cette solidarité vient d’ailleurs de se manifester à la Conférence de Genève, s’est réjoui le représentant.  Il a appelé la communauté internationale et le Conseil de sécurité à réévaluer les sanctions imposées à l’Afghanistan.  Restaurer la stabilité et la sécurité n’est pas une sinécure, mais nous sommes certains que le peuple et les dirigeants afghans arriveront à un consensus pour créer un État civil caractérisé par la paix, la sécurité et la réconciliation, a prédit le représentant, en demandant tout de même aux autorités afghanes d’assumer leur responsabilité.  

Mme KRISTIN EMILY JANSON (Canada) a déploré le fait que, pour la troisième année consécutive, la résolution annuelle sur l’Afghanistan ne soit pas adoptée par consensus.  Elle s’est dite préoccupée par les victimes civiles et a salué « le courage » du Gouvernement afghan qui s’est engagé « de bonne foi » dans les négociations avec les Taliban.  Elle a rappelé que la résolution insiste sur la préservation des acquis de ces 19  dernières années, notamment en matière de promotion des droits des femmes et des enfants.  Elle a rappelé que la résolution plaide également pour l’élimination de toutes les formes de violence sexistes et sexuelles.  Elle s’est enfin félicitée des efforts pour parvenir à un consensus international sur l’Afghanistan. 

Mme MONA JUUL (Norvège) s’est félicitée de l’annonce de l’accord que les équipes de négociations ont conclu à Doha sur les règles de procédure des négociations de paix.  Profitant de cet élan, elle a demandé aux parties de mettre fin à une violence « inacceptable » et de répondre à l’appel du Secrétaire général à un cessez-le-feu mondial.  À son tour, la représentante a insisté sur la participation des femmes à tous les processus de prise de décisions.  Intégrer l’Afghanistan dans l’économie régionale constituera également un apport majeur pour la paix et la prospérité, a-t-elle ajouté, en parlant d’un Afghanistan soucieux de la démocratie et des droits de l’homme.  La représentante a conclu en appelant à une lutte renforcée contre les organisations terroristes. 

M. MUNIR AKRAM (Pakistan) a dit qu’un Afghanistan stable est indispensable à la paix et à la sécurité dans la région.  Le conflit dans ce pays ne sera résolu que par l’implication de toutes les parties afghanes, a indiqué le représentant qui s’est dit heureux du consensus international.  Le début des négociations à Doha, a-t-il poursuivi, a fait naître l’espoir d’un règlement politique complet.  Il revient aux dirigeants afghans de saisir cette « opportunité historique » et de parvenir à une solution sans ingérence étrangère, a souligné le délégué.  L’accord de Doha montre la volonté des Afghans de négocier et le Pakistan soutiendra ces négociations, a encore promis le délégué pour qui la communauté internationale doit respecter la volonté du peuple afghan. 

En dépit de nombreux problèmes, il a espéré que toutes les parties afghanes poursuivront leurs efforts.  Il a aussi appuyé les efforts pour empêcher les groupes terroristes de se servir du territoire afghan.  La coopération entre l’Afghanistan et le Pakistan, a-t-il conclu, a gagné en intensité.  Il fait état de visites des dignitaires, de l’échanges de renseignements et du don de matériels médicaux pour la lutte contre la COVID-19. 

M. DAVID KINNA (Royaume-Uni) a estimé qu’il y a encore beaucoup à faire en Afghanistan et que la voie vers la paix sera difficile car il faudra des compromis de la part des parties.  Pour le délégué, il n’y a pas d’alternative aux pourparlers de paix qui offrent la possibilité de mettre fin à des décennies de bain de sang.  Une paix significative signifierait que les terroristes ne pourront plus utiliser le pays pour attaquer les Afghans et la communauté internationale, a—t-il relevé.  En tant que coprésident du Groupe des Amis des femmes afghanes, le Royaume-Uni, a dit son représentant, insiste sur la place de ces dernières dans le processus de paix dont la voix doit se faire entendre à tous les niveaux.  Le principal obstacle à la paix est la violence qui doit cesser, a martelé le représentant qui a expliqué que ces violences coûtent des vies innocentes tout en frustrant les protagonistes des pourparlers de paix. 

De même qu’il a reconnu que le processus de paix doit être dirigé par les Afghans eux-mêmes, le délégué a aussi rappelé que la communauté internationale se doit de soutenir le pays, y compris dans la lutte contre la COVID-19.  Pour sa part, le Royaume-Uni a annoncé une aide de 200 millions de dollars pour le développement de l’Afghanistan en 2021, ainsi qu’une somme de 93 millions de dollars pour le soutien aux Forces de défense et de sécurité afghanes, l’année prochaine. 

Mme KARTIKA HANDARUNINGRUM (Indonésie) a pris note des derniers développements, se félicitant de l’intégration des femmes dans les efforts de paix mais déplorant l’augmentation du nombre des victimes civiles qui minent la confiance de la population dans le processus de paix.  La représentante a condamné les attaques terroristes et déclaré qu’une paix durable en Afghanistan, c’est la paix et la stabilité dans toute la région.  Elle a appelé toutes les parties au respect du cessez-le-feu demandé par le Secrétaire général et a rappelé l’appel de sa Ministre des affaires étrangères au dialogue.  Une participation inclusive, dont celle des femmes, est indispensable à la réussite du processus, a insisté la représentante, plaidant aussi pour la participation de toutes les religions et minorités.  Elle a, en conclusion, cité Albert Camus : « la paix est la seule bataille qui vaille la peine d’être menée ». 

Mme ATIQA MD AKIM (Malaisie) a réaffirmé son soutien aux efforts du Gouvernement afghan en faveur du processus de paix et de réconciliation en cours.  Un processus inclusif mené par les Afghans est la seule voie menant au règlement du conflit, a souligné la représentante. 

Mme GHASAQ YOUSIF ABDALLA SHAHEEN (Émirats arabes unis) a souligné que la Conférence de Genève est un jalon de plus dans le règlement de la situation en Afghanistan.  Elle a mentionné un incident contre une équipe de son pays qui mettait en œuvre des projets éducatifs en Afghanistan et qui a été ciblée dans un attentat à Kandahar.  Il faut renouveler les efforts dans la lutte contre le terrorisme, a martelé la représentante, avant d’annoncer que son pays a formé 20 000 imams en Afghanistan et rejoint le Groupe des Amis de l’Afghanistan, en solidarité avec les victimes du terrorisme.  Depuis 2003, les Émirats arabes unis participent aussi à la Force internationale d’assistance à la sécurité (ISAF) et a versé une somme d’1,7 milliard de dollars pour les efforts de secours, de développement et d’aide humanitaire.  D’autre part, les Émirats arabes unis ont consacré la somme de 27 millions de dollars aux opérations de déminage entre 2011 et 2013, ce qui a permis de nettoyer plus de 60 000 champs de mines.  Le pays travaille également avec ONU-Femmes et a rejoint le Groupe des Amis des femmes afghanes et son partenariat avec la société civile.  La représentante a encouragé les pays qui accueillent les Afghans à veiller à ne pas les immiscer dans les conflits régionaux. 

Favorable à la résolution, M. MAJID TAKHT RAVANCHI (République islamique d’Iran) a jugé que ce texte cherche à envoyer « un message fort » sur la primauté du processus de paix pour une stabilité et une paix durables en Afghanistan.  Le représentant s’est félicité de l’appel de l’Assemblée générale en faveur de la préservation de la Constitution afghane, a salué l’approche holistique du Gouvernement afghan et invité les Taliban à cesser leurs attaques et à s’engager véritablement dans le processus de paix.  L’Iran, a affirmé le représentant, est prêt à jouer un rôle plus actif pour contribuer au succès des négociations.  Il a conseillé aux parties « souplesse et patience ». 

Le représentant a fermement condamné les attaques dont celles de Daech qui transfère ses combattants de la Syrie vers l’Afghanistan.  Il a aussi condamné le fait que « certains pays occidentaux » refusent d’inclure dans la résolution un paragraphe contre les agissements de Daech en Afghanistan.  Il a appelé à un désengagement progressif des forces étrangères et à une lutte renforcée contre la production illicite de stupéfiants.  Alors que l’Iran accueille des millions de réfugiés afghans, le représentant a indiqué que quelque 4 000  membres de Forces armées iraniennes ont perdu la vie dans les opérations de lutte contre les organisations terroristes.  L’Iran, a-t-il conclu, continue de promouvoir la coopération économique, le développement du port de Chahabar étant une des priorités. 

Explications de vote sur la résolution A/75/L.45

Les États-Unis ont déclaré que les négociations avec les Taliban ont abouti à des engagements « significatifs » mais ils ont regretté que ce progrès ne soit pas reflété dans la résolution qui ne fait même pas la distinction entre les Taliban et Daech.  Les violences sont encore trop présentes en Afghanistan et notre évaluation de la situation sur le terrain n’est pas « en pilotage automatique », ont souligné les États-Unis.  L’accord avec les Taliban prouve qu’ils sont prêts à travailler avec le Gouvernement afghan des questions « douloureuses »  et il faut, ont insisté les États-Unis reconnaître ce progrès. Ils ont par ailleurs rappelé qu’en raison de leur retrait de l’Accord de Paris sur le climat, les références aux changements climatiques ne sauraient les engager. 

Dans une motion d’ordre, l’Afghanistan a regretté l’impossibilité de parvenir au consensus sur le projet de résolution.  La représentante de l’Afghanistan a dit soutenir fermement les paragraphes 8 et 42 sur l’implication des Taliban dans la violence et le trafic de stupéfiants parce qu’ils sont basés sur les faits.  Il est vrai, a-t-elle reconnu, que les Taliban se sont engagés en faveur d’un règlement politique et qu’ils continuent de participer aux négociations.  Nous tenons à les incorporer dans le processus de paix, avec toutes les parties afghanes mais ils doivent, a prévenu la représentante, renoncer à leur alliance avec Al-Qaida.  Nous voulons que toutes les parties afghanes participent et adhèrent à la paix mais si ce n’est pas encore le cas, a asséné la représentante. 

Elle a qualifié la résolution de texte « équilibré et sans équivoque » contre les groupes terroristes en Afghanistan.  La demande d’une mise aux voix, a-t-elle souligné, n’enlève rien à la volonté de tous les États Membres de parvenir à la paix en Afghanistan.  « Je me présente devant vous en tant que représentante d’un État souverain et démocratique, des femmes afghanes, des minorités et de toutes les communautés afghanes », a plaidé la représentante, en saluant une résolution qui est « la meilleure pour le peuple afghan ».  « Je suis déçue que d’autres délégations pensent autrement.  »

À son tour, la Fédération de Russie a déploré le «  mépris » des facilitateurs de la résolution pour les États de la région et la tentative de certains d’imposer un point de vue « qui n’a rien à voir avec la réalité ». Certains essaient de nier l’évidence et de nous faire croire que Daech n’est plus en Afghanistan et que le problème des stupéfiants n’existe plus, alors que les attaques terroristes se multiplient avec les risques de déstabilisation non seulement pour l’Afghanistan mais aussi pour les pays d’Asie centrale.  

La Fédération de Russie a vu dans le « blocage » du dernier rapport de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), « une tentative de masquer l’ampleur réelle des problèmes ».  Elle a déploré « le manque d’intérêt » des facilitateurs pour les États impliqués et les organisations régionales.  Nous nous employons, a affirmé, la Fédération de Russie, à faire en sorte que toutes les forces politiques afghanes sans exclusion et tous les acteurs extérieurs agissent sur « une plateforme unique et sur des règles unifiées ». C’est exactement ce que fait la troïka Fédération de Russie, Chine et États-Unis, plus le Pakistan pour promouvoir le processus de paix. 

L’Assemblée générale, a estimé la Fédération de Russie, aurait pu parvenir à un consensus si les négociations de la résolution avaient été transparentes.  Les méthodes de travail choisies par la délégation allemande ne pouvaient pas souffrir de la moindre critique, la position de certains États a été ignorée, « de façon ostentatoire » et aujourd’hui la mise aux voix prouve que le texte n’a jamais bénéficié du consensus.  Dans ce contexte, a annoncé la Fédération de Russie, nous ne pouvons appuyer la résolution  et  l’Allemagne doit renoncer à son rôle de facilitateur.  Ce que nous rejetons, a précisé la Fédération de Russie, ce sont les méthodes de travail utilisées mais certainement pas l’idée de processus de paix inclusif dirigé par les Afghans eux-mêmes. 

À la lumière des faits nouveaux, a embrayé la Chine, nous avions fait des propositions et nous constatons que la résolution ne reflète pas complètement l’opinion de certains États.  Quoi d’étonnant puisque les négociations ont été interrompues prématurément pas les facilitateurs, a fait observer la Chine, en espérant qu’une telle situation ne se reproduira plus.  

L’Ouzbékistan a soutenu la résolution et demandé aux États de contribuer sincèrement à la poursuite des négociations de paix. 

Le Pakistan a prévenu qu’il sera difficile de progresser dans les négociations de paix si une partie continue d’être traitée de « terroriste ». C’est la raison pour laquelle nous nous sommes abstenus sur le texte, a dit le Pakistan, estimant que l’on aurait pu éviter une mise aux voix si les facilitateurs s’étaient montrés « plus souples ».  

Droits de réponse

L’Allemagne a déclaré que contrairement aux allégations, le processus d’élaboration de la résolution ne s’est pas fait en « pilotage automatique ».  Bien au contraire, a-t-elle asséné, il y a bien eu des négociations.  Une bonne partie de la résolution mentionne bien Daech et ses actes néfastes en Afghanistan. L’Allemagne s’est félicitée de la majorité « écrasante » des 130 pays qui ont voté en faveur de la résolution, y voyant « un message fort envoyé au peuple afghan ». Elle a néanmoins déploré le fait que la Fédération de Russie ait voté contre et donc « laissé tomber le peuple afghan ». 

Nous soutenons le peuple afghan, a martelé la Fédération de Russie, mais nous nous opposons à la gestion « peu responsable » du dossier afghan à l’Assemblée générale. 

Déclaration de clôture 

Le peuple afghan mérite la paix et la prospérité, a insisté le Président de l’Assemblée générale.  Aujourd’hui, s’est-il réjoui, nous avons montré notre soutien à ce peuple afghan et nous devons désormais traduire ce soutien en actes concrets.  Beaucoup de défis restent à relever notamment celui de l’insécurité.  Mais un processus inclusif est la seule voie du succès, a estimé le Président qui a constaté qu’en adoptant la résolution, l’Assemblée générale souhaite poursuivre l’appui international au peuple afghan.

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