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AG/12291
1 décembre 2020
Soixante-quinzième session, 32e & 33e séances plénières - Matin & après-midi

​​​​​​​L’Assemblée générale rend un hommage solennel aux victimes de la guerre et sensibilise aux besoins des gens de mer pendant la pandémie de COVID-19

L’Assemblée générale a tenu, aujourd’hui, une réunion extraordinaire « solennelle », en hommage à toutes les victimes de la guerre, suite à sa résolution du 5 novembre 2020 adoptée à l’occasion du soixante-quinzième anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale.  Elle a aussi adopté une résolution sur les gens de mer, qu’elle a appelé à considérer comme des « travailleurs clefs », et une autre sur le sport comme facteur de développement durable, avant d’examiner un rapport sur les migrations.

« Souvenons-nous des victimes de la Guerre et rassemblons-nous », a exhorté le Président de l’Assemblée générale, M. Volkan Bozkir, appelant à « faire davantage » pour un monde qui n’est pas prêt à affronter les pandémies ou les défis des changements climatiques.  Les 17 délégations intervenues, certaines au nom de groupe d’États, ont mis en garde contre la résurgence de la xénophobie et du racisme, voire du révisionnisme, certaines condamnant avec force l’apologie du nazisme et du néonazisme et exigeant une lutte sans merci contre l’impunité.

Cependant, pour la première fois dans l’Histoire, a fait valoir le Secrétaire général, M. António Guterres, 75 années sont passées sans qu’il n’y ait eu de confrontation militaire entre les grandes puissances, attribuant cela à l’efficacité des outils du Chapitre VI de la Charte tels que la négociation, l’enquête, la médiation, la conciliation, l’arbitrage et le règlement judiciaire, ou encore les efforts de consolidation et de maintien de la paix pour éviter une autre guerre mondiale « catastrophique ».

Par ailleurs, deux jours avant sa session extraordinaire sur la réponse à la pandémie de COVID-19, l’Assemblée générale a adopté, sans mise aux voix, deux résolutions imprégnées par les changements survenus en 2020 au niveau mondial des suites de la propagation du virus.

Aucun secteur n’ayant été épargné par la pandémie, l’Assemblée générale a ainsi adopté une résolution sur la coopération internationale face aux difficultés connues par les gens de mer à cause de la pandémie de COVID-19 et en appui aux chaînes d’approvisionnement mondiales.  Elle y demande aux États Membres de désigner les gens de mer et les autres personnels marins comme des travailleurs clefs, « héros invisibles qui travaillent dans la discrétion », sur plus de 98 000 navires commerciaux, transportant plus de 11 milliards de tonnes de marchandises dans le cadre du commerce maritime, d’après l’Indonésie, qui a présenté le texte.

Par un autre texte sur le sport, pris comme facteur de développement durable, les États Membres sont encouragés à inclure le sport et l’activité physique dans les plans de relance post-COVID-19 et les stratégies nationales de développement durable, compte tenu de la contribution du sport à la santé, et à promouvoir un sport « sûr » en tant que facteur de santé et de bien-être des personnes et des communautés.

Nombreux sont ceux qui se sont tournés vers le sport pour faire face aux défis posés par les incertitudes liées à la COVID-19, a fait remarquer Brunei Darussalam.  Monaco, qui a introduit le texte au nom également du Qatar, avec lequel il préside conjointement le Groupe des amis du sport au service du développement durable, a appuyé les six recommandations du Secrétaire général relatives à la cohérence à l’échelle du système et la coordination, alors que la plupart des grands événements sportifs ont été annulés ou reportés, y compris les Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo 2020.

Par ailleurs, l’Assemblée générale a examiné le premier rapport du Secrétaire général sur le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, qui fait suite à la Conférence intergouvernementale de Marrakech (10-12 décembre 2018) et à l’adoption du Pacte le 19 décembre 2018.

El Salvador a invité les États à « changer de point de vue sur les migrants » en faisant remarquer que beaucoup parmi les quelque 272 millions d’entre eux sont en première ligne face à la pandémie, en particulier dans le secteur sanitaire.  Ce pays et le Mexique ont plaidé pour davantage de ressources financières pour honorer les 10 principes directeurs du Pacte, réaliser ses 23 objectifs et favoriser la participation des migrants au relèvement socioéconomique postpandémie.

L’Assemblée générale a aussi adopté le rapport de la Commission de la vérification des pouvoirs (A/75/606) qui contient la résolution de celle-ci intitulée « Pouvoirs des représentants à la soixante-quinzième session de l’Assemblée générale ».

Demain, mardi 2 décembre à partir de 10 heures, l’Assemblée générale examinera la question de Palestine et la situation au Moyen-Orient et adoptera plusieurs résolutions sur ces questions.

APPLICATION ET SUIVI INTÉGRÉS ET COORDONNÉS DES TEXTES ISSUS DES GRANDES CONFÉRENCES ET RÉUNIONS AU SOMMET ORGANISÉES PAR LES NATIONS UNIES DANS LES DOMAINES ÉCONOMIQUE ET SOCIAL ET DANS LES DOMAINES CONNEXES A/75/188, A/75/229, A/75/542

Renforcement du système des Nations Unies: renforcement du système des Nations Unies

Adoption de la résolution L.37

L’Assemblée générale a adopté, sans mise aux voix, une résolution sur la « coopération internationale face aux difficultés connues par les gens de mer à cause de la pandémie de COVID-19 et en appui aux chaînes d’approvisionnement mondiales » (A/75/L.37) qui demande aux États Membres de désigner les gens de mer et les autres personnels marins comme des travailleurs clefs.  Ce texte rappelle qu’il y avait, en 2019, environ 2 millions de gens de mer qui travaillaient sur plus de 98 000 navires commerciaux, transportant plus de 11 milliards de tonnes de marchandises dans le cadre du commerce maritime.

Profondément préoccupée par les problèmes rencontrés dans le monde maritime pour faire tourner les équipages et rapatrier les marins à cause de la pandémie, l’Assemblée réaffirme, par ce texte, que les mesures d’urgence doivent être ciblées, proportionnées, transparentes et temporaires, et qu’elles ne doivent pas créer d’obstacles inutiles au commerce ni perturber les chaînes d’approvisionnement mondiales.

Elle encourage les gouvernements et les parties prenantes concernées à mettre en œuvre les protocoles visant à garantir la sécurité de la relève et du voyage des équipages pendant la pandémie de COVID-19, tels qu’approuvés par le Comité de la sécurité maritime de l’Organisation maritime internationale à sa 102e session, en permettant que les marins qui sont bloqués en mer soient rapatriés et que d’autres les remplacent, en tenant compte des mesures préventives essentielles prises par les États du port contre la COVID-19.

L’Assemblée générale engage les gouvernements à mettre rapidement en œuvre les mesures pertinentes destinées à faciliter les changements d’équipage en mer, notamment en permettant embarquements et débarquements et en redoublant d’efforts pour faciliter les voyages et les rapatriements ainsi qu’en garantissant l’accès aux soins médicaux.  Elle engage les organisations internationales et les autres parties prenantes, y compris les organisations de travailleurs et d’employeurs concernées, à aider les gouvernements qui le souhaitent à élaborer et mettre en œuvre des stratégies et politiques visant à préserver l’intégrité des chaînes d’approvisionnement mondiales, en les rendant plus résilientes, à assurer des conditions de travail et de vie décentes pour les gens de mer et à faire respecter leurs droits humains.

Elle prie le Secrétaire général, en collaboration avec l’Organisation maritime internationale (OMI), l’Organisation internationale du Travail (OIT), la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), ainsi que les autres entités compétentes du système des Nations Unies, d’informer l’Assemblée générale à sa soixante-seizième session, par le biais du rapport de l’OMI, de la situation relative aux changements d’équipage pendant la pandémie de COVID-19, établi à partir des travaux de l’Équipe de gestion des crises pour les gens de mer, ainsi que dans la section spéciale consacrée à la question dans l’Étude sur les transports maritimes de la CNUCED.

En présentant ce texte, M. DIAN TRIANSYAH DJANI (Indonésie) a souligné que la crise de la COVID-19 avait créé des défis sans précédent pour l’économie mondiale où l’industrie maritime joue un rôle essentiel dans le transport des marchandises.  Plus de 2 millions de gens de mer ont continué à travailler depuis le début de la pandémie en étant confrontés à des difficultés inédites.  Les gens de mer appartiennent au groupe de personnes essentielles, héros invisibles qui travaillent dans la discrétion, a commenté l’Indonésie.  Le texte appelle à désigner les gens de mer comme personnel essentiel, notamment pour une prise en charge médicale.  Le projet de résolution a été préparé grâce à une participation ouverte et transparente, a précisé l’Indonésie avec l’espoir que cette initiative permettra de soutenir les gens de mer et les chaînes d’approvisionnement au niveau mondial.

Mme PEGGY VISSERS, de l’Union européenne, a rappelé que les gens de mer sont des travailleurs essentiels, puisqu’ils transportent des biens de toute première nécessité, dont des denrées alimentaires, du carburant ou bien encore des médicaments.  Nombre de gens de mer sont bloqués en raison des restrictions de déplacements liées à la COVID-19 et n’ont pu regagner leurs foyers, a-t-elle rappelé.  Ils sont épuisés, a-t-elle dit, en soulignant les sacrifices que les gens de mer consentent dans l’exercice de leur métier.  La déléguée a aussi rappelé que le rapatriement des gens de mer est un droit fondamental quand leur contrat est achevé.  Elle a salué l’adoption de la résolution par consensus, tout en regrettant l’attention insuffisante accordée aux pêcheurs.  Cette résolution est un engagement clair en faveur des gens de mer, a conclu la déléguée, en demandant un allégement des restrictions de déplacement.

Explication de vote avant l’adoption

Les États-Unis ont appuyé le projet de résolution et mis l’accent sur le rôle des gens de mer.

La Malaisie a jugé crucial le secteur maritime et s’est réjouie de la résolution qui appuie les gens de mer.  Elle a appelé à renforcer encore plus la protection médicale de ces derniers.  Elle a aussi appelé les États Membres à soutenir les gens de mer en particulier dans cette pandémie, au même titre que tous les travailleurs qui sont sur la ligne de front dans la lutte contre la maladie à coronavirus.

Le Royaume-Uni a indiqué que nombre de gens de mer bloqués en raison des restrictions de déplacements liées à la pandémie de COVID-19 n’ont pas pu regagner leurs foyers.  Le Royaume-Uni a dit être en première ligne sur ce dossier, en rappelant que les gens de mer sont des travailleurs essentiels.  Attaché au bien-être des gens de mer, le Royaume-Uni a ainsi accueilli une réunion sur la question de la sécurité des changements d’équipage en ce qui concerne la COVID-19.  Enfin, la délégation a appelé à agir pour améliorer dès à présent le bien-être des gens de mer.

Le Mexique s’est félicité du rapport du Secrétaire général sur le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières.  Il a parlé de « réalisation extraordinaire » et souligné la volonté d’appliquer les 23 objectifs contenus dans le Pacte.  Il a réitéré la conviction du Mexique de l’importance de ce document qui fait la différence sur le terrain.  Le Mexique s’est d’ailleurs engagé à contribuer au fonds d’affection spéciale de mise en œuvre du Pacte.  Le Mexique a aussi fait rapport à la CEPAL sur les réalisations et les difficultés auxquelles il s’est heurté dans ce cadre.  Le moment est venu de prendre acte des énormes avancées de la question migratoire, a estimé le Mexique, tout en soulignant que la pandémie montrait encore plus à quel point les migrants sont fondamentaux pour leur apport et la nécessité d’une coopération accrue entre les États sur la migration.  Les migrations doivent cependant être « ordonnées, sûres et régulières » pour que les migrants puissent participer au relèvement socioéconomique, a tenu à rappeler le Mexique.

Pour El Salvador, l’adoption du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, dont le rapport du Secrétaire général (A/75/542) rend compte de l’application, permet une approche plus globale de cette question.  En effet, a souligné la délégation, le Pacte mondial maintient l’engagement 10.7 du Programme 2030 en faveur de telles migrations grâce à la mise en œuvre de politiques migratoires réfléchies.  Dans ce cadre, El Salvador est prêt à contribuer constructivement à l’examen du Pacte mondial.  La délégation a estimé que, sans un suivi efficace et une réorientation des organisations de développement, le Pacte risquait de devenir un instrument sans effet.  C’est pourquoi elle a salué le rôle de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et s’est félicitée des liens établis avec d’autres enceintes que l’ONU.  Pour parvenir aux objectifs du Pacte, a poursuivi la délégation, il faut s’assurer que les ressources techniques et financières soient présentes.  Il convient aussi d’y associer tous les pays hôtes, de transit et d’accueil.

Le rapport évoque également les répercussions de la pandémie de COVID-19 sur les migrants et la contribution essentielle de ces derniers à la riposte.  Bien qu’ils soient confrontés à des conditions de logement et d’emploi insuffisantes, qu’ils n’aient souvent pas accès aux services de santé et qu’ils souffrent d’exclusion sociale, un grand nombre d’entre eux sont en premières ligne face à la pandémie, en particulier dans le secteur sanitaire, a-t-elle fait valoir, appelant les États Membres à « changer leur point de vue sur les migrants ».

LE SPORT AU SERVICE DU DÉVELOPPEMENT ET DE LA PAIX

Rapport du Secrétaire général (A/75/155/Rev.1)

Adoption de la résolution L.30

L’Assemblée générale a adopté, sans mise aux voix, une résolution intitulée « Le sport, facteur de développement durable » (A/75/L.30) qui encourage notamment les États Membres à inclure le sport et l’activité physique dans les plans de relance post-COVID-19 et les stratégies nationales de développement durable, compte tenu de la contribution du sport à la santé, à promouvoir un sport sûr en tant que facteur de santé et de bien-être des personnes et des communautés, et à utiliser efficacement toutes les possibilités offertes par le sport et ses valeurs aux fins de la mise en œuvre du Programme 2030 et de la poursuite des objectifs de développement durable.

L’Assemblée appuie l’indépendance et l’autonomie du sport ainsi que la mission du Comité international olympique, qui est de conduire le Mouvement olympique, ainsi que celle du Comité international paralympique, qui est de conduire le Mouvement paralympique.  Elle prend note des mesures prises par le Secrétaire général, sa présidence, les États Membres et la société civile pour faire respecter la Trêve olympique, et encourage les pays qui accueilleront les futurs Jeux olympiques et paralympiques et les autres États Membres à appuyer l’observation effective de la Trêve.

L’Assemblée demande aux États Membres de redoubler d’efforts pour prévenir et combattre la corruption dans le sport, souligne à cet égard qu’il importe d’adopter des mesures législatives et répressives énergiques, et demande également aux États Membres d’améliorer la coopération, la coordination et l’échange d’informations, conformément aux principes fondamentaux de leur système juridique.

Déclarations

En présentant ce texte en son nom et au nom de Mme ALYA AHMED SAIF AL-THANI (Qatar), en leurs qualités de Coprésidentes du groupe des amis du sport au service du développement durable, Mme ISABELLE F. PICCO (Monaco) a salué les six recommandations contenues dans le rapport du Secrétaire général sur la question: la cohérence à l’échelle du système et la coordination; l’inclusion du sport et de l’activité physique dans les plans de relance post-COVID-19 et dans les stratégies nationales de développement durable; la fourniture d’orientations en matière de recherche, de normes et de politiques; la fourniture de services de renforcement des capacités, de coopération technique et d’assistance financière, selon qu’il conviendra; l’exploitation de la technologie numérique dans le contexte de la pandémie et au-delà; l’élaboration et l’adoption d’indicateurs communs visant à mesurer la contribution de l’éducation physique, de l’activité physique et du sport.

Mme Picco s’est notamment félicitée d’une résolution qui est l’occasion pour les États Membres de reconnaître le travail du Département des affaires économiques et sociales, en charge du portefeuille du sport pour le développement durable depuis 2017 et d’encourager le Département à continuer son travail.  « Les États Membres sont en outre invités à soutenir ce travail, y compris par le biais de contributions volontaires » a-t-elle dit avant de mettre l’accent, en sa capacité nationale, sur quelques éléments additionnels.  À ce titre, elle a dit que la Principauté de Monaco considère depuis longtemps le sport comme un outil de développement, par sa contribution à la santé, l’éducation, l’inclusion et la lutte contre les inégalités et que cette conviction s’est vue renforcée avec la pandémie de la COVID-19.  Notant qu’il est souvent bien plus difficile pour les filles, les femmes, les personnes handicapées et les personnes en situation vulnérable d’avoir accès aux structures sportives et aux opportunités offertes par le sport, elle a appelé à lever ces disparités dès à présent et a fortiori sur le long terme.  « Par son pouvoir unificateur, par sa contribution à la santé physique et mentale, par les valeurs qu’il promeut, par les opportunités économiques qu’il offre et par son impact social, le sport est véritablement un facteur important de développement durable », a conclu la représentante.

Mme GUO YIRAN (Singapour) a souligné l’impact significatif de la pandémie de COVID-19 sur le secteur du sport.  La plupart des grands événements sportifs ont été annulés ou reportés, y compris les Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo 2020.  Alors que le monde commence à se remettre de la COVID-19, il y aura d’importants problèmes à résoudre, a prédit la déléguée.  À cet égard, elle a préconisé de travailler avec la communauté sportive pour trouver des moyens nouveaux et innovants d’atténuer l’impact de la COVID-19.  Mme Yiran a saisi cette occasion pour souligner les actions de son pays pour aider le secteur du sport à se maintenir à flot, citant notamment un soutien financier aux sportifs indépendants et aux entreprises pour qu’elles transforment leur modèle économique et adoptent des solutions numériques.  Il s’agit de veiller à ce que les capacités essentielles du secteur sportif soient préservées et que la communauté sportive soit bien équipée pour s’adapter.  À Singapour, a-t-elle poursuivi, le Gouvernement s’est engagé à moderniser tous les gymnases publics pour qu’ils soient ouverts à tous et adaptés aux personnes âgées d’ici à 2026, afin d’aider les personnes handicapées et les personnes âgées à rester actives, en bonne santé et engagées grâce au sport.  Pour finir, elle a réaffirmé l’engagement de Singapour à tirer parti du sport pour construire un avenir plus inclusif, durable et prospère.

M. BIN RASIDI (Malaisie) a souligné le rôle du sport comme élément facilitant l’édification de la nation.  Il a expliqué que le Ministère du sport de son pays a mis en place plusieurs cadres de politique nationale dont un plan quinquennal 2016-2020 favorisant l’inclusion et la participation de tous aux activités sportives.  Les restrictions à la liberté de mouvement liées à la pandémie de COVID-19 ont poussé la Malaisie à innover pour soutenir le mouvement sportif.  Le représentant a cité la création de programmes de gymnastique et la mise en ligne de tutoriels permettant de guider et d’encadrer les activités sportives menées à la maison.  Il a également évoqué des initiatives permettant aux sportifs qualifiés pour les jeux olympiques de Tokyo de se maintenir en forme, ainsi que la création d’un fonds spécial visant à appuyer les activités sportives partout dans le pays dans le contexte de la pandémie.  La Malaisie, a-t-il assuré, continuera à appuyer le sport comme facteur de développement durable et de promotion de la paix.

Mme ALYA AHMED SAIF AL-THANI (Qatar) a dit que le sport est très important dans son pays, avant de souligner l’apport du sport à la réalisation du Programme 2030. Elle a rappelé que le Qatar va accueillir en novembre 2022 la coupe du monde de football.  Elle a espéré que cet évènement planétaire permettra de contribuer à l’entente entre les peuples et sera neutre d’un point de vue écologique, en appelant de ses vœux « une coupe du monde verte. »  Enfin, la déléguée a insisté sur l’importance du sport afin de tenir éloignés les jeunes de toute activité délictueuse.

En ces temps particulièrement difficiles, nombreux sont ceux qui se sont tournés vers le sport pour faire face aux défis posés par les incertitudes liées à la COVID-19, a indiqué, Mme NOOR QAMAR SULAIMAN (Brunéi Darussalam), saluant la communauté sportive qui a été à la hauteur de la situation en offrant au monde entier des moyens alternatifs de pratiquer le sport en intérieur et en extérieur.  Peu après son indépendance, le Brunéi Darussalam a mis en œuvre une politique sportive nationale, qui a fait du sport un élément central et l’un des moyens les plus efficaces pour améliorer la qualité de vie.  À cet égard, notre objectif est d’inculquer à la société l’esprit et la valeur du sport pour tous, a expliqué la représentante en mettant l’accent sur l’intégration, les liens familiaux, et la sensibilisation.  De plus, et afin d’encourager une meilleure compréhension et de contribuer au maintien d’une communauté harmonieuse en Asie du Sud-Est, Brunei Darussalam a accueilli divers événements sportifs régionaux qui servent de plateforme pour promouvoir la valeur de la diversité.  Pour finir, Mme Sulaiman a réitéré l’engagement de son pays à travailler avec d’autres États Membres et des organismes régionaux et internationaux connexes pour faire progresser le sport, ce qui contribue à la réalisation des objectifs de développement durable.

Mme HAYWORTH (États-Unis) a rappelé les mesures prises dans son pays pour la promotion du sport, en particulier l’action du Council on Sports, Fitness and Nutrition établi depuis 1957 et composé d’entrepreneurs et de médecins engagés à améliorer le bien-être de la population.  Elle a insisté sur le rôle du sport dans l’unité de la culture, l’amélioration des communautés et l’esprit d’équipe pour la jeunesse.  Notant qu’une pandémie « effroyable » a touché le monde, la représentante a ajouté que le sport, déjà connu comme un « accélérateur de la paix », peut jouer un rôle précieux pour atténuer les effets de la pandémie et a félicité le Secrétaire général pour le rapport excellent publié par le groupe d’experts sur le sujet.  Elle a évoqué de nouveaux signes d’espoir s’agissant de la pandémie et s’est réjouie du « retour prochain du sport dans nos vies ».  La représentante a par ailleurs plaidé pour une plus grande autonomie du sport et pour un règlement indépendant des différends dans ce domaine, notant que ces mesures assurent une compétition équitable et évitent la radicalisation.  Elle a toutefois fait savoir que les États-Unis ne souhaitent pas adhérer à une résolution qu’ils ne reconnaissent pas, exprimant des réserves sur l’article 9, en raison de la faible autorité du Gouvernement fédéral américain sur l’enseignement et les leaders communautaires qui, aux États-Unis, sont de la responsabilité des États et des collectivités locales.

M. DAI BING (Chine) a estimé que le sport est un indicateur important du développement humain.  Alors que le monde est confronté à la pandémie de COVID-19, le sport permet de créer un bouclier contre le virus et de surmonter les effets de cette crise sanitaire, a souligné le délégué.  Dans ce contexte, l’esprit olympique demeure une aspiration forte pour les peuples du monde entier.  Il améliore en effet l’intégration sociale et contribue au développement et à la paix.  Le Gouvernement chinois accorde une grande importance au sport dans toutes ses formes et considère que le mouvement olympique est essentiel pour l’humanité.  Après avoir organisé les Jeux olympiques d’été en 2008, la Chine prépare les Jeux olympiques d’hiver prévus à Beijing en 2022.  Malgré la COVID-19, le pays mènera à bien la construction des grands stades et des installations d’ici à la fin de l’année, a-t-il assuré.  De même, la Chine s’emploie à faire en sorte que ces Jeux olympiques d’hiver respectent l’environnement, a ajouté M. Dai, précisant que toutes les infrastructures sportives seront « vertes » et utiliseront des énergies renouvelables.  Pour les quatre installations accueillant des sports de glace, les émissions de CO2 seront ainsi proches de zéro.  Ces nouvelles infrastructures permettront de faire bénéficier la population des biens du sport, chaque individu devant recueillir les retombées positives de ces Jeux, a soutenu le délégué. « Ensemble, nous devons nous efforcer d’aller plus haut, plus fort et plus vite. »  Il a enfin indiqué qu’à l’occasion de ces Jeux, le Gouvernement chinois continuera d’appliquer sa politique de tolérance zéro en matière de corruption et fera son possible pour que cette « manifestation verte » ne soit pas trop coûteuse.

Explication de vote après l’adoption

Le délégué de la République islamique d’Iran a évoqué un paragraphe de la résolution sur l’éducation physique et sportive pour tous et toutes, sans discriminations, et souligné l’importance des politiques nationales liées au sport et à l’éducation physique.  Il s’agit d’une priorité pour mon pays, a-t-il assuré.

Soixante-quinzième anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale: réunion extraordinaire solennelle en hommage à toutes les victimes de la Seconde Guerre mondiale (A/RES/75/5)

Déclarations

M. VOLKAN BOZKIR (Turquie), Président de l’Assemblée générale, a rappelé que l’ONU, née des cendres de la Seconde Guerre mondiale et de ses horreurs, n’a pas été créée pour « offrir le paradis à l’humanité mais pour préserver cette dernière de l’enfer ».  Il a évoqué le chemin qui reste à parcourir, en soulignant l’interdépendance des piliers sur lesquels reposent les activités de l’Organisation.  « Il faut en faire davantage. »  Les promesses du développement durable n’ont pas été honorées et le monde n’est pas prêt pour faire face aux pandémies ou au défi des changements climatiques, a constaté le Président.  Les horreurs de la Seconde Guerre mondiale nous obligent à mettre nos divergences de côté, a-t-il plaidé.  « Souvenons-nous des victimes de la Guerre et rassemblons-nous. »

M. ANTÓNIO GUTERRES, Secrétaire général de l’ONU, a indiqué que la célébration de ce jalon -75 années après la fin de la Seconde Guerre mondiale- ne serait pas complète si l’on ne se souvenait pas des pertes engendrées par ce conflit, qui a conduit à la formation de l’ONU elle-même: des millions de personnes tombées au combat; des millions assassinées par les nazis pendant l’Holocauste; des millions victimes du génocide, de maladies, de massacres, de bombardements et des millions affamées.  Il a encouragé à dire « plus jamais ça ».

Il était inconcevable pour les pères fondateurs que le monde laisse de nouveau arriver de telles souffrances, a dit le Secrétaire général en soulignant que la Charte des Nations Unies avait mis la prévention et le règlement pacifique des conflits au cœur de sa vision.  Il a relevé que les outils du Chapitre VI de la Charte -négociation, enquête, médiation, conciliation, arbitrage et règlement judiciaire- avaient été efficaces pour éviter une autre guerre mondiale catastrophique.  Pour la première fois dans l’Histoire, a-t-il fait valoir, 75 années sont passées sans qu’il n’y ait eu de confrontation militaire entre les grandes puissances.  Il a aussi mentionné les réconciliations facilitées par le maintien de la paix de l’ONU et les progrès accomplis avec les traités et conventions sur des questions économiques, sociales, culturelles et des droits de l’homme.

Cependant, malgré ces progrès, nous n’arrivons toujours pas à atteindre complètement les buts et principes de la Charte, a poursuivi M. Guterres en citant la crise climatique qui menace la paix et la sécurité, les inégalités croissantes, l’espace démocratique qui se réduit, les droits de l’homme qui sont attaqués, ainsi que les divisions que cause la technologie numérique.  À tout cela, il a ajouté les guerres qui persistent et qui causent des pertes immenses, sachant que les moyens de les résoudre sont à un point de rupture.  Il a aussi parlé de la pandémie de COVID-19 et de la pauvreté au niveau mondial, en augmentation pour la première fois depuis 1998.  La famine, l’inégalité de genre sont encore des problèmes mondiaux que le Secrétaire général a déplorés, d’autant qu’avec les confinements et les quarantaines, des millions de femmes se retrouvent coincées chez elles aux prises avec les personnes qui abusent d’elles.

La COVID-19 met en lumière les fragilités et les inégalités de notre monde, a résumé le Secrétaire général en prévenant que si nous n’agissons pas maintenant, le monde pourrait connaître une instabilité et des divisions plus grandes encore.

S’agissant de son appel à un cessez-le-feu mondial d’ici à la fin de l’année, M. Guterres s’est déclaré encouragé par l’appui reçu de toutes parts, notamment de 180 États Membres et organisations régionales, de 20 mouvements armés et autres groupes, et de 800 organisations de la société civile.  Près de 150 pays ont exprimé leur soutien, mais seule une minorité d’entre eux y a donné suite en termes de politiques et de financements.  Le Secrétaire général a aussi appelé à des engagements concrets contre la violence sexiste.

Les efforts pour la paix exigent une participation complète des femmes, a-t-il encore souligné.  Il faut coopérer avec toutes les parties prenantes, la société civile et le secteur privé.  Il a encouragé à tirer des enseignements de l’histoire, à reléguer le bain de sang au passé et à aller de l’avant pour prévenir les conflits et bâtir des sociétés pacifiques et résilientes.

M. MOHAMED SIAD DOUALEH (Djibouti), qui s’exprimait au nom du Groupe des États d’Afrique, a évoqué un conflit qui a provoqué des tristesses « sans nom » pour l’humanité.  Le soixante-quinzième anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale revêt une importance particulière pour l’ONU, créée juste après ce conflit brutal qui a fait des millions de victimes, a poursuivi le délégué.  Cette session extraordinaire est l’occasion de rappeler que l’Assemblée générale souhaite ardemment consentir tous les efforts nécessaires pour éviter toute souffrance humaine résultant des guerres.  Ayant survécu à la catastrophe de la Seconde Guerre mondiale, l’humanité a fait de son mieux pour trouver de nouveaux outils pour éviter que des évènements de cette ampleur ne renaissent.  C’est pour cela que l’ONU a été créée, a-t-il martelé.  « N’oublions pas les nombreux africains qui ont participé à la lutte contre l’axe lors de cette guerre: ils étaient plus d’un million à servir en tant que combattants pour les puissances coloniales. »  Aujourd’hui, plus que jamais, a conclu le représentant, nous sommes solidaires des principes fondateurs des Nations Unies qui incluent la non-agression, le règlement pacifique des différends, l’unité et l’harmonie ainsi que la coordination entre les États Membres.

M. MOHAMMED HUSSEIN BAHR ALULOOM (Iraq), qui parlait au nom des États d’Asie et du Pacifique, a rendu hommage aux millions de personnes qui ont perdu la vie et ont souffert lors de la Seconde Guerre mondiale.  Tout en commémorant leur sacrifice, il a jugé essentiel de rappeler l’importance du cadre international créé par l’ONU, dont l’objectif est de promouvoir la paix par le truchement de la solidarité.  C’est un jour de souvenir mais aussi de réaffirmation de notre responsabilité collective partagée, a souligné l’Iraq.  Toutefois, a-t-il observé, encore aujourd’hui les tragédies de la guerre ne nous épargnent pas.  Dans de nombreuses régions du monde, des peuples souffrent et ont du mal à survivre.  De plus, le terrorisme est une menace persistante, tout comme le sont les armes de destruction massive.  La résolution 75/5 de l’Assemblée générale rappelle que la Seconde Guerre mondiale a établi les circonstances propices à la création de l’ONU, qui vise non seulement à préserver le monde du fléau de la guerre mais aussi à promouvoir les valeurs démocratiques et les libertés fondamentales, a-t-il souligné, appelant l’humanité à tirer les enseignements de cet événement historique.

Pour l’Iraq, le comportement responsable doit prévaloir face aux risques de conflit et il importe de s’appuyer sur la coopération face à des défis mondiaux comme la pandémie de COVID-19.  Nous partageons la même destinée, nous devons assurer un avenir meilleur aux générations à venir, a plaidé l’Iraq, se disant convaincu que permettre la paix et la stabilité contribuent au développement.  À ses yeux, il est essentiel d’honorer les buts et principes de la Charte de l’ONU pour éviter que les erreurs du passé ne se répètent.  Dans ce cadre, les États doivent opter pour la coopération et mettre l’individu au centre de leurs politiques, a-t-il insisté, avant de saluer le soutien apporté par le Secrétaire général aux efforts tournés vers l’avenir, dans le respect des principes de souveraineté et de non-ingérence dans les affaires internes des États.  Pour le Groupe des États d’Asie et du Pacifique, la communauté internationale est aujourd’hui confrontée à deux grands défis: le terrorisme et les conflits armés.  Jugeant que la meilleure façon de les surmonter est d’utiliser les mécanismes efficaces des Nations Unies, il a appelé à un renforcement des organes de l’Organisation afin de les rendre plus adaptés à leur objectif, ce qui, selon lui, passe notamment par une réforme du Conseil de sécurité.

Au nom du Groupe de l’Amérique latine et des Caraïbes, M. WALTON ALFONSO WEBSON (Antigua-et-Barbuda) a estimé très opportun de convoquer cette réunion solennelle de l’Assemblée générale pour honorer les victimes de la Seconde Guerre mondiale et commémorer le soixante-quinzième anniversaire de la fin d’une période aussi douloureuse et sanglante qui a abouti à la défaite du nazisme, à la création de l’ONU et au début d’une nouvelle ère de foi dans un monde plus pacifique, plus digne, plus sûr et plus prospère.  Aujourd’hui, cependant, le monde est confronté à de nouveaux défis tout aussi complexes et multidimensionnels, comme la lutte contre la pandémie de COVID-19.  La Seconde Guerre mondiale a fait plus de 50 millions de victimes, occasionné d’innombrables pertes matérielles et un héritage de douleur dont les blessures ne sont pas encore complètement cicatrisées, a poursuivi la délégation.  En raison de son impact mondial, il est de la responsabilité de la communauté internationale dans son ensemble de « ne pas oublier les leçons de ce traumatisme collectif », ainsi que les terribles conséquences découlant des idéologies racistes, xénophobes, antisémites, islamophobes ou antichrétiennes.

La région de l’Amérique latine et des Caraïbes n’a pas été épargnée par le douloureux héritage de la Seconde Guerre mondiale, car, a rappelé le représentant, elle a également souffert de ses conséquences économiques, politiques, militaires et sociales.  La délégation a évoqué le soutien de cette région, qui, bien que n’étant pas directement impliquée, a fourni une « réserve morale » et, une fois la guerre terminée, ouvert ses portes à des millions de migrants et de réfugiés, survivants de la guerre qui ont activement contribué au développement économique régional et qui ont retrouvé l’espoir d’une vie meilleure après le traumatisme qu’ils ont subi.  Ce patrimoine de valeurs et de richesses culturelles est un trésor que notre région ne manquera jamais de dignifier, d’honorer et d’apprécier, a conclu M. Webson.

Au nom du Groupe des États d’Europe de l’Ouest, Mme VANESSA FRAZIER (Malte) a souhaité que cet anniversaire soit l’occasion de rendre hommage à toutes les victimes de la Seconde Guerre mondiale notamment les juifs et les autres groupes minoritaires victimes du régime nazi.  Il a souhaité que les leçons de la Seconde Guerre mondiale nous inspirent dans notre volonté de promouvoir les droits de l’homme et les valeurs associées au respect de l’être humain.   Alors que nous voyons ressurgir la menace de la xénophobie et les populismes, le Groupe des États d’Europe occidentale a dit que le mémoire de la Seconde Guerre mondiale doit nous rappeler les risques et les dangers de ces fléaux.  « Même si elles ne sont pas parfaites, les Nations Unies ont pu faire avancer les choses dans de nombreuses parties du monde », a souligné la représentante.  Alors que les principes du multilatéralisme sont remis en cause comme jamais auparavant, la délégation a souhaité que la Charte des Nations Unies soit notre principe, et le programme de développement, notre feuille de route.

Mme KELLY CRAFT (États-Unis) se sont dits fiers de se joindre à cette célébration, et ont rappelé l’énormité du bilan de 60 millions de morts pour la plupart civils, ainsi que l’Holocauste infligé aux juifs et aux Roms.  Citant l’hommage du Président Truman aux alliés et à tous ceux qui ont su préserver la flamme de la résistance, la délégation a déclaré que cette victoire était celle de la liberté contre la tyrannie.  Elle a lancé un nouvel appel à lutter contre les atrocités du monde contemporain et à tirer les leçons de l’histoire.  Elle a salué la création de l’ONU et des organisations internationales de l’après-guerre comme la base d’un monde plus juste et prospère et un facteur de développement, et noté qu’elles doivent être soutenues et financées.  En conclusion, les États-Unis ont appelé à la vigilance face aux violations de leur principes et à « en finir avec les tyrannies d’aujourd’hui ».

M. SILVIO GONZATO, de l’Union européenne, a salué le fait que, malgré des négociations pas « toujours très transparentes », un consensus ait pu être forgé s’agissant de la résolution A/RES/75/5 sur le soixante-quinzième anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale.  Nous avons la responsabilité que les atrocités de la Seconde Guerre mondiale ne se reproduisent pas, a dit la délégation, en invoquant notamment les victimes de l’Holocauste.  Les souffrances indicibles endurées ne doivent jamais être oubliées.  L’Union européenne a rappelé qu’elle est née « des cendres de la guerre », avant de réitérer l’appel du Secrétaire général pour un cessez-le-feu mondial.  Enfin, la délégation a rendu hommage aux sacrifices des forces alliées qui ont vaincu le nazisme, tout en rappelant que, pour de nombreux pays, la fin de la guerre n’a pas apporté la liberté mais la commission de nouveaux crimes contre l’humanité.

M. MAHMADAMIN MAHMADAMINOV (Tadjikistan), qui s’exprimait au nom de plusieurs délégations, a estimé qu’en cette année où nous célébrons le soixante-quinzième anniversaire d’un conflit sanglant, notre devoir était de rendre hommage aux personnes qui, au prix de leur vie, ont libéré l’Europe et le monde du joug nazi.  La victoire des alliés est un « cadeau » à l’humanité, a-t-il affirmé, renvoyant au verdict du procès de Nuremberg qui a consacré la victoire contre un système ignominieux.  Il a cependant mis en garde contre une résurgence de la xénophobie, du révisionnisme, du racisme ainsi que contre les tentatives d’apologie du nazisme et du néo-nazisme afin de glorifier le passé ou le mouvement nazi.  Il a aussi vivement condamné tous ceux qui ont commis des crimes de guerre, ainsi que ceux qui en font l’apologie et qui érigent des mémoriaux en leur honneur.  Il a appelé à soutenir la résolution annuelle sur la lutte contre l’apologie du nazisme et du néonazisme et toutes pratiques prônant le racisme, la discrimination raciale, l’intolérance et toute autre forme d’agissements inhumains.  Le Tadjikistan a enfin encouragé à soutenir les traditions à la mémoire des vainqueurs.

S’exprimant au nom d’un groupe de pays, M. VASSILY A. NEBENZIA (Fédération de Russie), a estimé que la victoire sur le nazisme, il y a 75 ans, est l’héritage commun de l’humanité et « un monument en l’honneur de l’unité des peuples confrontés à un mal sans précédent ».  Appelant à chérir à jamais la mémoire de ceux qui ont sacrifié leur vie au nom de la victoire, la délégation a assuré que « nous n’oublierons jamais le grand sacrifice des peuples de l’Union soviétique », 27 millions de citoyens morts dans cette guerre d’extermination, dont les deux tiers étaient des civils.  Son représentant a également rendu hommage au sacrifice et au courage du peuple chinois, qui a perdu plus de 35 millions de soldats et de civils et a apporté des contributions historiques à la victoire de la guerre antifasciste mondiale en tant que « principal champ de bataille en Asie ».  Il a ensuite salué la résilience et la bravoure de tous les Européens qui ont résisté au nazisme, évoquant la valeur des soldats de la coalition alliée.  Le but de cette commémoration n’est pas de perpétuer la haine, a-t-il dit, mais de « tirer une leçon de l’histoire, de regarder vers l’avenir et de sauvegarder ensemble la paix ».

Rappelant que, le 20 novembre, était célébré le soixante-quinzième anniversaire de la création du Tribunal de Nuremberg, lequel a servi de modèle au Tribunal militaire international pour l’Extrême-Orient, la Fédération de Russie a regretté que, de nos jours, il y ait des tentatives « honteuses » de réécrire l’histoire de la Seconde Guerre mondiale et que de faux récits nient l’histoire de l’agression, voire même glorifient la guerre et le joug colonial.  Cela n’a, selon la délégation, aucune justification, quel que soit le raisonnement politique ou géopolitique qui sous-tend ces agissements.  « Ceux qui les commettent n’effaceront jamais le verdict incontestable de l’histoire », a martelé le représentant, jugeant que la responsabilité principale de prévenir et de combattre la propagation du néonazisme incombe aux États.  À cette aune, la communauté internationale doit rester vigilante et unie pour supprimer tout embryon d’idéologie nazie et empêcher la répétition des massacres de guerre.  C’est dans cet esprit qu’est présentée chaque année la résolution de l’Assemblée générale intitulée « Lutte contre la glorification du nazisme, du néonazisme et d’autres pratiques qui contribuent à alimenter les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l’intolérance qui y est associée ».

M. SERGIY KYSLYTSYA (Ukraine) a rappelé les divisions du continent européen qui ont découlé du pacte Molotov-Ribbentrop conclu par « deux dictatures », pacte qui a été la première étape d’un plan dont les Ukrainiens et les Polonais ont été les victimes.  Les troupes nazies ont massacré des dizaines de milliers d’Ukrainiens, en 1941, au fur et à mesure de leur avancée avant que ce ne soit le tour, en 1944, des troupes soviétiques qui ont brûlé ce qui restait de l’Ukraine.  La délégation a vivement déploré les suppressions faites au texte en discussion, en ajoutant que, dans sa première version, il faisait référence aux conflits qui déchirent encore l’Europe aujourd’hui.  La fin de la Seconde Guerre mondiale a eu des conséquences pour les pays de notre région, avec des divisions de l’Europe, a rappelé l’Ukraine.  Seul l’établissement des responsabilités nous permettra de rendre hommage aux victimes, a déclaré l’Ukraine.  Enfin, M. Kyslytsya a souligné la réémergence en Europe du totalitarisme, de la xénophobie et du racisme.

Mme MARINA IVANOVIC (Serbie) a rappelé que la victoire des alliés s’est traduite par la création de l’ONU pour modeler la structure même des relations internationales afin de promouvoir un nouvel ordre mondial propice à une paix durable.  Elle a rappelé que la Yougoslavie a beaucoup souffert de la Seconde guerre mondiale.  La déléguée a mis l’accent en particulier sur le « sacrifice » de la communauté serbe avant de regretter que certains aient essayé récemment de nier les crimes de guerre.  Mme Ivanovic a dit l’obligation morale de tous les États et de tous les acteurs de la communauté internationale d’honorer les victimes de la Seconde Guerre mondiale et de tirer les enseignements de la guerre la plus destructrice de l’histoire de l’humanité.

L’Inde a tout d’abord rappelé que ses soldats avaient participé aux efforts de guerre.  Elle a estimé choquant que, malgré leur contribution aux guerres du monde colonial, des milliers de volontaires n’aient pas été reconnus comme il se doit.  La Seconde Guerre mondiale reste à ses yeux, l’engagement militaire le plus important de l’histoire du sous-continent indien.  L’armée indienne était la force volontaire la plus importante de l’histoire: 87 000 personnes ou disparues, a dit la délégation.  « Nous ne pouvons pas oublier les sacrifices de nos frères et sœurs asiatiques, africains et arabes qui se sont battus et qui sont morts pour la liberté des puissances alliées, même si ces pays étaient sous occupation coloniale, a-t-elle lancé.

Mme NOUR ALI (République arabe syrienne) a souligné que la communauté mondiale commémore en ce jour un événement historique qui a changé la face du monde. Aujourd’hui, nous nous souvenons des victimes de cette guerre sans équivalent, qui a modifié la trajectoire du monde et le destin des peuples.  L’une des conséquences de la fin de la Seconde Guerre mondiale a été la naissance de l’ONU, a rappelé la délégation, affirmant que la Charte de l’Organisation est venue concrétiser les principes sur lesquels doivent être bâties les relations internationales, à commencer par la souveraineté et l’intégrité territoriale des États.  Après la victoire contre le nazisme, nous nous sommes fait la promesse d’éviter une autre guerre mondiale, nous avons pris l’engament de respecter les droits de l’homme et les libertés fondamentales, a ajouté la Syrie, estimant que « réinterpréter l’histoire est dangereux » car cela touche aux fondations de l’ordre mondial et encourage le racisme et la xénophobie.  La mauvaise interprétation faite par certains États qui nient ce qu’a présenté la Fédération de Russie doit être condamnée, a martelé la délégation.  Elle a notamment regretté les attaques perpétrées contre des monuments historiques en hommage à ceux qui ont fait la guerre avec les alliés, avant de dénoncer par extension ceux qui nient la menace du terrorisme ou l’attisent.  Cette dégradation de la conscience mondiale est préoccupante, a-t-elle conclu, appelant la communauté internationale à travailler de concert pour faire face aux défis et éviter des souffrances, telles que celles vécues pendant la Seconde Guerre mondiale.

M.YAŞAR ALIYEV (Azerbaïdjan) a déclaré que les victimes de la Seconde Guerre mondiale ne doivent pas sombrer dans l’oubli.  « Chaque famille dans mon pays a été touchée, même si les hostilités ne sont pas produites sur son territoire », a déclaré le représentant.  Près de 600 000 Azerbaïdjanais ont été mobilisés et la moitié ont perdu la vie.  Certains ont été membres de la résistance en France, en Pologne et en Yougoslavie.  Bakou a fourni 80% du pétrole utilisé par l’URSS pendant la Guerre, a ajouté l’Azerbaïdjan.  M. Aliyev a appelé à des efforts supplémentaires pour mettre fin à l’impunité.

M. BAKHTIYOR IBRAGIMOV (Ouzbékistan) a rappelé que les peuples des anciennes républiques soviétiques ont lutté et souffert terriblement de cette guerre, pendant laquelle 500 000 citoyens ouzbeks ont perdu la vie.  Le pays a accueilli 1,5 million de réfugiés, dont 2 000 enfants qui ont été traités comme ses propres enfants.  La victoire appartient à l’humanité toute entière et sa mémoire doit être préservée pour édifier les générations futures, a déclaré la délégation, avant d’appeler à renforcer l’ONU pour garantir la paix.

M. MHER MARGARYAN (Arménie) a rappelé que 600 000 Arméniens avaient participé à la Seconde Guerre mondiale, dont la moitié n’étaient jamais rentrés.  La délégation a salué l’adoption en 1945 de la Charte des Nations Unies qui édicte des principes pour la promotion d’un ordre mondial plus juste.  Notant que l’humanité est toujours le témoin de politiques de haine, l’Arménie a appelé à s’opposer aux discours de haine et à promouvoir le règlement des différends sans recours à la force.

M. XOLISA MFUNDISO MABHONGO (Afrique du Sud) a souligné que la victoire de la Seconde Guerre mondiale avait eu un impact sur la décolonisation et ouvert la voie à l’intensification de la lutte contre l’apartheid.  Elle a fait savoir qu’il y a 11 000 tombes de soldats sud-africains inconnus à travers les champs de bataille de la Seconde Guerre mondiale.  Pour éviter de nouvelles guerres, l’Afrique du Sud a appelé à promouvoir sans faille le multilatéralisme et à lutter contre l’unilatéralisme étroit de certains États.

M. ARTSIOM TOZIK (Bélarus) a dit que l’humanité doit se souvenir de la Seconde Guerre mondiale pour éviter qu’elle ne se reproduise.  Il a mis l’accent sur le devoir de mémoire pour ne pas oublier les millions de victimes qui ont trouvé la force de résister et de lutter contre le nazisme.  À ses yeux, l’existence de nombreuses armes de destruction massive semble démontrer que les leçons de la Seconde Guerre mondiale n’ont pas été retenues. 

Mme NOA FURMAN (Israël) a rendu hommage aux millions de morts de la Seconde Guerre mondiale, dont notamment 20 millions de Russes, et salué les alliés autant que l’entente des grandes puissances qui ont assuré la victoire.  La représentante a déclaré que pour le peuple juif, cette guerre représentait l’holocauste, l’assassinat d’un tiers de la population juive dont 1,2 million d’enfants.  Rappelant une époque où une personne était réduite à un chiffre au lieu d’être un père ou un fils, elle a mis en garde contre le risque de voir le temps effacer l’Histoire et souligné le devoir de mémoire.  Or, s’est inquiété Israël, la liberté est de plus en plus attaquée en Europe et dans le monde, où « nous entendons des chants contre les juifs, voyons des synagogues attaquées, les juifs craindre de se déplacer dans les rues en portant les signes de leur foi ».  Citant Menahem Begin, la représentante a dit: « si l’ennemi essaie de nous détruire, les vivants ne doivent pas douter.  Plus jamais le monde ne croira que le peuple juif puisse se laisser encercler et massacrer ».  La déléguée, en conclusion, a déclaré qu’une génération s’est sacrifiée pour défendre les valeurs de démocratie et de liberté et que « nous devons nous battre pour les préserver ».

Le fascisme basé sur la suprématie raciale a essayé d’imposer une idéologie totalitaire à travers le monde, a fait observer M. SAAD AHMAD WARRAICH (Pakistan).  Des millions de vie ont été perdues dans cette quête inouïe de domination mondiale.  Des grands déserts du Moyen-Orient à l’Afrique et l’Asie, de nombreuses régions sont passées sous le joug du colonialisme.  Alors que nous rendons hommage aux victimes de la Seconde Guerre mondiale, la délégation a appelé à réfléchir aux leçons du conflit.

Rapport de la Commission de vérification des pouvoirs

L’Assemblée générale a adopté sans vote le rapport de la Commission de la vérification des pouvoirs (A/75/606), présenté par le Président de celle-ci, qui contient la résolution intitulée « Pouvoirs des représentants à la soixante-quinzième session de l’Assemblée générale », que la Commission avait adoptée sans mise aux voix.  Le rapport précise que les États-Unis ont déclaré ne pas s’être associés à l’adoption de la résolution de la Commission uniquement pour ce qui est de l’acceptation des pouvoirs présentés par le représentant de M. Nicolas Maduro au nom de la République bolivarienne du Venezuela.  Il rapporte aussi que la Fédération de Russie a félicité le Président Maduro pour son anniversaire.

Explication de vote après l’adoption du rapport

Le Pérou, qui s’exprimait au nom des pays membres du Groupe de Lima et d’autres pays, a estimé que le rapport ne devait pas être interprété comme étant comme une reconnaissance tacite du « régime » de Nicolas Maduro, car 50 États ne le reconnaissent pas comme président légitime du Venezuela mais reconnaissent Juan Guaido.

La République islamique d’Iran a exprimé ses réserves sur des parties du rapport susceptibles d’être interprétées comme une reconnaissance du régime israélien.

Le Venezuela a remercié l’Assemblée générale d’avoir accepté les pouvoirs du pays comme reconnaissance de son gouvernement.  Il a en revanche dénoncé l’utilisation faite de l’Assemblée générale pour s’en prendre à un État souverain.  Aujourd’hui, a-t-il dit, cette pratique illégale cautionnée par certains États a échoué.  Selon la délégation, les États-Unis ont mené une opération de type colonial contre le Venezuela en encourageant une tentative de coup d’État et en menaçant de mener une attaque terrestre avec le recours de mercenaires.  De plus, Washington a gelé les comptes internationaux du Venezuela pour empêcher des livraisons de médicaments alors que la pire pandémie fait rage dans le monde. Ironiquement, a-t-elle ajouté, ce qui a commencé par une tentative de coup de force au Venezuela s’achève par une tentative de coup d’État du Président Trump, qui ne reconnaît pas la volonté exprimée par son propre peuple.  Dimanche prochain, des élections libres se tiendront au Venezuela, a conclu la délégation en espérant que la minorité de pays qui ont accompagné l’opération coloniale des États-Unis reconnaîtront leur erreur.

Le Nicaragua a déclaré que le Venezuela avait un seul Gouvernement et un seul Président, Nicolas Maduro.  Son peuple prend ses décisions souverainement, a-t-il ajouté.

CULTURE DE PAIX

Rapport du Secrétaire général A/75/233

Mme RABAB FATIMA (Bangladesh) a présenté le projet de résolution (A/75/L.28) intitulé « Suite donnée à la Déclaration et au Programme d’action en faveur d’une culture de paix » au nom des 98 coauteurs.  Elle a indiqué qu’en raison des restrictions liées à la pandémie de COVID-19, il a été décidé de procéder à une mise à jour technique du texte de l’an dernier, avec quelques ajouts relatifs aux échanges menés de manière numérique.  Se félicitant que le forum de haut niveau ait reconnu l’importance de la culture de paix, la représentante a noté qu’après la tenue du vingtième anniversaire de la Déclaration et du Programme d’action en faveur d’une culture de paix, le projet de résolution de cette année demande de réfléchir à un forum de haut niveau en septembre 2021 et d’en faire un succès retentissant.  Pour le Bangladesh, la notion de culture de paix, née en 1999, s’est transformée en un thème dominant reconnu dans les enceintes des Nations Unies et vient aujourd’hui appuyer le concept de maintien de la paix.  Pendant la pandémie, alors que l’intolérance va croissante, ce concept n’a fait qu’augmenter en importance, a souligné Mme Fatima, se réjouissant du grand nombre de coauteurs de ce texte, ce qui prouve, selon elle, que la communauté internationale veut défendre l’objectif international de la culture de la paix.  Elle a appelé à une adoption consensuelle de cette résolution.

Déclarations

M. RONALDO COSTA FILHO (Brésil) s’est exprimé au nom des membres de l’Alliance internationale pour la liberté religieuse, réseau de pays pleinement attachés à la liberté de religion ou de foi dans le monde, dont le travail est fondé sur le principe que tous les droits fondamentaux sont universels, indivisibles et inaliénables.  Plus de 80% des populations vivent dans des pays où ces formes de libertés sont limitées, raison pour laquelle l’Alliance continuera à les défendre, a assuré le représentant.  Il a indiqué notamment que l’Alliance continuera à défendre le droit à changer de foi, à ne pas en avoir et le droit de lutter contre toutes formes de persécution, où qu’elles soient menées.

Au nom de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), Mme NOOR QAMAR SULAIMAN (Brunei Darussalam) a reconnu la nécessité, dans un monde aux nombreux défis, d’institutionnaliser une culture de prévention en s’attaquant aux causes profondes de la violence, de l’extrémisme et d’autres formes de violences.  C’est dans ce contexte, a-t-elle expliqué, que les États de l’ASEAN ont adopté, lors du trente et unième Sommet de l’ASEAN en 2017, une Déclaration sur la culture de prévention pour une société pacifique, inclusive, résiliente, saine et harmonieuse.  La Culture de prévention de l’ASEAN s’appuie sur six axes clefs pour la promotion d’une culture de paix et de compréhension interculturelle; d’une culture de respect pour tous; d’une culture de la bonne gouvernance à tous les niveaux; d’une culture de résilience et de soins pour l’environnement; d’une culture prônant un mode de vie sain; et d’une culture valorisant la modération.

Mettant l’accent sur la complémentarité entre la vision communautaire de l’ASEAN 2025 et le Programme de développement durable à l’horizon 2030, elle a indiqué que les six axes de la Culture de prévention de l’ASEAN ont été alignés sur les 17 objectifs de développement durable (ODD), notamment ceux liés à l’éducation, l’autonomisation des jeunes et l’éradication de la pauvreté.  « Pour poursuivre la mise en œuvre de la Déclaration sur la culture de prévention, l’ASEAN a adopté un plan d’action sur la culture de prévention en 2019 », a-t-elle aussi signalé avant de souhaiter que ces initiatives favorisent une approche inclusive, fondée sur des communautés centrées sur les personnes.

« La culture de prévention de l’ASEAN est notre contribution au développement de la Culture de la Paix », a encore dit Mme Sulaiman avant de souligner l’importance de la coopération internationale et du multilatéralisme, qui sont plus importants que jamais du fait des contraintes liées à la pandémie de COVID-19.  Elle a assuré de l’engagement de l’ASEAN à promouvoir, avec ses partenaires internationaux, une culture de paix, de sécurité, de stabilité et de prospérité par le biais d’instruments clefs tels que le Traité d’amitié et de coopération dans le Sud-Est de l’Asie (TAC) et le Traité sur la zone exempte d’armes nucléaires de l’Asie du Sud-Est (SEANWFZ); les mécanismes dirigés par l’ASEAN tels que le Sommet de l’Asie de l’Est (SEA), le Forum régional de l’ASEAN et les réunions des ministres de la défense de l’ASEAN.

M. MOHAMED A. A. MOHAMED (Libye) a dressé le bilan de l’action de l’ONU dans le domaine de la promotion d’une culture de paix et de la lutte contre les discours de haine.  Nous avons des outils à notre disposition, tels que le plan d’action pour la défense des sites religieux, a-t-elle dit.  « La liberté de religion ne doit pas être un prétexte pour insulter les religions », a poursuivi le délégué.  La Libye a ensuite souligné l’importance de l’appel lancé par le Secrétaire général aux dignitaires religieux pour promouvoir la tolérance et dénoncer les discriminations.  Elle a souhaité une sensibilisation des médias en vue de la diffusion de messages de solidarité et de tolérance.  Évoquant la situation fragile en Libye, son représentant a encouragé les journalistes et les médias à choisir la modération et la tolérance et à rejeter tous les discours qui pourraient saper la cohésion de la société libyenne.

M. AZRIL BIN ABD AZIZ (Malaisie) a fait remarquer que durant la crise de COVID-19, « nous avons trouvé espoir et résolution en nous même, quand l’humanité s’est rassemblée dans un effort mondial pour combattre la pandémie ».  Par l’unité et le multilatéralisme, nous espérons combattre ce nouvel ennemi commun, a-t-il ajouté.  Mais le représentant a noté que cette crise avait aussi été marquée par une augmentation des attaques racistes, des violences xénophobes, de la discrimination et des discours de haine, et qu’aujourd’hui, ce n’est pas la santé seulement qui est assiégée, mais aussi la paix elle-même.

La Malaisie fait l’éloge de la force morale des Malaisiens, qui inclut l’acceptation des différences et des particularités, la tolérance et la bonne entente entre des groupes, des religions et des fois différentes.  Nous avons aussi appris à aimer et apprécier la diversité et le caractère unique d’États qui composent la communauté internationale a déclaré le délégué avant d’expliquer le succès de la création de la nation Malaisienne qui repose sur l’avancement des droits de l’homme et de l’état de droit, et sur une approche holistique des droits de l’homme.  Selon la Malaisie, dans la constellation des droits de l’homme, si l’un de ces droits est recherché plus qu’un autre, les autres droits sont éclipsés.  La liberté d’expression, par exemple, ne devrait pas usurper la liberté religieuse et vice versa.  La Malaisie a regretté que cet équilibre a été mis en cause à l’ONU par certaines délégations qui ont promu des droits aux dépens des autres.

Le représentant a jugé important « de s’élever au-dessus de la haine et de la peur et poursuivre notre engagement à promouvoir des interactions positives entre les nations et les peuples aux cultures et valeurs différentes », appelant les États Membres à maintenir une culture de paix et empêcher d’agir des individus et groupes irresponsables qui profitent du désespoir de la pandémie pour répandre le racisme, les discours de haine, la discrimination et la xénophobie.

La délégation a exhorté les États Membres à se réengager en faveur des principes de la Déclaration et du programme d’action pour une culture de paix.  Elle a réitéré son soutien au Plan d’action sur les crimes motivés par la haine et salué le travail de l’Alliance des Civilisations.

M. SAMUEL MONCADA (Venezuela) a dit que la pandémie de COVID-19 a démontré la nécessité de revitaliser l’alliance internationale pour la bonne utilisation des ressources, notamment celles nécessaires au renforcement de nos systèmes.  Il a fustigé les pressions exercées contre son pays par les États-Unis qui ont saisi l’opportunité de la pandémie pour porter atteinte à la souveraineté du Venezuela.  La délégation a également reproché aux États-Unis d’empêcher son pays d’acheter des médicaments et des instruments de dépistage du virus.

M. AHMED DAWOOD ALI AL ZADJALI (Oman) a souligné que la culture de la paix occupe une place de choix dans la politique de son gouvernement.  Il a salué la déclaration du Secrétaire général relative à la promotion d’une culture de paix à travers le monde.  D’ailleurs, a poursuivi la délégation, la Charte des Nations Unies confirme l’importance de la paix et exhorte les États Membres à s’abstenir de toute ingérence dans les affaires internes des États.  Pour finir, M. Al Zadjali a souligné que, sur la base de « notre conviction » de l’importance de la paix, le Sultanat en a fait une composante essentielle de sa politique étrangère.

Selon le Koweït, la communauté internationale fait face aujourd’hui, plus qu’avant, à des défis sans précédent, aggravés par la pandémie.  Cette dernière a clairement montré la recrudescence des formes de haine et de racisme, couplées à d’autres phénomènes déjà connus, tels que le terrorisme, le fanatisme ou l’extrémisme violent.  Pour cette raison, la délégation a appuyé l’appel du Secrétaire général visant à l’adoption de cessez-le-feu à l’échelle mondiale, afin, de se concentrer sur la lutte contre la pandémie et ses conséquences.  À l’inverse, la délégation a estimé que l’on ne pourrait parvenir à la paix dans ce contexte.

Le Koweït a en outre réitéré sa ferme condamnation du terrorisme, en déclarant qu’il ne peut s’appuyer sur aucune religion, ni être attribué à quelque religion que ce soit.  Dans le même sens, la délégation a appelé à l’arrêt des discours de haine religieuse, qui ne font que porter atteinte à l’objectif de dialogue et de tolérance.

Singapour a souligné que la pandémie de COVID-19 a mis en évidence les vulnérabilités, les inégalités et l’intolérance croissantes ainsi que les tensions sociales dans de nombreux pays.  Face à cette menace complexe et multidimensionnelle, il est plus important que jamais, à ses yeux, d’œuvrer en faveur d’une culture de paix en tant que fondement essentiel de la coopération multilatérale, mondiale et régionale.  Citant le Secrétaire général, la délégation a jugé l’engagement en faveur de la paix important pour la réalisation du Programme de développement durable à l’horizon 2030, en particulier dans le contexte mondial actuel.  Singapour est convaincu que le renforcement de la cohésion sociale par l’établissement de liens de confiance et de compréhension qui permettent de surmonter les différences raciales, sociales et culturelles, est essentiel à un environnement mondial plus pacifique et plus stable.  Sa représentante a rappelé que Singapour a accueilli la première Conférence internationale sur les sociétés cohésives en 2019, l’occasion pour plus d’un millier de délégués venus de près de 40 pays de débattre de questions relatives à la foi et à l’identité et de s’engager à préserver l’harmonie religieuse dans le monde entier.

Mme ALYA AHMED SAIF AL-THANI (Qatar) a dénoncé les discours provocateurs visant plus de deux milliards de musulmans dans le monde, ainsi que la « diffamation délibérée » de leurs symboles religieux.  Elle a déclaré que son pays veille à mener une politique impartiale et équilibrée sur le plan international, en mettant l’accent sur le règlement des conflits, comme l’atteste l’accueil à Doha des négociations intra-afghanes.  En conclusion, la représentante a estimé que le blocus injuste imposé à son pays depuis trois ans désormais est une violation flagrante de la Charte des Nations Unies.

Pour M. PEDRO LUIS PEDROSO CUESTA (Cuba), la pandémie de COVID-19 a ajouté de nouveaux défis à la communauté internationale et montré le caractère injuste du système international qui privilégie les pays riches et ne fait qu’accroître les carences des pays pauvres.  « Cela est un paradoxe inacceptable », a-t-il martelé.  Il a dénoncé les mesures coercitives unilatérales, pourtant contraires à la Charte des Nations Unies, qui ont été renforcées en période de pandémie, entravant la capacité des États à faire face à la crise sanitaire.  De plus, la délégation s’est élevée contre « l’égoïsme » qui a prévalu parmi les plus riches qui se sont lancés dans une concurrence pour s’accaparer les moyens et les technologies pour faire face à la pandémie.  Pour finir, Cuba, qui reste pleinement attachée à la paix, a dénoncé le blocus économique et financier imposé par les États-Unis.

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