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AG/12283
11 novembre 2020
Soixante-quinzième session, 23e séance plénière - matin

Assemblée générale: l’AIEA présente son rapport annuel et met l’accent sur les dossiers nucléaires de l’Iran et de la RPDC mais aussi sur la lutte contre la COVID-19

M. Rafael Mariano Grossi, « premier latino-américain » à diriger l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), a présenté aujourd’hui à l’Assemblée générale son rapport d’activités, en s’attardant sur les dossiers nucléaires de l’Iran et de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) mais aussi sur la contribution de son Agence à la lutte contre la COVID-19, dont le lancement du projet d’action intégrée contre les zoonoses (ZODIAC).

Avant de réaffirmer « son appui énergique » à l’Agence pour le rôle incontournable qu’elle joue en encourageant et en facilitant la mise au point et l’application pratique des utilisations de l’énergie atomique à des fins pacifiques et en favorisant le transfert de technologies aux pays en développement ainsi que la sûreté, la vérification et la sécurité nucléaires*, l’Assemblée générale a d’abord entendu M. Rafael Mariano Grossi dont c’était la première apparition.

Le Directeur général a indiqué que l’AIEA continue de vérifier le non-détournement des matières nucléaires déclarées par l’Iran, dans le cadre du Plan d’action global commun (PAGC).  Les évaluations se poursuivent, a déclaré M. Grossi, qui s’est rendu à Téhéran en août pour des discussions avec le Gouvernement, lesquelles ont abouti à un accord permettant l’accès des inspecteurs de l’AIEA à deux sites.  Les échantillons prélevés sont en cours d’analyse.  Le Directeur général s’est ainsi félicité de l’accord entre son Agence et l’Iran qui, a-t-il espéré, « renforcera la coopération et la confiance mutuelle ».

L’Union européenne (UE) s’est tout de même inquiétée des activités d’enrichissement d’uranium à la centrale de Fordow, et de l’expansion de la « recherche et développement » sur les centrifugeuses.  De telles activités sont « incompatibles » avec le PAGC, a fait observer l’UE, en exhortant l’Iran à respecter ses engagements.  Nous avons à nous seuls, a répondu ce dernier, reçu 22% des inspections menées par l’Agence dans le monde.  L’Iran a réitéré ses « droits inaliénables » en vertu du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) et a rejeté les « tentatives systématiques » de limiter ces droits.  Le retrait des États-Unis du PAGC, en 2018, et la réimposition de sanctions « illégales », s’est-il expliqué, nous empêchent de jouir de nos droits.  Outre le « problème » d’Israël dans la région, l’Iran a soulevé celui de l’Arabie saoudite et le manque de transparence entourant son programme nucléaire.  Ces propos ont valu à l’Iran un droit de réponse du représentant saoudien.

Appelant avec d’autres à la création d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient, la Syrie a insisté pour qu’Israël offre enfin aux experts de l’AIEA l’accès à son territoire pour enquêter sur la destruction de son site de Deïr el-Zor en 2008.  On ne peut pas se dire attaché au statut de l’AIEA et continuer de fermer les yeux sur la destruction de ce bâtiment, a lancé la Syrie à la communauté internationale, non sans rappeler qu’elle a adhéré au TNP dès 1968, bien avant de nombreux pays européens

Autre sujet de tensions internationales, les activités nucléaires de la RPDC ont été décrites comme « très préoccupantes » par l’AIEA.  Son Directeur général a appelé la RPDC à coopérer rapidement à la mise en œuvre complète et effective du TNP et à résoudre toutes les questions en suspens, en particulier celles qui se sont posées en l’absence des inspecteurs de l’Agence dans le pays.  Il n’y aura aucune coopération de notre part tant que l’AIEA sera « partiale » et restera « otage de puissances hostiles », a martelé la RPDC.

Des frictions liées à la production de l’énergie atomique se sont aussi manifestées entre États Membres.  La Lituanie a contesté les assurances du Bélarus selon lesquelles la création de sa centrale nucléaire répond en tous points aux recommandations de l’AIEA. L’Ukraine, qui a perdu des installations nucléaires, compte tenu de l’« occupation russe » en Crimée, a dit craindre que la Fédération de Russie ne déploie son arsenal nucléaire dans cette zone qu’elle veut transformer en « énorme base militaire ».  « Pure provocation », a tranché la représentante russe.

En revanche toutes les délégations se sont mises d’accord pour saluer le travail de l’AIEA, le Mexique se félicitant de voir le « premier latino-américain » à la tête de l’Agence.  Le Directeur général a évoqué les conditions de travail exceptionnelles de l’année écoulée, qui ont donné lieu à la « plus grande opération de son histoire », pour aider les pays à lutter contre la COVID-19, avec près de 1 500 lots de matériel de détection et de diagnostic, ainsi que d’autres fournitures, livrés à quelque 125 pays.

L’AIEA a aussi proposé un nouveau projet d’action intégrée contre les zoonoses, appelé ZODIAC, pour aider le monde à se préparer aux futures pandémies, grâce à un « réseau mondial de laboratoires nationaux de diagnostic pour le suivi, la surveillance, la détection précoce et le contrôle des maladies animales transmissibles aux humains ».  L’énergie nucléaire, a souligné le Directeur général, fait partie de la solution au Programme de développement durable à l’horizon 2030.  Les dernières projections annuelles de l’AIEA montrent que l’énergie nucléaire continuera à jouer un rôle clef dans le bouquet énergétique mondial à faible émission de carbone; l’électricité nucléaire « devant presque doubler d’ici à 2050 dans notre scénario optimiste ».  Le Directeur général s’est aussi enorgueilli du programme de bourses Marie Skłodowska-Curie de l’AIEA », qui soutiendra les chercheuses inscrites dans un master en sciences, technologies, sûreté, sécurité ou non-prolifération nucléaires.

L’Assemblée générale, qui a tenu une autre séance publique cet après-midi pour élire des juges à la Cour internationale de justice (CIJ), se réunira de nouveau demain, jeudi 12 novembre, à partir de 15 heures, pour se pencher sur la revitalisation de ses travaux. 

* A/75/L.9

RAPPORT DE L’AGENCE INTERNATIONALE DE L’ÉNERGIE ATOMIQUE - A/75/303, A/75/L.9

M. RAFAEL MARIANO GROSSI, Directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), a décrit une année 2020 « sans précédent » durant laquelle l’Agence a passé plusieurs mois en isolement à partir du mois de mars à cause de la pandémie de COVID-19.  Nombre de ses activités, telles que la formation de scientifiques, de médecins et d’ingénieurs dans les pays en développement à l’utilisation des technologies nucléaires pertinentes, ont été déplacées en ligne.

L’AIEA a continué à mettre en œuvre des garanties dans le monde entier pour empêcher le détournement de matières nucléaires.  La « plus grande opération de l’histoire de l’Agence » a été lancée pour aider les pays à lutter contre le coronavirus: près de 1 500 lots de matériel de détection et de diagnostic, ainsi que d’autres fournitures, ont été livrés à quelque 125 pays.

L’AIEA a proposé un nouveau projet d’action intégrée contre les zoonoses (ZODIAC), pour aider le monde à se préparer aux futures pandémies.  Le projet ZODIAC établira un réseau mondial de laboratoires nationaux de diagnostic pour le suivi, la surveillance, la détection précoce et le contrôle des maladies animales transmissibles aux humains.

Les États membres auront accès à des équipements nucléaires ou dérivés, à des ensembles de technologies, à l’expertise, aux conseils et à la formation.  Les décideurs recevront des informations actualisées et conviviales qui leur permettront d’agir rapidement.  Dans le cadre du projet ZODIAC, l’AIEA travaillera en étroite collaboration avec des partenaires tels que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et l’Organisation mondiale de la santé animale (OIW).  M. Grossi a encouragé tous les États Membres à soutenir cette importante initiative.

Concernant le Plan d’action global commun (PAGC) sur le dossier nucléaire iranien, l’AIEA continue de vérifier le non-détournement des matières nucléaires déclarées par l’Iran dans le cadre de son accord de garanties.  « Les évaluations se poursuivent », a déclaré M. Grossi, qui s’est rendu à Téhéran en août pour des discussions avec le Président iranien et d’autres hauts responsables.  Ils sont parvenus à un accord sur le règlement de certaines questions relatives à la mise en œuvre des garanties, notamment l’accès des inspecteurs de l’AIEA à deux sites qui présentent un intérêt particulier.

Des inspections ont eu lieu depuis lors dans ces deux endroits, a expliqué M. Grossi, et des échantillons environnementaux prélevés par les inspecteurs sont en cours d’analyse.  Le Directeur général s’est félicité de l’accord entre l’Agence et l’Iran, qui, a-t-il espéré, renforcera la coopération et la confiance mutuelle.

L’Agence continue à surveiller le programme nucléaire de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), en utilisant des informations de source ouverte, y compris des images satellites.  Les activités nucléaires de la RPDC restent « très préoccupantes », a déclaré M. Grossi, pour qui la poursuite du programme nucléaire constitue « une violation manifeste » des résolutions du Conseil de sécurité.

Il a appelé la RPDC à honorer les obligations qui lui incombent en vertu de ces résolutions, à coopérer rapidement à la mise en œuvre complète et effective du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) et à résoudre toutes les questions en suspens, en particulier celles qui se sont posées en l’absence des inspecteurs de l’Agence dans le pays.  L’AIEA est prête à jouer son rôle essentiel dans la vérification du programme nucléaire de la RPDC, a affirmé le Directeur général.

Selon M. Grossi, l’énergie nucléaire fait partie de la solution à la crise climatique: les 443 réacteurs nucléaires en service dans 32 pays fournissent aujourd’hui une capacité installée d’environ 390 gigawatts, soit plus de 10% de l’électricité mondiale, mais environ un tiers de toute l’électricité à faible teneur en carbone.  Sans l’énergie nucléaire, les émissions mondiales de CO2 seraient considérablement plus élevées.

Cinquante-quatre réacteurs sont en construction dans 19 pays et devraient fournir 57 gigawatts de capacité supplémentaire.  Les dernières projections annuelles de l’AIEA montrent que l’énergie nucléaire continuera à jouer un rôle clef dans le bouquet énergétique mondial à faible émission de carbone; l’électricité nucléaire « devant presque doubler d’ici à 2050 dans notre scénario optimiste ».  M. Grossi a aussi qualifié la lutte contre les changements climatiques de « moteur » pour l’utilisation de l’énergie nucléaire.

Attachant une grande importance à l’augmentation de la proportion de femmes qui travaillent pour l’Agence, M. Grossi a lancé le programme de bourses Marie Skłodowska-Curie de l’AIEA », qui soutiendra les chercheuses inscrites dans un master en sciences, technologies, sûreté, sécurité ou non-prolifération nucléaires.

Mme NATALIE TOLSTOI, de l’Union européenne (UE), a rappelé que dans son rapport, l’AIEA réaffirme son rôle indispensable dans la non-prolifération des armes nucléaires, l’aide au développement et à l’application de l’énergie atomique à des fins pacifiques, le transfert de technologie et la vérification, la sûreté et la sécurité nucléaires.  L’autonomisation des femmes et l’intégration de l’égalité des sexes étant des objectifs importants, le représentant a espéré que le nouveau programme de bourses Marie Skłodowska-Curie (MSCFP) contribuera à l’émergence d’une nouvelle génération de femmes leaders dans les sciences nucléaires, les technologies et la non-prolifération dans le monde.

Attachée à la non-prolifération et au désarmement nucléaires, l’UE, a souligné la représentante, réitère son appui à la mise en œuvre complète du TNP et à la création d’une zone exempte d’armes nucléaires et de toute autre arme de destruction massive au Moyen-Orient.  L’UE finance d’ailleurs à cette fin un projet de l’Institut des Nations Unies pour la recherche sur le désarmement (UNIDIR), a rappelé la représentante.

Le système de garanties de l’AIEA étant un élément fondamental du régime de non-prolifération nucléaire et de la mise en œuvre du TNP, la représentante a souligné la responsabilité du Conseil de sécurité.  Elle s’est dite très préoccupée par l’enrichissement de l’uranium à la centrale de Fordow et l’expansion des activités de recherche et développement de centrifugeuses en Iran.  Ces activités sont « incompatibles » avec le Plan d’action global commun, a prévenu la représentante, qui a exhorté l’Iran à s’abstenir de toute autre action incompatible avec ses engagements et à revenir sans délai à la mise en œuvre complète du Plan.

La représentante s’est également dite gravement préoccupée par le développement du programme nucléaire de la RPDC et l’a exhortée à s’engager sur une voie « crédible » vers une dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible.  L’UE, a-t-elle prévenu, continuera d’appliquer strictement les sanctions existantes.  La représentante a par ailleurs exhorté la Syrie à coopérer rapidement et de manière transparente avec l’Agence pour résoudre toutes les questions en suspens, y compris en concluant et en mettant en œuvre un protocole additionnel dès que possible.

Elle a appelé à l’universalisation des accords de garanties globales et du Protocole additionnel.  Il faut, a insisté la représentante, renforcer la sécurité nucléaire dans le monde afin de prévenir le terrorisme nucléaire et l’utilisation abusive de matières nucléaires et radioactives.  Elle a soutenu le rôle de l’AIEA dans ce domaine, avant de rappeler que pour la période 2014-2020, l’UE a consacré plus de 145 millions d’euros à l’initiative régionale de ses centres d’excellence en matière de produits chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires (CBRN).

L’UE, a conclu la représentante, a pris note de l’engagement continu de l’AIEA en faveur du dialogue mondial sur le Programme de développement durable à l’horizon 2030.  Les technologies nucléaires peuvent apporter des contributions transformatrices pour la vie, la santé et le bien-être des populations du monde entier, conformément aux objectifs de développement durable, a estimé la représentante.

M. BASSEM YEHIA HASSAN KASSEM HASSAN (Égypte) a salué le travail de l’AIEA durant la pandémie, un des excellents exemples de la façon dont les organisations internationales peuvent répondre aux crises internationales.  L’Égypte, a souligné le représentant, reste fidèle à l’Agence, d’autant plus qu’elle va mettre en service une centrale nucléaire.  Il a plaidé pour que l’AIEA ait les ressources nécessaires à la bonne exécution de son mandat, insistant sur le transfert de technologies.  L’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire est « le droit souverain inaliénable » de tous les États, a souligné le représentant, en particulier les pays africains.  Le système de garanties ne devrait pas engendrer des engagements allant au-delà des engagements contractuels des États, a encore souligné le représentant.

Mme TAMARA KHARASHUN (Bélarus) a estimé que le futur de l’humanité est lié à la technologie nucléaire.  La pandémie de COVID-19 témoigne d’ailleurs de cette relation.  La représentante a salué l’AIEA pour son appui technique à la construction d’une centrale dans son pays, laquelle a reçu sept missions de l’Agence dont elle a appliqué systématiquement les recommandations.

M. KIM SONG (République populaire démocratique de Corée) a déclaré que si son pays n’est pas membre de l’AIEA, elle n’ignore pas pour autant ses remarques « nulles et non avenues » et ses « simples allégations fabriquées de toutes pièces ».  Le rapport de l’Agence, a commenté le représentant, est truffé de fausses informations propagées par des puissances hostiles, à la solde des occidentaux.  L’AIEA, a-t-il encore accusé, ne rate aucune occasion de lancer des accusations sans fondement.  Elle devrait cesser de demander notre coopération car nous l’avons quittée depuis longtemps, à savoir dans les années 1990.  Il n’y aura aucune coopération de mon pays tant que l’AIEA sera « partiale » et restera « otage de puissances hostiles », a martelé le représentant.

M. MAJID MOHAMMAD ABDULRAHMAN MOHAMMAD ALMUTAWA (Émirats arabes unis) a rappelé l’attachement de son pays à coopérer avec l’AIEA.  Il a souligné les efforts de l’Agence pour créer des plateformes d’échanges entre les États Membres sur les techniques et applications nucléaires à des fins pacifiques.  Nous avons, a rappelé le représentant, lancé notre première centrale nucléaire le 1er août dernier.  Il s’agit d’une première dans le monde arabe, qui a pu se faire grâce à une coopération étroite avec l’AIEA.  C’est une centrale d’énergie propre qui s’inscrit dans les priorités du développement durable, a expliqué le représentant.  Il a insisté sur l’importance des mesures de contrôle pour veiller à une utilisation pacifique de l’énergie nucléaire.  À ce titre, il a indiqué qu’avec l’appui de l’AIEA, son pays a mis au point des programmes dans le domaine de la médecine nucléaire et de la sensibilisation des jeunes aux applications pacifiques du nucléaire.

M. MAJID TAKHT RAVANCHI (République islamique d’Iran) a souligné que l’une des principales responsabilités de l’AIEA est de favoriser la coopération scientifique et technique sur les utilisations pacifiques de l’énergie atomique, d’encourager les échanges entre États membres et de veiller à la formation des scientifiques et des experts.

Dans ce contexte, a-t-il souligné, la conception et la mise en œuvre des garanties requises par l’AIEA doivent respecter les droits inaliénables des États parties au TNP sans entraver le développement économique ou technologique.  Les préoccupations liées à la prolifération nucléaire ne devraient pas restreindre ces droits.  Le représentant a donc catégoriquement rejeté les « tentatives systématiques » de limiter l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire, sous le prétexte fallacieux de la non-prolifération et en violation de l’esprit et de la lettre du TNP.

Le retrait des États-Unis du Plan d’action global commun, en 2018, et la réimposition de sanctions « illégales » ont empêché l’Iran de jouir de ses droits en vertu de la résolution 2231 (2015) du Conseil de sécurité, a-t-il poursuivi.  Il va sans dire que la responsabilité de cette « moquerie » du droit international incombe aux États-Unis et à tous ceux qui adoptent l’approche américaine.

Concernant la coopération avec l’Agence, M. Ravanchi a rappelé que son pays reçoit à lui seul 22% des inspections que l’AIEA mène dans le monde.  L’Agence a poursuivi ses activités de vérification en Iran même pendant la pandémie de COVID-19.  Insistant sur cette coopération totale, le représentant a prévenu que l’impartialité, l’indépendance et le professionnalisme de l’Agence ne devraient être compromises en aucune circonstance.  À ce propos, le représentant a demandé à l’Arabie saoudite de prouver le caractère pacifique de son programme nucléaire en se montrant « transparente » dans les informations qu’elle présente et en permettant aux inspecteurs de l’AIEA de vérifier toutes ses activités liées au nucléaire.  L’autre problème de la région, a-t-il conclu, c’est le programme nucléaire israélien.  Il a demandé à l’Agence d’adopter « une approche impartiale ».

Mme VIDISHA MAITRA (Inde) s’est félicitée de l’esprit de l’AIEA qui a tout mis en œuvre pour assurer la continuité de son travail, même durant la pandémie.  De la même façon, le Département de l’énergie atomique de l’Inde a mis en place des stratégies pour répondre à la pandémie, a-t-elle indiqué.  Que ce soit pour faire face aux changements climatiques, à l’instabilité des prix du pétrole ou à la faiblesse des capacités des pays, l’Agence a un rôle important à jouer et nous nous félicitons, a dit la représentante, de nos programmes de coopération technique avec elle.

La représentante a rappelé que son pays a adhéré aux réseaux de réponse de l’AIEA en cas de situation d’urgence, « car cela fait partie des efforts que nous déployons au niveau international ».  L’Inde, a-t-elle dit, a désormais 29 centrales nucléaires soumises au régime de contrôle de l’Agence.  Nous avons fait d’immenses progrès dans les technologies de la radiation que nous sommes prêts à partager avec la communauté internationale, a-t-elle promis.

Mme ALICIA GUADALUPE BUENROSTRO MASSIEU (Mexique) a assuré vouloir œuvrer pour l’entrée en vigueur de l’ensemble du Traité de Tlatelolco, notamment à travers la pleine mise en œuvre du Traité d’interdiction des armes nucléaires, qui doit entrer en vigueur en janvier 2021.  Ce Traité, a-t-elle estimé, vient renforcer le régime de non-prolifération du TNP, « pierre angulaire » du désarmement nucléaire.  Le Mexique a aussi estimé que le report de la Conférence d’examen du TNP, en raison de la COVID-19 doit être perçu comme « une période de grâce » pour poursuivre le dialogue sur ses trois piliers.  La représentante s’est félicitée de la désignation de Rafael Mariano Grossi comme Directeur général de l’Agence, soulignant qu’il s’agit du premier latino-américain à être nommé à ce poste.  Elle a particulièrement insisté sur les mérites du programme de coopération technique de l’AIEA.

M. LIM (Singapour) a déclaré qu’alors que des nouvelles technologies émergent, telles que les réacteurs nucléaires mobiles, l’AIEA doit aider les États à se développer tout en garantissant les normes de sécurité.  Il a jugé essentiel que les États respectent les traités internationaux afin de garantir l’utilisation pacifique et sécurisée de l’énergie nucléaire.

L’AIEA, a insisté le représentant, demeure un pilier « essentiel » de la confiance internationale et pour que l’énergie nucléaire soit utilisée de manière pacifique, elle doit continuer de jouer son rôle même pendant la pandémie.  L’Agence, a-t-il reconnu, a continué à aider les États à renforcer leurs capacités de lutter contre les phénomènes viraux.  Il a particulièrement salué le projet ZODIAC et remercié l’AIEA pour son aide au renforcement des capacités de l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (ASEAN) pour le traitement sécurisé des déchets nucléaires et autres matériaux radioactifs.

Mme GLORIA CORINA PETER TIWET (Malaisie) a réaffirmé son appui à l’AIEA, en particulier son aide à l’utilisation pacifique de la technologie et de l’énergie nucléaires.  Elle a réitéré l’attachement de son pays au TNP et à ses trois piliers que sont la non-prolifération des armes nucléaires, la plus large diffusion de l’énergie nucléaire civile et le désarmement nucléaire.  L’AIEA est le seul organe chargé de vérifier et de contrôler l’utilisation à des fins pacifiques de la technologie nucléaire, a rappelé la représentante, qui a déclaré que l’Agence devra poursuivre son rôle de contrôle tout en faisant en sorte que les niveaux les plus élevés de garanties soient respectés.

Mme MARÍA DEL CARMEN SQUEFF (Argentine) a rappelé qu’au fil des sept dernières décennies, l’Argentine s’est imposée en tant qu’exportateur fiable d’énergie nucléaire à des fins pacifiques.  Elle s’est félicitée du professionnalisme de l’Agence, notamment son engagement durant la pandémie.  L’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire, a souligné la représentante, est la voie qu’a choisie l’Argentine pour son développement scientifique et technologique.  En la matière, l’efficacité du système de vérification de l’AIEA est « indispensable ».  C’est un pilier « central » sur lequel se fonde la communauté internationale depuis des décennies.  La représentante a réitéré à quel point il est important que le système de garanties soit durable mais aussi non discriminatoire.  Elle a souligné l’importance de l’accord avec le Brésil et émis l’espoir que son pays pourra élargir son parc de centrales nucléaires pour produire de l’électricité.

M. PEDRO LUIS PEDROSO CUESTA (Cuba) a salué les efforts déployés par l’AIEA pour aider les États frappés par la COVID-19, ainsi que sa contribution à la paix et à la sécurité dans le monde.  L’Agence garantit à la fois une fonction de vérification des installations nucléaires et la promotion du développement durable à travers l’utilisation pacifique des technologies nucléaires.  Le représentant a souligné l’importance des applications nucléaires pour les pays en développement et a demandé que la priorité soit donnée au programme de coopération technique de l’Agence.  Il a réclamé la levée de toutes les restrictions au transfert vers les pays en développement des technologies nucléaires à des fins pacifiques.  L’entrée en vigueur de l’amendement à la protection physique des matières nucléaires devrait favoriser la coopération internationale, a-t-il espéré.

Il a rappelé que son pays préside en ce moment l’Accord régional de coopération pour la promotion de la science et de la technologie nucléaires en Amérique latine et dans les Caraïbes (ARCAL).  Il a également souligné l’importance d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient et a appuyé la convocation de la conférence sur cette question, non sans oublier de condamner, une nouvelle fois, le retrait des États-Unis du Plan d’action global commun.  Ce retrait, a-t-il prévenu, pourrait avoir de graves conséquences pour la sécurité internationale.

M. CÉDRIC BRAQUETTI (Monaco) a soutenu l’utilisation pacifique de l’atome et loué le succès du TNP dans le développement de la coopération nucléaire civile, « son objectif fondamental ».  Reconnaissant le rôle majeur de l’industrie nucléaire pour le développement humain, le représentant a dit attacher une attention toute particulière à la santé et à l’environnement.  La plus-value des techniques nucléaires dans le secteur médical est à cet égard évident, a insisté le représentant, qui a cité en exemple la thérapie par radionucléides.  Monaco, a-t-il rappelé, est un soutien « historique » des activités de cancéro-thérapie de l’AIEA, qu’il continuera de financer.  Les applications nucléaires, a ajouté le représentant, jouent un rôle majeur pour s’adapter aux changements climatiques, notamment en termes d’études et de collectes de données.

M. PANGERAN IBRANI SITUMORANG (Indonésie) a salué, à son tour, le travail de l’AIEA dans le contexte de la pandémie et s’est félicité de l’assistance de l’Agence à son pays pour renforcer ses laboratoires nationaux.  Il a salué le lancement du projet d’action intégrée contre les zoonoses et a encouragé l’Agence à continuer de travailler de manière équilibrée, dans le but de soutenir le développement socioéconomique.  Les mesures visant à renforcer la sécurité nucléaire ne sauraient, a-t-il prévenu, entraver la coopération internationale dans l’utilisation pacifique du nucléaire.

L’Indonésie, a assuré le représentant, est déterminée à continuer de renforcer sa sécurité nucléaire, en coopération avec l’Agence.  En tant qu’État partie à la Convention sur la sûreté nucléaire, mon pays, a-t-il ajouté, s’est engagé à maintenir un niveau élevé de sécurité de ses réacteurs.  L’Indonésie travaille aussi en étroite collaboration avec l’AIEA pour promouvoir la science et la technologie nucléaires au service du développement.  Dans le secteur agricole, par exemple, l’application de la technologie nucléaire a joué un rôle important dans l’amélioration de la sécurité alimentaire, y compris en augmentant la production de riz et de soja.

Dans le secteur de la santé, l’Indonésie collabore avec l’Agence sur le développement de la thérapie anticancéreuse et de médicaments radiopharmaceutiques.  Depuis 2010, l’Agence a envoyé des missions intégrées pour améliorer le diagnostic et le traitement du cancer, grâce à la technologie nucléaire.  L’Indonésie soutient également l’application de la technologie nucléaire pour s’attaquer aux problèmes environnementaux.  Nous nous félicitons de l’initiative de l’Agence sur la technologie de contrôle de la pollution plastique, a conclu le représentant, « heureux » de coparrainer la résolution de cette année.

M. XOLISA MFUNDISO MABHONGO Afrique du Sud) a rappelé les différentes formes de coopération de l’AIEA en Afrique, par exemple, dans la lutte contre le paludisme et la génération de l’énergie nucléaire.  L’AIEA, a annoncé le représentant, accompagnera mon pays dans la création d’une centrale nucléaire.  À ce jour, a-t-il rappelé, mon pays est le seul au monde à avoir démantelé son arsenal nucléaire sous le contrôle de l’AIEA.  Il s’est dit donc dit préoccupé qu’au contraire certains États continuent de renforcer leur programme nucléaire, en dehors des sentiers pacifiques.  Il a appelé tous les États non parties au TNP à améliorer les accords de garantie avec l’Agence.

M. NAMAZU HIROYUKI (Japon) a promis que son pays continuera à soutenir l’Agence, y compris financièrement et techniquement.  Insistant sur l’efficacité des garanties, il a jugé impératif d’universaliser toutes les conventions pertinentes.  En ce qui concerne la RPDC, le représentant a exprimé ses préoccupations face au développement des capacités balistiques et nucléaires.  Il a souligné l’importance pour tous les États Membres de mettre pleinement en œuvre les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité.  Appelant aussi l’Iran à maintenir le respect de toutes les dispositions du Plan d’action global commun, le représentant a tenu à dire que le report de la dixième Conférence d’examen du TNP ne remet aucunement en cause la pertinence du Traité.

M. SERGIO MANRIQUE TREJO BLANCO (El Salvador) a souligné le rôle fondamental joué par l’AIEA dans la promotion de l’utilisation pacifique du nucléaire.  Plaidant pour le renforcement de la coopération technique entre pays, le représentant a souligné le droit souverain de tous à utilisation pacifique de l’énergie nucléaire, comme le consacre le TNP.  Le représentant a également loué le rôle de l’AIEA dans le renforcement des capacités nationales face à la flambée des maladies animales.  Il a salué, par ailleurs, la création du programme de bourses Marie Skłodowska-Curie.  L’énergie nucléaire, a conclu le représentant, peut conduire à la réalisation du Programme 2030, sur les objectifs sur la santé et la lutte contre les changements climatiques.

M. CRISTIAN ESPINOSA CAÑIZARE (Équateur) a rappelé le travail effectif de l’AIEA pour la mise en œuvre du TNP et souligné l’importance qu’il y a à poursuivre les efforts de désarmement et d’élimination totale des armes nucléaires dont la seule existence représente une menace à la survie de l’humanité.  En revanche, le représentant a défendu le droit de tous les États à l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire, en particulier pour faire avancer les objectifs de développement durable.

Un des plus grands producteurs de fruits tropicaux, l’Équateur, a expliqué le représentant, a pu utiliser avec succès la technologie nucléaire, sous le contrôle de l’AIEA et en collaboration avec l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) pour lutter contre l’invasion des insectes, grâce à des méthodes respectueuses de l’environnement, dont la technologie de stérilisation.  Le représentant n’a pas manqué de saluer l’AIEA pour sa contribution à la lutte contre la COVID-19.  L’AIEA est aussi fondamentale pour la paix et la sécurité que pour le développement, a-t-il souligné.

Mme AUDRA PLEPYTĖ (Lituanie) a condamné le Bélarus pour avoir placé une centrale nucléaire dans le voisinage immédiat de Vilnius, sans avoir pleinement consulté les populations et les pays voisins.  Le Bélarus, a-t-elle dénoncé, a violé ses obligations environnementales et les autres mesures de précaution nucléaire.  Rappelant que l’AIEA a formulé des recommandations sur cette centrale, la représentante a accusé le Bélarus de les avoir ignorées, arguant que la situation s’est encore aggravée, à partir du 3 novembre, quand le Bélarus a connecté la centrale 1 au réseau électrique, avec les risques que cela représente pour la sécurité de la population.  La représentante a appelé à l’arrêt immédiat de cette centrale et à la mise en œuvre rapide des recommandations de l’AIEA.  Elle a constaté avec regret que le Bélarus manipule l’AIEA, privilégiant une approche « sélective » de la sécurité nucléaire.  Le rôle de l’AIEA doit être renforcé et ses recommandations, revêtir un caractère obligatoire, a martelé la représentante.

M. YONG JIN BAEK (République de Corée) a pris bonne note des efforts de l’AIEA pour contribuer à la réalisation des objectifs de développement durable grâce aux technologies nucléaires.  En tant que pays bailleur de fonds, mon pays, a dit le représentant, promet de maintenir son soutien financier.  Il a appelé tous les États Membres à adhérer à la Convention sur la sécurité nucléaire et les a encouragés à veiller à la sûreté de leurs installations nucléaires.  Alors que l’on s’apprête à célébrer le cinquantième anniversaire du TNP, mon pays, a ajouté le représentant, s’engage à apporter un ferme appui aux activités de vérification de l’Agence, en particulier en RPDC.  Cette dernière et l’AIEA doivent parvenir à un accord politique sur cette question, a insisté le représentant.

M. YURIY VITRENKO (Ukraine) a rappelé que pour la septième année consécutive, la péninsule ukrainienne de Crimée et la ville de Sébastopol sont « occupées » par un État doté d’armes nucléaires, la Fédération de Russie.  La « puissance occupante » a rendu impossible l’accès des inspecteurs de l’AIEA aux lieux où les matières nucléaires sont stockées, tant en Crimée qu’en Ukraine orientale, a affirmé le représentant.  De plus, la transformation en cours de la Crimée « en une énorme base militaire » peut indiquer la possibilité que la Fédération de Russie y déploie ses capacités nucléaires.  Nous perdrions alors, a prévenu le représentant, notre statut d’État non doté d’armes nucléaires.

L’Agence n’a trouvé aucune preuve d’un problème de prolifération en Ukraine, y compris dans les territoires « occupés ».  Certes, a dit le représentant, mais rien ne permet de savoir dans quelle mesure les garanties de l’AIEA seront efficaces, qu’il s’agisse d’ailleurs de l’Ukraine ou de tout autre pays.  Il a ainsi critiqué « le faible pouvoir de dissuasion » de la communauté internationale.

Après avoir rappelé que 2021 marquera le trente-cinquième anniversaire de la tragédie de Tchernobyl, le représentant dit soutenir les efforts déployés par l’AIEA pour répondre à « la crise mondiale du cancer ».  Nous avons d’ailleurs, a-t-il indiqué, élaboré un projet sur le traitement des cancers chez l’enfant, avec la coopération « fructueuse » de l’Agence.

Le délégué s’est tout de même dit préoccupé par plusieurs incidents radioactifs récents, aux implications transfrontalières.  En plus d’un incident ayant entraîné des émissions de ruthénium 106, en 2017, et une explosion radioactive non expliquée près de la ville d’Archangelsk, en Fédération de Russie, en 2019, un autre cas de détection de ruthénium et de césium s’est produit cette année.  Ces incidents, a accusé le représentant, mettent en évidence le non-respect par la Fédération de Russie de ses obligations internationales et la communauté internationale doit en tirer les « conclusions qui s’imposent ».

M. JIANJUN WU (Chine) a pris note de l’aide de l’AIEA aux pays en développement dans la lutte contre la pandémie de COVID-19.  Mais, a prévenu le représentant, il ne faut pas négliger pour autant le terrorisme nucléaire.  Il faut donc renforcer le mandat de l’AIEA en conséquence.  Le représentant a insisté sur le partage équitable de la technologie nucléaire, un appui financier aux pays en développement et la promotion de l’expertise technique de l’Agence.  Il a rejeté toute politisation de l’utilisation pacifique de la technologie et l’énergie nucléaires et a appelé à l’universalisation de l’Accord de garanties.  L’Agence, a-t-il martelé, doit jouer son rôle avec impartialité.  Il n’a pas manqué de rappeler que son pays a versé la somme de deux millions de dollars à l’AIEA pour les tests de dépistage de la COVID-19.

Mme JEANRAY ATTENTO RINGOR (Philippines) a souligné le rôle indispensable de l’AIEA dans l’application pratique de l’énergie atomique à des fins pacifiques, la vérification, la sûreté et la sécurité nucléaires et le transfert de technologies vers les pays en développement.  Cette année, s’est réjouie la représentante, les travaux de l’AIEA ont facilité le renforcement des capacités techniques des États face à la pandémie de COVID-19.  Elle a salué l’application « bénéfique » de l’énergie nucléaire dans la médecine et la détection des maladies zoonotiques, qui ont un impact potentiellement catastrophique sur la santé humaine.  Elle a appuyé l’action intégrée contre les zoonoses (ZODIAC)de l’AIEA -projet ZODIAC- qui vise à renforcer les capacités de surveillance et de riposte aux maladies zoonotiques réémergentes.

Grâce à son programme de coopération technique, a souligné la représentante, l’AIEA contribue de manière significative à la réalisation des priorités nationales en matière de développement durable.  Elle a exprimé la satisfaction de son pays face à l’appui que l’Agence continue de fournir à l’idée de créer un programme nucléaire philippin.  Elle a rappelé la publication de l’ordonnance 116 du 24 juillet dernier sur l’évaluation de la conformité du futur programme philippin avec les directives et normes de l’AIEA.  En cette période de pandémie, la pertinence de l’Agence est d’autant plus réelle qu’en parallèle les questions de non-prolifération et de désarmement nucléaires prennent de plus en plus d’importance, tant du point technique que scientifique.  En conclusion, la représentante a reconnu les défis auxquels l’Agence est confrontée, y compris l’augmentation constante de la quantité de matières nucléaires en circulation, le nombre d’installations nucléaires et la pression continue sur son budget.

M. TAREQ MD ARIFUL ISLAM (Bangladesh) a reconnu la souplesse de l’AIEA face aux besoins changeants des États Membres et pour les aider à atteindre les objectifs de développement durable, grâce aux applications pacifiques de l’énergie nucléaire.  Il s’agit, selon le représentant, d’une source d’énergie propre et respectueuse de l’environnement.  À ce stade la production d’électricité nucléaire reste relativement récente au Bangladesh mais le pays a l’intention d’avancer dans ce domaine.  Le représentant a salué dans ce contexte le programme de coopération technique de l’AIEA, et annoncé qu’avec l’aide de cette dernière, son pays est en passe de construire une centrale nucléaire.  À ce jour, a ajouté le représentant, le Bangladesh a profité de la coopération technique de l’Agence dans des domaines comme l’agriculture ou la gestion des eaux.  Nous espérons une coopération renforcée dans le domaine scientifique, a-t-il conclu.

M. SAMSON SUNDAY ITEGBOJE (Nigéria) a salué le projet de l’AIEA sur les zoonoses, ainsi que la création de la bourse Marie Skłodowska-Curie.  Il s’est aussi félicité du développement de l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire dans le monde en développement, s’agissant en particulier du traitement des cancers.  Louant le programme de coopération technique de l’AIEA, le représentant a aussi adhéré aux recommandations de l’Agence sur la sécurité nucléaire.

M. TAREQ M. A. M. ALBANAI (Koweït) a déclaré que son pays est pionnier dans l’utilisation pacifique de la technologie et l’énergie nucléaires.  Membre du Conseil de gouverneurs de l’AIEA, le Koweït tire profit de cette participation pour aider à réaliser les aspirations de tous les États Membres.  Rappelant la gravité de la situation sanitaire causée par la pandémie de COVID-19, le représentant a salué l’organisation en décembre prochain d’une session extraordinaire de l’Assemblée générale.  Il a insisté sur la participation de son gouvernement aux différentes initiatives de l’AIEA, dont une contribution financière de 10 millions de dollars pour la banque d’uranium faiblement enrichi.  Le Koweït, a-t-il ajouté, a aussi élaboré une Convention-cadre sur le développement nucléaire pour la période 2020-2025.  Pour mon pays, a souligné le représentant, le TNP demeure « la pierre angulaire » de la non-prolifération nucléaire et le dialogue est le meilleur moyen de régler les différends.  Il a, dans ce cadre, appelé la RPDC et l’Iran à respecter leurs engagements et réitéré son attachement à la création d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient.  Israël doit adhérer au TNP, a martelé le représentant.

Mme NADEZHDA V. SOKOLOVA (Fédération de Russie) a estimé que l’AIEA est un instrument de contrôle important pour s’assurer du respect par les États membres des engagements nucléaires.  La représentante a plaidé pour le renforcement du régime de non-prolifération, lequel exige un développement plus avant du système de garanties, étant entendu qu’il restera inviolable.  Ce système doit aussi être objectif, transparent et impartiale, caractéristiques « essentielles » de sa légitimité.

La Fédération de Russie, a rappelé la représentante, est un bailleur de fonds de l’Agence et elle est prête à contribuer à la structure de contrôle de l’utilisation de l’énergie nucléaire.  En matière de sécurité, la responsabilité première incombe aux États et il faut être « prudent » dans ce que l’on demande à l’AIEA.  S’agissant des propos de l’Ukraine, elle y a vu « une pure provocation » à laquelle elle a refusé de réagir.  Nous respectons scrupuleusement la souveraineté de l’Ukraine et nous n’utilisons ni ne menaçons d’utiliser l’arme nucléaire contre aucun pays, et encore moins l’Ukraine, s’est défendue la représentante.

Selon M. WAEL AL KHALIL (République arabe syrienne), la non-prolifération est un pilier essentiel de la politique syrienne, qui a adhéré au TNP dès 1968, « bien avant de nombreux pays européens ».  Un grand nombre de pays dont la Turquie, membre de l’OTAN, possèdent des armes nucléaires, en violation dudit Traité.  Nous avons présenté, a rappelé le représentant un projet de résolution sur la création d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient.  « Notre crédibilité ne peut donc être remise en cause ».  Notre projet de résolution, a aussi rappelé le représentant, a hélas été bloqué par les États-Unis, alors que le refus par Israël de la création d’une zone exempte d’armes nucléaire sape l’universalité du TNP et compromet la paix au Moyen-Orient.

Le représentant a dénoncé le refus d’Israël de coopérer avec l’Agence et d’ouvrir l’accès des experts à son territoire pour enquêter sur la destruction du site syrien de Deïr el-Zor. On ne peut pas se dire attaché au statut de l’AIEA et continuer de fermer les yeux la destruction de ce bâtiment.  Il faut enquêter « le plus rapidement possible, et pas dans plusieurs mois ».  Aucune mesure, s’est indigné le représentant, n’a été prise pour mettre un terme aux violations israéliennes des traités internationaux.  Pour sa part, la Syrie, a conclu le représentant, a ouvert à l’AIEA le site de Deïr el-Zor en 2008.  Mais, a-t-il affirmé, des « pressions » ont été exercées pour empêcher l’enquête d’aboutir.  Plus d’une décennie plus tard, nous sommons les enquêteurs de l’AIEA de se rendre « tout de suite » en Israël, a martelé le représentant.

M. PETER HORNE (Australie) a souligné le rôle crucial que joue l’AIEA pour veiller à la sécurité et à la sûreté nucléaires dans le monde.  Il a remercié l’Agence pour avoir participé au Congrès national de la jeunesse organisé cette année.  Il a jugé que le système de garanties de l’AIEA est le garant de l’efficacité du régime de non-prolifération nucléaire.  Il a mis en exergue le professionnalisme de l’Agence dans le suivi du Plan d’action global commun et a réclamé l’accès des experts de ladite Agence aux installations nucléaires de la RPDC qui doit abandonner ses activités nucléaires et son programme balistique.  S’agissant de la pandémie, il a salué le programme d’assistance de l’AIEA ainsi que son appui à l’élimination de l’uranium hautement enrichi dans le domaine public.

Droits de réponse

Répondant à l’Iran qui « ne fait que répéter ses pratiques », lArabie saoudite a affirmé que toute la communauté internationale « est sous tension » à cause du comportement de Téhéran dans le domaine nucléaire.  « Agissez comme un État normal avec les agences concernées, en toute transparence et en toute clarté », a-t-elle conseillé.

Quant aux propos de la Lituanie, le Bélarus a décelé « un certain parti pris » dans les accusations liées à la centrale nucléaire.  Nous avons, a-t-il assuré, pris toutes les mesures indispensables pour veiller au niveau de sécurité et nous nous soumettons dûment au contrôle de l’AIEA.  Nous avons, a ajouté le Bélarus, mené volontairement un « stress- test » avec les spécialistes de l’Union européenne.  Le remplacement du matériel se fait conformément aux normes et la centrale fonctionne normalement, a affirmé le Bélarus.

L’Ukraine a réitéré que la Fédération de Russie occupe bien ses territoires que sont la Crimée et Sébastopol.  Nous avons perdu, a-t-elle dit, nos installations nucléaires dans ces régions depuis une occupation contraire au droit international.  Les accords conclus dans le cadre du Mémorandum de Budapest ne sont plus respectés et même l’IAEA a indiqué qu’elle ne reconnaîtra pas la situation qui prévaut dans « les installations nucléaires de l’Ukraine en Crimée ».  Toutes les installations nucléaires en Crimée nous appartiennent, a tonné l’Ukraine.

Devant les allégations « infondées » de l’Arabie, l’Iran a repris la parole pour souligner qu’il coopère pleinement avec l’AIEA comme elle l’a elle-même confirmé dans son rapport.  Seule l’Agence est habilitée à dire qui coopère et qui ne coopère pas avec elle et, certainement pas l’Arabie saoudite.  Ce que nous disons au sujet du programme nucléaire saoudien, a répété l’Iran, est conforme aux exigences de l’AIEA.  À ce stade, elle n’est pas en mesure d’exercer pleinement son rôle de vérification.  Il revient donc à la communauté internationale d’obtenir de Ryad qu’il applique pleinement le protocole d’accord de l’AIEA, a tranché l’Iran.

Le Bélarus, a réaffirmé, à son tour, que la Lituanie n’a pas encore mis en œuvre comme il se doit certaines des recommandations formulées par l’AIEA.  Nous nous inquiétons de la sécurité nucléaire et exhortons la communauté internationale à faire respecter les normes les plus élevées possibles.

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