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AG/12273
29 septembre 2020
Soixante-quinzième session, 14e & 15e séances – matin & après-midi

L’Assemblée achève son soixante-quinzième débat général en entendant des appels à un multilatéralisme renouvelé pour faire face aux défis du siècle

« De nombreux dirigeants politiques ont reconnu que le multilatéralisme est le système le plus efficace pour s’attaquer aux défis mondiaux comme la pandémie ou les changements climatiques », s’est réjoui le Président de cette soixante-quinzième session de l’Assemblée générale, M. Volkan Bozkir, dans son discours de clôture du débat général.  L’ancien Ministre turc des affaires européennes s’est félicité de ce que la plupart des 192 États Membres de l’ONU, qui sont intervenus au cours de ces six derniers jours, sans le Mali, aient appuyé un ordre international fondé sur les règles et ancré dans la Charte des Nations Unies.  

Dans une salle clairsemée en raison de la distanciation sociale imposée par la pandémie de COVID-19, qui a touché 30 millions de personnes dans le monde et fait un million de morts, les chefs d’État et de gouvernement, ainsi que les Ministres et les Représentants permanents ont dit craindre que la pandémie n’efface des années de croissance économique et de progrès sociaux, tirée par la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030.   

Ce que les peuples du monde attendent de nous, a souligné le Président de l’Assemblée générale, c’est une plus grande solidarité, une coopération et une coordination plus fortes et des nations plus unies.  La pandémie, a estimé le Ministre des affaires étrangères de l’Érythrée, a mis en évidence « les défauts structurels et les carences d’un ordre mondial économique et sécuritaire précaire ».  «  Elle a démystifié les explications et les récits fallacieux colportés dans le passé pour embellir et rationaliser un ordre mondial largement dysfonctionnel ».  C’est un « rappel coûteux qu’il nous faut changer nos habitudes ».  

Son homologue du Nicaragua s’est montré « plus dur ».  Il a déploré « un manque de leadership  » pour rassembler le monde.  Lorsque j’étais enfant, a-t-il raconté, les jeunes imaginaient l’avenir, comme un monde multiculturel avec des voitures volantes et des robots accomplissant des tâches abandonnées par les humains.  Mais aujourd’hui, l’avenir, ce sont les guerres, les catastrophes naturelles et les sociétés dystopiques.  

Le Ministre des affaires étrangères de la Grenade a déclaré que les Nations Unies dont nous avons besoin sont des Nations Unies qui respectent, promeuvent et encouragent la solidarité et l’action commune; des Nations Unies qui encouragent l’égalité et le respect pour toute l’humanité; des Nations Unies qui protègent les populations des effets de l’unilatéralisme; enfin des Nations Unies qui restent les « défenseurs du développement durable pour tous les peuples ». 

Le Président de l’Assemlée générale a en effet dit avoir pris note des appels « forts » à une ONU réformée, plus efficace, adaptée aux réalités du siècle et capable d’offrir l’avenir que nous voulons.  Il a vu dans l’adoption unanime de la Déclaration sur la commémoration du soixante-quinzième anniversairede l’ONU, une preuve de l’attachement au multiltaéralisme.c Une chose est claire: nous sommes plus forts ensemble, a conclu le Président, avant que le Premier Ministre d’Israël ne « savoure » son plaisir d’annoncer « pour une fois », une bonne nouvelle du Moyen-Orient. 

Il a parlé de la signature le 13 août dernier à la Maison Blanche, sous l’égide du Président américain, d’accords « historiques » avec les Émirats arabes unis et Bahreïn lesquels reconnaissent désormais l’État hébreu.  Il s’agit du premier traité de paix entre Israël et un pays arabe depuis 25 ans, s’est-il réjoui, en regrettant que les progrès aient été si longtemps pris en otage par les Palestiniens qui exigeaient l’expulsion de dizaines de milliers de familles israéliennes et le retour de millions de réfugiés qui avaient fui à cause des « guerres voulues par des pays arabes ».  

Je suis prêt à négocier sur la base du « Plan Trump  » pour réaliser la paix, a dit le Premier Ministre, sans oublier d’ajouter que « le plus grand ennemi » de la paix au Moyen-Orient, c’est l’Iran, ce qui lui a valu un droit de réponse de Téhéran qui a aussi répondu au Ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale des Émirats arabes unis.  Avant de réitérer la souveraineté de son pays sur les îles de la Grande Tomb, de la Petite Tomb et d’Abu Musa, le Ministre a tenu à souligner que l’appel à la création d’un État palestinien indépendant dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale restera « une demande ferme ». Il s’est réjoui qu’avec la signature d’un accord de paix « historique » avec Israël, son pays ait permis de geler la décision d’Israël d’annexer des territoires palestiniens.  

L’Assemblée générale tiendra demain mercredi 30 septembre à partir de 10 heures, son Sommet sur la biodiversité. 

Suite du débat général

M. GUÔLAUGUR POR ÞÓRÐARSON, Ministre des affaires étrangères et du développement de l’Islande, a souligné l’engagement de son pays dans la riposte mondiale à la pandémie de COVID-19, y compris dans le développement d’un possible vaccin. Cette crise aura des implications à long terme sur nos économies et nos sociétés, a-t-il averti.  « Il convient donc de redoubler d’efforts collectifs et de poursuivre avec vigueur la réalisation des objectifs de développement durable ».

Si beaucoup a été fait ces 75 dernières années, de l’indépendance d’un grand nombre d’États au recul de la pauvreté et à l’éradication de la polio en Afrique, en passant par l’autonomisation croissante des femmes, « il nous reste un long chemin à parcourir », a-t-il reconnu.  Il est pour cela essentiel de lutter pour le maintien et l’amélioration du système multilatéral, a plaidé le Ministre, réitérant son soutien au programme de réforme du Secrétaire général de l’ONU.

Pour le Chef de la diplomatie islandaise, l’action climatique, « le plus grand défi de notre temps », doit être au cœur de nos efforts pour « reconstruire en mieux et en plus vert ».  L’Islande est pleinement attachée à la mise en œuvre de l’Accord de Paris sur le climat.  Mais elle va plus loin encore que ce qui a été convenu, avec son nouveau plan d’action climatique, rendu public cet été, qui prévoit une réduction de 35% des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 et une neutralité carbone totale d’ici à 2040.  Cela passe aussi par une utilisation durable de nos océans, qui sont menacés par les changements climatiques, la pollution et une mauvaise gestion, a-t-il souligné.    

Alors que débute la Décennie d’action pour le développement durable, il convient de rester résolus à faire progresser l’égalité des sexes, et ce, afin que les individus et les nations puissent atteindre leur plein potentiel, a poursuivi M. Þórðarson.  À ses yeux, la lenteur des progrès réalisés sur l’objectif n°5 est d’autant plus préoccupante que nous risquons de perdre une génération ou plus en raison de la crise actuelle.  « Nous devons agir maintenant pour assurer la pleine participation des femmes à la vie politique et économique, leur permettre d’accéder à l’éducation et aux services de base, et lutter contre la violence sexuelle et sexiste », a-t-il affirmé.  

Le Ministre s’est ensuite élevé contre le nationalisme croissant, le racisme, l’intolérance religieuse et l’homophobie qui portent atteinte aux droits de l’homme et aux libertés fondamentales, appelant les États à ne pas hésiter à utiliser les outils juridiques, économiques et politiques à leur disposition en cas de violations.  En tant que membre du Conseil des droits de l’homme en 2018 et 2019, l’Islande s’est efforcée de démontrer que même les petites nations peuvent faire entendre leur voix pour défendre les personnes réduites au silence, a-t-il indiqué.  Sur base de cette expérience, le pays a décidé de briguer un siège au Conseil pour la période 2025-2027. 

Saluant par ailleurs l’appel au cessez-le-feu mondial lancé par le Secrétaire général, le Ministre a souhaité que les efforts menés pour trouver une solution politique en Syrie, au Yémen et en Libye soient appuyés par toutes les parties impliquées.  En Europe, il s’est dit préoccupé par la violation persistante de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine et de la Géorgie ainsi que par les récents développement au Bélarus.  Le Conseil de sécurité, à commencer par plusieurs de ses membres permanents, devrait selon lui agir conformément à la Charte de l’ONU au lieu d’être motivé par des gains politiques étroits, « dans un jeu à somme nulle qui sape la crédibilité de cet organe vital ».  Comme l’a déclaré l’ancien Secrétaire général Dag Hammarskjöld, a-t-il conclu, « l’ONU n’a pas été créée pour emmener l’humanité au paradis mais plutôt pour la sauver de l’enfer ».   

M. LUCA BECCARI, Ministre des affaires étrangères, de la coopération économique internationale et des télécommunications de Saint-Marin, a déclaré que la pandémie de COVID-19 est probablement l’un des défis les plus ardus de l’histoire des Nations Unies.  À cet égard, il s’est félicité de l’élaboration par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) d’un Plan stratégique de préparation et de riposte pour répondre aux besoins immédiats en matière de santé et atténuer l’impact dans plus de 63 pays très vulnérables.  Le Ministre s’est aussi félicité de la création d’un Fonds des Nations Unies pour l’action face à la COVID-19 et pour le relèvement des pays à revenu intermédiaire et bas.

Particulièrement préoccupé par l’impact de la pandémie de COVID-19 sur les groupes vulnérables, M. Beccari a jugé indispensable que la réponse et le relèvement placent les personnes handicapées au centre de tous nos efforts, comme le prévoit la Convention pertinente des Nations Unies et le Programme pour le développement durable à l’horizon 2030. 

Parallèlement à cette pandémie, le Ministre des affaires étrangères a attiré l’attention sur le défi de la « pandémie de désinformation » qui peut augmenter les risques de conflits, de violence, de violations des droits de l’homme et d’atrocités de masse.  Il a dit que Saint-Marin a organisé en 2019 une Conférence de haut niveau sur les dangers de la désinformation.  

Le Ministre a aussi mis l’accent sur la nécessité de contenir le gaspillage de nourriture.  Il a indiqué qu’avec la Principauté d’Andorre, Saint-Marin a parrainé, en 2019, la résolution proclamant le 29 septembre, Journée internationale de sensibilisation aux pertes et gaspillages de nourriture.

En conclusion, le Ministre a prévenu que nous n’arriverons à mettre fin à cette pandémie que si nous travaillons ensemble, dans un effort collectif qui exige une coopération multilatérale renouvelée et plus forte.  Si la crise met en danger les progrès vers les objectifs de développement durable, elle offre également une occasion unique de travailler à une « reprise transformatrice » après la COVID-19, qui nous conduit à construire des sociétés plus inclusives basées sur le développement durable où personne n’est laissé de côté.  La réponse à la pandémie doit être fondée sur un nouveau contrat social qui respecte les droits et libertés de tous et offre l’égalité des chances pour tous.  Le Ministre a donc jugé essentiel de renforcer le multilatéralisme pour des sociétés justes et pacifiques, où les jeunes peuvent vivre dans la dignité, les femmes, avoir les mêmes possibilités que les hommes, et les minorités et les groupes vulnérables, être protégés.

CHEIKH ABDULLAH BIN ZAYED AL NAHYAN, Ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale des Émirats arabes unis, a déclaré que la résolution des crises, en particulier dans la région arabe, appelle à une position internationale unifiée, qui rejette la violation de la souveraineté des États et l’ingérence dans leurs affaires intérieures et qui s’attaque aux menaces posées par des groupes terroristes tels que les houthistes, Daech, al-Qaida et les Frères musulmans.  Après avoir réitéré son soutien à l’appel du Secrétaire général en faveur d’un cessez-le-feu mondial, le Ministre a souligné que les buts et principes de la Charte des Nations Unies continuent d’être au cœur de la politique étrangère de son pays, en particulier dans sa quête du rétablissement de la stabilité dans la région.  

Nous avons mis en garde à plusieurs reprises contre les ambitions expansionnistes de certains États de la région, et nous avons constamment appelé la communauté internationale à mettre fin à l’ingérence et à veiller à ce que ceux qui la financent soient comptables de leurs actes, a insisté le Ministre.  Il a expliqué que les tensions au Yémen, en Syrie, en Libye, en Iraq et dans d’autres États sont toutes liées à une ingérence flagrante dans les affaires arabes de la part de ceux qui incitent à la discorde ou qui ont l’ambition de rétablir une « domination coloniale » sur la région arabe et la Corne de l’Afrique.  Nous rappelons notre position ferme qui est de rejeter l’ingérence et demandons le plein respect de la souveraineté nationale.  La stabilité au Yémen, a-t-il poursuivi, peut être rétablie par le cessez-le-feu complet et une solution politique durable, sous les auspices des Nations Unies.  À cet égard, le Ministre a affirmé que la décision de poursuivre le processus politique revient au Yémen et aux Yéménites.  Nous réitérons le soutien des Émirats arabes unis à l’Accord de Riyad et notre appel à une position yéménite unie afin de parvenir à une solution durable, a insisté le Ministre.

Dans le même contexte, il a exprimé sa profonde préoccupation face à l’ingérence militaire de la Turquie en Libye, qui a exacerbé la crise humanitaire, sapé les efforts visant à parvenir à une solution pacifique et déstabilisé toute la région.  Par conséquent, il a appuyé les appels répétés en faveur d’un cessez-le-feu immédiat et a appelé toutes les parties à s’engager dans un processus politique sous les auspices des Nations Unies et à s’appuyer sur les résultats de la Conférence de Berlin.

De même, il a appelé à mettre fin à toute ingérence étrangère dans les affaires syriennes, en estimant qu’un processus politique est le seul moyen de mettre fin à la crise et de protéger la sécurité du peuple.  Pour maintenir les progrès réalisés contre Daech en Syrie et en Irak, il a appelé à la poursuite des efforts visant à reconstruire les zones libérées, au renforcement de l’état de droit dans ces régions et à la protection des communautés contre l’extrémisme et le terrorisme.  

L’appel à la création d’un État palestinien indépendant dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale, conformément aux résolutions internationales pertinentes et au consensus arabe et international, restera « une demande ferme », a insisté le Ministre qui a affirmé que son pays n’a cessé de déployer des efforts par toutes les voies diplomatiques disponibles.  Il a rejeté catégoriquement l’idée d’annexer des territoires palestiniens.  Avec la signature d’un accord de paix « historique » avec Israël, soutenu par les efforts américains, mon pays a été en mesure de geler la décision d’annexer et d’ouvrir une large perspective de paix, s’est enorgueilli le Ministre, avant d’espérer que cet accord de paix sera l’occasion pour les Palestiniens et les Israéliens de reprendre les négociations.

Mettant l’accent sur le règlement pacifique des différends, le Ministre a réitéré la souveraineté de son pays sur les trois îles de la Grande Tumb, Petite Tumb et Abou Moussa, occupées par l’Iran en violation flagrante du droit international et de la Charte des Nations Unies, et au mépris total de tous les documents historiques « qui affirment clairement la souveraineté émiratie et la domination arabe des îles depuis l’antiquité ».   Il a ajouté que les Émirats arabes unis ne cesseront pas de demander à l’Iran de rendre ces territoires à leurs propriétaires légitimes.  Nous appelons l’Iran à régler pacifiquement cette question par des négociations directes, ou la saisine de la Cour internationale de Justice, mais il reste sourd, a accusé le Ministre.

M. HEIKO MAAS, Ministre fédéral des affaires étrangères de l’Allemagne, a rappelé que 30 millions de personnes ont déjà été infectées par le coronavirus, dont près d’un million sont mortes.  Au-delà de ce constat, il a attiré l’attention sur l’impact à long terme du virus, en citant la faim, la pauvreté, les déplacements et les conflits.  C’est pourquoi l’Allemagne a mis de côté plus de trois milliards d’euros cette année pour la gestion des crises mondiales, a précisé M. Maas, en mettant particulièrement l’accent sur les Nations Unies, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale.  Rappelant que l’Allemagne est plus grand exportateur de produits pharmaceutiques au monde, il a dit tenir à une distribution équitable des futurs vaccins et des médicaments contre la COVID-19, reprenant à son compte l’argument du « bien public mondial ».

Le Ministre a mis l’accent sur les priorités de la coopération internationales, à savoir les négociations avec la Fédération de Russie, l’Ukraine et la France qui ont contribué au cessez-le-feu le plus long, depuis le début du conflit en Ukraine.  En Libye aussi, a expliqué le Ministre, nous nous concentrons sur la coopération avec les Nations Unies afin de mettre en œuvre les décisions de la Conférence de Berlin à la lettre.  Il a estimé, par ailleurs, que les derniers développements dans les relations entre Israël et des pays du Golfe sont un motif d’espoir et le fruit d’une coopération « courageuse ».  « J’ai été, a confié le Ministre, en contact étroit avec mes homologues de la Jordanie, de l’Égypte et de la France ces dernières semaines, et nous avons convenu que cette nouvelle dynamique devrait être exploitée par les parties pour de nouvelles négociations crédibles sur une solution des deux États qui, à elle seule, tient la promesse d’une paix durable », a précisé M. Maas. 

Il a aussi expliqué que l’Allemagne soutient les efforts de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour aider le Mali à revenir à un ordre constitutionnel le plus rapidement possible.  M. Maas a dit qu’un nouvel effort international est également nécessaire pour apporter la paix en Syrie.  Un cessez-le-feu national et un processus constitutionnel complet et authentique, comme le prévoit la résolution 2254, sont des conditions préalables à toute discussion sur la reconstruction du pays, a-t-il insisté.

Évoquant l’empoisonnement d’Olexeï Navalny qu’il a qualifié de « problème pour l’ensemble de la communauté internationale », le Ministre a appelé la Fédération de Russie à faire plus pour enquêter sur cette affaire.  Il a prévenu que l’Union européenne se réserve le droit d’imposer des sanctions.  Il a d’ailleurs salué les efforts de l’Europe pour promouvoir l’accord nucléaire avec l’Iran, tout en partageant les préoccupations concernant la fin de l’embargo sur les armes tant que l’Iran menacera Israël et déstabilisera toute la région, du Liban à la Syrie en passant par le Yémen.  Enfin, le Ministre a regretté que le Président du Bélarus ait rejeté toutes les offres d’aide pour atténuer les tensions et continué de marcher sur la voie de la violence et de la répression.

M. WILFRED P. ELRINGTON, Ministre des affaires étrangères de Belize, a assuré que son pays s’emploie assidument à contenir la propagation de la COVID-19. Toutefois, a-t-il reconnu, bien qu’une calamité sanitaire ait pour l’heure été évitée, « nous subissons le pire choc économique de l’histoire de notre pays ».  En réponse à la crise sanitaire, le Gouvernement a mis en place un Comité national de surveillance chargé de superviser les efforts de rétablissement.  Il a aussi établi un groupe de travail COVID-19, qui gère la riposte de santé publique au jour le jour, tout en lançant des programmes de relance pour les secteurs les plus touchés, notamment le tourisme et l’agriculture.  « Mais tous ces efforts ne sont rien comparés à l’ampleur de l’impact de la pandémie », a-t-il concédé, anticipant une contraction de 20 à 25% de la croissance économique de Belize, « soit trois fois la moyenne mondiale ».    

Avant même la pandémie, a précisé le Ministre, Belize faisait face à un recul économique dû à des effets climatiques tels qu’une sécheresse prolongée, affectant la production du secteur primaire, et l’invasion d’algues dans l’espace maritime.  Puis, le 4 septembre, l’ouragan Nana a infligé un nouveau coup au secteur agricole, obligeant le pays à gérer deux graves crises avec des ressources limitées mais une détermination à survivre.  Malheureusement, a-t-il déploré, la réponse internationale continue d’être « tiède », les nations les plus faibles devant supporter le poids des ravages des « faux pas mondiaux ».

Pour M. Erlington, les conséquences de ces « faux pas » se font particulièrement sentir dans les pays en développement, alors même qu’ils sont les « moins coupables ».  En plus d’une « dette débilitante », ces pays paient « des décennies perdues de développement », à mesure que les températures augmentent, et devraient maintenant payer pour leur rétablissement post-COVID-19.  Il s’agit, selon lui, de « la plus grave des injustices sociales » et l’ONU ne peut se permettre de la perpétuer.  Il est donc urgent que les nations se lèvent « à l’unisson » pour relever les défis inscrits dans notre programme multilatéral: éradiquer la pauvreté, assurer notre avenir climatique et garantir les droits de l’homme et la justice pour tous, a-t-il martelé.

Au nom de Belize et des petits États insulaires en développement (PEID), il a présenté un plan en cinq points pour l’ONU.  Il convient tout d’abord d’assurer une bonne reprise, en permettant la transition vers une économie mondiale résiliente au climat et soucieuse de l’environnement.  Mais cet avenir dépend du maintien du réchauffement climatique en-dessous de 1,5°C.  Il faut par conséquent que les principaux émetteurs augmentent leurs ambitions climatiques, a-t-il souligné, avant de saluer l’engagement de la Chine de parvenir à la neutralité carbone d’ici à 2060.  Il a enjoint le Royaume-Uni, en tant que Président de la COP26, l’Union européenne et les États-Unis à présenter leurs « meilleurs plans » avant la fin de l’année, assurant que les PEID sont également résolus à agir.

Le troisième point soumis à l’ONU est l’urgence de protéger la biodiversité, aujourd’hui menacée par la dégradation des écosystèmes.   Si nous échouons à arrêter et à inverser cette tendance, les dommages pour la résilience et la stabilité économiques, sociales et politiques mondiales seront importants et rendront la réalisation des objectifs de développement durable impossible, a-t-il prévenu.  Selon lui, la COVID-19 a changé le « scénario » de la Décennie internationale d’action pour le développement durable, effaçant des années de progrès et aggravant la pauvreté.  De fait, a-t-il plaidé, nous devons être prêts à aider ceux qui s’éloignent des ODD et « dont les jambes ploient sous eux ».   

En quatrième point, M. Erlington a cité la nécessité de ne laisser personne de côté.  Alors qu’ils font face au fardeau de la dette, les PEID voient leurs efforts de redressement et de développement freinés par le fait qu’ils n’ont pas accès aux financements concessionnels.  Il est grand temps, à ses yeux, de remplacer le critère « pervers » du revenu par habitant par un indice de vulnérabilité.  Ce nouveau critère devrait examiner les niveaux de pauvreté, d’endettement et d’exposition aux chocs externes.  Enfin, après avoir réitéré son appel en faveur d’une levée des mesures coercitives unilatérales imposées à Cuba, le Ministre a appelé de ses vœux une réforme des institutions de l’ONU, afin qu’elles soient plus inclusives et fassent progresser la vision d’une responsabilité partagée. 

M. BOGDAN AURESCU, Ministre des affaires étrangères de la Roumanie, a assuré que, 75 ans après la création des Nations Unies, son pays reste un fervent partisan de l’ordre international multilatéral fondé sur des règles, « avec l’ONU en son cœur ».  Alors que la pandémie démontre à nouveau que les défis mondiaux nécessitent une action commune, il nous faut aller de l’avant dans cet engagement collectif, tout en reconstruisant « en mieux et en plus vert », et en promouvant des sociétés inclusives et durables.  Pour y parvenir, a-t-il dit, « nous devons continuer à réformer l’ONU, pour la rendre plus efficace, efficiente et adaptée à son objectif ».

Propice à l’aggravation des clivages à travers le monde et à l’affaiblissement de la démocratie, la pandémie a facilité la propagation de la désinformation et des informations fallacieuses, susceptibles de propager la violence et l’extrémisme, a observé le Ministre.  Face à ces périls, il a jugé opportun de revitaliser l’agenda de sécurité et de paix, avec un fort accent sur la prévention des conflits et la consolidation des processus de paix.  La Roumanie, qui a participé à plusieurs opérations de paix de l’ONU, entend continuer à « jouer son rôle ».  Elle continuera également à promouvoir la coopération entre l’ONU et les différentes organisations de la région de la mer Noire, théâtre d’une « multitude de conflits non résolus », a indiqué le Ministre.

M. Aurescu a estimé que des actions supplémentaires sont nécessaires pour mettre pleinement en œuvre les objectifs de développement durable (ODD).  À cette fin, il convient non seulement de définir des politiques, des budgets et des cadres réglementaires adéquats mais aussi d’impliquer et écouter nos concitoyens, a-t-il prôné.  La Décennie d’action pour les ODD doit également être mise à profit pour travailler ensemble à la protection de la planète et des écosystèmes, a plaidé le Ministre, appelant en outre à une action ferme pour faire face aux urgences climatiques.  « Nous avons tous le devoir, au nom des générations futures, de faire de la COP26 de Glasgow un succès et d’atteindre les objectifs de l’Accord de Paris », a-t-il souligné, voyant dans le Pacte vert de l’Union européenne « un exemple de bonne pratique ».

À l’aune du développement durable, a poursuivi le Ministre, il importe aussi de défendre l’égalité des sexes, essentielle en vue d’une reprise efficace, et de promouvoir l’utilisation de la technologie numérique, élément central de la réponse à la pandémie et de la réalisation des ODD.  L’ONU devrait, selon lui, contribuer à mobiliser tous les acteurs pour garantir un accès ouvert, sûr et abordable à l’infrastructure numérique pour tous.

Jugeant que l’avenir doit faire la part belle à la solidarité, M. Aurescu a indiqué que son pays a mis ce principe en application en participant aux efforts de riposte mondiaux contre la COVID-19.  La Roumanie a également réorienté plusieurs de ses projets de coopération pour venir en aide à ses voisins mais aussi à l’Afrique subsaharienne.  Par ailleurs, elle a inclus les réfugiés dans sa couverture sanitaire et a plus que doublé le nombre de bourses offertes à des étrangers pour l’année universitaire 2020-2021, avec une attention particulière aux étudiants africains.

L’ONU dont nous avons besoin, a conclu le Ministre, doit « assurer un multilatéralisme efficace et mobiliser toutes les parties prenantes », les gouvernements, le secteur financier, le monde universitaire et la société civile.

« Le monde est à la croisée des chemins », a constaté M. OSMAN SALEH MOHAMMED, Ministre des affaires étrangères de l’Érythrée, en évoquant la pandémie de COVID-19 et son incalculable bilan humain.  Il a rappelé que, l’an dernier, à la tribune de l’Assemblée générale, il avait parlé d’un monde « à l’aube d’un nouvel ordre mondial » où « l’équilibre des pouvoirs économiques est en train de changer inexorablement ».  S’agissant de l’Afrique, il avait appelé la communauté internationale à la plus grande attention face au pillage des ressources, à l’intensification des conflits, en dépit des soi-disant efforts de prévention et de résolution, et à la marginalisation de près d’un milliard d’Africains due à la « collusion de prédateurs externes, de leurs substituts locaux et d’entités d’intérêts spéciaux corrompues ».  

En ce qui concerne la situation dans la région de la Corne de l’Afrique et de la mer Rouge, son discours de l’an dernier faisait état d’une « triste réalité », contrastant avec les espoirs d’intégration régionale des années 1990.  Là encore, avait-il souligné, « une grande partie de la responsabilité incombe aux acteurs locaux corrompus ». 

Dans le contexte actuel, « quelles tendances nouvelles et prometteuses pouvons-nous invoquer en dehors des appels sincères à une plus grande efficacité, formulés solennellement presque chaque année? », s’est-il interrogé.  Hélas, a-t-il répondu, ce qui est nouveau cette année, c’est cette « déprimante calamité » et les énormes pertes en vies humaines qu’elle provoque à travers le monde. 

Au-delà de ses « dimensions angoissantes », la pandémie a mis en évidence « les défauts structurels et les carences d’un ordre mondial économique et sécuritaire précaire », a-t-il souligné.  « Elle a démystifié les explications et les récits fallacieux colportés dans le passé pour embellir et rationaliser un ordre mondial largement dysfonctionnel », a encore relevé le Ministre, y voyant un « rappel coûteux qu’il nous faut changer nos habitudes ».

À ses yeux, « les idéaux d’une paix mondiale durable, de la stabilité et de la prospérité ne peuvent s’épanouir que sur l’édifice d’une organisation mondiale robuste capable de relever tous ces défis ».  Il a par conséquent réitéré son appel au renforcement et à la refonte du « système marginalisé » des Nations Unies, dont l’autorité et l’efficacité ont, selon lui, été « corrodées » au cours des dernières décennies.

M. KYAW TINT SWE, Ministre du Conseil d’État du Myanmar, a rappelé que le Myanmar a connu, il y a quatre ans, l’élection de son premier Gouvernement civil et mis fin à plus de cinq décennies de régime militaire absolu.  Alors que le peuple du Myanmar se rendra à nouveau aux urnes dans un mois, M. Kyaw Tint Swe s’est félicité de la mise en place d’un système politique qui repose sur les bulletins de vote plutôt que sur les balles.  « Chaque pays en transition démocratique traverse une période difficile et le Myanmar ne fait pas exception », a-t-il dit, parlant d’un pays aux prises avec de nombreux défis, notamment la poursuite des conflits ethniques, les questions anciennes, nouvelles et complexes dans l’État rakhine et, en plus de tout cela, les défis posés par la pandémie de COVID-19. 

Si le peuple du Myanmar a commencé à jouir de la liberté et des droits démocratiques, M. Kyaw Tint Swe a précisé que ce n’est que lorsque la Constitution de 2008 pourra être révisée que le Myanmar pourra garantir le plein droit démocratique à son peuple.  Le Ministre a tenu, malgré les défis, à saluer les améliorations visibles dans de nombreux domaines, y compris la santé, l’éducation, les infrastructures, le développement socioéconomique et la bonne gouvernance. 

Par ailleurs, M. Kyaw Tint Swe a assuré de la volonté du Gouvernement de parvenir à une paix durable, à une véritable réconciliation nationale et un développement total.  À cette fin, le Gouvernement a convoqué avec succès quatre sessions de la Conférence de la paix de l’Union.  En conséquence, la troisième partie de l’Accord de l’Union, qui comprend des principes directeurs fondamentaux pour l’avenir de l’Union, a été signée par les délégations participantes.  Ces principes définiront la voie à suivre pour l’édification d’une union fédérale démocratique, quel que soit le gouvernement à la barre. 

« Lorsque le Gouvernement civil a pris ses fonctions en mars 2016, il a identifié les principales priorités à prendre en compte, dont la situation complexe de l’État rakhine », a-t-il précisé.  Il a estimé que les migrations transfrontalières et les cycles de violence intercommunautaire ont semé une méfiance et une peur mutuelles profondément enracinées entre les différentes communautés.  Reconnaissant qu’une approche globale était nécessaire pour assurer une paix durable, dans l’État rakhine, le Gouvernement a pris de nombreuses mesures dont la création d’une commission sous les auspices de Kofi Annan, ancien Secrétaire général de l’ONU, qui a laissé un héritage de 88 recommandations visant à trouver des solutions durables.  

Le Ministre a mis l’accent sur cinq domaines prioritaires en citant les questions de citoyenneté, de liberté de circulation, de fermeture des camps de déplacés, d’éducation et de services de santé.  Il a précisé que ces activités se poursuivent jusqu’à nos jours dans les limites de la pandémie de COVID et du conflit armé déclenché par l’Armée arakan (AA) dans l’État rakhine.  Il a expliqué que pour résoudre le problème, le Gouvernement s’est concentré sur la situation humanitaire, le rapatriement, la réinstallation, la réconciliation et le développement, en accordant un accès humanitaire aux organisations internationales, telles que le Programme alimentaire mondiale (PAM), le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). 

M. ABDULLA SHAHID, Ministre des affaires étrangères des Maldives, a réaffirmé l’attachement de son pays au multilatéralisme en général et à l’ONU en particulier.  Il a également rendu hommage à tous ceux qui luttent contre la pandémie de COVID-19, une crise sanitaire mondiale qui a arrêté l’activité de son pays du jour au lendemain.  Sans touristes, les revenus ont diminué et la dette a augmenté, a-t-il expliqué, ajoutant que l’économie nationale est sur le point de se contracter pour la première fois depuis 10 ans.

En riposte à cette crise sans précédent, a poursuivi le Ministre, les Maldives ont décrété l’état d’urgence sanitaire.  Le Président Solih a établi un centre national d’opérations d’urgence, qu’il a lui-même présidé.  La deuxième priorité a été de minimiser le choc pour l’économie et de soutenir les ménages et les entreprises.  En outre, un groupe de travail national a été constitué pour préparer le redressement et éviter que les progrès en matière de développement ne soient effacés par les effets de la pandémie. 

Pour M. Shahid, plusieurs leçons peuvent déjà être tirées de cette expérience.  Tout d’abord, aucun pays n’a été épargné par l’impact de la pandémie mais tous n’ont pas été touchés de la même façon.  « Dans des pays comme le mien, où la contribution du secteur du tourisme représente directement et indirectement 75% du PIB, la perte a été incommensurable », a-t-il souligné.  Ensuite, compte tenu du poids de la dette sur les économies, les petits États insulaires en développement (PEID) ont besoin d’un meilleur accès aux financements concessionnels, qui tiennent compte de leurs vulnérabilités.

La pandémie a aussi mis en évidence l’importance de la coopération mondiale.  « Aux Maldives, sans le soutien de nos amis, de nos partenaires bilatéraux et multilatéraux, nous ne pourrions pas continuer à résister à cette tempête », a-t-il reconnu, exprimant l’espoir que le vaccin en développement contre la COVID-19 soit accessible à tous et de manière équitable.

Le Ministre a ensuite longuement évoqué la grave menace que représentent les changements climatiques pour des pays comme le sien.  Le nombre d’îles nécessitant une protection côtière d’urgence et des secours en cas d’inondation ou de catastrophe augmente chaque année, a-t-il averti, signalant aussi une tendance à la hausse des événements à évolution lente tels que l’élévation du niveau de la mer.  « Pour nous, c’est une réalité vécue » De fait, a expliqué M. Shahid, notre espoir repose dans la réalisation des ambitions de l’Accord de Paris et dans la facilitation du financement de l’adaptation climatique.  

Une action significative est également nécessaire pour protéger l’océan, dont dépend la survie de millions de personnes, a encore relevé le Ministre, faisant observer que les Maldiviens veillent sur plus de 90 000 km2 de l’océan Indien.  Il est notamment essentiel de lutter contre les effets néfastes de la pollution plastique, a-t-il affirmé, avant de rappeler l’engagement de son pays auprès de la « Global Ocean Alliance » pour atteindre l’objectif mondial de protection de 30% de l’océan dans les années à venir.

Enfin, il a souligné l’engagement fort de son Président en faveur de la promotion et de la protection des droits de l’homme.  Parmi les principales conventions relatives à ces droits, les Maldives en ont ratifié sept et ont retiré plusieurs réserves concernant la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes.  Nous ratifierons également la Convention sur les disparitions forcées dans les prochains mois, a assuré le Ministre.

M. SRĐAN DARMANOVIĆ, Ministre des affaires étrangères du Monténégro, a dit que face aux menaces à la paix et à la sécurité internationales, et à la pandémie de COVID-19, il est nécessaire de préserver le multilatéralisme, en tant que seule modalité d’action possible pour régler les problèmes et relever les défis mondiaux.  La pandémie de COVID-19 rappelle l’importance de trouver des solutions mondiales, a ajouté le Ministre qui a demandé que l’on « tire quelque chose de bon » de toutes ces difficultés.  À l’heure où l’on assiste à une tendance négative à l’unilatéralisme et au protectionnisme, et à une déviation croissante du multilatéralisme, M. Darmanović, a encouragé l’ONU à défendre la paix et la stabilité.  Mais, a-t-il prévenu, des réformes sont nécessaires, y compris une réforme globale du Conseil de sécurité et la revitalisation de l’Assemblée générale, pour une ONU plus efficace, transparente, démocratique et responsable, dans laquelle toutes les parties du monde seraient représentées de manière égale.

Le Monténégro, a dit le Ministre, soutient l’appel du Secrétaire général en faveur d’un cessez-le-feu mondial pendant la pandémie actuelle.  Mais, a-t-il indiqué, réagir après le déclenchement d’un conflit ou d’une crise ne suffit pas.  Il faut accorder plus d’attention à la prévention des conflits, à la radicalisation et à l’extrémisme violent en travaillant à des sociétés impartiales et plus inclusives qui offrent à tous l’égalité des chances et protègent les groupes marginalisés et les plus vulnérables, principalement les femmes et les jeunes.

Le Monténégro, a poursuivi le Ministre, appuie la mise en œuvre des instruments internationaux dans le domaine du désarmement et du contrôle des armements.  Il continuera de promouvoir l’intégration des droits de l’homme et des perspectives sexospécifiques dans tous les aspects du fonctionnement des Nations Unies.  Le Monténégro tient à une meilleure synergie entre le Conseil des droits de l’homme, l’Assemblée générale et le Conseil de sécurité.  S’agissant des objectifs de développement durable, le Ministre a jugé que le moment est venu de passer de la parole aux actes d’autant que la pandémie de COVID-19 affectera la réalisation des objectifs fixés.

Cette pandémie, a-t-il conclu, a également confirmé que la mise en œuvre intégrale du Programme 2030 et de l’Accord de Paris sont essentielles pour préparer le monde aux futurs chocs systémiques. Les efforts visant à atteindre la couverture sanitaire universelle et à assurer l’accès à un système de santé de qualité, abordable, inclusif et résilient doivent être intensifiés. Afin de bâtir des économies plus inclusives, plus vertes et plus durables, a ajouté le Ministre, il faut des modèles de reprise qui ont le plus grand potentiel de transformer le monde et de faire avancer le développement durable.  M. Darmanović n’a pas manqué de saluer le fait que son pays soit en bonne voie d’intégrer la communauté européenne.  L’avenir des Balkans occidentaux, se trouve en Europe, et ce n’est qu’en consolidant une telle position que nous pourrons être des partenaires responsables de la communauté internationale, argué le Ministre.

M. ISMAIL OULD CHEIKH AHMED, Ministre des affaires étrangères et de la coopération de la Mauritanie, a rappelé combien la crise sanitaire actuelle a affecté « tous les aspects de la vie », en plus de faire des centaines de milliers de victimes à travers le monde et de provoquer une « paralysie » de l’économie planétaire.  Cette crise a également révélé la faiblesse des approches nationales actuelles, a estimé le Ministre, appelant les États Membres à mutualiser leurs efforts pour minimiser les effets de la pandémie dans les pays en développement.

En Mauritanie, le dirigeant a indiqué que les autorités se sont attachées à surveiller les marchés locaux pour éviter une flambée des prix, à garantir la disponibilité de médicaments essentiels à des prix fixes et à fournir un appui à la population.  Toutefois, il a ajouté que la COVID-19 a entraîné une baisse du taux de croissance qui a provoqué, à son tour, une baisse des rentrées fiscales, une augmentation des dépenses publiques et, de fil en aiguille, un creusement de la dette.  Le Ministre a par conséquent insisté sur l’importance d’un allégement de la dette, notamment pour les pays d’Afrique.

Rentrant dans le détail du plan de relance économique du pays, le dirigeant mauritanien a estimé qu’il devrait permettre de parvenir à une croissance nationale dont chacun récolterait les fruits, dans le respect de l’environnement, afin d’atteindre les objectifs de développement durable.  Il a notamment indiqué que l’État investit en priorité dans l’éducation, la santé, la cohésion sociale et la bonne gouvernance.  Le Ministre a également insisté sur les efforts du pays en matière de promotion du rôle de la femme et sa participation à la vie publique et politique.  De manière générale, a-t-il affirmé, la Mauritanie tente de consolider la démocratie, les droits de l’homme et des libertés individuelles et collectives.

« Il ne saurait y avoir de développement sans sécurité, et inversement », a par ailleurs déclaré le Ministre.  En ce sens, il a indiqué que son pays s’est doté d’une stratégie « efficace » de lutte contre le terrorisme, grâce à une approche qui tienne compte des dimensions sécuritaire, idéologique, économique et sociale.  Le pays dispose ainsi, selon lui, d’une feuille de route pour neutraliser le terrorisme et tarir ses sources de financement.

Sur le plan régional, le Ministre a rappelé la médiation de la Mauritanie pour obtenir que l’ex-Président malien, M. Ibrahim Boubacar Keïta, puisse se faire soigner à l’étranger.  Il a également indiqué que son pays est engagé auprès des autorités maliennes actuelles et de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), pour parvenir à un retour à l’ordre constitutionnel dans le pays. 

La pandémie de COVID-19 a imposé d’énormes changements dans notre vie quotidienne, a reconnu M. SAYYID BADR BIN HAMAD BIN HAMOOD ALBUSAIDI, Ministre des affaires étrangères d’Oman.  Cependant, a-t-il recommandé, il faut s’adapter à de nouveaux modes de vie et rester optimiste.  La communauté internationale doit veiller à ce que les ressources pour lutter contre la pandémie, en particulier les vaccins, soient équitablement réparties, en particulier dans les régions les moins développées, où les installations médicales sont limitées.  La pandémie de COVID-19 ayant créé des défis économiques, Oman appelle également les bailleurs de fonds à tout mettre en œuvre pour faciliter le processus de restructuration de la dette.

M. Albusaidi a réitéré le soutien de son pays aux revendications « légitimes et justes » du peuple palestinien et à la création d’un État indépendant de Palestine, avec Jérusalem-Est comme capitale.  Par ailleurs, Oman appelle toutes les parties au Yémen à se rassembler autour de la table des négociations, afin de parvenir à une solution pacifique et consensuelle au conflit en cours.  À cet égard, M. Albusaidi a demandé à tous d’appuyer les efforts de l’Envoyé spécial du Secrétaire général pour le Yémen.  Il a appelé la communauté internationale à redoubler d’efforts pour acheminer une aide humanitaire, en raison de la situation critique et des souffrances de la population. 

Oman exprime également son soutien au Liban, qui a besoin d’assistance pour se reconstruire après la récente explosion dans le port de Beyrouth.  En ce qui concerne la Libye, M. Albusaidi s’est félicité de l’accord de cessez-le-feu et des travaux visant à mettre en place les mécanismes pour la reprise des opérations de production et d’exportation de pétrole, et pour la gestion des revenus générés au profit du peuple libyen.

Cette année, a expliqué M. Albusaidi, Oman a pris des mesures importantes pour restructurer et moderniser son appareil administratif, dans le cadre de sa Vision 2020-2040.  Les principes de l’économie de marché guident le système économique de son pays, a-t-il indiqué.  Le rôle d’Oman dans le commerce international au XXIe siècle devrait être renforcé, du fait également de sa stabilité politique, de son potentiel touristique et des opportunités d’investissement.

M. BENJAMIN NETANYAHU, Premier Ministre d’Israël, a savouré le plaisir d’annoncer, « pour une fois », une bonne nouvelle du Moyen-Orient.  Il a parlé de la signature le 13 août dernier à la Maison Blanche, sous l’égide du Président américain, M. Donald Trump, d’accords « historiques » avec les Émirats arabes unis et Bahreïn lesquels reconnaissent désormais l’État hébreu.  Il s’agit du premier traité de paix entre Israël et un pays arabe depuis 25 ans et nous avons même eu deux traités de paix signés en un jour, s’est félicité le Premier Ministre qui a précisé que ces accords concernent la coopération en matière de transport, de tourisme et de nombreux autres domaines.  Il a espéré que d’autres pays arabes se joindront à ces accords.

Après avoir salué le soutien du Président américain à cette avancée, le Premier Ministre a dénoncé le fait que les progrès aient été si longtemps pris en otage par les Palestiniens qui exigeaient l’expulsion de dizaines de milliers de familles israéliennes et le retour de millions de réfugiés qui avaient fui à cause des guerres « voulues par des pays arabes ».  Le Premier Ministre a regretté que de nombreux partenaires aient perdu du temps à essayer de convaincre son pays d’accepter « ces revendications inacceptables ».  Il a remercié le Président Trump qui a reconnu la souveraineté d’Israël sur le plateau du Golan et Jérusalem, comme capitale de l’État hébreu. 

M. Netanyahu s’est donc félicité que deux États arabes aient accepté d’élargir « le cercle de la paix » qui rend plus probable un traité de paix israélo-palestinien.  Je suis prêt à négocier sur la base du « Plan Trump » pour réaliser la paix, a dit le Premier Ministre, sans oublier d’ajouter que « le plus grand ennemi de la paix au Moyen-Orient, c’est l’Iran ». 

Rappelant qu’une puissante explosion a secoué mardi après-midi un bâtiment du mouvement chiite armé Hezbollah dans le sud-Liban, un mois après les explosions dans Beyrouth, le Premier Ministre a prévenu des risques qu’encourent les habitants du quartier de Janna, près de l’aéroport de Beyrouth, où le Hezbollah a installé un dépôt d’explosif et de missiles.  Il a conseillé aux habitants de ce quartier de protester et d’obtenir du Hezbollah qu’il cesse d’utiliser le Liban et les Libanais comme « bouclier humain ».

Le Premier Ministre a aussi félicité le Président Trump pour s’être retiré de l’accord sur le nucléaire iranien qu’il a qualifié « d’accord bancal » qui n’empêchera pas l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire.  L’Iran, a-t-il prévenu, aura assez d’uranium enrichi d’ici deux mois pour construire deux bombes nucléaires.  Ce pays, a accusé le Premier Ministre, cherche à se doter de l’arme nucléaire, comme en attestent des « preuves irréfutables ».  Le Premier Ministre a affirmé que son pays ripostera lourdement et rapidement à toute menace iranienne.  « Nous avons ouvert la cage du tigre », en signant cet accord, a estimé le Premier Ministre qui a dénoncé la passivité du Conseil de sécurité face à « ce danger ».  « Nous, Israël et pays arabes, sommes unis », contrairement au Conseil, a déclaré le Premier Ministre, avant d’exhorter ledit Conseil à se tenir aux côtés des États-Unis pour contrer la menace iranienne, « la menace la plus grave dans la région ». 

M. AURÉLIEN A. AGBENONCI, Ministre des affaires étrangères du Bénin, a expliqué qu’avec l’adhésion de son peuple et le soutien de la communauté internationale, son pays poursuit ses efforts pour faire face à la pandémie, à ses conséquences et surtout pour assurer la relance de son économie qui est fortement affectée.  Combattre efficacement ce fléau requiert une réponse internationale coordonnée et une coopération renforcée à l’échelle planétaire, a estimé M. Agbenonci, réaffirmant dans la foulée son attachement à la promotion et au renforcement du multilatéralisme.

Il a mis l’accent sur la nécessaire mise en place urgente d’un programme global pour vaincre la pauvreté extrême à travers une action collective et volontariste.  Le multilatéralisme qui a permis aux Nations Unies de doter le monde de l’Accord de Paris sur le climat, devrait être l’outil adéquat pour atteindre cet objectif.  Le Président béninois a salué, à cet égard, les réformes courageuses entreprises par le Secrétaire général pour le repositionnement du système des Nations Unies pour le développement.  Son pays soutient également sans équivoque les négociations intergouvernementales sur la réforme du Conseil de sécurité qui permettra de réparer « l’injustice historique faite à l’Afrique », seul continent non représenté au sein de ce Conseil au titre des membres permanents. 

Depuis avril 2016, le Bénin s’est engagé dans des réformes profondes aux plans politique et économique, destinées à assainir son économie, à créer un environnement favorable à l’investissement, à lutter contre la corruption et la prévarication.  Le Bénin a décidé de rompre avec les erreurs et errements du passé pour s’engager dans une gouvernance rigoureuse et sans compromission dans tous les secteurs.  Le Gouvernement conduit méthodiquement la mise en œuvre de réformes majeures à travers son Programme d’actions dont les objectifs sont en adéquation avec les ODD.  Les résultats obtenus, aussi bien sur le plan national qu’international, ont convaincu le peuple béninois qu’avec un peu de sérieux et de rigueur, il est possible de sortir de l’ornière pour retrouver le chemin du développement et de la prospérité.  Le programme d’action accorde notamment une importance de premier ordre à la préservation de l’environnement et à la transition énergétique.

Avant de conclure, l’orateur est revenu sur la situation sécuritaire de la sous-région du Bénin, une situation qui nécessite, selon lui, une conjugaison d’efforts et une mutualisation des actions pour y faire face.  Il a salué le Plan d’action 2020-2024 de la CEDEAO en vue d’induire une lutte efficace et intégrée contre le fléau du terrorisme dans la sous-région ouest-africaine, et a témoigné la solidarité du Bénin aux pays membres du G5 Sahel avant de lancer un appel à la communauté internationale pour qu’elle appuie les efforts régionaux par un soutien accru à la lutte contre le terrorisme en Afrique.

La pandémie de COVID-19, a déclaré M. DENIS MONCADA COLINDRES, Ministre des relations étrangères du Nicaragua, a mis à rude épreuve l’humanité et pourrait aggraver toutes les crises qu’elle connaît en raison d’un système économique injuste qui foule au pied la dignité de l’être humain.  « Nous devons de toute urgence refonder l’ONU, afin de servir les peuples et non pas les grandes puissances hégémoniques de cette planète », a-t-il fait valoir.  Il faut pouvoir compter sur une véritable alliance mondiale, pour atteindre les objectifs de développement durable d’ici à 10 ans.

Le Nicaragua, a assuré M. Moncada Colindres, ne cessera jamais de promouvoir une culture de paix, y compris en Amérique centrale et dans la région.  À cette fin, il a lancé un appel pour que se poursuivent les efforts mondiaux en faveur de migrations ordonnées, sûres et régulières.  Ensuite, a-t-il plaidé, il ne faut pas perdre de vue la menace existentielle que représentent les changements climatiques.  Le Nicaragua appelle également à un désarmement général et complet.

Les mesures coercitives unilatérales imposées par les États-Unis doivent cesser, a martelé le Ministre.  Il a condamné les attaques répétées contre son pays, et contre le Venezuela et Cuba, « fondées sur l’ingérence et l’impérialisme ».  M. Moncada Colindres a insisté sur l’importance de la défense des droits du peuple vénézuélien et salué la résistance du Président Nicolas Maduro.  Il a dénoncé toute politisation du système de l’ONU, les États-Unis voulant faire des organes onusiens « autant d’instruments au service de leurs intérêts propres ».  Il a notamment jugé déficients les rapports du Conseil des droits de l’homme sur son pays.

« Nous appelons à la décolonisation de notre continent », a continué le Ministre nicaraguayen, en évoquant le statut de Porto Rico et la restitution des îles Malvinas à l’Argentine.  Nous devons défendre le principe du dialogue et de la négociation, a-t-il ajouté, et le non-recours à la menace de l’utilisation de la force.  Ce n’est qu’unis et animés d’un esprit de solidarité et d’amour que nous réussirons à relever les défis colossaux auxquels l’humanité fait face, a-t-il argué.  Il faut se doter d’un nouveau modèle économique international, en accordant la priorité à la santé, droit universel de l’humanité, et en consacrant à la vie et à la paix les ressources habituellement dédiées à la guerre.

M. PEDRO BROLO VILA, Ministre des affaires étrangères du Guatemala, reconnaissant que personne ne sera en sécurité tant que tout le monde ne le sera pas, a exprimé l’intérêt de son pays pour un accès immédiat et équitable à un vaccin, et s’est dit prêt à coopérer à sa distribution dans les pays de la région, en particulier en Amérique centrale.

Malgré la promulgation rapide de l’état de catastrophe et la création d’une commission spécifique pour la prévention du coronavirus, le Guatemala a été gravement touché par la COVID-19, a témoigné M. Brolo Vila.  « Dans le domaine de la santé, nous avons trouvé un système abandonné, oublié pendant de nombreuses années », a-t-il avoué.  Cette situation a obligé le Gouvernement à mettre en œuvre des plans « agressifs » de relèvement dès le premier jour.  Nous avons rénové les hôpitaux existants et en avons activé cinq autres en un temps record, dans différentes régions du pays, a précisé M. Brolo Vila.  Nous avons augmenté le nombre de lits à plus de 2 000 au cours des derniers mois, ainsi que les ressources et les capacités nécessaires pour fournir des soins médicaux en temps opportun à la population.

Dans le domaine économique, a encore expliqué le Ministre, la loi de sauvetage économique pour les familles touchées par la COVID-19 a été promulguée, et un fonds d’obligations pour les familles a été créé, comme mesure de compensation sociale visant à atténuer les effets de la crise.  De même, la prime de protection du travail aide les entreprises en difficulté à garantir un revenu à leur personnel.  Dans le cas des microentreprises et petites et moyennes entreprises, le Gouvernement promeut des programmes d’octroi de prêts à des conditions avantageuses pour résoudre les problèmes de liquidités et éviter les saisies.

Cette pandémie a exacerbé l’un des problèmes les plus difficiles au Guatemala, la malnutrition chronique, a poursuivi M. Brolo Vila.  Un programme de livraison de nourriture de base aux familles vulnérables ou à celles qui vivent dans des zones à risque a été mis en place.  De façon générale, le Gouvernement met en œuvre la « Grande Croisade Nationale pour la Nutrition ».  Cette initiative vise à unir tous les secteurs du pays afin d’améliorer l’état nutritionnel des familles guatémaltèques, en mettant l’accent sur les zones les plus pauvres et les plus marginalisées.

Le Ministre a ensuite mis l’accent sur le sort des migrants, « une partie importante de la population qui continue de souffrir d’abus et de discriminations injustifiées en raison de son origine ».  Il y a deux ans, a-t-il rappelé, le Guatemala, avec d’autres États amis, a lancé l’initiative de la Journée internationale des envois de fonds à la famille, célébrée le 16 juin.  En raison de notre situation géographique, nous sommes un pays d’origine, de transit, de destination et de retour, a-t-il souligné.  Profondément attaché au respect des droits des migrants, il a exhorté la communauté internationale à éviter la criminalisation de la population migrante.  C’est pourquoi le Guatemala promeut un accord avec le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) pour créer une plateforme viable de dialogue et d’échange de propositions qui permettra une meilleure prise en charge de la population migrante rapatriée.

M. KENNETH DARROUX, Ministre des affaires étrangères de la Dominique, a dit que le premier cas de COVID-19, dans le pays, a été détecté le 20 mars 2020.  À ce jour, 30 cas ont été confirmés et aucun mort n’est à déplorer, a ajouté le Ministre.  Le Gouvernement a pris des mesures pour préserver la santé publique dont la fermeture des frontières, a indiqué M. Darroux qui a souligné la mise en place de mesures d’atténuation de l’impact de la pandémie sur la vie économique.  C’est la raison pour laquelle, la Dominique est le pays qui a le mieux résisté à la COVID-19, s’est réjoui le Ministre.  Toutefois, a-t-il poursuivi, le Gouvernement se prépare à une deuxième vague, « très préoccupante » car elle fait courir le risque de perdre toute une génération. 

Notant que l’économie de son pays repose en partie sur l’industrie touristique, il a reconnu que la pandémie a frappé ce secteur de plein fouet.  Il a aussi dénoncé les difficultés et les inégalités d’accès aux financements internationaux.  Il faut, a-t-il martelé, aider les petits États comme la Dominique à accéder à ces financements pour qu’ils puissent renforcer leur résilience aux changements climatiques.  La Dominique, a déclaré le Ministre, a élaboré sa Stratégie nationale de résilience après le passage en 2017 de l’ouragan Maria.  La situation est « grave », a-t-il souligné, et « l’appui à la résilience climatique nous est essentiel ».  Par ailleurs, le Ministre n’a pas hésité à proposer l’octroi du Prix Nobel de médecine aux médecins cubains qui ont apporté leur aide à moins 40 pays du monde pendant la COVID-19.  Le Ministre a appelé à la levée du blocus « injuste » des États-Unis contre Cuba et a conclu en estimant que cette crise a montré que nous sommes tous vulnérables et que notre vie peut changer du jour au lendemain.  « Voilà une raison de plus en faveur de l’accès des petits pays comme la Dominique au vaccin contre le virus. »

M. OTHMAN JERANDI, Ministre des affaires étrangères de la Tunisie, a souligné les défis posés par la pandémie de COVID-19 et ses retombées négatives sur la paix et la sécurité dans le monde, appelant à davantage de coopération internationale et à un multilatéralisme plus efficace.  Le Ministre a redit l’attachement de la Tunisie à la Charte des Nations Unies.  En tant que membre du Conseil de sécurité, le pays participe aux efforts collectifs visant la paix et la sécurité internationales, en donnant notamment la priorité à la diplomatie préventive. 

L’une des priorités pour rétablir la paix et la sécurité régionale et internationale reste le règlement de la question de Palestine, sur la base des résolutions internationales, a fait valoir le Ministre.  Il a également exprimé ses préoccupations face à la situation en Libye et appelé à la fin des ingérences étrangères « dans ce pays voisin ».  Après avoir salué le récent accord de cessez-le-feu, le Ministre et a appelé de ses vœux un règlement politique à travers un dialogue intralibyen sous l’égide des Nations Unies.

Malgré les retombées négatives de la pandémie de COVID-19 sur la réalisation du Programme 2030, le Ministre a assuré que la Tunisie fera tout son possible pour réaliser les objectifs fixés et lever les obstacles sur ce chemin, aux côtés de ses « frères africains ».  À cet égard, le Ministre a appelé la communauté internationale à soutenir l’initiative Faire taire les armes de l’Union africaine et a mis en garde contre l’instrumentalisation de cette pandémie par les groupes terroristes.  La menace terroriste n’a pas disparu, a-t-il mis en garde, et elle nous appelle à coordonner davantage nos efforts à tous les niveaux, « surtout pour protéger les jeunes », a conclu le Ministre.

M. NAYIB ARMANDO BUKELE, Président d’El Salvador, a rappelé que lors de son intervention à la soixante-quatorzième session de l’Assemblée générale, il avait souligné la nécessité de modifier le format du débat général et, en raison de la pandémie, ce format a effectivement changé, « mais pas tant que ça ».  M. Bukele a estimé que l’Assemblée est devenue « si peu pertinente » que plus personne ne sait à quel point elle l’est.  « Le monde change et si vous ne changez pas, vous risquez de devenir obsolète », a-t-il averti.  Mes propos peuvent être durs, mais je souhaite voir l’Assemblée changer pour qu’elle survive et devienne un formidable outil pour l’humanité.  

Décrivant la pandémie comme l’une des plus grandes crises de l’histoire moderne, il a remercié les États-Unis et le Japon pour avoir aidé à renforcer la riposte de son pays.  Mais cette assistance a été essentiellement bilatérale et n’a pas été effectuée dans le cadre du système des Nations Unies où il y a eu « un manque de leadership » pour rassembler le monde.  L’ONU doit se préparer à la prochaine menace mondiale, a dit M. Bukele. 

Lorsque j’étais enfant, « et il n’y a pas si longtemps », les jeunes imaginaient l’avenir, comme un monde multiculturel avec des voitures volantes et des robots accomplissant des tâches abandonnées par les humains.  Mais aujourd’hui, pour les jeunes, l’avenir, ce sont les guerres, les catastrophes naturelles et les sociétés dystopiques.  Pourtant, s’est désolé M.  Bukele, des millions de personnes se promènent avec des iPhones plus puissants que les superordinateurs des années 1970, 1980 et 1990. 

Des milliards d’ordinateurs sont connectés par le plus grand réseau de l’histoire de l’humanité dont le potentiel n’est pas « entièrement compris » et qui nous permet de nous mettre en rapport avec les esprits les plus brillants.  Imaginez ce que nous parviendrions à faire si tout le monde s´y mettait, a-t-il lancé, évoquant notamment la course au développement des vaccins pour la COVID-19. 

S’attardant sur la situation nationales, M. Bukele a indiqué qu’El Salvador est en passe de construire un système de santé de premier plan, dans un contexte où les indicateurs de l’insécurité ont considérablement diminué.  Neuf vies sont épargnées chaque jour, s’est-il félicité, relevant qu’il y a deux ans, El Salvador était considéré comme l’un des pays les plus dangereux au monde.  Nous travaillons à la conception et à l’édification d’une « société modèle » pour le monde entier, a-t-il affirmé, invitant les penseurs, les concepteurs et les entrepreneurs  à faire partie du « miracle salvadorien ».  « Nous sommes un pays en construction », doté d’un Gouvernement tourné vers l’avenir.  L’humanité, a-t-il affirmé, a les outils pour se rapprocher un peu plus de la bonne direction et, en travaillant ensemble, nous pourrons parvenir à un âge d’or de l’humanité, a conclu M.  Bukele. 

M. C. PETER DAVID, Ministre des affaires étrangères et de l’emploi de la Grenade, a averti que les défis croissants auxquels nous sommes aujourd’hui confrontés en tant que communauté mondiale, tels que la pauvreté, le manque d’éducation et les changements climatiques, ont été aggravés par cette redoutable pandémie.  Cela risque de compromettre les progrès accomplis dans la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030 et la réalisation les objectifs de développement durable.  Il s’agit là de problèmes qui ne peuvent être réglés par les États Membres individuellement et qui exigent des efforts collectifs, ciblés et stratégiques, a affirmé le Ministre.  Aujourd’hui, « les Nations Unies dont nous avons besoin sont des Nations Unies qui respectent, promeuvent et encouragent la solidarité et l’action commune; des Nations Unies qui encouragent l’égalité et le respect pour toute l’humanité; des Nations Unies qui protègent les populations des effets de l’unilatéralisme; enfin des Nations Unies qui restent les défenseurs du développement durable pour tous les peuples », a déclaré M. David.

Il a saisi cette occasion pour attirer l’attention sur l’impact négatif de la COVID-19 sur l’économie des petits États, en particulier des petits États insulaires en développement, et sur la réalisation des objectifs de développement durable.  La Grenade, par exemple, est confrontée aux effets dévastateurs de la pandémie et à une croissance négative, qui est largement due à l’impact significatif sur les secteurs du tourisme, de la construction et de l’éducation.  Cela a entraîné une baisse drastique des recettes publiques, a expliqué le Ministre.  Le Gouvernement puise donc dans ses réserves et sollicite l’aide internationale pour financer les déficits et soulager ses citoyens, tout en poursuivant la lutte contre ce « virus mortel », a-t-il expliqué.  L’île a déjà attiré des organisations financières internationales et régionales et des gouvernements amis, mais elle continue à chercher d’autres sources de financement sous la forme de dons et de prêts à des conditions concessionnelles.  Le pays explore aussi les options d’allégement de sa dette.

Cependant il est indéniable que malgré les meilleurs efforts des gouvernements, ce fléau mondial sans précédent a un impact économique et social si profond et si durable sur des États déjà vulnérables qu’il est urgent de renforcer la coopération internationale, a souligné M. David, ajoutant que l’ONU est l’organisation la mieux placée pour relever ce défi.  Au nom du multilatéralisme, il a appelé à la levée de l’embargo contre Cuba, rappelant que ce pays a apporté son aide médicale à la Grenade et d’autres nations des Caraïbes et ailleurs pendant cette pandémie.  Dans l’environnement mondial actuel, nous devons être toujours plus conscients du fait que l’intégration au processus de l’économie mondiale est « vitale », a conclu le Ministre.

M. JEROME X. WALCOTT, Ministre des affaires étrangères de la Barbade, a évoqué un monde en crise et en «  perte de repères moraux  ».  Il a énuméré les injustices raciales structurelles, le terrorisme, la traite des êtres humains et les autocraties, qui ont le vent en poupe, et fustigé « certains pays » qui ont une « appétence pour l’unilatéralisme ».  Faute d’équilibre, le monde perd pied, a-t-il souligné.  Le déséquilibre est évident quand on se penche sur les problèmes d’allégement de la dette, des moratoires, des refinancements et des dons.  Les petits États insulaires en développement (PEID) et les pays d’Afrique sont à la peine: des maux hérités de leur indépendance, a-t-il déploré.   

Quant à la catégorisation des États Membres, M. Walcott a évoqué « un attelage fallacieux  » fondé sur un revenu par habitant qui n’a pas grand-chose à voir avec le quotidien des Barbadiens.  Il a donc préconisé le traitement de la dette par des mesures novatrices.  Dans le domaine fiscal, le Ministre a fustigé les « listes noires » qui constituent « une ingérence », une entrave économique et une violation de la souveraineté nationale et du droit légitime du pays de mettre sur pied son propre système fiscal.  

Les changements climatiques, a poursuivi le Ministre, sont une autre manifestation du « déséquilibre mondial »: 60% des récifs coralliens viennent de disparaître.  La Barbade, quant à elle, a pris l’engagement de parvenir à zéro émission d’énergie fossile d’ici à 2030, a affirmé le Ministre.  

La COVID-19 a constitué un « orage parfait », a-t-il estimé, puisqu’elle a remis en question tous les progrès accomplis pour réaliser le Programme 2030. Appuyant l’appel de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC) pour la mise en place d’un « indice de vulnérabilité » qui reprogrammerait l’accès aux capitaux et le règlement de la dette, le Ministre a aussi dit appuyer la création d’un mécanisme de prêt à conditions préférentielles pour aider les pays d’Afrique, d’Amérique latine et des Caraïbes à accéder aux prêts et aux investissements.  La renaissance de l’économie barbadienne se fera dans la douleur: des arbitrages entre les différents acteurs du tourisme et des transports seront nécessaires dans les prochaines années, a prévenu M. Walcott.  

M. LEJEUNE MBELLA MBELLA, Ministre des affaires étrangères du Cameroun., a mis en garde contre le fait que le nationalisme peut parfois séduire, alors que les problèmes de notre temps sont de nature transnationale, comme le réchauffement climatique, les migrations et le terrorisme, qui ne peuvent être combattus que par la coopération internationale.  Le Cameroun souhaite que, dans ce monde globalisé, une attention particulière soit portée à la manipulation de l’opinion publique, et de manière singulière à la dissémination de fausses informations par les réseaux sociaux.  Au-delà des déclarations de bonne volonté, M. Mbella s’est dit d’avis que l’atteinte des objectifs de développement durable dépend aussi de la façon dont chaque membre de la communauté internationale assume ses responsabilités.  En dépit de ses moyens limités, le Cameroun s’efforce de progresser dans le sens de l’éradication de la pauvreté, de la promotion de l’état de droit et de l’amélioration de la qualité de l’éducation, a-t-il assuré.

M. Mbella a rappelé que plus de 70 missions de maintien de la paix sont assurées par l’ONU pour soutenir les processus de paix en engageant, entre autres, des opérations de désarmement, de démobilisation, de réinsertion et de rapatriement, d’observation de cessez-le-feu ou de maintien de l’ordre public.  La collaboration accrue entre les Nations Unies et d’autres instances multilatérales dans ces domaines va dans le sens du progrès du multilatéralisme, a-t-il souligné, et c’est notamment le cas de l’Union africaine avec laquelle des missions conjointes ont été déployées.  En tant que contributeur de troupes aux opérations l’ONU, le Cameroun a montré un engagement constant en faveur du maintien de la paix et de la sécurité internationales, a rappelé M. Mbella.  Il s’est félicité de ce que les missions onusiennes prennent en compte désormais l’impact des changements climatiques sur la sécurité et a regretté que certains persistent à nier leur existence alors même qu’ils représentent une menace sérieuse pour la vie humaine.

Parce que la paix n’est pas seulement l’absence de guerre, mais aussi l’accès à la nourriture et aux services de base, le Cameroun souhaite qu’une plus grande attention soit portée à la question du développement.  À l’heure où de nombreux pays en développement, en Afrique et ailleurs, luttent contre la pauvreté, il serait important, selon M. Mbella, que les marchés des pays développés soient davantage ouverts.  L’objectif du Cameroun est de parvenir à une société dans laquelle les besoins fondamentaux de tous sont satisfaits, notamment leur sécurité alimentaire, a -t-il précisé, et c’est dans cet esprit que le Cameroun a adopté sa stratégie nationale de réduction de la pauvreté dont la mise en œuvre souffre des exactions commises par la secte Boko Haram dans sa partie septentrionale.

Ces difficultés se sont ajoutées à la crise sociopolitique dans les régions du nord-ouest et du sud-ouest du Cameroun où des bandes armées terrorisent les populations, a expliqué M. Mbella.  L’action du Gouvernement, qui vise à protéger celles-ci et à rétablir les conditions d’une vie normale dans les zones concernées, a commencé à porter ses fruits, a assuré l’orateur pour lequel un retour progressif au calme est en perspective.  Son gouvernement est déterminé à poursuivre son action en s’appuyant sur les principes de l’état de droit, des droits de l’homme, ainsi que sur les efforts visant à éradiquer toutes les formes de discrimination, d’exploitation et d’injustice.

Ainsi, privilégiant la concertation, le Gouvernement a organisé « avec succès » un grand dialogue national en vue de traiter, entre autres, des causes profondes de la crise dans les régions du nord-ouest et du sud-ouest.  Ces débats ont permis l’adoption de la loi sur la décentralisation qui octroie notamment un statut spécial aux régions du nord-ouest et du sud-ouest, a expliqué M. Mbella, et la mise en œuvre d’un plan de reconstruction et de développement de ces régions.  Plaidant en faveur d’un multilatéralisme authentique, M. Mbella a appelé à la revitalisation de l’Assemblée générale et à la réforme du Conseil de sécurité où l’Afrique devrait se voir octroyée deux sièges permanents, avec tous les droits associés, et deux sièges non permanents « pour réparer une injustice historique ».

Pour M. CRAIG J. HAWKE, (Nouvelle-Zélande), l’interdépendance de son pays avec les autres nations n’a jamais été plus évidente que pendant la pandémie de COVID-19.  Pour vaincre ce virus à l’échelle mondiale, il a appelé la communauté internationale à mettre en commun ses meilleures idées, à penser de manière innovante et à partager ses ressources.  Nous devons nous investir et nous faire confiance, a déclaré le représentant, avant de rappeler que la Nouvelle-Zélande soutient l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et le rôle qu’elle a joué dans la coordination d’une réponse rapide.  Le système international a bien réagi pour faire face aux premiers impacts de la COVID-19 sur la santé, l’humanitaire et le développement, mais la nécessité d'une coopération internationale va au-delà.

Aujourd’hui, a-t-il poursuivi, nous devons travailler ensemble pour développer et distribuer équitablement les futurs vaccins.  Pour y parvenir, la Nouvelle-Zélande a rejoint la plateforme COVAX.  Une fois un vaccin trouvé et distribué, il va falloir encore travailler ensemble pour une reprise économique mondiale qui protège les plus vulnérables et respecte et promeut les droits humains de tous, a déclaré M. Hawke avant de renouveler l’engagement de son pays en faveur du Programme 2030. Il a également appelé à se rallier à l’appel du Secrétaire général en faveur d’un cessez-le-feu mondial.  Dans le Pacifique, les effets socioéconomiques de la pandémie ont été et continueront d’être particulièrement préjudiciables, a-t-il expliqué puisque de nombreux petits États insulaires en développement dépendent du secteur du tourisme qui a été gravement touché par la fermeture des frontières.  La communauté internationale doit veiller à ce que des financements concessionnels appropriés soient mis à la disposition des PEID pour soutenir leur relèvement de ce choc économique, a demandé le représentant. 

« Comme dans toutes les crises, il y a des opportunités », la Nouvelle-Zélande a appelé la communauté internationale à reconstruire en mieux, à repenser la manière dont nos économies peuvent fonctionner pour le plus grand nombre, à se concentrer sur les plus vulnérables et à bâtir des sociétés plus résilientes aux changements climatiques. « Beaucoup de choses que j’ai dites à propos de la COVID-19 s’appliquent également aux changements climatiques, mais il n’y aura pas de vaccin contre les changements climatiques », a mis en garde M. Hawke, alors que cette menace est plus réelle dans le Pacifique que dans toute autre région du monde.  L’élévation du niveau de la mer constitue une menace extrême pour de nombreuses îles du Pacifique qui paient le prix de « notre inaction collective » et dont le destin est entre « nos mains ».  Les Nations Unies et ses États Membres doivent prendre des décisions politiques et prendre des engagements pour protéger leur avenir.  La pleine mise en œuvre de l’Accord de Paris est essentielle, a-t-il tranché appelant à une « réinitialisation globale » vers une économie plus verte.  Nous devons arrêter les subventions aux combustibles fossiles et détourner ces milliards de dollars vers la transition vers la production d’énergie propre, a exigé le représentant, appelant dans la foulée à se pencher sur l’importance cruciale que joue la biodiversité pour assurer le bien-être des populations, de l’économie et de l’environnement.  Enfin, rappelant que les trois principaux postes constitutionnels sont tous occupés par des femmes en Nouvelle-Zélande, qui a aussi sa troisième femme Premier Ministre, M. Hawke a dit que son pays est fier de ses progrès, mais conscient de l’écart persistant.  Dès lors, la Nouvelle-Zélande s’est engagée de nouveau à achever le travail inachevé du Programme d’action de Beijing et à honorer les engagements pris à Pékin, il y a 25 ans.  « La réalisation de l’égalité des sexes est la responsabilité de tous.  Elle est tout simplement non négociable et nous ne nous reposerons pas tant que cela n’aura pas été atteint », a conclu le représentant.

M. KIM SONG (République populaire démocratique de Corée) a constaté que la pandémie de COVID-19 s’aggrave et a appelé les gouvernements à se montrer à la hauteur de leurs responsabilités.  Il a affirmé que grâce aux efforts de son gouvernement, qui a placé l’être humain au cœur de son action, la situation épidémiologique est sous contrôle.  Le Président Kim Jong Un a veillé à l’adoption de mesures de prévention et l’état d’urgence restera en vigueur jusqu’à l’élimination « complète » du danger que représente la pandémie. 

Le représentant a déploré que la menace nucléaire qui pèse sur son pays ne diminue pas et que les actes hostiles se poursuivent.  Du matériel militaire de pointe et des combattants « silencieux » continuent de se déverser dans la péninsule, multipliant « les frappes en tout genre » contre la RPDC.  Le représentant a dénoncé la prévalence de l’unilatéralisme dans le monde, soulignant que seules des mesures de dissuasion « fiables et efficaces » permettront d’assurer la sécurité de la péninsule. 

M. Song a aussi insisté sur l’importance d’un environnement favorable à la reconstruction économique de la RPDC, « mais pas au prix de notre dignité ».  Le Président Kim Jong Un, a-t-il prévenu, compte surmonter les difficultés de la construction socialiste, en les affrontant « avec audace » sur la base de l’autonomie de la RPDC.  Le représentant n’a pas manqué de se féliciter de l’inauguration de l’hôpital général de Pyongyang.  

Mais, a-t-il répété, des forces hostiles tentent de nous empêchent d’avancer, sans savoir qu’au contraire, elles intensifient notre lutte pour se frayer un chemin vers la prospérité, a martelé le représentant.  Le multilatéralisme est la condition sine qua non de la paix, de la sécurité et du développement durable, a-t-il souligné, ajoutant que l’époque où un seul pays pouvait imposer sa volonté au monde est révolue.  Il a appelé l’ONU à faire preuve de tolérance zéro à l’égard des manœuvres unilatérales et à se débarrasser de la partialité dans son travail. 

Le délégué a rejeté le blocus imposé à Cuba, qu’il a qualifié de « génocide économique ».  Il a aussi appuyé les efforts du peuple syrien pour reprendre le Golan syrien, occupé par Israël; la juste cause du peuple palestinien, et la lutte du peuple vénézuélien contre l’ingérence étrangère. 

M. YOWERI KAGUTA MUSEVENI, Président de l’Ouganda, a déclaré que, face à la pandémie de COVID-19, son gouvernement a combiné les tests systématiques, traçage, mise en quarantaine et traitement, avec des restrictions de mouvement et de contact.  Nous avons conjugué tout cela avec une vaste campagne de sensibilisation, a-t-il précisé, tout en faisant part du renforcement du système de santé, conforme à l’engagement en faveur de la couverture sanitaire universelle.  Grâce à ces décisions « délibérées et ciblées », l’Ouganda a été en mesure de prévenir une propagation massive du virus dans le pays, s’est-il félicité.

La crise de COVID-19, a poursuivi M. Museveni, a montré à quel point notre monde est devenu interconnecté et interdépendant.  Nous devons embrasser les technologies numériques pour la production et les services, dont les services publics.  En Ouganda, s’est enorgueilli M. Museveni, les usines de vêtements fabriquent des masques, les universités, des respirateurs et les raffineries de sucre, du désinfectant pour les mains.  L’Ouganda a d’ailleurs enregistré de réels progrès dans la mise en œuvre du Programme 2030.  Mon pays, a dit M. Museveni, a adopté son troisième Plan de développement sur le thème « Industrialisation durable pour une croissance inclusive, l’emploi et la création de richesses ». 

Ce Plan met l’accent sur les interventions clefs dans les grandes catégories de la transformation, y compris la protection de l’environnement, la gouvernance et l’industrialisation, en étroite collaboration avec les partenaires au développement et d’autres parties prenantes concernées.  Le plan, a ajouté M. Museveni donne la priorité à l’abandon de l’approche « en silo » pour ce qui est de la prestation des services et renforce les synergies entre les secteurs dans la mise en œuvre des priorités et politiques nationales de développement durable.

Alors que l’Ouganda continue de subir des sécheresses prolongées et la fonte des glaciers du Mont Ruwenzori, sans compter les inondations, les précipitations irrégulières et les glissements de terrain, le Gouvernement continuera d’investir dans des mesures d’adaptation et d’atténuation lesquelles comprennent l’élargissement de l’accès à l’énergie propre et la protection de la couverture forestière et des zones humides.  Nous demandons donc instamment aux pays développés d’honorer leur engagement financier, conformément à l’Accord de Paris et de fournir 100 milliards de dollars par an d’ici à 2020, a insisté M. Museveni.

Après 75 ans d’existence, la nécessité de réformer le Conseil de sécurité est plus urgente et impérative que jamais.  Les réalités géopolitiques actuelles, telles que la pandémie sanitaire mondiale, sont des raisons impérieuses d’une réforme globale de ce Conseil, a plaidé M. Museveni.  Les questions africaines dominent l’ordre du jour et pourtant le continent reste la seule région sans représentation dans la catégorie des membres permanents et sous-représenté dans celle des non-permanents.  Nous devons faire preuve de volonté politique pour réparer l’injustice historique faite à l’Afrique.  Nous demandons donc instamment à tous les États Membres d’œuvrer à des progrès dans la réforme « globale » du Conseil de sécurité, a conclu M. Museveni.

M. KOKOU KPAYEDO, (Togo), a déclaré que l’année 2020 restera sans nul doute, parmi les années les plus difficiles, eu égard à la crise de santé publique liée à la Covid-19.  La tragédie humaine qui en découle met à rude épreuve le multilatéralisme et nous interpelle quant à notre détermination à agir ensemble pour contenir ce fléau.  Notre succès à juguler cette crise de la pandémie de COVID-19 dépendra de notre volonté à unir nos efforts afin d’inverser la tendance et éviter que nos populations ne retombent dans l’extrême pauvreté.  Notant que la pandémie de COVID-19 a ralenti la réalisation des objectifs de développement durable, notamment la santé, la faim et le travail décent, le représentant a jugé indéniable que la communauté internationale doit agir dans une approche concertée, globale et cohérente, pour trouver des réponses adéquates à cette pandémie.  Il a salué la riposte globale du système des Nations Unies.

Il a jugé indispensable que l’accès au futur vaccin contre la COVID-19 soit équitable, abordable et affranchi des lois du marché.  Dans ce contexte, il s’est réjoui de l’adoption d’une résolution par la soixante-treizième Assemblée générale de l’OMS, par laquelle les États Membres ont prévu que tout accès à ce vaccin et d’autres médicaments connexes sera rapide et équitable, de qualité, sûr et abordable pour tous.  Mon pays se félicite également du Mécanisme COVAX lancée par l’OMS qui est un mécanisme de groupement des achats, coordonné par l’Alliance GAVI pour les nouveaux vaccins anti-Covid-19, qui garantira à chaque pays participant, un accès juste et équitable aux vaccins grâce à un cadre d’allocation que l’OMS entend mettre sur pied.

Par ailleurs, le représentant a indiqué que l’Union africaine (UA) a mis en œuvre une stratégie de lutte et de prévention recommandée par le Centre de contrôle et de prévention des maladies (CCPM-Afrique) qui est estimée à plus de 200 milliards de dollars.  Elle a mis en place une Plateforme africaine de fournitures médicales (AMSP) qui vise à mobiliser des produits et matériels nécessaires contre la COVID-19.  Il a cité un partenariat entre les Nations Unies et l’Union africaine pour relever les défis qu’impose la pandémie.  Il a espéré que l’appel du Secrétaire général aux dirigeants du G20 à adopter un plan de relance en faveur des pays en développement ainsi que les appels à la suspension et à l’annulation de la dette, seront suivis d’effet.  Le représentant a aussi décrit les efforts nationaux dont la création du Fonds national de solidarité et de relance économique doté de 400 milliards de FCFA, soit environ 665 millions de dollars.

M. KENNEDY GASTORN (République-Unie de Tanzanie) a dit apprécier toutes les initiatives de l’ONU face à la pandémie, y compris le partage des pratiques exemplaires.  Au niveau national, le Gouvernement a pris des mesures « concertées et décisives » pour atténuer et prévenir la propagation de la COVID-19 et, aujourd’hui, toutes les activités socioéconomiques ont repris leur cours normal, a assuré le représentant.   

Malgré ce succès, les effets néfastes de la pandémie en Tanzanie et dans le monde en général sont « patents ».  S’il a exprimé sa gratitude aux partenaires au développement de son pays, le représentant a en revanche appelé les institutions financières internationales à concevoir des mécanismes pour compléter les efforts des pays les moins avancés et des pays en développement, et ce, « sans condition ».  M. Gastorn a pris pour exemple « les nouvelles mesures d’allégement de la dette » pour permettre à ces pays de relancer leur économie plus rapidement. 

Contributrice de troupes aux opérations de paix de l’ONU, avec 2 303 Casques bleus actuellement déployés dans six missions, la Tanzanie, a dit le représentant, est convaincue que la paix et la sécurité sont la pierre angulaire du développement socioéconomique. 

Dans le contexte de la mise en œuvre du Programme 2030, l’économie nationale croît à un taux de 6,9%, contre 6,2% en 2015.  Mais la COVID-19 a réduit les prévisions de croissance à 5,5%.  Le représentant a donc réclamé une aide internationale pour soutenir cette croissance.  

Il a tout de même retenu de cette année un point positif: la Banque mondiale a annoncé, le 1er juillet, le retrait de la Tanzanie de la catégorie des pays les moins avancés (PMA) à celui de pays à revenu moyen inférieur, cinq ans avant la date prévue par le Plan national de développement.  

La crédibilité des Nations Unies, a conclu le représentant, repose sur « un Conseil de sécurité bien représenté et réactif  », a souligné M. Gastorn qui a de nouveau fait sienne la position commune africaine sur la réforme du Conseil, telle qu’élaborée dans le Consensus d’Ezulwini et la Déclaration de Syrte.  M. Gastorn a enfin appelé à la levée de toutes les mesures coercitives unilatérales imposées au Zimbabwe, « afin d’ouvrir la voie à la transformation socioéconomique et au développement économique du pays ».   

Déclaration de clôture

M. VOLKAN BOZKIR, Président de l’Assemblée générale, s’est félicité d’une session « substantielle et exceptionnelle ».  Pour la première fois, dans l’histoire de cette Organisation, les dirigeants du monde ne se sont pas présentés en personne mais cela n’a pas empêché le multilatéralisme de fonctionner au plus haut niveau.  Les chefs d’État et de gouvernement, et les Ministres ont présenté un ordre du jour complet qui, non seulement appuie mes priorités, a dit le Président, mais éclaircit aussi les directives sur les mesures à prendre pour relever les défis du monde actuel.  Le fait que tant de dirigeants du monde aient fait des déclarations à l’Assemblée témoigne du pouvoir et de la pertinence des Nations Unies, a estimé le Président. 

Aucune autre plateforme, s’est-il expliqué, n’a ce « pouvoir de convocation ».  Aucun autre ogane n’a le potentiel de traiter des défis mondiaux.  Par leur présence virtuelle, a poursuivi le Président, nos dirigeants politiques ont démontré leur egagement en faveur du multilatéralisme et des Nations Unies.  Beaucoup ont reconnu, a insisté le Président, que le multilatéralisme est le système le plus efficace pour s’attaquer aux défis mondiaux comme la pandémie ou les changements climatiques.  Le Président a remercié les orateurs pour leur appui à un ordre international fondé sur les règles et ancré dans la Charte des Nations Unies.  Il a aussi dit avoir pris note des appels forts à une ONU réformée et plus efficace, adaptée aux réalités du siècle et capable d’offrir l’avenir que nous voulons.  

Comme preuve de l’attachement au multilatéralisme, le Président a cité l’adoption unanime de la Déclaration sur la commémoration du soixante-quinzième anniversairede de l’ONU.  Une chose est claire, a dit le Président: nous sommes plus forts ensemble.  Ce que les peuples du monde attendent de nous c’est une plus grande solidarité, une coopération et une coordination plus fortes et des nations plus unies.  Durant son mandat, le Président a promis de se concenter sur les systèmes d’alerte précoce et sur la prévention des crises sanitaires.  Il a aussi promis de travailler à l’inclusivité dans les approches de la crise et à veiller à l’équité dans l’accès aux futurs vaccins.  Il s’est dit heureux des appels à saisir cette occasion pour « reconstruire en mieux » et en l’occurrence, il a salué l’appui unanime au Progamme 2030 et à la Décennie d’action.  Il n’a pas oublié de demander aux États d’intensifier leurs efforts climatiques avant la COP 26 à Glasgow.  Le Président n’a pas non plus voulu conclure sans appuyer l’appel du Secrétaire général à un cessez-le-feu pendant la pandémie.  Il s’est également attardé sur les efforts attendus pour parvenir à l’égalité des sexes et à une participation effective de la société civile au travail de l’ONU.  

Droits de réponse 

Le Bangladesh a réagi à l’intervention du Myanmar, en dénonçant une nouvelle série de mensonges, dont les allégations selon lesquelles le pays accueillerait « des terroristes en provenance du Myanmar ».  Il a souligné que la question rohingya n’est pas une question « bilatérale mais une question interne au Myanmar ».  C’est là qu’elle doit être résolue, a insisté le Bangladesh.  Les conditions au Myanmar, a-t-il accusé, sont telles qu’aucun réfugié rohingya ne veut y retourner.  Le Bangladesh a appelé le Myanmar à ouvrir l’État rakhine aux médias pour que chacun puisse y constater la situation.  Il a rappelé qu’il a organisé à deux reprises un processus de rapatriement mais qu’aucun Rohingya n’en a profité, craignant pour sa vie.  Qui sont les 350 personnes qui seraient retournées au Myanmar comme le prétend le Gouvernement du Myanmar?  Sait-on où elles se trouvent? a lancé le Bangladesh, avant d’appeler le Myanmar à lever les obstacles au retour volontaire des Rohingya.  Le Bangladesh a affirmé qu’il prêt à dialoguer avec le Myanmar sur la question du rapatriement des Rohingya. 

À son tour la République islamique d’Iran a estimé que le Premier Ministre israélien a proféré des accusations injustifiées.  Une « pratique normale pour Israël », dont l’objectif est de « détourner l’attention de ses crimes envers la population palestinienne ».  L’Iran a dénoncé « la nature criminelle et expansionniste de ce régime » qui viole le droit international et fait fi des résolutions du Conseil de sécurité.  Il a dénoncé un régime qui continue de violer la dignité et les droits fondamentaux du peuple palestinien et d’autres peuples arabes, sous son joug.  Le régime israélien, a accusé l’Iran, poursuit ses activités de colonisation et d’annexion, et renforce encore son occupation militaire.  Dans le même temps, l’étouffant blocus de Gaza ne fait qu’exacerber la crise humanitaire et musèle la population palestinienne.  Au niveau international, l’occupation du Golan occupé et les ingérences israéliennes multiples dans la région ont mis en péril l’équilibre régional.  Israël, a dénoncé l’Iran, refuse toujours d’adhérer au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) et continue d’hypothéquer la création d’une zone exempte d’arme nucléaire tel que l’Iran l’a proposé dès 1974.  

  Malgré nos activités nucléaires pacifiques sous le contrôle strict de l’AIEA, nous sommes présentés comme « une menace », s’est étonné l’Iran pour qui c’est Israël la véritable menace nucléaire.  Avec l’appui « discriminatoire » des États-Unis, le Conseil de sécurité, a encore accusé l’Iran, ferme les yeux sur des crimes et des mesures illégales, donnant à Israël  « plus d’audace encore » pour agir dans l’impunité la plus totale.  Compte tenu des mesures brutales prises contre la Palestine et la région, la communauté internationale doit faire cesser les activités « illégales et inhumaines » d’Israël, a martelé l’Iran. 

Quant à l’intégrité territoriale, l’Iran a répondu aux Émirats arabes unis que les trois îles sont bien « une partie intégrante du territoire iranien ». Toutefois, nous proposons le dialogue pour dissiper tout malentendu, a affirmé l’Iran.  

Les Émirats arabes unis (EAU) ont répondu aux allégations de l’Iran, en réaffirmant que les trois îles de Petite Tomb, Grande Tomb et Abou-Moussa font intégralement partie de leur territoire national.  Ils ont renouvelé l’invitation à régler pacifiquement cette question par des négociations directes ou par le biais de la CIJ.  Les EAU ont dénoncé le non-respect par l’Iran de la résolution 2231 et estimé que la communauté internationale doit prendre les mesures qu’il faut pour contrer les agissements de l’Iran.  C’est l’Iran, ont ajouté les Émirats arabes unis, qui soutient les Houthistes au Yémen alors que nous, dans le cadre de la Coalition, ne prenons que des dispositions pour offrir un avenir meilleur au peuple yéménite.  En Libye, ont-ils aussi souligné, nous soutenons le règlement politique, sous l’égide des Nations Unies.  

Le Myanmar a regretté les fausses accusations du Bangladesh, affirmant qu’il est clair que ce Gouvernement a tenté d’entraver le processus de rapatriement et il doit aussi reconnaître que la présence de certains éléments dans les camps représente une menace pour le Myanmar.  Le pays a appelé le Bangladesh à agir de bonne foi, déplorant qu’il cherche à promouvoir une action internationale contre lui, notamment l’imposition de sanctions.  Le Myanmar a appelé le Bangladesh à cesser de le diaboliser, soulignant que la coopération bilatérale est le seul moyen de régler la question du rapatriement.  

Le conflit avec l’Arménie a commencé dès 1987, a rappelé l’Azerbaïdjan, arguant que les revendications arméniennes sont sans « fondement, cruelles et violentes ».  L’Arménie, a-t-il accusé, a procédé à un « nettoyage ethnique complet » et ses tentatives de réunification du Haut-Karabagh sont « illégales ». Le Conseil de sécurité, a rappelé l’Azerbaïdjan, a déjà condamné le recours à la force.  Des résolutions ont été adoptées après la déclaration unilatérale d’indépendance par les forces extrémistes arméniennes.  Ces prétentions ont déjà été invalidées une fois pour toutes et le statut du Haut-Karabagh est « sans équivoque », a souligné l’Azerbaïdjan, en rejetant « les spéculations arméniennes sans aucun fondement ».  

Il a balayé d’un revers de main les soupçons d’une «  soi-disant arménophobie ».  Le 27 septembre 2020, ce sont les forces armées de l’Arménie qui ont frappé les forces azerbaidjanaises à coups d’armes lourdes et de mortiers, en  violation flagrante du droit international.  Même les hôpitaux n’ont pas été épargnés, s’est indigné l’Azerbaïdjan qui a exigé de l’Arménie « le retrait immédiat, complet et sans conditions » de tous les territoires occupés de l'Azerbaïdjan. 

L’Arménie a répondu à la déclaration « sans fondement » de l’Azerbaïdjan qui ne vise qu’ à dissimuler son agression militaire contre le peuple du Haut Karabagh.  L’Azerbaïdjan a frappé des lieux habités et des écoles, tuant quatre civils, a affirmé l’Arménie pour laquelle l’Azerbaïdjan n’a jamais fait de secret de son objectif de récupérer les territoires par la force.  Ce pays, a accusé l’Arménie, a bloqué les corridors humanitaires et effectué des survols aériens « provocateurs » le long de la ligne de contact, tout en refusant une nouvelle fois la mission d’observateurs de l’OSCE.  

Après les derniers exercices militaires conjoints entre l’Azerbaïdjan et la Turquie, le matériel militaire turque est resté.  La Turquie, a accusé l’Arménie, a ouvertement appuyé l’Azerbaïdjan le 27 septembre dans son attaque dans le Haut-Karabagh.  L’Arménie s’est est dite prête à accepter l’appel du Secrétaire général à un cessez-le-feu mondial immédiat mais cela suppose le plein engagement de toutes les parties au conflit.  Or, l’Azerbaïdjan a rejeté cet appel, a affirmé l’Arménie, en faisant porter à ce dernier la pleine responsabilité de l’agression militaire dans le Haut Karabagh.  Nous défendrons, a assuré l’Arménie, le droit du peuple de cette enclave à l’autodétermination et nous condamnons l’intervention militaire de l’Azerbaïdjan qui risque de causer une guerre de grande ampleur dans la région. 

Reprenant la parole, l’Iran a de nouveau souligné que les îles d’Abu Moussa, de la Grande Tomb et de la Petite Tomb, sont une partie intégrante de son territoire.  Après presque six ans d’agression au Yémen, a-t-il poursuivi, les Émirats arabes unis s’efforcent de détourner l’attention de tous les crimes qu’ils commettent.  Aucune campagne de diffamation ne peut cacher l’utilisation par les Émirats arabes unis de la famine comme tactique de guerre au Yémen. 

Les Émirats arabes unis a, une nouvelle fois, souligné que les trois territoires sont des îles Émiraties, sous occupation.  S’agissant du Yémen, ils ont noté que la Coalition y est intervenue après un appel officiel des autorités yéménites.  Ils ont plutôt dénoncé les agissements de l’Iran, assurant appuyer les appels de l’Envoyé spécial du Secrétaire général. 

À son tour, le Yémen a dénoncé les allégations de l’Iran qui, a-t-il affirmé, continue d’appuyer sa déstabilisation pour servir son expansionnisme régional.  L’Iran fournit des armes aux milices houthistes pour tuer des civils sur le sot yéménite et en Arabie saoudite, a décrié le Yémen, qui a dit s’appuyer sur des rapports de l’ONU. 

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