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Conf200601-CS
1 juin 2020

Le Conseil de sécurité placé sous les « présidences jumelées » de la France et de l’Allemagne en juin et juillet, « pour garder les bonnes habitudes »

Après l’expérience de l’an dernier où la France et l’Allemagne avaient décidé de coordonner étroitement les priorités de leurs présidences successives, les deux délégations ont remis l’initiative au goût du jour, afin de « garder les bonnes habitudes », a justifié le Représentant permanent de la France auprès des Nations Unies, M. Nicolas de Rivière, dont le pays a identifié trois priorités pour le mois de juin: paix et sécurité en Afrique; paix, sécurité et non-prolifération du nucléaire au Moyen-Orient; et protection des couches les plus vulnérables.

Pour son homologue allemand, « ce qui fut une expérience spectaculaire l’an dernier devient désormais une routine ».  Pour cette année, a fait remarquer M. Christoph Heusgen, le Conseil de sécurité vit son « printemps européen », puisque ces deux présidences suivent de près celles de la Belgique (février) et de l’Estonie (mai), d’autres membres de l’Union européenne, l’organisation que l’Allemagne va d’ailleurs présider de juillet à décembre 2020.

Le Conseil s’étant adapté aux mesures de distanciation sociale imposées par la pandémie de COVID-19, c’est depuis leurs bureaux respectifs que les deux ambassadeurs ont tenu une conférence de presse virtuelle conjointe, les deux s’exprimant tour à tour en anglais et en français, afin de faire revivre le multilinguisme que M. de Rivière a présenté comme « l’une des victimes collatérales de la pandémie de COVID-19 au sein des Nations Unies ».  Le délégué a émis le vœu de voir revenir l’interprétation dans les six langues officielles de l’ONU pour les séances du Conseil diffusées sur le Webcast, avant d’indiquer qu’il s’exprimera exclusivement en français au cours des visioconférences publiques de juin, en mettant à la disposition des autres membres une traduction en anglais des discours de la France.  « Ce n’est pas seulement défendre le français, mais c’est défendre la diversité culturelle à travers la défense du multilinguisme », a justifié l’Ambassadeur.

La France entend placer sa présidence sous le double signe de la transparence et de l’ouverture, a-t-il aussi annoncé en précisant que des membres de la société civile seront conviés à prendre part à certaines réunions.  

Au chapitre paix et sécurité en Afrique, la séance du 11 juin relative à la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) sera présidée par le Ministre français de l’Europe et des affaires étrangères, M. Jean-Yves Le Drian.  D’autres séances dédiées au continent sont prévues: le 10 sur le Soudan et la Cour pénale internationale (CPI), le 12 sur le Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique centrale (BRENUAC), le 22 sur la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) et le 23 sur la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS).

Pour ce qui est de la deuxième priorité de la présidence française -paix et sécurité au Moyen-Orient et non-prolifération nucléaire- une réunion est prévue le 30 juin en présence de la Secrétaire générale adjointe aux affaires politiques et la consolidation de la paix, Mme Rosemary DiCarlo.  Le Conseil tiendra en outre ses traditionnelles réunions mensuelles sur la Syrie et le Yémen, sans oublier celle relative à la question palestinienne. 

Sur le sujet de la protection des populations les plus vulnérables, notamment les réfugiés et les enfants en temps de conflits armés, le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, M. Filippo Grandi, sera l’hôte du Conseil le 18 juin, tandis que Mme Virginia Gamba, la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, sera présente le 23 juin à l’occasion de la commémoration du quinzième anniversaire de la résolution 1612 (2005) du Conseil de sécurité sur les enfants et les conflits armés.  La Directrice exécutive de l’UNICEF y prendra également part, ainsi qu’un représentant de la société civile.

Par ailleurs, une séance, le 8 juin, sera consacrée au Mécanisme international appelé à exercer les fonctions résiduelles des Tribunaux pénaux, en présence de ses Président et Procureur.  Le 19 juin, le Conseil se penchera sur le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH).

Le mois de juin est généralement chargé avec des renouvellements de mandats, a rappelé M. de Rivière, et ce sera le cas pour certaines missions et comités des sanctions, dont ceux sur la Libye et la République démocratique du Congo (RDC). 

En outre, les membres du Conseil prendront part à la commémoration par l’Assemblée générale du soixante-quinzième anniversaire de la Charte des Nations Unies, le 26 juin, aux côtés des autres États Membres.

Quant au programme de travail du mois de juillet, il sera publié ultérieurement, a promis le Représentant permanent de l’Allemagne qui a néanmoins anticipé en précisant que « les causes des conflits, la paix et la sécurité et les changements climatiques, ainsi que les femmes, la paix et la sécurité » seront les grandes orientations de la présidence allemande.

Répondant à la presse sur le projet de résolution en négociation au sujet de la COVID-19, les deux Ambassadeurs ont confirmé que le texte ne fait pas encore l’unanimité.  Il en est de même pour la nomination du nouveau Représentant spécial du Secrétaire général en Libye.  Ils ont aussi relevé que les dissensions demeurent entre les délégations américaine et chinoise sur la question de Hong Kong.

L’Ambassadeur allemand a également promis que son pays fera une contribution importante à la conférence virtuelle d’appel de contributions en faveur du Yémen qui se tiendra demain, 2 juin, à l’initiative de l’Arabie saoudite.  Enfin, M. de Rivière a abordé la question des sanctions envers la République islamique d’Iran.  Il a rappelé que les « Européens » entendent continuer de protéger le Plan d’action global conjoint (JCPOA en anglais) « qui marche ».  « Le mettre de côté n’ouvre pas la voie à une quelconque alternative. »

 

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