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SC/14033
22 novembre 2019

Déclaration à la presse faite par le Conseil de sécurité sur le Soudan du Sud

Les membres du Conseil de sécurité ont pris note que les parties à l’« Accord revitalisé sur le règlement du conflit en République du Soudan du Sud » étaient convenues de prolonger de 100 jours, à compter du 12 novembre, la période de prétransition.

Les membres du Conseil se sont dits déçus que les parties à l’Accord n’aient pas pris les mesures nécessaires pour former de manière pacifique un « gouvernement provisoire d’union nationale revitalisé » avant la date butoir qui avait déjà été reportée au 12 novembre, et ont souligné que l’application intégrale de toutes les dispositions de l’Accord mettrait le pays sur la voie de la réalisation des objectifs de paix, de stabilité, de justice et de développement.

Les membres du Conseil se sont déclarés préoccupés par le fait que les parties à l’Accord n’avaient pas fait de progrès réels dans l’exécution des tâches essentielles relatives à la période de prétransition, comme prévu par l’Accord, y compris les dispositions transitoires de sécurité et l’établissement du nombre et des frontières des États, et ont appelé de leurs vœux des avancées immédiates concernant ces tâches et les résultats convenus lors de la réunion consultative ministérielle de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) qui s’est tenue avec les parties à l’Accord le 9 novembre 2019, notamment le retrait immédiat des Forces sud-soudanaises de défense du peuple et du Mouvement/de l’Armée populaire de libération du Soudan dans l’opposition de tous les centres et zones habités par des civils où ils se trouvent encore.

Les membres du Conseil se sont félicités qu’il soit prévu que les garants et les parties mettent en place un mécanisme chargé de superviser l’exécution des tâches essentielles et ont demandé aux garants et aux parties à l’Accord de rendre ce mécanisme rapidement opérationnel et d’indiquer clairement comment il fonctionnerait en coordination avec les mécanismes et institutions existants prévus par l’Accord, ainsi qu’avec les parties prenantes au processus de paix au Soudan du Sud.

Les membres du Conseil ont demandé aux parties à l’Accord de réaffirmer publiquement leur attachement à celui-ci ainsi qu’à l’Accord du 21 décembre 2017 sur la cessation des hostilités, la protection des civils et l’accès humanitaire.

Les membres du Conseil ont demandé au Gouvernement de la République du Soudan du Sud de verser le montant restant des fonds qu’il s’était engagé à décaisser pour mettre en œuvre l’Accord revitalisé de manière transparente et responsable et de continuer à dégager des fonds à cette fin.

Les membres du Conseil ont exhorté les parties à l’Accord à continuer de prendre des mesures conformes aux dispositions de l’Accord pour favoriser la participation pleine, effective et véritable des femmes à la formation du Gouvernement provisoire d’union nationale revitalisé.

Les membres du Conseil ont pris note de l’appel lancé par le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine au Gouvernement de la République du Soudan du Sud pour que celui-ci rende opérationnels rapidement tous les mécanismes de justice transitionnelle, notamment le Tribunal mixte pour Soudan du Sud.

Les membres du Conseil ont salué le rôle moteur joué par l’Autorité intergouvernementale pour le développement s’agissant de faire progresser le processus de paix au Soudan du Sud et se sont félicités que l’IGAD, ses États membres et les garants de l’Accord se soient engagés et employés à poursuivre le dialogue avec les dirigeants sud-soudanais pour assurer la formation dans des conditions pacifiques d’un gouvernement provisoire d’union nationale revitalisé.

Les membres du Conseil ont exprimé leur soutien aux travaux que menait l’IGAD en vue d’élaborer une feuille de route et un plan de mise en œuvre permettant d’assurer l’achèvement en temps voulu des tâches de préparation à la transition qui n’avaient pas encore été exécutées.

Les membres du Conseil ont demandé de nouveau à l’IGAD de poursuivre l’examen de la situation de Riek Machar en tant que mesure de confiance indispensable pour faciliter la formation d’un gouvernement provisoire d’union nationale revitalisé.

Les membres du Conseil ont salué une nouvelle fois le rôle essentiel joué par la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS), le Mécanisme de vérification et de surveillance du cessez-le-feu et du suivi de l’application des dispositions transitoires de sécurité et la Commission mixte de suivi et d’évaluation reconstituée à l’appui de l’application de l’Accord, et exigé que le Gouvernement de la République du Soudan du Sud et les groupes de l’opposition cessent de faire obstacle aux activités de la MINUSS et du Mécanisme de vérification.

Les membres du Conseil se sont dits préoccupés par la situation humanitaire dramatique que connaissait le Soudan du Sud, encore exacerbée par de graves inondations, ainsi que par la situation économique et la situation en matière de droits de l’homme dans le pays, et ont demandé à toutes les parties à l’Accord et à tous les groupes armés au Soudan du Sud de mettre fin à tous les actes de violence sexuelle et fondée sur le genre et de mettre un terme au recrutement et à l’utilisation d’enfants soldats, au meurtre et à la mutilation ou aux violences sexuelles à l’égard d’enfants, et à libérer tous les enfants qui avaient été recrutés à ce jour.

Le Conseil a rappelé sa résolution 2222 (2015) sur la protection des journalistes et affirmé que l’activité de médias libres, indépendants et impartiaux constituait un des fondements d’une société démocratique et, de ce fait, pouvait contribuer à la protection des civils.

Les membres du Conseil ont rappelé avec insistance que les activités qui faisaient peser une menace sur la paix, la sécurité ou la stabilité au Soudan du Sud pouvaient faire l’objet de sanctions en application des résolutions 2206 (2015), 2290 (2016), 2353 (2017), 2428 (2018) et 2471 (2019).

Les membres du Conseil ont exprimé une nouvelle fois leur appui au peuple du Soudan du Sud et réaffirmé leur ferme attachement à la souveraineté, à l’indépendance, à l’intégrité territoriale et à l’unité nationale de la République du Soudan du Sud.

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