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POP/1081
2 avril 2019
Cinquante-deuxième session, 4e et 5e séances – matin & après-midi

La Commission de la population et du développement plaide pour des données démographiques fiables et encourage des politiques face au vieillissement

La Commission de la population et du développement a poursuivi aujourd’hui son débat général, entamé hier au niveau ministériel, en insistant sur l’importance de données démographiques ventilées, fiables et actualisées pour combler les lacunes dans la mise en œuvre du Programme d’action de la Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD).  De plus, la question liée au vieillissement des populations a été largement abordée, notamment dans le cadre d’une table ronde sur les principales conclusions et recommandations issues des conférences régionales. 

Pour atteindre les objectifs inscrits tant dans le Programme d’action du Caire que dans le Programme de développement durable à l’horizon 2030, il est nécessaire pour les gouvernements de « disposer de données fiables », a notamment affirmé le représentant de la Thaïlande.  Pour lui, il s’agit de « comprendre et connaître » les caractéristiques des populations et les changements et mutations démographiques pour asseoir des politiques nationales adaptées.  Il a encouragé à redoubler d’efforts à travers l’utilisation des technologies de l’information et des communications.  Une approche défendue par le Secrétaire général dans son rapport* sur le thème à l’ordre du jour qui indique qu’un nombre croissant de pays explorent des stratégies novatrices de collecte de données, y compris l’utilisation des technologies modernes.

La technologie du système de positionnement universel (GPS), l’imagerie à haute résolution par télédétection et l’apprentissage automatique facilitent l’intégration des informations géospatiales dans les opérations de recensement, lit-on encore dans ce rapport distribué aux participants à l’ouverture de la session. 

Au Burundi, les données démographiques ont permis de prendre en compte les tendances en matière de population dans la planification du développement aux niveaux national et local.  Quant à la Côte d’Ivoire, son gouvernement a demandé de « façon solennelle » au système des Nations Unies, aux organisations internationales et régionales, aux institutions de financement, à « s’engager pleinement et à intensifier leurs appuis et contributions à la collecte » des données pour faciliter la mise en œuvre complète des divers programmes.

Un autre sujet d’actualité est la problématique posée par la question du vieillissement des populations car elle concerne toutes les régions et de nombreux pays, dont l’Allemagne qui reste « ouverte à tout apport » pour faire face au vieillissement de sa population.  « C’est la tendance actuelle dans notre société, où la génération des baby-boomers atteindra l’âge de la retraite en 2020.  Si rien n’est fait, cette tendance constituera un réel problème pour le marché du travail », a-t-il averti.  Une crainte largement partagée dans la région Asie-pacifique où vivent 60% de toutes les personnes âgées dans le monde, a noté le Secrétaire général adjoint pour la population et le développement des Philippines.  « En tant que pays à la population la plus âgée au monde, le Japon est prêt à partager ses expériences avec ses partenaires », a assuré son représentant.

Dans le monde arabe, la majorité des pays entreprendront d’ici à 2040 une transition vers des sociétés marquées par le vieillissement, a confié le Secrétaire général du Conseil supérieur de la population de Jordanie.  Toutefois, en Afrique, où 60% de la population a moins de 25 ans, le vieillissement qui s’installe dans de nombreuses régions pourrait favoriser l’essor économique, a dit le Sous-ministre de la Planification et de développement du Sierra Leone. 

Selon le même rapport du Secrétaire général, la baisse du taux de fécondité et l’augmentation de la longévité continuent de participer au vieillissement de la population mondiale, c’est-à-dire l’accroissement de la part de personnes âgées.  En 2019, cette part était de 19% en Europe et de 16% en Amérique du Nord, et devrait passer à 28% et à 23%, respectivement, en 2050.  En Asie et en Amérique latine et dans les Caraïbes, la part de personnes âgées devrait plus que doubler pendant cette période, en passant des quelque 8% enregistrés aujourd’hui à 18% en Asie et à 20% en Amérique latine et dans les Caraïbes en 2050.  En Afrique, région où la population est la plus jeune, la proportion de personnes âgées devrait approcher les 9% (5% seulement en Afrique subsaharienne) d’ici à 2050. 

Les défis posés par les migrations ont également été évoqués dans les débats tout comme les droits en matière de santé sexuelle et procréative qui ont fait l’objet d’une mise au point de la part de la Fédération de Russie qui s’est élevée contre des « concepts douteux » comme les droits sexuels, qui selon elle n’ont pas fait l’objet d’un consensus au Caire.  « Les femmes et les filles ont le droit de décider de leur corps » ont rétorqué la Norvège, et, dans le même esprit, la Suède qui a assuré avoir fait de l’égalité hommes-femmes un moteur de son développement.  Engagés en faveur du développement durable, des droits de l’homme et de l’égalité, « nous devons maintenir un langage normatif fort », a aussi défendu l’Australie.

La Commission poursuivra son débat général demain mercredi 3 avril.  En début d’après-midi, elle réunira un groupe d’expert qui examinera la pertinence continue de la CIPD dans le cadre du Programme 2030. 

*E/CN.9.2019/2

TABLE RONDE INTERACTIVE DE HAUT NIVEAU SUR LES CONCLUSIONS PRINCIPALES ET LES RECOMMANDATIONS DES CONFÉRENCES RÉGIONALES SUR LA POPULATION ET LE DÉVELOPPEMENT

La modératrice, Mme NATALIA KANEM, Directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), a déclaré d’emblée qu’il est « vital » de renforcer le travail des commissions régionales et d’assurer la mise en œuvre de leurs conclusions, en collaboration avec les gouvernements. 

Venu présenter les conclusions de la conférence régionale de l’Europe, le Sous-ministre des affaires étrangères du Bélarus, M. ANDREI DAPKIUNAS, a estimé que le vieillissement de la population faisait partie des principaux défis auxquels est confrontée la région.  Pour y faire face, nous devons améliorer la productivité des personnes âgées tout en luttant contre les stéréotypes dont ils font l’objet. 

Le vieillissement est également une tendance à la hausse en Asie-Pacifique, où résident 60% de toutes les personnes âgées dans le monde, a noté le Secrétaire général adjoint pour la Population et le développement et Directeur exécutif de la Commission de la population et du développement des Philippines, M. JUAN ANTONIO A.  PEREZ III.  Alors que plusieurs vieilliront avant d’avoir pu s’enrichir, il faut veiller à ce que ces personnes soient considérées comme actives aussi longtemps que nécessaire.  Dans la région arabe, la majorité des pays entreprendront d’ici à 2040 une transition vers des sociétés marquées par le vieillissement, a noté Mme ABLA AMAWI, Secrétaire général du Conseil supérieur de la population de Jordanie, pendant que des barrières culturelles continuent de limiter les progrès des femmes et des personnes âgées. 

Pour faire face à ce défi, Mme GLORIA MONTENEGRO FIGUEROA, Ministre des femmes et des populations vulnérables du Pérou, a prôné la mise en place de services et de programmes sociaux destinés aux personnes âgées.  Toutefois, en Afrique, où 60% de la population a moins de 25 ans, le vieillissement qui s’installe dans de nombreuses régions pourrait favoriser l’essor économique, a dit M. ROBERT CHAKANDA, Sous-ministre de la Planification et développement du Sierra Leone

Parallèlement, le faible taux de fécondité demeure un défi de taille en Europe où, dans 11 pays, ce taux demeure en-deçà de 1,5 enfant par femme.  Pour renverser cette tendance, M. Dapkiunas a prôné le renforcement des mesures d’aide aux familles telles que les congés parentaux, les soins aux enfants et des modalités de travail souples. 

En Asie-Pacifique, où le nombre de grossesses non désirées demeure une source de préoccupation, il faut plutôt améliorer l’accès aux soins procréatifs et développer des programmes d’éducation sexuelle et procréative, selon M. Perez.  Même son de cloche en Afrique, où les grossesses précoces et les mariages forcés continuent de restreindre les possibilités d’emploi des femmes.  La Fédération de Russie s’est toutefois élevée contre des « concepts douteux » comme les droits sexuels, qui n’ont pas fait l’objet d’un consensus au Caire.

Sur le continent africain, les dernières années ont été marquées par un taux de fécondité à la baisse ainsi qu’une augmentation de l’espérance de vie et de la scolarité dont bénéficient maintenant 78% des enfants, s’est félicité M. Chakanda.  Toutefois, alors que la moitié des personnes pauvres dans le monde vit en Afrique, les ressources budgétaires demeurent insuffisantes pour assurer la réalisation du Programme d’action, a-t-il concédé, pendant que le Sénégal déplorait le manque de données fiables et actualisées, ce qui a pour effet d’entraver la mise en œuvre des programmes de développement. 

Alors que la région arabe demeure marquée par des taux de chômage parmi les plus élevés au monde, Mme Amawi a déploré que les conflits persistants ont pour effet d’accentuer les vulnérabilités, empêchant les États de sortir de l’aide humanitaire pour passer à l’aide au développement.

Les migrants originaires de l’Asie-Pacifique envoient des redevances à hauteur de 360 milliards de dollars par année, ce qui contribue tant à la croissance économique des pays d’origine que des pays d’accueil, a relevé M. Perez, en espérant que le Pacte mondial sur les migrations permettra d’identifier des priorités à même de conduire à des migrations sûres, régulières et ordonnées.

Il faut donc créer un environnement à même d’inciter les jeunes à demeurer dans leur pays, a encouragé M. Dapkiunas, en tenant compte des différences entre les hommes et les femmes.  Pour l’Ouganda, les jeunes doivent devenir un « levier » pour le développement du continent.

Dans une région telle que l’Amérique latine et les Caraïbes, où les inégalités demeurent parmi les plus élevées au monde, Mme Monténégro Figueroa a déclaré qu’il était impératif de veiller à ce que les personnes vulnérables, telles que les femmes, les personnes âgées, les autochtones et les personnes d’ascendance africaine puissent bénéficier de programmes qui leur permettent de développer leur plein potentiel.

MESURES POUR LA POURSUITE DE LA MISE EN ŒUVRE DU PROGRAMME D’ACTION DE LA CONFÉRENCE INTERNATIONALE SUR LA POPULATION ET LE DÉVELOPPEMENT AUX NIVEAUX MONDIAL, RÉGIONAL ET NATIONAL: E/CN.9/2019/1, E/CN.9/2019/L.1, E/CN.9/2019/2, E/CN.9/2019/3, E/CN.9/2019/4 et E/CN.9/2019/L.3

Déclarations

Les Maldives sont fières de leur réussite en matière de mise en œuvre du Programme d’action de la CIPD ainsi que de la Déclaration ministérielle Asie-Pacifique sur la population et le développement, a affirmé Mme FATHIMATH NIUMA, Ministre de la planification nationale et des infrastructures des Maldives.  « Nous avons réduit la pauvreté, réalisé une couverture universelle en matière de santé et d’éducation et répondu à la problématique des populations vulnérables et de l’égalité des sexes. »  En un mot, les Maldives placent la personne au centre de tout développement, a résumé la Ministre. 

Cependant, les défis demeurent: comment garantir l’accès à la santé, à l’éducation, à l’eau, comment assurer un environnement sain et sûr pour tous comme mandaté par la Constitution dans un pays où les populations sont réparties entre 187 îles?  En tant que petit État insulaire aux ressources limitées et qui importe la majorité de ces produits essentiels, les Maldives subissent une pression importante, a expliqué Mme Niuma.  Pour mettre en œuvre des politiques ciblées, il faut des données ventilées, a-t-elle ajouté avant d’appeler la communauté internationale à faire du développement durable une réalité.

M. MICHAEL FREHSE (Allemagne) s’est félicité des avancées réalisées en matière d’éducation et de santé à travers le monde ces 25 dernières années, tout en reconnaissant les défis à relever pour la réalisation du Programme d’action du Caire et des objectifs de développement durable.  À cet égard, il a fait part de la disposition de son pays à partager son expérience en matière de démographie, et s’est dit ouvert à tout apport pour faire face au vieillissement de sa population.  « C’est la tendance actuelle dans notre société, où la génération des baby-boomers atteindra l’âge de la retraite en 2020.  Si rien n’est fait, cette tendance constituera un réel problème pour le marché du travail », a-t-il averti.  Une loi a déjà été adoptée en 2015 pour aider les employés qui prennent soin de leurs parents âgés à bénéficier de congés. 

Le représentant a par ailleurs évoqué les mesures prises pour combattre les clichés et stéréotypes dont souffre cette tranche d’âge notamment dans le monde du travail.  De fait, les personnes de plus de 60 ans sont souvent stigmatisées car « trop vieilles et non productives ».  Or, a-t-il insisté, leur expérience, sagesse et connaissances sont inestimables pour les employeurs et la société.  « Nous devons renforcer le potentiel de ces personnes, protéger leurs droits et lutter contre la discrimination basée sur l’âge, tout en leur assurant protection sociale, santé et autonomie », a-t-il dit.  Pour finir, il a considéré comme importante l’initiative « éducation et apprentissage » destinée aux personnes âgées figurant dans le programme de l’actuelle session du Groupe de travail à composition non limitée sur le vieillissement. 

M. KAHA IMNADZE (Géorgie) a vanté les progrès réalisés par son pays depuis l’adoption du Programme d’action, il y a 25 ans.  Au cours de cette période, la mortalité maternelle a diminué de 53%.  La Géorgie a mené des recensements améliorés afin de disposer de données fiables permettant de définir des politiques ciblées pour améliorer la santé et l’éducation.  Par ailleurs, le Gouvernement a fait de la lutte contre la violence sexiste une priorité.  Des stratégies novatrices de communication à l’intention des hommes ont ainsi permis de réduire ce type de violence et de renforcer l’égalité des sexes, s’est félicité le représentant. 

Sur les questions liées à la population et au développement, a souligné Mme PATRICIA BENÍTEZ LIMA (Uruguay), son pays a continué d’adopter une approche fondée sur les droits de l’homme en conformité avec les objectifs de développement durable.  Ces dernières années, l’Uruguay a élaboré des politiques efficaces qui contribuent à améliorer la qualité de vie des populations et à réduire la pauvreté multidimensionnelle.  La représentante a fait part de l’attachement de son gouvernement à la problématique hommes-femmes, évoquant un plan d’action en faveur de l’égalité des sexes et une feuille de route intégrée dans ce domaine.  Elle a évoqué la responsabilité partagée intergénérationnelle et les différentes actions entreprises pour lutter contre la violence sexiste et sexuelle.  Pour finir, elle s’est félicitée des avancées de son pays en matière de santé sexuelle et procréative.  « L’Uruguay est à l’avant-garde dans ce domaine », s’est-elle réjouie.

Mme JOSEPHINE KIBARU MBAE, Directrice générale du Conseil national pour la population et le développement du Kenya, a déclaré que la Constitution du Kenya, adoptée en 2010, prévoit la protection des droits de tous les citoyens.  Ainsi, le Gouvernement a adopté des stratégies afin d’assurer le bien-être des individus et des familles, notamment des services de maternité gratuits et des services de santé préventifs, a-t-elle relevé.  Depuis 1979, le taux de fécondité dans son pays est passé de 8,1 naissances par femme à 3,9, et la mortalité infantile a été réduite de plus de moitié.  Alors que les jeunes représentent 80% de la population du pays, il est essentiel d’investir dans la santé, l’éducation et la formation.  En outre, un Mécanisme national de coordination des migrations a été mis en place afin d’encadrer l’urbanisation concentrée dans les bidonvilles.  Malgré les mesures adoptées pour réduire les inégalités de genre, l’autonomisation des femmes demeure un défi tant national que mondial, a reconnu l’intervenante.  Le Gouvernement du Kenya continue d’investir dans les services de planification familiale et de suivre de près l’évolution de la prévalence du VIH, notamment par la collecte de données. 

Alors que la communauté internationale commémore l’anniversaire de la rencontre du Caire, « nos actions au niveau national devront aller dans le sens de la poursuite de la mise en œuvre du Programme d’action de la CIPD au niveau mondial », a dit M. JEAN-CLAUDE FÉLIX DO REGO (Bénin).  En vue de renforcer le capital humain, son pays a poursuivi et renforcé depuis 2016, dans les secteurs éducatifs et sanitaires, les mesures sociales d’exonération des frais de scolarité en faveur des filles. 

Des efforts ont également été faits en vue de l’autonomisation de la femme, de l’égalité des sexes, de l’amélioration de la santé maternelle et néonatale, de la santé sexuelle et procréative et de la réduction de la mortalité infantile.  Ces mesures, a précisé le représentant, sont au centre de la plupart des objectifs qui visent à instaurer des communautés durables.  Pour finir, il a souhaité que la prochaine conférence de haut niveau de Nairobi permette de faire progresser la mise en œuvre du Programme d’action et de rassembler une coalition élargie des parties prenantes afin de mieux défendre les acquis. 

M. FRANCISCO DUARTE LOPES (Portugal) a déclaré que le Programme d’action de la CIPD a fait de la santé procréative la pierre angulaire du développement, ce qui a permis de réduire les taux de mortalité infantile et maternelle.  Malgré ces progrès, des millions de personnes attendent toujours la réalisation des objectifs du Programme d’action, a déploré le représentant.  Nous devons mettre en œuvre les éléments restants du Programme du Caire afin d’éliminer les inégalités, notamment entre les hommes et les femmes, tout en augmentant les ressources allouées à la santé maternelle, en partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), a-t-il dit.  Pour sa part, le Portugal entend renforcer son appui aux organisations non gouvernementales locales et aux enseignants pour améliorer la scolarisation des filles.  À cet égard, il a compté sur la participation du secteur privé et de tous les secteurs de la société. 

Son pays, a indiqué Mme ERASMIE (Suède), a fait de l’égalité hommes-femmes un moteur de son développement.  Un accès universel et adéquat aux droits liés à la santé sexuelle et procréative a contribué à la fois à un taux de fécondité adéquat et à une participation de la femme au marché du travail, ainsi qu’à une véritable croissance en Suède, s’est-elle félicitée.  La Suède est un défenseur de la couverture universelle pour tous et dans tous les pays, y compris le droit à l’avortement.  C’est pourquoi, la représentante a jugé « intolérable » d’utiliser ce droit comme « une arme politique » dans certains pays.  Cette approche contribue à mettre en danger les femmes et les filles qui recourent à l’avortement clandestin avec toutes les implications sur leur santé, a-t-elle déploré.  Le multilatéralisme traverse une période test, a averti la déléguée.  Les valeurs sont remises en question, les droits fondamentaux sont remis en question.  La Suède, a-t-elle conclu, s’engage à défendre les droits en faveur de toutes les catégories de personnes et espère tisser des dialogues constructifs dans l’intérêt de tous.

M. ODO TEVI (Vanuatu) a estimé que le Programme d’action de la Conférence du Caire a gardé toute sa pertinence après 25 ans, notamment après l’adoption du Programme à l’horizon 2030.  Comme plusieurs pays de l’Asie-Pacifique, le Vanuatu fait face à des taux de chômage élevés, notamment pour les jeunes et les femmes.  Seule l’éducation peut contribuer à résoudre ces problèmes et à éradiquer la pauvreté, a fait valoir le représentant.  M. Tevi a également souligné l’importance de disposer de services de santé de qualité, notamment en matière de soins procréatifs et sexuels.  De même, la croissance urbaine doit être planifiée et gérée de façon efficace, a-t-il noté, en tenant compte, entre autres, des droits des migrants.  Pour ce faire, nous devons disposer de données fiables, comme le prévoient le Programme 2030 et le Programme d’action. 

Mme WALLACE (Australie) a encouragé la Commission à parler d’une seule voix face aux questions fondamentales liées à la population et au développement.  Il est particulièrement important de dégager un consensus à cet égard, a-t-elle insisté.  L’Australie reste attachée à « l’accès universel aux services de santé sexuelle et procréative en tant que pierre angulaire sur la voie de la réalisation d’un développement durable et inclusif ».  La représentante a fait part de sa préoccupation quant à l’absence de consensus entre les États Membres lors des trois dernières sessions, et les tentatives de diluer ou d’éliminer les droits liés à la santé sexuelle et procréative.  Engagés en faveur du développement durable, des droits de l’homme et de l’égalité, « nous devons maintenir un langage normatif fort », a-t-elle conclu.

M. OKSENOYT (Russie) a déclaré que « les priorités consacrées par le Programme du Caire sont toujours d’actualité et ne nécessitent aucune révision ».  Il s’est félicité des succès enregistrés dans l’augmentation de l’espérance de vie et la diminution de la mortalité infantile et des grossesse précoces.  Nous devons concentrer notre attention sur l’amélioration des conditions de santé, a-t-il noté, et sur la promotion de modes de vie sains, notamment pour les femmes et les jeunes.  Devant le vieillissement de la population, le délégué s’est dit opposé à l’objectif de réduction de la fécondité dans certains pays, estimant plutôt qu’il faut tenir compte des traditions culturelles des pays.  Pour sa part, la Fédération de Russie ne croit pas que l’éducation sexuelle relève des écoles, mais plutôt des familles.  Pour sa délégation, le « droit sexuel » est un concept qui ne fait pas partie du consensus du Caire ni d’un accord entre les États Membres.  Concernant les migrations, il a déclaré qu’il fallait respecter la défense des frontières des États et des législations nationales.  Enfin, il est dit en faveur des dispositions du Programme d’action relatives à la population pour autant qu’elles correspondent aux priorités nationales des pays. 

M. VICTOR MORARU (République de Moldova) a souligné les progrès inégaux entre pays et au sein d’un même pays.  C’est pourquoi, a-t-il préconisé, dans nos efforts vers la réalisation des objectifs de la CIPD, les grandes tendances démographiques, la transition épidémiologique, les changements climatiques et leurs impacts devraient guider nos actions.  Venant d’une région à l’avant-garde en matière de transformation démographique globale, marquée notamment par un vieillissement de la population, couplé à un flux migratoire et à une fécondité complexe, la République de Moldova demeure fermement engagée par rapport au Programme d’action du Caire.  Ces cinq dernières années, le pays a accompli des progrès dans les domaines clefs, à savoir le développement durable, la santé sexuelle et procréative ainsi que dans la lutte contre les inégalités sociales et en faveur de l’inclusion.  Pour finir, le représentant a indiqué que le Parlement a adopté, en décembre 2018, une stratégie nationale de développement « Moldova 2030 » qui s’illustre par un nouveau concept de développement durable centré sur le bien-être des individus.

M. KORO BESSHO (Japon) a estimé que des progrès importants ont été accomplis pour réduire la mortalité infantile et maternelle depuis l’adoption du Programme d’action.  Il s’est dit confiant que le Sommet de Nairobi de la CIPD25, qui se tiendra en novembre, permettra d’accélérer sa mise en œuvre.  Face aux problèmes émergents tels que le vieillissement de la population, les migrations et l’urbanisation, il est essentiel de pouvoir compter sur des politiques reposant sur des données démographiques fiables, a-t-il noté.  « En tant que pays à la population la plus âgée au monde, le Japon est prêt à partager ses expériences avec ses partenaires. »  Demain, a indiqué M. Bessho, le Japon présentera en collaboration avec le FNUAP une rencontre sur le vieillissement et le faible taux de fécondité.  Le Japon compte en outre faire de l’assurance santé universelle une priorité lors de sa présentation au G20 et de la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique. 

Mme ANA SILVIA RODRÍGUEZ ABASCAL (Cuba) a déclaré que la mise en œuvre du Programme d’action de la CIPD permettra, à terme, de réaliser les objectifs du Programme 2030 et de réduire les inégalités existantes, tant entre les pays qu’à l’intérieur de leurs frontières.  Seule une volonté politique ferme jumelée à la coopération internationale et à un dialogue sincère permettront de répondre aux besoins croissants des humains en tant que centres des politiques publiques, a fait valoir la représentante.  Pour ce faire, nous avons besoin d’un système international qui permet d’éliminer le fossé croissant entre les pays en matière de développement, a-t-elle insisté, en appelant à une meilleure redistribution de la richesse à l’échelle mondiale. 

Alors que Cuba continue, depuis 60 ans, d’être victime d’un blocus économique, commercial et financier, et malgré les appels unanimes répétés de l’ONU en faveur de sa levée, Cuba continue de mettre en place des programmes sociaux afin d’améliorer la qualité de vie de ses citoyens.  À cet égard, les indicateurs sociaux de Cuba montrent un niveau de développement humain élevé, tant en matière d’éducation que de santé, a conclu la représentante. 

M. POCH (Cambodge)a reconnu la valeur ajoutée des différents programmes dans la réalisation des objectifs de développement durable.  Le Cambodge est devenu une nation en développement rapide en dépit d’un passé difficile marqué par un génocide et un long conflit.  Le pays a connu une transition démographique et le PIB par habitant a presque triplé de 1994 à 2018.  Ces avancées ont été rendues possibles grâce à l’action du gouvernement et grâce au Programme d’action de la CIPD qui a constitué un cadre pour l’adoption de différents projets stratégiques.  Malgré de nombreuses réussites, il convient d’améliorer les soins de santé, la participation de la jeunesse et la gestion des migrations et de l’urbanisation.  Le Cambodge, fervent partisan de la CIPD s’engage à poursuivre son suivi et son examen sur la voie d’un développement durable et de la réalisation du Programme à l’horizon 2030. 

Pour Mme MONA JUUL (Norvège), l’égalité des sexes permet de libérer le plein potentiel des États.  Il ne s’agit donc pas d’une option, mais bien du droit humain de participer pleinement aux enjeux de société.  Comme l’affirme le Programme d’action de la CIPD, « les femmes et les filles ont le droit de décider de leur corps ».  Malgré cela, a regretté la représentante, trop de femmes et de filles sont victimes d’une violence sexiste qui remet en cause leurs droits procréatifs et sexuels.  La Norvège vise à assurer la protection de ces droits, y compris le droit à l’avortement et à l’éducation sexuelle, a martelé Mme Juul.  Comme l’ont reconnu les dirigeants du monde à l’occasion de l’adoption du Programme 2030, les inégalités entre les pays demeurent préoccupantes, 25 ans après l’adoption du Programme d’action du Caire.  La Norvège compte donc poursuivre ces efforts afin de réduire les écarts entre les pays et assurer le respect des droits sexuels des populations. 

M. VITAVAS SRIVIHOK (Thaïlande) a vu une occasion importante de réaffirmer l’engagement de son pays en faveur de la mise en œuvre du Programme d’action de la CIPD et du Programme de développement durable à l’horizon 2030.  Il incombe de créer un environnement propice au bien-être de la population, en excluant toute entrave à la marche vers le développement.  Pour atteindre ces objectifs, il a souligné la nécessité pour les gouvernements de disposer de données fiables pour comprendre et connaître leur propre population.  Le représentant a encouragé à redoubler d’efforts à travers l’utilisation des technologies de l’information et de la communication et d’autres technologies innovantes.  En tant que Présidente de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), la Thaïlande réitère son engagement pour mener à bien le Programme d’action.

Mme KINSEY (Canada) a déclaré que le Canada demeure un ardent défenseur de la pleine mise en œuvre du Programme d’action de la CIPD, qui représente un consensus remarquable entre les pays sur l’importance des droits de l’homme et de la dignité humaine comme fondements du développement durable.  Le Canada a eu l’honneur de coprésider, l’an dernier, la conférence régionale CIPD25, et de contribuer à sa mise en œuvre.  Parmi les leçons tirées de ces expériences, la représentante a mentionné l’importance de pouvoir compter sur des services de santé sexuelle et procréative de qualité, notamment pour les femmes et les filles.  Elle a en outre estimé que l’application intégrale du programme d’action renforcera les efforts du Canada pour mettre en œuvre le Programme 2030 ainsi que les objectifs de développement durable. 

Ainsi, la politique d’aide internationale « féministe » du Canada place les droits des plus pauvres et des plus marginalisés au cœur de ses efforts, comme l’a démontré la Déclaration de Charlevoix du G7, qui a prôné l’accès des femmes et des filles à une éducation de qualité.  Le Canada espère donc que le sommet de Nairobi qui se tiendra cette année permettra de réaliser de nouvelles avancées en ce sens. 

M. ALIABADI (République islamique d’Iran) a évoqué les progrès réalisés par son pays pour réduire la mortalité maternelle, augmenter la couverture vaccinale, assurer l’accès de tous à des services de santé sexuelle et procréative et offrir des soins gratuits à ceux qui vivent avec le VIH/sida.  La population en âge de travailler ayant augmenté de 71%, l’Iran devrait pouvoir tirer parti de son dividende démographique.  Toutefois cette population vieillit et le nombre de personnes âgées devrait passer de 6,5 millions aujourd’hui à près de 30 millions en 2050.  Le représentant a rappelé la conférence régionale sur le vieillissement qui s’est tenue à Téhéran en 2018 pour examiner des stratégies dans plus de 40 pays de la région Asie-Pacifique. 

L’Iran, a poursuivi le représentant, a également réussi à autonomiser les femmes et les filles dans divers domaines, notamment la santé, l’éducation, et l’assainissement.  Le nombre d’étudiantes a été multiplié par 14 au cours des 30 dernières années et les femmes sont plus nombreuses dans les ministères et les entités publiques, ainsi que dans les instances judiciaires.  Par ailleurs, l’Iran condamne les sanctions unilatérales qui ont des effets négatifs sur le bien-être et la vie quotidienne des Iraniens. 

Pour M. AHMAD SAIF Y.A.  AL-KUWARI (Qatar), la mise en œuvre du Programme d’action de la CIPD est essentielle.  Les rapports du Secrétaire général à l’examen sont, a-t-il trouvé, « conformes à nos efforts en matière de développement » et prennent en compte les droits de l’homme.  Mais du fait de l’augmentation des crises internationales et des déplacements de population, beaucoup de difficultés subsistent et exigent davantage d’efforts en matière de coopération en vue d’aboutir à des solutions pratiques.  Au Qatar, a témoigné le représentant, la politique gouvernementale met la personne au cœur de ses programmes de développement et vise à préserver les droits des générations futures, conformément aux principes du droit islamique, de la vision stratégique et en accord avec les programmes internationaux, le Programme d’action de 1994. 

M. NORFRIJAL (Indonésie) s’est dit convaincu que la coopération internationale dans le domaine du renforcement des capacités est essentielle pour une bonne mise en œuvre du Programme d’action du Caire, en particulier les coopération Sud-Sud et triangulaire.  Aussi, l’Indonésie a-t-elle fait profiter de son expérience à des milliers d’agents chargés de la planification familiale dans plus de 104 pays et continuera de le faire.  Le pays a dûment intégré le Programme d’action du Caire et le Programme 2030 dans ses Plans de développement à moyen et long terme et lancé un décret sur la couverture sanitaire universelle.  L’Indonésie a aussi mis en place un Secrétariat chargé des objectifs de développement durable pour suivre et évaluer la mise en œuvre des engagements.  Les efforts ont été essentiels pour mettre en place des services de planification familiale et de santé reproductive de qualité, accessible et abordable.  Ils ont aussi permis des progrès dans la lutte contre la violence faite aux femmes dont la mise en place des centres intégrés pour l’aide aux victimes et l’offre d’une assistance juridique.  Les efforts ont également permis une meilleure exploitation du dividende démographique et de réels investissement dans la jeunesse.

M. PRICA (Bosnie-Herzégovine) a décrit les efforts déployés par son pays afin de réaliser les objectifs de développement durable.  Toutefois, a-t-il noté, la population du pays continue de diminuer année après année depuis la guerre, ce qui a pour effet d’accélérer le vieillissement de la population.  Le taux de fécondité, à 1,3 naissance par femme, est l’un des plus bas du monde, et la tendance demeure à la baisse.  Les maladies non transmissibles sont à la hausse, un problème aggravé par l’exode du personnel de santé vers d’autres pays européens, a noté le représentant, en ajoutant que le manque de données fiables sur les migrations entrave la capacité de la Bosnie à rectifier le tir.  Pour renverser ces tendances et garder les jeunes au pays, il faut améliorer les infrastructures ainsi que les services d’éducation et de santé. 

M. GALLEGOS (Équateur) a salué le thème retenu pour la présente session, à savoir l’examen du Programme d’action de la CIPD et sa contribution au suivi et à la mise en œuvre du Programme 2030, car il est impératif d’intégrer la dimension population dans les objectifs de développement durable.  L’Équateur a d’ailleurs annoncé l’année dernière qu’il levait toutes les réserves concernant le Programme du Caire.  Toutefois, a souligné son représentant, le manque de ressources financières, de capacités et de transfert de technologies limitent les possibilités des populations des pays en développement de réaliser leur développement durable.  En Équateur, la mise en œuvre du Programme 2030 est une politique de l’État, alignée sur son plan national de développement 2017-2020 intitulé « Toute une vie ».  La délégation a souhaité que les tendances démographiques soient débattues lors du Forum politique de haut niveau sur le développement durable et fassent partie des examens nationaux volontaires.  Au titre des tendances les plus transformatrices, le nouveau programme urbain adopté à Quito reconnait que la population mondiale urbaine devrait doubler d’ici à 2050. 

M. SCHWYN (Suisse) a dit que les efforts ont permis des avancées, mais de sérieux défis doivent encore être surmontés comme le relève du processus d’examen: les pays de toutes les régions ont constaté des lacunes en matière d’égalité des sexes et d’autonomisation des femmes et ont appelé à permettre aux femmes et aux hommes de parvenir à un équilibre entre vie professionnelle et vie privée.  Le représentant a ajouté qu’il convenait de donner aux personnes les plus susceptibles d’être laissées pour compte, comme les jeunes, les migrants, les personnes âgées, les personnes handicapées et les peuples autochtones, les moyens d’acquérir leur autonomie.  Depuis 1994, le monde s’est diversifié des points de vue social, économique et démographique.  Cette réalité est reconnue par le Programme 2030 et constitue dans le même temps un défi pour celui-ci. 

« Ne laisser personne sur le côté » dans ce monde de diversité signifie aussi faire en sorte que chacun soit compté dans les recensements, a poursuivi le délégué.  La disponibilité de données démographiques ventilées par caractéristiques clefs constitue une contribution essentielle à cet effort.  La Suisse met un accent particulier sur la qualité des données et le suivi du développement durable au niveau national et international.  « Nous sommes très heureux de poursuivre cet engagement, notamment en accueillant en Suisse, en 2020, le prochain Forum des Nations Unies sur les données. »

M. AMRITH ROHAN PERERA (Sri Lanka) a déclaré que l’examen du Programme d’action de la CIPD tombe à point nommé alors qu’il y a déjà trois ans que les États s’efforcent de mettre en œuvre les objectifs du Programme 2030.  Le mandat que se sont donnés les 179 gouvernements signataires du Programme d’action a contribué à la mise en place et à la consolidation de politiques visant à assurer l’autonomisation des femmes et des filles.  Toutefois, les changements climatiques, l’urbanisation, la croissance de la population et les migrations constituent autant de défis que les nations devront relever pour parvenir à des progrès durables à l’avenir. 

De même, la tendance au vieillissement de la population pourrait affecter la capacité du Sri Lanka à réaliser les objectifs du Programme 2030.  Par ailleurs, a poursuivi le représentant, le Sri Lanka a mis en place les structures juridiques et institutionnelles nécessaires afin d’assurer l’égalité des sexes dans le monde du travail et ailleurs.  Le système public de santé offre une couverture universelle, avec « un hôpital tous les quatre kilomètres », ce qui a permis à ses citoyens de bénéficier d’une espérance de vie parmi les plus élevées au monde.  De même, a continué M. Perera, le Sri Lanka a réalisé des avancées en termes de santé sexuelle procréative et, et demeure engagé à assurer le développement des femmes et des jeunes. 

Mme SILVA (Bolivie) a vanté le modèle bolivien de développement s’agissant de la mise en œuvre des objectifs du Caire, et les idées progressistes contenues dans le « Consensus de Montevideo ».  Cette affirmation est étayée par des chiffres, a-t-elle poursuivi, citant par exemple l’espérance de vie des femmes qui est passée de 66 ans à 77 ans en l’espace de 10 ans.  Neuf femmes sur 10 bénéficient d’un accouchement assisté en présence d’un médecin.  Le cancer du col de l’utérus a reculé grâce aux multiples campagnes de vaccination.  S’agissant du développement social, 60% de la population à moins de 30 ans, une opportunité, selon la représentante, pour « nous préparer à l’avenir ».  De plus, elle s’est félicitée de la participation record des femmes et des jeunes dans la sphère politique.  D’après elle, ce succès général est lié au « concept de souveraineté sur les ressources » et à une meilleure redistribution des richesses au bénéfice des populations.  Pour finir, elle a souhaité que la prochaine réunion régionale de la Commission, en 2019, se tienne en Bolivie. 

M. MARTÍN GARCÍA MORITÁN (Argentine) a souligné les similitudes entre le Programme d’action du Caire, le Programme 2030 et le Consensus de Montevideo, qui ont en commun de mettre les personnes et la dignité au centre du développement durable.  Ces textes, a-t-il noté, abordent les questions de développement de la perspective des droits de l’homme.  Afin de veiller à l’application de ces mesures, l’Argentine s’est dotée d’un Institut national des femmes, et a adopté une loi sur l’égalité des sexes.  Le représentant a réaffirmé l’engagement de son pays à combattre toutes les formes de discrimination et à défendre tous les groupes vulnérables. 

M. KIM SONG (République populaire démocratique de Corée) a vu dans la CIPD un cadre essentiel pour améliorer le bien-être de l’humanité.  Pendant plus de 70 ans, a-t-il assuré, la RPDC a redoublé d’efforts pour améliorer le cadre de vie de ses citoyens.  Le pays a adopté une ligne stratégique marquée par un renforcement des investissements étatiques dans les domaines du développement social, notamment la santé publique, ce qui a conduit à la réduction des taux de mortalité infantile et maternelle.  Le taux de naissances en milieu médicalisé atteint pratiquement les 100%, s’est-il réjoui.  Pour finir, il a dénoncé la politique injuste du blocus, qui hypothèque l’assistance humanitaire avec toutes les répercussions néfastes sur le développement du pays.

M. GEORGI VELIKOV PANAYOTOV (Bulgarie) a salué l’adoption de la Déclaration politique à l’occasion du vingt-cinquième anniversaire de la CIPD.  Il a invité à réfléchir à ce qui peut encore être amélioré pour que chacun jouisse de ses droits, pour un monde où tous les individus aient le plein contrôle de leur santé sexuelle et reproductive, et pour que le monde soit exempt de la discrimination, de la coercition et de la violence.  Un monde, également, où les mères donnent naissance dans un environnement sûr.  Comme 2019 est une année d’examen de la CIPD, le représentant a attiré l’attention sur l’importance des processus régionaux.  Leurs résultats donnent des orientations supplémentaires pour accélérer le rythme de la mise en œuvre du Programme d’action, a-t-il fait valoir.  Son pays a d’ailleurs apprécié d’avoir codirigé le processus pour la région européenne.

Le représentant a fait remarquer que la région d’Europe de l’Est est marquée par un faible taux de fécondité, une population vieillissante et des mouvements migratoires complexes.  La Bulgarie reconnaît la nécessité d’investir dans le capital humain et de créer un environnement propice aux jeunes, femmes, enfants et personnes marginalisées, pour ne laisser personne de côté.  Le représentant a vanté les bonnes pratiques de son pays qui a enregistré de bons résultats grâce à des politiques en matière de santé sexuelle et reproductive et des politiques en faveur de la jeunesse.  Des efforts sont également menés pour donner un accès égal aux femmes sur le marché du travail, tandis que des politiques et mesures veillent à protéger les personnes âgées et celles vivant avec un handicap. 

M. BACQUELAINE (Belgique) s’est dit préoccupé par les violations des droits de l’homme qui sapent les efforts consentis 25 ans après l’adoption du Programme d’action du Caire.  Le représentant a cité les violences sexuelles de tous ordres perpétrés au quotidien contre les femmes et les filles dans les zones de guerre en particulier.  En tant que membre du Conseil de sécurité, la Belgique, a-t-il dit, accorde une attention particulière à cette question.  Il s’est aussi dit convaincu qu’une approche holistique de la question de la santé procréative et des droits sexuels est indispensable.  Le représentant a ensuite attiré l’attention sur les initiatives que son pays a mises en œuvre ces cinq dernières années: la création de centres de prise en charge médicale, psychologique et juridique ouverts jour et nuit aux victimes de violence sexuelle; la mise en place de « programmes d’éducation affective et sexuelle » et une formation en genre dans les établissements scolaires; et l’accès gratuit aux contraceptifs pour les jeunes de moins de 21 ans.  Sur ce point, s’est enorgueilli le représentant, la Belgique est considérée comme « un pays à la pointe ». 

Sur le plan international, poursuivi le délégué, la Belgique a clairement mis l’accent, dans sa politique de coopération au développement, sur les droits de l’homme, l’égalité des sexes, l’autonomisation des femmes et des filles, la santé et les droits sexuels et reproductifs.  Elle s’est engagée dans l’initiative « SheDecides », un mouvement qui compte plus de 120 000 « Amis » dans 183 pays et des « Champions » parmi des leaders politiques du Nord comme du Sud.  La Belgique a augmenté son appui au Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) mais aussi à « UNFPA SUPPLIES » qui assure l’approvisionnement en contraceptifs modernes dans 46 pays les plus pauvres.  Par son partenariat avec ONUSIDA et le Fonds mondial, la Belgique renforce les liens entre la prévention du VIH et les droits sexuels et reproductifs en promouvant l’utilisation de préservatifs et les méthodes de contraception. 

Pour Mme DOBRE (Roumanie), le Programme d’action de la CIPD représente un consensus mondial qui place les droits de l’homme au centre des politiques de développement.  Les principales mesures mises en œuvre par son gouvernement visent à promouvoir l’inclusion sociale et l’égalité entre les hommes et les femmes.  Face au vieillissement de la population, la Roumanie a adopté des politiques visant à garder les personnes âgées actives plus longtemps, notamment en adoptant des lois et programmes qui leur sont destinées.  La Roumanie a également mis en place des programmes visant à assurer l’égalité entre les hommes et les femmes, ainsi que l’autonomisation des femmes et des filles.  Pour atteindre ces objectifs, la représentante a souligné l’importance d’agir en collaboration avec ses partenaires internationaux. 

M. OZTOP (Turquie) a mis l’accent sur les liens et la responsabilité partagée entre le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et le Programme d’action de la CIPD.  Leur mise en œuvre passe par un accès universel à la santé sexuelle et procréative, la protection des droits liés à la procréation, l’éradication de la pauvreté, l’avancement de l’éducation, un travail décent pour tous, la réduction des inégalités sociales et économiques et des modes de consommation et de production durables.  Le dixième Plan de développement de la Turquie (2014-2018) plaçait le développement durable au cœur de son approche ainsi que le développement axé sur l’être humain, et cette approche se poursuit pour les cinq prochaines années.  Le deuxième examen national volontaire sera consacré aux politiques visant l’inclusion des personnes vulnérables et des groupes désavantagés, a précisé le représentant.

La Turquie connait actuellement une transition démographique d’une population jeune vers une population plus âgée où l’âge moyen est de 32 ans et ne cesse de monter, alors que les personnes de plus de 65 ans représentent 8,8% de la population.  Selon les estimations avancées par le représentant ce pourcentage devrait passer à 16,3% en 2040 et 22,6% en 2060.  Il a également fait cas des avancées notoires du pays en termes de santé reproductive et sexuelle, de planification familiale, et de santé maternelle et infantile.  La Turquie a également enregistré des progrès dans la lutte contre les maladies transmissibles et les efforts du Gouvernement portent aussi sur le contrôle du tabagisme, de l’obésité et de la détection des cancers et du diabète.  De plus, le pays a misé sur une politique de tolérance zéro face aux violences à l’encontre des femmes.  La Turquie a d’ailleurs ratifié la Convention européenne sur cette question et a adapté ses cadres législatifs en fonction.  Notant l’importance des phénomènes migratoires au XXIe siècle, le représentant a estimé que la mobilité humaine est la pierre angulaire d’un développement inclusif. 

M. ABDULLAH (Malaisie) a indiqué que la population de son pays a été multipliée par trois, passant de 10 à 30 millions en l’espace de 30 ans.  Cependant, a-t-il déploré, aujourd’hui le taux de fécondité de son pays est en dessous du taux de remplacement.  Un autre problème est la grossesse chez les adolescentes.  Il a souligné, à cet égard, l’accent mis dorénavant sur des méthodes modernes et de longue durée.  Sur la question des services de santé sexuelle et procréative, des centres adaptés à la jeunesse ont été mis en place pour élargir l’accessibilité à l’éducation sexuelle en faveur de cette tranche de la population.  S’agissant du vieillissement de la population, des politiques ont été adoptées pour garantir le droit à une vie digne pour tous.  Pour finir, le représentant a souligné la nécessité de données ventilées pour répondre à l’ensemble des objectifs de développement durable.

M. JOSÉ LUIS FIALHO ROCHA (Cabo Verde) a déclaré que le gouvernement de son pays demeurait fermement attaché aux objectifs du Programme d’action de la CIPD à travers la mise en œuvre de son Plan national pour le développement durable.  « Cabo Verde dispose d’une population jeune », a poursuivi le représentant, précisant que l’âge médian du pays était de 28 ans.  Toutefois, certains signes actuels attestent du vieillissement de la population du pays, a-t-il ajouté, insistant sur la nécessité de formuler des politiques publiques et de mobiliser les ressources adéquates afin de garantir une transition démographique en douceur.  « Il existe une fenêtre d’opportunité pour le dividende démographique qui va se refermer d’ici à 2060 », a poursuivi le représentant, appelant à tirer pleinement partie de ce « bonus démographique ».  Le délégué a souligné certaines réalisations de son pays dans certains domaines, y compris le développement en capital humain, à travers l’éducation pour tous et l’accès à la santé reproductive et à la protection sociale. 

Malgré ces progrès, le représentant a indiqué qu’en tant que petit État insulaire en développement, son pays demeurait vulnérable, en raison notamment d’autre facteurs, comme les changements climatiques, les conséquences des sécheresses sur l’économie, la persistance de la pauvreté et les inégalités sociales et régionales.  À ses yeux, ces défis, combinés à la croissance de la population, rendent nécessaire de trouver des solutions « tangibles et ouvertes », sur la base de données statistiques et démographiques fiables.

M. HÉCTOR ENRIQUE JAIME CALDERÓN (El Salvador) a reconnu que le Consensus de Montevideo sur la population et le développement et le Programme d’action du Caire ont permis de jeter les bases d’un développement durable, reposant sur l’égalité et le respect des droits de l’homme en Amérique latine.  Il a estimé que ces progrès permettront à son pays de mettre en œuvre les objectifs du Programme 2030, notamment en matière de lutte contre la pauvreté et de protection environnementale.  Alors que l’année 2018 a été dédiée à l’alphabétisme, El Salvador a été déclaré pays exempt d’analphabétisme, et a mis en place la gratuité de l’éducation supérieure publique pour tous.  Le Gouvernement a également lancé, avec la collaboration de 40 institutions du pays, un programme visant à combattre le féminicide qui demeure une source de préoccupation importante.  Il s’est également doté de politiques destinées à assurer la protection des droits des personnes âgées, des autochtones et des handicapés.  Par ailleurs, des programmes ont visé à réduire le nombre de grossesses chez les adolescentes et les jeunes femmes. 

Mme NICOLE SATCHA HEW-A-KEE (Suriname) a souligné que le développement est influencé par de nombreuses variables à savoir les changements de structure des populations, la santé sexuelle et procréative ainsi que la migration.  Elle a appelé à tenir compte de l’impact de ces facteurs dans la mise en œuvre du Programme à l’horizon 2030 et la réalisation des objectifs de développement durable et de leurs cibles.  Conformément à ses engagements, le Suriname place la dignité de l’individu au cœur de ses politiques de développement.  C’est ainsi que dans le cadre de la stratégie nationale 2019-2028 sur la santé et le bien-être, le gouvernement coopère étroitement avec les organisations non gouvernementales pour la promotion des soins de santé.  En vue de réduire les inégalités au sein du territoire, des efforts ont également été déployés en faveur des populations autochtones. 

Mme AMAWI (Jordanie) a dit que les politiques de la Jordanie tiennent compte des priorités de développement durable.  En outre, le Gouvernement s’est doté d’une feuille de route afin de mettre en œuvre le Programme 2030 et les objectifs de développement durable.  Toutefois, les crises qui secouent la région ont un effet délétère sur la capacité de la Jordanie à mettre en œuvre ces programmes de développement.  La présence de deux millions de Syriens sur le territoire jordanien soumet le pays à des pressions démographiques et sécuritaires majeures, a déploré la représentante.  Selon elle, les changements démographiques doivent aller de pair avec des changements en matière d’éducation.  Nous devons assurer l’autonomie des femmes et des jeunes, a affirmé la représentante, tout en notant que ces droits se sont améliorés au cours des dernières années.  Malgré cela, la participation des femmes à la vie publique demeure faible, et les mariages en bas âge sont une réalité, ce qui nous force à revoir les politiques relatives aux femmes et au filles, a-t-elle conclu.

Pour Mme ROUA SHURBAJI (Syrie), le Programme d’action adopté au Caire en 1994 est « un document phare » qui jette les bases et principes pertinents de développement.  « Ceux-ci doivent nous guider dans nos efforts vers la mise en œuvre du Programme à l’horizon 2030. »  Elle a toutefois souligné les enjeux auxquels fait face la Syrie en raison des circonstances spécifiques.  Depuis le début de la guerre, les soins de santé ont reculé, la mortalité infantile et maternelle a augmenté, tout comme le coût de la vie et de l’éducation.  Les conséquences de cette situation sont exacerbées par les menaces terroristes, le déplacement des populations et les migrations.  Pour finir, la représentante a réitéré « l’injustice des sanctions occidentales qui empêchent la Syrie de réaliser ses objectifs de développement ».

M. N’GROUMA TANO (Côte d’Ivoire) s’est félicité des progrès réalisés dans la mise en œuvre du Programme 2030 et des objectifs de développement durable, notamment en termes de respect des droits, d’égalité entre les sexes et d’équité.  De plus, la Côte d’Ivoire a enregistré des progrès dans la parité entre les garçons et les filles.  Le Gouvernement ivoirien a également mis en place des mesures afin de lutter contre les grossesses chez les adolescentes et les jeunes, a précisé le représentant.  Des cadres stratégiques ont été créés afin de favoriser l’emploi chez les jeunes et de lutter contre la délinquance.  Par ailleurs, la Côte d’Ivoire a pris des mesures pour améliorer l’accès aux soins de santé, notamment la contraception et la planification familiale, ce qui a permis de réduire la mortalité des enfants.  Un office national de population a également été mis sur pied, en 2012, afin de renforcer la capacité du Gouvernement ivoirien de relever les défis démographiques.  Le délégué a réaffirmé l’engagement de son pays envers la mise en œuvre du Programme d’action de la CIPD, notamment par le biais d’un meilleur appui financier aux bureaux régionaux et d’un accès accru à la collecte et à l’analyse des données démographiques. 

M. RUBERINTWARI (Burundi) a annoncé que son gouvernement venait de lancer le Plan national de développement pour la période 2018-2027, un nouvel instrument de planification stratégique qui mènera « certainement vers l’émergence à l’horizon 2027 ».  Le Burundi est heureux d’avoir contribué à l’examen du Programme d’action de la CIPD et note avec satisfaction les progrès considérables réalisés notamment en matière de dignité et d’égalité.  De même, sur le plan de la santé, le représentant s’est félicité que le pourcentage des femmes qui accouchent dans des structures médicalisées soit passé de 40% en 2005 à 85% en 2018.  En matière de production et d’utilisation des données, le Burundi a pris en compte la dynamique démographique dans la planification du développement aux niveaux national et local, pour tirer parti du dividende démographique.  Au plan multilatéral, le Burundi partage la pertinence des conclusions de l’évaluation du programme d’action de la CIPD au-delà de 2014. 

Mme JACQUELINE EDMOND (Nouvelle-Zélande) a déclaré que les priorités définies dans le Programme d’action du Caire et le Programme 2030 permettent de sauver des vies, tout assurant un développement durable.  Elle a mentionné en particulier l’importance de l’éducation sexuelle et de l’accès à des services de contraception et de planification familiale.  Nous devons garantir l’autonomie des femmes en matière de procréation, condition essentielle à leur participation au marché du travail et à la prise de décisions nationale, a-t-elle conclu. 

M. AMRIT BAHADUR RAI (Népal) s’est félicité des progrès accomplis depuis l’adoption, en 1994, du Programme d’action de la CIPD, malgré des inégalités persistantes entre les pays comme à l’intérieur des États.  Alors que le taux de fertilité est à la baisse et l’espérance de vie à la hausse, le Népal a réalisé, au cours des dernières années, des progrès notables dans le domaine de la santé ainsi que dans l’autonomisation des femmes et des filles, a noté le représentant.  La Constitution du Népal, adoptée en 2015, reconnait l’importance de ces droits et place les personnes au centre de ses politiques de développement.  Alors que le Népal se transforme en État fédéral, la coordination est devenue une priorité du Gouvernement dans ses efforts pour mettre en œuvre les objectifs du Programme d’action. 

Mme ALIMJANOVA (Ouzbékistan) a indiqué que son pays est l’un des premiers pays d’Asie centrale à avoir souscrit au Programme d’action de la CIPD ainsi qu’à celui de Beijing sur les femmes.  Son pays à l’avantage de compter 64% de jeunes de moins de 30 ans, ce qui donne la possibilité d’exploiter les dividendes de la transition démographique.  Dans le cadre de la mise en œuvre de objectifs de développement, l’Ouzbékistan a adopté la stratégie d’action 2017-2021.  Il s’agit de renforcer l’institution de la famille, et de réformer les secteurs de l’enseignement et de la santé.  Parmi les mesures pratiques, elle a évoqué la création d’un centre d’études scientifiques dont l’objet est de procéder à des enquêtes novatrices en matière démographique et de créer des systèmes efficaces d’assistance aux familles.  Il s’agit également de promouvoir le dépistages précoce des maladies génétiques. 

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