ECOSOC: l’intégration des objectifs de développement durable ne résout pas les problèmes de financement ni le défi environnemental

ECOSOC/7006
17 Juillet 2019
Session de 2019, 31e & 32e séances plénières – matin & après-midi

ECOSOC: l’intégration des objectifs de développement durable ne résout pas les problèmes de financement ni le défi environnemental

Le Conseil économique et social (ECOSOC) et le Forum politique de haut niveau pour le développement durable ont poursuivi, aujourd’hui, le débat général de leur session ministérielle, l’occasion pour les États Membres de dire qu’ils ont intégré les objectifs et les cibles du Programme de développement durable à l’horizon 2030 dans leurs plans nationaux de développement.  La tribune, qui a vu défiler plus de 70 délégations représentées au niveau ministériel, a aussi permis d’entendre les problèmes qu’il reste à résoudre sur la voie du développement, notamment en termes de financement et de changements climatiques.

Pour illustrer l’élan pris depuis 2015, la Zambie a affirmé avoir intégré 86% des cibles des objectifs du développement durable dans son plan de développement national, tandis que pour la Colombie, c’est 98,2% des indicateurs élaborés à l’échelle internationale qui ont été pris en compte.  Pour sa part, l’Azerbaïdjan a élaboré 244 indicateurs nationaux de mise en œuvre en s’inspirant du Programme 2030.  Le groupe des 12 États insulaires du Pacifique a assuré de son côté que les plans nationaux et les plans régionaux étaient alignés sur ledit Programme.

Si les chiffres des taux d’intégration varient d’un pays à l’autre, il en est de même pour les réalisations.  Au sein du groupe des pays à revenu intermédiaire, par exemple, la croissance économique n’est pas forcément synonyme de développement durable.  L’appartenance à cette catégorie ne reflète donc pas la réalité complexe de ces pays, qui représentent 70% de la population mondiale alors qu’ils ne détiennent qu’un tiers du PIB mondial.

Même parmi les pays développés, les difficultés se font sentir.  La Suède a notamment avoué qu’elle devait encore réduire de beaucoup les inégalités et les écarts de revenus.  Il lui faut une croissance économique durable qui profitera à toutes les couches de la population, a dit la Ministre suédoise de la sécurité sociale.

Toutefois, les défis sont presque les mêmes pour nombre de pays: le financement et la gestion des effets des changements climatiques.  Les 14 États membres de la Communauté des Caraïbes (CARICOM) ont réitéré la nécessité de tenir compte des impacts des changements climatiques sur la réalisation des objectifs de développement de ces pays.  Vulnérables eux aussi aux aléas du climat, les 23 pays en développement sans littoral ont réclamé une assistance particulière pour l’adaptation, l’atténuation et la mise en place d’une transition climatique.  La mise en œuvre du Cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe est également cruciale, a indiqué le représentant du groupe.

Concernant le financement, l’Afrique du Sud a rappelé les pays riches à leur devoir d’honorer l’engagement de consacrer 0,7% de leur PIB à l’aide publique au développement (APD). 

Cuba, la Fédération de Russie, la République islamique d’Iran et le Venezuela ont, pour leur part, dénoncé les sanctions unilatérales qui les empêchent d’accéder aux financements, plaidant plutôt pour que le multilatéralisme se déploie pleinement.  Il faut « un ordre multilatéral basé sur les règles », a renchéri la Norvège.

Parmi les domaines porteurs d’espoir pour le développement durable, Israël a indiqué miser sur l’innovation et la technologie pour relever le défi du développement.  Mais pour beaucoup, c’est l’inclusion –des femmes, des jeunes, des personnes âgées, des personnes handicapées et autres minorités –qui est cruciale pour un développement qui « ne laisse personne de côté », l’objectif ultime du Programme 2030.

L’Afrique du Sud a suggéré de réaliser les objectifs de développement durable en les prenant « comme un tout » et en utilisant la synergie entre les trois jalons que sont le Programme 2030, le Programme d’action d’Addis-Abeba sur le financement du développement et l’Accord de Paris sur les changements climatiques.

L’ECOSOC se réunira à nouveau demain, jeudi 18 juillet, à 9 heures pour la suite des examens nationaux volontaires, avant de poursuivre ses travaux dans l’après-midi par le débat général, en parallèle d’une table ronde. 

RÉUNION MINISTÉRIELLE DU FORUM POLITIQUE DE HAUT NIVEAU POUR LE DÉVELOPPEMENT DURABLE ORGANISÉE SOUS LES AUSPICES DU CONSEIL -

Débat général

M. BOCCHIT EDMOND, Ministre des affaires étrangères d’Haïti, qui parlait au nom des 14 États membres de la Communauté des Caraïbes (CARICOM)¸ a souhaité que le Sommet du développement durable et le Forum de haut niveau sous les auspices de l’Assemblée générale en septembre 2019 donnent l’élan nécessaire pour réaliser les objectifs de développement durable.  La CARICOM estime que le développement durable repose sur l’exploitation des atouts naturels de chaque pays, a dit le Ministre.  Il a attiré l’attention sur l’économie des pays de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), qui dépend du marché international et qui subit fortement les aléas des changements climatiques.  Le Ministre a ainsi réitéré la nécessité de revoir les critères d’accès au commerce international et de tenir compte des impacts des changements climatiques sur ces pays.  La CARICOM demande aussi un appui pour bénéficier des services statistiques internationaux étant donné l’importance des données dans l’élaboration de politiques et de stratégies.

M. JULIO CÉSAR ARRIOLA RAMÍREZ (Paraguay), qui parlait au nom des 23 pays en développement sans littoral, a dit que la réalisation du Programme 2030 exige des actions particulières pour ces pays.  Les six priorités du Programme de Vienne pour les pays en développement sans littoral doivent être pleinement mis en œuvre, a demandé le représentant.  De son avis, les progrès des cinq dernières années de la mise en œuvre de ce Programme ne sont pas suffisants.  Il a cité en effet les problèmes de la pauvreté qui persiste et de la diminution de la participation des pays en développement dans le commerce mondial, ainsi que les lacunes des infrastructures en matière d’eau, et les écarts qui se creusent dans les domaines de l’information et de la communication.  Pour y remédier, le représentant a notamment plaidé pour plus d’investissement dans des infrastructures résilientes et durables.  Nous sommes vulnérables face aux effets des changements climatiques, a-t-il aussi rappelé, d’où la nécessité d’offrir une assistance particulière à ces pays pour l’adaptation, l’atténuation et la mise en place d’une transition climatique.  La mise en œuvre du Cadre de Sendai pour la réduction des catastrophes est également cruciale, a ajouté le représentant. 

Mme LOIS MICHELE YOUNG (Belize), s’exprimant au nom de l’Alliance des petits États insulaires en développement (AOSIS), a indiqué que ces pays font face à de nombreux défis, notamment du fait de leur vulnérabilité aux changements climatiques.  Alors que leurs problèmes de développement sont connus depuis des décennies, la déléguée a regretté que les solutions classiques leur soient encore proposées de nos jours.  Elle a ainsi décrié ces « solutions dépassés » qui suggèrent aux petits États insulaires en développement (PEID) de s’appuyer sur leurs ressources nationales pour s’en sortir.  « Ce que nous voulons est que le développement des PEID soit considéré avec sérieux », a-t-elle clamé, ajoutant que ce groupe de pays attend de la communauté internationale un soutien conséquent.  Ils souhaitent, par exemple, un accès privilégié aux financements internationaux et des mesures idoines pour une transition en douceur de la catégorie des PMA à celle des pays à revenu intermédiaire.  Elle a terminé en plaidant pour un engagement de la communauté internationale en faveur des PEID, « un engagement constructif », a-t-elle précisé. 

M. MILENKO ESTEBAN SKOKNIC TAPIA (Chili) a pris la parole au nom du groupe des amis des personnes âgées, un groupe créé en 2013 pour promouvoir les droits des personnes âgées au sein du système des Nations Unies.  Il a noté que c’est la première fois que le groupe intervient au Forum politique de haut niveau.  Le délégué a indiqué qu’à l’horizon 2030, le monde ne comptera pas moins de 1,4 milliard de personnes âgées.  De ce fait, les personnes âgées seront désormais plus nombreuses que les enfants de moins de deux ans.  Il faut donc tenir compte de ce groupe social dans les efforts en vue du développement durable. 

Pour le représentant, il est important de renforcer les capacités des personnes âgées en matière technologique, afin qu’elles ne soient pas exclues du monde du travail.  De même, il faut veiller à mieux valoriser le travail de ces personnes, notamment celui des femmes qui est le plus souvent non rémunéré.  M. Tapia a ensuite plaidé pour des données fiables en rapport aux personnes âgées, afin d’établir des politiques spécifiques les concernant.  En conclusion, il a affirmé que ne laisser personne de côté signifie aussi de ne pas oublier les personnes âgées. 

M. JAN KICKERT (Autriche), parlant au nom du groupe des amis du Bureau des affaires spatiales des Nations Unies (UNOOSA), a indiqué que, selon les résultats des recherches, environ 40% des 169 cibles associées aux 17 objectifs de développement durable bénéficient de l’utilisation de la géolocalisation et des satellites d’observation de la planète.  Si on ajoute à cela les satellites d’observation, cette statistique augmente considérablement, a-t-il ajouté.  Étant donné que le secteur de l’espace évolue rapidement, il a appelé l’ONU à s’y adapter pour être sûr d’en cueillir les fruits.  C’est dans ce contexte que l’UNOOSA a lancé l’initiative « Space4SDGs » pour sensibiliser sur le potentiel de la technologie spatiale au service du développement durable et pour répondre à la demande croissante de services. 

Le représentant a ensuite mentionné l’initiative « Space4Women » lancée également cette année, qui a trait aux objectifs de développement durable 4 (éducation de qualité) et 5 (égalité entre les sexes), avant de parler des autres mesures prises dans ce domaine qui sont en lien avec d’autres objectifs de développement durable, comme le 8 (travail décent et croissance économique) et le 13 (lutte contre les changements climatiques).  Pour ce dernier, il a fait remarquer combien il est important que le monde ait accès au même diagnostic des causes, des effets et de l’évolution des changements climatiques, ce qui peut se faire grâce aux satellites.  Cela permet de prendre les meilleures décisions pour les mesures d’atténuation et d’adaptation, a-t-il expliqué.  Enfin, dans l’esprit de l’objectif 17, il a souligné l’intérêt des partenariats avec le secteur de la technologie spatiale pour combler les écarts entre « ceux qui ont » et « ceux qui n’ont pas » accès à ces outils.

M. TOMMY ESANG REMENGESAU JR, Président des Palaos, a dit que son pays a présenté cette année son premier examen national volontaire axé sur l’objectif 13 de développement durable relatif à la lutte contre les changements climatiques.  Ce problème affecte la réalisation de tous les autres objectifs de développement durable en particulier ceux qui ont trait au travail décent et au commerce international.  Le Président des Palaos a souligné l’importance de l’implication de toutes les parties prenantes, en particulier des jeunes, dans la mise en œuvre des objectifs de développement durable.  Il a aussi indiqué que son gouvernement fait de l’accès à l’énergie une priorité nationale.  Il a ensuite salué les mérites du partenariat international et de la coopération Sud-Sud, qui devraient aider à réaliser les objectifs et parvenir à l’autonomie des pays en développement. 

M. TIGRAN AVINYAN, Vice-Premier Ministre de l’Arménie, a dit que son pays a connu une transformation pacifique en l’espace d’une année.  Le Gouvernement a adopté un programme de réforme qui vise à renforcer les institutions, à atteindre le développement durable et à pérenniser la bonne gouvernance, a-t-il énuméré.  En outre, le Gouvernement a lancé un programme d’investissement dans les jeunes talents.  Le Vice-Premier Ministre a assuré que l’Arménie est maintenant prête à faire fond sur ces progrès pour promouvoir « un développement intelligent ».  Il a signalé que l’Arménie organisera en octobre le vingt-troisième Congrès mondial de la technologie de l’information pour parler des questions clefs comme l’intelligence artificielle et les femmes dans la technologie. 

M. ZAMIRBEK ASKAROV, Vice-Premier Ministre du Kirghizstan, a dit que son pays avait déjà intégré les objectifs de développement durable dans ses programmes nationaux de développement et que des mesures prises depuis lors commencent à porter des fruits.  Le résultat est, a-t-il dit, que le Kirghizstan est désormais classé dans le groupe des pays à revenu intermédiaire.  Le Vice-Premier Ministre a également vanté la richesse des écosystèmes de son pays qui contribuent à un développement durable.  Il a aussi rappelé les félicitations que le pays a reçues de la communauté internationale après l’adoption de la technologie d’identification biométrique dans le processus électoral.

M. ALI AHMADOV, Vice-Premier Ministre de l’Azerbaïdjan, a indiqué que le pays a élaboré 244 indicateurs nationaux de mise en œuvre des objectifs de développement durable.  De ce fait, des mesures ont été prises pour lutter contre les changements climatiques et promouvoir la paix, entre autres.  Le salaire minimum a été doublé et des mesures ont été prises pour renforcer le soutien apporté aux populations déplacées, soit un million de personnes qui représentent pratiquement 10% de la population du pays.  La cause de ce déplacement, a déploré le Vice-Premier Ministre, est le conflit découlant de l’envahissement du pays par l’Arménie.  Il a plaidé pour la résolution de ce conflit. 

Mme KLÁRA DOSTÁLOVÁ, Ministre du développement régional de la République tchèque, a insisté sur l’importance de l’objectif 16 de développement durable sur la paix et la justice en expliquant que sans bonne gouvernance, il ne peut y avoir de développement durable.  Les efforts internationaux sont essentiels pour la réalisation des objectifs de développement durable, a réitéré la Ministre qui a mis en évidence les liens entre le Programme 2030 et le Programme de coopération pour le développement urbain.  Elle a soutenu que les villes peuvent réaliser la moitié des objectifs de développement durable et demandé la mise en œuvre de ce programme de développement urbain. 

Mme MMAMOLOKO NKHENSANI KUBAYI-NGUBANE, Ministre du tourisme de l’Afrique du Sud, a suggéré de réaliser les objectifs de développement durable en les prenant « comme un tout ».  Elle a souligné en outre la synergie qui existe entre les trois jalons que sont le Programme 2030, le Programme d’action d’Addis-Abeba et l’Accord de Paris sur les changements climatiques.  Elle a plaidé pour que les pays se donnent les moyens de la mise en œuvre de ces objectifs et adoptent des programmes de suivi.  Il faut mobiliser les investissements publics et privés, a-t-elle notamment recommandé.  Elle a relevé que les changements climatiques sont le principal obstacle au développement, car il menace l’économie et le tissu social, en particulier pour les pays en développement qui n’en sont pourtant pas les responsables.  Elle a donc plaidé pour que le développement soit axé sur l’action climatique.  Les pays développés doivent honorer l’engagement de consacrer 0,7% de leur PIB à l’aide publique pour le développement (APD), a enfin demandé la Ministre

M. GHASSAN HASBANI, Vice-Premier Ministre du Liban, a rappelé que son pays est confronté à une vaste population de réfugiés, la plus grande au monde.  Le pays, a-t-il dit, entend traduire au niveau national les objectifs de développement durable et impliquer tous les segments de la société pour les réaliser.  Des groupes thématiques ont été ainsi créés afin de faciliter l’appropriation nationale, a précisé le Vice-Premier Ministre.  Mais, on ne part pas de zéro, a indiqué M. Hasbani en soulignant que le pays a déjà des programmes d’investissement et de développement au niveau municipal dans plusieurs villes.

M. ISODORO SANTANA, Ministre de l’économie, de la planification et du développement de la République dominicaine, a parlé des progrès que le pays a enregistrés, présentant quelques chiffres démontrant par exemple que l’universalité de l’éducation est en bonne voie.  Le pays entend exploiter ses capacités touristiques, étant donné que ce secteur représente 8% du produit intérieur brut (PIB), a-t-il ajouté.  S’agissant du financement du développement, le Ministre a relevé que l’assiette fiscale ne représente que 14% du PIB.  C’est une proportion assez faible, a-t-il noté, avant de promettre des efforts pour améliorer la situation. 

M. BAMBANG BRODJONEGORO, Ministre de la planification et du développement national de l’Indonésie, a dit que son gouvernement avait intégré les objectifs du Programme 2030 dans son plan national de développement.  Le Gouvernement, a-t-il ajouté, a présenté cette année son deuxième examen national volontaire au Forum politique de haut niveau.  Pour réaliser les objectifs de développement durable, il a relevé qu’il faut que toutes les parties prenantes participent aux efforts, de manière à garantir l’inclusion de tous les secteurs.  Cette politique a permis aux Philippines de réduire l’exclusion, a-t-il témoigné.  Le Ministre a également insisté sur l’importance du financement des efforts de développement.  Pour y parvenir, le Gouvernement a augmenté ses recettes fiscales et facilité le recouvrement des impôts grâce à la mise en place d’un système de fiscalité en ligne.  Avant de terminer, il a souligné la nécessité de traiter le défi des changements climatiques si l’on veut parvenir au développement durable. 

M. ERNESTO M. PERNIA, Secrétaire de la planification socioéconomique et de l’autorité de l´économie nationale et du développement des Philippines, a indiqué avoir présenté pour la deuxième fois son rapport d’examen national volontaire, après un vaste processus consultatif.  Cela a permis de réaliser que le pays doit accélérer ses efforts et mobiliser les ressources nécessaires pour mettre en œuvre le Programme 2030, a-t-il dit.  Il a indiqué que le Partenariat-Cadre pour le développement durable 2019-2023 entre les Philippines et l’ONU redéfinit la nature de l’engagement du système des Nations Unies pour le développement, qui passe d’un modèle « d’assistance au développement » à celui d´un partenariat stratégique de collaboration.  M. Pernia a ensuite fait part de la récente croissance rapide qu’ont connue les Philippines, ce qui laisse espérer au pays qu’il pourra passer à la catégorie des pays à revenu moyen supérieur d’ici à 2020.  Avec aussi comme but l’innovation, le Gouvernement a institutionnalisé des programmes qui promeuvent l’inclusion sociale et la qualité de vie pour tous, a également indiqué M. Pernia. 

M. PÉTER SZIJJÁRTÓ, Ministre des affaires étrangères et du commerce de la Hongrie, a dit que, pour continuer sur la voie du développement, son pays a besoin de plus en plus de gens qui disposent de compétences accrues.  Il a souligné, à cet égard, l’importance de l’éducation des jeunes pour leur permettre d’acquérir la formation et les compétences utiles.  Il a mis l’accent sur la participation du secteur privé dans le programme de formation et d’apprentissage.  Le Gouvernement a aussi mis en place une politique familiale qui soutient les familles nombreuses: au-delà de quatre enfants, elles ne sont plus imposables.  Le Ministre a, par ailleurs, regretté que le débat sur la couverture médicale universelle ait dévié de son itinéraire initial en prenant en compte le cas des migrants. 

M. DAG INGE ULSTEIN, Ministre du développement international de la Norvège, a dit que le Programme 2030 avait été élaboré pour redonner espoir à ceux qui l’avaient perdu.  Si les objectifs de développement durable ne sont pas réalisés, alors la souffrance de ces personnes vulnérables va continuer, a-t-il averti.  Il faut donc, a-t-il préconisé, des partenariats, un leadership engagé et des engagements politiques en faveur de la bonne gouvernance.  Il a rappelé que la Norvège est partisane d’un ordre multilatéral basé sur les règles.  C’est fort de cela que le pays appelle à des actions en faveur des plus démunis.  Ainsi, il faut des mesures qui puissent aider à mettre un repas sur la table chez ceux qui ont faim, ainsi que des actions qui peuvent libérer les gens vivant encore sous un joug, a-t-il plaidé.

Mme OGERTA MANASTIRLIU, Ministre de la santé et du bien-être social de l’Albanie, a dit que la mise en œuvre des objectifs de développement durable dans le pays est en cours.  Elle a salué la promotion de l’état de droit qui garantit la justice pour tous les citoyens, avec le soutien de l’Union européenne.  Elle a noté que les entreprises prospèrent dans des environnements sains et pacifiques.  C’est pour cette raison que le Gouvernement albanais a mis en place des réformes structurelles pour promouvoir la croissance.  L’Albanie mise également sur l’éducation qui prépare les dirigeants de demain à prendre la relève, a ajouté la Ministre. 

M. ZE’EV ELKIN, Ministre de la protection de l’environnement d’Israël, a dit que son gouvernement avait présenté son examen national volontaire qui met la lumière les succès enregistrés notamment dans les domaines de la technologie, de l’éducation et de la gestion de déchets.  « Nous sommes un petit pays, mais nous sommes un pays développé en matière de technologie », a dit le Ministre en se targuant d’être devenu un centre d’innovations.  Celles-ci sont utilisées dans beaucoup d’autres pays, a-t-il en outre observé.  Il a vu dans cette réussite la « grande force » d’Israël, car le pays apporte des solutions novatrices dans les domaines tels que la santé, l’éducation et l’eau.  « Nous sommes un chef de file des solutions hydriques », a jouté le Ministre. 

M. SERGIO COSTA, Ministre de l’environnement, de la terre et de la mer de l’Italie, a dit que la réalisation des objectifs de développement repose sur l’utilisation des moyens dont dispose le pays.  Le Ministre a assuré que le Gouvernement encourage la participation de la société civile aux décisions, dans les efforts menés sur la voie du développement.  Il a observé que l’amélioration de l’accès à l’eau, à la santé et à la sécurité alimentaire ainsi que la protection des écosystèmes, sont des facteurs de réalisation du Programme 2030.  L’Italie a établi un plan sur l’énergie et sur le climat qui constitue une stratégie à long-terme jusqu’en 2050.  Le Gouvernement a aussi pris des mesures pour garantir la protection de l’environnement et soutenir les millions de personnes sans accès à l’énergie.  Il travaille à des solutions résilientes et compte faire entendre la voix des jeunes au Sommet du développement durable de septembre. 

Mme MARIA UBACH FONT, Ministre des affaires étrangères d’Andorre, a demandé que la communauté internationale garantisse l’accès de tous à une éducation de qualité, arguant que c’est non seulement un objectif en soi mais aussi un moyen d’atteindre tous les autres objectifs de développement durable.  Le secteur de l’éducation en Andorre met l’accent sur l’égalité entre les sexes, a-t-elle indiqué, avant de souligner qu’un livre blanc sur l’égalité a même été publié à l’attention des élèves et étudiants.

Mme HALA HELMY EL-SAID YOUNIS, Ministre de la planification, du suivi et de la réforme administrative de l’Égypte, a présenté des programmes mis sur pied par son gouvernement en vue du développement du pays.  L’Égypte renforce ses capacités et entend d’ailleurs accueillir la sixième conférence internationale sur le développement des capacités.  D’autres programmes ont été mis sur pied pour promouvoir l’essor économique et le bien-être social en Égypte, a ajouté la Ministre.

M. MOHAMMAD JAVAD ZARIF, Ministre des affaires étrangères de la République islamique d’Iran a mis sur le compte des pays développés l’échec actuel de la mise en œuvre du Programme 2030 notamment dans les domaines du financement et du transfert de technologies.  En dépit des sanctions internationales, l’Iran a respecté ses engagements, a-t-il assuré, notamment en ce qui concerne l’accès à l’éducation et la réduction des émissions des gaz à effet de serre.  Il a fait part des importantes difficultés qui entravent le développement de son pays, comme la dégradation des sols, les inondations, le terrorisme et la violence, ainsi que le « terrorisme économique ».  Les sanctions unilatérales américaines constituent de grandes menaces pour son pays sur la voie du développement durable, a-t-il dit, avant de demander à la communauté internationale de renouveler son engagement envers le multilatéralisme.

M. RODRIGO MALMIERCA DÍAZ, Ministre du commerce extérieur et de l’investissement étranger de Cuba, a dit que son pays avait atteint tous les objectifs de développement durable.  La nouvelle Constitution offre un nouveau cadre à la réalisation du Programme 2030, a-t-il ajouté.  Le Ministre s’est plaint du blocus américain envers son pays, qui est le principal obstacle, selon lui, à l’atteinte des objectifs de développement durable par Cuba.  Il a dénoncé en particulier les sanctions financières américaines qui ont été récemment mises en œuvre.  Pour autant, nous progressons dans la réalisation des objectifs de développement durable, a-t-il assuré en faisant valoir que Cuba est le deuxième pays au monde à avoir atteint l’objectif d’éradication de la pauvreté. 

M. RAJIV KUMAR, Vice-Président de NITI Aayog de l’Inde, a salué les progrès accomplis par son pays sur la voie du développement, citant notamment les millions de gens qui sont sortis de la pauvreté.  Il s’est aussi félicité de l’accès aux services bancaires par des millions d’Indiens ou encore de l’électrification de pratiquement tous les villages du pays.  Pour s’assurer de la bonne mise en œuvre du Programme 2030, un index national a été établi afin d’établir un classement des divers États du pays selon leur niveau d’engagement.  M. Kumar a terminé son propos en assurant que l’Inde est déterminée à réaliser les objectifs de développement durable et partant, à apporter sa contribution à leur réalisation mondiale. 

M. SEMISI KIOA LAFU SIKA, Vice-Premier Ministre des Tonga, a affirmé que l’école est gratuite dans son pays, ajoutant qu’un certain nombre de mesures entendent faciliter la mise en œuvre des objectifs de développement durable.  Le pays a entrepris particulièrement de lutter contre les changements climatiques.  Dans le cadre de l’égalité entre les sexes, M. Sika s’est félicité du fait que les Tonga ont enfin, depuis 2018, une femme juge.

M. CARMELO ABELA, Ministre des affaires étrangères et de la promotion du commerce de Malte, a dit que son pays avait mené des politiques socioéconomiques pour améliorer le bien-être de la société en général.  Il a remarqué que d´après l´Index SDG 2019, Malte arrive en vingt-huitième position sur 162 pays: ainsi, Malte reste un des pays les « plus forts » de l’Europe.  Les changements climatiques restent un des problèmes urgents aujourd´hui, a-t-il poursuivi en indiquant que Malte a commencé à prendre des mesures pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, comme la diversification du mix énergétique et des ressources d’eau.  Malte a aussi renforcé son secteur de la justice grâce à des réformes qui améliorent l´efficacité, tout en protégeant les droits des enfants.  Le représentant a aussi annoncé que Malte est en train de préparer une nouvelle stratégie de développement durable pour la période allant jusqu’en 2050. 

M. ISSA DOUBRAGNE, Ministre de l’économie et de la planification du développement du Tchad, a dit que son pays est confronté à cinq défis majeurs qui ont été pris en compte dans les orientations politiques et stratégiques de sa vision de développement, qui est déclinée en trois plans quinquennaux.  Le Plan national de développement comporte quatre axes: le renforcement de l’unité nationale, le renforcement de la bonne gouvernance et de l’état de droit, le développement d’une économie diversifiée et compétitive et l’amélioration de la qualité de la vie de la population.  Mais l’effondrement du prix du pétrole depuis 2014, ainsi que l’insécurité causée par Boko Haram et les groupes terroristes depuis 2015 ont retardé le début de la mise en œuvre des objectifs de développement durable, a regretté le Ministre.  Ce démarrage a donc commencé seulement en 2017 et s’est accéléré en 2018 par la création d’une plateforme de coordination.  En mars 2019, le rapport national sur le Programme 2030 a été finalisé, a indiqué le Ministre qui est d’avis que le rythme de mise en œuvre permet d’être optimiste sur les questions d’égalité des sexes et d’autonomisation des femmes.  La proportion des femmes à l’Assemblée nationale est d’ailleurs passée de 2% à 15%.  Le Tchad, a-t-il assuré, poursuivra ses efforts de réduction des inégalités sociales et d’amélioration du bien-être de la population, de protection de l’environnement et de diversification économique. 

Mme ANNIKA STRANDHÄLL, Ministre de la sécurité sociale de la Suède, a dit que son pays a encore beaucoup à faire pour atteindre les objectifs de développement durable en particulier en ce qui concerne la réduction des inégalités et les écarts de revenus.  Il nous faut aussi parvenir à l’équité dans le système de santé, ainsi que dans la croissance économique durable qui doit profiter à toutes les couches de la population.  Nous devons écouter le message des jeunes sur les changements climatiques, a reconnu la Ministre en expliquant que l’ambition de la Suède est d’être le premier pays au monde à se débarrasser de l’énergie fossile.  Le Sommet du développement durable de septembre devra nous permettre de nous remettre sur la voie de la limite de 1,5°C pour le réchauffement climatique, a-t-elle espéré.  La Ministre a, en outre, insisté sur l’importance de la couverture sociale universelle qui contribue à la lutte contre la pauvreté, à l’inclusion et à l’égalité des sexes. 

M. ALEXANDER CHITEME, Ministre de la planification du développement national de la Zambie, a dit que le pays avait intégré 86% des cibles des objectifs du développement durable dans son propre plan . Le Gouvernement zambien va bientôt publier un rapport de référence national sur les objectifs de développement durable, a-t-il indiqué.  Le Gouvernement a aussi mené une analyse des indicateurs au niveau local.  Le plan national des objectifs du développement durable donne la priorité à cinq zones de développement stratégique importantes, a précisé le Ministre qui a mentionné, notamment, un programme de transfert de liquidités.  En outre, des interventions pour réduire les inégalités sont mises en place, surtout pour les inégalités de revenu, spatiales et de genre.  Le Gouvernement met également en place une stratégie de développement rural intégré.  Enfin, le Ministre a fait valoir les progrès réalisés dans le développement humain, notamment dans l´éducation.

M. FIDELIS MANUEL LEITE MAGALHAES, Ministre des réformes légales et des affaires parlementaires du Timor-Leste, a commencé par rappeler que son pays avait poursuivi le but de devenir une société inclusive depuis la restauration de son indépendance en 2002.  Il a expliqué que le Timor-Leste avait survécu à une expérience de conflit pour devenir une nation démocratique et progresser sur la voie du développement durable.  Il a souligné le fait que ses progrès en matière de santé, d´éducation, d’égalité des sexes et d’infrastructures n´auraient jamais pu être réalisés sans les orientations données par l’objectif 16 de développement durable, relatif à la paix et la justice.  Il a aussi expliqué que l’approche du Timor-Leste sur le développement est centrée sur le peuple.  Le pays utilise ses ressources naturelles, promeut le commerce et la coopération avec d´autres pays, et diversifie son économie, a-t-il ajouté.  Le Ministre a également plaidé pour l´action climatique au niveau international, qui est absolument nécessaire pour un petit pays insulaire comme le sien.

M. MUHAMMAD ABDUL MANNAN, Ministre de la planification du Bangladesh, a dit que son gouvernement fait les efforts nécessaires pour parvenir à la parité des sexes dans l’éducation primaire et secondaire.  Il a rappelé que son pays est parmi les plus vulnérables aux changements climatiques et qu’il ne reçoit pas le soutien escompté de la communauté internationale dans ce cadre.  Néanmoins, le Bangladesh a établi son propre fonds d’affectation spéciale dédié à la lutte contre les changements climatiques, a-t-il fait valoir. 

M. JORGE ARREAZA, Ministre des affaires étrangères du Venezuela, a plaidé en faveur d’une approche axée sur l’individu dans l’optique de la mise en œuvre des objectifs de développement durable.  Le plan du Venezuela est en cours d’application, même si, a-t-il dénoncé, des sanctions économiques et des mesures coercitives unilatérales redoublent aujourd’hui contre le Venezuela.  Cela sape les efforts nationaux de développement, a-t-il expliqué avant de demander de faire cesser ces mesures prises par le Gouvernement des États-Unis.  

M. FRANCIS MUSTAPHA KAI-KAI, Ministre de la planification et du développement économique de la Sierra Leone, a indiqué avoir présenté cette année son deuxième examen national volontaire au Forum politique de haut niveau.  Depuis août 2018, 21% du budget national est alloué au secteur de l’éducation avec une priorité donnée au programme d’éducation de qualité gratuite, qui a bénéficié à plus de deux millions d’enfants, a-t-il signalé.  En tant que promoteur de l’objectif 16 (paix, justice et institutions efficaces), la Sierra Leone a accueilli la première consultation technique sur cet objectif pour les pays africains anglophones, en novembre 2018.  Sur le plan national, le Ministre a mentionné la mise en place de la Commission de cohésion nationale et de paix, qui est parvenue à des résultats importants dans la lutte contre la corruption et les flux financiers illicites.  Il a encore parlé des progrès accomplis dans les domaines du travail décent, de la réduction des inégalités, de l’action climatique et des partenariats. 

M. ALAMINE OUMANE MEY, Ministre de l’économie, du plan et du développement régional du Cameroun, a déclaré que son pays faisait face à trois défis majeurs: la mobilisation de ressources et les partenariats; l’accès à la science, la technologie et l’innovation; et le renforcement des capacités pour bâtir un système national de la statistique.  À cet égard, des discussions ont été menées afin de renforcer les systèmes statistiques nationaux des pays africains, s’est-il félicité.  Mais de l’avis du Ministre, réaliser le Programme 2030 demeure une tâche immense, ce qui veut dire qu’« il faut agir rapidement ».  Le Cameroun reste ouvert au dialogue et aux consultations pour trouver des solutions équitables et durables aux problèmes communs de développement, a conclu M. Oumane Mey. 

Pour M. JOSEPH SEKA SEKA, Ministre de l’environnement et du développement durable de Côte d’Ivoire, les défis sur la voie du développement durable sont la redistribution des fruits de la croissance, le renforcement de la cohésion sociale, la disponibilité de données désagrégées, la mobilisation des financements, l’adaptation de la planification aux exigences des objectifs de développement durable ainsi que l’implication et la participation de toutes les composantes de la société.  Le Gouvernement ivoirien, a-t-il assuré, poursuivra des actions vigoureuses et concomitantes afin de tirer profit du dividende démographique, accélérer la transformation structurelle de son économie et renforcer le système national de planification et de statistique.  Il entend aussi intensifier les actions de sensibilisation et de consultation, ainsi que renforcer les capacités de toutes les parties prenantes, a ajouté le Ministre qui a souligné les efforts de mise en œuvre du plan d’action opérationnel assorti d’un mécanisme de financement du Programme 2030 et de l’Agenda 2063.

Mme GLORIA AMPARO ALONSO MÁSMELA, Ministre de la planification nationale de la Colombie, a indiqué que le plan national de mise en œuvre des objectifs de développement durable avait pris en compte 98,2% des indicateurs élaborés à l’échelle internationale.  Les politiques et programmes proposés envisagent de sortir 1,5 million de personnes de la pauvreté, a-t-elle précisé.  De plus, la Colombie entend travailler avec les « pays frères », afin de tirer parti des meilleures pratiques mises en œuvre ailleurs pour réaliser le développement durable.

Suite du débat général

Mme SEKAI NZENZA-SHAND, Ministre du service public, du travail et du bien-être social du Zimbabwe, a déclaré que son pays était prêt à se réengager sur la voie du développement durable, en commençant par la lutte contre la corruption.  Elle a d’ailleurs mentionné la création de la Commission de lutte contre la corruption.  On est sur la bonne voie, a-t-elle estimé, même si le pays fait face à une situation économique difficile.  Pour cela nous avons besoin de partenariats avec les partenaires financiers, a-t-elle dit.  L’autre défi est la gestion des conséquences des changements climatiques: le cyclone Idai a mangé les réserves destinées à la sécurité sociale.  « Mais nous sommes prêts pour le Sommet du développement durable de septembre », a annoncé la Ministre.

M. YANARA CHHIENG, Secrétaire général de la Commission de la réhabilitation et du développement du Cambodge, a insisté sur l’importance de la complémentarité entre le Programme 2030 et le plan national de développement.  Il a aussi reconnu que sans la paix, il ne peut y avoir de développement.  M. Chhieng a indiqué que le Gouvernement cambodgien avait adopté un programme pour assurer la sécurité des revenus et la réduction de la vulnérabilité.  Ce programme aide la population à se préparer au changement démographique notamment le vieillissement, et à lutter contre les impacts des changements climatiques.  L’expérience du Cambodge fait ressortir clairement que la paix et la stabilité sont les fondations indispensables du développement, tandis que le développement inclusif et équitable est une condition nécessaire pour une paix durable et pour la stabilité, a insisté M. Chhieng.

Mme MARKOVA CONCEPCIÓN JARAMILLO, Ministre du développement social du Panama, a rappelé que l’accent doit être mis sur des actions ciblant les plus vulnérables.  Le Gouvernement du Panama a mis en place un plan d’action avec en toile de fond la lutte contre les inégalités.  Le cadre juridique national a été toiletté et le pays envisage désormais des alliances multipartites pour réaliser les objectifs de développement durable, a-t-elle expliqué.  La Ministre a aussi promis que son pays entendait accélérer ses efforts pour la mise en œuvre des objectifs.

M. AIYAZ SAYED-KHAIYUM, Ministre de la justice et de l’économie, de la fonction publique et des communications des Fidji, a rappelé qu’hier, son pays a fait sa première présentation nationale volontaire avec la participation d’un membre de la société civile.  Il a donc plaidé pour des partenariats entre tous les acteurs de la société en vue de mettre en œuvre le Programme 2030.  Pour accélérer le développement durable, il a invité à mettre l’accent sur l’économie et sur les océans, en particulier sur le rétablissement de la santé des récifs coralliens.  Les Fidji ont émis des obligations vertes afin de lutter contre les conséquences de catastrophes, a-t-il souligné.

Mme SLAVICA ĐUKIĆ DEJANOVIĆ, Ministre chargée de la démographie et de la population de la Serbie, a rappelé les conditions de l’adhésion de son pays au sein de l’Union européenne notamment la bonne gouvernance, la justice et l’ouverture économique.  Elle a réitéré l’engagement de son gouvernement à réaliser le Programme 2030 au niveau régional.  La Serbie déploie des efforts particuliers pour réaliser les objectifs 16 et 17 de développement durable, portant respectivement sur les sociétés pacifiques, inclusives et sur les partenariats.

M. LASSANE KABORE, Ministre de l’économie, des finances et du développement du Burkina Faso, a dit qu’en 2016, le Gouvernement a lancé son plan national de développement qui vise à transformer l’économie.  Le plan, qui est fondé sur le Programme 2030 et l’Agenda 2063 de l’Union africaine, est axé sur la lutte contre la pauvreté.  Le défi, au Burkina Faso, c’est le terrorisme qui a entraîné la fermeture de centaines d’écoles et le déplacement de plus 150 000 personnes, a rappelé le Ministre.  Le terrorisme a mis en cause le développement du pays et le Gouvernement a été dans l’obligation de déployer un plan d’urgence de développement.  Ce plan vise la protection des biens, des personnes et des infrastructures.  « Nous avons besoin d’un plan Marshall contre le terrorisme avec le leadership des pays du Sahel », a estimé le Ministre.

M. BASIM YACOB YOUSIF AHMED AL HAMER, Ministre de l’habitat du Bahreïn, a indiqué que les objectifs de développement durable du Programme 2030 ont été intégrés dans les programmes et politiques nationaux.  Un comité de suivi de leur mise en œuvre a même été créé.  En termes de bilan de mise en œuvre, les taux de scolarisation au primaire et au secondaire sont respectivement de 100% et de 86,4%, s’est-il réjoui.  Dans le cadre de la lutte contre les inégalités, le Ministre a affirmé que son gouvernement apporte son soutien aux femmes battues, aux personnes nécessiteuses, tout en protégeant les droits de travailleurs étrangers, notamment en leur offrant une assurance médicale et un abri.  En plus, le Bahreïn entend promouvoir la culture du dialogue et le respect de l’état de droit.  Il entend aussi garantir l’indépendance du système judiciaire du pays. 

Mme LI SIGRID ANDERSSON, Ministre de l´éducation de la Finlande, a tout d’abord fait part de l’objectif de son gouvernement de rendre la Finlande neutre en carbone d´ici à 2035.  Pour cela, a-t-elle dit, il faut une transition juste avec des investissements dans l´éducation et dans le bien-être social.  Ensuite, la Ministre a dit que la Finlande avait prévu d’augmenter les investissements publics dans l´éducation parce que l´éducation est très importante pour la société ainsi que pour la réussite des objectifs du Programme 2030.  La Finlande va également accorder plus d’attention à l´égalité des sexes dans les domaines du travail et de la famille.  La Ministre a, enfin, souligné les deux points les plus importants dans les récents développements concernant son pays: le développement durable a été intégré dans le budget de l’État et le Programme 2030 a été mis en œuvre par le biais des politiques internationales et internes.

M. RALPH REGENVANU, Ministre des affaires étrangères, de la coopération internationale et du commerce extérieur de Vanuatu, a dit que l’accès universel à une éducation de haut niveau est une priorité pour le Gouvernement de Vanuatu.  Celui-ci dépense déjà énormément pour l´éducation et entend augmenter ses dépenses dans ce secteur, a-t-il ajouté.  Pour améliorer son économie, le Ministre a indiqué que les parties rurales de Vanuatu vont être utilisées pour le tourisme, comme une sorte « d’agritourisme ».  En ce qui concerne la réduction des inégalités, le Ministre s´est félicité du nombre important de femmes occupant des postes élevés au sein du Gouvernement.  Une autre priorité est d’autonomiser les personnes handicapées, a-t-il ajouté.  La plus grande menace reste les changements climatiques, a-t-il dit en demandant à tous les États de s´engager à atteindre les objectifs fixés par l´Accord de Paris, « sans quoi nos efforts pour réaliser le Programme 2030 seront vains ».

M. ONKOKAME KITSO MOKAILA, Ministre de l’environnement, de la conservation des ressources naturelles et du tourisme du Botswana, a expliqué que son pays met en œuvre les objectifs de développement durable à travers les « cinq P »: population, prospérité, planète, paix et partenariats.  Ainsi, le programme « Vision 2036: prospérité pour tous », cristallise les objectifs de développement durable.  Le pays a développé un cadre national d’indicateurs, tandis que des efforts sont en cours pour renforcer le secteur des statistiques.  Le Ministre a indiqué que les changements climatiques demeurent une menace pour ce pays semi-aride où une politique nationale sur la question sera bientôt devant les députés pour examen.

M. DIENE KEITA, Ministre de la coopération et de l’intégration africaine de la Guinée, a parlé des réformes structurelles mises en œuvre afin d’adapter le pays aux objectifs de développement durable et à l’Agenda 2063 de l’Union africaine (UA).  Le pays entend tirer parti de son dividende démographique pour renforcer les progrès économiques.  Ce développement est d’abord local, a souligné M. Keita qui a expliqué, par exemple, que les collectivités locales reçoivent 15% des recettes minières.  De même, dans le secteur de la justice, des mesures ont été prises pour renforcer l’accès à la justice des populations. 

M. PEDRO LUÍS DA FONSECA, Ministre de l’économie et du plan de l’Angola, a détaillé la stratégie de développement de son Gouvernement qui repose sur la stabilisation budgétaire.  Cette stratégie a intégré certains des objectifs de développement durable du Programme 2030, comme l’accès à une éducation de qualité, a-t-il indiqué.  Le Ministre a annoncé que l’Angola avait prévu de présenter dans les années à venir un rapport au Forum politique de haut niveau pour se soumettre à l’exercice de l’examen national volontaire. 

M. ÁLVARO GARCÍA, Directeur du bureau du plan et du budget de l’Uruguay, a rappelé que son gouvernement avait présenté cette année un rapport, soit pour la troisième fois, dans le cadre de l’examen national volontaire.  Des ajustements ont été introduits dans le rapport de cette année qui a montré une fois encore que l’Uruguay est « le pays le plus égalitaire d’Amérique latine et des Caraïbes ».  Le pays a connu une longue croissance économique ininterrompue ces dernières années, a-t-il rappelé.  Enfin, le Directeur a insisté sur l’importance de la stratégie de mise en œuvre au niveau national des objectifs de développement durable. 

M. NACI AĞBAL, Chef de la stratégie et du budget à la présidence de Turquie, a affirmé que le taux de scolarisation avait augmenté dans son pays grâce aux efforts du Gouvernement.  De plus, pour donner des moyens d’actions aux groupes vulnérables, des mesures sont prises pour renforcer leur employabilité.  Les autorités entendent de manière générale œuvrer pour un meilleur partage de la prospérité nationale, a dit M. Ağbal.  Il a aussi fait valoir que la Turquie accueille près de quatre millions de réfugiés qui sont entièrement pris en compte par le Gouvernement.  Il a également appelé à un soutien accru de la communauté internationale en faveur des pays les moins avancés (PMA).  Avec 200 millions de dollars versés en leur faveur chaque année, la Turquie est fière d’avoir dépassé l’objectif fixé pour les pays industrialisés qui doivent consacrer 0,7% de leur PIB à l’APD.

Mme NORMA ALLEGRA CERRATO, Vice-Ministre des affaires étrangères du Honduras, a parlé de l’accent mis par son gouvernement sur l’éducation.  Sans une éducation de qualité, on ne peut parler d’emploi de qualité, a—t-elle fait remarquer.  Le pays a donc mis en place une entité dédiée aux emplois, ce qui a permis de créer 105 278 emplois rien qu’en 2018.  La Ministre a relevé que toutes les mesures prises par le Gouvernement visent en priorité à lutter contre les inégalités.  C’est ainsi que la politique de lutte contre les changements climatiques cible spécifiquement les femmes autochtones.  Elle a également signalé que le pays a fait des progrès pour réduire l’insécurité: le taux d’homicide a déjà considérablement diminué.

M. MIGUEL ANGEL MOIR, Secrétaire au plan et à la programmation à la présidence de la République de Guatemala, a déclaré que le développement durable exige une adaptation institutionnelle et budgétaire au niveau national.  Le responsable a souligné le rôle des acteurs non étatique pour compléter l’action du Gouvernement et celui des acteurs locaux.  Il a réitéré l’importance des données pour élaborer des stratégies de développement durable.  M. Moir a indiqué que le Guatemala fait face au défi de la criminalité transfrontalière et de la migration.  Le pays a besoin de moyens financiers pour relever les défis du développement.  En attendant l’aide extérieure, le Gouvernement mobilise les ressources nationales, notamment celles du secteur privé.

M. JUAN PABLO DE LAIGLESIA GONZALEZ DE PEREDO, Secrétaire d’État à la coopération internationale et pour l’Amérique latine et les Caraïbes de l’Espagne, a dit que son gouvernement s’est doté d’une stratégie nationale de lutte contre la pauvreté et en faveur de l’inclusion sociale.  Il a mis en œuvre des projets sur l’énergie et le climat, sur la transition dans le domaine de la science et sur l’innovation.  Le Gouvernement présentera un rapport au Sommet du développement durable en septembre sur cette question.  M. De Laiglesia a également annoncé l’implication de tous les acteurs espagnols, du secteur privé et des universités dans la mise en œuvre de ces stratégies et projets.  Le Gouvernement a d’ailleurs organisé une réunion de haut niveau sur le développement durable à Séville en 2019.  Le Ministre a également salué la création du haut-commissariat pour le Programme 2030 à la Commission européenne.

M. JEONG-SIK KANG, Vice-Ministre des affaires étrangères de la République de Corée, a demandé de maintenir l’élan qui a permis l’adoption des objectifs de développement durable.  Dans son pays, a-t-il témoigné, l’inclusion est le socle de tous les engagements des autorités qui ont élargi les services sociaux et mis sur pied des mesures d’autonomisation des couches les plus vulnérables.  La République de Corée a également renforcé ses partenariats mondiaux et entend doubler son APD d’ici à 2030, a indiqué le Vice-Ministre.

M. ALEXANDER A. PANKIN, Vice-Ministre des affaires étrangères de la Fédération de Russie, a annoncé que son pays prendra part à l’examen volontaire lors de la session du Forum politique de 2020.  Il a insisté pour que les travailleurs bénéficient du renforcement de leurs capacités en matière de technologies nouvelles, afin qu’ils ne perdent pas leur emploi.  Il a également dit que la mise en place d’unions et de cadres de coopération interétatique pourrait aider à la mise en œuvre des objectifs de développement durable.

Mme NEZHA EL OUAFI, Secrétaire d’État du développement durable du Maroc, a dit que le Maroc s’était engagé à atteindre le Programme 2030 en temps voulu.  Pour qu’il puisse y parvenir, elle a appelé tous les États Membres à donner les moyens de réalisation, plaidant pour un partenariat international efficace.  Le Gouvernement marocain a pour sa part élaboré le cadre de développement pour l’environnement et le développement durable, l’énergie, l’agriculture et le tourisme et l’utilisation durable des ressources naturelles.  Il a lancé une politique de protection des femmes et adopté des plans de recyclage des déchets.  C’est en 2017 que le Maroc a adopté sa stratégie nationale de développement, qui a été élaborée avec la participation de toutes les parties prenantes dans l’objectif de garantir la durabilité, a indiqué la Ministre.

M. THONGPHANE SAVANPHET, Vice-Ministre des affaires étrangères de la République populaire démocratique lao, a indiqué que le Gouvernement lao se concentre sur la lutte contre la pauvreté.  Ainsi, 60% des indicateurs des objectifs de développement durable sont atteints en matière de développement socioéconomique.  Toutefois le pays souffre d’un manque de financement pour réaliser tous les objectifs, raison pour laquelle le Gouvernement a lancé des actions de mobilisation des ressources nationales.

M. GILBERTO BARROS, Ministre adjoint des finances de Cabo Verde, a estimé que le rapport de 2019 sur les objectifs de développement durable est comme une claque pour se réveiller.  Il a appelé à travailler ensemble pour changer la donne.  Son pays reste engagé à mettre en œuvre son Plan stratégique pour le développement durable 2017-2021, un plan qui est aligné sur le Programme 2030, a-t-il dit.  Le Cabo Verde est sur la voie de devenir un pays développé, a-t-il assuré.  Il a dit que le pays veille à garantir l’inclusion et à réduire les inégalités, en se basant sur la croissance menée par le secteur privé et notamment la participation de la diaspora.  Le pays a également fait des efforts pour améliorer sa capacité à mobiliser les ressources domestiques par le biais d’un impôt supplémentaire.  Le pays mise aussi sur les partenariats, a dit le Ministre en espérant que les engagements pris à cet égard lors de la Conférence de Paris seront tenus.  Cabo Verde a organisé avec succès un forum sur l’investissement en 2019, a-t-il aussi indiqué.

Mme ATANASKA NIKOLOVA, Vice-Ministre de l’environnement et de l’eau de la Bulgarie, a parlé des mesures prises par son gouvernement pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et faire sa transition écologique vers des sources d’énergies renouvelables, des mesures qui entrent dans le cadre de la lutte contre les changements climatiques.  La Bulgarie considère que l’éducation est l’une des priorités phares de notre temps, a dit la Ministre qui a estimé que la mise en œuvre du Programme 2030 nécessite des partenariats multipartites, car « la communauté internationale ne peut se permettre d’échouer ».

M. MOHD RADZI MD JIDIN, Vice-Ministre de l’économie de la Malaisie, a indiqué que le développement va au-delà du produit intérieur brut (PIB).  C’est pourquoi son pays s’est attelé à réduire la pauvreté qui affectait 50% de la population malaisienne en 1950 et qui ne touche plus que 0,4% de Malaisiens, selon des chiffres de 2016.  Il a noté que le revenu moyen par ménage augmente de 7% par an.  Les autorités du pays sont déterminées à assurer que les fruits de la croissance continuent d’être partagés à tous, a-t-il assuré.  Il a aussi rappelé que l’objectif de la Malaisie est d’être un pays développé dans tous les domaines. 

M. VAN TRUNG NGUYEN, Vice-Ministre de la planification et de l’investissement du Viet Nam, a fait part de ses succès sur la voie de la réalisation du Programme 2030, notamment grâce aux investissements des fonds publics et à la mobilisation des ressources du secteur privé et des fonds de source étrangère.  Il a énuméré les principes à suivre pour cela, notamment donner la latitude nécessaire aux ministères, agences et provinces pour qu’ils puissent sélectionner les projets à mener en fonction de leurs plans d’action.  En ce qui concerne les investissements privés, il a fait remarquer qu’améliorer l’environnement du monde des affaires permet d’attirer ces investissements.  S’agissant des priorités, il a recommandé de passer de la quantité à la qualité des investissements étrangers directs. 

M. KAZIMIERZ KUBERSKI, Sous-Secrétaire d’État au Ministère de la famille, du travail et de la politique sociale de la Pologne a présenté sa stratégie pour un développement responsable adoptée en 2017, dont la mise en œuvre est déjà très avancée.  L’objectif principal est l’amélioration des conditions de vie des citoyens, a-t-il précisé.  Il a mentionné le programme « Famille 500 Plus », qui a permis d’augmenter les revenus des plus défavorisés de 40% environ, tandis que le programme « Accessibilité Plus » améliore l’accès aux espaces, aux biens et aux services publics.  En 2018, le Gouvernement a dépensé 5 milliards de dollars en faveur des handicapés, a-t-il signalé avant de mentionner aussi les efforts menés pour stimuler l’emploi des jeunes.  Comme autre domaine d’action sur la voie du développement, le Sous-Secrétaire d’État a parlé de ce que fait son pays dans le domaine de l’action climatique, qui est placé à un rang élevé dans l’agenda politique polonais.

Mme FATHIMATH NIUMA, Vice-Ministre de la planification et des infrastructures des Maldives, a indiqué que son Président met en œuvre une « Jazeera Raajje », une politique de développement qui a en son centre « le peuple et la durabilité » et qui est en harmonie avec l’océan.  Le Ministère de la planification va bientôt lancer un plan de développement décennal qui intègre pleinement les objectifs de développement durable, a-t-elle indiqué en disant compter sur les partenaires internationaux pour renforcer ses systèmes de collecte de données sur la population et le développement et pouvoir tracer les progrès.  Le Gouvernement veille à avoir 35% de femmes au conseil des ministres et 30% dans les conseils locaux, a fait savoir la Vice-Ministre qui a aussi mentionné le programme ambitieux prévu pour améliorer la connectivité des îles, pour qu’elles bénéficient des services sociaux de base, ainsi que les efforts pour améliorer la gouvernance et le système de justice.

Les Maldives ont, par ailleurs, pour ambition de construire une économie bleue, a-t-elle poursuivi avant de parler de ce qui est fait pour donner une formation professionnelle aux jeunes.  Mais tous ces efforts ne peuvent rien contre les effets « catastrophiques » des changements climatiques et de la dégradation de l’environnement, a prévenu la Vice-Ministre qui a donc appelé à une pleine mise en œuvre de l’Accord de Paris et du Cadre de Sendai.  Mme Niuma a, par ailleurs, attiré l’attention sur la vulnérabilité des petits États insulaires en développement aux chocs financiers et économiques externes.

M. OHOOD KHALFAN AL ROUMI, Ministre d’État du bonheur et du bien-être des Émirats arabes unis, a dit que le Gouvernement émirati se prépare à faire face aux changements climatiques et à l’évolution technologique.  Chaque décision politique est motivée par la nécessité d’améliorer le bien-être et le bonheur de chaque citoyen, a-t-il assuré.  Le Gouvernement a organisé en avril dernier une réunion internationale sur les changements climatiques dont une des conclusions est que la lutte contre les changements climatiques contribue à la croissance économique.  Pour le Ministre, l’action climatique est aussi l’occasion de faire des progrès dans d’autres domaines comme la santé publique.  L’année 2019 est l’année qui doit voir s’accélérer les efforts mondiaux de lutte contre les changements climatiques, a-t-il lancé. 

M. LASZLO BORBELY, Conseiller d’État et Chef du département du développement durable de la Roumanie, a dit que son pays a créé un bureau spécial sur les objectifs de développement durable, au sein du Cabinet du Premier Ministre.  Un réseau interministériel sur ces objectifs est également en place, ainsi que des « hubs » dans chaque département ministériel.  Selon lui, il est aussi important d’avoir des hubs régionaux, car il faut mettre sur pied un système de suivi robuste à ce niveau.  Il a invité ses pairs à prendre les bonnes décisions pour le développement durable.

Mme MALEEKA ALI BOKHARI, Parlementaire et Secrétaire au droit et à la justice du Pakistan, a rappelé que le Pakistan est le premier pays au monde à avoir intégré les objectifs de développement durable dans ses politiques nationales.  En plus, des groupes de travail parlementaires ont pour tâche de faire le suivi de leur mise en œuvre.  Mme Ali Bokhari a en outre parlé de mesures prises par son gouvernement, comme par exemple la création d’un ministère dédié exclusivement à la lutte contre la pauvreté.  Elle a estimé que les discriminations entre les sexes sapent la mise en œuvre du Programme 2030.  Dans le cadre de la lutte contre les changements climatiques, des forêts ont été créées au Pakistan, a-t-elle fait valoir.  La déléguée a enfin parié sur les technologies qui permettent de faciliter le développement durable.

M. SEAN CANNEY, Directeur du Département de la Communication de l’action climatique au Ministère d’État de l’Irlande, a réitéré l’importance de prendre des mesures urgentes en matière de lutte contre les effets adverses des changements climatiques.  L’Irlande vise un taux zéro en matière d’émission de gaz à effet de serre, a-t-il dit.  L’incidence des changements climatiques est fortement ressentie par les plus pauvres, les femmes, et dans les pays pauvres, a-t-il relevé avant d’annoncer l’intention de l’Irlande d’accroître sa coopération sur cette question.  Le pays vise aussi à atteindre un taux d’APD correspondant à 0,7% de son PIB, a assuré M. Canney.  

M. PUSPA RAJ KADEL, Vice-Président de la Commission de la planification du Népal, a plaidé pour que le monde accélère la mise en œuvre des objectifs de développement durable.  Il faut accorder la priorité aux pays en situation particulière, a-t-il recommandé.  Le représentant a fait savoir que le Népal avait réduit de 18% le taux de pauvreté, tout en avouant qu’il fallait encore faire plus.  Le Gouvernement a adopté une « Vision » pour 20 ans, dans le but de sortir de la catégorie des pays les moins avancés.  Le Népal a besoin de 18 milliards de dollars par an pour concrétiser tous les objectifs de développement durable, a conclu M. Kadel. 

Mme OLGA KRENTOVSKA, Vice-Ministre des politiques sociales de l’Ukraine, a affirmé que l’intervention militaire russe dans son pays est venue saper les gains sociaux déjà réalisés.  Le Gouvernement a entamé la réforme du système de l’éducation et une loi permet désormais de cibler les élèves ayant des besoins spécifiques.  La Ministre a, par ailleurs, indiqué que la traite des personnes est un problème qui reste à régler en Ukraine.  

Mme KARLA WURSTEROVÀ, Directrice générale de la Division des organisations internationales, de la coopération au développement et de l’aide humanitaire au Ministère des affaires étrangères et européennes de la Slovaquie, a indiqué que la Slovaquie avait défini six priorités nationales pour la mise en œuvre du Programme 2030, la première étant l´éducation.  Le capital humain est considéré comme le plus important, a-t-elle expliqué en disant œuvrer pour fournir des opportunités égales à tous à travers l´éducation.  La Slovaquie soutient pleinement des initiatives visant une économie durable sur le plan environnemental, la bonne gestion de l´eau et la sensibilisation aux effets des changements climatiques.  Elle a aussi indiqué que la Slovaquie aide actuellement des pays à mieux répondre aux besoins de base de leur population en matière de santé, d’alimentation et de sécurité, notamment le Soudan du Sud, tout en appuyant des pays à revenu intermédiaire dans leurs efforts sur la voie de la bonne gouvernance. 

M. UDAYA RANJITH SENEVIRATNE, Secrétaire du Président de Sri Lanka, a dit que le Gouvernement est en train d’intégrer les objectifs de développement durable dans son plan national de développement et que, ce faisant, il veille particulièrement à la cohérence politique.  En 2018, le Sri Lanka est devenu le deuxième pays présentant le plus de risques climatiques au monde, a-t-il alerté avant de dire que le Gouvernement s’est engagé à réduire les émissions de gaz à effet de serre même s’il y contribue très faiblement.  Il fait aussi de la lutte contre la corruption, contre le blanchiment d’argent et contre le financement du terrorisme une priorité.  Le Sri Lanka est favorable à la coopération Sud-Sud pour réaliser le Programme 2030, a annoncé M. Seneviratne.

M. AMADOU LAMINE GUISSE, Secrétaire général du Ministère de l’environnement et du développement durable du Sénégal, a déclaré que le Gouvernement a aligné le plan national de développement sur le Programme 2030.  Il en est sorti en 2016 une feuille de route nationale d’appropriation des objectifs de développement durable qui met l’accent sur le capital humain, l’environnement et l’inclusion sociale.  À titre d’exemple, a ajouté M. Guisse, un revenu trimestriel a été institué qui bénéficie à quelques 400 000 familles.  Le Gouvernement a également donné à toute la population le bénéfice d’une couverture maladie universelle, ainsi que l’accès à l’eau et à l’énergie dans le milieu rural.  S’agissant toujours du développement du capital humain, 25% du budget est alloué à l’éducation, a-t-il poursuivi.  Enfin, face aux incidences des changements climatiques, un programme de résilience des sociétés a été adopté, tandis qu’une stratégie pour l’énergie renouvelable et une conférence nationale sur le développement durable ont été lancées.

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