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ECOSOC/6987
22 mai 2019
Session de 2019, 16e et 17e séances plénières, Matin & après-midi

ECOSOC: Mme Amina Mohammed affirme que « le programme le plus audacieux de l’humanité » ne peut être réalisé sans une réponse régionale plus forte

Au second jour du débat consacré aux activités opérationnelles de la session de 2019 du Conseil économique et social (ECOSOC), la Vice-Secrétaire générale de l’ONU, Mme Amina J. Mohammed, a affirmé que « le programme le plus audacieux de l’humanité » -le Programme de développement durable à l’horizon 2030- ne pourra être réalisé sans une réponse régionale « plus forte ».

Mme Mohammed a pris part aux deux tables rondes de la journée, consacrées au renforcement du rôle des régions et à la place des bureaux multipays dans le nouveau système.  Au cours de la première discussion, elle a présenté les cinq recommandations du Secrétaire général concernant la restructuration des « atouts régionaux » des Nations Unies à l’appui du Programme 2030, telles que détaillées dans le rapport du Secrétaire général sur la mise en œuvre de la résolution 71/243 de l’Assemblée générale sur l’examen quadriennal complet.

Pour la Vice-Secrétaire générale, le lancement de cette réforme prouve au monde que l’ONU veut et est prête à changer.  La première proposition de M. António Guterres est la création de « plateformes régionales de collaboration » constituant un réseau unifié qui permettrait d’intégrer l’expertise éparpillée au sein des 145 bureaux régionaux de l’ONU (commissions régionales et organismes, fonds et programmes) présents dans 46 pays.

En deuxième lieu, il prévoit de mettre en place, dans chaque région, un grand « centre de gestion des connaissances » en regroupant les compétences techniques sectorielles et intersectorielles dans le but de répondre aux nouveaux besoins nationaux en données dans le contexte du Programme 2030.

Troisièmement, le Secrétaire général entend améliorer la transparence et la gestion axée sur les résultats à l’échelon régional.  Quatrièmement, il propose de fédérer, au niveau régional, les services administratifs de diverses entités en favorisant par exemple le partage de bureaux.  Et enfin, il suggère de passer à un processus de gestion région par région, afin de consolider les capacités concernant les données et d’autres fonctions analytiques, et de réduire ainsi les doublons tout en créant des synergies dans le travail. 

Mme Mohammed a souligné que les discussions d’aujourd’hui et des jours qui suivront devraient permettre d’enrichir les propositions du Secrétaire général et de développer un plan de mise en œuvre par région.  Elle a ajouté, à l’endroit des délégations, qu’« en fin de compte, nous partageons tous les mêmes attentes au niveau régional, à savoir plus de résultats pour les gens et un meilleur rapport qualité-prix ». 

Malgré ces explications, « c’est le flou qui persiste », a relevé M. Pieter Leenknegt, de l’Agence belge de développement.  Il a indiqué par exemple que l’on ne se sait pas bien si les mécanismes existants seront fusionnés avec les nouveaux, ou alors s’ils vont tout simplement disparaître.  À sa suite, le Brésil a demandé plus de détails sur les propositions du Secrétaire général, alors qu’El Salvador a voulu savoir à qui les États doivent s’adresser pour d’éventuels éclaircissements.  Les États-Unis ont, pour leur part, demandé plus de détails sur l’engagement des coordonnateurs résidents avec la plateforme régionale envisagée.

L’Union européenne a aussi fait observer que l’on ne sait pas encore exactement « ce que font ces centaines de fonctionnaires onusiens dans les 145 bureaux régionaux », ni comment on pourra éviter des chevauchements.  Des plans de travail vont être élaborés, a répondu le Conseiller spécial du Secrétaire général pour la réforme, M. Jens Wandel.  C’est, d’après lui, lors de la prochaine étape que l’on arrivera à une efficacité renforcée. 

Au vu de toutes ces préoccupations soulevées par plusieurs autres délégations, le représentant du Bangladesh a suggéré d’organiser une discussion avec les États Membres afin d’apporter les éclaircissements nécessaires.  À ce propos, M. Wandel a promis que le Secrétariat allait travailler en collaboration étroite avec les États Membres dont la contribution est véritablement attendue.  « Réformer un système complexe est déjà en soi une tâche complexe », a reconnu M. Ibrahim Mayaki, Secrétaire exécutif du Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD). 

Mme Alicia Bárcena, Secrétaire exécutive de la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC), s’est souvenue qu’au lancement de la réforme, c’est comme « un mur qui est tombé », ce qui a permis aux commissions régionales de renforcer leur collaboration avec les agences et les équipes de pays. 

Dans l’après-midi, les délégations ont discuté de l’amélioration des bureaux multipays, dans un contexte où 38 des 41 pays couverts par ces bureaux sont des petits États insulaires en développement (PEID).  La Vice-Secrétaire générale a déclaré qu’il était urgent de renforcer ces bureaux afin de tenir l’engagement du Programme 2030 à « ne laisser personne de côté ».  C’est pourquoi des consultations exhaustives sur l’action des bureaux multipays ont été menées, qui ont conclu à l’inadéquation de l’appui fourni par le système des Nations Unies pour le développement par rapport aux défis et aux attentes de ces pays. 

C’est dans ce contexte que le Secrétaire général a proposé que les bureaux multipays fournissent un appui plus adapté aux États Membres, en tenant compte de leurs besoins spécifiques.  Ainsi, pour la première fois, l’ONU va établir un bureau dans la région du Pacifique Nord et renforcer sa présence dans les Caraïbes, a précisé Mme Mohammed en signalant que les fonds nécessaires ne seraient pas prélevés sur le budget ordinaire de l’ONU mais tirés des ressources extrabudgétaires.  Par ailleurs, le Secrétaire général a demandé à l’Économiste en chef des Nations Unies de commencer son travail avec les institutions régionales afin de permettre un accès plus complet des PEID aux programmes d’aide au développement de l’ONU, par exemple dans le cadre de la lutte contre les changements climatiques. 

Le segment des activités opérationnelles pour le développement se poursuivra et prendra fin demain, jeudi 23 mai.

ACTIVITÉS OPÉRATIONNELLES DU SYSTÈME DES NATIONS UNIES AU SERVICE DE LA COOPÉRATION INTERNATIONALE POUR LE DÉVELOPPEMENT

Pour une architecture régionale efficace: table ronde sur la voie à suivre

Cette session a permis d’examiner les recommandations concernant le reprofilage et la restructuration à plus long terme des ressources régionales des Nations Unies dans différentes régions.  En effet, l’ONU compte environ 10 700 personnes et 1,6 milliard de dollars de dépenses dans les régions afin d’aider les États Membres à atteindre les objectifs de développement durable à l’horizon 2030. 

Mme AMINA J. MOHAMMED, Vice-Secrétaire générale de l’ONU, a d’abord présenté les recommandations du Secrétaire général concernant la restructuration des atouts régionaux des Nations Unies à l’appui du Programme 2030, contenues dans le rapport A/74/73–E/2019/14.  Renforcer la réponse régionale est crucial pour aider les pays à réaliser le Programme 2030, a-t-elle affirmé, soulignant notamment le caractère transfrontalier de nombreux défis: les changements climatiques, le commerce et les questions de santé, pour n’en citer que quelques-uns.  Ainsi, le Secrétaire général a-t-il fait cinq recommandations pour renforcer l’efficacité de la collaboration entre les entités au niveau régional. 

Premièrement, il a proposé la création d’une plateforme régionale de collaboration unifiée des Nations Unies afin d’intégrer l’expertise éparpillée au sein des entités onusiennes, pour soutenir la mise en œuvre des objectifs de développement durable.  Cette plateforme fonctionnera comme un « mécanisme qui unifie » pour exploiter les atouts régionaux et traduire les résultats de forums régionaux pour le développement durable en réponses concrètes pour les entités régionales.  Le Bureau de la coordination des activités de développement (BCAD) devrait assurer le secrétariat de la plateforme de collaboration en travaillant avec les commissions économiques régionales.

En deuxième lieu, le Secrétaire général prévoit de mettre en place dans chaque région un grand centre de gestion des connaissances en regroupant les compétences techniques sectorielles et intersectorielles.  Il s’agira de recenser les compétences disponibles dans les régions et permettre aux États d’y accéder plus aisément pour répondre aux nouveaux besoins nationaux dans le contexte du Programme 2030.

Troisièmement, le Secrétaire général entend améliorer la transparence et la gestion axée sur les résultats à l’échelon régional.  Quatrièmement, il propose de fédérer, au niveau régional, les services administratifs de diverses entités en favorisant par exemple le partage des bureaux.  Le but est de gagner en efficacité sur le plan administratif tout en faisant des économies, mais pas de réduire les capacités.  Les ressources économisées pourront être affectées au financement des besoins de développement durable prioritaires dans chaque région.

Cinquièmement, le Secrétaire général suggère de passer à un processus de gestion « région par région » afin de consolider les capacités concernant les données et d’autres fonctions analytiques, et de réduire les doublons tout en créant des synergies dans le travail.  Il faut en effet des approches taillées non seulement pour les besoins et spécificités de chaque région, mais aussi pour gérer ce qu’elles ont en commun. 

Si les cinq propositions devraient bénéficier de manière égale à toutes les régions, leur mise en œuvre devra cibler les défis et opportunités spécifiques de chacune dans le contexte de la réalisation du Programme 2030, a précisé la Vice-Secrétaire générale.  Elle a souligné que les discussions d’aujourd’hui et des jours qui suivront permettraient d’enrichir les propositions du Secrétaire général et de développer un plan de mise en œuvre par région.  Les précédentes réformes ciblaient davantage les pays sans tenir compte des blocages structurels entravant l’efficacité des réponses régionales, a-t-elle remarqué. 

Mme Mohammed a reconnu que des « anxiétés naturelles » des États Membres avaient parfois constitué des obstacles aux réformes, mais cette fois-ci, a-t-elle affirmé, elle est convaincue que le contexte est unique et que le programme le plus audacieux de l’humanité -les objectifs de développement durable- ne peut être réalisé sans une réponse régionale plus forte.  De son avis, le lancement de cette réforme prouve au monde que l’ONU veut et est prête à changer.  « En fin de compte, nous partageons tous les mêmes attentes au niveau régional, à savoir plus de résultats pour les gens et un meilleur rapport qualité-prix. »  Selon Mme Mohammed, l’ONU a les atouts et l’expertise nécessaires pour y parvenir, mais elle a besoin de volonté politique et de leadership à tous les niveaux pour avancer. 

À la suite de cet exposé, l’animateur de la table ronde, M. IBRAHIM MAYAKI, Secrétaire exécutif du Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) et ancien Premier Ministre du Niger, a invité les panélistes à expliquer comment les régions peuvent aider dans la réalisation des objectifs de développement durable. 

Le Représentant permanent du Bangladesh auprès des Nations Unies, M. MASUD BIN MOMEN, a relevé que les commissions régionales de l’ONU sont une source de compétence qui peut être exploitée.  Il a estimé qu’un mécanisme plus unifié dans les régions pourrait renforcer la collaboration.  Les plateformes régionales de collaboration des Nations Unies proposées par le Secrétaire général pourraient venir simplifier les opérations, a-t-il ajouté, soulignant les chevauchements actuels entre les mandats de plusieurs entités onusiennes au niveau régional et dans les pays.  Il a aussi insisté sur l’importance de l’appropriation nationale des projets de développement. 

S’exprimant au nom de toutes les commissions régionales, Mme ALICIA BÁRCENA, Secrétaire exécutive de la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC), s’est souvenue qu’au lancement de la réforme, c’est comme « un mur qui est tombé », ce qui a permis aux commissions régionales de renforcer leur collaboration avec les agences et les équipes de pays.  Chaque commission régionale compte désormais un forum régional pour le développement durable.  C’est un cadre qui permet des débats multidisciplinaires sur les objectifs de développement durable.  Il faut, a-t-elle suggéré, qu’il y ait des coalitions régionales thématiques.  Par exemple, créer une plateforme sur le travail décent avec en tête de file l’Organisation internationale du Travail (OIT).  Mme Bárcena a estimé que chaque région pouvait établir ces coalitions en fonction des thématiques majeures, tout en ayant des plateformes transversales sur des sujets comme l’égalité des genres. 

Mme Bárcena a également évoqué le projet de centres régionaux de connaissances.  Elle a indiqué tout d’abord que les pays de la CEPALC avaient choisi de travailler avec 158 indicateurs de suivi sur les 230 prévus pour évaluer la réalisation des objectifs de développement durable.  Ce choix, a-t-elle expliqué, cristallise les priorités majeures de l’Amérique latine et des Caraïbes.  Ainsi, les centres régionaux de connaissances pourraient permettre de centraliser les données régionales produites et ainsi faciliter le suivi du Programme 2030.  Elle s’est aussi félicitée du fait que les commissions régionales avaient pu faire des économies: leur coût de fonctionnement ne représente désormais que 1% du budget des activités de développement des Nations Unies. 

Allant dans le même sens, M. MOURAD WAHBA, Administrateur assistant et Directeur du Bureau régional pour les États du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), a confirmé que « la régionalisation des efforts » au sein du système des Nations Unies pour le développement s’imposait: elle permettra notamment un gain financier substantiel par la mise en commun des initiatives.  Il a demandé une intégration des volets politique et opérationnel pour une plus grande efficacité de cette nouvelle approche régionale, notamment en vue de soutenir le système redynamisé de coordonnateurs résidents. 

Il faut que le système d’appui des pays aux régions soit « plus transparent », a réclamé pour sa part M. JENS WANDEL, Conseiller spécial du Secrétaire général pour la réforme.  Il a expliqué que le but de la réforme était de se servir des capacités des Nations Unies au niveau régional afin de mettre sur pied un leadership fonctionnel qui soit mieux à même de gérer les défis.  Il faut, dans toutes ces initiatives, tenir compte des spécificités régionales et des atouts qui leur sont propres, a-t-il suggéré. 

M. PIETER LEENKNEGT, Chef d’unité à l’Agence belge de développement, a reconnu que le but de la réforme était, à la base, de pallier les lacunes structurelles.  Mais, force est de constater que « c’est le flou qui persiste », a-t-il relevé.  Par exemple, a-t-il argumenté, on ne se sait pas bien si les mécanismes existants seront fusionnés avec les nouveaux, ou alors s’ils vont tout simplement disparaître.

Les échanges interactifs avec la salle ont ensuite révélé nombre de préoccupations et de complaintes de la part des États Membres.  D’entrée de jeu, la Palestine, au nom du Groupe des 77 et la Chine (G77), a demandé que les États Membres soient consultés dans toutes les discussions concernant les approches régionales.  Étant donné que le BCAD assurera le secrétariat des plateformes de collaboration, le Groupe a voulu savoir quelle serait la place dévolue aux commissions économiques régionales dans cette nouvelle architecture. 

Le Brésil a demandé des détails sur les cinq propositions du Secrétaire général, notamment leurs conséquences sur le travail des régions.  Il a demandé, avec El Salvador, à qui les États doivent s’adresser pour d’éventuels éclaircissements.  Les États-Unis ont pour leur part demandé plus de détails sur l’engagement des coordonnateurs résidents avec la plateforme régionale, ainsi que des précisions sur le mémorandum d’entente prévu entre la nouvelle structure régionale et les pays.  La délégation américaine a aussi fait remarquer que connaître le nombre de fonctionnaires travaillant au niveau régional n’était pas suffisant pour comprendre les fonctions de chacun ni pour savoir comment les doublons sont évités.  L’Union européenne (UE) a enchaîné en faisant observer que l’on ne sait pas encore exactement « ce que font ces centaines de fonctionnaires onusiens dans les 145 bureaux régionaux » ni comment éviter des chevauchements. 

Des plans de travail vont être élaborés, a répondu M. Wandel, le Conseiller spécial du Secrétaire général, en expliquant que c’est à la prochaine étape que l’on pourra parvenir à une efficacité renforcée. 

La France a dit attendre de voir comment se manifesterait l’efficacité de cette réforme régionale dans la gestion de l’épidémie d’Ebola en Afrique et la crise multiforme du Sahel.

La Norvège a voulu savoir si les commissions régionales allaient désormais travailler directement avec les coordonnateurs ou alors poursuivre leur appui directement aux pays.  De son côté, l’Afrique du Sud s’est interrogée sur l’existence ou non d’une plateforme en ligne où les pratiques optimales des commissions régionales seront partagées.  Son collègue de la Fédération de Russie a émis des réserves quant au site devant abriter un centre de coordination régionale pour l’Europe, rappelant que Genève serait le lieu approprié.

L’Allemagne s’est souvenue, avec d’autres délégations, qu’hier, le Secrétaire général avait déclaré que la dimension régionale, « c’est le chaos ».  La Suisse a dit de ne pas se perdre et de s’en référer « aux objectifs que nous nous sommes fixés afin de garder le cap ».  Le représentant du Bangladesh a suggéré, au vu de toutes ces préoccupations soulevées, qu’une discussion avec les États Membres devait être organisée afin d’apporter les éclaircissements nécessaires.  Pour Cuba, il est surprenant que ce soit la première fois qu’un échange ait lieu sur ce sujet pour le moins important.  La déléguée de la Turquie n’a pas caché sa frustration devant les contraintes de temps, alors même que « les États Membres ont besoin de réponses face à leurs préoccupations ». 

M. Leenknegt, de l’Agence belge de développement, a résumé les débats en relevant que même après une séance riche en informations, la nouvelle approche régionale demeure « une énigme ».  Pourtant, « la répartition des tâches entre différentes structures visait à surmonter les lacunes ». 

Le Conseiller spécial du Secrétaire général pour la réforme, M. Wandel, a expliqué que la future plateforme régionale viendrait rompre avec la lourdeur bureaucratique actuelle au sein des régions.  Il a promis que le Secrétariat allait travailler en collaboration étroite avec les États Membres dont la contribution est véritablement attendue.  « Réformer un système complexe est déjà en soi une tâche complexe », a reconnu l’animateur du débat, M. Mayaki, qui a dit espérer que des consultations avec toutes les parties prenantes accompagneraient ce processus tout au long de la mise en route. 

Examen des bureaux multipays

Alors que 38 des 41 pays couverts par des bureaux multipays des Nations Unies sont des petits États insulaires en développement (PEID), la Vice-Secrétaire générale de l’ONU, Mme AMINA J. MOHAMMED, a déclaré qu’il était urgent de renforcer les bureaux multipays afin de tenir notre engagement à « ne laisser personne de côté ».  Le Secrétaire général a déployé des efforts importants pour trouver des façons de renforcer le travail de l’ONU tout en assurant la mise en œuvre du nouveau système de coordonnateurs résidents, a-t-elle assuré. 

À cette fin, des consultations exhaustives sur l’action des bureaux multipays ont été menées auprès de 15 pays et de 500 personnes de tous les horizons.  En outre, tous les pays couverts par les bureaux ont été consultés, de même que le Comité de coordination avec les États Membres.  Cela fait des décennies que les pays couverts par les bureaux multipays demandaient la tenue d’un tel examen, a reconnu Mme Mohammed, pour qui le Programme 2030 et les Orientations de Samoa nécessitent aussi un appui renforcé de l’ONU aux États, notamment aux PEID.  Les entretiens menés dans le cadre de cet examen ont démontré que l’appui fourni par le système des Nations Unies pour le développement n’est pas adapté aux défis et aux attentes des pays. 

Le Secrétaire général a donc proposé que les bureaux multipays fournissent un appui plus adapté aux États Membres, en tenant compte de leurs besoins spécifiques.  Nous devons également prendre des mesures pour renforcer le leadership des Nations Unies en la matière, notamment avec le système des coordonnateurs résidents et des bureaux multipays adaptés, par le biais d’un recrutement ciblé.  Nous devons également augmenter les ressources allouées aux bureaux multipays, de sorte que le système onusien puisse couvrir adéquatement tous les pays qui en dépendent.  Pour la première fois, nous allons établir un bureau dans la région Pacifique Nord et renforcer notre présence dans les Caraïbes, a précisé Mme Mohammed en signalant que les fonds nécessaires ne seraient pas prélevés sur le budget ordinaire de l’ONU mais seraient tirés des ressources extrabudgétaires.  De plus, nous allons travailler de concert avec les entités du système des Nations Unies, en accordant une attention particulière aux capacités politiques, a-t-elle ajouté. 

Le Secrétaire général a demandé à l’Économiste en chef des Nations Unies de commencer son travail avec les institutions régionales afin de permettre un accès plus complet des PEID aux programmes d’aide au développement de l’ONU.  La Vice-Secrétaire générale a dit avoir l’intention de surmonter le problème de changement de classement des pays.  Il faut donc mettre en œuvre une aide ciblée pour chaque pays, afin que les bureaux multipays deviennent des partenaires fiables et efficaces, a-t-elle recommandé.  Alors que le Secrétaire général revient justement d’une mission dans le Pacifique, Mme Mohammed s’est dite convaincue que cet examen sera l’occasion de faire en sorte que l’ONU puisse appuyer les PEID dans leur lutte contre les changements climatiques et pour la réalisation du Programme 2030. 

La modératrice de la discussion, Mme MIRGUL MOLDOISAEVA, Représentante permanente du Kirghizistan auprès des Nations Unies, a rappelé que l’examen des bureaux multipays avait porté en premier lieu sur les défis spécifiques des PEID et sur le renforcement des capacités des bureaux multipays, notamment dans le nord du Pacifique et dans les Caraïbes. 

L’examen des bureaux multipays est en effet essentiel à la mise en œuvre du Programme 2030, a déclaré la Représentante permanente des Maldives auprès des Nations Unies et membre du Bureau de l’Alliance des petits États insulaires (AOSIS), Mme THILMEEZA HUSSAIN.  Toutefois, le manque de financement des programmes de développement a pour effet d’entraver l’action des agences de l’ONU ainsi que la mise en œuvre du Programme 2030 et des Orientations de Samoa.  Pour pallier ces difficultés, il faut renforcer les capacités des pays en matière de développement durable, en tenant compte des circonstances spécifiques des différents pays.  Elle a donc invité les États Membres à poursuivre l’examen à mi-parcours des Orientations de Samoa, qui se déroule cette année. 

Les bailleurs de fonds ont déjà fait part de leur intention de contribuer à la réalisation des Orientation de Samoa et du Programme 2030, a souligné Mme GUNILLA OLSSON, Chef de l’Équipe de transition du système des Nations Unies pour le développement

En tant que PEID, le Vanuatu a un besoin « vital » d’un appui accru de la part des bureaux multipays, a souligné M. ODO TEVI, Représentant permanent du Vanuatu auprès des Nations Unies.  Bien que son pays ait pris des mesures d’adaptation aux changements climatiques, il ne saurait y arriver seul, a-t-il reconnu.  Toutefois, a continué M. Tevi, nous ne savons pas exactement comment accéder à l’expertise politique et technique dispensée par les bureaux, ni aux politiques relatives à l’économie verte. 

Selon lui, il revient aux pays de s’approprier les politiques de développement, en coopération avec les équipes des Nations Unies.  Il s’est dit confiant à cet égard que l’ouverture d’un bureau multipays dans le Pacifique Nord aurait des conséquences positives sur le développement des États de la région.  Au cours des prochaines années, le financement et le renforcement des capacités seront au cœur de ces efforts. 

Les États du Pacifique Nord sont en effet très éloignés du bureau multipays, qui se trouve aux Fidji, a précisé la Représentante permanente des Maldives, ce qui entraîne des coûts prohibitifs pour les États concernés.  La question de la distribution géographique a d’ailleurs été traitée lors de l’examen.  En outre, la plupart des PEID sont des pays à revenu intermédiaire, ce qui limite leur accès au financement, et donc au développement, et leur capacité à faire face aux catastrophes naturelles. 

Alors qu’approche l’examen à mi-parcours des Orientations de Samoa, il est essentiel de faire en sorte de ne laisser personne sur le côté, a approuvé Mme FEKITAMOELOA KATOA ‘UTOIKAMANU, Haut-Représentante des pays les moins avancés, des pays en développement sans littoral et des petits États insulaires en développement.  Pour elle, seules les consultations menées avec les États concernés sont à même de conduire à des actions efficaces et pertinentes.  Elle a réaffirmé son intention d’identifier les lacunes en matière de financement afin de trouver des solutions profitables à tous.  À cet égard, l’examen des Orientations de Samoa et celui des bureaux multipays sont à ses yeux des occasions à ne pas manquer. 

Prenant la parole au nom de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), la Barbade, rejointe par Trinité-et-Tobago, a regretté la publication tardive du rapport consacré aux bureaux multipays, qui a laissé peu de temps aux États pour préparer leurs interventions.  De même, elle a critiqué le faible nombre de pays qui ont été visités dans le cadre de l’étude sur les bureaux.  Le rapport, a relevé la représentante, souligne que les fonds et programmes des Nations Unies dans la région des Caraïbes ont en moyenne moins de cinq employés, ce qui démontre que nous ne sommes pas servis adéquatement, et que les pays les plus vulnérables sont les moins bien servis.  Elle a dit s’attendre à une augmentation du financement pour la région, et à la mise en œuvre des recommandations contenues dans le rapport. 

Abondant dans le même sens, Antigua-et-Barbuda a dit avoir eu le sentiment, en parcourant le rapport, que les convictions de sa délégation ont été mises de côté au profit de décisions déjà prises.  Selon son représentant, le processus d’examen des bureaux multipays a commencé plus tard que souhaité.  En outre, cet examen aurait dû porter sur un plus grand nombre de pays.  Bien que les recommandations soient valables, d’autres gagneraient à être clarifiées, notamment celles ayant trait au financement, a-t-il estimé. 

Reconnaissant, comme la Chine, que les PEID font face à des défis spécifiques, Trinité-et-Tobago a prôné la mise en place d’une allocation additionnelle pour ces pays, dans la foulée de la refonte du système des Nations Unies pour le développement, qui doit être mis à la hauteur des enjeux.

Les PEID représentent 20% des États Membres, a rappelé le représentant de la Nouvelle-Zélande.  « Avançons donc sur les points sur lesquels nous sommes d’accord et poursuivons nos discussions sur les autres », a-t-il suggéré, en encourageant les États à bien comprendre ce « nouvel écosystème » avant d’agir.  Cet examen constitue un point de départ, et non une fin en soi, a-t-il conclu.

 

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