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ECOSOC/6967
8 avril 2019
Session de 2019, Forum de la jeunesse, 1re séance, matin

Forum de la jeunesse: revendicateurs, les jeunes se préparent au suivi de six des 17 objectifs de développement durable

Le huitième Forum de la jeunesse a ouvert ses portes, ce matin, à 800 jeunes et 34 ministres qui se préparent à trois grands rendez-vous importants sur la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030.  Réuni cette année sur le thème « Des jeunes autonomisés, intégrés et égaux », le Forum s’attaque à six des 17 objectifs fixés, à savoir l’éducation de qualité, la croissance inclusive et le travail décent, la réduction des inégalités, l’action climatique, les institutions fortes et les partenariats. 

L’Envoyée du Secrétaire général pour la jeunesse a fait remarquer l’absence à ce forum d’un grand nombre de jeunes, faute de visa, une absence d’autant plus regrettable que nous sommes à un moment où le monde a besoin de dialoguer et d’échanger par-delà les frontières et les cultures.  Les jeunes représentent 16% de la population mondiale mais les chiffres restent alarmants: 138 millions d’entre eux sont privés d’école dans les pays à faible revenu, 145 millions sont des travailleurs pauvres et 65 millions, des chômeurs.  Des millions de jeunes vivent dans des environnements vulnérables, à cause de leur race, de leur ethnie, de leur religion, de leur orientation sexuelle, de leur affiliation politique ou des changements climatiques. 

Pour comprendre ce que veulent dire « autonomes, intégrés et égaux », il faut d’abord, a estimé la Fondatrice de PRIDE, comprendre ce que veut dire « manque » d’autonomie, d’intégration et d’égalité et demander à ceux qui luttent pour leur liberté, ceux qui sont enfermés dans la culture du silence ou celles qui subissent le patriarcat et le harcèlement sexuel.  On peut aussi demander leur avis aux habitants des îles qui luttent chaque jour contre l’élévation du niveau de la mer et aux gens qui doivent se nourrir malgré le réchauffement de la planète. 

Si la mondialisation et les progrès technologiques ont permis des avancées remarquables, ils sont aussi à l’origine d’une aggravation des inégalités et ce sont les jeunes qui en font les frais, d’où leur manque de confiance dans les institutions politiques, voire la montée des populismes, a ajouté l’Envoyée pour la jeunesse.

Nous sommes ici, a rassuré la Présidente du Conseil économique et social (ECOSOC), pour témoigner de nos efforts communs et de notre détermination à rendre les jeunes capables de contribuer à la mise en œuvre du Programme 2030, un document des peuples, par les peuples, pour les peuples.  Je compte, a renchéri la Présidente de l’Assemblée générale, que les discussions enrichiront les travaux du Forum politique de haut niveau, en juillet prochain, de la réunion de haut niveau sur l’action climatique et du Sommet sur les objectifs de développement durable, en septembre.  « Nous attendons de vous des solutions concrètes. »  Nous voulons surtout être associés à l’élaboration des politiques, a martelé la représentante des jeunes autrichiens.  Nous en avons assez des appels à la patience et à la modération. 

La vocation du Forum est précisément de maintenir un dialogue substantiel entre les jeunes et les États pour avancer dans la mise en œuvre du Programme 2030, a expliqué l’Envoyée pour la jeunesse.  Profitant du dialogue au cours de la table ronde sur le thème « Programme 2030 par les jeunes: œuvrer avec et pour les jeunes », les jeunes autochtones et les jeunes handicapés ont fait observer que l’objectif 10 de développement durable sur la réduction des inégalités ne s’adresse pas à eux.  Sans la pleine mise en œuvre de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, la lutte contre les inégalités ne saurait réussir, ont-ils prévenu.  Aujourd’hui, les jeunes handicapés sont toujours les plus touchés par le chômage et le manque d’accès à l’éducation et à la santé.  C’est la population la plus exclue et la plus marginalisée, et c’est celle qui reçoit le moins d’aide. 

L’Envoyée pour la jeunesse a attiré l’attention sur la Stratégie des Nations Unies pour la jeunesse, lancée l’année dernière, qui rassemble le savoir-faire de toutes les agences onusiennes au service du potentiel des jeunes.  Cette stratégie, a-t-elle retenu, a pour objectif de faciliter l’action et d’imprimer l’impact des jeunes dans la réalisation du Programme 2030.

Le Forum de la jeunesse, qui a tenu cet après-midi des tables rondes sur chacun des six objectifs de développement durable à l’examen, se réunira une dernière fois demain, mardi, à partir de 10 heures, pour une autre table ronde sur le thème « Investir dans le développement de la jeunesse: financement et autres moyens de mise en œuvre ».

FORUM DE LA JEUNESSE SUR LE THÈME: « DES JEUNES AUTONOMISÉS, INTÉGRÉS ET ÉGAUX »

Déclarations liminaires

Mme INGA RHONDA KING (Saint-Vincent-et-les Grenadines), Présidente du Conseil économique et social (ECOSOC), a rappelé que l’année dernière, il était question des solutions au problème de la résilience des jeunes.  Cette année, l’attention est focalisée sur l’autonomisation des jeunes, avec un accent particulier sur l’intégration et l’égalité.  Pour créer un monde plus durable, la jeunesse a besoin d’avoir des connaissances, des valeurs, un emploi et des moyens de subsistance pour s’autonomiser et contribuer au développement durable.  Nous sommes ici, a dit la Présidente, pour témoigner de nos efforts communs et de notre détermination à rendre les jeunes capables de contribuer à la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030. 

La Présidente a compté plus de 800 jeunes et 34 ministres dans l’audience.  Il nous reste, a-t-elle prévenu, 11 ans pour réaliser les objectifs de développement durable et nous ne pouvons pas le faire sans vous, les jeunes.  C’est la raison pour laquelle le Secrétaire général a lancé en septembre dernier la Stratégie des Nations Unies pour la jeunesse pour sécuriser leur engagement dans la réalisation du Programme 2030.  Dans ce contexte, les défis sont l’accès à l’éducation, le chômage, les inégalités, l’exclusion sociale et les changements climatiques. 

La plupart de ces défis, comme les changements climatiques et les migrations, n’ont pas de frontières et ne peuvent être relevés que par le multilatéralisme.  L’ONU, a souligné la Présidente, a été créée pour servir les peuples du monde et « vous servir tous ».  Durant ces deux jours, a-t-elle rappelé, le Forum se focalisera sur les objectifs de développement durable qui feront l’objet d’un examen au Forum politique de haut niveau, au mois de juillet prochain.  Il s’agit des objectifs 4, 8, 10, 13, 16 et 17 sur l’éducation de qualité, la croissance inclusive et le travail décent, la réduction des inégalités, l’action climatique, la paix, la justice et les institutions fortes et les partenariats.  Ces objectifs sont particulièrement importants pour l’autonomisation des jeunes. 

La Présidente de l’ECOSOC a estimé qu’il y a des signes encourageants concernant plusieurs objectifs mais dans l’ensemble, « le monde n’est pas sur la bonne voie ».  Je vous exhorte, a-t-elle dit, à voir où nous en sommes et à vous mobiliser pour aller de l’avant.  Le Programme 2030 est un programme des peuples, par les peuples, pour les peuples.  La participation des jeunes dans sa mise en œuvre, son suivi et son évaluation est « essentielle ». 

Cette année est une année spéciale, a conclu la Présidente, en parlant, en particulier, du Sommet sur les objectifs de développement durable, prévu au mois de septembre.  Elle a aussi parlé des manifestations de haut niveau dont la Réunion sur le travail décent, le 10 avril, et le Forum politique de haut niveau, au mois de juillet.  Le Dialogue de haut niveau sur le financement du développement et le Sommet sur le climat sont autant de tribunes où la voix des jeunes est attendue.  Ces deux prochains jours, nous les entendrons nous dire comment faire du monde un endroit où il fait bon de vivre.  « Nous sommes là pour écouter vos idées créatives, vos plans et votre vision pour réaliser le Programme 2030 », a assuré la Présidente. 

Mme MARÍA FERNANDA ESPINOSA GARCÉS, Présidente de l’Assemblée générale, a souligné le caractère historique de ce forum, qui est devenu, au fil des ans, un des mécanismes permettant aux jeunes de participer à la réalisation des objectifs de développement durable.  Je compte que les discussions enrichiront les travaux du Forum politique de haut niveau, de juillet prochain, la réunion de haut niveau sur l’action climatique, en septembre.  « Nous attendons de vous des solutions concrètes », a ajouté la Présidente qui a jugé « indispensable » la participation des jeunes. 

Elle a d’ailleurs rappelé que la Réunion de haut niveau sur le climat qu’elle a organisée il y a deux semaines avait connu la participation de quelque 80 jeunes.  Les trois messages principaux ont été la nécessité d’une coopération intergénérationnelle, la création d’emplois, surtout des emplois écologiques, et la mise en œuvre de l’agenda « jeunes, paix et sécurité ».  À la fin de cette semaine, la Présidente a promis d’organiser une réunion de haut niveau sur le travail décent.  « Vous êtes des acteurs clefs dans notre lutte commune pour une planète plus juste et plus équitable », a déclaré la Présidente.  Le Programme 2030 n’est pas seulement une ambition partagée, c’est notre plan d’action commun, a-t-elle insisté, en lançant: « Alors, au travail. »

Pour Mme JAYATHMA WICKRAMANAYAKE, Envoyée du Secrétaire général pour la jeunesse, le fait que ce forum attire de plus en plus de jeunes et de ministres est bien la preuve de son succès et de sa contribution au débat sur l’autonomisation, l’emploi et la participation jeunes aux processus de prise de décisions partout.

Alors que nous avons une participation record, il faut cependant regretter l’absence d’un grand nombre de jeunes, faute de visa.  Cela est d’autant plus regrettable car nous sommes, a dit l’Envoyée, à un moment où le monde a besoin de dialoguer et d’échanger par-delà les frontières et les cultures.  C’est précisément la vocation de ce forum: maintenir un dialogue substantiel entre les jeunes et les États pour avancer dans la mise en œuvre du Programme 2030.

Pour la première fois depuis l’adoption de ce programme, des chefs d’état et de gouvernement se réuniront ici, à New York, en septembre prochain pour dresser collectivement l’état des lieux des acquis et des lacunes dans la réalisation des objectifs de développement durable.  Au nom des jeunes, a dit l’oratrice, je compte expliquer ce que cela veut dire pour les jeunes d’avoir accès à un emploi décent et à des emplois « verts ».

L’Envoyée a aussi souligné l’importance de la Conférence du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), prévue en novembre à Nairobi, pour promouvoir le droit des jeunes à la santé sexuelle et reproductive.  Elle n’a pas manqué de lancer un appel à la mobilisation des jeunes au Sommet sur le climat, prévu en septembre.

Elle a insisté sur la Stratégie des Nations Unies pour la jeunesse qui rassemble le savoir-faire de toutes les agences onusiennes au service du potentiel des jeunes.  Cette stratégie, a-t-elle retenu, a pour objectif de faciliter l’action et d’imprimer l’impact des jeunes dans la réalisation du Programme 2030.

L’Envoyée a rappelé certains chiffres: 260 millions de jeunes déscolarisés, 65 millions de jeunes chômeurs et 145 millions de jeunes travailleurs pauvres, sans oublier les millions de jeunes femmes et jeunes fille victimes de mariages précoces ou encore les jeunes marginalisés à cause de leur race, de leur ethnie, de leur religion, de leur orientation sexuelle ou de leur affiliation politique.  N’oublions pas non plus les 600 millions de jeunes qui vivent dans des environnements vulnérables, qu’il s’agisse de leur maison, de leur communauté ou de leur pays.

Si la mondialisation et les progrès technologiques ont permis des avancées remarquables, ils sont aussi à l’origine d’une aggravation des inégalités et des perturbations dans le marché du travail.  Ce sont les jeunes qui en font les frais, d’où leur manque de confiance dans les institutions politiques, voire la montée des populismes.

L’Envoyée a parlé de ses visites en Iraq, au Bangladesh ou en Afghanistan où elle a eu « le bonheur » de rencontrer des jeunes et leur potentiel incroyable.  Avec les investissements nécessaires, ce potentiel peut être démultiplié 1,8 milliard de fois, soit le nombre des jeunes dans le monde.  L’Envoyée a lancé un appel à tous les jeunes pour qu’ils fassent entendre leur voix à tous les rendez-vous multilatéraux.

Mme YOLANDA JOAB, invitée spéciale et Fondatrice et Directrice exécutive de « Island Promoting Resilience through Involvement, Development and Education » (PRIDE), a déclamé les mots « autonomes, égaux et libres », pour souligner qu’ils sont peut-être difficiles à comprendre parce que les jeunes n’ont pas toujours eu l’autonomie nécessaire pour devenir maître de leur vie.  Pour comprendre ce que veulent dire « autonomes, égaux et libres », il faut peut-être commencer par comprendre que ce que veut dire « manque » de pouvoir, d’autonomie, d’intégration et de liberté, en demandant à ceux qui luttent pour leur liberté, ceux qui sont enfermés dans la culture du silence ou celles qui subissent le harcèlement sexuel.  On pourrait aussi le demander aux habitants des îles qui luttent chaque jour contre l’élévation du niveau de la mer, aux femmes qui subissent le patriarcat, aux gens qui doivent se nourrir malgré le réchauffement de la planète.  Nous menons tous des batailles différentes mais nous sommes unis autour du même objectif, « un monde meilleur ». 

Il faut renforcer la résilience des jeunes face aux défis immenses et très difficiles à relever.  Les jeunes ont décidé d’être « plus grands et plus durs » et d’enfoncer les portes qu’on leur claque au nez.  Personne ne rêve avec autant de courage que les jeunes.  Les discussions d’aujourd’hui, a conclu l’oratrice, doivent être ambitieuses et viser à ouvrir la porte aux jeunes, en particulier ceux du Pacifique car on ne peut pas parler de changements climatiques sans « les premières victimes ». 

Table ronde interactive sur le thème: « Programme 2030 par les jeunes: œuvrer avec et pour les jeunes »

L’Envoyée pour la jeunesse, Mme JAYATHMA WICKRAMANAYAKE, a expliqué que la table ronde est l’occasion d’échanger sur les stratégies nationales, régionales et internationales pour impliquer, associer et autonomiser les jeunes dans la mise en œuvre du Programme 2030.  Il s’agit faire en sorte que les jeunes soient « leurs propres agents » de développement.  Comment faire?

Par la mise en place d’institutions « justes », a estimé une jeune ouïghour, minorité « persécutée » en Chine, dont la population de deux millions d’âmes a été forcée de renoncer à son identité et à subir des inégalités, y compris dans l’accès à l’éducation.  Institutions « justes » veut dire institutions capables de mettre au point, avec les jeunes, des plans d’action pour la jeunesse, dont celui de Singapour a été expliqué par sa Ministre de la jeunesse.  En Sierre Leone, des consultations sont justement en cours sur une nouvelle politique nationale pour les jeunes.  Le Ministre sierra-léonais de la jeunesse a précisé que l’idée est que la vision des jeunes soit prise en compte pour en faire de véritables moteurs du changement et du développement.  C’est déjà le cas au Danemark, s’est enorgueillie sa Secrétaire d’État à la jeunesse, qui a attiré l’attention sur le nombre des jeunes au Ministère danois des affaires étrangères et dans les ambassades.  Le représentant des jeunes danois a d’ailleurs évoqué des projets de collaboration entre les jeunes danois et les jeunes dans le monde, dans le domaine du développement. 

L’importance d’inclure les jeunes dans l’élaboration, le suivi et la mise en œuvre des stratégies nationales de développement durable est d’autant plus comprise en Égypte, a affirmé son Ministre de la jeunesse et des sports, que les jeunes représentent la majorité de la population.  Ils sont « au cœur » de la Vision 2030 du pays.  L’Union européenne, qui vient d’adopter une nouvelle stratégie pour la jeunesse, a misé sur les diverses formes de participation des jeunes à travers un dialogue structuré dans le cadre duquel plus de 50 000 jeunes européens ont recensé et élaboré 11 objectifs articulés autour des dimensions sociales et environnementales et axés sur la bonne gouvernance, la liberté ou encore la sécurité. 

« Soyez plus audacieux », a pourtant lancé la représentante des jeunes autrichiens qui s’est dite déçue par le manque de réactivité et d’écoute chez les politiciens européens.  Les jeunes, a-t-elle martelé, doivent être véritablement associés à l’élaboration des politiques nationales et régionales relatives au Programme 2030.  Ils en ont assez des appels à la patience et à la modération.

Qu’en est-il du quatrième objectif de développement durable relatif à l’éducation de qualité?  Le représentant de la France a rappelé que dans le cadre de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), son gouvernement a versé, depuis 2018, la somme de 260 millions d’euros pour l’éducation.  Les projets concernent la multiplication du nombre de classes dans l’enseignement primaire, le tutorat pour les élèves en difficulté ou la création des cantines scolaires.  Le programme des « ambassadeurs de la jeunesse » a été présenté par la Ministre des sports du Suriname.  Il s’agit d’une équipe de 15 jeunes dont le projet est d’aider les familles pauvres à scolariser leurs enfants.  Les « ambassadeurs » ont aussi lancé une campagne de sensibilisation contre les grossesses précoces et développé des cours de formation professionnelle.  Le programme « talents des jeunes » a, quant à lui, été présenté par le Chef de l’Agence fédérale de la jeunesse de la Fédération de Russie où 2018 a été proclamée « Année du volontariat » pour booster les activités des 60 millions de bénévoles qui travaillent d’ailleurs avec les Volontaires des Nations Unies, dans le monde. 

S’agissant de l’objectif 8 de développement durable relatif à la croissance inclusive et au travail décent, auquel l’Équateur a consacré 50 millions de dollars, la Vice-Présidente du Forum européen de la jeunesse a appelé au développement de compétences adaptées au marché du travail, lesquelles donneraient un avantage comparatif aux jeunes.  Il faut aussi renforcer la protection des droits des travailleurs, améliorer les plateformes de protection sociale, aider les jeunes à s’occuper des personnes âgées et veiller à ce que le marché du travail de l’avenir ne laisse personne sur le côté.  Elle a appelé à des investissements dans une nouvelle économie mondiale qui place les personnes et la planète au centre des préoccupations.  Le développement des compétences des jeunes est au cœur de la politique équatorienne, a dit son Secrétaire technique à la jeunesse.  Il s’agit, a-t-il expliqué, de soutenir l’esprit d’entrepreneuriat, en incluant les jeunes dans les processus décisionnels et en veillant à ce qu’ils soient associés à l’élaboration de toutes les politiques nationales dont la priorité est l’intégration économique et sociale des jeunes.  Notre objectif, a souligné le Secrétaire technique, c’est l’autonomisation financière des jeunes grâce à une politique de crédit préférentiel.  Il s’est d’ailleurs enorgueilli du nombre des jeunes au gouvernement.

L’équité et l’égalité, c’est ce que veulent les jeunes, a souligné le représentant d’EIDOS.  Les jeunes sont des conseillers avisés du changement social, a-t-il insisté, en décrivant un projet de 2018 sur un incubateur d’innovations sociales mettant en vedette des jeunes.  Il a cité d’autres projets dans des pays comme l’Argentine et la Syrie où les jeunes luttent pour l’emploi décent des économies centrées sur l’homme et la planète.  Le représentant a plaidé pour des sociétés équitables et ouvertes à la technologie, et pour le remplacement des politiques néolibérales au profit de programmes qui accordent la priorité au citoyen.

Justement, le Forum s’est ensuite penché sur l’objectif 10 de développement durable relatif à la lutte contre les inégalités.  Le représentant du Caucus des jeunes autochtones a d’emblée regretté que l’objectif ne s’adresse pas à ceux qui revendiquant le droit à l’autodétermination.  Si vous voulez parler d’égalité, a-t-il dit, parlez de l’égalité de tout le monde, y compris des peuples autochtones, représentants d’un système économique qui a tenu pendant des milliers d’années jusqu’à l’arrivée de la colonisation.  Le représentant a exigé la mise en œuvre de l’Article III de la Charte des Nations Unies sur le droit à l’autodétermination des peuples autochtones et réclamé des solutions aux inégalités, lesquelles doivent être mises en œuvre par et pour les peuples autochtones.

L’objectif 10, a-t-il poursuivi, est lié à la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.  Sans la mise en œuvre de cet instrument, la lutte contre les inégalités ne peut réussir.  L’article 21 de la Déclaration reconnaît les inégalités dont sont victimes les peuples autochtones et consacre leur droit à des réparations équitables.  Il est temps que les États reconnaissent les conséquences de la colonisation. 

En Mongolie, a expliqué son Vice-Ministre du développement de la population et de la promotion sociale, c’est une loi sur le développement des jeunes qui a été ratifiée dès 2018 et dont le programme de la promotion de la jeunesse court jusqu’en 2022.  Dans ce cadre, un conseil des jeunes dirigé par le Premier Ministre lui-même a été créé, dans lequel siègent la société civile et les représentants locaux.  Des centres pour l’accès des jeunes à la santé sexuelle et reproductive et à l’emploi ont été mis en place, et le Gouvernement a d’ailleurs décidé d’aider matériellement les petites et moyennes entreprises créées par des jeunes du milieu rural.  Un centre de données a été créé à cet effet.

En 2018, en République dominicaine, a indiqué sa Ministre de la jeunesse, 250 000 jeunes ont bénéficié d’un programme de formation technique et professionnelle.  Quelque 150 000 autres ont été sensibilisés à la santé sexuelle et reproductive, y compris au harcèlement sexuel.  Le Vice-Président de l’Union des jeunes de l’Ouzbékistan a rappelé la proposition qu’a faite son président, en 2017 devant l’Assemblée générale, d’élaborer une convention des Nations Unies sur les droits des jeunes et une politique de la jeunesse et du développement.  « Tout ce qu’on fait, on le fait avec les jeunes », a affirmé la Conseillère du Ministre des affaires sociales de la Lituanie, qui a parlé de la mise en œuvre de la politique pour les jeunes aux niveaux municipal et national. 

Notre gouvernement, a-t-elle dit, fait entièrement confiance aux jeunes et c’est la raison pour laquelle il a créé le Conseil national des jeunes, « parce qu’ils sont une véritable force ».  Le Conseil est composé à parts égales de jeunes, de représentants de l’État et de ceux d’autres segments de la société.  La Lituanie organise également un dialogue structuré avec les jeunes dont les organisations reçoivent un appui financier de la part de l’État.  Les jeunes doivent pouvoir exprimer leurs avis librement, a défendu la Conseillère. 

La représentante de « Youth Disability Rights » a jugé utile de rappeler que les 200 millions de personnes handicapées dans le monde sont les plus touchées par le chômage et le manque d’accès à l’éducation et à la santé.  C’est la population la plus exclue et la plus marginalisée.  C’est celle qui reçoit le moins d’aide.  Éducation, formation et développement des compétences sont leurs mots d’ordre. 

La réduction des inégalités, objectif 10 de développement durable, a été commenté par l’Organisation des jeunes Ibéro-Américains, dont le représentant a dénoncé le fait que la moitié des jeunes dans le monde vit sous le seuil de pauvreté et est disproportionnellement frappée par le chômage.  Il a préconisé l’élaboration d’un traité international sur les jeunes et a annoncé que la prochaine conférence portera sur cette question.

Quant à la lutte contre les changements climatiques, objectif 13 de développement durable, la Ministre de la jeunesse et des sports de Trinité-et-Tobago a expliqué comment son gouvernement y associe les jeunes, dont la participation est « vitale ».  Grâce au Parlement des jeunes et aux campagnes de sensibilisation dans les écoles, les jeunes sont d’ores et déjà impliqués dans l’avenir du pays, a-t-elle affirmé.  Au Bangladesh, a dit le Ministre de la jeunesse et des sports, les jeunes, qui sont véritablement considérés comme « moteur du changement », travaillent sur la base du programme national mis en place spécialement pour eux

S’agissant de la paix, de la sécurité et des institutions fortes, objectif 16 de développement durable, le Ministre libérien de la jeunesse et des sports, dont le pays compte plus de 65% de jeunes de 15 ans à 35 ans, a indiqué que la dernière élection présidentielle a été un jalon important auquel les jeunes ont participé massivement.  Désormais, l’accent est mis sur la consolidation de la paix et la bonne gouvernance.  Dans un monde où la moitié de la population a moins de 30 ans, seuls 2% des parlementaires du monde ont moins de cet âge, a fait observer l’Envoyée pour la jeunesse.  Une jeune parlementaire d’Oman et de la section Jeunes de l’Union interparlementaire (UIP) a insisté sur le rôle des jeunes parlementaires dans le libellé, l’adoption et les budgets des projets de loi comprenant un angle « jeunes ».  « Vous avez assez écouté.  Il est temps de les associer véritablement à la prise de décisions », a-t-elle tranché.

Quant aux partenariats, objectif 17 de développement durable, le Secrétaire général des YMCA a rappelé que son mouvement mondial sert plus de 45 millions de jeunes dans le monde.  Le potentiel des jeunes, a-t-il dit, doit aller de la rhétorique du partenariat.  Il faut parler de collaboration et de marge de manœuvre.  « Si vous prenez tellement d’initiatives, comment se fait-il que le Programme 2030 accuse tant de retard? » a-t-il lancé à l’adresse des États.  Justement, le Ministre de l’éducation du Portugal a annoncé l’organisation, les 22 et 23 juin, à Lisbonne, de la Conférence internationale des ministres de la jeunesse et du Forum de la jeunesse. 

 

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