Le Comité des ONG prend note des rapports d’une centaine d’organisations et reporte sa décision sur d’autres dont ceux d’« Amnesty International » et de « Reporters Sans Frontières »

ECOSOC/6960-ONG/884
29 janvier 2019
Session de 2019, 13e & 14e séances – matin & après-midi

Le Comité des ONG prend note des rapports d’une centaine d’organisations et reporte sa décision sur d’autres dont ceux d’« Amnesty International » et de « Reporters Sans Frontières »

Le Comité chargé des ONG a pris note aujourd’hui des rapports quadriennaux de 114 ONG et a reporté sa décision sur les rapports de 19 autres organisations dont « Amnesty International » et « Reporters Sans Frontières ».  Il a maintenu le suspens sur la demande de statut consultatif spécial présentée par cinq ONG.

L’ONG britannique « Amnesty International » dont les rapports pour les périodes 2012-2015 et 2008-2011 ont été bloqués par la Chine qui s’est interrogée sur le partage d’informations de l’ONG avec les gouvernements, est un mouvement mondial regroupant plus de sept millions de personnes dans 150 pays qui prennent « l’injustice comme une affaire personnelle ».  Créée en 1961, elle a obtenu en 1964 le statut consultatif spécial auprès de l’ECOSOC qui l’oblige, comme les autres ONG, à présenter des rapports, tous les quatre ans, sur ses activités lesquelles doivent être conformes à celles du Conseil économique et social (ECOSOC).  « Amnesty International » a reçu le prix Nobel de la paix en 1997.

Les quatre rapports quadriennaux de l’ONG américaine « International Press Institute », allant de 2001 à 2013, ont aussi été bloqués à la demande de la Chine qui a souligné que le respect du terme « Taïwan-province de Chine » est un préalable à l’examen des rapports.   L’ONG est un réseau mondial d’éditeurs, de responsables des médias et de journalistes dont la mission est de défendre la libre circulation des informations partout où elle est menacée.

Deux séries de rapports de l’ONG française « Reporters Sans Frontières » allant de 2005 à 2008 et de 2009 à 2013, ont également été bloquées par la Chine pour mauvaise désignation de Taïwan.  Créée en 1985, « Reporters Sans Frontières » est dotée d’un statut consultatif spécial auprès de l’ECOSOC, de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, de la science et de la culture (UNESCO), du Conseil de l’Europe et de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).  Elle a obtenu plusieurs prix internationaux.

Le Comité des ONG a par ailleurs pris note des changements de noms de huit ONG.  La Turquie a demandé à l’ONG française « Iniative Féministe Européenne » si c’est une modification de son statut qui justifierait sa mue en « Initiative Féministe Euro-Méditerranéenne IFE EFLI ».

Le Comité a en outre reporté sa décision sur la demande de statut consultatif spécial de cinq ONG.  Le Comité peut recommander trois types de statut consultatif auprès de l’ECOSOC.  Le statut consultatif général est réservé aux grandes ONG internationales, dont les domaines d’action et de travail couvrent la majorité des points contenus dans l’ordre du jour de l’ECOSOC et de ses organes subsidiaires.  Ces ONG sont autorisées à soumettre au Conseil des communications écrites et des pétitions, et à proposer l’inscription de points à l’ordre du jour.

Les ONG qui travaillent dans un domaine spécifique peuvent, elles, recevoir le statut consultatif spécial et soumettre des communications écrites et des pétitions.  La Liste est réservée aux ONG qui ne rentrent dans aucune de ces deux catégories et qui ont plutôt tendance à travailler d’une manière plus technique et/ou restreinte.  Elles ne peuvent soumettre au Conseil économique et social que des communications écrites.

Le Comité chargé des ONG poursuivra ses travaux demain, mercredi 30 janvier, à partir de 10 heures.

Examen des rapports quadriennaux présentés par les ONG dotées du statut consultatif auprès de l’ECOSOC

Le Comité a reporté sa décision sur plusieurs rapports d’ONG.  La Presbyterian Church (USA) (États-Unis) a été priée par la Chine de respecter le nom de « Taïwan-province de Chine » sur son site Internet.  La Turquie a voulu que The Law Society (Royaume-Uni) donne plus d’informations sur ses projets sur les droits et l’autonomisation des femmes.  Quelles sont les activités d’United Nations Watch (Suisse) contre le racisme et de la discrimination? a demandé Cuba.

Pourquoi World Organization of the Scout Movement (Suisse), World for World Organization (États-Unis) et Young Women’s Christian Association of Australia (Australie) parlent-elles de Taïwan comme d’un pays? a questionné la Chine qui a demandé à ces ONG de corriger « leur erreur ».  Qu’a fait Center for Development of Civil Society (Arménie) pour les réfugiés et les minorités ethniques entre 2014 et 2017? a voulu savoir la Turquie

La Chine a demandé à Amnesty International (Royaume-Uni) de donner quelques exemples des informations qu’elle reçoit des gouvernements.  Est-ce que l’ONG reçoit des commentaires de la part des gouvernements après qu’elle a publié ses rapports?  La même délégation a prié Asian Forum for Human Rights and Development (Philippines) de prendre au sérieux les questions du Comité et de respecter le nom de « Taïwan-province de Chine ».  La Chine a aussi demandé à Freedom House (États-Unis) des éclaircissements sur sa position sur Taïwan et le Tibet. 

La Chine a voulu qu’Habitat International Coalition (Pays-Bas) respecte le nom de Hong-Kong-Région autonome de Chine.  Se faisant plus directe vis-à-vis de Human Rights Watch (États-Unis), elle a dit à l’ONG de cesser d’utiliser le terme « Taïwan ».  La Chine a rappelé à l’International Press Institute (États-Unis) que le respect du terme « Taïwan-province de Chine » est un « préalable » à l’examen des rapports.  Les rapports de cette ONG couvrant les périodes 2001 à 2004; 2005 à 2008; 2009 à 2012; et 2013 à 2016 ont été bloqués pour les mêmes raisons. 

Quels sont les projets d’International Service for Human Rights (Suisse) en Amérique du Nord et en Europe? a demandé la Chine.  Comment fait Lawyers for Lawyers (Pays-Bas) pour travailler à l’étranger?  Où est-elle présente?  La Chine a reproché à Lawyers’ Rights Watch Canada (Canada) et à Open Society Institute de présenter Taïwan comme un pays.  La Fédération de Russie a noté que cette ONG n’a même pas répondu à l’une des questions posées précédemment sur ses activités et ses projets en Ukraine avant, pendant et après les événements de fin 2013 à début 2014.

People’s Solidarity for Participatory Democracy (République de Corée) a été priée par la Chine d’utiliser le nom « Taïwan-province de Chine » et « Tibet-Région autonome de Chine ».  Les rapports quadriennaux de 2005 à 2008 de Reporters Sans Frontières International (France) font encore référence à Taïwan comme pays, s’est impatientée la Chine, en parlant du site Internet de l’ONG.  Nous examinons les rapports, a fait observer le Mexique, surpris par les remarques de la Chine qui a précisé qu’elle commente aussi le rapport couvrant la période 2013 à 2016.  Rosa-Luxemburg-Stiftung - Gesellschaftsanalyse und Politische Bildung e.V (Allemagne) a pour objectif notamment le développement socioéconomique mais elle ignore la Commission du développement social, a noté la Fédération de Russie.  Pourquoi ne participe-t-elle pas aux travaux de la Commission?

La Chine a demandé à Scholars at Risk Network (États-Unis) d’expliquer comment elle apporte son aide « aux intellectuels menacés ».  Dans quels pays sont-ils?  Quels sont les projets de Society for Threatened Peoples (Allemagne)? a voulu savoir la Chine.  Quels en sont leurs résultats?  La même délégation a aussi voulu en savoir plus sur les projets d’Unitarian Universalist Service Committee (États-Unis) en Asie. 

Comment World Organisation Against Torture (Suisse) peut préserver son indépendance si elle reçoit des fonds de plusieurs gouvernements? a demandé la ChineWorld Vision International (Royaume-Uni) a également été priée par la Chine d’expliquer sa « Campagne internationale pour la santé ».  Les questions doivent se limiter aux rapports examinés, a souligné le Mexique.

Dialogue avec les ONG

International Youth Committe (Inde) a expliqué que sa mission est notamment de fournir un appui à l’éducation, au leadership et à la création d’un réseau mondial de la prochaine génération de leaders mondiaux.  Quelle est la nature de nos projets chez nous? a demandé le Pakistan.  Où est basé votre siège? a poursuivi l’Inde.  Comment êtes-vous parvenus à 30 000 membres? a voulu savoir le Nigéria qui a demandé une réponse écrite contenant également des explications sur un budget « si petit ».  Nous n’avons pas de bureau au Pakistan mais des « ambassadeurs », a répondu l’ONG qui a dit envisager de travailler directement dans le monde.  Elle a confirmé qu’elle a bien une adresse en Inde, à New Delhi.  Quant à ses membres, ils peuvent adhérer sur Internet et pour ce qui est du budget, l’ONG a dit travailler avec des partenaires qui prennent en charge les dépenses des « ambassadeurs », surtout pour les réunions internationales.  Pourquoi la contribution des gouvernements n’est pas budgétisée? a demandé le Nigéria?  Vos projets sont-ils financés par les gouvernements ou menés avec les gouvernements? a voulu savoir le Mexique.  Avez-vous plusieurs catégories de membres? s’est interrogée Cuba.  

Examen des demandes de statut consultatif

L’Inde a demandé à Afrikaanse Forum vir Burgerregte (Afrique du Sud) la date, les domaines prioritaires et les bénéficiaires de ses projets.  Elle a aussi voulu des détails très précis sur le projet relatif à la sécurité.  La Turquie s’est interrogée sur les bénéficiaires, les résultats et le financement des projets d’Asamblea Permanente por los Derechos Humanos La Matanza (Argentine).  L’Inde a demandé des explications sur le nouveau partenariat entre Association Of Professional Social Workers And Development Practitioners (Inde) et « Pendjab Energy Agency » pour la réalisation des objectifs de développement durable.  Les États-Unis se sont interrogés sur l’identité des donateurs de Belarusian Fund of Peace (Bélarus). 

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