Le Forum sur les forêts achève ses travaux: le Président espère plus de « coopération » et de « communication » pour faire résonner les messages du FNUF

ECOSOC/1949
10 mai 2019
Quatorzième session, 10e séance – matin

Le Forum sur les forêts achève ses travaux: le Président espère plus de « coopération » et de « communication » pour faire résonner les messages du FNUF

Le Forum des Nations Unies sur les forêts (FNUF) a conclu, ce matin, les travaux de sa quatorzième session, qui était centrée sur les aspects techniques de la mise en œuvre du Plan stratégique des Nations Unies sur les forêts (2017-2030).  À une époque où la planète perd en moyenne 13 millions d’hectares de couvert forestier par an, le Président de la session a émis le souhait que les travaux du FNUF soient beaucoup plus visibles, tant au sein des Nations Unies qu’en dehors.

Le Plan stratégique sur les forêts offre un cadre global d’action pour, d’une part, assurer une gestion durable de tous les types de forêts et des arbres en général, et d’autre part, mettre un terme à la déforestation et à la dégradation des forêts.  Adopté en avril 2017 par l’Assemblée générale, il repose sur six objectifs et 26 cibles, qui sont, comme l’ont rappelé tous les intervenants cette semaine, directement liés à ceux du Programme de développement durable à l’horizon 2030.

Comme l’a souligné le Président de cette session, M. Boris Greguška (Slovaquie), au-delà de l’importance des forêts pour le développement durable et de l’impact que peuvent avoir la dégradation des forêts et la déforestation sur les émissions de gaz à effet de serre, leur gestion durable doit être perçue dans toutes les enceintes et par le public mondial comme « la meilleure solution » dans le cadre des transformations nécessaires pour garantir l’avenir des futures générations.

Par conséquent, il va falloir encore plus de « coopération » et de « communication » pour faire résonner les messages du FNUF et rendre son travail beaucoup plus visible non seulement au sein des Nations Unies, mais aussi en dehors.

Rappelons que les forêts couvrent actuellement plus de 30% de la surface terrestre.  Environ 1,6 milliard de personnes, soit 25% de la population mondiale -dont 70 millions d’autochtones-, en dépendent pour vivre. 

Achevant leur semaine de travaux, les délégations sont revenues, ce matin, sur la proposition d’ouvrir un bureau du Réseau mondial de facilitation du financement forestier à Beijing, dont les coûts de fonctionnement seraient entièrement pris en charge par la Chine.

Le Brésil, la Bolivie, l’Algérie et l’Argentine font partie des délégations qui ont soutenu cette initiative qui, à leurs yeux, renforcerait le secrétariat du FNUF.  C’est également l’argument avancé par la Chine, qui y voit en outre un moyen pour apporter le meilleur soutien possible aux pays en développement et à ceux en transition.  Dans un souci de transparence, la Chine a fourni des éléments d’information sur le financement de ce bureau au secrétariat du FNUF, lequel les a transmis aux délégations.  La Chine a ainsi réfuté l’idée qu’il y aurait « des éléments cachés ou des surprises », comme le laissaient sous-entendre certaines délégations lorsque ce point avait été abordé plus tôt au cours de cette session.

Le dernier point à l’ordre du jour de la session était l’examen du Fonds d’affectation spéciale du FNUF, qui constitue un outil essentiel de promotion et de mise en œuvre du Plan stratégique des Nations Unies sur les forêts.  Certaines délégations, comme les États-Unis et la Fédération de Russie, se sont toutefois réservé le droit de mettre fin à leurs contributions en cas de transfert d’autorité du FNUF et de son Fonds dans le contexte de la réforme du Département des affaires économiques et sociales (DAES).  D’autres, comme la Suisse et l’Australie, ont saisi cette occasion pour appeler à renforcer le secrétariat du FNUF pour qu’il dépende moins de consultants externes.

Pour finir, le Forum a recommandé au Conseil économique et social (ECOSOC), dont il est une commission technique, d’adopter deux projets de texte, l’un* qui fixe les dates de sa quinzième session (4 au 8 mai 2020), et l’autre**, l’ordre du jour provisoire de cette session.  Le Forum a également adopté son projet de rapport sur la quatorzième session***.

Enfin, le Forum sur les forêts a ouvert puis suspendu sa quinzième session, pour reconduire son Président, M. Boris Greguška, de la Slovaquie, ainsi que les membres de son bureau qui avaient été élus l’an dernier pour un mandat de deux ans « pour assurer une certaine continuité entre les sessions techniques et les sessions politiques du Forum », comme l’a expliqué M. Greguška. 

* E/CN.18/2019/L.2
** E/CN.18/2019/L.1
*** E/CN.18/2019/L.3

SUIVI, ÉVALUATION ET RAPPORTS

M. MAHONEY (Australie) est revenu sur la proposition du groupe CANZ (Canada, Australie et Nouvelle-Zélande) sur la publication phare du FNUF ainsi que sur les résultats de la réunion de réflexion sur cette proposition qui a eu lieu mercredi 9 mai sous la présidence de l’Australie.  La révision de la proposition a été distribuée au secrétariat du FNUF.  Elle souligne que la priorité pour cette publication est de communiquer clairement et efficacement sur les raisons pour lesquelles les forêts sont fondamentales pour le développement durable, mais également sur les objectifs mondiaux ayant trait aux forêts et à leur gestion durable, sur les lacunes dans les politiques actuelles et les défis, et sur le rôle essentiel de la mise en œuvre du Plan stratégique des Nations Unies sur les forêts dans le contexte des objectifs de développement durable.  Le recours aux médias sociaux y est également encouragé pour promouvoir l’envoi de messages clefs à une audience aussi large que possible.

La proposition demande en outre une feuille de route et un calendrier pour les publications.  La réunion de réflexion, qui se tiendra en 2021 en République de Corée, serait une « occasion en or » pour lancer cette publication phare.  Dans le cadre de ce processus, le secrétariat pourrait mettre en place un comité consultatif pour accompagner les travaux sur cette publication et tous les États Membres devraient avoir la possibilité d’y contribuer et de prendre connaissance de l’état d’avancement des travaux sur la publication phare.  En conclusion, le représentant de l’Australie a demandé au secrétariat du FNUF de bien vouloir inclure cette proposition dans son résumé de session.

MOYENS DE MISE EN ŒUVRE: PROGRÈS ACCOMPLIS AU TITRE DES ACTIVITÉS ET DU FONCTIONNEMENT DU RÉSEAU MONDIAL DE FACILITATION DU FINANCEMENT FORESTIER, ET RESSOURCES DISPONIBLES

M. REMAOUN (Algérie) a dit souhaiter que la réforme du Département des affaires économiques et sociales (DAES) ait un impact positif sur le FNUF.  Il a rappelé la position du Groupe des États d’Afrique qui avait insisté pour que ladite réforme permette de renforcer le FNUF.  Il a dit accorder du prix au bon fonctionnement du Réseau mondial de facilitation du financement forestier, avant de remercier la Chine pour avoir accepté d’accueillir un bureau du Réseau à Beijing.  Il a dit espérer que l’accord entre l’ONU et la Chine serait signé au plus vite, et que cela se passerait dans la transparence totale, conformément aux opérations menées par les Nations Unies dans d’autres pays.  Il a souhaité voir ledit bureau opérationnel d’ici à la fin de l’année. 

M. MORALES (Argentine) a aussi dit appuyer l’installation d’un bureau du Réseau mondial de facilitation du financement forestier à Beijing, arguant qu’il est important de renforcer l’institutionnalisation du Réseau, notamment au vu de son importance pour les pays du Sud.

M. CHHETRI (Népal) a souligné que certains pays ont besoin d’un partenariat et d’un appui particulier pour gérer de façon durable leurs forêts, citant en particulier les pays les moins avancés et les pays en développement sans littoral.  Il a donc plaidé pour un appui international au bénéfice de ces pays, tout en demandant la mobilisation des ressources nécessaires en faveur du FNUF afin qu’il puisse mieux assister les pays qui en ont besoin. 

M. CLAURE (Bolivie) a souligné qu’une fois renforcé, le secrétariat du FNUF pourrait mieux appuyer les pays qui ont besoin de soutien.  Il s’est félicité de la proposition de la Chine d’héberger un bureau du Réseau mondial de facilitation du financement forestier à Beijing, rappelant en outre que cette initiative ne devrait engendrer aucune dépense au secrétariat du FNUF. 

Mme MELCHERT (Brésil) a aussi dit soutenir le Réseau mondial de facilitation du financement forestier, tout en apportant le soutien de son pays à l’installation du bureau de Beijing.

Mme KARR-COLQUE (États-Unis) a rappelé que le rôle du Réseau mondial de facilitation du financement forestier est de soutenir les financements des pays n’ayant pas souvent accès aux fonds pour la gestion durable des forêts.

M. LACKIN (Suriname) a rappelé l’importance d’un soutien accru en faveur de pays comme le sien qui ont un faible taux de déforestation et qui, de ce fait, préservent les forêts au bénéfice du reste de l’humanité. 

M. SOUST (Uruguay) a déclaré appuyer la création du bureau de Beijing, tout en demandant que la communauté internationale joue son rôle en aidant les pays à préserver leurs forêts.  Il a indiqué que l’Uruguay avait fait d’énormes efforts en matière de conservation de ses forêts, mais que le soutien escompté par le pays n’avait pas été reçu.

Mme MOTOYAMA (Japon) a estimé qu’il fallait évaluer les coûts-bénéfices de l’installation du bureau de Beijing, avant de suggérer que toute dépense liée à ce bureau soit couverte par la Chine.

M. DAS (Inde) a rappelé qu’à la treizième session du FNUF, des États avaient émis des réserves sur la question du bureau de Beijing, mais ils n’avaient pas eu assez de temps pour discuter de la question.  Il était notamment demandé au DAES de fournir des détails sur l’installation du nouveau bureau.  De même, à la présente session, des délégations ont demandé s’il y avait des problèmes avec le secrétariat actuel du Réseau mondial de facilitation du financement forestier pour justifier la mise en place d’un nouveau bureau.  Il a estimé que si les détails avaient été fournis en temps opportun, alors les délégations auraient eu le temps d’informer leur capitale pour avis.  Il a aussi demandé des précisions sur le mandat dudit bureau.  Pourquoi ne pas renforcer ce bureau au sein même du secrétariat du FNUF? a-t-il aussi demandé avant d’inviter le secrétariat à répondre aux préoccupations des délégations. 

M. REMAOUN (Algérie) a repris la parole afin de préciser que si le bureau de Beijing était ouvert, cela n’entraînerait pas de coût additionnel pour le secrétariat.  Il a aussi souligné combien le Réseau est une question importante pour les pays en développement.

M. GUO YUFU (Chine) a relevé que le secrétariat avait déjà répondu aux préoccupations exprimées ce jour par certaines délégations.  Il a rappelé que son pays appuie la création du bureau pour renforcer les capacités du secrétariat et fournir le meilleur soutien possible aux pays en développement et ceux en transition.  Il a réitéré que toutes les dépenses seront couvertes par son pays.  De plus, pour garantir la transparence, le représentant a dit que la Chine avait fourni des informations sur le financement du bureau au secrétariat, lequel les a transmises aux délégations.  Le représentant ne croit pas qu’il y ait « des éléments cachés ou des surprises », a-t-il dès lors exprimé, avant de remercier les délégations qui ont apporté leur soutien à la création du bureau.  La Chine souhaite qu’il soit opérationnel au plus vite. 

M. SAHAKYAN (Arménie) a dit soutenir la création du bureau du Réseau à Beijing, car « cela donnera de nouvelles possibilités aux pays en développement ». 

NOUVEAUX PROBLÈMES ET ENJEUX (E/CN.18/2019/2)

M. ANDERSON (Suisse) a porté l’attention des membres du FNUF sur le fait que 2018 avait été l’année des évènements climatiques les plus extrêmes: « une année statistiquement catastrophique ».  L’Europe essaye de réagir à cette nouvelle réalité à travers son outil paneuropéen, a indiqué le représentant, qui a espéré voir aborder cette question lors de la quinzième session du FNUF.  L’Europe partagera ses informations avec le FNUF, a-t-il ajouté. 

FONDS D’AFFECTATION SPÉCIALE À L’APPUI DU FORUM DES NATIONS UNIES SUR LES FORÊTS (E/CN.18/2019/7)

M. ANDERSON (Suisse) a dit que la Suisse est ravie d’avoir contribué au Réseau mondial de facilitation du financement forestier au fil des ans.  La délégation a demandé au secrétariat du FNUF de présenter les fonds reçus pour 2019, car cela n’apparaît pas dans la note du secrétariat.  Elle a également demandé que l’on renforce certaines capacités au sein du secrétariat pour éviter d’avoir à recourir aux consultants externes, notamment pour la rédaction du résumé de la présidence.  La Suisse examinera la question de ses contributions au Fonds encore davantage, et espère que le secrétariat a pris bonne note de ses réflexions en ce qui concerne la publication phare.

La Fédération de Russie a rappelé que le pays soutient de longue date les travaux du FNUF pour que celui-ci puisse bien exécuter son mandat.  Contribuant sur une base annuelle au Fonds, et non pas par le biais de contributions pré-affectées, le représentant a néanmoins fait part de ses préoccupations par rapport aux potentielles répercussions de la réforme du DAES en termes de transfert d’autorité du FNUF et de son Fonds.  Par conséquent, la Fédération de Russie se resserve le droit de mettre fin à ses contributions, a annoncé le représentant.

M. SIXIAN ZHENG (Chine) a souligné l’importance du Fonds d’affectation spéciale du FNUF auquel la Chine a fourni des contributions volontaires au fil des ans.  Cette année, sa contribution sera de 350 000 dollars et elle continuera à fournir des administrateurs auxiliaires (Junior Professional Officers) pour appuyer le secrétariat du FNUF.  La Chine espère que de plus en plus de membres contribueront à ce Fonds pour faciliter la mise en œuvre du plan de travail quadriennal du FNUF.

M. MAHONEY (Australie) est revenu sur les besoins de fonds extrabudgétaires pour la préparation du rapport phare du FNUF.  Il a annoncé une contribution de son pays à hauteur de 50 000 dollars à cet effet.  La délégation partage le point de vue de la Suisse qu’il faut être prudent quant à l’utilisation de consultants par le secrétariat du FNUF.

Mme KARR-COLQUE (États-Unis) a rappelé que son pays était l’un des contributeurs les plus fidèles à ce Fonds.  La délégation est confiante que le secrétariat prendra les bonnes décisions sur les priorités de financements par ce Fonds.  Elle a soutenu la déclaration de la Fédération de Russie selon laquelle il faut s’assurer que toute réforme du DAES n’aura pas d’incidence sur le Fonds d’affectation.

Mme OH KYUNGMI (République de Corée) a expliqué que son pays, en tant que membre du FNUF qui a contribué tous les ans à son Fonds d’affectation, a encouragé les États Membres à faire de même pour faciliter la mise en œuvre du Plan stratégique des Nations Unies sur les forêts.  Elle a noté avec préoccupation que le niveau des contributions pour 2018 avait baissé.

Répondant aux observations des délégations, la représentante du secrétariat du FNUF, Mme AFSA KEMITALE-ROTHSCHILD, a expliqué que pour 2019, le FNUF n’avait reçu à ce stade que des promesses de contributions, à l’exception de la Suisse.  Pour ce qui est des coûts liés aux consultants, elle a expliqué que le secrétariat est très compact et dépend de consultants pour s’acquitter des volets techniques relatifs au Réseau mondial de facilitation du financement forestier.  Elle a néanmoins précisé que le résumé de la présidence du FNUF est préparé en interne.

M. BALDAUF (Allemagne) a rebondi sur cette intervention en rappelant avoir fait une promesse de contributions pour cette année et pour 2020.  La délégation a expliqué qu’elle soutient le Réseau mondial « parce que son potentiel est gigantesque » en matière de promotion de stratégies nationales sur les forêts.  En outre, l’Allemagne tient à renforcer le Partenariat de collaboration sur les forêts, « qui a aussi beaucoup de potentiel », à travers son soutien au secrétariat du FNUF.  La délégation a insisté en outre sur l’importance du soutien aux grands groupes pour le FNUF-15.

Projet de rapport

Le Président du FNUF-14, M. BORIS GREGUŠKA (Slovaquie), a présenté le rapport de la session aux délégations, les invitant à donner leur avis sur le document directement au secrétariat du FNUF au plus tard la semaine suivant la fin des travaux. 

Mme POLIAKOVA (Ukraine) s’est félicitée de l’initiative proposée par les délégations de l’Australie, du Canada et de la Nouvelle-Zélande concernant la publication phare.  Elle a aussi exprimé son soutien à la création du centre d’échange.

Mme KARR-COLQUE (États-Unis) a demandé que le rapport mentionne plus explicitement le fait que le résumé de la présidence n’est pas un document négocié.  Dans les domaines du suivi, de l’évaluation et des rapports, elle a déclaré que le calendrier proposé dans le rapport pour élaborer un nouveau modèle de rapport volontaire était trop serré.  Elle a donc demandé que la question soit plutôt examinée lors des prochaines sessions.

Le représentant de l’Australie a demandé que la proposition de sa délégation concernant la portée et la présentation de la publication phare soit annexée au rapport de la quatorzième session du FNUF.

Les États-Unis, l’Union européenne, l’Algérie, l’Ukraine, l’Inde, l’Australie, la Norvège, le Nigéria, ainsi que le Canada au nom du CANZ (Canada, Australie et Nouvelle-Zélande), après avoir fait des commentaires verbalement, ont promis de transmettre leurs propositions d’amendements en temps voulu.  De même pour l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). 

 

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