Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU: 17 octobre 2019

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17 octobre 2019

Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU: 17 octobre 2019

(La version française du Point de presse quotidien n’est pas un document officiel des Nations Unies)

Ci-dessous les principaux points évoqués par M. Farhan Haq, Porte-parole adjoint de M. António Guterres, Secrétaire général de l’ONU:

Yémen

L’Envoyé spécial du Secrétaire général pour le Yémen, M. Martin Griffiths, a indiqué, ce matin, aux membres du Conseil de sécurité qu’il y avait une lueur d’espoir pour le peuple yéménite.  Toutefois, a-t-il nuancé, cet espoir fragile a besoin de l’attention soutenue de la communauté internationale pour se concrétiser.

M. Griffiths a ensuite mis l’accent sur la volatilité de la situation dans le sud du pays, où le calme restauré à Aden demeure selon lui précaire.  Toutefois, l’Envoyé spécial a noté qu’aucun combat de grande envergure n’avait eu lieu dans les zones de conflit durant la période.  Il a interprété cette évolution comme un gage de la retenue dont font preuve les parties sur le terrain et leurs dirigeants.

M. Griffiths a salué l’initiative prise par Ansar Allah de suspendre toutes les attaques de drones et de missiles balistiques contre l’Arabie saoudite, ainsi que la diminution des violences qui s’en est suivie.

L’Envoyé spécial s’est également félicité de la libération de 290 détenus par Ansar Allah.  Il s’est dit reconnaissant envers le Gouvernement du Yémen pour avoir autorisé des navires de ravitaillement en carburant à entrer dans Hodeïda.

Lors de cette réunion, le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence, M. Mark Lowcock, a indiqué que les agents humanitaires venaient en aide, chaque mois, à plus de 12 millions de personnes au Yémen.  Pourtant, a-t-il déclaré, plus nous leur venons en aide, plus le problème semble devenir complexe.

M. Lowcock a souligné que le niveau de violence s’était amélioré par rapport au mois d’octobre.  Cependant, a-t-il ajouté, toutes les parties doivent respecter leurs obligations en vertu du droit international humanitaire, notamment en matière de protection des civils et infrastructures civiles.

Le Secrétaire général adjoint a indiqué que l’accès humanitaire restait extrêmement difficile, en particulier dans le nord du pays, où les agences doivent faire face à plus de 100 restrictions imposées par Ansar Allah, en plus du harcèlement fréquent et des tentatives d’ingérence dont elles font l’objet.

Dans l’après-midi, le Conseil de sécurité devait se réunir pour discuter de l’Opération hybride Union africaine-Nations Unies au Darfour (MINUAD).

Syrie

L’ONU continue d’être gravement préoccupée par la situation dans le nord-est de la Syrie, où les combats ont mis en danger des civils.

Bien que les chiffres exacts ne puissent pas être confirmés, depuis le 9 octobre, l’Organisation estime qu’au moins 160 000 personnes ont été déplacées par les violences dans les zones situées autour de Tell Abiad et de Ras al-Ain.  La plupart des personnes ayant pris la fuite séjournent à l’heure actuelle chez des parents ou dans des communautés d’accueil.

Près de 20 000 individus ont fui des camps pour personnes déplacées sur la zone de front pour se rendre dans des camps plus au sud, jugés davantage en sécurité, et environ 5 000 personnes ont été transférées dans des abris collectifs.  Environ 1 000 personnes ont fui le pays en Iraq.

Malgré cette situation difficile, l’ONU et les organisations humanitaires continuent de fournir de l’aide et des services de base aux personnes dans le besoin, là où l’accès le permet.  Quoique le personnel des Nations Unies demeure stationné dans le nord-est de la Syrie, certaines ONG partenaires ont évacué leur personnel international de la zone, en raison de la persistance des combats et de l’insécurité.  D’autres ONG ont dû suspendre temporairement leurs opérations.

Le Secrétaire général a insisté pour que toute action dans le nord-est garantisse la protection des civils et des infrastructures civiles, ainsi qu’un accès humanitaire durable, sans entraves et sûr aux civils dans le besoin, notamment par la voie transfrontalière.  L’objectif, a-t-il insisté, est de permettre à l’ONU et à ses partenaires de continuer à mener à bien leurs travaux humanitaires essentiels dans la zone.

Déplacements de la Vice-Secrétaire générale

La Vice-Secrétaire générale de l’ONU, Mme Amina J. Mohammed, se rendra, ce week-end, dans la Corne de l’Afrique pour une mission de solidarité conjointe des Nations Unies et de l’Union africaine (UA) sur les femmes, la paix et la sécurité et le développement.  Il s’agit de la troisième visite de ce type coorganisée avec l’UA.

La délégation, qui se rendra dans plusieurs pays de la région, s’entretiendra notamment avec des chefs d’État et de gouvernement, des hauts responsables gouvernementaux, des femmes dirigeantes, des femmes déplacées et migrantes, le personnel des Nations Unies et des représentants de la société civile.  Leurs discussions porteront sur les priorités communes ONU-UA concernant la participation des femmes aux efforts visant à faire progresser la paix, la sécurité et le développement durable dans la région.

Après la mission conjointe, la Vice-Secrétaire générale se rendra au Soudan aux côtés de hauts responsables de l’ONU, y compris à Khartoum et au Darfour, où elle rendra visite à la MINUAD, à El Fasher.  Lors de son séjour au Soudan, la Vice-Secrétaire générale s’entretiendra avec le Président, le Premier Ministre, des ministres et hauts fonctionnaires, la société civile et des femmes dirigeantes du pays.  Leurs discussions porteront sur la collaboration des Nations Unies avec le Soudan en matière de développement économique et souligneront l’importance du leadership des femmes.

La Vice-Secrétaire générale sera de retour à New York le 29 octobre.

Afghanistan

Les chiffres publiés aujourd’hui par la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) font apparaître un nombre record de victimes civiles au troisième trimestre 2019.

Au total, au cours des neuf premiers mois de l’année, la MANUA a enregistré 8 239 victimes civiles, dont 2 563 morts et 5 676 blessés.

Au cours du dernier trimestre, la MANUA a enregistré un nombre sans précédent de victimes civiles, en hausse de 42% par rapport à la même période en 2018.

Déjà, en juillet dernier, la MANUA avait déjà rapporté le plus grand nombre de victimes civiles jamais enregistré en un seul mois.

L’ONU réitère son appel à toutes les parties au conflit pour qu’elles respectent systématiquement leurs obligations de protéger les civils, en vertu du droit international humanitaire.

Philippines

Au moins deux personnes ont été tuées et des dizaines d’autres blessées, hier, lorsqu’un tremblement de terre de magnitude 6,3 a frappé certaines parties de Mindanao, aux Philippines.

Les habitants des zones côtières ont quitté leurs villages après le tremblement de terre, craignant des tsunamis potentiels, et sont rentrés chez eux aujourd’hui.

Les agences gouvernementales sont en train de procéder à des évaluations rapides et de fournir des abris temporaires et un soutien psychosocial aux familles touchées.  Il s’agit du quatrième séisme à avoir causé des morts ou des blessés aux Philippines cette année.

Coordonnateurs résidents

Le Secrétaire général a nommé deux nouveaux coordonnateurs résidents des Nations Unies pour la Côte d’Ivoire et le Zimbabwe, après confirmation par leurs gouvernements respectifs.

M. Philippe Poinsot, de la France, sera coordonnateur résident en Côte d’Ivoire et Mme Maria do Valle Ribeiro, de l’Irlande, au Zimbabwe.

En tant que coordonnateurs résidents, ils renforceront la coordination du développement entre les agences, fonds et programmes des Nations Unies pour aider les pays à atteindre les objectifs de développement durable.  La parité hommes-femmes est de mise parmi les coordonnateurs résidents, dans 162 pays et territoires.

Coupes budgétaires

Le siège à Vienne a rendu compte des efforts accomplis pour réduire les coûts.  Comme dans les autres lieux d’affectation, les voyages officiels seront dorénavant limités, les achats de biens et services, reportés, et des mesures d’économie d’énergie visant à réduire les factures, mises en œuvre.

Il n’y aura pas de services d’interprétation ou de documentation pour les réunions non prévues au calendrier.  Les comptes rendus analytiques seront retardés et ne seront rédigés qu’en cas de ressources internes.  Les limites de mots des mandats seront strictement appliquées à tous les documents parlementaires.

Il n’y aura aucune commande de fournitures de bureau, de biens, de services, de mobilier et d’équipements informatiques.  Les services de courrier seront réduits.  Les services de sécurité ne seront fournis pour aucune réunion ou événement se déroulant en-dehors des heures de travail, à moins que ces services ne soient couverts par des ressources extrabudgétaires.

Haïti

Mme Audrey Azoulay, Directrice générale de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), a condamné le meurtre du journaliste haïtien, Néhémie Joseph, survenu le 10 octobre.

Elle a exhorté les autorités à ne ménager aucun effort pour enquêter sur ce crime et veiller à ce que toutes les personnes impliquées soient traduites en justice.

Néhémie Joseph, reporter à la radio et présentateur des stations de radio haïtiennes Panic FM et Méga, a été retrouvé dans le coffre de sa voiture après avoir été abattu par des assaillants inconnus.

Mme Azoulay a déclaré que les journalistes et les médias apportent une contribution indispensable à la démocratie et que les gouvernements doivent donner la priorité à leur protection.

Union postale

Lors d’une rencontre avec le Président américain Donald Trump à la Maison blanche le 15 octobre, le Directeur général de l’Union postale universelle, M. Bishar Hussein, a montré la lettre révoquant la décision des États-Unis de se retirer de l’UPU.

Par la suite, M. Hussein a remercié le Président Trump et s’est déclaré convaincu que le maintien du système postal mondial constitue une victoire pour tous les habitants de la planète.

Pauvreté

La Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté est marquée, cette année, par un appel à « agir ensemble pour donner aux enfants, à leurs familles et à leurs communautés les moyens de mettre fin à la pauvreté ».  Le thème a été choisi pour coïncider avec le trentième anniversaire de la Convention relative aux droits de l’enfant.

Dans son message pour la Journée, le Secrétaire général a rappelé que les enfants courent deux fois plus de risques de vivre dans l’extrême pauvreté que les adultes.  Ils vivront également avec les conséquences dévastatrices des changements climatiques si les ambitions ne sont pas revues à la hausse dès maintenant.

L’accès à des services sociaux de qualité doit être une priorité, a déclaré le Secrétaire général.  Pourtant, aujourd’hui, près des deux tiers des enfants ne bénéficient pas d’une couverture de protection sociale.

Le Secrétaire général a appelé à s’engager de nouveau pour atteindre l’objectif de développement durable no 1 et promouvoir une mondialisation juste qui fonctionne pour tous les enfants, leurs familles et leurs communautés.

Nomination

Aujourd’hui, le Secrétaire général s’est félicité de la décision de l’Assemblée générale d’approuver la nomination de Mme Fatoumata Ndiaye, du Sénégal, comme Secrétaire générale adjointe aux services de contrôle interne pour un mandat de cinq ans, non renouvelable.  Elle succède à Mme Heidi Mendoza, des Philippines, à laquelle le Secrétaire général exprime sa gratitude pour son dévouement envers l’Organisation.

Elle apporte à son nouveau poste une expérience de plus de 24 ans dans l’audit, les investigations et l’évaluation, conjuguée à de vraies connaissances de la supervision et de la coordination des ressources humaines, des finances, du budget, de la technologie de l’information, des services administratifs et des opérations.

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