Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU: 15 octobre 2019

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15 octobre 2019

Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU: 15 octobre 2019

(La version française du Point de presse quotidien
n’est pas un document officiel des Nations Unies
)

Ci-dessous les principaux points évoqués par M. Stéphane Dujarric, Porte-parole de M. António Guterres, Secrétaire général de l’ONU:

Haïti

Le Chef du Département des Opérations de paix, M. Jean-Pierre Lacroix, a fait ce matin un exposé au Conseil de sécurité dans le contexte de la fin, aujourd’hui même, du mandat la Mission des Nations Unies pour l’appui à la justice en Haïti (MINUJUSTH).  Il a déclaré que la fin du maintien de la paix en Haïti marquait le début d’un nouveau partenariat entre le pays et l’ONU.  C’est une occasion, a-t-il ajouté, de s’assurer que l’ONU fournit au peuple haïtien le bon soutien, au bon moment.

M. Lacroix a également estimé que le peuple haïtien est pris dans un cercle vicieux, en l’absence de gouvernement confirmé.  Or sans gouvernement, les tâches essentielles, telles que l’élaboration d’un budget ou l’organisation d’élections législatives sont impossibles à réaliser.  On se trouve donc dans une impasse, a-t-il dit. 

Alors que l’appel du Président Jovenel Moïse au dialogue national et à la formation d’un gouvernement d’union a été considéré par l’opposition comme une proposition jugée comme étant « trop peu, trop tard », M. Lacroix a toutefois considéré, lui, que faire du départ du Président une condition préalable au dialogue laissait peu de place à la négociation.  Cependant, la formation d’un tel gouvernement pourrait bien permettre de trouver les solutions politiques durables dont nous avons désespérément besoin, a-t-il dit.

En ce qui concerne les progrès réalisés au cours des 15 dernières années, M. Lacroix a mentionné, entre autres, l’appui de l’ONU au système de justice et le développement de la Police nationale haïtienne, qui ont permis de réduire de près de 50% le taux d’homicides.  Aujourd’hui, toutes les communes d’Haïti ont une police nationale à temps plein, le nombre d’officiers étant passé de 2 500 en 2004 à 15 400 aujourd’hui. 

Syrie

Depuis le début de l’escalade de la violence dans le nord-est de la Syrie la semaine dernière, des équipes du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) ont aidé quelque 31 800 personnes. 

Le HCR a annoncé avoir distribué des couvertures et autres articles de première nécessité à quelque 20 250 personnes réparties dans trois camps de personnes déplacées ainsi qu’à 11 550 autres vivant dans des abris communaux à Hassaké et à Tell Tamr. 

Le HCR a également envoyé une aide supplémentaire à Qamichli, notamment des couvertures pour 52 000 personnes, des bâches en plastique pour 15 000 personnes et des lampes solaires pour 20 000 personnes.  Dans le même temps, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a annoncé l’arrivée de centaines de Kurdes syriens en Irak à la suite de leur départ de la Syrie ces derniers jours.

Le Programme alimentaire mondial (PAM), quant à lui, a fourni une aide alimentaire immédiate à plus de 83 000 personnes fuyant des villes du nord-est de la Syrie.  Le PAM a la capacité de toucher plus de 450 000 personnes avec une seule cargaison de colis alimentaires prêts à consommer.

Depuis le début de l’offensive turque le 9 octobre dans le nord de la Syrie, le Haut-Commissariat aux droits de l’homme recense chaque jour un certain nombre de victimes civiles, causées soit par des frappes aériennes, soit par des frappes au sol ou de tirs isolés.  L’agence s’est dit consternée par les informations selon lesquelles de nouveaux attentats ont eu lieu dans des installations médicales, une caractéristique particulière et persistante du conflit en Syrie.  Elle a appelé à une enquête approfondie sur l’ensemble de ces incidents. 

Afghanistan

La Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) a rendu public un rapport spécial traitant des conséquences sur les civils des violences électorales.  D’après ce document, la plupart de ces actes de violence sont attribuables à la campagne délibérée des Taliban pour perturber le déroulement de la dernière élection présidentielle en Afghanistan.

Les conclusions de la MANUA indiquent que les attaques visant le processus électoral ont fait 458 victimes civiles, soit 85 personnes tuées et 373 autres blessées.  Rien qu’au jour du scrutin, c’est-à-dire le 28 septembre, ces violences ont fait 277 victimes, dont 28 tués et 249 blessés.  Plus du tiers des victimes civiles sont des enfants.

Le rapport documente non seulement les torts causés aux civils par la violente offensive des Taliban, mais met également en évidence un schéma d’enlèvements, de menaces, d’intimidations et de harcèlement perpétrés par les Taliban contre des civils pendant les élections. 

Burkina Faso

Les attaques armées et l’insécurité continuent de toucher certaines parties du nord, de l’est et du centre du Burkina Faso, provoquant des déplacements forcés et une augmentation du nombre de personnes ayant besoin de protection et d’assistance.

À ce jour, 486 000 personnes ont été déplacées, contre 80 000 environ en janvier.  Cette crise de déplacement est devenue l’une des plus aigües en Afrique cette année. 

Des centaines de milliers de personnes ont accès à des quantités suffisantes d’eau et de nourriture.  La violence armée et l’insécurité ont également décimé les services de santé et d’éducation.  Plus de 68 centres de santé ont été contraints de fermer, privant plus de 800 000 personnes de soins de santé.  Plus de 2 000 écoles ont également été fermées, plaçant plus de 300 000 élèves en situation de ne plus pouvoir aller à l’école. 

Par ailleurs plus de 500 personnes auraient été tuées entre janvier 2018 et septembre 2019.

Le plan révisé d’intervention humanitaire, lancé en août dernier prévoyait 187 millions de dollars pour venir en aide à 1,3 million de personnes, mais il n’est à ce jour financé qu’à 35%.

Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF)

Selon un nouveau rapport de l’UNICEF, un nombre alarmant d’enfants souffrent des conséquences d’une mauvaise alimentation et d’un système alimentaire qui les négligent.  Dans son rapport sur les enfants, l’alimentation et la nutrition, l’Agence a constaté qu’au moins un tiers des enfants de moins de cinq ans, soit plus de 200 millions, est soit sous-alimenté, soit en surpoids.

Près de deux tiers des enfants âgés de six mois à 2 ans ne sont pas nourris avec des aliments qui soutiennent leur corps et leur cerveau en croissance rapide.  Cela les expose à un développement médiocre du cerveau, à un faible apprentissage, à une faible immunité, à une hausse des infections et, dans de nombreux cas, à la mort, selon le rapport.

Équateur

Le Secrétaire général de l’ONU, qui suit de près l’évolution de la situation en Équateur, s’est félicité des progrès réalisés dans le processus de dialogue, tels qu’ils sont rapportés par l’Équipe des Nations Unies en Équateur et la Conférence épiscopale.

Tunisie

Le Secrétaire général félicite le peuple tunisien pour avoir organisé une élection présidentielle pacifique.  Il enverra très prochainement une lettre de félicitations au Président élu M. Kaïs Saïed

Nomination

Le Secrétaire général a nommé M. Mamadou Diallo, de la Guinée, au poste de Représentant spécial adjoint du Bureau intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix en Guinée-Bissau.  Il sera également coordonnateur résident des Nations Unies dans le pays.

Il succède à l’Australien David Mc Lachlan-Karr, à qui le Secrétaire général exprime sa reconnaissance pour le dévouement avec lequel il a œuvré au cours de son mandat. 

Femmes rurales

Aujourd’hui, est célébrée la Journée internationale de la femme rurale.  Le thème de cette année est « Les femmes et les filles des zones rurales développent la résilience aux changements climatiques ».

Dans son message pour l’occasion, le Secrétaire général a déclaré qu’alors que les femmes et filles vivant en milieu rural constituent l’épine dorsale de nombreuses communautés, elles continuent de se heurter à des obstacles qui les empêchent de réaliser leur potentiel.  De plus, les effets dévastateurs des changements climatiques ajoutent à leurs difficultés.

Dans le même temps, les femmes et filles vivant en milieu rural constituent un référentiel de connaissances et de compétences pouvant aider les communautés et les sociétés à s’adapter aux conséquences des changements climatiques grâce à des solutions basées sur la nature et sobres en carbone, a-t-il déclaré, soulignant qu’il était essentiel de les écouter et d’amplifier leurs voix afin de résoudre ce problème.

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