Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU: 12 juillet 2019

Dbf190712
12 Juillet 2019

Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU: 12 juillet 2019

(La version française du Point de presse quotidien n’est pas un document officiel des Nations Unies)

Ci-dessous les principaux points évoqués par M. Farhan Haq, Porte-parole adjoint de M. António Guterres, Secrétaire général de l’ONU:

Déplacements du Secrétaire général

Le Secrétaire général est, aujourd’hui, en visite à Beira, dans le nord du Mozambique, pour faire le point sur les efforts de relance dans les zones touchées par le passage des cyclones Idai et Kenneth, en mars et avril derniers.

Dans le cadre de cette visite, M. Guterres s’est rendu à l’École du 25 juin, dans le quartier de Munhava, où il a pu constater en personne les dégâts causés par les catastrophes dans les salles de classe, dont beaucoup sont désormais dépourvues de toit, mais demeurent opérationnelles.  Le Secrétaire général a également visité des salles de classe équipées contre les ouragans et construites avec le soutien d’ONU-Habitat, qui ont, elles, bien résisté aux cyclones.  Il a encouragé les étudiants à poursuivre leurs études et leur a promis que leurs salles de classe seraient reconstruites.  À la suite de sa visite de l’école, M. Guterres a tweeté: « j’ai le cœur brisé de voir des enfants recevoir une éducation dans une salle de classe sans toit ».

Le Secrétaire général s’est ensuite rendu au centre de réinstallation de Mandruzi, où il a rencontré les résidents et participé à un groupe de discussion avec des responsables femmes.  Le centre a été conçu par le Gouvernement comme une solution durable au lendemain du passage des cyclones.  Il abrite actuellement environ 375 familles, qui bénéficient chacune d’une parcelle de terrain.  Le Secrétaire général a informé les habitants de la zone que sa visite avait pour but de recueillir le soutien de la communauté internationale, afin qu’ils obtiennent l’aide dont ils ont besoin pour reconstruire leur vie.  M. Guterres a demandé aux habitants quels étaient leurs besoins et leur a indiqué qu’une aide plus pérenne en matière de santé, d’éducation et d’énergie était en route.

Avant de rentrer à Maputo, le Secrétaire général a donné une conférence de presse dans un entrepôt du Programme alimentaire mondial (PAM).  Il a souligné à cette occasion le courage et la résilience des habitants du Mozambique, qui reconstruisent leur vie après tant de pertes en vies humaines et de destructions.  L’ONU ne vous abandonnera pas, a-t-il promis, ajoutant que l’Organisation avait besoin du soutien accru de la communauté internationale.

Bien que le Mozambique ne contribue pas beaucoup aux changements climatiques, le pays subit de plein fouet ses effets, a déclaré le Secrétaire général.  Que ce soit aux Tuvalu, à la Dominique ou au Mozambique, les personnes les plus vulnérables aux changements climatiques sont les moins responsables du réchauffement de la planète, a-t-il ajouté, en référence à ses récents voyages.  M. Guterres a de nouveau exhorté les États Membres à faire en sorte que la température ne dépasse pas 1,5°C d’ici à la fin du siècle.  Il faudra pour cela une volonté politique forte afin de prendre des mesures audacieuses, a-t-il affirmé.

Le Secrétaire général sera de retour à New York lundi soir prochain.

Syrie

Dans une déclaration publiée hier soir, Le Secrétaire général condamne fermement les frappes aériennes qui affectent actuellement les civils dans le nord-ouest de la Syrie, y compris celles contre des infrastructures médicales et le personnel de santé.

Les civils et infrastructures civiles, dont les installations médicales, doivent être protégés.  Les parties au conflit doivent honorer leurs obligations en vertu du droit international humanitaire.  Les auteurs de violations graves du droit international humanitaire doivent être tenus pour responsables.

Le Secrétaire général réitère son appel urgent au maintien du mémorandum d’accord de septembre 2018 sur Edleb.

Yémen

Le Bureau de la Haut-Commissaire aux droits de l’homme s’est dit aujourd’hui profondément alarmé par le fait que la Cour pénale spécialisée de première instance des autorités de facto à Sanaa, la capitale du Yémen, ait condamné 30 personnes à la peine de mort.  Les 30 hommes, dont la plupart sont des universitaires, des étudiants et des politiciens affilés au Parti Islah très critique envers les houthistes, ont été condamnés mardi dernier.

Le Bureau de la Haut-Commissaire a reçu des informations crédibles selon lesquelles beaucoup de ces condamnés ont fait l’objet d’une détention arbitraire ou illégale, ainsi que d’actes de torture et de mauvais traitements.

Le Bureau croit comprendre que les condamnations et les peines feront l’objet d’une procédure d’appel et appelle la Cour d’appel à un procès juste et équitable.  L’ONU s’oppose à la peine de mort en toutes circonstances.

Somalie

Les agences humanitaires indiquent qu’en Somalie, quelque 5,4 millions de personnes pourraient être en insécurité alimentaire à la fin de l’année.  Près de la moitié de ces personnes, qui font face à une crise et à des niveaux alarmants d’insécurité alimentaire, ont besoin de toute urgence d’une aide et d’une intervention.  Quelque 1,2 million d’enfants seraient malnutris cette année.

La longue sécheresse, le conflit armé, les déplacements et la multiplication des expulsions des déplacés plongent une nouvelle fois la Somalie dans une urgence humanitaire majeure.

Le Gouvernement somalien, avec l’appui de l’ONU et des organisations humanitaires, met en œuvre le Plan de réponse à l’impact de la sécheresse d’une valeur de 686 millions de dollars pour aider 4,5 millions de Somaliens jusqu’à la fin de l’année.

Ebola

Lundi prochain à Genève, le Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), M. Tedros Ghbreyesus, et le Coordonnateur des secours d’urgence, M. Mark Lowcock, convoquent une manifestation de haut niveau sur l’état de préparation et la riposte à l’épidémie d’Ebola.

La manifestation sera l’occasion pour le Gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC), l’ONU, la société civile, les donateurs et les autres partenaires d’évaluer le niveau de l’épidémie et la riposte et de discuter des mesures à prendre pour les six prochains mois.

Ce sera une occasion pour la communauté internationale de réaffirmer son engagement au principe zéro cas d’Ebola et d’appuyer la riposte politiquement et financièrement.

Au total, l’OMS compte 2 451 personnes infectées par Ebola, dont près de 1 650 ont perdu la vie.

La manifestation sera diffusée en direct à la Télévision des Nations Unies et quelques participants devraient répondre aux questions de la presse.

Mali

La Représentante spéciale pour le sort des enfants en temps de conflit armé, Mme Virginia Gamba, est au Mali cette semaine.

À Bamako, elle a lancé sa nouvelle campagne « Agir pour protéger les enfants affectés par les conflits » avec des membres du Gouvernement malien, des représentants d’ONG et le corps diplomatique.

Au Mali, « Agir pour protéger » travaillera à l’amélioration de la sensibilisation de l’opinion publique et de la protection des enfants.

Libye

Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) lancent un appel à l’Union africaine et à l’Union européenne pour qu’elles préviennent une autre tragédie comme celle du 3 juillet dernier où plus de 50 réfugiés et migrants ont été tués par une frappe aérienne au centre de détention de Tajoura dans l’est de Tripoli, la capitale libyenne.  Les deux agences soulignent que la protection de la vie humaine doit être une priorité indiscutable.

Les deux agences demandent d’abord que les 5 600 réfugiés et migrants détenus actuellement dans les centres du pays soient libérés et que leur protection soit garantie ou qu’ils soient évacués vers d’autres pays.

Le HCR et l’OIM soulignent aussi que la détention de ceux qui ont débarqué en Libye après avoir été secourus en mer doit cesser, notant que des alternatives pratiques existent comme la vie dans une communauté ou dans des centres ouverts.

Feux/inondations

La région de l’Arctique a connu des feux de forêts inhabituels depuis le début du mois de juin, selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM).

Plus de 100 feux de forêts intenses et persistants ont été signalés dans le cercle de l’Arctique.  En Alaska et en Sibérie, certains incendies étaient suffisamment étendus pour couvrir presque 100 000 terrains de football.

Les conditions chaudes et sèches inédites ont contribué à la propagation des feux de forêts.  L’Alaska a été frappée par son deuxième mois de juin le plus chaud, et des records de 32 degrés Celsius ou 90 degrés Fahrenheit, il y a une semaine.  Dans certaines parties de la Sibérie, la température moyenne du mois de juin a été supérieure d’environ 10 degrés Celsius à la normale.

L’OMM prévient que le Nord se réchauffe plus vite que le reste de la planète.  La chaleur assèche les forêts et les rend plus vulnérables aux incendies.

Les feux de forêts rejettent aussi du dioxyde de carbone dans l’atmosphère, contribuant au réchauffement de la planète.  Rien qu’au mois de juin, les incendies dans l’Arctique ont rejeté 50 mégatonnes de dioxyde de carbone, ce qui équivaut à la totalité des émissions annuelles de la Suède.

Compte tenu de ces risques, l’OMM a lancé un système d’avis et d’alerte sur la pollution par la fumée et les incendies de végétation (VFSP-WAS) pour harmoniser les prévisions et mieux cartographier leurs impacts à l’échelle du globe.  

Conseil économique et social (ECOSOC)

Ce matin, le Forum politique de haut niveau de l’ECOSOC a examiné les progrès dans la réalisation de l’objectif 13 du Programme de développement de développement à l’horizon 2030, relatif à l’action climatique, y compris dans le cadre du sommet prévu pour le mois de septembre.  Cette session thématique a évalué les progrès et les problèmes dans l’émancipation des peuples et l’instauration de l’inclusivité et de l’égalité dans les pays les moins avancés et les pays en développement sans littoral.  Les changements climatiques et les risques associés représentent un fardeau supplémentaire pour les ménages et les fonds publics.

Cet après-midi, le Forum entend examiner les progrès dans la réalisation de l’objectif 16 relatif à la justice et à des institutions fortes.

À l’intention des organes d’information • Document non officiel.