Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU: 15 mai 2019

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15 mai 2019

Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU: 15 mai 2019

(La version française du Point de presse quotidien
n’est pas un document officiel des Nations Unies
)

Ci-dessous les principaux points évoqués par M. Stéphane Dujarric, Porte-parole de M. António Guterres, Secrétaire général de l’ONU:

Voyage du Secrétaire général

Le Secrétaire général se trouve actuellement aux Fidji, où il a pris part, aujourd’hui, au Forum des îles du Pacifique.  À cette occasion, M. Guterres a indiqué aux dirigeants de la région qu’il était venu constater par lui-même l’ampleur des pressions qu’exerce le climat dans le Pacifique et se renseigner sur les efforts des communautés pour renforcer leur résilience.

« Je sais que les communautés insulaires du Pacifique ont réagi activement aux difficultés d’aujourd’hui et aux dangers de demain.  Vous vous appuyez en cela sur une riche tradition d’adaptation et de connaissances écologiques traditionnelles », a-t-il salué, félicitant les gouvernements de la région pour avoir remis en cause le statu quo et s’être placés à l’avant-garde des négociations mondiales sur le climat.

Le Secrétaire général a également évoqué la nécessité de lutter contre la pollution marine.  « Nous disposons des feuilles de route, des cadres et des plans.  Ce dont nous avons désormais besoin, c’est de l’urgence, de la volonté et de l’ambition », a-t-il affirmé, rappelant qu’il avait convoqué dans cette perspective un sommet sur le climat, en septembre prochain.  Ce sommet doit démontrer les avantages de l’action climatique au bénéfice de tous, a insisté M. Guterres, tout en réaffirmant la détermination de l’ONU à soutenir la réponse des îles du Pacifique aux changements climatiques et à inverser les tendances négatives qui mettent en péril leur culture et leur existence même.

Le Secrétaire général, qui a également manifesté son soutien dans un tweet, s’est félicité de l’engagement de Mme Angela Merkel, la Chancelière allemande, à faire en sorte que l’Allemagne mette fin à l’intégralité de ses émissions de carbone d’ici à 2050.

M. Guterres a également participé à une conférence de presse avec le triumvirat du Forum des îles du Pacifique, composé du Président de Nauru et des Premiers Ministres de Samoa et Tuvalu, ainsi qu’avec le Secrétaire général du Forum.  Il a souligné à cette occasion que le message collectif de la région du Pacifique n’était pas un message de générosité, mais de détermination.  « Ce que nous demandons, ce n’est pas de la solidarité ou de la générosité.  C’est un engagement personnel et éclairé de la part de l’ensemble des décideurs du monde », a-t-il déclaré, « car ce n’est pas seulement le Pacifique qui est en jeu, mais la planète toute entière ».

En marge du Forum, M. Guterres s’est également entretenu avec un certain nombre de dirigeants de la région.

Demain, jeudi 16 mai, le Secrétaire général s’adressera au Parlement fidjien, ainsi qu’aux jeunes de l’Université du Pacifique Sud.

Golfe Persique

Le Secrétaire général a déclaré suivre avec une inquiétude croissante les incidents récents et le changement de ton dans la région du golfe Persique, qui risquent, selon lui, de déstabiliser davantage une situation déjà instable.

M. Guterres a notamment condamné les récentes attaques contre des navires de commerce au large des Émirats arabes unis.  Il a insisté sur la nécessité d’enquêter de manière plus approfondie pour établir les faits et mettre en lumière la responsabilité des auteurs.

Le Secrétaire général a condamné également les attaques de drones contre des installations pétrolières en Arabie saoudite, revendiquées par les houthistes.  Il a rappelé que des attaques prenant pour cible des infrastructures civiles constituaient une violation du droit international humanitaire.

M. Guterres a, enfin, appelé tous les acteurs à faire preuve de la plus grande retenue et à s’abstenir de toute action risquant d’entraîner une escalade dans le contexte actuel de montée des tensions.

Moncef Kartas

Depuis la précédente déclaration de M. Dujarric, le 12 avril dernier, concernant l’arrestation et la détention par les autorités tunisiennes, le 26 mars 2019, de M. Moncef Kartas, membre du Groupe d’experts sur les sanctions du Conseil de sécurité en Libye, le Gouvernement tunisien a remis à l’Organisation des documents concernant les poursuites entamées à l’encontre de M. Kartas.

Après un examen attentif des documents, l’ONU a officiellement informé le Gouvernement tunisien qu’elle réaffirmait le statut d’immunité dont jouit M. Kartas dans le cadre de la procédure engagée à son encontre par les autorités du pays.  L’Organisation a ainsi demandé sa libération immédiate, ainsi que l’abandon des charges retenues contre lui.

Les Nations Unies demeurent très préoccupées par le maintien en détention de M. Kartas et par les poursuites engagées à son encontre par les autorités tunisiennes, en violation des privilèges et immunités qui lui ont été accordés dans l’intérêt de l’Organisation.  L’ONU demande au Gouvernement tunisien de libérer immédiatement M. Kartas.

L’Organisation continuera de dialoguer avec le Gouvernement du pays sur cette question grave.

Libye

L’Agence des Nations Unies pour les migrations signale que, depuis le début du mois d’avril 2019, près de 70 000 personnes ont été déplacées à la suite des affrontements à Tripoli et aux alentours.

Environ 3 300 réfugiés et migrants sont ainsi pris au piège dans des centres de détention situés au beau milieu ou à proximité des combats.  De plus, leur accès à la nourriture, à l’eau et aux soins de santé est sévèrement limité en raison du conflit.

Yémen

M. Martin Griffiths, l’Envoyé spécial du Secrétaire général pour le Yémen, a signalé aujourd’hui au Conseil de sécurité qu’Ansar Allah avait entamé, entre le 11 et le 14 mai, le redéploiement de ses forces depuis les ports de Hodeïda, Salif et Ras Issa, sous la supervision de l’ONU.  Il a précisé que le général de corps d’armée Michael Lollesgaard et son équipe de la Mission des Nations Unies en appui à l’Accord sur Hodeïda (MINUAAH) étaient présents dans chacun des trois ports pour surveiller et vérifier les différents redéploiements.  Les forces militaires d’Ansar Allah ont bel et bien quitté Hodeïda, Salif et Ras Issa, a-t-il confirmé.

M. Griffiths a averti que ces redéploiements, qui n’en sont qu’à leur phase initiale, devaient s’accompagner d’actions concrètes de la part des parties pour s’acquitter de leurs obligations, en vertu de l’Accord de Stockholm.

M. Mark Lowcock, le Coordonnateur des secours d’urgence, a, quant à lui, mis en garde le Conseil concernant le spectre de la famine au Yémen.  M. Lowcock a notamment souligné que 10 millions de Yéménites dépendaient toujours de l’aide alimentaire d’urgence pour survivre.  Il a ajouté qu’une nouvelle épidémie de choléra avait déjà touché 300 000 personnes cette année, comparé à 370 000 en 2018.

Les combats ont également eu des conséquences sur les opérations humanitaires, dans la mesure où de nombreuses routes principales sont désormais impraticables, a poursuivi M. Lowcock, de sorte que les voyageurs, agences humanitaires et commerçants dépendent désormais d’une mosaïque de petites routes et de cols de montagne, traversant souvent des zones dangereuses truffées de points de contrôle.

Mme Henrietta Fore, la Directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), a, de son côté, rappelé au conseil que, depuis le début des combats au Yémen il y a quatre ans, 7 300 enfants avaient été tués ou gravement blessés.  Chaque jour de conflit, a-t-elle ajouté, huit nouveaux enfants sont tués, blessés ou recrutés par les parties.  Toutes les 10 minutes, a-t-elle ajouté, un enfant meurt d’une cause évitable.  (Voir communiqué de presse CS/13809)

Soudan

Au Soudan, l’Opération hybride Union africaine-Nations Unies au Darfour (MINUAD) a condamné un incident survenu hier dans son camp de Geneina, dans l’ouest du Darfour, lorsqu’une foule incontrôlable est entrée de force dans le camp, pillant les propriétés, vandalisant les locaux et mettant gravement en danger la vie des personnels de l’ONU.

Parmi la foule, se trouvaient des individus revêtus d’uniformes de la police et de l’armée soudanaises.  La Mission a déclaré que ces actes constituaient une violation flagrante des normes internationales régissant la présence de soldats de la paix de l’ONU dans le monde.

Le Représentant spécial conjoint de la Mission, M. Jeremiah Mamabolo, a appelé les autorités compétentes à traduire en justice les membres du personnel en uniforme qui auraient pris part à ces pillages.

La Mission a déployé des troupes supplémentaires à Geneina pour renforcer les mesures de protection avant le transfert prévu du camp au Gouvernement soudanais, qui a eu lieu plus tôt dans la journée.

Secrétaire général adjoint/Réduction des risques de catastrophe

La réunion de cette année de la Plateforme mondiale pour la réduction des risques de catastrophe se déroule actuellement à Genève.

Dans un message vidéo adressé à la réunion, la Vice-Secrétaire générale, Mme Amina J. Mohammed, a déclaré que la nécessité de lutter contre les changements climatiques et la réduction des risques de catastrophe augmentait de jour en jour, de même que l’appel à l’action du public.

Elle a déclaré que les changements climatiques contribuaient à la montée des phénomènes météorologiques extrêmes, nuisibles à l’emploi, à la nourriture et l’eau.

Mme Mohamed a également souligné que la multiplication des catastrophes remettait en cause les efforts déployés pour réaliser les objectifs de développement durable.

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