Conseil de sécurité: l’Iraq décrit comme un pays aux défis énormes où les causes de l’enracinement de Daech perdurent

CS/13932
28 août 2019
8606e séance – matin

Conseil de sécurité: l’Iraq décrit comme un pays aux défis énormes où les causes de l’enracinement de Daech perdurent

Deux mois après sa visite « historique » en Iraq, où il a célébré la liberté et la souveraineté recouvrées, consécutivement à la défaite militaire de Daech, le Conseil de sécurité a entendu ce matin la Représentante spéciale du Secrétaire général parler d’un pays aux « défis énormes qui ne sont pas nés en une nuit et qui ne sont pas le seul fait de ses actions ».  Comme l’a résumé la Belgique, Daech a été vaincu mais les causes qui lui ont permis de se développer demeurent. 

La réalité est que le Gouvernement iraquien a besoin de temps pour surmonter les divers intérêts étroits et montrer les fruits de son travail, a plaidé la Représentante spéciale et Chef de la Mission d’assistance des Nations Unies pour l’Iraq (MANUI).  Mme Jeanine Hennis-Plasschaerts a affirmé qu’au plus haut niveau gouvernemental, les discussions portent sur l’amélioration de la gouvernance, de la gestion des revenus pétroliers, du climat des affaires et du secteur bancaire pour ouvrir la voie aux investissements étrangers directs et aux partenariats public-privé.  Elle a annoncé une « bonne nouvelle »: les progrès dans la formation du Gouvernement fédéral et du Gouvernement régional du Kurdistan ont imprimé un nouvel élan aux négociations entre Bagdad et Erbil et les attentes sont élevées, a-t-elle avoué, en citant Kirkouk, Sinjar et le partage des revenus pétroliers.

La consolidation des progrès exigeant une véritable réforme du secteur de la sécurité, toutes les délégations ont salué le décret 237 du Premier Ministre iraquien qui cherche à réunir l’ensemble des forces de mobilisation populaire sous le contrôle exclusif du Gouvernement.  Le décret prévoit que les groupes armés qui ne se soumettent pas à l’État seront déclarés illégaux et feront l’objet de poursuites, a précisé l’Iraq.  Toutefois, a prévenu la Représentante spéciale, le contexte régional reste « dangereux » et les tensions actuelles pourraient porter un coup énorme aux efforts visant à rebâtir un Iraq stable et prospère.  Nous avons toujours été préoccupés par les activités « diaboliques » de l’Iran et son impact déstabilisateur sur la région, y compris en Iraq, ont rappelé les États-Unis, « et les derniers évènements nous ont donné raison ».  Les tentatives d’attirer l’Iraq dans une confrontation artificielle sont contre-productives, a contré la Fédération de Russie.  Mon territoire, a prévenu l’Iraq, ne sera plus jamais utilisé par quelque force que ce soit pour menacer un État voisin.  Il a préféré mettre l’accent sur l’importance des relations avec l’Iran, « avec lequel nous partageons 140 000 km de frontière ».  L’Iraq a reçu le plein soutien de la France, qui a salué ses efforts pour faciliter un dialogue régional et conforter une diplomatie équilibrée.  Le pays est à la croisée des chemins et tout doit être fait, a pressé la France, pour qu’il ne redevienne pas l’un des théâtres d’un affrontement régional plus vaste.  À son tour, la Fédération de Russie a souligné l’importance qu’il y a à régler les crises par le dialogue.  Elle a exprimé sa disposition à collaborer avec tous les acteurs régionaux et internationaux.

La Chef de la MANUI a soulevé un autre problème, celui du rapatriement des combattants terroristes étrangers, y compris les membres de leur famille, de la Syrie à l’Iraq.  Nous ne connaissons toujours pas leur nombre et nous ne savons rien de la date du retour, des arrangements liés au contrôle et à la sécurité ou des sites d’accueil, a-t-elle avoué, avertissant que non réglée, cette question peut avoir un impact non seulement sur l’Iraq mais sur la région tout entière.  Elle a prôné un dialogue « structuré » pour définir précisément la manière dont le Gouvernement doit gérer le processus et la nature de l’aide que l’ONU peut apporter. 

Nous savons, a poursuivi la Chef de la MANUI, que les frustrations liées aux procès non équitables et aux abus dont sont victimes les détenus sont exploités par Daech pour alimenter son agenda de la violence.  Qu’on le veuille ou non, à l’heure actuelle, de nombreuses communautés se sentent marginalisées en Iraq et donc sensibles aux messages extrémistes.  Pour consolider la défaite de Daech et réussir à stabiliser les zones libérées, les États-Unis, qui opèrent en Iraq « à l’invitation du Gouvernement », ont dit accorder la priorité au rétablissement des services de base et aux infrastructures, dont une somme de 100 millions de dollars versée au Mécanisme pour le financement de la stabilisation, auquel le Gouvernement iraquien a promis quelque 33 millions de dollars.  Le Mécanisme, a révélé la Représentante spéciale, accuse toujours un déficit de 300 millions de dollars.  Quant au Plan d’aide humanitaire pour 2019, la Côte d’Ivoire a souligné qu’il n’a reçu que 41,1% des 701,2 millions demandés.  Le Pérou a, avec d’autres, salué la signature par l’ONU et le Gouvernement iraquien du Mémorandum d’accord sur la création d’un fonds d’affectation spéciale pour la reconstruction et le redressement de l’Iraq.

Le grand défi pour la communauté internationale et la MANUI est en effet de savoir comment aider au mieux l’Iraq après la défaite de Daech, a reconnu le Royaume-Uni.  Si cette défaite a été « une grande victoire » pour les forces armées iraquiennes, a souligné l’Iraq, il nous faut redoubler d’efforts pour détruire complètement les restes de cette organisation et éviter de créer un terreau fertile à une future génération de terroristes.  Il a dénoncé la difficulté de gérer la question des combattants terroristes étrangers avec les ambassades concernées, exhortant les États concernés à rapatrier leurs ressortissants et leurs enfants. 

LA SITUATION CONCERNANT L’IRAQ (S/2019/632) (S/2019/660)

Déclarations

Par visioconférence depuis La Haye, Mme JEANINE HENNIS-PLASSCHAERTS, Représentante spéciale du Secrétaire général et Chef de la Mission d’assistance des Nations Unies pour l’Iraq (MANUI), a rappelé « l’importance historique » de la visite que le Conseil de sécurité a effectuée le 29 juin dernier.  Le même jour en 2014, a-t-elle aussi rappelé, Daech proclamait son « califat ».  Un souvenir douloureux mais lorsque le Conseil est venu, nous avons célébré, a dit la Représentante spéciale, la liberté et la souveraineté iraquiennes et salué les énormes sacrifices consentis dans la lutte contre le groupe terroriste.  Après cette introduction, la Représentante spéciale est tout de suite passée aux problèmes financiers du Mécanisme de financement pour la stabilisation et du Plan d’aide humanitaire pour 2019 qui respectivement accusent un déficit de 300 et de 500 millions de dollars.  Consciente que les donateurs attendent du Gouvernement iraquien une contribution, la Représentante spéciale a indiqué que ce dernier vient de signer un accord de partage des coûts pour le Mécanisme. 

Le leadership iraquien, a-t-elle souligné, travaille sans relâche pour consolider les acquis engrangés à ce jour.  Les décennies de troubles continuent à avoir un impact sur le présent.  La réalité est que le Gouvernement a besoin de temps pour surmonter les divers intérêts étroits et pour montrer les fruits de son travail.  Les partis politiques et les autres acteurs doivent parvenir ensemble à placer les intérêts du pays avant toute chose.  Au bout du compte, il est clair qu’un gouvernement ne peut pas faire tout, tout seul.  C’est l’affaire de tous.  La bonne nouvelle, a poursuivi la Représentante spéciale, est que les progrès dans la formation du Gouvernement national et du Gouvernement du Kurdistan ont imprimé un nouvel élan aux négociations entre Bagdad et Erbil, comme en atteste la création du Comité conjoint de haut niveau.  Les attentes sont élevées, a-t-elle avoué, en citant Kirkouk, Sinjar et le partage des revenus pétroliers.  Les parties doivent comprendre qu’il vaut mieux renoncer aux « batailles budgétaires annuelles » et conclure un accord global et durable. 

Le Gouvernement, a-t-elle affirmé, comprend de mieux en mieux la nécessité d’élargir l’assiette des revenus au-delà des hydrocarbures et de renforcer le rôle du secteur privé dans des domaines comme les infrastructures ou la création d’emplois.  Au plus haut niveau, les discussions portent sur l’amélioration de la gouvernance, de la gestion des revenus pétroliers, du climat des affaires et du secteur bancaire pour ouvrir la voie aux investissements étrangers directs et aux partenariats public-privé. 

S’agissant de la politique régionale, le contexte reste dangereux, a prévenu la Représentante spéciale.  Il faut être lucide et reconnaître que les tensions actuelles pourraient porter un coup énorme aux efforts visant à rebâtir un Iraq stable et prospère.  Elle a salué la politique de tolérance zéro du Gouvernement face aux acteurs armés.  Il faudra faire plus, a-t-elle tout de même reconnu, dans la réforme du secteur de la sécurité et mettre sur pied rapidement le Mécanisme conjoint pour la sécurité.  Le rapatriement des combattants terroristes étrangers, y compris les membres de leur famille de la Syrie à l’Iraq, continue de poser de nombreux problèmes.  Nous ne connaissons toujours pas leur nombre, a reconnu la Représentante spéciale.  Nous ne savons rien de la date du retour, des arrangements liés au contrôle et à la sécurité ou des sites d’accueil.  Non réglée, cette question peut avoir un impact non seulement sur l’Iraq mais sur la région tout entière.  L’établissement des responsabilités et les procès équitables ne peuvent se limiter aux tribunaux.  Un dialogue structuré est nécessaire pour définir précisément la manière dont le Gouvernement doit gérer le processus et la nature de l’aide que l’ONU peut apporter. 

La Représentante spéciale a insisté sur l’importance des garanties pour la détention et les procès équitables.  Le respect des droits de l’homme va non seulement prouver l’engagement en faveur de la justice mais aussi jeter les bases de la réconciliation et de la cohésion nationales.  Nous savons, a-t-elle révélé, que les frustrations liées aux procès non équitables et aux abus dont sont victimes les détenus sont exploités par Daech pour alimenter son agenda de violence.  Qu’on le veuille ou non, à l’heure actuelle, de nombreuses communautés se sentent marginalisées et donc sensibles aux messages extrémistes, a prévenu la Représentante spéciale.  C’est la raison pour laquelle il faut à tout prix établir une présence permanente à Mossoul.  La Mission ouvrira d’ailleurs son bureau au début du mois de septembre. 

Malheureusement, a poursuivi la Représentante spéciale, la corruption ne peut être combattue en une fois et l’appel à la levée de l’immunité des parlementaires accusés d’indélicatesse est un pas dans la bonne direction.  S’agissant des élections, elle a dit craindre que l’amendement de la loi sur les élections provinciales ne disqualifie de nombreux électeurs, sans compter que la transparence et la responsabilité des institutions et processus électoraux ne sont pas suffisamment garanties.  Les élections prévues en avril 2020 doivent être libres, justes et crédibles, a martelé la Représentante spéciale qui a conclu sur les percées dans la question des nationaux du Koweït et d’États tiers portés disparus et des biens koweïtiens disparus.

L’Iraq, a-t-elle insisté, connaît des défis énormes qui ne sont pas nés en une nuit et qui ne sont pas seulement le fruit de ses actions.  Ces défis ne disparaîtront pas demain.  Les Iraquiens doivent pouvoir avancer dans l’unité avec à leur côté une communauté internationale engagée. 

Pour consolider la défaite de Daech et réussir à stabiliser les zones libérées, toutes les communautés en Iraq doivent se sentir en sécurité, a souligné M. JONATHAN R.  COHEN (États-Unis).  La sécurité, s’est-il expliqué, dépend de l’élimination des groupes armés et de leur remplacement, dans les zones libérées, par des forces de sécurité professionnelles qui répondent à Bagdad et renforcent l’état de droit.  Le représentant a salué le décret 237 du Premier Ministre iraquien qui cherche à réunir toutes les forces populaires de mobilisation sous le contrôle exclusif du Gouvernement.  Les États-Unis, a-t-il rappelé, ont toujours été préoccupés par les activités « diaboliques » de l’Iran et son impact déstabilisateur sur la région, y compris en Iraq.  Les derniers évènements nous ont donné raison, a estimé le représentant qui a souligné que les forces américaines opèrent à l’invitation du Gouvernement.  Nous continuons de donner la priorité au rétablissement des services de base et aux infrastructures dans les zones libérées.  Nous verserons, a ajouté le représentant, la somme de 100 millions de dollars au Mécanisme pour le financement de la stabilisation auquel le Gouvernement iraquien a promis quelque 33 millions de dollars.  Le représentant s’est félicité de l’amélioration des relations entre Bagdad et Erbil mais s’est dit préoccupé par les désaccords persistants sur le partage du pouvoir et des revenus pétroliers. 

M. JUERGEN SCHULZ (Allemagne) a salué l’accord de partage des coûts signé par Gouvernement iraquien.  Appelant ce dernier, à renforcer la participation des femmes à la gestion du pays, il s’est félicité des mesures prises contre la corruption, « indispensables » pour restaurer la confiance du public et des investisseurs.  Il a salué l’objectif de contrôler tous les groupes armés, avant de saluer la formation du Gouvernement du Kurdistan et l’amélioration des relations entre Kirkouk et Bagdad.  Il n’y aura pas de relèvement sans justice et il faudra rendre compte, en la matière, de la violence sexuelle et sexiste, a insisté le représentant qui a souligné l’importance de l’Équipe d’enquêteurs des Nations Unies chargée de concourir à amener Daech/État islamique d’Iraq et du Levant à répondre de ses crimes (UNITAD).  Nous espérons des procès équitables et un traitement juste des membres de Daech et de leurs familles, a prévenu le représentant.  Notant que l’Iraq est un des pays de la région les plus exposés aux changements climatiques, il a invité la Mission de l’ONU à se pencher sur les liens entre changements climatiques et sécurité. 

M. MANSOUR AYYAD SH.  A.  ALOTAIBI (Koweït) a tenu à féliciter la MANUI pour son travail et pour les progrès réalisés, y compris l’évolution de la situation concernant les nationaux koweïtiens disparus.  Notant que les relations bilatérales ont évolué positivement ces dernières années, il a estimé que cela va dans le sens de la coopération alors que le Koweït entend « tourner la page d’une histoire douloureuse ».  Le Koweït soutient le peuple iraquien car il a avec ce pays voisin des intérêts communs qu’il souhaite promouvoir, a souligné le représentant.  Il a également salué l’engagement pris par l’Iraq d’honorer tous les accords passés, au plan international, et de mettre en œuvre les résolutions du Conseil de sécurité.  Le Koweït, a poursuivi le délégué, est prêt à aider à la mise en œuvre de ces engagements, notamment ceux pris sur le plan humanitaire et relatifs aux Koweïtiens portés disparus en Iraq.  À cet égard, il s’est félicité de ce que les efforts déployés aient permis de déterminer le sort de 236 nationaux koweitiens disparus sur un total de 605.  Nous espérons que le sort de davantage de personnes disparues pourra être éclairci et que d’autres sites d’inhumation seront mis au jour », a-t-il dit .  Il a en revanche indiqué que, s’agissant des biens et des archives disparus, « les progrès sont maigres ».  En effet, a-t-il précisé, seuls 32 documents sur les quelque 120 000 qui appartenaient à l’Université et la Bibliothèque nationale du Koweït ont été retrouvés. 

Le représentant a d’autre part estimé que des progrès sont envisageables sur tous les plans en Iraq si le pays met en œuvre les programmes de réforme qu’il faut.  En matière de sécurité et de redressement économique, il a dit avoir constaté des avancées positives lors de la visite du Conseil de sécurité en juin dernier.  Il a enfin encouragé la MANUI à poursuivre son mandat afin de contribuer à la stabilisation de l’Iraq, appelant également les participants à la Conférence sur la reconstruction de l’Iraq à honorer leurs engagements. 

M. JOSÉ SINGER WEISINGER (République dominicaine) a reconnu les progrès réalisés sur le plan politique avec plusieurs postes ministériels qui ont été pourvus, mais a regretté qu’aucune femme n’ait été choisie, alors que deux candidates briguaient le poste de ministre de l’éducation.  En revanche, il s’est félicité de la nomination de trois femmes au Gouvernement régional du Kurdistan et une à la tête du Parlement de cette région.  Le représentant a espéré que les efforts pour améliorer les relations entre ce Gouvernement et le Gouvernement fédéral se poursuivraient en particulier en ce qui concerne les revenus tirés du pétrole et les accords relatifs à la sécurité.  M. Singer Weisinger a de plus apprécié les initiatives visant à attirer des investissements dans le pays, y voyant une occasion d’améliorer la qualité de vie des citoyens. 

Sur le plan de la sécurité, M. Singer Weisinger a salué la campagne antiterroriste résolument menée par les autorités nationales, mais a plaidé pour une meilleure coopération régionale et internationale pour lutter contre le terrorisme.  Sur le plan humanitaire, il a lancé un appel aux autorités pour qu’elles simplifient les démarches bureaucratiques et permettent ainsi aux organisations humanitaires de travailler.  Il a aussi salué le travail de coordination de la lutte antimine, ainsi que de la participation des femmes aux activités de déminage, notant à cet égard que les équipes sont composées à part égale d’hommes et de femmes.  Le représentant a également salué les progrès dans les enquêtes concernant les personnes disparues du Koweït, avant de conclure en appelant les pays impliqués à faire des efforts concrets pour dissiper les tensions et restaurer la stabilité.

M. TIEMOKO MORIKO (Côte d’Ivoire) a salué l’esprit de compromis qui a prévalu au sein de la classe politique iraquienne et qui a permis de pourvoir les postes ministériels vacants de la justice, de l’intérieur et de la défense.  Il a encouragé les acteurs politiques à poursuivre dans cette voie, en vue de la nomination d’une personnalité consensuelle à la tête du Ministère de l’éducation, dont la mission est cruciale, notamment dans les zones affectées par la guerre.  Il a aussi exhorté les autorités du pays à veiller à la prise en compte effective de la dimension genre dans leurs efforts de maintien et de consolidation de la paix. 

Le représentant a ensuite appelé la communauté internationale à poursuivre ses efforts pour la mobilisation des ressources nécessaires au financement du Plan d’aide humanitaire des Nations Unies pour 2019, dont seulement 41,1% des 701,2 millions demandés ont été réunis à ce jour.  En outre, M. Moriko s’est félicité de la coopération entre le Gouvernement fédéral et celui du Kurdistan, tout en souhaitant que le dialogue soit maintenu, afin de trouver des solutions mutuellement satisfaisantes aux questions du partage des ressources pétrolières et de la dette du Kurdistan.  Au sujet de la lutte contre Daech, il a plaidé pour un appui conséquent aux forces iraquiennes dont les capacités doivent renforcées.  Il a enfin insisté sur l’impératif d’établir les responsabilités pour les crimes commis par Daesh, conformément aux dispositions de la résolution 2379 (2017) du Conseil de sécurité, afin de garantir le droit des victimes, dans le cadre de procès équitables. 

M. MARC PECSTEEN DE BUYTSWERVE (Belgique) a salué le progrès concernant la formation d’un gouvernement fédéral.  Pour relever les nombreux défis, l’Iraq a besoin d’un gouvernement solide et inclusif, soutenu par des institutions solides et un service public performant.  Le représentant a appelé à la nomination de femmes à des postes de décisions.  Il a encouragé le Gouvernement à poursuivre ses efforts pour mettre en œuvre son programme.  Le décret exécutif 237 mettant les forces de mobilisation populaire sous le contrôle exclusif du Gouvernement, constitue une avancée importance dans la réforme du secteur de la sécurité.  La Belgique attend avec impatience une mise en œuvre rigoureuse de cet ordre par toutes les parties concernées, a indiqué le représentant qui a encouragé le Gouvernement iraquien à élaborer, signer et mettre en œuvre un plan d’action sur cette question, avec l’appui de la MANUI. 

D’autres défis importants demeurent à savoir la situation économique et l’environnement des affaires.  La fourniture de services de base à la population ainsi que la création d’emplois, sont des facteurs importants pour le soutien continu de la population.  En outre, étant donné la forte influence des effets des changements climatiques sur l’Iraq et sa population, il est souhaitable que la MANUI joue un rôle accru dans ce dossier, a suggéré le délégué.  La réconciliation est d’une importance primordiale en Iraq.  Elle doit se poursuivre et permettre aux familles de retourner dans leur communauté et de reprendre leur vie.  Enfin, a déclaré le représentant, le contexte sécuritaire et la réforme de ce secteur restent un défi pour les autorités.  Bien que Daech soit vaincu militairement, les causes qui lui ont permis de se développer demeurent.  Il faut tout faire pour éviter une résurgence, a demandé le délégué. 

M. PAUL DUCLOS (Pérou) a salué les progrès accomplis sur le plan politique, avec les postes ministériels qui ont été pourvus au sein du Gouvernement iraquien, mais s’est inquiété que celui de ministre de l’éducation n’ait pas été pourvu, disant souhaiter qu’une femme puisse l’occuper.  Le processus politique va de pair avec les progrès dans le redressement du pays sur le plan économique, a-t-il reconnu.  Il a salué la signature du Mémorandum d’accord sur la création d’un fonds d’affectation spéciale pour la reconstruction et le redressement de l’Iraq, par l’ONU et le Gouvernement iraquien, qui permettra de canaliser au mieux les fonds promis par la communauté internationale lors de la Conférence internationale sur le Koweït et d’attirer de nouveaux revenus, en complément de l’engagement du Gouvernement de lutter contre la corruption. 

Le représentant a de plus salué l’adoption du décret sur la mobilisation des forces de mobilisation populaire, afin de rendre la lutte contre Daech non équivoque, dans le cadre d’une campagne énergique de lutte antiterroriste.  Il a aussi apprécié les efforts du Gouvernement iraquien qui ont contribué aux efforts régionaux en faveur de la stabilité, ainsi que des progrès concernant les biens, les archives et les personnes disparues du Koweït.  Il a, enfin, salué les travaux de la MANUI et en particulier sa contribution à l’action humanitaire dans le pays.

Mme ANNE GUEGUEN (France) a déclaré que les efforts des autorités iraquiennes pour ouvrir une nouvelle page de leur histoire doivent être salués et encouragés.  C’est pourquoi, dans la continuité des élections, la nomination à trois des quatre postes ministériels vacants est une étape positive supplémentaire, a estimé la représentante.  L’adoption par le Premier Ministre du décret 237 qui vise à renforcer le contrôle de l’État sur les unités de mobilisation populaire participe également de cette dynamique de stabilisation, a-t-elle indiqué.  Les mesures de ce décret doivent désormais être mises en œuvre pour produire ses effets.  La consolidation de ces acquis est aujourd’hui essentielle à l’heure où l’Iraq est à la croisée des chemins.  Tout doit être fait pour que l’Iraq ne redevienne pas l’un des théâtres d’un affrontement régional plus vaste, au risque de remettre en cause tous les progrès réalisés au cours des derniers mois.  La France, a assuré la représentante, apporte son plein soutien aux efforts des autorités iraquiennes en vue de faciliter un dialogue régional et de conforter une diplomatie équilibrée. 

S’agissant de la menace de Daech, il y a urgence à parvenir à des accords sécuritaires et de gouvernance dans les territoires disputés, où le groupe terroriste tire profit du vide politico-sécuritaire pour se reconstituer.  Une attention particulière doit être portée aux zones libérées mais également aux conditions nécessaires pour permettre le retour volontaire, sûr et digne des déplacés internes dans leur localité d’origine.  La communauté internationale doit se tenir aux côtés des autorités iraquiennes dans ce contexte.  L’appui unanime du Conseil de sécurité à l’Iraq est la clef pour accompagner le pays à ce moment charnière.  Au-delà, la communauté internationale doit maintenir son appui notamment pour répondre aux besoins humanitaires, de stabilisation et de reconstruction du pays, a exhorté Mme Gueguen. 

M. JOB OBIANG ESONO MBENGONO (Guinée équatoriale) a apprécié les progrès accomplis en Iraq sur le plan politique et a espéré que le poste de ministre de l’éducation serait rapidement pourvu, estimant que la finalisation de la formation du Gouvernement était une étape fondamentale pour faire grandir la confiance et l’appui du peuple iraquien.  Il faut aussi pour cela une bonne gestion des revenus du pays, a-t-il ajouté en se félicitant à cet égard de l’attention portée par le Gouvernement à la lutte contre la corruption et l’amélioration de la transparence.  Il a recommandé de renforcer encore plus le Conseil suprême de lutte contre la corruption.  Le représentant a également salué la nomination de trois femmes à des postes de ministre au sien du Gouvernement de la Région du Kurdistan. 

Sur le plan de la sécurité, il a condamné les attaques asymétriques de Daech contre la population et les forces de sécurité nationales, en saluant les opérations menées par ces dernières pour nettoyer à grande échelle les zones libérées.  Il a recommandé de prendre les mesures nécessaires pour empêcher le retour des terroristes dans les lieux libérés et faciliter le retour des personnes déplacées ou réfugiées.  Les auteurs des crimes atroces doivent être en outre poursuivis, a-t-il ajouté.  Il s’est par ailleurs inquiété de la persistance des tensions régionales, appelant l’Iraq et ses voisins et alliés internationaux à prendre les mesures concrètes nécessaires pour les apaiser.  Le représentant a aussi abordé la question de l’insuffisance de fonds pour financer l’aide humanitaire, avant de parler du dossier des personnes et des biens koweïtiens disparus, sur lesquels il a dit attendre avec intérêt les résultats des tests ADN.  Enfin, il a salué la MANUI pour son soutien aux autorités iraquiennes dans leurs efforts de reconstruction du pays.

M. HAITAO WU (Chine) s’est réjoui de constater que l’Iraq tisse des relations amicales avec tous les pays voisins dans le souci d’apaiser les tensions.  À cette période cruciale de renforcement de la lutte contre le terrorisme et des efforts de reconstruction nationale, le représentant a exhorté la communauté internationale à appuyer les efforts iraquiens contre le terrorisme et pour la sécurité nationale.  Le contrôle par le Gouvernement iraquien des forces de sécurité doit être encouragé et nous devons aider l’Iraq à traduire en justice les terroristes, a-t-il insisté.  Il a dit l’importance pour la MANUI de soutenir le processus de réconciliation nationale.  Il n’a pas manqué de saluer l’amélioration des relations entre le Gouvernement fédéral et le Gouvernement régional kurde.  Il a aussi salué les avancées sur le partage des revenus pétroliers et concernant la signature d’un accord sur les recettes pétrolières et le Mémorandum d’accord entre la MANUI et l’Iraq sur la création du fonds d’aide à la reconstruction.  Il a invité la MANUI à continuer de jouer son rôle dans le respect strict de son mandat.

M. STEPHEN HICKEY (Royaume-Uni) s’est félicité de la signature par le Gouvernement iraquien d’un mémorandum d’accord visant à établir un fonds d’affectation pour la reconstruction du pays.  Pour le représentant, il faudrait que cette structure travaille en collaboration avec le Fonds de relèvement de la Banque mondiale.  Le grand défi pour la communauté internationale et de la MANUI, a-t-il dit, est de savoir comment aider au mieux l’Iraq après la défaite de Daech.  Le délégué s’est déclaré préoccupé par le fait que, comme l’a souligné la Représentante spéciale, il reste 1,7 million de déplacés en Iraq.  Trouver une solution durable à ce problème est essentiel, a-t-il souligné, saluant le travail effectué par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).  Cela devrait rester une priorité du Gouvernement, avec l’aide de la MANUI, a insisté le délégué, avant d’encourager les autorités iraquiennes à délivrer des documents à ces personnes.  Pour faciliter le retour des déplacés et éviter la résurgence du terrorisme, il a souligné l’importance d’un appareil sécuritaire stable et responsable.  À son tour, il salué la décision du Premier Ministre iraquien de placer les forces de mobilisation populaire sous le contrôle de l’État.  La population doit sentir que les conditions de sécurité sont réunies. 

Il importe également d’établir des institutions publiques indépendantes et fortes, a-t-il poursuivi.  À cet égard, le représentant s’est félicité de ce que la plupart des ministres du Gouvernement aient été désignés.  Il a cependant déploré le manque de femmes.  Dans le même ordre d’idée, il s’est réjoui de l’élection du Président de la région du Kurdistan et s’est réjoui de la présence d’un représentant du Gouvernement fédéral à son investiture.  S’agissant enfin des personnes et des biens koweïtiens portés disparus, il qualifié de bonne nouvelle l’identification récente des dépouilles exhumées en Iraq après les analyses d’ADN.  Il s’est dit convaincu que le Gouvernement iraquien continuera à travailler sur ce dossier. 

M. MUHSIN SYIHAB (Indonésie) a salué les efforts des autorités iraquiennes pour renforcer les relations avec les pays voisins, souhaitant aussi que la nomination des membres du Gouvernement soit bientôt terminée, et que des femmes soient choisies pour occuper des postes importants.  Il a relevé que les défis de stabilisation et de réhabilitation du pays restent complexes.  La situation reste fragile avec des forces de Daech qui sont restées actives et qui continuent d’attaquer les populations et les forces de sécurité.  Le représentant a insisté sur la coopération internationale dans la lutte contre le terrorisme et ses cellules.  Il a également dit soutenir l’effort du Gouvernement s’agissant de la réforme du secteur de la sécurité, notamment le décret qui place les forces de mobilisation populaire exclusivement sous le contrôle de l’État.  Si ces décisions sont appliquées, a expliqué le délégué, le Gouvernement aura la possibilité de gérer et de contrôler les armes et leur circulation, ce qui devrait à terme améliorer la situation sécuritaire dans le pays. 

M. Syihab a également demandé que l’assistance humanitaire soit convenablement financée, et que la communauté internationale continue d’y accorder une attention soutenue.  En ce qui concerne le retour des Koweïtiens et d’autres ressortissants de pays tiers d’Iraq, ainsi que des restes de ces derniers, il a salué le fait que les autorités iraquiennes aient restitué les restes de citoyens koweïtiens de Samaoua le 8 août dernier.

M. XOLISA MFUNDISO MABHONGO (Afrique du Sud) s’est félicité des progrès réalisés par l’Iraq pour renforcer la démocratie malgré les défis multiples.  La réconciliation nationale est essentielle pour éviter les problèmes et nous exhortons le Gouvernement fédéral et le Gouvernement régional du Kurdistan à améliorer leurs relations.  Sur le volet sécuritaire, le représentant a appuyé la pleine consolidation du contrôle de l’armée et les efforts visant à éradiquer les restes de Daech.  Il a, par ailleurs, exprimé son soutien aux efforts que l’Iraq continue de déployer sur la question des personnes et biens koweïtiens disparus.

M. DMITRY A.  POLYANSKIY (Fédération de Russie) a jugé d’emblée qu’il convient de défendre le renforcement de la sécurité et de la stabilité en Iraq.  Selon lui, beaucoup doit encore être fait par les nouvelles autorités pour consolider les acquis sur le plan politique.  Le représentant s’est félicité des désignations aux grands postes ministériels et a espéré que ce processus s’achèvera bientôt.  Il a également salué les efforts de relèvement économique et la volonté du Gouvernement iraquien de moderniser le secteur bancaire.  Pour le délégué, la stabilisation de l’Iraq a une importance cruciale pour toute la région, ce qui justifie que la communauté internationale lui vienne en aide.  Saluant les efforts déployés par la MANUI en matière de redressement et de réconciliation, il s’est félicité de la volonté affichée par les Iraquiens d’établir des relations de bon voisinage avec les pays de la région, à commencer par le Koweït.  Il s’est aussi félicité de la poursuite du dialogue entre Bagdad et Erbil, jugeant que le réchauffement des relations entre ces deux parties contribuera à améliorer la situation sécuritaire de l’Iraq.  « C’est seulement grâce à la coordination la plus large que l’on pourra combattre le fléau du terrorisme », a-t-il souligné, estimant essentiel que tous les acteurs impliqués en Iraq respectent la souveraineté du pays et se concertent avec Bagdad. 

Le représentant a déclaré suivre avec attention l’évolution de l’appareil sécuritaire iraquien et notamment l’intégration des forces de mobilisation populaire.  Il a soutenu les efforts des forces de sécurité iraquiennes pour assurer l’intégrité territoriale, tout en se disant inquiet de l’escalade des tensions dans le Golfe persique.  À ses yeux, les tentatives d’attirer le pays dans une confrontation artificielle sont contre-productives et menacent de fragiliser encore la situation et de mettre en péril les progrès accomplis au nom de la lutte antiterroriste.  Réaffirmant l’importance qu’il y a à régler les crises par le dialogue, il a assuré que son pays est prêt à collaborer avec tous les acteurs régionaux et internationaux, dans le sens du mandat élaboré pour l’Iraq par le Secrétaire général. 

Saluant les décisions du Gouvernement iraquien notamment le contrôle des forces de mobilisation populaire, Mme JOANNA WRONECKA (Pologne) a estimé que la mise en œuvre effective de cette mesure ainsi que les sanctions en cas de non-respect du décret seront cruciales.  Le représentant s’est dit en outre préoccupé par la poursuite des activités de Daech dans de nombreuses provinces iraquiennes posant ainsi d’importantes menaces sécuritaires.  Après des années de conflit, a-t-il ajouté, la stabilisation et la réconciliation prendront du temps et nécessiteront d’importantes réformes et des institutions solides.  Il est essentiel de répondre aux besoins de tous les Iraquiens y compris les femmes, les jeunes et les membres de tous les groupes religieux et ethniques.  La priorité doit être donnée à la fourniture des services sociaux de base et à la création d’emplois.  La stabilisation et la reconstruction dans les zones libérées de Daech sont tout aussi importantes.  Reconstruire les infrastructures endommagées et restaurer une administration efficace, la sécurité et les services publics est indispensable pour créer les conditions d’un retour volontaire, digne et sûr des déplacés ainsi que leur réintégration et réinstallation, a déclaré le représentant qui, avant de terminer, a souhaité que les tensions dans le Golfe évitent d’impacter négativement la situation sécuritaire en Iraq et de déstabiliser le pays. 

M. SARHAD SARDAR ABDULRAHMAN FATAH (Iraq) a dit que l’objectif de son gouvernement est de garantir la liberté et la dignité de tous les Iraquiens.  Il a attiré l’attention sur la publication le 1er juillet dernier d’un rapport sur la mise en œuvre du Programme 2018-2022 du Gouvernement.  Il va falloir, a-t-il reconnu, des réformes structurelles pour tirer profit des ressources naturelles, pour promouvoir les droits, en particulier ceux des femmes, lutter contre le chômage et assurer le développement social et la sécurité. 

L’Iraq mérite la sécurité et la faculté de répondre aux aspirations de son peuple après des années de guerre contre le terrorisme, a déclaré le représentant.  Il s’est enorgueilli de la formation d’un gouvernement et surtout de la désignation des Ministres de la défense, de l’intérieur et de la justice.  S’agissant de la sécurité nationale, il est revenu sur le décret 237 qui place les forces de mobilisation populaire sous le contrôle exclusif de l’État.  Le décret, a-t-il précisé, prévoit que les groupes armés qui ne se soumettent pas à l’État seront déclarés illégaux et feront l’objet de poursuites.  Le représentant a aussi rappelé que son pays s’est soumis à l’examen volontaire de la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030 et qu’il a annoncé le lancement d’une stratégie de lutte contre la pauvreté, ciblant tout particulièrement les groupes les plus marginalisés. 

Si la défaite de Daech a été une grande victoire pour les forces armées iraquiennes, il nous faut redoubler d’efforts pour détruire complètement les restes de cette organisation, en se penchant sur la situation des enfants endoctrinés et sur celle des enfants nés du viol, a reconnu le représentant qui a aussi dit la nécessité d’apaiser les souffrances des déplacés.  Il faut éviter de créer un terreau fertile à une future génération de terroristes, s’est-il expliqué, particulièrement inquiété de la présence de centaines de femmes terroristes dans les camps et prisons iraquiens.  Cela représente un lourd fardeau qui dépasse les capacités iraquiennes. 

Nous cherchons à faire prévaloir l’équité dans les procès des anciens terroristes, a-t-il assuré, sans oublier de souligner la difficulté de gérer la question des combattants terroristes étrangers avec les ambassades concernées.  Il a exhorté les États à rapatrier leurs ressortissants et leurs enfants.  Pour sa part, le Gouvernement iraquien a décidé de diviser « les enfants de Daech » en deux catégories: ceux qui ont participé à des activités criminelles et qui seront soumis à la rigueur de la loi et ceux qui n’ont pas l’âge de responsabilité pénale et qui seront remis aux ambassades concernées.  Au 10 juillet, l’Iraq avait déjà rapatrié 473 enfants vers leur pays d’origine.

Si nos chances de succès sont bien réelles, elles sont aussi en péril, a prévenu le représentant qui a mis l’accent sur l’importance des relations avec l’Iran « avec lequel nous partageons 140 000 km de frontière ».  Il a aussi parlé de la Turquie à laquelle son pays a demandé de cesser ses bombardements sur le territoire national.  Ce territoire, a-t-il martelé, ne sera plus être utilisé par quelque force que ce soit pour menacer un État voisin.  Concluant sur la question des personnes et biens koweïtiens disparus, le représentant a rappelé l’identification de 46 dépouilles humaines, dont 32 Koweitiens disparus, lesquelles ont été restituées au Koweït le 8 août dernier.  Quelque 160 000 livres de l’Université et de la Bibliothèque nationale du Koweït ont été retrouvés et remis hier et aujourd’hui. 

À l’intention des organes d’information • Document non officiel.