Conflit israélo-palestinien: l’appel des États-Unis à rejeter le consensus international suscite une vive opposition au Conseil de sécurité

CS/13895
23 Juillet 2019
8583e séance – matin

Conflit israélo-palestinien: l’appel des États-Unis à rejeter le consensus international suscite une vive opposition au Conseil de sécurité

Moins d’un mois après le lancement, par les États-Unis, d’un plan de paix pour régler le conflit israélo-palestinien, dont le volet politique n’a toujours pas été dévoilé, la délégation américaine a appelé aujourd’hui, lors d’un débat du Conseil de sécurité sur la question, à mettre de côté les résolutions « délibérément ambiguës » du Conseil et la recherche du consensus international, au profit de négociations directes entre Israël et la Palestine.  Ces propos ont suscité une vive opposition de la part de nombreux États Membres, en tête desquels l’Allemagne, qui a refusé de réduire les résolutions du Conseil et le droit international à « un menu dans lequel on choisit à la carte ».

Le plan lancé, le mois dernier, par le Président Donald Trump offre une « occasion en or » de parvenir à un accord de paix, ont estimé les États-Unis, en référence à la conférence convoquée par le pays à Bahreïn, les 25 et 26 juin.  Lors de cet évènement, intitulé « De la paix à la prospérité », Washington a détaillé la dimension économique de son initiative, centrée sur des investissements de plusieurs milliards de dollars en Cisjordanie et à Gaza.  Nous ne proposons pas seulement une « paix économique », ont toutefois précisé les États-Unis, appelant les parties à s’armer de patience dans l’attente de la publication prochaine du volet politique de leur plan.  Ceux qui appellent à « un consensus international impossible à trouver » s’opposent en réalité à la paix entre Israël et la Palestine, a affirmé la délégation américaine, qualifiant cette approche d’« excuse pour se cacher derrière l’inaction ».  Quant aux « résolutions délibérément ambiguës » du Conseil, elles ont pour seul effet de « nier la réalité » du terrain, a estimé le pays.  « Nous ne parviendrons pas à résoudre le conflit israélo-palestinien depuis cette salle », ont tranché les États-Unis: « la seule solution au conflit passe par des négociations directes entre les deux parties ».

« Le droit international n’est pas un menu dans lequel on choisit à la carte ce que l’on désire », a rétorqué l’Allemagne, refusant de le réduire à « une chose futile ».  Au contraire, la délégation allemande a réaffirmé la nature contraignante des résolutions du Conseil en matière de sécurité.  La solution des deux États, telle que définie dans ces résolutions, est la seule issue viable au conflit, a ajouté la Chine, estimant que toute nouvelle initiative devait se conformer aux paramètres internationaux existants, une position également défendue par le Royaume-Uni.  Il existe en effet un consensus autour de l’application du droit international, a renchéri la Fédération de Russie.  Si ce n’est sur ce droit, sur quelle base les États-Unis entendent-ils s’acquitter de leur rôle de médiation? s’est interrogé le délégué russe, appelant plutôt le Conseil à dépêcher une mission sur place pour inverser la tendance actuelle. 

En effet, la Secrétaire générale adjointe aux affaires politiques et à la consolidation de la paix, Mme Rosemary DiCarlo, a dressé un tableau sombre de la situation sur le terrain, marquée, selon elle, par la poursuite des activités de colonisation illégales d’Israël en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, les tentatives du pays de « légaliser » les colonies, la montée des violences entre Israéliens et Palestiniens dans les territoires occupés, la division entre factions palestiniennes à Gaza et l’Autorité palestinienne en Cisjordanie, et l’absence de solution concernant la retenue des revenus fiscaux de l’Autorité palestinienne par Israël.  Ces tendances continuent de saper la perspective de la solution des deux États d’après les frontières d’avant 1967, a déploré Mme DiCarlo.

Le consensus demeure qu’une telle solution serait la garante d’une paix juste, durable et globale, a estimé la Palestine, tout en réaffirmant que le droit international, les résolutions du Conseil et la responsabilité conférée à ce dernier par la Charte de l’ONU restent la seule voie pour mettre fin au conflit.  Or, avec l’appui de « son plus ardent soutien au Conseil », Israël poursuit sa politique de « nettoyage ethnique et de déplacement forcé qui équivaut à un crime de guerre et qui doit être pleinement condamné et poursuivi en tant que tel », a-t-elle déploré, dénonçant l’affaiblissement du système international fondé sur des règles qui découlent de l’incapacité à faire respecter le droit sur cette question.

Nous sommes unis avec nos voisins arabes par notre volonté de contrer le régime iranien et ses ambitions nucléaires, a de son côté affirmé Israël, accusant Téhéran d’utiliser ses alliés, dont le Hezbollah, pour commettre des crimes partout dans le monde et tenter d’acquérir l’arme nucléaire afin de détruire Israël.  L’Iran utilise désormais des canaux maritimes civils pour y parvenir, dont le port de Beyrouth, qui est devenu « le port du Hezbollah », a affirmé le pays, jugeant de plus en plus difficile de savoir « où termine Beyrouth et où commence Téhéran ».

Le fait qu’Israël utilise de telles allégations pour détourner l’attention de la communauté internationale des malheurs causés par son occupation des territoires palestiniens n’a rien de nouveau, a estimé le Liban.  Mais il les utilise aujourd’hui pour préparer le terrain et la communauté internationale à une future attaque contre les ports et aéroports civils libanais, a mis en garde la déléguée libanaise, appelant le Conseil à empêcher Israël de déclarer une nouvelle guerre contre le Liban, comme en 2006.  On nous inonde de détails sans intérêt sur l’Iran, alors que la question n’a strictement rien à voir avec la fin de l’occupation israélienne des territoires arabes, a, quant à elle, déploré la Syrie, dénonçant l’appui apporté par Israël aux terroristes dans le Golan arabe syrien, les incarcérations injustifiées de Syriens du Golan et la volonté israélienne de créer une nouvelle colonie de peuplement appelée « Trump Heights » dans la zone. 

Que ce soit à Jérusalem, en Cisjordanie ou dans le Golan, l’acquisition de territoires par la force est illégale, a déclaré la France, appelant les États Membres, dans le contexte précaire actuel, à soutenir financièrement l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA).  Et plutôt que de se perdre en « spéculations politiques », nous devrions en revenir à l’Initiative de paix arabe, a appelé l’Égypte, estimant que son approche souple était à même de répondre aux aspirations de tous les peuples de la région.

LA SITUATION AU MOYEN-ORIENT, Y COMPRIS LA QUESTION PALESTINIENNE

Déclarations

Le conflit israélo-palestinien se trouve toujours dans l’impasse, une situation qui confine à la « paralysie dangereuse », a regretté Mme ROSEMARY DICARLO, Secrétaire générale adjointe aux affaires politiques et à la consolidation de la paix, à l’entame de son intervention, en soulignant que la situation actuelle alimente l’extrémisme et exacerbe les tensions entre Israël et les territoires palestiniens occupés.  Dans ce contexte, Mme DiCarlo a mis en garde contre le risque croissant « d’actions unilatérales » et de « perte d’espoir » dans la capacité d’un processus de négociation d’aboutir à la paix.  « Mais cela n’est pas inévitable », a-t-elle ajouté, appelant la communauté internationale à créer un environnement propice à la conduite de négociations sur toutes les questions en suspens, y compris le statut final de Jérusalem.

En l’absence de perspectives concernant la conduite de négociations « viables », les faits sur le terrain continuent de saper la possibilité de réaliser la solution des deux États, a estimé la Secrétaire générale adjointe.  En juin, a-t-elle rappelé, un tribunal a jugé que quatre logements dans la colonie d’Alei Zahav pourraient être « régularisés rétroactivement » en vertu du droit israélien, en dépit du fait que ces logements avaient été construits sur des terrains palestiniens privés.  Cette décision est la première mise en pratique du principe de « régularisation du marché », en vertu duquel 2 000 logements situés dans des colonies pourraient être « légalisés » par Israël, a déploré Mme DiCarlo, ajoutant que, le 8 juillet dernier, la construction de 48 unités supplémentaires avait été approuvée à Jérusalem-Est.  « Je réaffirme que les colonies demeurent un obstacle important à la paix et constituent une violation du droit international », a déclaré la Secrétaire générale adjointe.

Parallèlement, les démolitions et confiscations de propriétés palestiniennes par les autorités israéliennes ont continué, a poursuivi Mme DiCarlo, précisant que 66 structures avaient été détruites ou saisies sur la période à l’examen.  « Cette pratique doit cesser », a-t-elle appelé, ajoutant que de telles agissements avaient conduit au déplacement de 90 Palestiniens, dont 58 enfants, et affecté les conditions de vies de 6 307 personnes au total.

Par ailleurs, au cours du dernier mois, les violences à Gaza ont à nouveau diminué, a salué la Secrétaire générale adjointe, précisant toutefois qu’un Palestinien avait été tué et 736 autres blessés par les forces israéliennes, dont 234 enfants et 39 femmes.  Dans le même temps, le Hamas et d’autres groupes militants palestiniens à Gaza ont lancé moins de ballons et de cerfs-volants incendiaires, a également salué Mme DiCarlo, donnant le chiffre de 130 incendies signalés durant cette période, sans qu’aucune victime n’ait toutefois été à déplorer.  De la même manière, la Secrétaire générale adjointe a noté une réduction des tirs de roquette en direction d’Israël, depuis l’escalade dangereuse de mai dernier.  Deux roquettes ont été lancées durant la période écoulée, sans faire de victimes, a-t-elle précisé.  Mme DiCarlo a rappelé que le lancement de roquettes et les tirs de mortier à l’encontre d’Israël sont contraires au droit international humanitaire.  « Le Hamas et le Djihad islamique palestinien doivent mettre fin immédiatement à ces pratiques », a-t-elle insisté. 

Cependant, a poursuivi la Secrétaire générale adjointe, la période à l’examen s’est traduite par une poursuite des incidents violents en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est.  Elle a ainsi déploré la mort par balle d’un enfant palestinien, sur lequel un policier israélien a ouvert le feu à Jérusalem-Est, le 27 juin dernier.  De manière générale, les forces israéliennes ont blessé 154 Palestiniens, dont 14 enfants, dans des affrontements qui ont éclaté un peu partout à travers la Cisjordanie, a déploré Mme DiCarlo, ajoutant que les violences perpétrées par les colons israéliens avaient également continué.  Ainsi, 6 Palestiniens ont été blessés par des Israéliens, a-t-elle précisé, ajoutant que, parallèlement, 2 Israéliens avaient été blessés par des Palestiniens.  La Secrétaire générale adjointe a condamné toute attaque contre des Palestiniens ou des Israéliens et a appelé les parties à mettre fin aux actes de violence.  Tous les auteurs de ces actes doivent être tenus pour responsables, a-t-elle ajouté.

Revenant sur la situation à Gaza, Mme DiCarlo a indiqué que l’Égypte continue d’œuvrer en tant que médiateur en faveur de la désescalade des tensions.  Elle s’est toutefois dite très préoccupée par la situation humanitaire, économique et politique de Gaza.  Depuis le dernier cycle de médiation sous l’égide de l’ONU et de l’Égypte, la zone de pêche de Gaza a été élargie de 10 à 15 milles marins, a toutefois indiqué la Secrétaire générale adjointe.  De plus, a-t-elle ajouté, Israël a rendu 44 navires de pêche confisqués à Gaza et a levé certaines restrictions qui entravaient les déplacements des hommes d’affaires basés à Gaza.  Mme DiCarlo s’est félicitée de cette évolution et a appelé les parties à poursuivre sur cette lancée.

Toutefois, la racine du problème à Gaza demeure de nature politique, a-t-elle estimé, appelant toutes les factions palestiniennes à prendre des mesures concrètes pour garantir la réunification de Gaza et de la Cisjordanie, au sein d’un gouvernement national démocratique unique.  De ce point de vue, la Secrétaire générale adjointe a estimé que Gaza devait impérativement faire partie de la solution des deux États. 

Pour le cinquième mois consécutif, aucune solution n’a été trouvée pour régler la question des revenus fiscaux dus par Israël à l’Autorité palestinienne, a-t-elle regretté, appelant les deux parties à entamer des négociations constructives sur cette question, afin de relancer l’économie palestinienne, actuellement en récession.  Mme DiCarlo a noté la récente décision de la Ligue des États arabes d’allouer 100 millions de dollars par mois à l’Autorité palestinienne, jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée.  Elle a également pris note de la tenue de la conférence économique de Manama, intitulée « De la paix à la prospérité », qui a eu lieu dans la capitale du Bahreïn les 25 et 26 juin derniers, à l’initiative des États-Unis.  L’appui humanitaire et économique à la population palestinienne est crucial pour créer un environnement propice à des négociations viables, a-t-elle estimé. 

En conclusion, la Secrétaire générale adjointe a, une nouvelle fois, appelé à mettre un terme à la « tendance négative » actuelle dans les territoires palestiniens occupés.

M. RIYAD H. MANSOUR, Observateur permanent de l’État de Palestine, a réitéré sa conviction selon laquelle le droit international, les résolutions du Conseil de sécurité et la responsabilité conférée à celui-ci par la Charte des Nations Unies en matière de paix et de sécurité internationales restent l’unique voie pour mettre fin à la souffrance humaine et pour arriver à la paix en Palestine.  « Après plus de 52 ans d’occupation illégale des terres palestiniennes par Israël, il est temps de redresser la situation.  Cette situation flagrante de belligérance et d’occupation coloniale étrangère doit cesser. »  M. Mansour a estimé que « l’absence totale de responsabilité pour les violations les plus graves s’est transformée en apartheid ».  L’incapacité à faire respecter le droit sur cette question a affaibli le système international fondé sur des règles, a-t-il ajouté en souhaitant que ce système ne soit jamais considéré comme une norme.  Les obligations juridiques, politiques et morales du Conseil et de la communauté internationale sont claires, selon lui, comme le sont les principes et les valeurs de la paix et de la sécurité. 

M. Mansour a ensuite dénoncé Israël et « son plus ardent soutien au Conseil » qui se moquent de ces valeurs comme « des choses du passé ».  Cela a été vu hier pendant la destruction injuste de 10 bâtiments résidentiels comportant au moins 70 appartements qui logent des centaines de familles dans le territoire occupé de Sour Baher, dans la banlieue de Jérusalem.  Au lieu d’abattre le « mur illégal », Israël s’en sert comme prétexte pour détruire les maisons palestiniennes, a-t-il déploré.  Selon l’Observateur, ces actes constituent une violation des résolutions des Nations Unies et de la Charte ainsi que de l’interdiction d’acquérir du territoire par la force.  Ils constituent, a-t-il ajouté, une brèche à la quatrième Convention de Genève, un mépris de l’avis consultatif de 2014 de la Cour internationale de Justice, et enfin un crime de guerre conformément au Statut de Rome.

L’Observateur a décrit les familles qui ont été déplacées et dépossédées de leurs biens, hier: il s’agit de 17 personnes, dont 11 enfants.  Neuf réfugiés sont traumatisés par ce nouveau déplacement, a-t-il précisé en relevant en outre que comme les destructions se poursuivent, 350 autres Palestiniens craignent de subir les mêmes pertes.  Il s’agit d’un « acte flagrant de nettoyage ethnique et de déplacement forcé qui équivaut à un crime de guerre et qui doit être pleinement condamné et poursuivi en tant que tel », a exigé l’Observateur palestinien.  Le Gouvernement israélien, ses responsables et ses militaires doivent être tenus pour responsables de ces crimes, a-t-il demandé en plaidant pour que la réparation et la restitution de ces pertes soient obligatoires pour la Puissance occupante.  M. Mansour a déclaré que l’État de Palestine n’épargnera aucun effort et continuera de chercher toute possibilité de mettre fin à l’impunité et d’assurer la justice pour les victimes, y compris devant la Cour pénale internationale. 

Le consensus mondial sur le droit du peuple palestinien à l’autodétermination et sur les principes d’une solution juste reste fort, a ensuite observé M. Mansour, qui a aussi relevé les fréquents appels à l’action pour réaliser la solution des deux États dans les frontières de 1967.  Les mêmes appels sont entendus pour mettre fin à l’occupation illégale d’Israël et pour réaliser l’indépendance et la souveraineté de l’État de Palestine, a-t-il ajouté: le consensus demeure qu’une telle solution serait le garant d’une paix et de la sécurité justes, durables et globales entre Israéliens et Palestiniens et entre Arabes et Israéliens.  L’Observateur palestinien a appelé à une action internationale, conforme aux obligations juridiques, politiques et morales envers la question palestinienne. 

Il doit y avoir une reddition de comptes, a-t-il lancé: tous les moyens politiques et juridiques légitimes, y compris les poursuites devant les tribunaux et les sanctions, doivent être utilisés sans hésitation.  Le Conseil de sécurité doit assumer ses responsabilités et agir immédiatement, éviter la détérioration de la situation, protéger les civils innocents et sauver les chances d’une paix juste, a recommandé M. Mansour avant de dire qu’« Israël doit subir les conséquences de ses violations et de son mépris de la volonté de la communauté internationale ». 

M. DANNY BEN YOSEF DANON (Israël) a rappelé qu’en 1979, le monde avait été le témoin de deux évènements historiques: l’Accord de paix israélo-égyptien, qui ouvrait la voie à une paix durable, et la prise de pouvoir de Khomeini en Iran, qui avait « mis en péril l’avenir et les aspirations du peuple iranien ».  En 2018, Israël et l’Égypte sont toujours en paix, tout comme Israël et la Jordanie le sont aussi, grâce à cet Accord de paix de 1979, a-t-il relevé.  Mais, selon le représentant, « les forces du chaos se sont étendues au-delà des frontières de l’Iran, notamment en Iraq, au Yémen et dans d’autres parties de la région ».  Le régime iranien utilise ses alliés pour commettre des crimes dans le monde entier et fait tout pour essayer de se doter d’armes nucléaires afin de détruire Israël, a affirmé le représentant en martelant qu’il faut affronter « ce régime qui sème l’extrémisme et la haine ».

Poursuivant, M. Danon est revenu à l’année 1979 qui avait marqué l’essor des forces de l’extrémisme en Iran, sous le régime de Khomeini.  Aujourd’hui encore, a-t-il remarqué, les dirigeants du régime iranien soutiennent ces idées dans le but d’exporter la révolution iranienne.  « Ces forces du mal sont actives au Liban, au Yémen, et elles apportent leur soutien au Hezbollah », a-t-il renchéri.

Le Conseil de sécurité n’a toujours pas d’image concrète de la situation dans le sud du Liban où le Hezbollah « s’est infiltré » dans la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL), a affirmé le délégué en estimant qu’il devient de plus en plus difficile de savoir « où termine Beyrouth et où commence Téhéran ».  Brandissant une carte de la région, M. Danon a accusé le « régime iranien » de transférer des armes en utilisant plusieurs voies, notamment celle vers la Syrie.  Israël s’est rendu compte que l’Iran a commencé à utiliser des canaux maritimes civils à cette fin et, aujourd’hui, « le port de Beyrouth est devenu le port du Hezbollah », a encore affirmé le représentant. 

M. Danon a également déclaré que certaines organisations syriennes sont utilisées comme couverture pour le trafic de matériels à double usage.  « Êtes-vous certains que vos entreprises ne figurent pas parmi celles qui fournissent ces matériaux à double usage? » a-t-il demandé aux membres du Conseil.

Revenant sur la décision iranienne de reprendre l’enrichissement de son uranium en dépit du Plan d’action global commun, il y a vu la preuve des ambitions nucléaires iraniennes et a voulu savoir ce que les membres du Conseil de sécurité et les autres pays signataires de l’accord allaient faire pour contrer le régime iranien.  « L’heure n’est pas à l’optimisme mais au réalisme », a-t-il déclaré.

« Israël et ses voisins arabes sont unis autour de la volonté de contrer le régime iranien et ses ambitions nucléaires », a remarqué le représentant israélien.  Il a rappelé qu’Israël avait proposé, il y a trois ans, un cadre qui repose sur la coopération régionale, pour faire face aux forces qui s’opposent à la paix et qui « sont toutes rattachées au régime iranien », selon lui.  « Nous ne pouvons pas jouer la carte de l’apaisement lorsqu’il est question de ce régime.  Nous devons agir », a-t-il conclu.

M. KENNETH GREENBLATT (États-Unis) a estimé que le projet américain esquissé lors de la conférence qui a eu lieu à Manama les 25 et 26 juin derniers, offrait une « occasion en or » aux deux parties de parvenir à un accord de paix.  Le Président Donald Trump souhaite améliorer la vie des Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie comme celle des Israéliens, a affirmé le représentant, avant de remercier le Bahreïn d’avoir accueilli l’évènement. 

Cette conférence a ouvert la voie à un projet « réaliste » de développement économique susceptible de créer une croissance du secteur privé au bénéfice de tous les acteurs concernés par le conflit, a poursuivi le représentant.  Il a toutefois reconnu que ce projet économique n’était pas réalisable en l’absence d’une solution politique au conflit.  Nous ne proposons pas une « paix économique », a-t-il insisté.  En l’attente de la publication prochaine du contenu du volet politique du plan américain pour le conflit, le représentant a appelé les parties à prendre leur mal en patience et à se garder de tout discours susceptible d’attiser les tensions. 

« Il n’y aura pas de consensus international sur le fait de savoir qui a raison et qui a tort dans ce conflit », a poursuivi le représentant.  À ses yeux, ceux qui appellent à un consensus international font en réalité obstacle à la paix et utilisent la notion de consensus comme « une excuse pour se cacher derrière l’inaction ».  Ne nous voilons pas la face, a insisté le représentant: s’il était possible de parvenir à un consensus international, cela aurait été fait il y a des décennies. 

De ce point de vue, le délégué a estimé que les « résolutions délibérément ambiguës » du Conseil sur la question ne contribuent qu’à « nier la réalité sur le terrain ».  L’interprétation de l’une des résolutions les plus citées, la résolution 242 (1967), a notamment fait l’objet de vifs débats au cours des 50 dernières années, a-t-il précisé.  « Ce débat ne nous a pas rapprochés d’une paix durable et globale », a estimé le représentant.  De la même manière, il a estimé qu’il n’existait aucun consensus international sur la question du statut de Jérusalem-Est.  Selon lui, il n’y a pas de raison pour dire que la ville ne peut pas devenir la capitale d’Israël, si l’on garantit, parallèlement, la protection des sites des grandes religions monothéistes dans la ville. 

« Nous ne parviendrons pas à résoudre le conflit israélo-palestinien depuis cette salle », a en outre affirmé le représentant, estimant que seule la conduite de négociations directes entre Israéliens et Palestiniens peut permettre de résoudre la question.  « Il faut faire preuve de créativité et de respect », a recommandé le représentant, rappelant qu’Israël avait déjà concédé près de 88% des territoires acquis par le pays en 1967.  « Soyons honnête, la seule solution, c’est la tenue de négociations directes entre Israël et la Palestine », a une nouvelle fois insisté le représentant.  « Tournons-nous vers l’avenir plutôt que de ressasser le passé. » 

M. MANSOUR AYYAD SH. A. ALOTAIBI (Koweït) a rappelé que pas plus tard qu’hier, Israël a démoli des bâtiments civils dans la ville de Sour Baher et que ces opérations se poursuivent sous la houlette de l’armée israélienne.  L’UNRWA et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) ont condamné ces actions israéliennes aux conséquences dramatiques pour les civils palestiniens, a dit le représentant.  Pour lui, il ne fait pas de doute que l’absence de reddition de comptes par Israël pour ses « mesures et actes illicites » est à la base de l’aggravation de la situation dans le territoire palestinien occupé et de l’escalade de violence, qui, à son tour, torpille toute perspective de paix. 

Les activités d’incursion, les raids contre la mosquée Al-Aqsa, la démolition de bâtiments civils et les expulsions forcées de Palestiniens sont devenus monnaie courante dans « le silence de la communauté internationale », a-t-il constaté.  C’est toujours l’absence de reddition de compte et le refus d’Israël de mettre en œuvre la résolution 1860 (2009) qui sont à la base de la situation humanitaire affligeante dans la bande de Gaza, a-t-il aussi estimé.  « Les autorités israéliennes devraient recourir à des mesures correspondant aux besoins de la population des territoires occupés, au titre du droit international, or cela n’est pas le cas. »  Voilà pourquoi le Koweït appelle Israël à s’acquitter de ses obligations, et le Conseil de sécurité à y veiller, a dit le délégué.

S’agissant de l’UNRWA, le représentant a estimé que les services de l’Office sont indispensables et que la communauté internationale doit continuer à le financer.  Il a également accusé Israël de « manipuler la vérité » et a appelé au respect des droits inaliénables des Palestiniens, en insistant sur l’application de la feuille de route arabe et des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité.

« Je serai assez bref car nous tournons en rond », a déclaré en introduction M. CHRISTOPH HEUSGEN (Allemagne), avant de souscrire pleinement aux propos énoncés par Mme DiCarlo dans sa présentation.  « Ce conflit est avant tout un conflit politique, qui ne pourra être résolu que par une solution politique », a ensuite déclaré le représentant allemand, réaffirmant l’appui de son pays à la solution des deux États.

En réponse à la déclaration de son homologue des États-Unis, le représentant a souligné qu’il ne considérait pas le droit international « comme une chose futile ».  Nous sommes convaincus de l’utilité de l’ONU et du Conseil de sécurité, a-t-il insisté, soulignant que toutes les résolutions du Conseil relèvent du droit international juridiquement contraignant.  « Nous ne sommes pas convaincus par le droit du plus fort », a poursuivi le représentant, avant d’ajouter: « le droit international n’est pas un menu dans lequel on choisit à la carte ce que l’on désire ».  Dans ce cadre, a affirmé le représentant, la résolution 2334 (2016) constitue la base de la position onusienne pour résoudre le conflit.

Le représentant a, par ailleurs, dénoncé la politique de colonisation israélienne en Cisjordanie et la menace d’annexion du territoire par Israël.  Il a appelé ce dernier à mettre fin à ses activités de colonisation et d’expulsion des Palestiniens dans les territoires occupés.  Le représentant a également condamné les tirs de roquette contre Israël par le Hamas et toute menace contre l’existence de l’État d’Israël.  De plus, selon le représentant, l’UNRWA demeure une agence indispensable pour soulager les souffrances des Palestiniens. 

M. XOLISA MFUNDISO MABHONGO (Afrique du Sud) s’est alarmé des confiscations et démolitions de biens palestiniens, précisant que, depuis 2009, plus de 6 100 propriétés palestiniennes avaient été démolies, déplaçant ainsi plus de 9 600 personnes, sans qu’aucune mesure ne soit prise pour remédier à ces injustices.  Le représentant s’est particulièrement inquiétée des excavations dans le quartier de Silwan, à Jérusalem-Est, dont la population est à majorité palestinienne, activités qu’elle a jugées intolérables.  Il est de la responsabilité du Conseil de condamner de telles mesures et d’appeler Israël à y mettre fin avec « effet immédiat ».  Ce Conseil doit « assumer ses responsabilités mandatées par la Charte et agir », a-t-il exigé. 

Le représentant a ensuite axé son intervention sur les souffrances de la jeunesse palestinienne et sur les conséquences de l’occupation sur la nouvelle génération, sachant que 27% de la population totale palestinienne est constituée de jeunes et que cette tendance ira en s’accroissant.  Or, la réalité quotidienne de la jeunesse est faite d’oppression, de violence et de privation.  Il a souligné l’existence des points de passage militaires et la séparation illégale du mur qui limitent les échanges commerciaux entre la Palestine et d’autres pays, notamment ceux de la région, et réduit ainsi les chances d’emploi et les déplacements des personnes et des biens en Cisjordanie et à Gaza.  Il en résulte qu’un nombre grandissant de jeunes palestiniens ne s’impliquent pas politiquement mais se positionnent sur les premières lignes de la Grande Marche du Retour: ils ont entrepris des manifestations régulières non violentes le long de la frontière de Gaza tout en supportant le fardeau d’une réponse israélienne disproportionnée qui a conduit à la mort de plus de 200 manifestants non armés. 

Pour l’Afrique du Sud, ces activités non violentes montrent que les jeunes palestiniens cherchent à exprimer leurs aspirations légitimes « de façon posée et intelligente ».  Il a donc invité à saisir cette occasion pour devenir les partenaires des jeunes palestiniens et reconnaître le rôle qu’ils sont susceptibles de jouer en tant qu’acteurs de changements dans la résolution de la crise sur leur terre.  Il a ensuite mis l’accent sur le rôle de l’UNRWA dans la vie de tous les Palestiniens et des jeunes en particulier.  Il a paraphrasé Nelson Mandela qui disait que personne n’est née dans la haine d’une autre personne en raison de la couleur de sa peau, de son origine ou de sa religion.  Si les personnes apprennent à haïr, elles peuvent apprendre à aimer car l’amour vient plus naturellement au cœur humain que le contraire, a conclu le représentant.     

M. VASSILY A. NEBENZIA (Fédération de Russie) a constaté que le Moyen-Orient se trouve au cœur de la politique mondiale.  Les tensions dans le Golfe persique se renforcent et cela représente une crise pour la paix et la sécurité internationales, a-t-il ajouté.  Face à l’augmentation de « la présence militaire d’acteurs non régionaux dans le golfe persique », le délégué a appelé toutes les parties à prendre des mesures de désescalade en renonçant aux ultimatums et à la menace.  Pour ce qui est du conflit israélo-palestinien, l’initiative russe a pour objectif de débloquer l’impasse actuelle et de rétablir la confiance entre les acteurs dans la région, a-t-il expliqué en rappelant à nouveau que son pays est prêt à accueillir des discussions israélo-palestiniennes.

Toute assistance à Gaza doit se faire en coordination avec les autorités légitimes, a poursuivi le représentant, à savoir le Président Abbas.  Il a aussi demandé que le Conseil de sécurité envoie une mission sur le terrain pour relancer la confiance et créer des conditions propices à une solution politique sur la base de ses résolutions.  Il y a un consensus international autour de l’application du droit international, a martelé le représentant.  Il a toutefois pris note de la réfutation de cette idée par son homologue américain lors de son intervention à la présente séance et posé la question suivante: comment les États-Unis pensent-ils dès lors s’acquitter de leur rôle de médiation dans ce contexte?  Pour la Russie, aucune mesure unilatérale ne peut se substituer à la solution des deux États.  Le représentant a appelé à apporter le soutien nécessaire à l’UNRWA qui, selon lui, joue un rôle stabilisateur dans l’ensemble du territoire palestinien et dans la région.

Évoquant ensuite l’opération antiterroriste menée en Syrie avec la participation de la Russie, M. Nebenzia a estimé que cela allait dans l’intérêt de tous.  La Russie est favorable aux efforts régionaux ainsi qu’à la reconstruction en Syrie sans condition préalable, a encore précisé le représentant.  Il a par ailleurs appelé à se pencher sur la crise libyenne en renforçant les mesures multilatérales et en renonçant aux interventions militaires.  S’agissant de la crise syrienne, il a constaté qu’elle donnait lieu à de nouveaux phénomènes comme des vagues migratoires.  Il a donc appelé à ne pas s’en prendre aux migrants mais à rétablir les conditions de leur retour.

Personne ne veut de guerre dans le Golfe persique, a-t-il conclu en assurant du soutien de la Russie aux efforts multilatéraux en ce sens.

Mme JOANNA WRENECKA (Pologne) a mis en garde contre la situation « extrêmement inquiétante sur le terrain », dont l’évolution récente dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, parlant d’une « menace latente d’escalade tous azimuts ».  En conséquence, la priorité de la communauté internationale devrait être l’assainissement du paysage politique en vue de la relance d’un processus de paix concret, a dit la représentante.  Pour elle, la solution des deux États et la résolution de toutes les questions en suspens, en particulier le statut de Jérusalem, les colonies de peuplement, le futur des réfugiés palestiniens, les arrangements frontaliers et sécuritaires, sont les seuls moyens de répondre aux aspirations légitimes des deux parties et de parvenir à une paix à long terme.  Elle a invité les deux parties à s’abstenir de toute mesure unilatérale qui risquerait de porter atteinte aux résultats de négociations sur le statut final.  Elle a aussi condamné tout acte de violence, terrorisme, incitation à la haine, des mesures foncièrement incompatibles avec tout progrès vers la solution pacifique des deux États, a-t-elle relevé. 

Mme Wronecka a invité à reprendre des négociations bilatérales fondées sur les résolutions des Nations Unies et le droit international dans le cadre des paramètres internationalement agréés.  À présent, la situation sur le terrain est telle, du fait entre autres de l’expansion des colonies de peuplement, que l’on a atteint un point où l’établissement d’un État palestinien viable « semble difficile, voire impossible ».  Elle a réitéré, à cet égard, la position de l’Union européenne, à savoir que toute activité de colonie est illégale au regard du droit international, et que c’est bien un obstacle à la paix.  La représentante a également exprimé sa profonde inquiétude au sujet des démolitions prévues dans les villages palestiniens de Khan Al-Ahmar et Sour Baher, exhortant Israël à « renoncer totalement à ces plans ».  Elle a ensuite évoqué les discussions pour la réconciliation interpalestinienne, par l’entremise de l’Égypte, et appelé les factions palestiniennes à permettre à l’Autorité palestinienne de recouvrer sa pleine responsabilité à Gaza.  « Une seule Autorité palestinienne légitime est une composante cruciale de l’unité du futur État de Palestine et le fondement d’un accord de paix durable », a-t-elle conclu. 

M. HAITAO WU (Chine) s’est dit préoccupé par l’impasse du processus de paix au Moyen-Orient, la poursuite des activités de colonisation israélienne dans les territoires occupés et la crise humanitaire à Gaza.  La résolution 2334 (2016) du Conseil doit être appliquée dans les faits, a déclaré le représentant, appelant à mettre fin à toute activité unilatérale visant à légaliser les colonies de peuplement israéliennes. 

Le représentant a, par ailleurs, appelé à poursuivre la recherche d’une solution durable au conflit.  Il a estimé que la solution des deux États, telle qu’esquissée par les résolutions pertinentes du Conseil, était la seule issue viable au conflit.  Toute nouvelle initiative doit être conforme aux paramètres internationaux existants, a-t-il insisté.

Le représentant s’est en outre inquiété de la retenue à la source des recettes fiscales palestiniennes.  Il a appelé à trouver une solution à cette question.  Il a également demandé la levée du blocus de Gaza.  Enfin, le représentant a appelé les États Membres à renforcer leur appui financier à l’UNRWA.  Il a précisé que la Chine allait augmenter sa contribution à l’agence, à hauteur de un million de dollars.

M. MARC PECSTEEN DE BUYTSWERVE (Belgique) a condamné la destruction, le 4 juillet, des installations d’un projet humanitaire d’Oxfam financé par son pays dans le village de Khirbet Ad-Duqaiqah comprenant trois réserves d’eau et au moins 2 500 arbres.  Ce projet soutenait trois communautés et visait à étendre l’utilisation des terres par la réhabilitation de réserves d’eau et par des techniques de gestion des pâturages.  La destruction a touché 35 familles dont 63% de jeunes.  Le représentant a rappelé que la destruction de biens et d’objets nécessaires à la survie de la population civile est « contraire au droit international ».  Il a ensuite condamné les récentes démolitions et expulsions dans le quartier de Silwan, à Jérusalem-Est, ainsi que celles d’hier, « massives », concernant des immeubles de la communauté de Sour Baher, en majorité situés en zone A et B de Cisjordanie, mais du côté ouest du mur de séparation.  Ces destructions contribuent à un changement significatif du caractère démographique de la ville de Jérusalem, qui porte préjudice aux négociations sur le statut final de la ville comme capitale de deux États, a-t-il estimé, ajoutant que la poursuite de cette politique « remet en question » la perspective d’une solution des deux États. 

Inquiet de la crise financière que connaît l’Autorité palestinienne, le représentant a dit attendre que les accords économiques et budgétaires entre Israël et cette Autorité soient pleinement mis en œuvre, y compris les obligations d’Israël au titre du Protocole de Paris.  Il a jugé important, également, que l’Autorité palestinienne continue d’accepter, entre temps, les transferts fiscaux à titre provisoire, ce qui ne constitue en aucun cas une approbation juridique ou politique des déductions israéliennes. 

Il a déclaré, par ailleurs, que la crise sociale, économique et humanitaire à Gaza « doit trouver une solution politique globale et durable », ce qui implique un changement fondamental: levée du blocus et ouverture des points de passage tout en tenant compte des préoccupations légitimes d’Israël quant à sa sécurité.  Cette solution exige également le retour de ce territoire sous le contrôle de l’Autorité palestinienne.  Il a appelé les parties à reprendre un dialogue constructif et salué les efforts égyptiens et russes à cet égard.  Il a pris également note de la série de mesures économiques « Peace to Prosperity » présentées à Manama avec le Bahreïn et de la nécessité d’intégrer ces mesures dans un plan politique.  Toutefois, a-t-il affirmé, ces mesures économiques « ne peuvent se substituer à une solution politique ».  Dès lors, la fin de l’occupation, le libre accès des Palestiniens à leur terre et à leurs ressources, la liberté de mouvement et d’accès à l’ensemble du territoire et la capacité à s’intégrer à un marché régional sont essentiels afin de permettre à l’économie palestinienne de se développer au mieux, a-t-il conclu. 

M. GBOLIÉ DÉSIRÉ WULFRAN IPO (Côte d’Ivoire) a appelé toutes les parties à « donner une chance à la paix » comme elles l’ont fait dans le cadre des Accords d’Oslo, en demandant à la communauté internationale de poursuivre sans relâche ses efforts de médiation afin d’obtenir la reprise, sans condition, des négociations entre les différentes parties.  Il a réaffirmé l’attachement de la Côte d’Ivoire à la sécurité d’Israël ainsi qu’au droit inaliénable du peuple palestinien à l’autodétermination, ainsi que son soutien à la solution des deux États qui coexistent pacifiquement dans le cadre des frontières de 1967.  La relance du dialogue entre Israéliens et Palestiniens « apparaît donc bien plus qu’une nécessité », a-t-il commenté, ajoutant qu’elle est, avant tout « une urgence politique et sécuritaire » dont la satisfaction contribuerait à prévenir de nouvelles flambées de violence.

Passant à la situation humanitaire, le représentant ivoirien a pointé le chômage des jeunes, l’épuisement des stocks de médicaments, les pénuries d’eau et d’électricité ainsi que l’insuffisance des réserves de combustibles destinées à la désalinisation de l’eau de mer qui alimente la ville de Gaza comme autant de « fragilités » susceptibles de pousser une frange de la population au « désespoir et à la radicalisation ».  Il a prévenu que cette situation pourrait se détériorer si l’UNRWA ne retrouve pas un niveau de financement suffisant, et a souscrit à l’appel du Secrétaire général en faveur du comblement du déficit d’environ 211 millions de dollars du budget de l’agence.  Il a enfin exhorté la communauté internationale à œuvrer davantage pour « ramener les deux parties à la table de négociations » en vue de parvenir à des compromis susceptibles de favoriser le retour de la paix et de la stabilité durables dans la région. 

Pour M. JOB OBIANG ESONO MBENGONO (Guinée équatoriale), la situation au Moyen-Orient est source de vives préoccupations.  En dépit des efforts de maintien de la paix dans la région, l’ONU et la communauté internationale n’ont pas été en mesure de trouver des solutions politiques à la plupart des crises, dont celle au Yémen, en Libye et ailleurs, a-t-il déploré.

Pour ce qui est du conflit israélo-palestinien, il a regretté l’absence de progrès, en dénonçant l’aggravation des actes d’insurrection à Gaza, sous la houlette du Hamas, et les mesures unilatérales israéliennes.  Cela n’a fait qu’exacerber la haine, a-t-il constaté en appelant les parties à s’abstenir de prendre des mesures unilatérales qui alimentent la violence et la haine et qui vont à l’encontre d’une solution durable. 

La Guinée équatoriale persiste à être favorable à la solution des deux États, a dit le représentant, en soulignant que cela correspond à la volonté de la majorité des Palestiniens et des Israéliens.  Les résolutions du Conseil de sécurité doivent continuer à être la référence des parties israélienne et palestinienne, selon lui.  Une solution juste passant par le dialogue implique, peut-être, qu’aucune des deux parties ne sera satisfaite sur tous les points, a fait remarquer le représentant en faisant remarquer que c’est là l’essence même de tout dialogue.

Il s’est dit préoccupé par les conditions de vie des deux millions d’habitants de Gaza qui doivent repasser sous contrôle de l’Autorité palestinienne, à son avis.  Il a également appelé à la consolidation de la situation financière de l’UNRWA dont les services sont indispensables dans la région.

Citant la conférence convoquée par les États-Unis en juin dernier à Bahreïn, Mme KAREN PIERCE (Royaume-Uni) a annoncé l’intention de son pays d’investir davantage de ressources dans l’économie de la région.  Elle a toutefois souligné le besoin de trouver des solutions politiques au conflit.  Sur ce point, la représentante a indiqué que la position du Royaume-Uni demeure inchangée, à savoir que son pays appuie la solution des deux États.  Dans ce cadre, elle a appelé à améliorer les perspectives commerciales des Palestiniens, à diminuer les entraves qui pèsent sur leurs déplacements et les transferts de biens, et à augmenter les capacités énergétiques des Palestiniens.  La représentante a également appelé à créer un environnement propice à la tenue de futures consultations de paix. 

Mme Pierce a appelé l’Autorité palestinienne à répondre aux allégations d’incitation à la haine dans l’éducation fournie aux jeunes Palestiniens.  Elle a en outre jugé inquiétante la poursuite des activités de colonisation par les autorités israéliennes et les tentatives de légalisation de ces dernières.  La représentante a également condamné la poursuite des expulsions de Palestiniens et les démolitions d’immeubles palestiniens, jugeant ces pratiques proprement « odieuses ».  Dans ce cadre, elle s’est inquiétée des rapports faisant états de tentative d’annexion de tout ou partie des territoires occupés.  Parallèlement, elle a condamné les tirs de roquette et de mortier par le Hamas en direction d’Israël, depuis Gaza.

La représentante a, par ailleurs, dit partager le point de vue de l’Allemagne concernant le rôle du droit international et du Conseil de sécurité dans le règlement des conflits.  « Nous avons la responsabilité de mettre en œuvre les résolutions du Conseil », a-t-elle estimé.  En réponse à son homologue israélien, s’agissant du Plan d’action global commun, Mme Pierce a exhorté l’Iran à respecter cet accord.  Elle a estimé que le plan contribuait à rendre le monde « plus sûr », en diminuant les perspectives d’un Iran doté de l’arme nucléaire.

Mme SOLANGE EUNICE BLANDINO DE DE LOS SANTOS (République dominicaine) a loué l’effort collectif de la communauté internationale a manifesté lors de la Conférence annuelle des donateurs, le 25 juin dernier à New York, pour l’UNRWA, qui fut l’occasion pour les représentants des États et des institutions de faire, à l’unanimité, l’éloge de cet office qui veille à la préservation des droits et de la dignité des réfugiés palestiniens.  Elle a applaudi le dévouement du personnel qui contribue au développement humain de 5,4 millions de réfugiés palestiniens.  Il a néanmoins fait remarquer que depuis l’adoption de la résolution 2334 (2016), la situation n’avait pas changé: bien au contraire, l’occupation illégale gagne chaque fois plus de terrain sans conséquence aucune, ce qui éloigne toute perspective de paix, selon le délégué.

La République dominicaine s’est également alarmée des démolitions de plus en plus fréquentes en Cisjordanie, à Jérusalem-Est en particulier, ce qui instaure un « climat coercitif » pour les habitants et risque de mener à des déplacements forcés de la population affectée.  Notant le rétrécissement de l’espace civil, et des activités des organisations des droits de l’homme, notamment à Gaza, où la situation humanitaire demeure critique, la représentante a souligné que le travail de l’UNRWA est d’autant plus indispensable.  Elle a, en outre, appuyé le consensus international sur la solution des deux États avec des frontières négociées sur la base des lignes de 1967, réitérant la nécessité de rétablir le paysage politique de sorte à reprendre un processus de paix « significatif » qui mette les individus au centre des préoccupations et soit conforme au droit international.  Au sujet des attaques palestiniennes contre Israël, elle a énergiquement condamné tout acte de violence et appelé le Hamas et les autres groupes à cesser toute provocation et fait accompli. 

M. NICOLAS DE RIVIÈRE (France) a redit que la France condamne la démolition par l’armée israélienne de plusieurs bâtiments dans le quartier de Wadi al Humus, au sud-est de Jérusalem, hier.  La politique de colonisation, dans laquelle s’inscrivent ces démolitions, se poursuit sans discontinuer à Jérusalem-Est et en Cisjordanie et nous amène près du point de non-retour, a déploré le représentant.  La France, a-t-il ajouté, rappelle que la colonisation est contraire au droit international.  « La France ne reconnaît aucune souveraineté israélienne sur l’ensemble des territoires occupés. »  « Conformément à la Charte des Nations Unies, nous jugeons illégale l’acquisition de territoires par la force que ce soit à Jérusalem, en Cisjordanie ou sur le plateau du Golan », a déclaré M. de Rivière.  S’agissant de la dégradation de la situation sécuritaire, humanitaire et politique à Gaza « qui continue d’être une source de vive préoccupation », le délégué français a dit que tout doit être fait pour apporter une réponse, humanitaire et politique, et prévenir le risque d’escalade.  Il a appelé les parties à la plus grande retenue. 

Dans ce contexte précaire, la mobilisation de la communauté internationale en soutien à l’UNRWA est plus que jamais nécessaire, a-t-il dit.  Il a rappelé la décision de son pays de doubler sa contribution à l’Office en 2019.  Mais, a-t-il prévenu, au-delà du soutien humanitaire, il n’y aura de stabilité durable à Gaza que dans le cadre d’un règlement négocié qui passe par le retour complet de l’Autorité palestinienne d’une part, et par la levée du blocus d’autre part, assortie de garanties de sécurité crédibles pour Israël.  L’avenir de Gaza ne peut être séparé de l’objectif de l’établissement des deux États, Israël et la Palestine, vivant côte-à-côte dans la paix et la sécurité, a déclaré le représentant.  La « paix économique » ne saurait se substituer à la recherche d’un véritable règlement politique, a averti M. de Rivière pour lequel « toute tentative de s’écarter des paramètres définis collectivement serait condamnée à l’échec. » 

M. DIAN TRIANSYAH DJANI (Indonésie) a réaffirmé d’emblée le soutien de son gouvernement à la solution des deux États, sur la base des frontières de 1967 et conformément aux résolutions pertinentes des Nations Unies.  « La communauté internationale ne doit pas courber l’échine et s’éloigner ne serait-ce que d’un iota de cette position », a exigé le représentant.  Toute action qui va à l’encontre de cette plateforme doit être rejetée, a-t-il lancé en expliquant ainsi sa condamnation des constructions illégales par Israël ainsi que de l’inauguration d’un tunnel sous-terrain vers Haram el-Charif.

Le Gouvernement indonésien, et d’autres membres de l’Organisation de la Conférence islamique (OCI) ont collectivement dénoncé ces actes de provocation lors du Sommet de l’OCI la semaine dernière à Jeddah.  Pour l’Indonésie, ces constructions illégales, en plus du tunnel et des colonies de peuplement illégales israéliennes, s’inscrivent dans une « logique d’annexion de facto ».

Le Conseil de sécurité doit défendre le statut et le caractère de la vieille ville de Jérusalem et ses mûrs, s’est impatienté le représentant pour lequel il s’agit d’une de ses obligations.  Il a également condamné la destruction « arrogante, illégale et inhumaine », hier, de maisons palestiniennes à Sour Baher.

S’agissant de la situation humanitaire à Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, le représentant a dénoncé les mesures israéliennes telles que les restrictions aux déplacements, les détentions arbitraires, l’usage de la force, le blocus de Gaza ainsi que la rétention des recettes fiscales dues à l’Autorité palestinienne.  À ce sujet, il a dit que l’on ne pouvait pas reprocher à l’Autorité de ne pas accepter moins que ce qui lui est dû, estimant qu’il faudrait plutôt condamner Israël de vouloir prendre ce qui ne lui appartient pas.  L’Indonésie appelle en outre la communauté internationale à tout faire pour préserver les services assurés par l’UNRWA et à lui garantir un financement prévisible et durable.

Pour l’Indonésie, il est impératif de renforcer les capacités économiques palestiniennes dans le contexte d’un futur État indépendant.  Cependant, l’aide économique ne saurait se substituer à une solution politique viable, a mis en garde le représentant.  Pour sa part, l’Indonésie participe à différents mécanismes visant l’autonomie économique palestinienne.

Abordant ensuite le conflit syrien, le représentant a appelé toutes les parties à respecter le droit international humanitaire ainsi que l’Accord de cessez-le-feu.  Il a également appelé à tout faire pour éviter une escalade de la violence dans le nord-ouest de la Syrie, en apportant son soutien aux efforts de l’Envoyé spécial des Nations Unies pour la Syrie, M. Pedersen.

Pour ce qui est des tensions dans le détroit d’Ormuz, l’Indonésie estime qu’il est impératif d’y garantir la liberté et la sécurité de passage conformément au droit international.  Elle exhorte toutes les parties à faire preuve de retenue au nom de la stabilité de la région.

M. GUSTAVO MEZA-CUADRA (Pérou) a déploré la persistance de dynamiques hostiles, la violence aveugle du Hamas, la réponse disproportionnée d’Israël et la rhétorique de confrontation des deux parties, ce qui configure un scénario insoutenable et déstabilisant pour le Moyen-Orient et la communauté internationale.  Il a tout autant déploré les décisions et mesures unilatérales qui contribuent à une escalade des tensions et à la violence, en particulier les pratiques récurrentes et croissantes de colonies de peuplement, de démolitions et expulsions dans les territoires palestiniens occupés.  Ces agissements sont contraires aux dispositions de la résolution 2334 et éloignent chaque fois plus les perspectives de la solution des deux États, a-t-il souligné. 

Le représentant a, en outre, mis en garde contre l’impact politique et social de la démolition d’immeubles palestiniens à Sour Baher en appelant à y mettre fin et à leur substituer des politiques de planification répondant aux besoins de la population palestinienne en termes de logement et de développement.  Il a aussi exhorté à résoudre la grave crise humanitaire à Gaza, aggravée par les coupures de financement de programmes d’assistance et la décision unilatérale du Gouvernement israélien de retenir un montant substantiel des revenus fiscaux palestiniens.  Partant, il a vivement invité la communauté internationale à augmenter ses contributions financières, en demandant à l’ONU de continuer à aligner l’assistance humanitaire avec des plans de développement offrant des opportunités aux plus jeunes, de façon à les éloigner de la radicalisation et de l’extrémisme.  Le fonds global d’investissement, défini à Bahreïn, et le renforcement de l’UNRWA aideraient en ce sens, a-t-il estimé.

S’agissant de la reprise des négociations, il a recommandé aux autorités et dirigeants politiques, religieux et sociaux, tant Palestiniens qu’Israéliens, d’agir avec « responsabilité, prudence et modération ».  Il a aussi mis en avant la responsabilité du Conseil et des pays jouissant d’une influence sur les parties qui « doivent faire davantage » pour que celles-ci reprennent les négociations bilatérales, respectent leurs obligations au regard du droit international et des droits de l’homme, et appuient les efforts de l’Envoyé spécial tendant à réduire les tensions.  Il a enfin appelé à la modération dans le détroit d’Ormuz afin d’éviter un conflit dans cette « zone agitée du monde ».  À cet égard, il a encouragé les bons offices du Secrétaire général. 

En réponse aux accusations de son homologue israélien, Mme AMAL MUDALLALI, (Liban) a estimé que, à la lumière des invasions israéliennes passées du territoire libanais, ces accusations constituaient une « menace directe à la paix et aux infrastructures civiles des Libanais ».  Le fait que l’Ambassadeur d’Israël utilise de telles allégations pour détourner l’attention de la communauté internationale des malheurs causés par l’occupation israélienne dans les territoires palestiniens n’a rien de nouveau, a estimé la représentante.  Mais il les utilise aujourd’hui pour préparer le terrain et la communauté internationale à une future attaque contre les ports et aéroports civils libanais, comme cela avait été le cas en 2006, a-t-elle affirmé, appelant le Conseil à ne pas rester silencieux et à empêcher Israël de déclarer une nouvelle guerre contre le Liban.  « C’est la dernière chose dont nous avons besoin », a-t-elle ajouté.

La représentante a ensuite constaté l’absence de progrès sur le terrain en faveur de la paix dans le conflit israélo-palestinien, notamment à Jérusalem et à Gaza où les conditions de vie des habitants ne cessent, selon elle, de se détériorer, en raison de la poursuite de la politique israélienne de colonisation.  Mme Mudallali s’est dit déçue du « manque d’horizon politique » de l’initiative lancée par les États-Unis pour résoudre le conflit.  Elle a appelé à une solution basée sur la légalité internationale, et notamment le respect des résolutions 242, 338 et 2234 du Conseil, avec comme perspective la création d’un État palestinien dont Jérusalem-Est serait la capitale.  La représentante s’est opposée aux tentatives d’Israël visant à remettre en cause le statut quo dans la ville, de même que pour le Golan syrien occupé.  Sur cette dernière question, elle a appelé Israël à mettre en œuvre les résolutions 242, 338 et 497 du Conseil.

La représentante a, par ailleurs, condamné les « violations répétées » de la souveraineté territoriale libanaise par Israël, aussi bien sur terre que dans les airs et en mer.  À la frontière entre les deux pays, Israël continue en effet de construire dans les territoires libanais occupés, a dénoncé la représentante, appelant le pays à mettre fin à ces violations qui sont une « source de tensions et d’instabilité » le long de la frontière. 

Après avoir énuméré les derniers développements négatifs en Palestine, M. NEVILLE MELVIN GERTZE (Namibie) a tenu à souligner des points positifs comme l’aide financière du Qatar pour la situation humanitaire à Gaza ou le travail du Coordonnateur spécial pour le Moyen-Orient visant à créer des solutions plus durables dans le secteur énergétique.  Le représentant a aussi salué le succès de la conférence de contributions qui a levé 110 millions de dollars pour financer l’aide aux réfugiés palestiniens.  Il a mis ensuite sur le dos d’Israël la crise financière subie par l’Autorité palestinienne « causée par la retenue des revenus de l’Autorité palestinienne ».  M. Gertze a exhorté les deux parties à mettre en œuvre et respecter les accords bilatéraux.

Le représentant a ajouté que l’évènement appelé « Paix pour la prospérité » organisé à Bahreïn, le 25 juin dernier, montre que le développement économique ne peut se faire sans des négociations conduisant à la solution des deux États.  Aucune aide humanitaire et économique ne débouchera sur une solution politique au conflit, a-t-il déclaré.  La solution à ce conflit est politique.  Il a ainsi pressé les deux parties à ne pas abandonner le processus politique qui pourrait assurer la fondation du développement économique. 

On nous inonde de détails sans intérêt au détriment de l’essentiel, a estimé M. BASHAR JA’AFARI (République arabe syrienne), à savoir qu’Israël doit mettre un terme à son occupation des territoires arabes.  Or, on choisit de discuter de questions qui n’ont strictement rien à voir avec la fin de l’occupation, a regretté le représentant, déplorant notamment les discussions sur l’Iran.

M. Ja’afari a condamné les actes unilatéraux provocateurs récents au Proche-Orient, dans l’intention de remettre en cause le statut quo.  Il a notamment déploré la reconnaissance par le Président américain de Jérusalem comme capitale d’Israël, ainsi que la reconnaissance par Washington de la souveraineté israélienne sur le Golan syrien occupé, au détriment du droit international.  « Tout cela n’a aucune valeur légale », a estimé le représentant, condamnant l’appui fourni, selon lui, par Israël aux terroristes dans le Golan et la confiscation des biens des Syriens dans la zone.  Israël veut même créer une nouvelle colonie de peuplement dans le Golan, appelée « Trump Heights », pour récompenser l’Administration américaine de ne pas avoir respecté les résolutions du Conseil, a ironisé le représentant, déplorant que Mme DiCarlo n’ait pas abordé cette question dans son exposé.  « Elle répète les erreurs de M. Mladenov, qui n’aborde jamais la question du Golan dans cette enceinte », a-t-il regretté. 

Pour le représentant syrien, le Golan fait intégralement partie de la Syrie.  M. Ja’afari a appelé le Conseil à mettre fin aux pratiques israéliennes et à ses violations des résolutions 242, 338 et 497 dans la zone.  Il a également appelé à libérer les Syriens du Golan injustement incarcérés dans les geôles israéliennes. 

M. YASUHISA KAWAMURA (Japon) a réaffirmé l’attachement de son pays à la solution des deux États, car elle lui semble être « la plus réaliste » pour une solution durable au conflit israélo-palestinien.  Se déclarant préoccupé par la violence à Gaza et en Cisjordanie, il a condamné fermement toute forme de terrorisme et de violence visant des civils innocents, et a appelé les parties à tout faire pour éviter l’escalade, les provocations et les incitations à la haine.

La poursuite des activités de colonisation israélienne ainsi que la destruction de maisons palestiniennes à Sour Baher ne font que saper la viabilité de la solution des deux États, a constaté le représentant en exhortant Israël à mettre fin à ces activités.  Il est également revenu sur la retenue par Israël d’une partie des revenus fiscaux de l’Autorité palestinienne qui, selon lui, ne fait qu’exacerber la situation financière difficile de l’Autorité et risque d’affecter négativement la stabilité et la sécurité de la région.  Il a donc appelé à une solution mutuellement acceptable à cette question le plus vite possible.

Même si les perspectives de l’avenir du processus politique semblent actuellement sombres, le Japon reste convaincu que chaque partie peut contribuer à créer un environnement propice aux efforts de paix.  À cet égard, le représentant a mis l’accent sur la dernière réunion en juin de la Conférence sur la coopération entre les pays d’Asie de l’Est pour le développement de la Palestine (CEAPAD), une initiative lancée en 2013 par le Japon avec des partenaires régionaux.  Lors de cette conférence la nécessité d’impliquer le secteur privé dans les efforts de développement a été soulignée, a rappelé le représentant en précisant qu’un mémorandum d’accord avait été signé à ce moment-là entre les chambres de commerce palestinienne et indonésienne.  Les participants à la Conférence ont également réaffirmé leur soutien à la solution des deux États et à l’UNRWA, dont le Commissaire général, M. Krähenbühl, était présent à la conférence.

L’idée derrière cette initiative japonaise de la CEAPAD est que pour parvenir à la solution des deux États, il faut venir en aide aux Palestiniens pour qu’ils puissent réaliser leur développement économique durable.  Mais les projets de développement à eux seuls ne peuvent apporter la paix, a mis en garde le représentant pour lequel cela exige des négociations entre les parties.  Dès lors, le Japon restera engagé auprès des deux parties et cherchera à promouvoir des mesures de confiance, a confié M. Kawamura.

Avant de conclure, il est revenu sur la situation dans le détroit d’Ormuz et a affirmé qu’il fallait y assurer la liberté de navigation et la sécurité au nom de la paix et de la prospérité internationales.

M. MAURO VIEIRA (Brésil) a encouragé les deux parties à instaurer un climat politique constructif favorisant une relance des négociations et à déployer de nouveaux efforts diplomatiques pour un règlement juste et global à la question palestinienne.  La paix ne pourra être instaurée que grâce à des décisions et concessions difficiles des deux côtés, a-t-il prévenu.  Le représentant a réaffirmé qu’il faut respecter le cessez-le-feu dans la région, en Syrie notamment, et condamné les frappes contre les civils, les installations et le personnel médical, qu’il convient de protéger en toutes circonstances. 

Le représentant a salué le travail de l’Envoyé Spécial pour la Syrie, M. Geïr Pedersen, et espéré qu’il arriverait à poser de nouveaux jalons dans le sillage de Genève, notamment par la convocation rapide du comité constitutionnel, « étape cruciale » dans la perspective d’une solution politique d’urgence reposant sur les paramètres fixés dans les résolutions du Conseil, la 2254 (2015) plus particulièrement, et la Déclaration de Sochi.  Il a insisté dans ce cadre sur une solution syrienne choisie et dirigée par les Syriens. 

M. Vieira a salué, par ailleurs, la réduction de la violence au Yémen depuis l’Accord de Stochkholm et l’entrée en vigueur du cessez-le-feu dans la ville portuaire de Hodeïdah, mais a dit demeurer préoccupé par la récente escalade des tensions dans le pays.  Il a appelé toutes les parties à s’abstenir d’actions susceptibles de conduire à des hostilités et à prendre toutes les mesures nécessaires à la mise en œuvre de l’Accord de Stockholm.  Enfin, s’agissant de la Libye, il a condamné les attaques contre un centre de détention près de Tripoli le 2 juillet dernier. 

M. MARTÍN GARCÍA MORITÁN (Argentine) s’est dit préoccupé par la poursuite des activités israéliennes de colonisation en Cisjordanie, en violation de la résolution 2334 (2016) du Conseil.  Le représentant a également condamné les tirs de roquette lancés depuis Gaza contre des civils israéliens, ainsi que les actions violentes menées dans la zone contrôlée par le Hamas. 

Par ailleurs, le représentant a réaffirmé le statut spécial de la ville de Jérusalem, tel que défini dans la résolution 748 (1980).  Il a rejeté toute tentative visant à remettre en cause ce statut de manière unilatérale, estimant que la question du statut final de la ville devait être négociée de manière bilatérale entre les parties.  Le représentant a, en outre, jugé illégale l’acquisition de territoires par la force dans le Golan arabe syrien.  Il a appelé à mettre fin à l’occupation israélienne dans la zone, conformément aux résolutions 242 (1967) et 338 (1973) du Conseil.

M. PHILIP OCHEN ANDREW ODIDA (Ouganda), intervenant en sa capacité de Vice-Président de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), a jugé impératif de dénoncer les agissements d’Israël d’hier, c’est-à-dire le déplacement de 17 Palestiniens, dont 11 enfants, alors que 350 autres vivent sous la menace d’un déplacement sous des prétextes liés à des permis ou à des préoccupations d’ordre sécuritaire compte tenu de la proximité de ces immeubles du « mur illégal d’apartheid ».  Il a renvoyé au consensus international quant au mur, selon lequel « le mur est illégal, les colonies de peuplement sont illégales et toute mesure tendant à faire avancer ces mesures est tout aussi illégale ».  Il est de la responsabilité directe du Conseil de mettre fin à cette culture de l’impunité et de faire rendre des comptes à Israël, a exigé le représentant qui a prévenu que, chaque jour, la solution des deux États se voit érodée par ces politiques coloniales, ainsi que les espoirs, les rêves et les droits fondamentaux de millions de Palestiniens.

Le représentant a également dénoncé les mesures particulièrement illégales, provocantes et déstabilisantes concernant les sites sacrés à Jérusalem-Est occupé, en particulier les excavations qui affectent directement le caractère sacré et le statut des sites chrétiens et islamiques, notamment Haram el-Charif qui abrite la mosquée Al-Aqsa.  Il a attiré l’attention du Conseil sur la réunion extraordinaire à composition non limitée du Comité exécutif de l’OIC, le 17 juillet, pour examiner la fréquence et la brutalité des violations colonialistes israéliennes. Les ministres y ont exprimé leur profonde préoccupation face à l’inauguration de la « Route du pèlerinage » creusée sous le quartier de Silwan vers la mosquée Al-Aqsa.  

M. MUHAMMAD ZULQARNAIN (Pakistan) a relevé que la situation continuait de s’aggraver au Moyen-Orient, ce qui montre selon lui le déséquilibre des efforts collectifs pour trouver des solutions à l’occupation illégale, l’annexion et les violations des droits de l’homme fondamentaux.  « On a fait le chemin inverse », a-t-il estimé.  La réalité sur le terrain est manipulée pour que les choses soient en faveur d’Israël, a dénoncé le représentant.  Pour le Pakistan, a-t-il déclaré, une Palestine indépendante dans les frontières de 1967 est la solution. 

Le délégué s’est dit encouragé de voir la communauté internationale continuer de chercher des solutions au problème financier de l’UNRWA, signalant que le Pakistan a contribué cette année au financement de l’Office.  Le Moyen-Orient est à un carrefour dangereux, a averti le représentant en concluant aussi que la communauté internationale doit redoubler d’efforts pour la désescalade au Yémen et en Syrie: elle doit résoudre les crises humanitaires dans la région.  Une paix juste et durable au Moyen-Orient est la condition de la paix dans le monde, a-t-il affirmé.

M. TAREK FATHI MOHAMED TAYEL (Égypte) a tenu à rappeler que la « question palestinienne » date de la création du Conseil et qu’il est temps que les Palestiniens puissent vivre une existence digne.  La solution des deux États dans les frontières de juin 1967 n’est pas encore une réalité et cela n’est pas dû aux brèches faites dans le droit international mais bien à une absence d’application des accords et résolutions adoptés sous l’égide de la communauté internationale, a estimé le représentant.  Il a rappelé qu’il y a déjà 10 ans, on constatait que la situation sur le terrain ne cessait de se détériorer.  Il avait alors été conclu que cela ne changerait qu’une fois que le droit international serait pleinement respecté. 

Le représentant égyptien a appelé à des solutions réalistes et conformes au droit international.  Il faut, a-t-il précisé, que ces solutions répondent aux aspirations des deux peuples concernés.  Il a invité la communauté internationale à éviter les « spéculations politiques » et à étudier de près l’Initiative arabe.  Celle-ci, caractérisée par la souplesse, est à même de répondre aux aspirations de tous les peuples de la région. 

Mme SIMA SAMI I. BAHOUS (Jordanie) a déclaré que le Moyen-Orient souffre de crises qui ont des retombées négatives pour les États et les populations de la région.  L’occupation israélienne du territoire palestinien est la source de conflit et de violence dans la région, a estimé la représentante.  La Jordanie, a-t-elle dit, continue de s’acquitter de son devoir de protéger les lieux musulmans, chrétiens et juifs.  « Nous condamnons l’inauguration de la « voie du pèlerinage » près de la mosquée d’Al-Aqsa et les tentatives de remodeler la situation de la vieille ville par Israël », a poursuivi la déléguée.  « Les fouilles illicites israéliennes doivent cesser. »

Selon la Jordanie, le processus de paix doit se poursuivre dans le cadre des résolutions pertinentes de l’ONU.  L’UNRWA doit pouvoir continuer à fournir son aide aux réfugiés de Palestine, a demandé la représentante, qui a ensuite condamné les démolitions d’hier sur des maisons palestiniennes à Sour Baher: c’est une violation du droit international, a-t-elle affirmé.  S’agissant de la Syrie, la solution politique est la seule possible dans ce pays, a estimé la représentante.  En revenant sur la question palestinienne, elle a réaffirmé que la solution ne sera possible qu’en mettant un terme à l’occupation israélienne des territoires palestiniens occupés et l’indépendance de la Palestine dans les frontières de 1967.

M. MILENKO ESTEBAN SKOKNIC TAPIA (Chili) a transmis ses condoléances au Gouvernement du Japon et à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) suite au décès du directeur de cette agence qui manifestait un enthousiasme sans faille pour cette cause.

Il a ensuite réaffirmé que la seule solution viable au Moyen-Orient est celle des deux États.  Le Président chilien, a dit le représentant, vient d’effectuer sa deuxième visite en Israël, en compagnie de représentants des communautés palestiniennes et juives chiliennes qui ont exprimé leur attachement à une paix juste et durable.  La communauté palestinienne chilienne, la plus importante communauté dans le pays, y a trouvé sa place au même titre que la communauté juive, a-t-il assuré.  Il a réitéré qu’Israël et la Palestine recherchent la prospérité et la sécurité.  À ce titre, il a recommandé que les deux parties fassent preuve de volonté pour mettre fin à ces décennies qui leur ont infligé tant de souffrances.  De son côté, la communauté internationale ne doit pas baisser les bras, a-t-il exhorté.  

M. CHEIKH NIANG, Président du Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien, a exprimé la profonde inquiétude des membres du Comité face aux faits récents intervenus sur le terrain, qui continuent de ruiner les espoirs de parvenir à un règlement pacifique de la question de Palestine.  Le Comité, a dit son Président, déplore et condamne les démolitions de maisons par Israël, hier matin encore, dans la communauté palestinienne de Sour Baher, et demande qu’il soit mis un terme à ces violations du droit international.  La menace d’une annexion de facto du territoire palestinien n’a jamais suscité autant d’inquiétude, a insisté M. Niang.  Il a ajouté qu’à la suite de l’atelier intitulé « Paix pour la prospérité », le 25 juin dernier à Manama, la communauté internationale a clairement indiqué que toute initiative économique en faveur du peuple palestinien qui ne s’accompagnerait pas d’une démarche politique visant à réparer l’injustice historique faite à ce peuple, en lui permettant d’exercer ses droits inaliénables, serait vouée à l’échec.  La seule solution viable et juste, selon le Comité, demeure celle qui repose sur des paramètres énoncés de longue date, à savoir deux États vivant côte-à-côte dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale, et un règlement négocié de toutes les questions touchant au statut final. 

Pour le Comité, a dit son Président, il importe d’adopter une démarche collective pour relancer et promouvoir le processus de paix.  Il a aussi demandé que le Quatuor pour le Moyen-Orient soit renforcé et que des mesures soient immédiatement prises à cette fin.  La communauté internationale doit également aider l’UNRWA à poursuivre ses activités qui sont d’une importance cruciale, de l’avis du Comité.  Comme les colonies de peuplement sont illégales, le Comité accueille avec satisfaction le fait que dorénavant, dans certains cas, le Secrétaire général rendra compte par écrit de l’application de la résolution 2334 (2016).  Le Comité voit également un signe d’encouragement dans les mesures prises par la Haute-Commissaire aux droits de l’homme pour que soit publiée, dans les mois à venir, la base de données recensant les entreprises qui exercent des activités dans les colonies israéliennes de Cisjordanie dont Jérusalem-Est.  Cet outil précieux contribuera à faire en sorte que les entités du secteur privé qui participent à des activités commerciales illégales sur le territoire occupé soient tenues de rendre des comptes, s’est réjoui le représentant.  Il a, en outre, exhorté les États Membres à s’abstenir d’établir des missions diplomatiques à Jérusalem-Est. 

M. VLADIMIR DROBNJAK (Croatie) qui s’exprimait au nom de l’Union européenne (UE), a remarqué que l’absence de tout progrès sur le terrain au cours des trois derniers mois ne fait qu’assombrir les perspectives de paix.  Le manque de confiance entre Israéliens et Palestiniens, l’occupation continue de la Cisjordanie, y compris de Jérusalem-Est par Israël, l’expansion des colonies de peuplement illégales israéliennes, la menace constante du recours à la violence contre des civils, l’incitation à la haine, l’absence de progrès dans la réconciliation intrapalestinienne et la grave crise financière de l’Autorité palestinienne représentent tous des obstacles à la paix, a constaté le représentant en plaçant ce conflit dans un contexte plus large et régional qui menace la viabilité de la solution des deux États.

La position de l’UE reste néanmoins inchangée, ancrée dans le droit international et les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, et centrée sur la conviction qu’une solution juste et durable au conflit israélo-palestinien n’est possible qu’à travers la solution négociée des deux États.  Les paramètres de cette solution sont bien connus et reconnus internationalement, a poursuivi le représentant, en citant un accord sur les frontières des deux États sur la base de celles de juin 1967 ou des échanges de terre équivalents.  Il faut en outre des arrangements d’ordre sécuritaire qui assurent, d’une part, la souveraineté palestinienne et, d’autre part, la sécurité des Israéliens en empêchant la résurgence du terrorisme.  La question des réfugiés doit également faire l’objet d’une solution juste, durable et réaliste, a ajouté le représentant en appelant à la reprise des négociations entre les deux parties, y compris sur le statut final.  L’UE n’acceptera de changements aux frontières de 1967 qu’une fois que les parties concernées seront parvenues à un accord au sujet de Jérusalem.

Réagissant aux propositions économiques américaines appelées « Paix pour la prospérité », qui ont été présentées lors d’un atelier au Bahreïn le mois dernier, il a pris note du fait que la stratégie présentée à Manama sera incorporée à un plan politique.  L’UE, a-t-il dit, est prête à travailler avec les États-Unis et les autres partenaires du Quatuor et de la région pour faire en sorte que la mise en œuvre du projet économique contribue à la solution des deux États.  Le représentant a rappelé à cet égard que l’UE est un partenaire économique de longue date de l’Autorité palestinienne et d’autres partenaires de la région.  Elle continuera à utiliser le Comité spécial de liaison pour la coordination de l'assistance internationale aux Palestiniens comme cadre privilégié dans ce contexte, en partie parce qu’il s’agit d’un des rares fora internationaux auxquels participent le Gouvernement israélien et l’Autorité palestinienne.  Toutefois, le plus grand obstacle à la paix reste l’absence de solution politique au conflit, a souligné le représentant pour lequel le développement économique doit accompagner une telle solution, mais ne saurait s’y substituer.  

L’UE est préoccupée, a poursuivi le délégué, par la poursuite des activités de peuplement d’Israël en Cisjordanie, y compris par les nouveaux projets autorisés dans la vieille ville de Jérusalem-Est.  Le représentant a martelé que toutes les colonies de peuplement israéliennes sont illégales au regard du droit international et représentent un obstacle majeur à la paix et au développement tout en sapant la viabilité de la solution des deux États.  Toute annexion unilatérale, en particulier de jure, de colonies existantes représenterait une nouvelle violation du droit international, a-t-il précisé.  L’UE dénonce en outre les démolitions de maisons palestiniennes et les évictions à la fois à Jérusalem-Est, à Sheikh Jarrah et à Silwan. 

Pour ce qui est de la crise financière que connaît l’Autorité palestinienne, les experts de l’UE exigent le respect des volets économique et fiscal des accords entre les deux parties.  Ils exhortent l’Autorité palestinienne à accepter un transfert fiscal de la part d’Israël sur une base provisoire.  Cela ne représente pas, selon eux, une reconnaissance légale ou politique de la décision israélienne, et cela permettrait d’éviter que les efforts en cours de l’Autorité palestiniennes ne soient interrompus.

Le représentant de l’UE a exhorté les deux parties à renoncer à la violence et à respecter le cessez-le-feu à Gaza.  Il a encouragé toute mesure visant à y améliorer la situation humanitaire et économique, et salué à cet égard les récents efforts du Qatar, de l’Égypte et du Coordonnateur spécial des Nations Unies.  Le représentant a regretté le manque de réconciliation intrapalestinienne qui représente un autre obstacle significatif à la paix et à la faisabilité de la solution des deux États.  Une Autorité palestinienne unique avec le contrôle sur tout le territoire palestinien, y compris sur Gaza, est essentielle pour pouvoir répondre aux aspirations du peuple palestinien et parvenir à un État palestinien, a -t-il souligné.  L’UE encourage la fixation d’une date pour les élections palestiniennes qui doivent avoir lieu en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, et à Gaza.

S’agissant de la question des réfugiés palestiniens, la délégation est d’avis que tant qu’il n’y a pas une solution juste, réaliste et acceptée conforme au droit international, l’UNRWA reste le meilleur moyen de leur apporter les services de base et la protection nécessaire.  Dès lors, l’Office doit pouvoir compter sur un financement adéquat pour s’acquitter de son mandat.

Passant à la crise syrienne, le représentant de l’UE a réitéré les préoccupations de ses États membres face à la violence dans le nord-ouest du pays, en insistant sur le fait que la lutte contre le terrorisme ne saurait justifier la violation du droit international humanitaire.  Il a exhorté la Russie et la Turquie à restaurer le cessez-le-feu à Edleb, et insisté sur la nécessité de parvenir à un cessez-le-feu durable sur tout le territoire syrien.  Il a dit attendre la reprise des négociations intrasyriennes à Genève dans le but de parvenir à une solution politique prise en main par les Syriens et conforme à la résolution 2254 du Conseil de sécurité.  Seule une solution politique inclusive pourra constituer la base de la réconciliation et ouvrir la voie à des élections libres et justes en Syrie, a conclu le représentant, qui a assuré que l’UE soutiendra les efforts en ce sens et restera à la tête des efforts de la communauté internationale dans la lutte contre l’impunité et en faveur de la justice.  Le représentant a d’ailleurs rappelé que l’UE avait renforcé les sanctions contre la Syrie cette année en incluant des hommes d’affaires et des sociétés dans la liste de ceux qui tirent parti du régime d’Assad, et d’autres responsables d’attaques chimiques.  Enfin, il a dit que l’UE continue de soutenir la coalition internationale de lutte contre Daech.  Elle soutient aussi le droit au retour des réfugiés syriens dans des conditions sûres, dignes et volontaires, et partage l’opinion du HCR selon lequel ces conditions ne sont pas encore réunies.

M. DAVID PAUL CHARTERS (Saint-Siège) a estimé que l’atmosphère de défiance qui règne à Gaza et en Cisjordanie, attisée par les rhétoriques dangereuses et les idéologies extrémistes, risque de conduire rapidement à des actes de violence mettant en danger la vie d’innocents palestiniens et israéliens.  Face à une telle situation, le débat d’aujourd’hui ne peut se limiter à une simple répétition de faits bien connus et des obstacles à la réalisation de la solution des deux États, a estimé le nonce en disant qu’« il doit mener à l’action ».

Tout en réitérant que l’aide humanitaire et le soutien économique sont indispensables à la création d’un environnement favorable aux négociations, l’observateur a souligné que cela ne peut remplacer la volonté politique et les dialogues constructifs nécessaires à l’établissement d’une paix et d’une solution durables.  Les États Membres, a-t-il souhaité, doivent encourager les parties à retourner à la table des négociations et à s’engager à dialoguer.

M. Charters a également fait part de sa forte préoccupation quant à la situation humanitaire toujours plus alarmante en Syrie, en particulier à Edleb.  Il a mentionné la lettre envoyée hier au Président Bachar El-Assad par le pape François dans laquelle ce dernier renouvelle son appel à la protection des civils et au respect du droit humanitaire international.  M. Charters s’est également préoccupé de la situation humanitaire qui s’aggrave au Yémen, en se félicitant de la décision de renouveler le mandat de la Mission à Hodeïda.  Il a cependant exigé plus de cohérence dans les efforts de paix: « comment peut-on s’engager dans l’action humanitaire tout en continuant d’autoriser la vente d’armes dans la région ? » a-t-il demandé.

Enfin, après avoir reconnu la direction positive que prend l’Iraq pour la réconciliation et la reconstruction, M. Charters a prôné davantage de « dialogue pour une culture de tolérance, d’acceptation des autres et de cohabitation pacifique ».

M. MAGED ABDELFATTAH ABDELAZIZ, Observateur permanent de la Ligue des États arabes, a condamné les violations par Israël des résolutions du Conseil de sécurité et les tentatives de ce pays de faire de ce conflit, un conflit religieux.  Israël et les États-Unis ont échoué à obtenir la reconnaissance internationale de ces tentatives, s’est réjoui M. Abdelaziz qui a aussi dénoncé le fait qu’Israël a manqué de respect au droit international.  Le Conseil de sécurité doit faire montre d’objectivité et empêcher Israël de faire « une interprétation malsaine » des résolutions du Conseil de sécurité, a suggéré le représentant pour lequel les négociations de paix doivent reprendre entre les deux parties et se faire sans ingérence internationale. 

Pour la Ligue des États arabes, Jérusalem reste la ville sacrée des trois religions et doit rester sous la protection de la Jordanie.  Les actes de provocation d’Israël pour altérer le statut historique de la ville doivent inciter le Conseil de sécurité à dire à Israël d’arrêter ses activités qui sont contraires aux résolutions du Conseil de sécurité.  Les démolitions d’habitations de Sour Baher, hier, sont une violation des mêmes résolutions, a aussi estimé M. Abdelaziz.  Selon lui, le Conseil de sécurité est responsable de ces violations et des activités d’Israël: il est nécessaire de mettre fin à ces actes.

S’agissant du conflit en Syrie, il a indiqué qu’il était nécessaire de préserver la souveraineté syrienne et de maintenir l’unité de son territoire.  Enfin, l’Observateur a appelé à la mise en œuvre des résolutions de la dernière réunion de la Ligue se prononçant contre les activités de l’Iran visant à déstabiliser la région.

Pour M. JASSIM SAYAR A. J. AL-MAAWDA (Qatar), il est évident que la solution des deux États est la seule réalisable, la seule qui puisse régler cette question une fois pour toutes. Les réfugiés doivent revenir et le peuple palestinien recouvrer tous ses droits, a-t-il demandé.  Le représentant a condamné l’annonce faite en mai dernier de la construction de 805 nouveaux logements en insistant sur l’application de la résolution 2334. D’autre part, le Golan est un territoire arabe occupé et toutes mesures israéliennes concernant ce territoire sont nulles et non avenues, a-t-il estimé.  Le représentant a dit que le Qatar avait offert aux Palestiniens 480 millions de dollars sous forme d’aide humanitaire, dont 180 millions pour l’assistance humanitaire d’urgence et l’électrification.  Le pays s’est aussi engagé à apporter un appui supplémentaire à l’UNRWA et a réaffirmé son appui à la réconciliation nationale palestinienne.  De la même façon, il continue à œuvrer avec les partenaires régionaux et internationaux pour une solution politique à la crise syrienne dans le respect du Communiqué de Genève et de la résolution 2254 du Conseil, dans le cadre de la souveraineté et de l’indépendance de la Syrie, et en garantissant la reddition de comptes.

L’assaut contre Tripoli et le bombardement aérien d’un centre d’accueil de migrants exigent une condamnation très ferme et des mesures pour mettre fin à ce conflit, a poursuivi le représentant.  Il a salué l’initiative du Président du Conseil présidentiel de la Libye, M. Fayez el-Sarraj, en coordination avec la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL), pour la sécurité et la stabilité de la Libye.  Enfin, le représentant s’est plaint que, depuis 10 ans, sa région est en proie à l’une des crises les plus graves de son histoire récente, notamment à cause de l’imposition d’un blocus économique injuste contre l’État du Qatar, qui viole la Charte des Nations Unies.  Celle-ci impose en effet de ne pas aggraver les conflits et de les régler à travers le dialogue et la coopération, a-t-il rappelé.   

Pour M. DATO’SYED MOHD HASRIN AIDID (Malaisie), il est clair qu’Israël n’a pris aucune mesure concernant les activités illégales de colonisation dans le territoire occupé y compris Jérusalem-Est.  Cette situation est grave et constitue une violation du droit international, a-t-il dénoncé.  Ces actes d’Israël reflètent son mépris de la communauté internationale, a affirmé le représentant qui a appelé à renverser cette tendance négative actuelle.  Israël doit cesser la colonisation, a ordonné M. Hasrin Aidid qui a aussi condamné le recours à la force contre le peuple palestinien et les actes israéliens qui nuisent aux lieux saints.  « La communauté internationale doit veiller à ce que ces violations prennent fin. »

La construction de la « voie des pèlerins » a scandalisé le monde arabe, a poursuivi le représentant qui est en outre préoccupé par la situation financière de l’UNRWA.  Cette situation va faire du tort aux travaux de l’Office, a-t-il prévenu.  Avant de terminer, il a dit que la Malaisie est inquiète des mesures unilatérales des États-Unis qui mettent à mal la solution des deux États.

M. MOHAMMED ATLASSI (Maroc) a dit suivre avec beaucoup de regret et d’inquiétude l’évolution désastreuse de la situation dans les territoires palestiniens occupés ponctuée par des expulsions, démolitions et autres mesures qui sapent les efforts de paix et annulent, selon lui, toute tentative de reprise du processus politique.  La détérioration des conditions de vie des Palestiniens ne contribue pas à jeter les bases du cadre nécessaire à cette relance, a-t-il mis en garde.  Le représentant a fait valoir que Jérusalem est au cœur de cette situation car cette ville revêt un caractère particulier pour les trois religions du Livre.  

Le monarque marocain, qui est également Président du comité Al-Qods, a appelé, à plus d’une occasion, à mettre un terme à la colonisation et à la judaïsation de Jérusalem et à cesser toute mesure travestissant le caractère sacré de cette ville et son statut politique.  Le 30 mars dernier, le Roi Mohammed VI et le pape François ont appelé à la préservation du caractère et de l’identité unique de cette ville, a-t-il rappelé.  Le représentant a également fait état de la visite la semaine dernière d’une délégation marocaine à Amman, en Jordanie, en compagnie d’architectes et d’artisans marocains pour la préservation de la mosquée Al-Aqsa en collaboration avec le Waqf jordanien.

Pour M. LUIS HOMERO BERMÚDEZ ÁLVAREZ (Uruguay), la solution des deux États est sérieusement menacée.  Il faut retourner à la table de négociation pour élucider toutes les questions en suspens, a recommandé le représentant.  L’Uruguay entretient des liens d’amitiés avec Israël et la Palestine, a-t-il soutenu en demandant aux deux parties de renverser les tendances négatives actuelles, faute de quoi il sera difficile pour la Palestine de consolider son État.  Le représentant a dénoncé les violations du droit international par Israël comme les démolitions de maisons hier à Sour Baher, qui ne font qu’aggraver la situation.  Il a demandé aux deux parties « des gestes de désescalade » pour parvenir à une solution durable.  Le représentant a rappelé la résolution 181 qui a permis aux deux parties de consolider leurs États.  Le droit international joue un rôle important pour résoudre ce conflit, a-t-il déclaré. 

M. LUIS GALLEGOS CHIRIBOGA (Équateur) a rappelé que le dixième rapport du Secrétaire général sur l’application de la résolution 2334 (2016) a été examiné par le Conseil après l’exposé de M. Nickolay Mladenov.  Ce rapport, a-t-il souligné, montrait l’expansion des colonies de peuplement à un rythme grandissant à Jérusalem-Est au cours des deux dernières années, de même que les expulsions et démolitions punitives.  Il a également évoqué l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice sur le mur et le caractère illégal des colonies de peuplement.  Il est impératif que le Conseil agisse et prenne des mesures visant à faire pleinement respecter les principes fondamentaux du droit international et de la Charte de l’ONU, a demandé le représentant.

L’inaction du Conseil donne lieu à des situations qui sont en porte à faux avec les appels répétés du Quatuor, a regretté M. Gallegos en rappelant que celui-ci espère l’adoption de mesures positives immédiates pour inverser les tendances négatives sur le terrain qui menacent la solution des deux États.  Le représentant a exprimé le soutien de son pays aux différentes initiatives internationales visant à la relance des négociations entre Israël et la Palestine.  Il s’est, en conclusion, vivement inquiété de la profonde crise humanitaire et politique à Gaza, tout en reconnaissant les efforts inlassables de l’UNRWA et en plaidant pour que les contributions annoncées soient effectivement versées à l’Office. 

M. MASUD BIN MOMEN (Bangladesh) a déclaré que cette réunion se déroule alors que la cause palestinienne est en butte à des « défis existentiels sans précédent » à cause en particulier de l’absence de toute action politique et juridique sérieuse de la part du Conseil pour mettre fin à l’occupation étrangère illégale et de longue date.  Il a fustigé les tentatives récentes israéliennes de « travestir les réalités historiques » en ouvrant ce qu’Israël a baptisé les « Routes du pèlerinage », qui vont de Silwan au mur d’Al-Buraq.  Compte tenu des « nombreuses mesures iniques prises par Israël » dont la plus récente est l’expulsion, hier, d’habitants de Sour Baher, le représentant a estimé que la réalisation du Programme de développement durable à l'horizon 2030 est en butte à des graves défis dans le contexte palestinien.  Il a relevé notamment que l’occupation israélienne avait contribué directement à l’appauvrissement de la population, au chômage et à la crise humanitaire, ajoutant que les actes d’agression avaient créé en outre une culture de l’impunité qui sape la viabilité de l’État de Palestine et ses perspectives d’une solution des deux États.

Dans de telles circonstances, le Conseil « ne saurait rester passif », a-t-il déclaré, en appelant cet organe et la communauté internationale à garantir la reddition de comptes pour toutes les violations israéliennes, à faire respecter l’état de droit et à fournir une protection au peuple palestinien dans le territoire occupé.  Il a également soutenu l’adhésion de l’État de Palestine aux organisations et traités internationaux et conseillé au Conseil de recommander son admission en tant que membre à part entière des Nations Unies.  Le représentant a aussi mentionné la question des réfugiés, rappelant que le Bangladesh accueille 1,2 million de Rohingya ayant fui les atrocités au Myanmar.  Il a annoncé qu’il continuera sa « modeste contribution » à l’UNRWA. 

M. RAUF ALP DENKTAŞ (Turquie) a dit que malgré les appels internationaux, la construction de colonies par Israël se poursuit et crée de nouvelles réalités sur le terrain.  Ce sont, aux yeux de la délégation turque, des tentatives de saper la solution des deux États et la possibilité d’une coexistence pacifique.  Le représentant a également noté les efforts pour détruire le caractère historique de la vieille ville d’Al-Qods et, plus grave encore, de changer la composition démographique de la ville.  La construction de la « route du pèlerin » en est un dernier exemple, selon lui.  Hier encore, ont eu lieu des démolitions d’habitations à Sour Baher, a dénoncé le représentant en relevant que, pour la première fois, elles ont eu lieu dans des zones sous le contrôle de l’Autorité palestinienne en vertu de l’Accord d’Oslo.  Ce sont aussi des violations du droit international et des résolutions du Conseil de sécurité, a-t-il argué.

Toutes ces activités illégales doivent cesser immédiatement, a ordonné le représentant.  « La paix exige qu’Israël fasse montre d’une volonté politique et s’abstienne d’actes de provocation. »  La communauté internationale, et en particulier le Conseil de sécurité, doit agir et mettre en œuvre ses résolutions, a-t-il demandé en plaidant pour « la seule solution viable »: la solution des deux États sur la base des frontières de 1967.  Les droits à l’autodétermination du peuple palestinien ne sont pas négociables, a-t-il martelé en disant que les projets et les plans économiques ne peuvent pas remplacer la dignité, la justice et la liberté du peuple palestinien.  Aucun projet ne peut réussir sans une paix juste, a-t-il conclu.

S’exprimant au nom du Groupe arabe, M. ABDALLAH Y. AL-MOUALLIMI (Arabie saoudite), a indiqué que le sommet extraordinaire d’urgence tenu le mois dernier avait mis en évidence l’importance d’une paix juste, globale et durable au Moyen-Orient.  Il a prié le Conseil de mettre un terme aux violations systématiques des sites sacrés, musulmans et chrétiens, qui ont pour but de modifier le statut historique de la ville de Jérusalem.  Il a mis l’accent sur l’importance des sites sacrés d’Al-Aqsa et de l’Est de Jérusalem, qui sont « essentiels pour les différentes communautés ».

Le représentant a ensuite appelé à rétablir la stabilité en Syrie, à mettre un terme aux souffrances du peuple syrien et à lutter contre les groupes terroristes dans ce pays avec l’appui du Communiqué de Genève et l’application de la résolution 2254.  La feuille de route de Genève est en effet le seul moyen d’atteindre une solution viable en Syrie, a-t-il estimé.

Le représentant a, par ailleurs, critiqué la « conduite négative de l’Iran » dans la région, citant notamment l’appui aux milices houthistes au Yémen, les menaces dans le détroit d’Ormuz et les agressions contre les navires commerciaux. Toutes les nations doivent éviter le recours ou la menace de recourir à la force, a-t-il rappelé, estimant que l’Iran foule au pied ces principes.  Il a toutefois assuré que l’Arabie saoudite est prête à avoir de bonnes relations avec ce pays.

Venant à la situation au Yémen, le représentant a déclaré que, « depuis cinq ans, on a créé au Yémen un lieu de prolifération de terroristes et de milices qui fomentent des attaques contre l’Arabie saoudite ».  Selon la délégation, la solution à la crise yéménite ne se fera que par le biais du dialogue et du rétablissement de la confiance mutuelle.     

M. KJETIL JONNEVALD HALVORSEN (Norvège) s’est dit préoccupée par l’escalade des tensions dans la région du Golfe et appelé tous les acteurs à la retenue.  La capture de navires par l’Iran dans le détroit d’Ormuz est inacceptable et contribue à cette escalade, a-t-elle déclaré.  En tant que nation maritime de premier rang, la Norvège revendique la liberté de navigation et du commerce pour garantir le commerce et la coopération internationale.

La Norvège reste attachée à la préservation de l’accord sur le nucléaire iranien, a poursuivi le représentant en soulignant que cet Accord a un rôle critique à jouer pour la non-prolifération internationale et la stabilité régionale.  Il a regretté dès lors toute mesure cherchant à le saper.  À ce titre, il a cité les récentes tentatives d’enrichissement d’uranium de l’Iran en appelant ce pays à revenir sur ses décisions et à pleinement respecter les termes du Plan d’action global commun.

S’agissant du conflit israélo-palestinien, le délégué a dit rester convaincue que seule la solution négociée des deux États peut amener à une paix durable entre Israéliens et Palestiniens.  Le développement économique et le renforcement des institutions sont des jalons essentiels pour l’avenir de l’État palestinien, mais ne peuvent se substituer à une solution politique au conflit, a-t-il souligné.

Le représentant a exprimé ses préoccupations quant aux conditions de vie des Palestiniens, tout en étant consciente des obstacles, surtout d’ordre politique comme la division politique palestinienne, au développement économique palestinien.  Il s’est aussi inquiété de la situation financière actuelle de l’Autorité palestinienne, avant de souligner que le Comité spécial de liaison pour la coordination de l’assistance internationale aux Palestiniens reste le cadre international pour gérer les questions économiques entre les deux parties et les donateurs.  La Norvège présidera d’ailleurs la prochaine réunion dudit comité qui se tiendra à New York le 26 septembre.  La priorité de cette réunion sera de parvenir à une stratégie commune pour mettre en œuvre des mesures concrètes pour renforcer l’économie palestinienne et améliorer la situation à Gaza.

Mme ANA SILVIA RODRÍGUEZ ABASCAL (Cuba) a appelé le Conseil à assumer ses responsabilités, en vertu de la Charte des Nations Unies, dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales.  Le Conseil doit exiger la fin immédiate de l’occupation des territoires palestiniens et des politiques agressives et pratiques colonisatrices, ainsi que la mise en œuvre des résolutions sur la situation au Moyen Orient, y compris la question palestinienne, la 2334 plus particulièrement, a exigé la représentante.  Elle a jugé que « le silence de ce Conseil est inadmissible », car il ne condamne ni l’escalade de la violence, ni les événements tragiques dans la bande de Gaza depuis le 30 mars 2018 et ce, une fois de plus, « en raison de l’obstruction répétée de la délégation américaine », a-t-elle tancé.  Elle s’est aussi inquiétée de la décision d’Israël de ne pas renouveler le mandat de la présence internationale temporaire à Hébron conformément aux résolutions pertinentes du Conseil, aux Accords d’Oslo II et au droit international.  Elle a aussi dénoncé le gel des revenus de l’Autorité palestinienne.

La représentante a réaffirmé le soutien de Cuba au Gouvernement et au peuple palestiniens ainsi qu’à la reconnaissance de la Palestine en tant que membre de plein droit des Nations Unies.  Elle a rejeté, par ailleurs, le « Pacte du siècle » élaboré par l’Administration américaine, qui n’envisage aucunement la création d’un État de Palestine et fait fi de la solution des deux États, alors que cette solution jouit de l’appui historique des Nations Unies, du Mouvement de pays non alignés, de la Ligue des États arabes, de l’OCI et d’autres acteurs internationaux.  Elle a également fermement condamné la décision américaine de reconnaître le Golan syrien occupé comme territoire appartenant à Israël, ce qui selon Cuba aura de « graves conséquences pour la stabilité et la sécurité au Moyen-Orient et aggravera les tensions dans une région déjà bien volatile ».  

Mme HASSAN HUSSAIN SHIHAB (Maldives) a dit que la situation au Moyen-Orient reste sombre pour des millions de personnes souffrant des affres des conflits, des attaques terroristes et d’autres actes de violences.  En dépit de nombreux débats et appels à l’action, la situation demeure tendue avec une forte probabilité d’escalade des conflits et des troubles.  L’absence d’action de la communauté internationale est caractérisée par la question de Palestine qui est aujourd’hui le plus vieux point à l’ordre du jour du Conseil, a fait remarquer la représentante, qui a regretté que les initiatives de paix aient échoué à entraîner un dialogue entre les parties au conflit.  Pour les Maldives, le sort du peuple palestinien et son droit à l’autodétermination resteront toujours une priorité, a-t-elle dit.  Mme Hussain a dit que son pays soutient toute résolution qui prévoit une solution des deux États avec un État indépendant et souverain de Palestine dans les frontières de 1967 et avec Jérusalem-Est comme capitale.  Elle a exhorté le Conseil de sécurité et la communauté internationale à redoubler d’efforts pour en terminer avec ce conflit, pour que le peuple palestinien puisse jouir de la paix et vivre dans la dignité. 

En ce qui concerne la Syrie, elle a appelé le Conseil à aider les États Membres pour qu’ils puissent rapatrier, réhabiliter et réintégrer leurs citoyens dans leurs sociétés respectives.  Les Maldives attendent avec impatience de dialoguer avec leurs partenaires en échangeant des informations et des idées sur ce qui peut être fait et sur les mesures qui sont le plus efficaces dans le processus de réhabilitation.  Nous devons être unis pour éviter la crise humanitaire en Syrie et déployer des efforts pour assurer que des centaines d’enfants et de femmes malnutris ne périssent dans les camps de réfugiés, a exhorté Mme Hussain.  S’agissant du Yémen, la représentante s’est montrée optimiste en entendant la déclaration de l’Envoyé spécial pour le Yémen qui disait, la semaine dernière, que « nous pouvons approcher de la fin de cette guerre ».

Pour M. ESHAGH AL HABIB (République islamique d’Iran), le principal développement depuis le dernier débat du Conseil sur la question du Moyen-Orient a été le « soi-disant deal du siècle » présenté lors d’un atelier sur la Palestine convoqué au Bahreïn.  Selon le représentant, cette initiative se base sur une mauvaise intention, de mauvaises hypothèses et une approche qui n’est pas réaliste.  Par conséquent, elle est vouée à l’échec, a-t-il conclu.  Il a jugé cette initiative « de mauvaise intention simplement parce qu’elle est proposée par les États-Unis qui sont bien connus pour leur soutien inconditionnel à Israël », y compris aux pratiques israéliennes injustes envers le peuple palestinien.  Le représentant en a voulu pour preuve le fait que les États-Unis aient décidé d’installer leur ambassade à Jérusalem et de reconnaître le Golan syrien comme faisant partie d’Israël.  Au cours des 70 dernières années, le Conseil de sécurité n’a pas été en mesure de forcer la Puissance occupante à mettre fin à son occupation à cause du soutien américain, a-t-il renchéri.  Il a remarqué que, sachant pouvoir compter sur ce soutien, Israël a poursuivi ses politiques expansionnistes et ses pratiques illégitimes, dont le blocus de Gaza vieux déjà de 10 ans.

Ce soi-disant « deal du siècle » se fonde sur de mauvaises hypothèses simplement parce qu’il a pour vocation de tout « acheter »: les causes et aspirations, l’honneur et la dignité, les propriétés et le territoire, et les droits inaliénables de toute une nation, a précisé le représentant iranien pour lequel il s’agit d’une illusion vouée à l’échec.  La cause palestinienne est ancrée dans la lutte d’un peuple pour sa liberté, son indépendance et le contrôle sur ses terres ancestrales, a-t-il rappelé, mais aussi pour sauvegarder son identité culturelle et ses sites religieux, une lutte pour sauver son honneur et sa dignité.  Vouloir réduire cette noble cause à de simples considérations économiques est l’approche la plus erronée de tous les temps pour régler la question de Palestine, a affirmé le représentant, qui a indiqué au passage que tous les groupes palestiniens, sans aucune exception, avaient rejeté cette initiative.

Pour l’Iran, sous couvert de soutien économique, le but principal de ce « deal du siècle » est simplement de consolider l’occupation israélienne, et le monde doit s’opposer à cela.  « Le Conseil doit arrêter de se laisser intimider par l’un de ses membres qui continue de bloquer toute action du Conseil lorsqu’il est question d’Israël de manière illégale. »

Avant de conclure, il a relevé que le représentant israélien avait tenté aujourd’hui de détourner l’attention de la question de Palestine alors qu’il aurait dû se justifier de l’occupation continue de la Palestine ou encore du développement des armes de destruction massive, y compris nucléaires d’Israël, tout en refusant d’adhérer aux traités interdisant ce type d’armes, ou encore d’expliquer pourquoi Israël empêche la mise en place d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient, a ironisé le représentant iranien, qui a sommé la partie israélienne d’arrêter « ses fabrications, son illégalité, sa brutalité et ses crimes » et de « rendre des comptes ».

S’exprimant au nom des 120 États membres du Mouvement des pays non alignés, M. SAMUEL MONCADA (Venezuela) a déclaré que le Comité ministériel de ce mouvement sur la Palestine s’était réuni il y a trois jours à Caracas pour examiner l’évolution de la situation dans les territoires palestiniens occupés, y compris Jérusalem.  Le constat est que la situation a atteint « un point critique » et est « clairement insoutenable », a-t-il dit en signalant que le Mouvement a adopté une Déclaration politique d’appui aux droits inaliénables du peuple palestinien et de sa juste cause.  La situation sur place exige des mesures d’urgence et des mesures de diplomatie de la part de la communauté internationale, en vue de faire cesser les mesures unilatérales, a plaidé le représentant.  Il a estimé que cette situation est juridiquement contraignante pour tous les États membres, jugeant décevant que le Conseil reste passif sur cette question.  Pour le Mouvement, la résolution 2334 est la seule voie viable vers la paix car elle comprend les conditions et paramètres nécessaires à un règlement juste sur la base de la solution des deux États sur la base des frontières de 1967.

Le Mouvement des pays non alignés exige aussi la levée du blocus contre la ville de Gaza, blocus qui bafoue toutes les résolutions pertinentes de l’ONU et du droit international.  Le représentant a réaffirmé qu’il est impératif d’appuyer l’UNRWA pour garantir son aide constante et indispensable à des millions de réfugiés palestiniens dans la bande de Gaza et en Cisjordanie.  Les Palestiniens subissent aussi une nouvelle crise financière de l’Autorité palestinienne à cause de la retenue des revenus fiscaux par Israël, a-t-il déploré avant de prier le Conseil de lancer un appel en vue de la protection internationale du peuple palestinien.  Le représentant a aussi évoqué le rapport de la mission d’établissement des faits à Gaza mandatée par le Conseil des droits de l’homme et appelé à la mise en œuvre de ses recommandations. I l a exigé qu’Israël respecte les termes de la résolution 497 du Conseil, cesse l’occupation et se retire des territoires palestiniens, libanais et syriens occupés.  Il s’agit également du retrait des territoires libanais, y compris des granges de Shebaa, des collines de Kafr Shuba et de la partie libanaise de la localité de Al Ghajar jusqu’à la ligne bleue. 

M. JAMAL FARES ALROWAIEI (Bahreïn) a noté que les tensions dans la région flambent au moment même où le Conseil se réunit.  Le représentant a souligné le rôle que doit jouer la communauté internationale pour mettre en œuvre les résolutions du Conseil de sécurité.  Pour lui, la résolution des problèmes de la région passe par la recherche d’une solution à la question de Palestine en se basant en particulier sur l’Initiative de paix arabe.  Concernant la réunion « paix pour la prospérité », tenue en juin au Bahreïn, qui a été organisée avec les États-Unis, le représentant a expliqué qu’il s’agissait d’une initiative visant à faire converger tous les efforts en vue de canaliser des investissements économiques en Palestine. 

M. MAJID MOHAMMAD ABDULRAHMAN MOHAMMAD ALMUTAWA (Émirats arabes unis) a lancé un appel à la communauté internationale pour apaiser les tensions au Moyen-Orient et pour veiller au maintien de la sécurité et de la stabilité régionales, notamment pour ce qui est du conflit israélo-palestinien qui exige une solution politique.  Il a mis la communauté internationale au défi de mettre enfin un terme aux « souffrances du peuple frère palestinien » et d’assumer ses responsabilités à son égard en créant un État de Palestine dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est pour capitale.  Appelant à ne pas perdre de vue la dégradation de la situation humanitaire dans les territoires palestiniens occupés, le représentant a mis en exergue l’importance d’une assistance humanitaire continue en rappelant que les Émirats avaient fourni 364 millions de dollars entre 2017 et 2018 aux Palestiniens et à l’UNRWA.

Passant au Yémen, le représentant a réitéré le soutien constant des Émirats à la Coalition en appui à la légitimité au Yémen en vue de parvenir à une solution politique sur la base des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, y compris les résolutions 2216 et 2451.  Il a également réaffirmé l’appui de son gouvernement aux efforts de l’Envoyé spécial des Nations Unies ainsi qu’en faveur de la mise en œuvre de l’Accord de Stockholm et de la relance du processus politique.  Les Émirats condamnent les attaques perpétrées par les milices houthistes en Arabie saoudite et demandent au Conseil de sécurité de prendre des mesures sévères pour mettre fin à ces violations et pour éviter l’afflux d’armes vers le Yémen en provenance d’Iran.  Ces attaques houthistes sapent les perspectives de progrès dans la mise en œuvre de l’Accord de Stockholm et du cessez-le-feu à Hodeïda, au moment même où les Émirats et la coalition arabe ouvrent la voie à la paix en redéployant leurs forces au Yémen pour donner la priorité aux efforts politiques, a souligné le représentant.

S’agissant des conflits en Syrie et en Libye, les Émirats estiment que seule une solution politique pourra mettre fin à ces crises.  Ils exhortent les parties dans les deux pays à revenir à la table de négociation et à trouver une solution qui s’inscrive dans le cadre fixé par les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité.

Le représentant d’Israël a voulu répondre à la déléguée du Liban.  Il est clair, a-t-il soutenu, que l’appel concernant la ligne bleue n’a pas été entendu et que la présence du Hezbollah s’est intensifiée dans la zone de présence de la FINUL au cours des 13 dernières années.  Le Hezbollah s’est enraciné plus avant au Liban et y a renforcé son emprise, a-t-il affirmé, estimant que cela représente une menace grandissante pour la stabilité.  Il a aussi signalé la découverte de plusieurs tunnels qui aurait dû susciter un intérêt pour cette situation.  Or, la FINUL n’a pas encore eu accès aux tunnels, a-t-il regretté.  « La question maintenant est de savoir où commence le Gouvernement libanais et où s’exerce celui du Hezbollah. »  De l’avis de la délégation d’Israël, personne ne doit accepter des attaques contre la FINUL ni la saisie de son matériel.  Fermer les yeux sur cette question n’est pas une option, selon le représentant, qui a proposé de dresser une carte montrant où la FINUL réussit à exercer son mandat.  

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